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Documentaliste-Sciences de l'Information

2004/4 (Vol. 41)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.414.0252
  • Éditeur : A.D.B.S.

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LE SOMMET MONDIAL DE LA SOCIETE DE L’INFORMATION (SMSI), en décembre 2003, aura été l’occasion de discussions assez animées dans la communauté des spécialistes en sciences de l’information, concernés par la répartition équitable des ressources informationnelles et par la préservation de la diversité des contenus. Pour ces spécialistes du partage de l’information, il semble évident que mettre les moyens technologiques à la disposition des sociétés humaines ne suffit pas pour assurer l’accès de tous au savoir ni pour effacer ainsi les écarts entre « info riches » et « info pauvres ». Ils s’élèvent donc contre une vision technophile - utopique et optimiste - qui prévaut parmi certains dirigeants et qui tend à considérer que les technologies de la communication sont une panacée, et qu’un monde câblé serait une condition nécessaire (on voudrait faire croire qu’elle est même suffisante) à une participation généralisée et équitable au savoir.

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Il semble qu’ils ont réussi, avec d’autres communautés de la société civile, à modifier quelque peu le projet de déclaration finale du SMSI, afin qu’il ne s’inscrive pas dans une approche exagérément techniciste qui occulterait les problèmes de contenus et privilégierait le développement des moyens techniques, sans se préoccuper de savoir si la circulation des flux d’information est bien réelle et bidirectionnelle.

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Au contraire, pour une participation plurielle à la communication, et afin d’assurer la richesse des contenus, « la création et l’acquisition de connaissances devraient être encouragées dans le sens d’un processus participatif et collectif et ne pas être considérées comme un flux unidirectionnel. Toutefois, seul un ensemble de citoyens informés et instruits ayant accès aux moyens et résultats de recherches pluralistes peut participer pleinement et contribuer efficacement aux sociétés de la connaissance. » [1]

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Qu’en est-il de nous, enseignants-chercheurs en sciences de l’information des pays arabes ? Disposons-nous des moyens permettant de participer activement à la production des connaissances et à leur partage ? Avons-nous vraiment assimilé toutes les facettes de cette culture de l’information dont nous nous targuons, définie non seulement comme la capacité à trouver et à évaluer l’information, mais aussi à l’utiliser et à la créer ? Sommes-nous au moins présents dans le débat mondial autour de ce thème ?

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Pour tenter de répondre à ces questions, il nous a semblé utile d’analyser les travaux de recherche en sciences de l’information publiés dans le monde arabe. Dans ce domaine, deux pays arabes se distinguent par leur productivité en la matière : l’Égypte et l’Arabie Saoudite. Une comparaison de l’usage des technologies de l’information dans ces deux pays peut nous éclairer sur les moyens techniques dont disposent les uns et les autres pour publier l’information scientifique et pour y accéder. Les TIC sont-elles utilisées comme moyen de faire circuler des contenus utiles pour le partage des connaissances ? Quels types de contenus trouve-t-on sur les sites arabes ? Existe-t-il des bases de données facilitant l’accès à des ressources documentaires, des textes scientifiques en ligne ?

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À la lumière de ces données, nous nous demanderons quelle est la place des chercheurs en sciences de l’information dans la réflexion sur les problèmes et les techniques d’échange et de communication. La production scientifique arabe - égyptienne et saoudienne en l’occurrence - de ces dernières années en ce domaine apporte-t-elle une originalité dans la réflexion, pose-t-elle véritablement des problèmes ? Arrive-t-elle à dépasser les limites d’un simple transfert d’information de base, recueillie auprès de sources occidentales et reproduite pour les lecteurs arabophones ?

1 - L’usage des TIC en Égypte et en Arabie Saoudite

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De manière générale, les pays arabes dans leur ensemble ont pris un retard certain quant à l’usage des nouvelles technologies. Pour Frank Mermier, « le monde arabe souffre d’un déficit numérique qui le situerait bien en deçà de la moyenne mondiale pour l’utilisation des nouvelles technologies » [2, p. 13]

La diffusion des technologies de l’information

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Le retard touche plus précisément la diffusion de l’Internet, des chercheurs ayant relevé que le taux de pénétration des autres technologies, telles que le matériel informatique ou le téléphone portable, restait relativement plus élevé que celui de l’usage de l’Internet [3, p. 38]. Cependant, quels que soient les secteurs technologiques considérés, les disparités sont importantes entre les pays arabes. Ainsi, pour une population de 22,1 millions de personnes, l’Arabie Saoudite compte deux millions d’ordinateurs personnels [4, p. 40-42], soit près de 10 %, alors que le parc égyptien est de 1,5 million pour 70,9 millions d’habitants, soit 2 % environ [5, p. 45-46]. L’Internet aux Émirats Arabes Unis connaît le plus fort taux de pénétration du marché avec 33,2 % d’usagers en 2004, alors que l’Égypte atteint seulement 3,7 % et l’Arabie Saoudite 6,7 % [1][1] Internet Usage in the Middle East. <www. internetworldstats.....

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Les obstacles à une plus large diffusion sont nombreux. Citons entre autres la lenteur du développement des infrastructures, le coût élevé des communications et la prédominance de la langue anglaise sur la toile. Il faut reconnaître cependant les efforts du gouvernement égyptien pour assurer et démocratiser l’accès aux réseaux de communication, le ministère des Télécommunications assurant la gratuité des frais de connexion, et de nombreux centres communautaires offrant accès et formation [2][2] Idem.. Depuis 1999, l’arabe est utilisé avec succès pour publier des contenus accessibles à tous, et les grands moteurs de recherche tels que Google ou Alta Vista se prêtent bien à la recherche en caractères arabes.

