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Documentaliste-Sciences de l'Information

2004/4 (Vol. 41)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.414.0262
  • Éditeur : A.D.B.S.

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CE SONT LES RESULTATS DE LA RECHERCHE PUBLIES DANS DES REVUES, ainsi que les matériaux utilisés par les chercheurs, qui devraient être déposés dans des « réservoirs » en ligne afin d’être librement accessibles à tout un chacun, a affirmé Francis André dans un exposé introductif. Plus grave et plus vaste qu’une simple dispute entre éditeurs et instituts de recherche, ce débat apparaît dans toute sa complexité lorsque l’on considère la diversité des modalités de diffusion des travaux, la structure de la recherche publique en France, le mécanisme d’évaluation des chercheurs par unités ainsi que le paysage de l’information scientifique et technique, qualifié de « tumultueux ». Le rappel des grandes lignes de l’apparition du mouvement pour le libre accès et de son évolution montre qu’il a été ponctué par diverses déclarations de chercheurs et par des engagements institutionnels et politiques.

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Il faut à présent définir les stratégies de soutien – variables selon les disciplines –, préciser le niveau auquel les archives ouvertes auront une efficacité maximale et les intégrer dans des systèmes globaux d’accès à l’information, et enfin décider des mesures incitatives à mettre en œuvre. Francis André a rappelé que le CNRS est engagé dans de multiples actions politiques et de communication, qu’il soutient des revues et fédère des initiatives séparées. Il reste néanmoins urgent de définir une politique de l’IST qui, afin de maîtriser la diffusion du savoir, intègre à ceux de la recherche les coûts de la publication.

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Les résultats de la recherche doivent être librement accessibles, selon Stevan Harnard : pour lui, les archives ouvertes et les revues alternatives sont les deux seules voies du libre accès. Si la publication dans des revues traditionnelles ne doit pas être négligée, elle est longue et coûteuse alors que le libre accès permet une diffusion immédiate au niveau mondial. Et s’il est vrai que des différences doivent être envisagées selon les disciplines, les réponses à des questions récurrentes - comme celles qui ont trait à la validation des articles, aux questions de droit d’auteur, à l’avenir des maisons d’édition ou des bibliothèques - ont déjà été apportées [1][1] Sur l’auto-archivage, voir la foire aux questions :.... Il faut dissocier le libre accès de la conservation, qui resterait du ressort des éditeurs ; et, de même, les revues en libre accès – modèle éditorial qui ne représenterait aujourd’hui que 5 % des revues expertisées dans le monde – de l’auto-archivage par les chercheurs des articles soumis à des revues adoptant d’autres modèles éditoriaux [2][2] Parmi les exemples les plus intéressants en matière....

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Stevan Harnard souligne ensuite l’impact scientifique du libre accès, pratiqué depuis longtemps par les physiciens [3][3] Voir l’archive ouverte ArXiv <arxiv.org/>, créée par..., en terme de visibilité, et préconise l’auto-archivage institutionnel pour ses retombées positives sur l’évaluation d’une université ou d’une unité de recherche. Mais ce modèle – point fondamental aux yeux de l’intervenant – permet aussi au chercheur d’intégrer très rapidement dans sa réflexion les conclusions d’autres chercheurs. Et, si le libre accès n’est pas préconisé uniquement pour régler des crises budgétaires puisque celles-ci seront réglées dans un second temps par le marché, il donne, en revanche, une nouvelle visibilité aux petits éditeurs et aux revues non anglophones.

La semaine du document numérique

Organisé à l’initiative du Réseau thématique pluridisciplinaire Document du département STIC du CNRS, ce bouquet de manifestations scientifiques portant sur le document numérique a eu lieu à La Rochelle du 21 au 25 juin 2004. Il s’agissait, pour le RTP-Doc, de fédérer les activités portant sur le document en France et dans le monde francophone autour de vingt manifestations (conférences, workshops, journées, ateliers, etc.) en un même lieu et une même semaine. L’objectif était de faire se rencontrer des communautés scientifiques travaillant sur un même objet dans des disciplines scientifiques aussi diverses que l’informatique, l’histoire, la linguistique, les sciences cognitives, les sciences de l’éducation, etc. ; pour « renforcer entre elles les liens interdisciplinaires afin de dégager des méthodologies innovantes s’appuyant sur des outils, des usages et des concepts complémentaires à ces disciplines ». Les vingt manifestations proposées étaient construites autour de trois axes thématiques : numérisation de documents et patrimoine, nouvelles approches des relations entre forme et contenu, impact du document numérique sur les usages. Pour en savoir plus, voir le site <http:// sdn2004. univ-lr. fr/ > et le cédérom gravé à la suite de cette semaine. On y trouvera notamment la liste et le programme détaillé de toutes les manifestations, les textes des interventions, et la version numérique d’un numéro thématique sur « Le document numérique » de la revue Information-Interaction-Intelligence (I3) (2004, vol. 4, n° 1) publié à cette occasion.

Diverses actions en Europe…

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LES ARCHIVES OUVERTES constituent un enjeu important pour tous les pays européens.

