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Documentaliste-Sciences de l'Information

2003/2 (Vol. 40)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.402.0156
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Quarante ans de coopération et de partenariats en France

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Les actions de coopération et de partenariat engagées par l’ADBS tout au long de son histoire ont principalement visé quatre objectifs : la défense de divers dossiers auprès des pouvoirs publics, l’établissement de relations avec le monde économique, le développement d’une synergie entre associations au niveau national, l’ouverture internationale de l’ADBS et la promotion de celle-ci en Europe et dans le monde.

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Toutes ces actions sont évidemment relayées au niveau local par les dix-huit délégations régionales de l’association qui contribuent, pour une part essentielle, à asseoir ou à étendre ces partenariats. On en trouvera quelques illustrations un peu plus loin dans l’article consacré aux régions [pages 168-171].

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Les relations de l’association avec les organismes et institutions de formation (INTD, IEP de Paris, EBD, IUT, universités, etc.) ne sont pratiquement pas traitées ici. Deux articles de ce numéro sont entièrement consacrés à la formation, un autre partiellement : ils en abordent plusieurs aspects absents de celui-ci.

Des actions menées auprès des pouvoirs publics ou avec eux

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Dès le début des années soixante-dix, l’ADBS avait noué des relations avec le BNIST. Elle les poursuivra avec les autres services qui auront mission après lui de définir et de soutenir une politique française de l’information : MIDIST, DBMIST, DIST. Elle exercera auprès d’eux une fonction de proposition et sera ponctuellement chargée par eux de certaines études, enquêtes ou publications. Dans un tout autre domaine, l’association avait en 1975 engagé un partenariat avec le CEREQ pour une enquête sur la fonction documentaire.

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À partir de ce moment se sont multipliées des actions entreprises auprès des pouvoirs publics pour défendre des dossiers concernant l’information et la documentation et ses acteurs, ou engagées avec les administrations pour mener à bien certains projets. Sans pouvoir en dresser ici une liste exhaustive, on peut citer quelques-uns des partenaires avec lesquels l’association a mené les actions les plus marquantes.

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La CCDA (supprimée en 1998), dont l’ADBS a été membre en tant que représentant de la profession et où elle a pris part aux premiers travaux relatifs à l’installation d’Internet dans les administrations. Le ministère de l’Éducation nationale, en matière de formation générale à l’information (culture de l’information) ou de formation initiale spécialisée (l’ADBS a régulièrement été invitée à siéger à la Commission pédagogique nationale des IUT qu’elle préside actuellement). Le ministère de la Recherche pour des actions liées à la diffusion de l’information scientifique et technique (répertoires de banques de données françaises, publications, journées d’étude, etc.). Le ministère de la Coopération pour la création ou l’animation de réseaux (Ibiscus, réseaux interassociations). Le ministère de la Recherche, encore, au début des années quatre-vingt-dix, à propos de programmes de recherche en sciences de l’information (comme Parinfo) et avec l’ENSSIB pour l’organisation conjointe de rencontres régulières entre recherche et profession. Le ministère de la Culture au sujet du droit d’auteur et du droit de prêt. Le ministère de la Fonction publique pour la négociation, de 1994 à 1997, du statut interministériel des chargés d’études documentaires…

En 1970, la profession s’interroge sur son avenir

Communiqué publié dans Le Monde le 8 juillet 1970 sous le titre : Les bibliothécaires et les documentalistes s’interrogent sur leur avenir, et repris dans ADBS Informations (n° 28, juillet 1970).

« Pour la première fois en France, quatre Associations professionnelles regroupant les spécialistes de la documentation et de l’information (ABF, ADBS, AENSB, AINTD) se sont réunies pour confronter leurs points de vue et leurs objectifs en face de la place croissante prise par l’information dans les différents secteurs de l’activité scientifique, technique, économique et culturelle.

« Elles entendent jouer un rôle dynamique dans cette évolution et aider ainsi notre pays à sortir de l’état actuel de sous-développement dans lequel se trouve la plupart des services de documentation et d’information.