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L’obstacle le plus important est certes le taux élevé d’illettrisme parmi la population adulte (22 % en Arabie Saoudite et 42 % en Égypte). La censure en est un autre : l’accès à l’information est soumis à une régulation ambiguë et assez lâche en Égypte, il est par contre fermement réglementé et censuré dans des pays tels que l’Arabie Saoudite, qui a centralisé le service de fourniture d’accès et qui a banni près d’un demi-million de sites jugés contraires à la morale et à la religion [3][3] Reporters sans frontière : « Les autorités saoudiennes.... Le niveau de performance des outils est parfois aussi un handicap : nombre de sites égyptiens semblent encore souffrir de problèmes techniques, les pages sont longues à décharger ou inaccessibles. Au contraire, l’accès aux sites saoudiens est facile et rapide, la navigation y est bien maîtrisée, révélant une meilleure maîtrise des techniques de production de sites.

L’offre d’information

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Quelles que soient les disparités, il reste que l’information généraliste en langue arabe a vite investi l’Internet, profitant de la communauté de langue et déjouant toutes les réticences des régimes qui, avec la généralisation de l’usage des paraboles pour les médias de masse, ont été acculés à plus de tolérance. « Toute la presse écrite s’est installée sur la toile, le plus souvent avec ses archives… des portails indépendants sont apparus… les télévisions par satellite ont suivi » [3, p. 33]. Ainsi, les grands périodiques généralistes égyptiens sont en ligne, tels Al-Ahram, Al-Siyassah, ainsi que leurs archives. Il en est de même pour les journaux d’Arabie Saoudite. Mais les lecteurs ont aussi maintenant le choix et peuvent, si les filets de la censure sont assez lâches, accéder à une information publiée hors des cercles officiels.

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Cependant, l’Internet est surtout perçu comme un outil de communication interpersonnelle, et ce sont les forums ainsi que les espaces de discussion en ligne qui occupent les jeunes « branchés » du monde arabe, car ils trouvent là l’occasion de transgresser les interdits et de discuter des sujets qui les préoccupent et qui ont longtemps été tus… L’information institutionnelle est répartie en sites gouvernementaux, sites universitaires et sites d’entreprises économiques. Ces derniers, proposant principalement une information de type publicitaire, ne sont pas directement utiles à la recherche scientifique dans les pays arabes. Nous nous pencherons plutôt sur l’information gouvernementale et universitaire, susceptibles toutes deux de fournir des ressources en information pour les chercheurs du monde arabe.

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L’offre d’information sur les sites égyptiens est assez inégale : un important décalage avait déjà été relevé entre les sites officiels d’information économique à l’intention de potentiels investisseurs, et ceux relatifs à l’éducation, la santé, la culture, etc. [7, p. 233-246]

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Ainsi, les sites du Cabinet ministériel, qui comprennent diverses bases de données, sont riches en information et assez sophistiqués. Un portail en arabe organise l’accès [4][4] <www. eip. gov. eg> [visité le 24 juillet 2004]. et a pour objectif d’unifier et de contrôler l’information diffusée, d’assurer des données précises aux citoyens. Un autre site assez riche, en anglais et en arabe, est celui du Information and Decision Support Center du Cabinet ministériel [5][5] <www. isdc. gov. eg> [visité le 24 juillet 2004]., qui s’intéresse au développement socio-économique. Ces sites se démarquent, par leur qualité, des sites des divers ministères, généralement pauvres en contenu et assez simplistes de conception. Il est à noter qu’ils ont été créés entre la fin de l’année 2002 et 2004.

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En ce qui concerne l’information scientifique et technique, la coopération avec les États-Unis a permis de mettre en place un réseau performant, ENSTINET [6][6] <www. sti. sci. eg> [visité le 24 juillet 2004]., assurant l’accès à des bases de données internationales en ligne, un service de référence, et un service de livraison de document. ENSTINET développe trois bases bibliographiques locales dans les domaines technologiques et médicaux, ainsi que des répertoires de chercheurs et d’institutions scientifiques et techniques. La recherche s’y effectue en accès libre. Ce n’est pas le cas pour l’utilisation des bases de données mondiales, qui nécessite un mot de passe ; on peut donc craindre qu’un écart ne se profile entre quelques élus de la recherche scientifique et technique, usagers privilégiés d’ENSTINET, et les nombreux chercheurs individuels dans les domaines des sciences de l’information, des sciences sociales et humaines.

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En effet, on peut comparativement noter la pauvreté de l’offre informationnelle universitaire : les sites universitaires ne sont pas très élaborés, ils présentent des informations en pages fixes, sans interactivité ni possibilité de recherche dans une base de données. Les services des bibliothèques universitaires y sont décrits, mais il n’y a pas de catalogue en ligne. Seule la Faculté de génie de l’Université du Caire propose un catalogue de ses thèses. Le catalogue de la Bibliotheca Alexandrina [7][7] <www. bibalex. gov. eg> [visité le 24 juillet 2004].... est encore en construction, et semble assez élémentaire, permettant seulement une recherche simple sur un critère ; il ne peut pas encore servir de modèle.

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Il y a quatre ans, une étude sur la production de bases de données [8] démontrait le manque d’intérêt des décideurs du secteur public pour la production de contenus, l’essentiel de leur budget étant dépensé en acquisition de bases de données étrangères. Les sites ministériels cités plus haut et celui du réseau ENSTINET, qui sont très récents, semblent démontrer l’intérêt de l’exécutif égyptien pour promouvoir de lui-même une image résolument moderne. Par contre, la publication de bases de données locales, qui mettraient en valeur la production intellectuelle des pays arabes, notamment en littérature et sciences humaines, ne semble intéresser personne, car elle exigerait un travail de longue haleine pour identifier les sources, les répertorier et les analyser.

