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Documentaliste-Sciences de l'Information

2004/1 (Vol. 41)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.411.0047
  • Éditeur : A.D.B.S.

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PRESIDENTE DE LA COMMISSION GENERALE « Information et documentation » (CG 46), Marcelle Beaudiquez a ouvert cette journée par un parcours chronologique de l’évolution des normes de description bibliographique. Elle a montré que, en quarante ans (1961-2000), les pratiques de normalisation ont été bouleversées et la notion de catalogage révolutionnée par un certain nombre de facteurs liés à l’accroissement du nombre de règles de catalogage (Principes de Paris, normes Afnor, pratiques particulières, etc.) et aussi par l’évolution des catalogues imprimés aux catalogues informatisés puis aux catalogues sur le web. D’où la nécessité de mettre les normes à jour et de les développer pour qu’elles soient applicables aux ressources électroniques.

Les normes françaises dans le contexte international

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Les travaux marquants de cette refonte sont ceux de l’IFLA et de sa section de catalogage (dirigée par Barbara Tillet de la bibliothèque du Congrès). Cette section se compose de plusieurs ateliers représentant différentes régions du monde : les pôles européen, africain, américain du Sud et asiatique. Cette répartition géographique permettra de mener des réflexions par rapport à des paramètres et pratiques communs à ces régions, dont les résultats sont annoncés pour l’année 2007. La participation française à ces travaux a pris la forme d’un groupe opérationnel sur les normes (GON), où coopèrent des experts de la BnF et de la DLL.

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Les travaux sur la normalisation ont aussi beaucoup avancé lors de l’atelier européen qui a réuni en juillet 2003 à Francfort 57 participants venus de 26 pays et représentant 18 règles nationales de catalogage dont les AACR2. Cette conférence a été l’occasion de s’interroger sur l’application des « Principes de Paris » (1961), sur les fichiers d’autorité, qui doivent faire partie intégrante des règles de catalogage, et sur le contrôle des points d’accès. Les nouveaux Principes internationaux, résultats de ces travaux, sont accessibles sur Iflanet [1][1] <www. ifla. org>.

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Piliers de la description bibliographique internationale, les ISBDs connaissent eux aussi de constantes évolutions et remises en question. L’intervention de Françoise Bourdon a été l’occasion de définir les champs d’application des international standard bibliographic descriptions[2][2] <www. ifla. org/ VI/ 3/ nd1/ isbdlist. htm> ainsi que les étapes marquantes de leurs révisions. L’année 1980 a vu notamment le renforcement de la cohérence entre les ISBDs, l’amélioration des exemples, le développement des recommandations pour les documents non latins. Les révisions ont été suspendues en 1990 afin d’étudier les spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques : les FRBR. Les révisions des années 2000 prennent en compte les résultats des FRBF ainsi que les problèmes de terminologie, en plus d’un nouveau type de ressource à décrire : les sites web. Un planning de la deuxième campagne de révision des ISBDs a été indiqué, ainsi que les procédures régissant cette révision. Un dernier point a été fait sur l’avenir des ISBDs : il s’agit d’assurer le suivi de la conférence IME ICC et de mettre en relation terminologie ISBD et terminologie FRBR.

Les interventions

Le programme détaillé de cette journée et les textes ou supports de la plupart des interventions sont accessibles à l’adresse <www. bnf. fr/ pages/ zNavigat/ frame/ recherche. htm>

Les normes françaises dans le contexte international

• De Paris à Francfort : les nouveaux Principes internationaux de catalogage, par Marcelle Beaudiquez, présidente de la CG « Information et documentation « de l’Afnor

• La révision permanente des ISBDs, par Françoise Bourdon, présidente de la CN « Modélisation, production et accès au document »

• La révision des ISBD : les impacts sur les normes françaises, par Françoise Leresche, chef du Bureau de la normalisation documentaire à la BnF

La description bibliographique revisitée : éléments de données, métadonnées, balises…

• Une norme Afnor pour la description des manuscrits modernes et contemporains ? par Fabien Plazannet, Bureau des politiques documentaires à la Direction du livre et de la lecture (DLL)

• Les définitions de types de documents (DTD) EAD (Encoded Archival Description) et EAC (Encoded Archival Context) : travaux des GE 3 et 4 de la CG46/CN357, par Catherine Dhérent, représentante ministérielle aux normes

• Un Dublin Core pour les thèses électroniques, par Odile Artur, présidente honoraire de la CN « Modélisation, production et accès au document »

• Une traduction française pour la TEI (Text Encoding Initiative) pour les thèses, par Odile Artur

