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Documentaliste-Sciences de l'Information

2004/3 (Vol. 41)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.413.0182
  • Éditeur : A.D.B.S.

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DECRIRE LA FORMATION DES PROFESSIONNELS de l’information en France est aujourd’hui une entreprise complexe, voire un pari impossible, compte tenu des bouleversements en cours. En effet les systèmes de formation initiale et continue connaissent, en cette année 2004, de profonds changements du fait du passage au modèle européen d’harmonisation des diplômes, conduisant à une véritable réforme de nos cursus - avec la mise en place du système LMD -, et du vote de nouvelles lois sur la formation professionnelle et sur la modernisation sociale pour le volet incluant la VAE. Enfin, au niveau de la profession, la mise en place d’un Euroréférentiel de compétences devrait renforcer le dispositif de certification professionnelle.

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Parler de la formation des professionnels de l’information nécessite tout d’abord de faire une typologie des métiers regroupés sous ce terme générique et de définir le champ professionnel dans lequel ils évoluent.

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Les professionnels français de l’information se divisent, comme dans la plupart des pays européens, en trois grandes catégories : archivistes, bibliothécaires et documentalistes, encore que cette dernière catégorie ne soit qu’un sous-ensemble d’une catégorie beaucoup plus large qui regroupe d’autres métiers tels que veilleurs, gestionnaires de connaissances, responsables intranet, webmestres, etc. Pour complexifier la situation, chaque catégorie possède son propre système de formation et des modalités d’insertion professionnelle spécifiques, puisqu’on est le plus souvent fonctionnaire quand on est archiviste ou bibliothécaire, et principalement salarié du privé quand on est documentaliste ou exerçant les autres métiers déjà cités.

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On peut s’interroger sur la légitimité de cette distinction entre formations professionnelles qui va à l’encontre de valeurs favorisant l’unité des métiers de l’information ; plusieurs tentatives ont eu lieu dans le passé pour tenter d’unifier l’ensemble des professions à travers notamment l’élaboration d’un tronc commun de formation ; cette unité a relevé jusqu’à présent d’un souhait qui n’a jamais abouti.

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Toujours est-il que les archivistes et les bibliothécaires sont formés dans de grands établissements dépendant de l’enseignement supérieur, l’École des chartes et l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (ENSSIB), alors que le reste de la profession l’est dans le système universitaire classique.

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Parler de formation présuppose aussi que l’on a déterminé le champ professionnel dans lequel vont évoluer les personnes formées. Or celui-ci s’est considérablement transformé au cours des deux dernières décennies : on est passé d’un modèle d’organisation centralisé autour de réservoirs informationnels clairement identifiés (les centres de documentation ou les grandes bases de données d’information scientifique et technique) à un modèle décentralisé, grâce à l’introduction généralisée des technologies informatiques : la gestion de l’information est largement répandue et devient l’affaire de tous, chacun étant producteur et diffuseur d’information et donc de plus en plus autonome dans sa pratique informationnelle. Dans cette optique, on a assisté à une redéfinition des rôles : les professionnels viennent plus en accompagnement méthodologique et technique auprès des utilisateurs et des clients qu’en simples transmetteurs de ressources.

La formation initiale

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Ces transformations du champ professionnel n’ont pas été sans influencer le système de formation initiale qui a vu se multiplier les diplômes en information, communication, documentation et, dans une moindre mesure, ceux relevant des métiers du livre, en liaison avec un marché du travail favorable jusqu’en 2001 ; sans pour autant que d’anciennes formations disparaissent ou rénovent toujours leurs programmes.

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Le système de formation des documentalistes a d’abord été le fait d’écoles professionnelles et ce n’est qu’en 1966 qu’il s’est développé à l’université avec la création des Instituts universitaires de technologie (IUT), comme départements autonomes d’universités. Son implantation s’est poursuivie ensuite au niveau des troisièmes cycles avec la création des DESS en 1974 et des DEA en 1975. C’est au niveau du deuxième cycle que les formations ont été les plus lentes à se mettre en place et ont été toujours les moins représentées : en premier lieu une dizaine de maîtrises en sciences de l’information et de la documentation ont été habilitées ; puis ont été créés les Instituts universitaires professionnalisés (IUP) délivrant des diplômes d’ingénieur-maître dont un petit nombre a investi le champ du traitement de l’information ; et, enfin, amorce de la réforme en cours depuis 2000, les premières licences professionnelles.