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L’Arabie Saoudite, pour sa part, publie depuis quelques années déjà [8][8] Visite de sites gouvernementaux saoudiens en 1999. une information gouvernementale assez riche : tous les ministères ont des sites bien élaborés, riches de contenu, avec des services en ligne, les dernières nouvelles du ministère, ainsi que des données statistiques, les programmes de développement, des informations détaillées sur les divers secteurs, etc. À part le site du ministère de l’Information et de la Culture [9][9] <www. saudinf. com> [visité le 2 août 2004]., qui est en anglais et qui s’adresse très clairement à un public étranger, tous les autres sont en arabe ou dans les deux langues. De même que pour d’autres pays arabes [7], les sites des ministères saoudiens de l’Économie et du Plan [10][10] <www. planning. gov. sa> [visité le 2 août 2004]., des Finances [11][11] <www. mof. gov. sa> [visité le 2 août 2004]., du Commerce [12][12] <www. commerce. gov. sa> [visité le 2 août 2004]., sont plus riches en contenu que les sites des ministères des Affaires sociales, du Travail [13][13] <www. mol. gov. sa> [visité le 2 août 2004]., etc. Il est clair aussi que ces sites sont des instruments pour donner du pays une image positive tant à l’intention du public local que du public occidental.

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Les universités, collèges et instituts ont pour la plupart des sites très élaborés et permettent la recherche dans le catalogue de leur bibliothèque ainsi que dans les périodiques et les bases de données disponibles en ligne. Les sites sont en arabe, la recherche peut se faire dans les deux types d’écriture, arabe et latine [14][14] Voir par exemple : Um al Qura University <www. uqu..... Seule l’Université du Roi Fahd pour le pétrole et la métallurgie [15][15] <www. kfupm. edu. sa> [visité le 2 août 2004]. ne diffuse ses informations qu’en langue anglaise. La liste des bases de données et des périodiques est importante, mais il s’agit de sources en langue anglaise, les périodiques arabes n’étant pas numérisés. Les seules bases de données bibliographiques arabes qu’on y trouve sont les catalogues des bibliothèques saoudiennes.

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L’information économique ciblant des investisseurs potentiels semble avoir la priorité dans les deux pays. Par contre, l’information scientifique y est inégale : des visites rapides aux sites universitaires et académiques révèlent bien une disparité entre les deux pays, la répartition inégale des moyens financiers se réfléchissant en une véritable fracture en « info riches » et « info pauvres ». Comme nous avons pu le constater, l’information scientifique est accessible depuis peu à des chercheurs égyptiens privilégiés, grâce notamment à un projet de coopération. Mais l’environnement technologique dans les universités ne démontre ni une grande maîtrise des instruments ni leur exploitation véritable. Les chercheurs travaillant dans un cadre universitaire public n’ont pas accès aux ressources bibliographiques en ligne. Au contraire, l’information bibliographique scientifique est accessible sur les sites universitaires saoudiens, avec possibilité de recherche dans leurs bases de données locales et internationales. De même, l’accès des universitaires aux ressources électroniques telles que les périodiques étrangers et les bases de données en texte intégral est assuré, mais sans grande préoccupation pour le traitement et la mise à disposition de l’information produite localement.

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Dans un tel environnement informationnel, où les ressources documentaires sont mal distribuées, et les publications locales peu exploitées, où les technologies de l’information ne sont pas encore mises au service du partage des savoirs, on peut se demander dans quelles conditions se fait la recherche scientifique, et quelle est la place des spécialistes arabes dans la recherche et la réflexion sur les enjeux de la société d’information.

2 - Les publications en sciences de l’information en langue arabe

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L’échantillon que nous avons analysé n’a pas la prétention de représenter l’ensemble de la production saoudienne et égyptienne en sciences de l’information. Il est constitué cependant d’un intéressant corpus de 109 articles publiés entre 1999 et 2003 dans trois périodiques qui sont importants en Égypte et dans la communauté des spécialistes en sciences de l’information du monde arabe (oriental) [9][10][11].

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Nous présentons ci-après les principales caractéristiques des auteurs de ces publications. Nous étudierons ensuite les sujets abordés dans ces articles, puis les types de recherches menées et les méthodes adoptées, ainsi que les références sur lesquelles elles s’appuient. Nous analyserons enfin cette production scientifique des chercheurs en sciences de l’information dans la partie du monde arabe considérée, en insistant sur les conditions dans lesquelles ils travaillent et sur les difficultés qu’ils rencontrent.

Les auteurs

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Les auteurs se répartissent entre l’Égypte (71 %) et l’Arabie Saoudite (29 %) [16][16] Nous n’avons pas pris en considération tous les articles.... La moyenne est de deux à trois articles pour le même auteur. Il s’agit principalement d’hommes (70,6 %), universitaires pour la plupart (91,7 % de l’échantillon). Les praticiens semblent peu impliqués dans la publication dans les revues en sciences de l’information. Quand ils écrivent, ils se penchent sur les techniques, les outils ou les services pour les décrire et les évaluer.

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La solitude est une caractéristique principale de la recherche. En effet, rares sont les articles qui portent deux signatures (6 en tout, soit près de 6 %) et il s’agit toujours dans ce cas d’un homme et d’une femme (peut-être la sienne ?). À titre comparatif, signalons qu’une étude bibliométrique anglophone [12] de 28 périodiques en ligne avait trouvé 71 % d’articles écrits pas un seul auteur, le nombre d’auteurs pouvant cependant dépasser les deux dans 13 % des cas. Cette même étude avait aussi infirmé la prépondérance des universitaires dans la recherche en sciences de l’information (51 %).