Identification et numérotation des contenus d’information

• L’essor de la numérotation internationale, par Elizabeth Giuliani, présidente de la CN « Identification et numérotation »

• Les enjeux de la numérotation :

  • Zoom sur l’ISWC, code international normalisé des œuvres musicales : un numéro récemment mis en place, par René Lloret, Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC)

  • Zoom sur l’ISBN, numéro international normalisé du livre : le reconnaîtrez-vous en 2007 ? par Joëlle Bellec, Bureau de la normalisation documentaire à la BnF

  • Zoom sur l’ISSN, numéro international normalisé des publications en série : révision de la norme ISO 3297 à partir de 2004, par Françoise Pellé, directrice du Centre international ISSN

• Table ronde : Convergence et collaboration ? Avec René Lloret (CISAC, agence internationale de l’ISWC et partenaire de l’ISTC), Idzard van der Puyl (PROCIREP, société de soutien à la production cinématographique et télévisée, agence régionale pour l’ISAN et partenaire de l’ISTC), Françoise Pellé (Centre international ISSN) et Nicole Magniez de Fréminville (directrice de développement chez DILICOM).

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Françoise Leresche s’est penchée sur l’impact de la révision des ISBDs sur les normes françaises. À la suite d’une convention établie au début des années quatre-vingt entre l’Ifla et la BnF, celle-ci est seule responsable des traductions françaises des ISBDs. Ces traductions font référence au niveau international et sont valables pour l’ensemble des bibliothèques francophones. Pour les bibliothèques et centres de documentation français, les règles de catalogage sont définies par les normes Afnor, situation particulière par rapport à d’autres pays où les règles sont établies par des associations professionnelles (c’est le cas des AACR2) ou par des institutions ministérielles (comme en Italie). Les normes françaises de description bibliographique sont toutes issues des ISBDs, mais elles y apportent plus de précisions, définissent plusieurs niveaux de catalogage et sont illustrées par des exemples français. D’autres informations ont été données sur le processus d’élaboration, sur le groupe opérationnel sur les normes de catalogage, sur sa mission et ses méthodes de travail.

La description bibliographique revisitée : éléments de données, métadonnées, balises…

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La deuxième partie de la matinée a été consacrée au catalogage des manuscrits et à la description des documents numériques.

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Fabien Plazannet a rappelé que l’origine de la norme relative au catalogage des manuscrits remonte au projet de conversion rétrospective du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, pour lequel il a fallu définir des règles précises de catalogage. Un document de la Direction du livre et de la lecture avait bien établi dès 1980 des recommandations en la matière, mais il n’avait pas connu une très large application : un tiers seulement des bibliothèques y ont eu recours, les autres en restant à des pratiques anciennes. C’est ce qui a conduit l’Afnor à créer un groupe de travail très large [3][3] Ce groupe est constitué de l’ABES, la BM de Rennes,... dont la première action est l’établissement d’un état des pratiques internationales et une définition des tendances. Les pratiques de quatre pays (Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni et Suisse) sont particulièrement étudiées par le groupe Afnor qui a engagé un travail de synthèse à partir de huit documents existants [4][4] ISAD (G), AACR2, APPM, British Library, DLL, RLA, SLA....

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Sur le plan international, l’intervenant cite l’expérience du projet américano-canadien CUSTARD qui consiste en la fusion de règles archivistiques et bibliothéconomiques de traitement des documents. Ce projet n’a cependant pas pu aboutir à des résultats concrets en raison de la différence des approches : les Américains s’orientant vers une description globale des fonds, les Canadiens préférant une description pièce par pièce.

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Autre type de document dont la description et la définition même posent des problèmes spécifiques : le document numérique. D’où la nécessité d’outils structurants comme les DTD (définitions de types de documents). Catherine Dhérent a présenté deux DTD américaines pour le secteur patrimonial : EAD (Encoded Archival Description), qui sert à créer des répertoires et des inventaires de fonds d ‘archives ou de collections, et EAC (Encoded Archival Context), qui sert à définir des personnes physiques ou morales. Les objectifs et activités de deux groupes d’experts créés au sein de la commission 357 de la CG 46 ont ensuite été présentés. Tous deux ont vocation à « traduire la documentation existante pour pénétrer finement ces deux DTD et à influer sur leur évolution ». Constitués de façon à peu près identique, ils assurent la coordination entre institutions patrimoniales aux besoins équivalents.