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Ce paysage n’est pas simple : un système de formation autonome s’est mis en place mais sans vision d’ensemble ni sur les objectifs ni sur les contenus, et sans que des passerelles soient toujours assurées entre les différents niveaux. Jusqu’à maintenant on dénombrait au moins une centaine de formations professionnelles diplômantes et trois niveaux de formation :

  • le premier cycle conduisant au diplôme universitaire de technologie (DUT-spécialisation information et communication, option documentation d’entreprise). À ce niveau se situe également un autre diplôme relevant de l’enseignement privé : le diplôme de l’École des bibliothécaires-documentalistes (EBD) ;

  • le deuxième cycle délivrant des diplômes de licences professionnelles, des maitrises en sciences de l’information et de la documentation et des diplômes d’ingénieur-maître ;

  • le troisième cycle menant à des diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS) et au diplôme d’études approfondies (DEA) ; si ce dernier est en principe destiné à former à la recherche, il peut conduire, comme dans plusieurs spécialités scientifiques, à des postes professionnels relevant de notre champ. À ce même niveau se situe aussi l’Institut national des techniques de la documentation (INTD) qui dépend du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

Enfin il est important de mentionner l’existence des « mastères spécialisés » (MS), appellation délivrée par la Conférence des grandes écoles et attachée à une formation post-diplôme dans les écoles de commerce et d’ingénieurs. Beaucoup de mastères se sont créés dans le domaine du management des nouvelles technologies.

Diplômes en sciences de l’information
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On peut remarquer que ces trois niveaux de formation ne sont pas concordants avec les quatre niveaux (assistant, technicien, ingénieur et expert) proposés dans le référentiel qui sera présenté dans la partie certification de cet article. Le niveau d’assistant n’existe pas en France. Les DUT et la licence conduisent aux postes de technicien. Les maîtrises dans certains cas, les diplômes IUP et les DESS conduisent aux postes d’ingénieur, les experts le devenant plus en liaison avec une expérience professionnelle forte que par le diplôme lui-même.

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La réforme universitaire en cours avec trois niveaux de formation - licence, master, doctorat - devrait permettre une meilleure lisibilité des diplômes. Ses objectifs principaux, parallèlement à l’harmonisation des diplômes européens, sont de :

  • favoriser les collaborations entre un même site ou plusieurs sites universitaires et proposer des offres complémentaires. Par exemple : trois formations se sont regroupées sur le campus de l’Université de Grenoble 2 (École supérieure des affaires, IUP Commerce et vente et IUP Métiers du livre) pour construire un master « Systèmes d’information et des organisations » avec trois spécialisations dont « Documentation Système d’information documentaire » ;

  • proposer des parcours diversifiés avec des passerelles entre différents types de formation ;

  • rassembler dans un seul domaine (master en sciences de l’information et de la communication) des mentions spécialisées afin d’élaborer des troncs communs forts. Toutefois les intitulés de domaine peuvent être différents en licence et en master.

Que va-t-il advenir des diplômes spécifiques des IUT et des IUP ? A la rentrée 2005, les IUT remodèleront leur scolarité en quatre semestres pour offrir des voies d’accès au niveau licence. La situation est moins claire pour les IUP mais, selon les discussions en cours avec le ministère, ils devraient s’adapter au nouveau système. Au final, il est impossible, à cette date, de savoir combien de diplômes seront habilités par le ministère de l’Éducation nationale.

La formation continue

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En France tout salarié, en activité ou non, peut avoir accès à la formation professionnelle continue dans le cadre de l’éducation permanente. Mise en place dans sa forme actuelle, par la loi de 1971, la formation continue mobilise l’État ainsi que les entreprises, les collectivités territoriales, les établissements publics, les établissements d’enseignements publics et privés, les organisations professionnelles, syndicales et familiales. Autre point important, les modalités d’accès varient en fonction du statut et des besoins des individus et le financement est assuré par l’État, les régions et les entreprises. Pour simplifier, on peut dire que les salariés, qu’ils soient agents de la fonction publique ou salariés du privé, peuvent suivre des actions de formation soit dans le cadre du plan de formation de l’entreprise, soit dans le cadre d’un congé individuel de formation, et dans les deux cas sur leur temps de travail.

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La formation continue des professionnels de l’information reflète ce foisonnement, puisque les formations se déroulent aussi bien dans le système public, associatif que privé. Les stages proposés sont donc de forme et de contenus extrêmement diversifiés : formations diplômantes, qualifiantes ou de sensibilisation (de un jour à trois jours) ; elles se déroulent généralement en présentiel, même si quelques expériences de formation à distance se sont développées, et elles peuvent s’effectuer sous une forme intra ou inter-entreprise.