Les thèmes abordés par les publications

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Des études similaires [13] avaient identifié quatre axes de la recherche en sciences de la communication et de l’information : axe économique, axe historique, rapport aux techniques et aux objets, significations. De ces quatre axes, celui que l’on retrouve le plus fréquemment dans le corpus étudié est bien celui du rapport aux techniques et aux objets. Il comprend les nouvelles technologies, les techniques de traitement de l’information, les produits et services, les usages, les collections, et il regroupe 73 % des articles (voir le tableau 1).

Tableau 1 - Les thèmes traitésTableau 1
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Les nouvelles technologies (24 %), perçues dans nos pays également comme une panacée, sont le plus souvent décrites dans leurs effets concrets immédiats, sans qu’en soient abordés les aspects économiques ou sociaux. Qu’est ce que le livre électronique ? Quelle est la technologie du multimédia ? Quelle est la place des nouvelles technologies dans les bibliothèques ? Telles sont les thématiques abordées, ainsi que la description d’un système informatique de gestion de bibliothèque ou des équipements nécessaires au fonctionnement des services informatisés.

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Les techniques d’organisation et de traitement de l’information (les spécificités de la classification des livres arabes, les procédures et les formats de description) ainsi que leurs outils linguistiques (description d’un thésaurus) continuent à intéresser les auteurs en sciences de l’information (16 %). Les techniques archivistiques et la description des documents administratifs font une petite percée (3 %) dans des revues s’intéressant traditionnellement au monde des bibliothèques. On remarquera le peu d’intérêt accordé aux usages et usagers de l’information (6 %). Deux articles abordent l’évaluation des comportements des usagers face aux nouvelles technologies, d’autres traitent de l’utilisation des bases de données ou des documents d’archives. Déformation d’universitaires ? L’évaluation des ressources d’information disponibles dans les universités arabes devrait pourtant les intéresser directement.

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L’axe économique et politique de la recherche comprendrait les politiques publiques, l’économie de l’information, la réglementation de la profession [14]. Il représente 21 % des articles de notre échantillon.

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Le thème principal s’y rapportant, largement débattu au niveau mondial aujourd’hui, c’est-à-dire les enjeux et les défis de la société de l’information, notamment le partage du savoir et les politiques à mettre en place pour y parvenir, reste marginal dans le corpus (6 %). Un seul article traite de la fracture numérique de manière assez générale et sans en aborder la réalité dans les pays arabes. Un autre analyse les échanges scientifiques entre disciplines, mais ne touche pas aux obstacles pourtant graves des échanges interarabes. Le concept de société de l’information est expliqué, sans aborder le problème des laissés pour compte de la technologie, ni la nécessaire mise en place d’une politique de l’information. Celle-ci fait l’objet de deux exposés assez généraux. Les problèmes de la censure, pourtant cruciaux, ne sont pas abordés dans notre corpus. C’est avec étonnement que nous avons trouvé seulement deux articles sur le sujet, signés par des auteurs libyens !

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La formation des professionnels de l’information, notamment des bibliothècaires et des archivistes, ainsi que les compétences qu’il faut avoir préoccupent les universitaires (9 %). C’est ainsi que sont traités les changements dans la profession et leurs répercussions sur la formation des professionnels de l’information, les besoins en formation continue, etc. L’absence de praticiens dans le corpus des auteurs [17][17] Rappelons qu’ils sont moins de 10 % face aux universitaires... peut expliquer le petit nombre d’articles traitant des pratiques professionnelles, tant dans leurs aspects législatifs et associatifs, qu’éthiques (6 %). Un article concerne l’évolution de la pratique professionnelle face aux nouvelles technologies, un autre traite des législations relatives au droit d’auteur. Par contre, les problèmes déontologiques font l’objet de trois articles. Cela ne relèverait-t-il pas d’un caractère culturel propre aux publications des pays arabes qui abondent en discours moraux ?

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L’axe historique serait plutôt transversal par rapport aux thèmes de la recherche : de nombreux articles se rapportant aux techniques débutent par une introduction historique. L’histoire du livre fait l’objet d’une seule publication.

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Enfin, on peut considérer que l’axe des significations ou des contenus est ici représenté principalement par les études bibliographiques et bibliométriques, qui occupent 5 % des travaux analysés.

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Au terme de cet examen, on pourrait donc avancer que la recherche en sciences de l’information dans les pays arabes est encore partielle et semble surtout préoccupée par l’aspect technologique et matériel. Elle cherche à participer au transfert des connaissances, notamment sur les moyens techniques de la communication, sans aborder les contenus ni les problèmes liés à l’environnement socioculturel, économique et politique.

Type de recherches et méthodes

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L’écrit arabe dans le domaine des sciences de l’information ressemble souvent à s’y méprendre à un cours magistral. C’est que les auteurs sont des universitaires et qu’ils publient souvent sous forme d’articles le contenu de leurs cours. C’est le cas de 46 % des articles analysés (tableau 2), qui relèvent de l’explication des techniques documentaires ou archivistiques, des nouvelles technologies, ou d’exposés purement théoriques sur la société de l’information, les principes bibliothéconomiques de base, les législations, etc.

Tableau 2 - Type d’exposéTableau 2
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Cependant un certain nombre tient plutôt de l’évaluation de produits ou de services (28 %). L’exposé y est plus précis, plus concret. Relativement à leur poids dans le corpus total, on peut dire que la part saoudienne (30 %) est plus importante dans ce type d’écrits que la part égyptienne (25 %) : évaluation d’équipements disponibles dans les salles de travaux pratiques, évaluation de bibliothèques pour non-voyants ou de sites pour enfants.