« Elles estiment que la formation de ces personnels doit être mieux coordonnée tant au plan des programmes qu’à celui des institutions et que les réformes actuellement en cours doivent davantage tenir compte des perspectives d’avenir de ces professions.

« Elles ont fixé un programme de travail commun à moyen terme ; elles en présenteront les résultats aux Pouvoirs Publics avec lesquels elles souhaitent établir un contact permanent sur tous ces problèmes. »

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Ces actions politiques, on le voit, ont particulièrement visé la reconnaissance des métiers, l’organisation de manifestations et de séminaires, la création de partenariats, le suivi des filières et programmes de formation en information et documentation, l’évolution du droit de l’information, la mise en œuvre de programmes de recherche en sciences de l’information.

Des tentatives de partenariat avec le monde économique

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Plusieurs actions ont aussi été menées par l’ADBS afin de « sortir » de son milieu et d’approcher les acteurs économiques ou sociaux. Il lui paraît en effet important de les sensibiliser à l’importance de l’information professionnelle dans le tissu économique et donc à l’existence des personnes qui s’y consacrent.

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C’est ainsi, entre autres exemples, qu’elle a collaboré avec le SICOB, dans le cadre duquel elle organisait une Journée des documentalistes. Qu’elle a mené des actions particulières avec les ingénieurs, notamment avec le CNISF dans le cadre des colloques TransInfo dont elle a publié les actes. Qu’elle a engagé un partenariat avec l’AFNOR pour la diffusion de ses éditions, au-delà des relations naturelles qu’elle entretenait avec elle sur le plan de la normalisation en information et documentation. Qu’elle a travaillé en étroite liaison avec diverses chambres de commerce et d’industrie en région, avec la CCIP et au niveau national avec l’ACFCI.

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D’autres tentatives se sont soldées par des échecs ou des semi-échecs. L’établissement de relations avec les associations de ressources humaines, par exemple, auprès desquelles l’ADBS a tenté de promouvoir la profession et qu’elle n’a pu sérieusement approcher. Il en va de même pour les associations de grandes écoles, lieux de formation des cadres de demain. Ou pour le monde de l’Éducation nationale, où des tentatives de sensibilisation des conseillers d’orientation n’ont pas pu aboutir. Il y a là un très lourd travail de prospection à mener méthodiquement, en reprenant les démarches à la base et en s’appuyant à la fois sur la commission Emploi et sur le nouveau service Emploi-Certification-Référentiels.

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Une autre expérience intéressante fut l’engagement de l’ADBS, entre 1998 et 2000, dans l’association Doc Forum, organisatrice de la Biennale du savoir. Une expérience finalement sans suite, certes, mais riche d’enseignements sur les conditions actuelles de viabilité des salons en région. Ce projet consistait à implanter durablement à Lyon un salon d’envergure nationale, professionnel et grand public à la fois. L’association Doc Forum réunissait, en un montage original et audacieux, des entreprises (la librairie Decitre, la société Ever, le quotidien Le Progrès de Lyon) et des institutions (l’ENSSIB et la Région Rhône-Alpes) qu’une association, l’ADBS, a rejointes. Les difficultés ne sont pas venues de la cohabitation de partenaires d’origines et de natures aussi diverses ; mais plutôt du fort parisianisme du marché de l’information, qui a retenu un nombre important des exposants potentiels, et du décalage entre la faible marge de manœuvre des acteurs régionaux de l’association et le dimensionnement national de l’opération.

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Ce qui a conduit l’ADBS à se retirer de Doc Forum. La forte demande exprimée par ses adhérents d’une manifestation en région l’avait poussée à tenter cette expérience ; elle en a acquis la conviction que c’est plutôt un congrès professionnel sans salon qu’il est raisonnable d’organiser en région, dans la préparation duquel les acteurs locaux peuvent vraiment jouer un rôle. Et elle y a aussi gagné dans ses relations avec l’ENSSIB, qui a compris qu’elle est partante pour travailler avec elle sur des projets d’envergure. L’image de l’association y a aussi gagné vis-à-vis des entreprises.

