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Documentaliste-Sciences de l'Information

2003/2 (Vol. 40)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.402.0104
  • Éditeur : A.D.B.S.

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DES SA CREATION, l’Association française des documentalistes et des bibliothécaires spécialisés ne se limite pas à la défense de ses membres, à la manière d’une corporation, mais affiche clairement dans ses statuts son ambition « de contribuer au développement de la documentation et de favoriser l’exercice de la profession » par diversmoyens dont le « perfectionnement de la formation professionnelle, par une participation à la formation initiale et par l’organisation de stages de formation permanente. »

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D’entrée de jeu, et huit ans avant la loi du même nom, l’ADBS revendique ainsi son projet d’éducation permanente. En précurseurs, ses animateurs sentent l’importance d’accompagner les professionnels de l’information et documentation (qui ne portent pas encore cette appellation) tout au long de leur activité, dans les changements technologiques, méthodologiques et sociaux.

1 - Les premières années

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Après des séances « expérimentales » proposées dès juin 1965, la formation continue commence véritablement en 1968 et 1969 avec deux cycles de perfectionnement relatifs à l’informatique documentaire sous la direction d’André Chonez. Afin de satisfaire la demande, deux autres sujets de stages se profilent : « mise en mémoire et stratégie de recherche » et « diffusion sélective ».

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C’est en 1970, avec la journée du 11 avril intitulée « Le documentaliste français en 1970 », que les principes de la formation continue sont ébauchés. Lors de cette rencontre, c’est la session sur le perfectionnement et la formation permanente qui vole aux autres la vedette et attire le plus de participants. Animé par Luce Kellermann, ce débat vise à définir la place que peut occuper l’association dans le paysage de la formation documentaire française, sans se substituer aux établissements d’enseignement initial déjà existants et tout en répondant aux demandes et aux besoins exprimés par les professionnels. La marge est étroite…

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À l’issue du débat, trois niveaux de « recyclage » sont définis : initiation, perfectionnement et mise à jour constante. La demande qui émerge du public insiste sur le côté pratique des formations qui doivent être axées sur des exercices et des démonstrations plus que sur la théorie. Ces propositions confirment l’intérêt des professionnels pour une offre de formation continue, spécialisée et différente des enseignements traditionnels.

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Consciente de ces besoins et à l’écoute de cette demande, l’ADBS organise un cycle d’études pour l’année 1970-71, enclenchant ainsi le véritable démarrage de l’activité de « perfectionnement ». L’emploi de ce mot n’est pas neutre : il souligne le positionnement de l’ADBS qui se considère comme responsable du perfectionnement de professionnels déjà formés aux métiers de la documentation ou ayant déjà acquis une véritable expérience, mais qui ont besoin de s’adapter, et non comme responsable de formation initiale. Cette position ne sera pas toujours aisée à défendre, notamment lors du lancement des stages d’initiation, dix ans plus tard.

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Soutenu par le ministère de l’Éducation nationale, le programme proposé en direction de tous les professionnels de l’information et documentation est de deux ordres. D’une part des sessions de perfectionnement axées sur trois thèmes : l’informatique documentaire par André Chonez, la communication documentaire par Luce Kellermann, les langages documentaires par Danièle Vataire(-Dégez). D’autre part une session spécialisée sur l’introduction aux langages de programmation par Roland Rossano. Ce programme rencontre immédiatement le succès puisque, entre décembre 1970 et octobre 1971, 14 sessions accueillent près de 600 personnes [1][1] Ce chiffre important s’explique par le nombre de participants....