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Les particularités du Dublin Core pour la description des thèses électroniques ont été présentées par Odile Artur, avec référence au réseau NDLTD [5][5] <www. ndltd. org>. Réseau mondial né aux États-Unis, celui-ci regroupe déjà plus d’une centaine d’institutions à travers le monde ; il a pour vocation de proposer un catalogue commun de thèses électroniques conçu dans le respect de certaines normes. L’intervenante s’est arrêtée ensuite sur la perspective d’une traduction française des TEI (Text Encoding Initiative) pour les thèses. Cette action a nécessité la création d’un sous-groupe de travail dont les objectifs sont d’étendre l’expertise autour du document structuré, d’acquérir une bonne connaissance de la TEI, d’échanger sur les difficultés rencontrées et les choix et de comparer la TEI aux autres DTD.

Identification et numérotation des contenus d’information

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La deuxième session a été entamée par une communication d’Elizabeth Giuliani consacrée à l’essor de la numérotation internationale des documents sous l’effet du développement des ressources électroniques accessibles en ligne.

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Apparues dans le monde de la documentation dans les années soixante-dix avec la mise en place de l’ISBN et de l’ISSN, les initiatives de numérotation internationale se sont en effet multipliées depuis une dizaine d’années, dans le cadre notamment de l’ISO et l’Afnor. Sont ainsi apparus successivement l’ISRC, le Biblid puis le SICI, enfin depuis 1997 l’ISAN, l’ISWC et l’ISTC. De façon parallèle et complémentaire ont été élaborés des identifiants des ressources documentaires numériques, d’abord sous forme d’adresses informatiques (URL), ensuite avec l’URN et le PURL nés de la conjugaison d’une démarche d’identification des objets d’information et de celle de localisation de l’accès à une ressource. La création du DOI (digital object identifier) a encore enrichi ce dispositif. Il ressort de ce parcours historique un certain nombre de tendances dans l’évolution des objectifs de la numérotation : élargissement de la typologie des objets documentaires identifiés, enrichissement des objectifs assignés à l’identification, évolution des structures et des technologies d’inscription des identifiants sur les objets identifiés. Tous ces aspects sont développés dans le texte d’accompagnement de cette intervention, accessible sur le site indiqué ci-dessus en hors texte [6][6] On y trouvera aussi des fiches descriptives très complètes....

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Trois communications ont enfin été consacrées aux enjeux de la numérotation ; elles ont successivement présenté l’avenir de l’ISWC (code international normalisé des œuvres musicales) et la révision imminente de l’ISBN et de l’ISSN.

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René Lloret rappelle que l’International Standard Musical Work Code[7][7] Pour en savoir plus : <http:// saceml. deepsound. net/... permet d’identifier rapidement les ayants droit d’une œuvre musicale. De création récente, le système ISWC consiste à attribuer à chaque œuvre musicale enregistrée auprès des sociétés d’auteurs un numéro unique d’identification international, permettant de la reconnaître plus facilement et de mieux rémunérer son auteur pour son utilisation.

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Deux interventions ont encore présenté les projets de révision de l’ISBN (nouvelle structure, redéfinition des champs d’application, augmentation de la capacité de numérotation, définition des métadonnées à associer aux ISBN attribués aux monographies électroniques) et de l’ISSN. Et soulevé les problèmes que ne manqueront pas de poser ces inéluctables évolutions : gestion du passage de l’ancien ISBN au nouveau numéro étendu à treize chiffres, extension ou non du champ d’application de l’ISSN, etc.

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Une table ronde intitulée « Convergence et collaboration ? » a clos cette journée en réunissant les différentes communautés professionnelles intéressées par la numérotation, qui ont pu confronter leurs points de vue et leurs objectifs respectifs.

Notes

[3]

Ce groupe est constitué de l’ABES, la BM de Rennes, les bibliothèques de l’Institut de France et du Muséum national d’histoire naturelle, la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, la DLL et la SDBD, et l’IMEC.

[4]

ISAD (G), AACR2, APPM, British Library, DLL, RLA, SLA et AMREMM.

[6]

On y trouvera aussi des fiches descriptives très complètes et récemment mises à jour de tous les identifiants cités.

Résumé

Français

Une journée d’étude a été organisée, le 20 novembre 2003 à Paris, par la commission générale « Information et documentation » (CG 46) de l’Association française de normalisation (Afnor) avec la participation de la Bibliothèque nationale de France. Ce fut l’occasion de faire le point sur l’évolution de la description bibliographique internationale à l’ère du document numérique, de présenter les principaux travaux récents et en cours, et d’étudier les retombées de ces travaux sur les normes françaises.

Pour citer cet article

Dziri Anissa Ghouas, « Journée d'étude Afnor/CG46 - BnF. Impact des travaux internationaux sur l'évolution des normes françaises», Documentaliste-Sciences de l'Information 1/2004 (Vol. 41) , p. 47-49
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2004-1-page-47.htm.
DOI : 10.3917/docsi.411.0047.


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