2003 : le congrès interassociatif des métiers de l’I&D

Lors des dernières Assises de l’ADBS, nous avons longuement évoqué les grandes évolutions de nos métiers avec les associations représentant la grande famille de l’I&D : archivistes, bibliothécaires et documentalistes. Cette réflexion doit être poursuivie. C’est l’objectif du premier congrès interassociatif qui se tiendra à Rennes les 21 et 22 novembre 2003, coorganisé par l’AAF, l’ABF, l’ADBU et l’ADBS.

Il nous semble essentiel de déterminer les convergences et les synergies qui se manifestent dans le développement de nos différents métiers. Pour les promouvoir et faire connaître leur diversité, il faut que les professionnels de l’I&D eux-mêmes soient capables d’identifier clairement les spécificités de leurs professions. Le rapprochement engagé avec les autres associations favorise l’émergence de nos particularités. Nous souhaitons réfléchir sur le rôle de nos métiers respectifs dans la gestion et le traitement de l’information, et sur les évolutions induites par la dématérialisation des documents.

Ce premier congrès se tiendra à la veille du Sommet mondial de la Société de l’information qui aura lieu à Genève en décembre. Nous profiterons de cette opportunité pour mettre en évidence le rôle de nos professions dans la construction de la Société de l’information en remettant à cette occasion un Livre blanc qui rendra compte de nos propositions.

F. W.-R.

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Mais la coopération avec les grands acteurs de la vie économique et industrielle reste encore à développer : ce devrait être le défi des dix prochaines années.

Une synergie entre associations au niveau national

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Les relations de l’ADBS avec les autres associations françaises du secteur de l’information et documentation sont anciennes et très fortes. Elles ont commencé dès les premières années, et malgré certaines tensions consécutives à l’irruption de l’ADBS dans le monde professionnel. On n’en citera pour preuve que la démarche que celle-ci a entreprise en 1970 avec trois associations (l’ABF, l’AENSB et l’AINTD) et qui a abouti à la publication dans Le Monde d’un communiqué commun reproduit page 157 : Les bibliothécaires et les documentalistes s’interrogent sur leur avenir.

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En 1969 déjà, la première journée d’étude proposée par l’ADBS, consacrée aux besoins des utilisateurs, avait été coorganisée avec deux autres associations, l’une représentant le monde institutionnel des bibliothèques (l’ABF), l’autre le monde de l’entreprise et de la recherche (l’ANRT). Et c’est encore avec l’ANRT que sera monté en 1974 le projet d’un congrès national français de l’information et de la documentation, dont la quatrième édition, en 1981, portera le nom d’IDT.

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Au milieu des années quatre-vingt s’est développée l’ABCD, regroupement d’abord informel des principales associations du secteur de l’I&D [1][1] AAF, ABF, ACB, ADBDP, ADBS, ADBU, ADEBD, ANDEP et ..., formalisé en 1992 en Interassociation des archivistes, bibliothécaires, conservateurs et documentalistes. Il ne s’agissait pas de créer une fédération, mais un lieu de rencontre d’associations pour essayer, sur un certain nombre de points qui les concernent également, d’arrêter une position commune et de s’exprimer d’une seule voix. Ce fut le cas par exemple lors d’une journée d’étude intitulée « Pour une politique documentaire nationale », organisée à l’Unesco dès février 1986, et d’une autre, « Une déontologie : pourquoi ? », en novembre 1992, qui constitua la première manifestation publique de l’Interassociation récemment officialisée. Dans les deux cas, les actes en ont été publiés par l’ADBS.