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Luce Kellermann s’investit dans ce projet qu’elle porte littéralement. Âme de la formation permanente à l’ADBS de 1971 à 1981, elle organise bénévolement cette activité et partage son temps entre son poste de documentaliste au Centre d’ethnologie sociale et de psychosociologie à Montrouge, se charge de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales et l’animation du cycle sur la communication documentaire. Cette double compétence, de documentaliste et de formateur, restera une constante pour les responsables de l’activité formation permanente de l’association. Dans l’organisation de celle-ci, Luce Kellermann bénéficie du soutien actif de Françoise Blamoutier, qui préside la commission Formation de l’ADBS. Grenobloise, responsable de l’information à l’Institut économique et juridique de l’énergie, Françoise Blamoutier anime un cours Unesco sur la documentation, cours reconnu dans la filière de la formation continue internationale. Praticiennes et théoriciennes de la formation permanente, toutes deux font véritablement figures de pionnières dans ce domaine.

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Dans les années qui suivent la parution de la loi du 16 juillet 1971 sur « l’organisation de la formation professionnelle continue dans le cadre de l’éducation permanente », l’ADBS entreprend les démarches pour obtenir un numéro d’enregistrement comme organisme de formation ; ce numéro lui sera attribué en 1977. Cette mise en conformité révèle la capacité d’innovation de l’association, son aptitude à s’inscrire dans les changements en cours. Aucun autre organisme de formation continue dédié aux documentalistes n’existe à l’époque.

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À partir de 1970, les stages se sont donc mis en place. D’abord parisiens, ils se développent progressivement en divers points du territoire grâce au dynamisme des groupes régionaux. En 1978, on comptabilise 8 cycles régionaux représentant 17 journées et touchant 104 stagiaires, à comparer aux 13 cycles parisiens représentant 45 journées et touchant 171 stagiaires. La même année, une sous-commission Formation continue est créée au sein de la commission Formation, sous la responsabilité de Luce Kellermann, avec pour mission de traduire dans les faits les orientations définies par cette commission.

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En 1980, 379 personnes dans toute la France participent à 29 cycles totalisant 96 journées. La progression du nombre de stages, l’accroissement des tâches matérielles liées à la volonté de professionnaliser ce service conduisent en 1981 à l’embauche d’Arlette Boulogne, à raison de deux demi-journées hebdomadaires. Lors de l’assemblée générale, le président, Pierre Pelou, annonce la création officielle du service Formation continue de l’ADBS.

Évolution du nombre de stages de 1977 à 2003
Évolution du nombre de sessions de 1977 à 2002
Évolution du nombre de stagiaires de 1977 à 2002

2 - La professionnalisation

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Les conditions de travail n’ont alors aucune commune mesure avec celles d’aujourd’hui. Ni moyens matériels : c’est le salon de l’appartement occupé par l’ADBS avenue Franco-Russe qui fait office de salle de formation. Ni moyens humains : ce sont souvent les animateurs de l’association qui prennent en charge les formations. Au sein du « secrétariat de l’ADBS » qui n’a pas encore pris le nom de délégation permanente, les responsables du service formation sont encore trop souvent assimilées à des secrétaires, sans reconnaissance réelle de la valeur ajoutée qu’elles apportent. L’association, fondée et portée à bout de bras par des bénévoles, n’a pas encore pris la mesure du professionnalisme nécessaire en formation ; elle tend à surinvestir les relations personnelles, ce qui entraîne un « amateurisme gentil » que s’efforcent de combattre Arlette Boulogne puis Suzanne Waller, qui lui succède deux ans plus tard, à mi-temps pour sa part.

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Leur objectif est de professionnaliser la formation permanente au sein de l’association. Arlette Boulogne établit une grille de tarifs correspondant à ceux du marché, élabore un catalogue de formation et s’efforce de satisfaire les besoins exprimés en trouvant les animateurs ad hoc, inversant la tendance qui jusqu’alors était plutôt de programmer des stages « en fonction de l’offre », c’est-à-dire des possibilités que l’on avait de les organiser, « et non en fonction des besoins ». L’équilibre financier du service est assuré par les stages intra-entreprises comme ceux qui sont organisés pour le Parlement européen, l’Actim, le Sénat, etc. Les sessions proposées se répartissent selon deux axes : les stages de perfectionnement sur les techniques nouvelles, l’audiovisuel, etc., et les stages de base à l’intention d’un public exerçant la fonction de documentaliste sans en avoir la formation.

