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Documentaliste-Sciences de l'Information

2003/6 (Vol. 40)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.406.0380
  • Éditeur : A.D.B.S.

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La conférence invitée d’Alain Lecomte, professeur de logique et d’épistémologie à l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble, abordait la question suivante : y a-t-il une logique à la classification ? Tous les grands penseurs qui, depuis Aristote jusqu’à Lenné ou Piaget, ont étudié la logique et le raisonnement ont plus ou moins directement traité cette question. De nombreux exemples montrent que, dans le domaine des classifications, un raisonnement logique peut aboutir à des contradictions si l’on s’appuie sur des connaissances « provisoires », « non sûres » ou partielles. Il apparaît ainsi que les classifications sont fonction des connaissances que l’on possède au moment de leur construction et du point de vue ou de la conception du monde que l’on adopte. C’est là un phénomène bien connu mais peu traité et mal pris en compte, en particulier lorsqu’il s’agit de faire cohabiter différents outils d’organisation dans un même dispositif.

Histoire de l’organisation des connaissances, formalisme et multidimensionnalité

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Les trois interventions de la première session, consacrée à l’« Histoire », venaient enrichir les propos d’Alain Lecomte en présentant les réponses apportées à la question de l’organisation des connaissances par différentes communautés à des périodes anciennes. Ces exemples montrent que les outils d’organisation des connaissances sont fortement orientés par les conceptions adoptées par les auteurs (« Doctrinaires et saint-simoniens sur l’organisation des connaissances », par Roger Bautier, ou « La classification des sciences et de la pensée islamique du Xe au XIVe siècle », par Inaam Charaf), ou par les finalités du dispositif (« Penser, classer, et la culture de l’imprimé : l’index du livre imprimé au XVIe siècle », par Susan Kovacs).

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Les six interventions de la deuxième session, intitulée « Langue, terminologie et formalisme » proposaient, dans des contextes génériques ou plus marqués professionnellement (veille, traduction), des solutions visant à améliorer l’accès aux connaissances en se focalisant sur les termes représentant le(s) thème(s) traité(s) dans le document ou la question. Les solutions exposées portaient sur des outils soit d’extraction ou de reconnaissance des termes d’un texte, soit de représentation des relations entre ces termes (apport des modèles des systèmes d’information géographique, classification fondée sur des variations syntaxiques). La dernière intervention privilégiait l’utilisation d’un modèle de description du problème posé dans un contexte décisionnel.

L’ISKO

Fondée en 1989, l’association ISKO International a pour ambition de servir de lien aux plans national et international entre des personnes ou des institutions vouées à l’étude de l’organisation du savoir, et ceci quel que soit leur discipline d’origine : linguistique, sémiotique, sciences cognitives, intelligence artificielle, etc. En effet, ces disciplines ont en commun avec la science de l’information d’étudier ou de concevoir des systèmes d’organisation des connaissances sans lesquels ni l’acquisition, ni la capitalisation, ni les échanges ne sont possibles.

L’ISKO organise tous les deux ans un congrès international (le huitième aura lieu à Londres en 2004 : www. ucl. ac. uk/ isko2004/ ). Elle édite la revue Knowledge organization, ainsi que les collections Advances in knowledge organization (AKO) et Knowledge organization in subject areax (KOSA).

En cohérence avec les objectifs de l’association mère, ISKO France tient à réunir la communauté plutôt francophone des chercheurs, enseignants, experts et praticiens, afin d’échanger sur les différents schémas d’organisation des connaissances, portant sur toutes sortes d’objets qui vont des documents au sens classique du terme (textes, images fixes et animées, etc.) à l’ensemble des phénomènes concrets ou abstraits que l’on peut avoir besoin de recenser, d’organiser et de traiter (objets, événements, processus, etc.), avec pour but de retrouver, enseigner, produire de nouvelles connaissances, etc.

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Nous avons vu que les représentations du monde réel peuvent être multiples, en fonction des connaissances et/ou du point de vue adoptés. Or les représentations contenues dans les systèmes d’information sont toujours uniques et adaptées à ce système. Les trois interventions regroupées dans la troisième session, « Multidimensionnalité », avaient comme point commun la volonté d’aborder les problèmes liés à la multiplicité des représentations du monde réel et à proposer des solutions appropriées.

Langages documentaires et bibliothèques numériques

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Les deux dernières sessions regroupaient des interventions plus concrètes et plus directement exploitables par des documentalistes, consacrées aux langages ou à l’organisation de bibliothèques numériques.