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S’essayer à une typologie de tous les organismes impliqués est donc forcément réducteur, mais on peut distinguer plusieurs groupes parmi les plus reconnus ou les plus actifs.

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• Universités et grands établissements (École des chartes, CNAM, ENSSIB, SciencesPo) : ils délivrent des formations diplômantes, dans le cadre de leurs formations initiales, ou ils organisent des stages assurés par leurs services de formation continue.

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• Organismes institutionnels :

  • au niveau du ministère de l’Éducation nationale et plus particulièrement de la sous-direction des bibliothèques ont été créées en 1982 les Unités régionales d’information scientifique et technique (URFIST) avec pour mission de former les professionnels des universités dans leur ensemble ainsi que les enseignants, chercheurs et étudiants de troisième cycle. Les URFIST ont joué un rôle vraiment moteur dans l’appropriation des nouvelles technologies par l’ensemble des personnels scientifiques relevant de l’Université ;

  • s’y ajoutent les Centres de formation aux carrières des bibliothèques, du livre et de la documentation (CFCBLD) qui ont en charge la formation et la préparation aux concours des personnels du secteur public. Mediadix, situé en région parisienne, très en pointe sur la formation des bibliothécaires, est par exemple l’un de ces douze centres ;

  • au niveau du ministère de la Culture : les Archives de France ;

  • au niveau de la fonction publique territoriale, le Centre national de formation des personnels territoriaux (CNFPT) est chargé d’organiser les stages de formation continue de ses personnels. Ces stages ne doivent pas avoir le caractère de formation diplômante sauf pour le diplôme en documentation situé à bac+2 et délivré conjointement avec l’INTD (CNAM). La plupart de ces stages sont organisés par les délégations régionales, qui sous-traitent parfois auprès d’autres organismes. Ils sont gratuits pour les collectivités qui sont soumises à une cotisation forfaitaire obligatoire.

Formation continue : l’exemple de l’ADBS

À titre d’exemple, on peut citer l’offre de formation de l’ADBS : 246 sessions par an, 2 000 stagiaires, un chiffre d’affaires d’1,3 million d’euros, une offre de formations à trois niveaux. Le premier s’adresse à des personnes qui exercent des fonctions documentaires sans avoir reçu de formation initiale préalable ; le deuxième niveau est destiné à ceux qui veulent soit se perfectionner soit acquérir de nouvelles connaissances ou savoir-faire ; le troisième niveau s’adresse plus spécifiquement à des responsables de service ou à des professionnels ayant en charge des projets. Ces niveaux sont complétés par des parcours de formation possibles. De plus, chaque stage est de plus indexé par un domaine de compétences de l’Euroréférentiel (voir page suivante).

Dans le cadre du projet DECIDoc (Développer les eurocompétences pour l’information et la documentation), l’association, en liaison avec le DESS de Sciences-Po Paris et le CNAM, a construit un module d’enseignement à distance sur le droit des banques de données à destination des professionnels n’ayant pas de formation dans le domaine juridique.

L’ADBS organise aussi des journées d’étude nationales qui constituent un complément naturel des formations et permettent de suivre les toutes dernières évolutions des métiers.

Enfin la liste de diffusion adbs-info est un véritable outil de formation pour la communauté par la nature des questions qui y sont posées et par les réponses apportées sous forme de synthèses.

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• Les Associations professionnelles : Association des bibliothécaires français (ABF), Association des archivistes français (AAF), Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS). [Voir le hors texte ci-dessus.]

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• Organismes à but lucratif : parmi les plus connus, on peut citer la Serda, entreprise qui publie par ailleurs Archimag, périodique professionnel reconnu, les Rencontres d’Affaires, la CEGOS, DEMOS, ces deux derniers cabinets étant spécialisés en ingénierie de formation.

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• Cabinets de conseil : ils sont fort nombreux et de toutes tailles.

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• Enfin les Agences régionales d’information scientifique et technique (ARIST) : ce sont des relais souvent méconnus des Chambres de commerce et d’industrie qui aident les PME-PMI, notamment dans des actions de veille et donc de formation. C’est un moyen important pour ces petites structures d’accéder à de la formation continue sous une forme peu onéreuse.

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Il existe une multitude d’autres associations, de clubs professionnels dédiés à un domaine particulier (gestion des connaissances, intelligence économique), qui organisent des séminaires, des journées d’étude, des colloques, et participent ainsi à des actions de formation.