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Même s’il n’est pas toujours possible, dans le cadre de l’ABCD, d’engager des démarches communes sur certaines questions par lesquelles tous ses membres ne sont pas préoccupés au même degré (les archivistes, par exemple, ne sont pas concernés par les problèmes liés au droit de prêt), l’ADBS a toujours attaché la plus grande importance à l’existence de cette Interassociation : à la fois parce qu’elle est un lieu où les petites associations et les plus grosses se retrouvent à égalité de droit, et parce qu’elle est le lieu naturel où certains de ses membres peuvent se concerter pour engager en nombre restreint des démarches communes (en matière d’évolution de la réglementation, par exemple, ou sur le droit de l’information, comme l’ont fait l’ABF et l’ADBS).

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Cette recherche de synergie entre associations vouées aux métiers « anciens » (bibliothèques, archives) s’est plus récemment étendue aux « nouveaux » métiers (producteurs de banques de données, serveurs, concepteurs et diffuseurs de services électroniques et télématiques, praticiens de l’intelligence économique) et a permis de nouveaux partenariats : avec le GFII, qui a rejoint les organisateurs d’IDT en 1993, le GESTE, l’AFTEL, l’APROGED, SCIP France, etc., ou, dans le domaine juridique, l’ADIJ et Juriconnexion.

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Une initiative a été prise par l’ADBS dans les années 1988-89 pour tenter de rassembler dans un même lieu ses associations sœurs. D’une réalisation sans doute trop complexe, ce projet de « Maison de l’information » (locaux communs, vitrine de l’information professionnelle, librairie, etc.) n’a malheureusement jamais pu voir le jour ; mais on peut en trouver un lointain avatar en la présence de la FADBEN, du GFII et de SCIP France dans les locaux actuels de l’ADBS.

Principales organisations et associations citées

AAF. Association des archivistes français (membre d’ABCD)

ABCD. Interassociation des archivistes, bibliothécaires, conservateurs et documentalistes

ABD. Association belge de documentation (membre d’ECIA)

ABF. Association des bibliothécaires français (membre d’ABCD)

ACB. Association des conservateurs de bibliothèques (ex-AENSB) (membre d’ABCD)

ACFCI. Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie (ex-APCCI)

ADBDP. Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt (membre d’ABCD)

ADBU. Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation (membre d’ABCD)

ADEBD. Association des anciens élèves de l’EBD (membre d’ABCD)

ADIJ. Association pour le développement de l’informatique juridique

AENSB. Association de l’École nationale supérieure des bibliothécaires (devenue ACB)

AFNOR. Association française de normalisation

AFTEL. Association française de télématique

AIDA. Associazione italiana per la documentazione avanzata (membre d’ECIA)

AINTD. Association des anciens élèves de l’INTD

ANDEP. Association nationale des documentalistes de l’enseignement privé (membre d’ABCD)

ANRT. Association nationale de la recherche technique

APROGED. Association des professionnels de la gestion électronique de documents

ASD. Association suisse de documentation

ASLIB. Association for information management (membre d’ECIA)

ASTED. Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation

AUF. Agence universitaire de la francophonie

BNIST. Bureau national de l’information scientifique et technique

CCDA. Commission de coordination de la documentation administrative

CCIP. Chambres de commerce et d’industrie de Paris

CEREQ. Centre d’études et de recherches sur les qualifications

CERTIDoc. Certification européenne en information et documentation (projet lancé en 2002)

CNISF. Conseil national des ingénieurs et scientifiques français

CPN-IUT. Commission pédagogique nationale des instituts universitaires de technologie

DBMIST. Direction des bibliothèques, des musées et de l’information scientifique et technique

DECIDoc. Développer les eurocompétences en information et documentation (1998-2001)

DGI. Deutsche Gesellschaft für Informationswissenschaft und Informationspraxis (membre d’ECIA)

DIST. Délégation à l’information scientifique et technique

EBD. École de bibliothécaires documentalistes (Institut catholique)

EBLIDA. European Bureau of Library, Information and Documentation Associations

ECIA. European Council of Information Associations

ENSB. École nationale supérieure des bibliothécaires

ENSSIB. École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (ex-ENSB)