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Il faut signaler aussi qu’un certain nombre d’articles est descriptif (8 %) : il s’agit généralement de la description de bibliothèques. Un autre groupe est au contraire analytique (10 %) : analyse de bibliographies ou de résultats d’enquêtes.

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Liées au type d’exposé majoritaire, les méthodes qui prévalent (tableau 3) sont bien des synthèses de lectures (41 %) et des descriptions (24 %). L’analyse bibliométrique a la cote dans les comptes rendus de thèses égyptiennes (14 %). En effet, en l’absence de centres de recherche et de moyens permettant de mettre en application certaines techniques de pointe, la bibliométrie manuelle reste la seule méthode applicable dans les universités.

Tableau 3 - MéthodeTableau 3

Les références

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Une rapide analyse des citations utilisées dans les articles (au total 1.530 références) montre que les références en langue anglaise (54 %) sont légèrement plus nombreuses que les références en langue arabe (45 %), le français ne représentant que 1 % des références citées (tableau 4). Il faut noter cependant que les sites web consultés sont tous en anglais. Ils représentent 12 % de l’ensemble des sources citées.

Tableau 4 - Langues et supports des documents citésTableau 4
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Pour tous les types de documents, on remarque que les auteurs d’Arabie Saoudite préfèrent les références en langue anglaise, au contraire de leurs collègues égyptiens (tableau 4). Ces derniers se tournent plutôt vers les sites Internet d’accès gratuit (14 %). C’est que l’information scientifique en langue étrangère, provenant par exemple de périodiques spécialisés, coûte trop cher et n’est que peu disponible dans les bibliothèques des pays comme l’Égypte.

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Les problèmes de disponibilité et de coût influent aussi directement sur les types de documents lus et cités (tableau 5) : pour les Égyptiens, ce sont les livres en arabe qui sont les plus fréquemment utilisés (24 %), suivis des livres et encyclopédies en langue anglaise (20 %), les articles de périodiques arabes ou anglais ne représentant que 13 %. C’est le contraire pour les auteurs d’Arabie Saoudite qui citent plus souvent des articles de périodiques en langue anglaise (24 %), des livres en langue anglaise (21 %), suivis par les livres arabes (19 %) et enfin les articles de périodiques arabes (16 %).

Tableau 5 - Dates des documents cités (sites non compris)Tableau 5
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L’écart dans le type des ressources utilisées semble significatif. La consultation de périodiques devrait permettre aux universitaires de mettre à jour leur savoir et de prendre connaissance de l’évolution scientifique dans leur domaine de spécialisation. Mais la pauvreté en ressources oblige les enseignants-chercheurs de certains pays arabes, et particulièrement dans le secteur public, à se contenter de connaissances déjà assimilées et synthétisées. Les auteurs égyptiens en sciences de l’information fondent plutôt leurs écrits sur des références statiques (livres) et endogènes (publications arabes). On a remarqué aussi que les auteurs égyptiens citaient fréquemment des thèses déposées dans leur université, mais qu’ils avaient rarement accès aux thèses et conférences internationales. De là peut-être une certaine marginalité dans les thèmes de discussion par rapport aux axes de recherche de la communauté internationale.

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Enfin, dernière comparaison, les dates des documents utilisés permettent eux aussi de déceler la fracture informationnelle (tableau 5), les pays les plus nantis ayant accès à une information récente, alors que d’autres doivent se contenter de lectures déjà assez anciennes. L’exception se retrouve au niveau des sites, seule ouverture à une information non obsolète : 14 % pour l’Égypte et 9 % pour l’Arabie Saoudite (tableau 6).

Tableau 6 - Types et Langues des documents citésTableau 6
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Treize pour cent des documents cités par les auteurs saoudiens sont publiés avant 1986. Les taux augmentent progressivement et atteignent 34 % pour les documents publiés entre 1996 et 2001. Cela semble normal, puisque un document ayant plus de dix années d’ancienneté est moins susceptible d’être cité qu’un document récent. Au contraire, 26 % des documents cités par des auteurs égyptiens sont antérieurs à 1986, les taux chutent à 17 % pour les années 1986-1990 et 21 % entre 1991 et 1995, mais atteignent 33 % de documents publiés après 1995, répartis en 19 % de documents imprimés, principalement en arabe, et 14 % de sites web libres d’accès. L’écart en « info riches » et « info pauvres » est ici bien illustré : les ressources documentaires sont disponibles sous forme de bases de données mondiales et de périodiques en ligne dans les universités saoudiennes et dans quelques universités privées des autres pays arabes. Il semble qu’elles font cruellement défaut en Egypte et notamment dans les universités publiques, moins bien loties, qui profitent cependant de l’information disponible gratuitement sur le web

Caractéristiques et difficultés de la production scientifique en sciences de l’information

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L’isolement des chercheurs et l’absence d’équipements adéquats ne sont plus à démontrer. On a bien perçu aussi le handicap que constitue le manque de ressources : à défaut de la littérature spécialisée, onéreuse, on se rabat sur des sites assez généralistes, généralement des présentations de produits et services comme sur le site de l’OCLC ou des communications aux congrès de l’Ifla…

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Les universitaires semblent aussi plutôt éloignés de l’échange scientifique mondial : on a remarqué l’absence de documentation provenant des congrès ou séminaires internationaux. Voilà peut-être un indice pour comprendre que les questions posées ne semblent pas concerner le débat mondial.

