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Documentaliste-Sciences de l'Information

2003/4 (Vol. 40)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.404.0299
  • Éditeur : A.D.B.S.

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LA DGI AVAIT ORGANISE SES PREMIERES REUNIONS ANNUELLES dans les environs de Francfort. Puis, dans les années quatre-vingt, l’entreprise (privée) de la foire de Francfort a lancé l’exposition annuelle Infobase. Un peu plus tard, la conférence de la DGI décida de se rapprocher des dates et lieu de la foire de Francfort. Pendant une bonne dizaine d’années, le fameux salon Infobase, avec sa Online-Tagung (Conférence Online) proposée par la DGI, est ainsi devenu la manifestation incontournable des professionnels allemands de l’information.

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Mais la récession est passée par là… D’abord la DGI décide de supprimer sa conférence généraliste de septembre (le Dokumentar-Tag) et de ne plus organiser à l’avenir que la conférence Online. Puis, en 2001, la foire de Francfort, devant le recul du nombre de visiteurs et le déficit chronique, renonce à organiser le salon Infobase. Après quelques semaines d’intenses débats, et sur l’insistance en particulier des grands exposants allemands, la DGI décide alors de prendre le relais et d’organiser elle-même la conférence et l’exposition réunissant les principaux fournisseurs d’information. Après une belle réussite (encore un peu improvisée) en 2002, cette exposition-conférence ComInfo 2003 était donc la deuxième du genre proposée par la DGI.

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Pourquoi à Francfort ? La question s’est posée à plusieurs reprises, la dernière fois encore en 2002 lors du montage de la nouvelle formule. Francfort-sur-le-Main n’est certes pas comparable à la capitale Berlin, ni même une très grande ville (environ 600.000 habitants, loin derrière Hambourg, Munich et Cologne). Mais Francfort fut de tous temps la « capitale » économique et bancaire de l’Allemagne. Plusieurs grands serveurs allemands y ont leurs bureaux, et le siège de la DGI s’y trouve sur le même palier que les bureaux du serveur FIZ Technik (imaginons que l’ADBS soit ainsi la voisine de Questel…) ! Et, bien sûr, Francfort a une position très centrale en Allemagne, ce qui facilite le voyage des congressistes et des visiteurs.

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Dans les années fastes, les conférences ont rassemblé plus de sept cents congressistes. Ce chiffre avait récemment chuté – les grandes entreprises n’envoient plus une délégation, mais une seule personne ; les petites entreprises se limitent souvent à des visites d’une journée. Cette année, la liste des participants a comptabilisé quelque trois cents congressistes – renforcés par plus de quatre cents étudiants (avec leurs professeurs) des facultés d’information et de documentation des universités allemandes. Car, pour la première fois, la DGI a pris l’initiative d’attirer largement des étudiants avec des conditions préférentielles, et des tarifs encore dégressifs pour des groupes importants.

La DGI

Initialement appelée Deutsche Gesellschaft für Dokumentation e.V. (DGD), la DGI s’est rebaptisée en 1999 Deutsche Gesellschaft für Informationswissenschaft und Informationspraxis e.V. Ce que l’on peut traduire littéralement par Société allemande pour la science et la pratique de l’information. La DGI est ainsi, en quelque sorte, l’équivalent allemand de l’ADBS.

Cette association professionnelle travaille d’ailleurs en étroite relation avec son homologue française au sein de l’ECIA (European Council of Information Associations) ; elle a activement participé au projet DECIDoc et est actuellement l’un des membres du consortium CERTIDoc. Elle a mis en place un système de certification des professionnels analogue à ceux de l’ADBS et de la SEDIC en Espagne, et publié la version allemande de l’Euroréférentiel I α D : référentiel des compétences des professionnels européens de l’information et documentation.

La DGI est par ailleurs éditrice d’une revue professionnelle, Information - Wissenschaft und Praxis (intitulée jusqu’en 1997 Nachrichten für Dokumentation : Zeitschrift für Informationswissenschaft und -praxis) dont nous présentons régulièrement des articles dans notre rubrique bibliographique.

La prochaine exposition-congrès ComInfo aura lieu à Francfort du 15 au 17 juin 2004.

Pour en savoir plus : www. dgi-info. de

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Une soirée informelle avait notamment comme objectif de nouer des contacts entre cette catégorie appelée Newcomer et les « anciens » professionnels de l’information. Souhaitons que les étudiants, quand ils auront terminé leurs études, viennent toujours aussi nombreux…

Quel est l’avenir des professionnels de l’I α D en Allemagne ?