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Ces stages de base exacerbent l’hostilité des responsables de formations initiales qui y voient une concurrence directe. Arlette Boulogne et Suzanne Waller publieront en juillet 1982 une mise au point sur l’organisation et la finalité de ces stages d’initiation, dans le numéro spécial de Documentaliste - Sciences de l’information consacré à la formation documentaire [2][2] Arlette Boulogne, Suzanne Waller. Problèmes déontologiques.... Ces stages posent effectivement question à l’ADBS, notamment en termes de déontologie et surtout de pédagogie, mais ils répondent à un réel besoin et pallient le défaut de formation initiale de personnes déjà en poste.

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Tout en poursuivant ces stages, l’ADBS œuvre pour la promotion de formations initiales adaptées à ce public sans bases théoriques mais qui a une pratique et l’expérience du travail dans un centre de documentation. Elle érige en postulat que ces stages d’initiation « ne peuvent en aucun cas se substituer à une formation diplômante », tentant tout à la fois d’interpeller les employeurs sur le fait qu’un stage de cinq jours ne remplacera jamais une formation initiale au long cours, de rassurer les adhérents diplômés qui, à tort, redoutent la concurrence de ces professionnels déjà en poste, et de préciser sa position vis-à-vis de l’enseignement général et initial.

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La différence de la formation continue ADBS par rapport à l’enseignement initial se révèle aussi par des procédures pédagogiques spécifiques. Suzanne Waller se bat pour éviter un enseignement traditionnel à base de cours magistraux. Elle préconise de partir des pratiques des stagiaires qui connaissent l’entreprise et de valoriser leurs savoirs, mêmes relatifs. Aujourd’hui encore cette vigilance est de mise et Claudine Masse, actuelle responsable du service Formation, n’hésite pas à réorienter un formateur logorrhéique : « Les gens ne viennent pas pour écouter un cours déversé une journée entière. »

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Suzanne Waller développe l’adéquation entre l’offre et la demande, rationalise l’organisation, entreprend une réflexion pédagogique avec les formateurs et retravaille le catalogue sur le fond. Bien que ce soit à cette période que se situe l’arrivée avenue Franco-Russe des premiers micro-ordinateurs destinés aux stages de formation, son grand regret est de n’avoir pu mettre en œuvre l’informatisation du service qui démarrera dans les années quatre-vingt-dix. Pendant ces presque sept ans, le nombre de stages aura sensiblement augmenté et les stages intra-entreprises se seront développés. Lors du départ de Suzanne Waller, le chiffre d’affaires du service Formation représente un tiers du budget total de l’association.

3 - La cour des grands

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En 1990, Xavier Thiébaut succède à Suzanne Waller. Son recrutement, à temps plein cette fois, coïncide avec le déménagement de l’ADBS vers la rue Claude-Tillier, où elle peut envisager d’accueillir, dans de meilleures conditions, un public plus nombreux et plus varié. Plusieurs facteurs favorisent la montée en puissance du service formation au sein de l’ADBS.

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À partir de 1991 apparaît, parallèlement à la demande de « stages catalogue » standardisés, une demande de formations « sur mesure » : l’ADBS s’était forgé depuis 1971 une expérience reconnue dans la conception de stages personnalisés intra-entreprises. La demande des entreprises rencontre donc l’offre de l’ADBS et permet de doubler le nombre de ces stages.