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La quatrième, « Ontologies et thesauri », faisait une place importante aux outils de construction des ontologies. L’ontologie est un outil de recherche permettant de dépasser les limites des systèmes documentaires classiques, en particulier grâce à un enrichissement de la sémantique des relations et de la combinaison des mots clés. Mais la construction d’ontologies pose de nombreux problèmes. Trois des quatre interventions de cette session en donnaient des exemples à partir de corpus de textes rassemblés dans trois contextes différents (ontologies dédiées à l’indexation de documents audiovisuels à l’INA, à une bibliothèque numérique de thèses en ligne à l’INSA, et à la base de connaissances en ingénierie pédagogique ForSIC).

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La dernière intervention présentée par Michèle Hudon de l’EBSI au Canada exposait les résultats d’une étude comparative entre quatre macrothésaurus visant à faciliter l’accès à l’information administrative en ligne : le thésaurus Eurovoc (Union européenne), le Thésaurus des sujets de base du gouvernement du Canada, GILS Topic Tree (États-Unis) et Government Category Liste (Grande-Bretagne). Ces quatre outils favorisent la flexibilité et l’aisance de navigation au détriment de la logique de la structure et de la conformité aux normes, ce qui facilite leur usage. Toutefois la présentation des données reste à améliorer en l’adaptant aux pratiques des utilisateurs ; de plus, pour une meilleure efficacité de ces dispositifs, ces langages devraient être mieux intégrés aux interfaces et aux moteurs de recherche actuels.

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La cinquième et dernière session, « Bibliothèque et appropriation », se focalisait sur les outils mis à la disposition des utilisateurs dans leurs activités de recherche ou d’exploitation des résultats : la classification du lot résultat, la prise en compte des modèles des annuaires ou portails spécialisés sur le web pour améliorer les OPAC des bibliothèques publiques, enfin le développement d’outils d’écriture (annotation ou rédaction de commentaires par exemple) pour exploiter les ressources sur le web.

Des échanges équilibrés entre chercheurs et praticiens

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Le choix d’orienter ce congrès sur les aspects conceptuels de l’organisation des connaissances n’a pas altéré la volonté de l’ISKO-France de favoriser les échanges entre chercheurs et praticiens grâce à un équilibre entre interventions à caractère théorique et présentations de projets orientés vers une application. Même si les contributions ont été d’intérêt et d’accès inégaux, ce type de manifestation a le grand mérite, pour les professionnels qui y participent, d’aborder des questions qui se posent dans leur quotidien selon des approches nouvelles.

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En attendant l’édition des actes prévue au printemps 2004, certaines interventions sont accessibles sur le site développé pour ce congrès 2003 [4][4] Pour plus d’information sur le congrès de Grenoble :....

Notes

[3]

Le congrès organisé par ISKO-France se déroule tous les deux ans en alternance avec le congrès international. Les trois premiers congrès ont eu respectivement pour sujet « L’organisation des connaissances en vue de leur intégration dans les systèmes de représentation et de recherche d’information » (Lille, 1997), « L’indexation à l’heure d’Internet » (Lyon 1999) et « Filtrage et résumé automatique de l’information sur les réseaux » (Paris 2001). Voir nos numéros 6-1997 p. 305, 2-2000 p. 118-120 et 5-6-2001 p. 314-317.

[4]

Pour plus d’information sur le congrès de Grenoble : <http:// isko2003. iut2. upmf-grenoble. fr/ jeu_cadre_0_bis. htm>

Résumé

Français

Le quatrième congrès du chapitre français [1] de l’ISKO (International Society for Knowledge Organization) [2] s’est tenu à Grenoble les 3 et 4 juillet 2003. Organisé avec le concours du groupe de recherche RI3 et de l’IUT2 de l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble, le congrès s’est intéressé cette année [3] à l’organisation des connaissances envisagée selon une approche conceptuelle. Cet article expose les principales problématiques évoquées lors de cette manifestation et les sujets susceptibles de concerner plus directement les praticiens de l’information-documentation.

Plan de l'article

  1. Histoire de l’organisation des connaissances, formalisme et multidimensionnalité
  2. Langages documentaires et bibliothèques numériques
  3. Des échanges équilibrés entre chercheurs et praticiens

Pour citer cet article

Dalbin Sylvie, « Quatrième congrès d'ISKO-France. L'organisation des connaissances : approches conceptuelles », Documentaliste-Sciences de l'Information, 6/2003 (Vol. 40), p. 380-381.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2003-6-page-380.htm
DOI : 10.3917/docsi.406.0380


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