FADBEN. Fédération des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale (membre d’ABCD)

FID. International Federation for Information and Documentation (1895-2000)

GESTE. Groupement des éditeurs de services en ligne

GFII. Groupement français de l’industrie de l’information

GRD. Groupe romand de documentation

IDT. Information, documentation, transfert des connaissances

IFLA. International Federation of Library Associations and Institutions

INCITE. Associacao portuguesa para o desenvolvimento da informacao cientifica e tecnica (membre d’ECIA)

INTD. Institut national des techniques de la documentation (CNAM)

ISO. International Organization for Standardization

MIDIST. Mission interministé­rielle pour la documentation et l’information scientifique et technique

SCIP France. Association française pour la promotion de l’intelligence économique

SEDIC. Sociedad espanola de documentacion e informacion cientifica (membre d’ECIA)

WERTID. West European Round Table for Information and Documentation (1979-1992)

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Cette démarche s’inscrit dans le souci qu’a toujours eu l’ADBS de travailler avec les associations sœurs et d’accueillir les nouvelles venues. Si des associations naissent, c’est pour occuper un espace qui correspond à un besoin, et il est donc naturel d’engager des relations avec elles, voire de les aider à se développer ou de les soutenir dans des moments difficiles.

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Ce bref panorama des relations de l’ADBS avec les associations du secteur de l’information et documentation ne saurait être complet sans un rappel du dernier en date des chantiers ouverts en la matière : le premier congrès interassociatif qui se tiendra en novembre 2003 à Rennes [voir page précédente].

Une ouverture internationale

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Cette ouverture a consisté en la mise en œuvre de relations structurées et de collaborations avec les associations internationales du secteur de l’information et documentation et les associations nationales des autres pays ; ainsi que, plus récemment, avec les associations européennes et la Commission de Bruxelles. C’est en effet un très fort engagement dans l’Europe de l’information qui marque les quinze dernières années, après une première période dominée par un égal engagement dans la francophonie. Un point faible des relations internationales de l’ADBS demeurant celles, timides, qu’elle a toujours entretenues avec le continent américain (qu’il s’agisse de l’Amérique du Sud ou des États-Unis), à l’exception du Québec.

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La contribution suivante approfondit cet aspect international et européen des relations de l’ADBS avec son environnement.

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Dominique Velten

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Florence Wilhelm-Rentler

Quarante ans d’actions internationales

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Depuis ses origines, l’ADBS est attentive à ce que ses actions au plan international concourent à trois objectifs complémentaires : tisser et renforcer ses liens avec des associations professionnelles partenaires, qu’elles soient nationales ou internationales ; participer aux activités de l’Union européenne dans le domaine de l’information et de la documentation ; identifier les initiatives, les projets et les réalisations afin de promouvoir la présence de spécialistes français sur la scène internationale et de prendre position sur certaines questions qui présentent des opportunités ou des risques pour le développement de la profession ou l’exercice du métier.

Un ancrage international

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Dès les années soixante, l’ADBS noue des relations avec les grands organismes clés de notre domaine : FID, IFLA, ISO, UNESCO.

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Lors de la décennie suivante, les liens se consolident : l’association envoie davantage de représentants aux congrès et rend compte de façon systématique des initiatives visant à créer, à l’instar du « nouvel ordre économique », un système d’information mondial refondé. Dans le même temps, des adhérents s’impliquent dans la création d’associations internationales francophones.

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Les années quatre-vingt voient le renforcement des contacts pris avec les associations nationales, en particulier celles des pays européens et des régions de l’hémisphère Sud. L’ADBS peut compter sur le soutien constant – tant technique que financier – des ministères de la Recherche, de la Coopération et des Affaires étrangères, de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF, ex-AUPELF-UREF), de l’Agence intergouvernementale de la francophonie et de la Commission française pour l’Unesco : prise en charge de délégations étrangères lors des congrès IDT, abonnements à la revue Documentaliste - Sciences de l’information, organisation de journées d’étude, etc. Et elle cultive ses relations anciennes avec les associations d’autres pays francophones : l’ABD en Belgique, le GRD en Suisse, l’ASTED au Québec [2][2] Un partenariat sera plus tard mis en place avec l’ASTED... et les associations d’Afrique (notamment du Sénégal).