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L’écart provient également de l’état d’avancement technologique : l’usage des nouvelles technologies, quand elles existent, est encore trop récent pour susciter une réflexion approfondie ; en d’autres termes les auteurs en sciences de l’information du monde arabe semblent encore au stade du transfert de connaissances descriptives, sans immersion véritable dans un milieu technologiquement avancé pour en percevoir les difficultés, les enjeux, les problèmes. Au contraire, la nouveauté des technologies donne l’illusion qu’elles vont résoudre tous les problèmes. On se contentera alors d’annoncer à grands cris l’avènement de la société de l’information sans en discuter les enjeux.

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De plus, l’état des bibliothèques et du système national d’information dans les pays en développement ne soulève que des problèmes qui sont pour d’autres depuis longtemps dépassés : de quoi peuvent bien discuter des spécialistes des bibliothèques dans des universités où les bibliothèques ne sont même pas encore informatisées, sinon des problèmes auxquels étaient confrontés leurs collègues occidentaux il y a quelques décennies déjà ?

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Il ne faudrait pas non plus sous-estimer l’impact de la censure ou de toutes autres formes plus subtiles de répression sur les esprits. Les thèmes abordés restent dans les limites du technique, du professionnel, et occultent les problèmes de société, le débat politique ou même toute réflexion sur l’environnement favorable à l’échange intellectuel.

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L’absence d’une pratique professionnelle s’est manifestée dans le choix de thèmes généraux, théoriques, élémentaires. L’Université n’est pas impliquée dans la pratique professionnelle, qui reste marginale dans ses préoccupations. En l’absence d’une coopération entre l’Université et le monde du travail, les enseignants ne sont pas sollicités par des problèmes pratiques, ils n’ont pas l’occasion d’observer les comportements et les usages pour les méditer. Leur réflexion reste donc théorique, peu de recherches sur le terrain ont pu être relevées.

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Seuls les comptes rendus de thèses dénotent d’un travail analytique approfondi. Pour les autres, la motivation est absente qui les aiderait à mener à bien un travail de longue haleine. Mise à part la promotion aléatoire au titre de professeur, il n’y a pas de véritable reconnaissance du chercheur, ni de mécanismes d’encouragement à la recherche. Les procédures et les critères d’évaluation des recherches seraient à revoir dans la plupart des universités arabes [18][18] Voir par exemple [5].… Des budgets de recherche ne sont pas alloués et les universitaires essaient avec des moyens très limités de publier malgré tout, plus pour préserver leur image que pour communiquer réellement.

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D’autre part, les moyens de diffusion des résultats de la recherche restent privés, l’Université ne jouant pas vraiment le rôle qui lui incombe dans le domaine de l’édition scientifique : les périodiques publiés par des universités, quand ils existent, paraissent à des rythmes discontinus, aléatoires, ils sont mal diffusés ; certaines éditions universitaires cherchent à appliquer les critères de sélection des éditions commerciales, perdant par là leur rôle originel d’appui à la recherche. C’est ainsi que les chercheurs se retrouvent sans motivation véritable, sans moyen de communication avec d’autres chercheurs dans le même domaine ; ils écrivent, au mieux, pour leur public d’étudiants…

3 - Pour une politique de la recherche en sciences de l’information dans le monde arabe

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Ainsi, l’information spécialisée en langue arabe ne provient pas d’une réflexion originale sur des problèmes concrets : la nouveauté des technologies de l’information suscite admiration et espoir, et au niveau de l’écrit donne lieu à un transfert en arabe d’une connaissance livresque acquise dans les sources en langue anglaise. Elle dépend donc de la disponibilité de ces ressources documentaires…

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De plus, cette information spécialisée produite en arabe est mal diffusée et peu connue : exceptée une bibliographie rétrospective aux délais de publication trop longs [16], il n’existe ni index ni abstracts de la littérature arabe spécialisée en sciences de l’information. Difficile d’accès pour les chercheurs des différents pays arabes, elle n’est donc pas l’occasion d’échanges et de partages fructueux qui leur permettraient d’avancer sur les bases d’un acquis commun.

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L’usage des technologies de la communication dans les pays arabes, bien qu’elle soit en extension, reste cependant passif et superficiel. La pénétration des techniques ne suffit pas, à elle seule, à assurer une véritable circulation de l’information. Car ces moyens ne sont encore accessibles qu’à une minorité maîtrisant la langue anglaise et la manipulation des outils, plus souvent pour accéder à une information événementielle et aux divertissements que pour utiliser une information scientifique spécialisée. En effet celle-ci coûte trop cher pour les universitaires des pays pauvres, les périodiques et les bases de données scientifiques ne sont accessibles que dans les universités privées ou dans les pays producteurs de pétrole.

Réduire la fracture informationnelle

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La fracture informationnelle est interne, entre secteur privé et secteur public : peu d’efforts sont investis pour la mise en commun des ressources documentaires.

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Elle est régionale, entre les monarchies pétrolières qui peuvent acquérir les bases de données mondiales et installer des systèmes d’information modernes, et les autres, qui ne peuvent fournir à leurs chercheurs qu’une information déjà obsolète et dont les systèmes d’information et de diffusion ne sont pas encore au point.

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La fracture enfin est mondiale : l’écart est grand entre les problèmes auxquels sont confrontés les chercheurs des pays du Nord, les questions qu’ils se posent, les axes de leur recherche et ceux des pays du Sud : pour ces derniers, l’absence de moyens et de ressources, la marginalité dont ils souffrent ne leur laissent même pas la possibilité ni l’occasion d’en débattre. Trop noyés peut-être par les difficultés matérielles de la recherche, ils ne se posent même plus les questions cruciales de société qui les concernent au premier chef : qui sont les laissés pour compte de ces technologies perçues comme l’ultime recours ? comment faire profiter l’ensemble de la société du patrimoine culturel de l’humanité ? comment dépasser les barrières linguistiques, cognitives et matérielles de l’accès aux sources du savoir ?