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En 1994, l’émergence d’Internet grâce au web, suscitant de nouveaux besoins de stages, stimule le service Formation. En partenariat avec l’Institut national des techniques de la documentation (INTD/CNAM) qui met à disposition son infrastructure, Xavier Thiébaut met en place une première formation spécifique de recherche sur Internet. En septembre 1996, le Conseil d’administration accepte d’investir dans l’équipement multimédia d’une salle de formation. Les stages de méthodologie de recherche sur Internet se développent et rencontrent un vif succès [3][3] C’est aussi à ce moment que le service Formation continue.... L’ADBS se positionne sur le créneau original des stages thématiques. Avec sa salle multimédia, elle fait partie, comme le CNAM, des rares organismes à proposer une telle infrastructure. On est loin du salon de l’appartement de l’avenue Franco-Russe, avec ses moulures, sa cheminée, son miroir et son exiguïté !…

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Parallèlement à ces facteurs d’évolution externes, Xavier Thiébaut procède au renouvellement complet du matériel (micro-ordinateurs, lecteurs de cédérom, scanneurs, etc.). Il entreprend aussi de renouveler la maquette du catalogue et d’homogénéiser les contenus proposés, en travaillant sur la lisibilité de l’offre et la recherche d’une harmonisation entre les régions et Paris. Autant d’initiatives qui concourent à accroître encore le nombre de stages [voir les graphiques pages 106 et 108].

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Claudine Masse succède à Xavier Thiébaut en 1996. L’équipement des salles de formation en multimédia s’accélère (il y en a deux à ce jour), le Bureau n’hésitant plus à accorder au service Formation les moyens qui lui étaient nécessaires. Le développement des stages intra-entreprises se poursuit : il concernait 12 formations du temps de Suzanne Waller, 35 au départ de Xavier Thiébaut en 1996 et 77 en 2002. Au total, 230 sessions inter ou intra-entreprises ont été organisées l’année dernière. Par le nombre de ses stages, la complétude de son offre, l’importance de son public et le montant de son chiffre d’affaires (qui représente un peu plus de la moitié du budget de l’association), l’ADBS devient un véritable organisme de formation. Elle joue désormais dans la cour des grands…

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Plusieurs facteurs ont favorisé son succès. L’alliance, prônée et mise en œuvre par Xavier Thiébaut, de la pédagogie, du marketing et de la logistique, trois notions fondamentales en formation continue, qui toutes ont ici progressé simultanément. Les échanges avec les commissions thématiques de l’ADBS, en particulier celle consacrée à Internet qui permet de bien cerner les besoins et de suivre les évolutions du métier. Le choix de formateurs non permanents qui autorise l’intervention de nombreux professionnels en phase avec le terrain, conscients de l’évolution et de la réalité de l’entreprise : 65 à 90 formateurs interviennent actuellement chaque année, ils étaient 36 en 1982.

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Il demeure néanmoins des aspects à améliorer ou à consolider, comme la formation des formateurs sur le plan pédagogique, problème récurrent qui trouve un embryon de solution avec les réunions de formateurs par grand domaine d’intervention. Le groupe des intervenants sur Internet, par exemple, échange ses connaissances et ses meilleures pratiques via une liste de diffusion spécifique.

Évolution du personnel affecté au service. Formation continue de 1977 à 2002
Évolution du chiffre d’affaires de 1977 à 2002
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Autre problème complexe, l’harmonisation des stages entre Paris et les régions. Ces stages semblent excessivement coûteux aux professionnels exerçant en région. Mais comment construire une offre cohérente en proposant un produit identique à des prix différents ? La question n’est pas résolue et, malgré leur coût, les régions plébiscitent les stages d’initiation et ceux qui portent sur Internet.

4 - Les innovations depuis 2000

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L’ADBS expérimente dès 2000 l’enseignement à distance. Avec l’aide du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) qui l’héberge sur sa plate-forme, elle propose un module de formation sur le droit des bases de données conçu en collaboration avec Martine Prévot-Hubert, responsable du DESS de Sciences Po. Ce stage est monté dans le cadre du projet européen DECIDoc, un projet inscrit dans un programme communautaire de soutien à des projets, proposés en l’occurrence par un regroupement d’associations professionnelles européennes, portant notamment sur l’enseignement à distance. Ce module expérimental, premier du genre, permet de tester le contenu et les modalités d’une formation en ligne, de sérier les difficultés rencontrées : problèmes de conceptions pédagogiques, rôle des tuteurs, place de la plate-forme, etc., et d’y répondre. Ce stage remporte un grand succès, dû pour partie à la nouveauté du contenu, pour partie aux conditions innovantes de son déroulement.