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Soulignons également le rôle moteur joué par le groupe sectoriel Pays en développement dans le positionnement de l’ADBS sur la scène internationale. Ses réalisations – actions de formation en France et à l’étranger, construction d’outils méthodologiques communs (thésaurus, annuaires de centres de documentation), nombreux articles d’étrangers dans Documentaliste - Sciences de l’information, organisation systématique, dans les années quatre-vingt, d’une session consacrée aux PED dans le cadre d’IDT – reflètent la réalité et la vitalité des valeurs de coopération et de solidarité de l’ADBS.

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Les actions de coopération menées avec des partenaires étrangers ou internationaux, particulièrement européens, s’amplifient dans les années quatre-vingt-dix. En 1993, voulant faire prendre conscience à l’ensemble des adhérents du caractère stratégique de l’action internationale et désireux d’afficher cette dimension dans l’organisation de l’ADBS, le Bureau décide la création d’une commission chargée de suivre tous ces dossiers et d’accompagner ou d’inspirer la politique internationale de l’association.

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C’est l’époque où le président de l’ADBS devient membre du Conseil de la FID. C’est l’époque où l’association s’investit dans des programmes européens. Où elle prend part à la création d’EBLIDA. Où l’European Council of Information Associations prend son essor…

Une identité européenne

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C’est surtout à partir de 1973 et de la tenue du premier congrès européen sur les systèmes et réseaux documentaires que notre association avait revêtu ses habits européens. Ce qui s’était notamment traduit par la parution fréquente d’articles dans la revue Documentaliste - Sciences de l’information : état des lieux des formations professionnelles dans les autres pays, articles de collègues européens, présentation d’associations nationales, etc.

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À la fin des années quatre-vingt, le mouvement s’amplifie, dopé par la tenue du congrès IDT, en mai 1987 à Strasbourg, dont le thème est pour la première fois axé sur une question internationale, résolument européenne en l’occurrence : « L’espace européen de l’information ».

35

L’ADBS s’implique fortement dans deux programmes successifs engagés par la Commission européenne : IMPACT (1989-1995) et Info2000 (1996-2000). En 1992, elle s’engage dans les travaux d’EBLIDA où, après une courte éclipse, elle s’investira à nouveau, notamment sur le droit de l’information et en liaison étroite avec l’ABF. La même année, elle participe, avec sept autres associations européennes, à la constitution d’ECIA, officialisant les liens de coopération noués entre elles depuis 1979 au sein du réseau informel WERTID. En plus des travaux communs aux associations membres de ce Conseil [3][3] Elles sont désormais au nombre de neuf, représentant..., des relations plus suivies s’instaurent avec plusieurs d’entre elles : INCITE et AIDA (plusieurs séminaires au Portugal et en Italie), SEDIC, ASLIB, DGD…

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En dehors de l’Union européenne, l’ADBS entame, à partir de 1995, des relations plus étroites avec des associations d’Europe de l’Est (Hongrie, Roumanie, République tchèque). Des séminaires et des partenariats en matière de formation voient le jour, avec l’association roumaine InfoDocRom, par exemple, comme il en existait de longue date avec le Groupe romand de documentation (GRD).

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Première, par le nombre de ses adhérents, des associations professionnelles européennes du secteur de l’information et documentation, l’ADBS, dans le cadre du programme communautaire Leonardo da Vinci (dédié à la formation permanente), est la cheville ouvrière de deux projets menés en partenariat et qu’elle a su défendre face aux instances européennes : DECIDoc (1998-2001), qui a permis la réalisation d’un référentiel européen des compétences [4][4] Avec la participation de pays européens extérieurs... et CERTIDoc, qui s’attache depuis novembre 2002 à poursuivre ce travail en définissant une procédure commune de certification des compétences de notre domaine [5][5] Voir à ce sujet l’article de Jean Meyriat pages 11....