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Toutefois, ce schéma devrait, lui aussi, connaître de profondes transformations : deux lois viennent en effet d’être votées qui modifient d’une part les conditions d’accès à la formation continue diplômante et d’autre part les modalités d’accès à la formation en général pour les salariés.

Modifications de la VAE et de l’accès à la formation

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En 2002 la loi sur la modernisation sociale a créé un nouveau droit pour chaque individu : valider les acquis de son expérience (VAE) en vue d’acquérir tout ou partie d’un diplôme, d’un titre homologué ou d’un certificat de qualification délivré par une branche professionnelle, en faisant reconnaître ses connaissances, aptitudes et compétences acquises dans l’exercice d’activités salariées, non salariées ou bénévoles pendant une durée totale d’au moins trois ans. Ce dispositif est strictement national. Il s’appuie sur un référentiel de formation.

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Cette disposition doit permettre à des professionnels de l’information ayant une expérience professionnelle importante ou une expertise reconnue d’obtenir soit un premier diplôme soit un diplôme de niveau supérieur, afin de bénéficier de la reconnaissance professionnelle souhaitée sans avoir à suivre de cursus scolaire complet.

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La loi d’avril 2004 relative « à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social tout au long de la vie » crée un droit individuel à la formation de vingt heures par an, cumulable sur six ans, mais devant être effectuée en dehors du temps de travail, les droits restant acquis pour le salarié en cas de départ de l’entreprise, volontaire ou pas.

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Cette réforme est très importante car elle va modifier en profondeur d’une part l’activité des organismes de formation en ayant des effets sur l’ingénierie pédagogique (individualisation des parcours, modularisation, nouveaux produits à développer), et d’autre part l’organisation de la formation suivant qu’elle a lieu dans le cadre du temps de travail ou en dehors. Dans ce contexte, l’ADBS commence à réfléchir à une nouvelle organisation de son offre de formation.

La certification

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Face à la mondialisation et au développement de plus en plus rapide des produits et des services, les entreprises sont à la recherche de compétences rapidement utilisables. La certification professionnelle peut être une réponse à cette demande de professionnels immédiatement opérationnels.

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Pour l’AFITEP [1][1] AFITEP : Association francophone de management de ..., « certifier, c’est faire évaluer par un tiers indépendant, compétent dans le domaine concerné, les compétences acquises. L’organisme de certification est reconnu comme représentatif de la profession ». Initiées dans les pays anglo-saxons, développées aujourd’hui dans de nombreux pays européens, des certifications professionnelles ont été mises en place dans des domaines comme la gestion de projet ou l’analyse de la valeur, par exemple.

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Il est utile ici de distinguer certification de compétences et validation des acquis de l’expérience. La certification ne débouche pas sur un diplôme mais sur un certificat de compétences. Elle est valable pour une durée déterminée, puis renouvelable. Elle atteste des compétences effectives nécessaires à l’exercice d’un métier à un niveau donné, au moment de la demande de certification. Elle s’appuie sur un référentiel de compétences.

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C’est à partir de ces principes que la certification des compétences des professionnels de l’information-documentation a été mise en place par l’ADBS en 1993. Elle est ouverte à toutes les personnes en exercice depuis au moins trois ans et ce quel que soit leur profil professionnel.

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Les objectifs sont d’une double nature :

  • pour les professionnels, il s’agit de démontrer la mise en œuvre des connaissances acquises pour aider à se positionner, à faire reconnaître leurs compétences et favoriser une mobilité professionnelle ou géographique ;

  • pour les employeurs, il s’agit de clarifier le positionnement des niveaux de compétences des professionnels en place ou lors de leur recrutement, de pouvoir les faire évoluer et, de manière plus large, de mieux assurer la gestion des ressources humaines de leur organisation. Mais il s’agit aussi de montrer l’engagement de l’entreprise, en terme d’efficacité, vis-à-vis de ses partenaires ou clients.

La procédure

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Elle est indépendante et transparente : elle est régie par la norme internationale ISO 17024 de certification de personnels et par un règlement général accompagnés par une démarche qualité rigoureuse. Elle s’appuie sur un comité directeur indépendant avec une ouverture européenne, une commission de certification et des jurys faisant appel à des professionnels très diversifiés.

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La certification s’appuie enfin sur un Euroréférentiel des compétences [2][2] Euroréférentiel IαD. Volume 1 - Compétences et aptitudes... où les professionnels sont positionnés sur quatre niveaux : assistant, technicien, manager et expert. Ce référentiel comprend trente-trois domaines de compétences répartis en cinq groupes eux-mêmes divisés en quatre niveaux, que vient compléter une liste de vingt aptitudes.