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La circulation et l’échange des savoirs, la diffusion du patrimoine de l’humanité dans sa diversité, auquel appelle la déclaration du SMSI, semblent encore bien difficiles à réaliser. On a pu remarquer que peu d’efforts sont réalisés pour publier une information riche et variée sur les sites arabes. L’apport des spécialistes en sciences de l’information des pays arabes pourrait pourtant être précieux pour l’élaboration de contenus culturels propres, et pour la diffusion d’une information adéquate sur les ressources culturelles arabes. Il faudrait pour cela que leurs universités mettent en place des projets concrets visant à faire connaître leur patrimoine, il faudrait que les décideurs pensent à profiter des moyens d’échange mondial pour diffuser une image plus positive et plus diverse de la société arabe.

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La deuxième phase du Sommet mondial pour la société de l’information, qui se tiendra en 2005 dans un pays arabe, la Tunisie, sera-t-il l’occasion pour les dirigeants arabes de réaliser enfin l’urgence de poser et de mettre en œuvre une politique de démocratisation de l’information, qui favoriserait toute tentative et tout effort pour mettre en commun les ressources documentaires locales et mondiales et leur assurer une diffusion la plus large et équitable possible ? Le Sommet sera-t-il le catalyseur d’une politique d’encouragement à la création de contenus et à la diffusion de notre patrimoine culturel ?

Mettre en place de nécessaires coopérations

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Dans l’attente de ce qui n’est peut-être qu’une utopie, des initiatives de coopérations Sud-Sud et Sud-Nord entre chercheurs peuvent aider à réduire l’écart et concrétiser les vœux de partage de l’information.

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La coopération francophone en particulier pourrait jouer ici un rôle important : il n’est que de se rappeler le changement que le programme Syfed [19][19] L’Agence universitaire de la francophonie (à l’époque... a opéré en son temps pour nous, Libanais, qui avions été totalement coupés du monde pendant près de vingt ans. De même que, à l’époque (1995), la coopération francophone a ouvert pour les universitaires du Liban la caverne d’Ali Baba mondiale, un programme de mise en commun de ressources en texte intégral pourrait être initié, si l’on trouve des solutions démocratiques au problème de la propriété intellectuelle et du paiement des droits d’auteur. L’expérience des archives ouvertes en sciences de l’information et de la communication, mise en œuvre par l’Urfist de Paris, l’Urfist de Nice, l’Enssib et l’Université Paris-7 [20][20] <http:// archivesic. ccsd. cnrs. fr>, serait à développer, à promouvoir et à étendre aux pays francophones du Sud.

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Il semble aussi urgent d’établir une coopération entre chercheurs arabes en sciences de l’information pour mettre en commun les ressources informationnelles, pour mieux diffuser et partager les contenus spécialisés, pour diffuser en ligne des bases de données arabes dans le domaine des sciences de l’information, qui permettraient d’accumuler les savoirs. L’application aux textes arabes des normes nécessaires aux archives ouvertes, et la mise à disposition d’un serveur à cette fin ne pourraient-elles être envisagées aujourd’hui entre nos écoles ? Cette coopération mettrait en valeur l’apport culturel et scientifique des différents pays arabes, elle serait d’autant plus précieuse pour les exclus, victimes des sanctions ou des conflits internationaux…

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AOÛT 2004


Références

  • Bibliographie
  • 1 –  Sommet mondial sur la société de l’information, Groupe de travail de la société de l’information sur les contenus et thèmes. Document relatif aux priorités de la société civile (14/07/03). Présenté à la réunion intermédiaire, Paris, 15-18 juillet 2003. [Lu sur biblio-fr, message de Hervé Le Crosnier, le 17 juillet 2003]
  • 2 –  Frank MERMIER, dir., Mondialisation et nouveaux médias dans l’espace arabe. Paris, Maisonneuve et Larose, 2003
  • 3 –  Samir AITA. Internet en langue arabe : espace de liberté ou fracture sociale ? Maghreb-Machrek, 2003-2004, n° 178
  • 4 –  Mohamad Mahmoud MANDOURA. Profile of the information society in the Kingdom of Saudi Arabia. Beirut, ESCWA, 2003
  • 5 –  Mohamad Gamal el Din DAREWISH. Profile of the information society in the Arabic Republic of Egypt. Beirut, ESCWA, 2003
  • 6 –  Yves GONZALES-QUIJANO. À la recherche d’un Internet arabe : démocratisation numérique ou démocratisation du numérique ? Maghreb-Machrek, 2003-2004, n° 78
  • 7 –  Zeinab GHOSN. Les sites Internet gouvernementaux au Moyen-Orient. In : Mondialisation et nouveaux médias dans l’espace arabe. Paris, Maisonneuve et Larose, 2003
  • 8 –  Abdulhadi ZEIN,. L’industrie de services d’information en Égypte : étude des secteurs privés et publics. Al-Itijahat al-hadithah fi al-maktabat wa al-maalumat, 2000, n° 13
  • 9 –  Alam al kutub wa al-nashr [Le monde des livres et de l’édition]. Rédacteur en chef Shaaban Khalifah. Juillet 1999 (n° 1) - juillet 2002 (n° 5)
  • 10 –  Al-ittijahat al-hadithah fi al-maktabat wa al-ma’lumat [Les tendances nouvelles dans les bibliothèques et l’information]. Rédacteur en chef M. F. Abdulhadi. 1999 (n° 11) – 2003 (n° 19)
  • 11 –  Dirasat arabiah fi al-maktabat wa ‘ilm al-ma’lumat [Études arabes en sciences de l’information et des bibliothèques]. Rédacteur en chef Hishmat Qasim. 1999 (vol. 4, n° 1) – mai 2002 (vol. 7, n° 2)
  • 12 –  Donald T. HAWKINS. Bibliometrics of electronic journals in information science. Information Research, 2001, vol. 7, n° 1. En ligne à l’adresse : <http:// InformationR. net/ ir/ 7-1/ paper120. html>
  • 13 –  Les grands axes thématiques de la recherche (Les Sciences de l’information et de la communication, rapport du Comité national d’évaluation). Les dossiers de l’audiovisuel, 1999, n° 85. Cité dans [14]
  • 14 –  Hélène CARDY et Pascal FROISSART. La recherche en communication en France : tendances et carences. MEI (Médiation et information), janvier 2001, n° 14, p. 37-63. En ligne à l’adresse : <http:// archivesic. ccsd. cnrs. fr/ sic_00000360. html>
  • 15 –  Georges NAHAS. Research and higher education. In : Higher education in Lebanon, dir. by Adnan al-Amine. 1st ed. Beirut, LAES, 1997. P. 363-394
  • 16 –  Mohammad Fathi ABDEL-HADI. Al-intaj al-fikri al-arabi fi majal al-maktabat wa al-ma’lumat [La production intellectuelle arabe dans le domaine des bibliothèques : bibliographie]. Le Caire, 1975-1996. Cumulatif. Paraît tous les dix ans