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Forte de cette expérience, l’ADBS propose alors de prolonger certains de ses stages classiques par une suite à distance, sous forme d’exercices complémentaires et de réponses individuelles en ligne. Aujourd’hui deux projets de formation à distance sont en cours, en partenariat avec l’INTD : l’un, entièrement à distance, sur la méthodologie de recherche, destiné aux non-professionnels de la documentation ; l’autre, mixte, entre présentiel et formation à distance, pour des professionnels formés depuis longtemps et recherchant une mise à niveau en nouvelles technologies de l’information.

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Le principal problème de ces formations à distance est leur rentabilité. Pour être profitables aux enseignés, elles exigent un intense travail d’accompagnement pédagogique, un lourd suivi administratif, une formalisation et une explicitation détaillées, une utilisation de ressources techniques – toutes choses qui représentent un coût important. Ce qui fait dire à Jacques Perriault (professeur à Paris-X et spécialiste de la formation à distance), sous forme de boutade : « La formation à distance, c’est comme les cours de gym : on gagne de l’argent sur les gens qui adhérent et qui ne suivent pas. » Très loin de cette philosophie, l’ADBS met son point d’honneur à tout faire pour ne laisser personne en cours de route, au prix d’un investissement en temps considérable et non encore comptabilisé.

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Deux changements marquent l’année 2002 : l’ouverture des stages aux non-adhérents de l’ADBS et la création d’un service Emploi-Certification-Référentiels.

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Ce retour aux sources autorisé par la modification de la législation, puisque au départ les stages accueillaient indifféremment adhérents et non-adhérents, souligne la volonté de l’ADBS de faciliter l’accès à ces cycles de formation continue et de s’ouvrir. Aujourd’hui, deux tarifs coexistent avec une définition stricte de l’adhérent : est considéré comme tel la personne nommément bénéficiaire de l’adhésion. En 2002, la répartition des stagiaires entre adhérents et non-adhérents s’équilibre sans pour autant signifier un élargissement subit du public. Les stagiaires, tout simplement, se sont dispensés d’adhérer parce que ce n’est pas une obligation.

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L’influence de ce changement sur le nombre d’adhésions n’est pas encore perceptible mais il peut à terme constituer un risque, tout comme l’évolution du public. Actuellement le contenu des stages est conçu pour un public de professionnels de l’information et documentation ayant un référentiel commun ; un changement brusque de public pourrait entraîner une hétérogénéité difficile à appréhender. Consciente de ces risques, Claudine Masse reste vigilante.

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Autre changement : la création d’un service Emploi-Certification-Référentiels qui scinde l’ex-service Formation-Emploi en deux unités distinctes. Cette dissociation, à l’heure où la convergence formation/emploi est de mise, pourrait étonner. Elle répond en fait au double souci de renforcer le service Formation qui s’élargit à l’organisation des journées d’étude et de développer le service Emploi qui étend son ressort à la valorisation des métiers. Claudine Masse confirme la nécessaire et indispensable synergie entre ces deux services.

5 - Des pistes pour l’avenir

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Dans un environnement très mouvant qui voit apparaître et se confirmer la validation des acquis de l’expérience (VAE), la certification des professionnels, la formation à distance, etc., le service Formation continue de l’ADBS se doit de garder le cap et de prendre les bonnes orientations. Sans se substituer à une réflexion stratégique, la discussion qui a conclu cette table ronde, avec la participation de Jacques Perriault et Alain Gonzalez, a envisagé des pistes que pourraient explorer l’ADBS, sa commission Formation et son service Formation continue. La restitution de ce débat figure ci-après dans l’article proposé pages 138-140.

Les journées d’étude

L’ADBS organise chaque année entre cinq et dix journées d’étude nationales qui rassemblent une moyenne d’une centaine de personnes.