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Élaborée dans le cadre du projet CERTIDoc afin de mettre en place une certification européenne des professionnels de l’information-documentation [3][3] À propos de ce projet, voir nos numéros 4-5/2002 (p...., cette action est soutenue par la Commission européenne dans le cadre du programme Leonardo da Vinci. Ce projet est animé par un consortium qui rassemble trois associations européennes déjà « certificatrices » (la DGI en Allemagne, la SEDIC en Espagne et l’ADBS en France), une université (l’Université libre de Bruxelles) et un cabinet de conseil (le Cabinet van Dijk), et auquel participent dix autres associations européennes. Il s’étend sur vingt-quatre mois, de novembre 2002 à octobre 2004.

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Quels sont les résultats attendus de la certification européenne ?

  • Créer un véritable système européen de certification favorisant la mobilité professionnelle et la promotion de la profession.

  • Établir un dispositif décentralisé mais avec des règles communes de fonctionnement et d’évaluation.

  • Produire un référentiel actualisé couvrant l’ensemble des métiers de notre profession.

  • Disposer d’une procédure d’évaluation commune pour les postulants grâce à un logiciel d’auto-évalution des compétences qui devrait permettre à ces derniers de « s’auto-positionner » à l’aide de l’Euroréférentiel, de faire un lien entre identification des compétences manquantes et formations nécessaires, d’évaluer son niveau de connaissances à l’aide de QCM. Cet outil [4][4] Ce logiciel d’auto-évaluation sera disponible au cours... doit être également une aide pour les commissions de certification quant à la recevabilité des dossiers des candidats.

Il est encore trop tôt pour établir un bilan interprétable de la certification. Cependant il est intéressant de noter que la certification pénètre peu à peu la formation initiale professionnelle. Dans le DESS « Gestion de l’information de Sciences-Po », des étudiants, sur la base d’un volontariat, ont été certifiés cette année en analyse de la valeur, ce qui a permis d’établir un lien fort entre la formation (initiale et continue) et le marché du travail. Le diplôme relève de compétences déclaratives et procédurales (savoirs théoriques et techniques) : il faut passer aujourd’hui à des compétences qui soient authentifiées par des normes ou des référentiels. Pour autant, il est prématuré de dire que la logique de compétence va se substituer à la logique de diplôme. Elles ne peuvent qu’être complémentaires.

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Avril 2004

Notes

[1]

AFITEP : Association francophone de management de projets.

[2]

Euroréférentiel IαD. Volume 1 - Compétences et aptitudes des professionnels européens de l’information-documentation / European Council of Information Associations (ECIA). 2e éd. entièrement revue. Paris, ADBS Éditions, 2004. Accessible sur le site de l’ADBS à l’adresse <www. adbs. fr/ site/ carrieres/ eurefca2004/ index. php>

Voir à ce sujet dans notre dernier numéro : L’Euroréférentiel nouveau est arrivé ! / Jean Meyriat, avril 2004, vol. 41, n° 2, p. 124-125.

[3]

À propos de ce projet, voir nos numéros 4-5/2002 (p. 164), 6/2002 (p. 271), 1/2003 (p. 5), 3/2003 (p. 197), 6/2003 (p. 350), 1/2004 (p. 5) et 2/2004 (p. 85).

[4]

Ce logiciel d’auto-évaluation sera disponible au cours du quatrième trimestre 2004.

Résumé

Français

Où en est la formation des professionnels de l’information en France ? Le système de formation initiale est en pleine mutation avec le passage au système européen de diplômes (LMD). La formation continue va elle aussi connaître des bouleversements puisqu’une nouvelle loi a été votée, qui crée un droit individuel à la formation hors temps de travail. Enfin, les responsables d’organisations ou d’entreprises recherchent de plus en plus des compétences « prêtes à l’emploi » ; les certifications professionnelles sont une réponse à cette demande d’expérience. On peut penser que ces certifications permettront de créer un lien fort entre la formation initiale et continue et le marché du travail.

Plan de l'article

  1. La formation initiale
  2. La formation continue
  3. Modifications de la VAE et de l’accès à la formation
  4. La certification
  5. La procédure

Pour citer cet article

Prévot-Hubert Martine, « Les professionnels de l'information en France. De la formation initiale à la formation continue jusqu'à la certification professionnelle », Documentaliste-Sciences de l'Information, 3/2004 (Vol. 41), p. 182-186.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2004-3-page-182.htm
DOI : 10.3917/docsi.413.0182


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