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Sur un ton humoristique, un orateur avait proposé dans son discours d’inscrire le professionnel de l’information sur la « liste de Washington » des espèces menacées. Il est vrai que l’ancien « chercheur en ligne » a largement disparu – les professionnels font encore des recherches en ligne, mais seulement comme une tâche parmi beaucoup d’autres. Ces nouveaux champs de travail se reflétaient dans les sujets abordés par la conférence : gestion des connaissances, bases de données en intranet, portails d’information, documents numériques. Le seul problème est que tous ces domaines sont aussi « disputés » par d’autres professions, et les professionnels de l’information doivent développer des argumentaires pour mettre en avant la qualité et la spécificité de leur travail. Exemple : un orateur a mené une enquête auprès d’une centaine d’entreprises qui ont mis en place des logiciels de gestion des connaissances : plus de la moitié n’avait pas choisi ce logiciel sur la base de ses fonctionnalités, ni sur la recommandation de professionnels de l’I-D ou par des contacts avec les fournisseurs – mais selon des critères non fonctionnels.

Les questions juridiques au premier rang des préoccupations

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Un sujet d’actualité en Allemagne est (comme en France) la question des droits d’auteurs. Un petit scandale a eu lieu quelques semaines avant l’exposition-congrès, quand Arnoud de Kemp, qui fut président de la DGI au début des années quatre-vingt-dix, a annoncé qu’il quittait l’association pour protester contre sa position qu’il jugeait trop libérale. Étant responsable des ventes au sein de la maison d’édition scientifique Springer, il jugeait que la proposition de loi allemande sur le droit d’auteur serait une menace pour les éditeurs scientifiques. L’actuelle présidente de la DGI, Gabriele Beger, qui venait de soutenir son doctorat sur le sujet des droits d’auteurs, estimait pour sa part que le projet de loi était satisfaisant. Barbara Bredemeier, juriste et collaboratrice à la revue des professionnels de l’information Password, partageait cet avis : de son point de vue, la nouvelle loi autorise certes des copies, mais dans des limites bien encadrées et donc sans menace réelle pour les éditeurs scientifiques.

Et l’exposition ?

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Avec cinquante exposants, elle était certes beaucoup plus modeste que lors des années Infobase, mais les grandes entreprises étaient présentes. Il y avait bien sûr les incontournables Thomson/Dialog, Lexis-Nexis, Factiva et STN, mais aussi les principaux acteurs allemands : FIZ Technik (serveur d’information technique), DIMDI (information médicale), Juris (information juridique), ainsi que GBI et GENIOS (information économique).

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Ces derniers sont les deux seuls grands serveurs allemands qui soient entièrement privés, mais ils ont des approches bien différentes. Genios a été mis en place par la maison d’édition Handelsblatt afin de diversifier son offre en information économique. GBI a été créé il y a vingt-cinq ans par deux étudiants qui avait conçu une banque de données contenant des références bibliographiques – d’abord pour leurs propres besoins ; ils l’ont ensuite revendue à d’autres étudiants. Vingt-cinq années et quatre cents bases de données plus tard, la GBI est toujours économiquement viable – grâce notamment à l’imagination et à la persévérance des deux fondateurs qui sont toujours les chefs de l’entreprise. Genios et GBI proposent surtout des bases de données en langue allemande – une part de marché difficilement attaquable par des serveurs internationaux.

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Même si l’annonce, lors de l’exposition 2003, que Factiva mettrait en ligne l’important quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung a fait l’effet d’une petite bombe. Le seul exposant français était Questel, qui est actuellement en train de s’implanter sur plusieurs marchés nationaux, entre autres le marché allemand.

Résumé

Français

La Deutsche Gesellschaft für Informationswissenschaft und - praxis (DGI) a organisé son vingt-cinquième congrès à Francfort du 3 au 5 juin 2003. Patrick Müller rappelle dans ce compte rendu l’histoire de cette importante manifestation qu’il visite régulièrement depuis quinze ans. Et évoque quelques aspects saillants de sa dernière édition : situation des professionnels de l’information et documentation, questions juridiques, actualité du marché de l’information.

Pour citer cet article

Müller Patrick, « ComInfo 2003. Le congrès des professionnels allemands de l'information et documentation», Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2003 (Vol. 40) , p. 299-300
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2003-4-page-299.htm.
DOI : 10.3917/docsi.404.0299.


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