Notes

[1]

Internet Usage in the Middle East. <www. internetworldstats. com> [visité en juillet 2004].

[2]

Idem.

[3]

Reporters sans frontière : « Les autorités saoudiennes annoncent officiellement bloquer l’accès de près de 400.000 pages Web, cette censure visant à « préserver les citoyens de contenus offensant ou violant les principes de la religion islamique et les normes sociales ». La liste noire du Net saoudien touche à des domaines très larges, allant de sites d’organisations politiques à ceux de mouvements islamistes non reconnus, en passant bien sûr par toute publication touchant de près ou de loin à la sexualité. » <www. rsf. org/ article. php3? id_article= 10656>. Voir aussi

[6, p. 16]

[4]

<www. eip. gov. eg> [visité le 24 juillet 2004].

[5]

<www. isdc. gov. eg> [visité le 24 juillet 2004].

[6]

<www. sti. sci. eg> [visité le 24 juillet 2004].

[7]

<www. bibalex. gov. eg> [visité le 24 juillet 2004]. Voir à ce sujet l’article sur la Bibliotheca Alexandrina paru dans le numéro de décembre 2003 de Documentaliste - Sciences de l’information (vol. 40, n° 6, p. 376-379)

[8]

Visite de sites gouvernementaux saoudiens en 1999.

[9]

<www. saudinf. com> [visité le 2 août 2004].

[10]

<www. planning. gov. sa> [visité le 2 août 2004].

[11]

<www. mof. gov. sa> [visité le 2 août 2004].

[12]

<www. commerce. gov. sa> [visité le 2 août 2004].

[13]

<www. mol. gov. sa> [visité le 2 août 2004].

[14]

Voir par exemple : Um al Qura University <www. uqu. edu. sa>, King Abdul Aziz University <www. kaau. edu. sa>, King Faisal University <www. kfu. edu. sa>, etc. [sites visités le 2 août 2004].

[15]

<www. kfupm. edu. sa> [visité le 2 août 2004].

[16]

Nous n’avons pas pris en considération tous les articles signés par des auteurs d’autres pays arabes.

[17]

Rappelons qu’ils sont moins de 10 % face aux universitaires qui représentent 90,1 % des auteurs. Voir plus haut.

[18]

Voir par exemple [5].

[19]

L’Agence universitaire de la francophonie (à l’époque AUPELF-UREF) avait installé dans les universités du Liban des points d’accès aux bases de données bibliographiques francophones, puis elle y a assuré la connexion à l’Internet en 1997.

Résumé

Français

Les chercheurs en sciences de l’information (SI) des pays arabes ont-ils les moyens de participer à la production des connaissances et à leur partage ? Pour répondre à cette question, l’étude qui suit se penche d’abord sur l’usage des TIC comme moyen de faire circuler des contenus utiles au partage des savoirs, sur les caractéristiques des sites et de l’IST arabes. Elle analyse ensuite les travaux de recherche en SI publiés en Égypte et en Arabie Saoudite, et s’interroge sur la place des chercheurs en SI dans la réflexion sur les problèmes d’échange et de communication. Constatant un certain nombre d’insuffisances et de dysfonctionnements, elle propose en conclusion quelques pistes pour y remédier.

Plan de l'article

  1. 1 - L’usage des TIC en Égypte et en Arabie Saoudite
    1. La diffusion des technologies de l’information
    2. L’offre d’information
  2. 2 - Les publications en sciences de l’information en langue arabe
    1. Les auteurs
    2. Les thèmes abordés par les publications
    3. Type de recherches et méthodes
    4. Les références
    5. Caractéristiques et difficultés de la production scientifique en sciences de l’information
  3. 3 - Pour une politique de la recherche en sciences de l’information dans le monde arabe
    1. Réduire la fracture informationnelle
    2. Mettre en place de nécessaires coopérations

Pour citer cet article

Stephan-Hachem Maud, « Les moyens de la recherche en sciences de l'information dans les pays arabes : l'exemple de l'Égypte et de l'Arabie Saoudite », Documentaliste-Sciences de l'Information, 4/2004 (Vol. 41), p. 252-261.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2004-4-page-252.htm
DOI : 10.3917/docsi.414.0252


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