Une veille documentaire et des actions de lobbying au service des professionnels de l’I&D

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Les voyages d’étude et les congrès ont de tous temps permis à nos adhérents de rendre compte, dans nos publications et lors des journées d’étude et des congrès, de ce qui se faisait à l’étranger : politiques documentaires, formations des professionnels, évolution du paysage technique (bases de données, normes, etc.). Des collègues étrangers ont également disposé – dans notre revue principalement – de l’espace nécessaire pour apporter leurs contributions.

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Les grandes conférences, l’élaboration de directives européennes, la publication de rapports et d’articles de presse – et plus généralement la constante redéfinition du champ d’intervention de notre métier – ont donné l’occasion à l’ADBS de prendre position et de mener des actions de lobbying avec nos partenaires étrangers : affirmation de règles déontologiques et publication d’un Euroréférentiel des compétences dans le cadre d’ECIA, approfondissement des problèmes juridiques de l’information au sein d’EBLIDA, défense des libertés d’expression et d’accès à l’information avec l’UNESCO et l’IFLA.

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Le premier Sommet mondial sur la Société de l’information, organisé par l’ONU en décembre 2003 à Genève puis en novembre 2005 à Tunis, sera l’occasion pour l’ADBS, en étroite relation avec les autres associations professionnelles françaises et européennes, de réaffirmer certains principes éthiques et moraux qui sont au cœur même de cette « société de l’information » : accès au savoir et à l’information publique, propriété intellectuelle, impact des technologies de l’information sur la gouvernance et la participation citoyenne, défense des droits fondamentaux et de la liberté d’expression.

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Le Livre blanc – commun à plusieurs associations professionnelles françaises – qu’elle élabore à cette occasion doit être un témoignage fort de sa présence et de son rôle au niveau international.

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Bernard Humbaire

Notes

[1]

AAF, ABF, ACB, ADBDP, ADBS, ADBU, ADEBD, ANDEP et FADBEN.

[2]

Un partenariat sera plus tard mis en place avec l’ASTED en matière de diffusion d’ouvrages, chaque association devenant dans son pays le diffuseur des éditions de l’autre.

[3]

Elles sont désormais au nombre de neuf, représentant les pays suivants : Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, France, Italie, Portugal, Royaume-Uni et Suède.

[4]

Avec la participation de pays européens extérieurs à l’Union : la Confédération helvétique (ASD), la République tchèque (SKIP) et la Roumanie (InfoDocRom).

[5]

Voir à ce sujet l’article de Jean Meyriat pages 110-117.

Résumé

Français

C’est avec un esprit d’ouverture à son environnement et de coopération que l’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS) a toujours voulu inscrire son action au service de la profession : avec les pouvoirs publics, avec le monde économique, avec les associations sœurs, en France et à l’extérieur, avec les réseaux internationaux, francophones et européens. Même si certaines initiatives ont pu connaître de moindres fortunes, de très nombreux partenariats ont ainsi pu être engagés.

Plan de l'article

  1. Quarante ans de coopération et de partenariats en France
    1. Des actions menées auprès des pouvoirs publics ou avec eux
    2. Des tentatives de partenariat avec le monde économique
    3. Une synergie entre associations au niveau national
    4. Une ouverture internationale
  2. Quarante ans d’actions internationales
    1. Un ancrage international
    2. Une identité européenne
    3. Une veille documentaire et des actions de lobbying au service des professionnels de l’I&D

Pour citer cet article

Velten Dominique, Wilhelm-Rentler Florence, Humbaire Bernard, « L'ADBS et les autres. Ouverture, coopération et partenariats », Documentaliste-Sciences de l'Information, 2/2003 (Vol. 40), p. 156-161.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2003-2-page-156.htm
DOI : 10.3917/docsi.402.0156


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