Ces journées constituent un complément naturel des formations. Elles permettent aux professionnels de suivre les dernières évolutions qui concernent les métiers de l’information et documentation, qu’elles soient :

  • techniques : « XML : pour quoi faire ? », « La modélisation : pourquoi l’intégrer dans les systèmes d’information documentaire ? », « Du thésaurus au web sémantique : les langages documentaires ont-ils encore un avenir ? »,

  • réglementaires : « Diffuser un panorama de presse en ligne », « Images et droit »,

  • ou qu’elles portent plus largement sur le management de l’information, comme : « Le documentaliste au cœur des projets de gestion de la connaissance », « Nouveaux rôles de la documentation en santé », « Penser l’Infopolis pour organiser, ensemble, la société de l’information ».

Des experts viennent y présenter l’état de l’art sur une question et des praticiens y témoigner de leur expérience. C’est toujours l’occasion d’échanges extrêmement fructueux entre professionnels. La plupart de ces journées font ensuite l’objet d’un compte rendu publié dans cette revue et sur le site web de l’ADBS.

Notes

[*]

Cet article est issu de la première partie d’une table ronde organisée et animée par Annette Cattenat, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-VIII, vice-présidente de l’ADBS chargée de la formation et coprésidente de la commission Formation.

Ont pu participer à cette rencontre : Arlette Boulogne, directrice de l’Institut national des techniques de la documentation, responsable du service Formation continue de l’ADBS de 1981 à 1983 ; Alain Gonzalez, professeur, directeur du Centre de formation continue de l’Université Paris-XIII ; Claudine Masse, responsable du service Formation continue de l’ADBS depuis 1996 ; Jacques Perriault, professeur de sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-X ; Martine Prévot-Hubert, responsable des études au DESS Gestion de l’information dans l’entreprise de l’Institut d’études politiques de Paris, ancienne vice-présidente de l’ADBS chargée de la formation et coprésidente de la commission Formation de 1993 à 2001 ; Suzanne Waller, responsable du service Formation continue de l’ADBS de 1983 à 1990.

Ce texte a été revu par André Chonez, Luce Kellermann, Chantal Mouttet et Xavier Thiébaut qui avait envoyé une contribution écrite à la table ronde.

[1]

Ce chiffre important s’explique par le nombre de participants admis à chacune de ces sessions de « perfectionnement » : ils pouvaient atteindre la cinquantaine, ce qui est évidemment très supérieur au nombre de stagiaires que l’on accueille actuellement en formation continue.

[2]

Arlette Boulogne, Suzanne Waller. Problèmes déontologiques et pédagogiques posés à l’ADBS par le cycle « Notions fondamentales ». Documentaliste - Sciences de l’information, juillet-octobre 1982, vol. 19, n° 4-5, p. 156-157.

[3]

C’est aussi à ce moment que le service Formation continue propose aux adhérents des « ateliers Internet », animés en fin de journée par Claudine Masse, Olivier Thiébeauld et Xavier Thiébaut, qui rencontrent le même succès.

Résumé

Français

Afin de retracer l’évolution de son activité liée à la formation continue, l’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS) a réuni ou consulté l’ensemble des personnes qui, depuis les origines, en ont été les acteurs. Fondé sur ces échanges, cet article présente les grandes étapes du développement de la formation continue au sein de l’ADBS : des premières sessions dites de perfectionnement, mises en place dès le milieu des années soixante, aux derniers cycles consacrés au multimédia ou à la recherche avancée d’information sur Internet, aux stages intra-entreprises ou à distance.

Plan de l'article

  1. 1 - Les premières années
  2. 2 - La professionnalisation
  3. 3 - La cour des grands
  4. 4 - Les innovations depuis 2000
  5. 5 - Des pistes pour l’avenir

Pour citer cet article

Gicquel Florence, « Formation continue : un engagement fort de l'ADBS », Documentaliste-Sciences de l'Information 2/2003 (Vol. 40) , p. 104-109
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2003-2-page-104.htm.
DOI : 10.3917/docsi.402.0104.


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