Au Royaume-Uni

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Le Joint Information Systems Committee (JISC) [4][4] Le JISC : <wwww. jisc. ac. uk/ index. cfm? name=about>,..., organisme chargé de répartir des fonds de l’État aux universités britanniques, a entre autres objectifs celui d’améliorer le rapport coût-efficacité de la communication scientifique. Dans un premier temps, a fait remarquer son représentant Frederick J. Friend, son action était concentrée sur les négociations de licences avec les éditeurs par le biais du programme NESLI (National Electronic Site Licence Initiative) [5][5] Le programme NESLI : <www. nesli2. ac. uk/ >. qui fédère les consortiums créés pour la fourniture de périodiques électroniques destinés à l’enseignement supérieur et à la recherche britanniques. Si des résultats intéressants ont pu être obtenus, les négociations ont été longues et plusieurs éditeurs ont voulu imposer la fourniture d’un catalogue complet ou divers autres achats groupés.

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Parce qu’il favorise l’accès à long terme à tous les articles de revues, le libre accès a alors paru représenter une solution intéressante et des actions en sa faveur sont également soutenues par la JISC sous la forme de plusieurs programmes dont le programme FAIR (Focus on Access to Information Resources) [6][6] Le programme FAIR : <wwww. jisc. ac. uk/ index. cfm?.... Si celui-ci n’entend pas obliger les chercheurs à déposer leurs articles [7][7] Mais il tente de les y inciter puisque l’on vient d’apprendre..., il aide les universités à créer une infrastructure qui facilite le dépôt de ces articles et du matériel de recherche sur leur site. Il soutient aussi les éditeurs qui veulent adopter le libre accès, lors d’une période transitoire, afin de créer un marché, et tente de persuader les agences de financement de la recherche qu’elles doivent soutenir ce modèle. Une enquête sur les revues scientifiques, commanditée par des parlementaires britanniques, pourrait soutenir cette action [8][8] Cette étude devait paraître en juillet 2004 : <www.....

Le centre pour la communication scientifique directe

Unité de service du CNRS créée en juillet 2000, le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD) a pour mission « d’améliorer et d’étendre les techniques permettant aux chercheurs du monde entier de communiquer directement à leurs collègues les résultats de leurs travaux, en les insérant dans des bases de documents en libre consultation ». Sur son site (ccsd.cnrs.fr/) on trouve des articles (toutes disciplines), des thèses, des cours (mathématiques, physique), l’archive Edutice sur le thème Éducation et technologies de l’information et de la communication, des articles de l’Institut Jean Nicod (sciences cognitives, sciences sociales, linguistique, philosophie), @@ rchiveSIC(sciences de l’information et de la communication), des mémoires de troisième cycle en sciences de l’information et de la communication, le miroir de ArXiv (physique, mathématiques, sciences non linéaires, informatique), le miroir de PhysNet ainsi que des vidéos des conférences de l’Académie des sciences.

Aux Pays-Bas

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Le programme DARE (Digital Academic Repositories) [9][9] Le programme DARE <demonstrator.itor.org/en/toon> et..., présenté par Arjan Honegaar, est soutenu par les universités ainsi que par la Bibliothèque nationale, l’Académie royale des arts et des sciences et l’organisation pour la recherche scientifique des Pays-Bas. Il poursuit plusieurs actions en faveur de l’auto-archivage en soutenant la création d’infrastructures pour le dépôt institutionnel organisé en plusieurs niveaux : un dépôt pour l’enseignement en ligne, un dépôt institutionnel qui sert de vitrine en présentant les expertises professionnelles, les revues. Il accueille aussi les sites web personnels ainsi qu’un dépôt pour la recherche organisé de manière thématique par le biais d’un portail. DARE n’entend pas représenter un modèle unique mais un point central distribué en divers dépôts institutionnels adoptant des normes techniques interopérables. Au début de l’année 2004, les collections de documents numériques détenues par quinze institutions pouvaient être interrogées. Cette première étape permet d’envisager de proposer divers services à partir de ce fonds commun. À cette fin, d’autres projets seront soutenus financièrement par ce programme.

Deux études britanniques sur le marché de l’édition scientifique

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Récemment publiés par le Wellcome Trust [10][10] Welcome Trust, <www. wellcome. ac. uk/ >. Ces deux..., une fondation qui soutient des chercheurs de plusieurs pays dans le domaine médical, ces travaux ont été présentés par Robert Kiley. Leurs conclusions, en faveur du libre accès des résultats de la recherche, représentent un élément de réflexion intéressant pour le débat actuel. L’analyse économique a établi, en effet, que non seulement le modèle libre serait moins cher puisqu’il élude les coûts de distribution, de gestion des abonnements et certains coûts de production, mais qu’il serait viable. Ce modèle présenterait en outre des avantages supplémentaires en termes de délai de publication et de citation, mais également lorsqu’il met l’accent sur l’intérêt d’un contenu et non sur la notoriété d’un titre.

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Il faudrait à présent envisager des actions de sensibilisation auprès des chercheurs, peu intéressés généralement par le coût des abonnements, et prendre des initiatives dans le domaine juridique, impliquant également les éditeurs et les législateurs. Elles permettraient de «faire basculer» le système en faveur de ce modèle. Le dépôt devrait-il devenir une obligation ? Il faudrait accompagner ces initiatives de mesures de soutien non seulement en faveur des archives institutionnelles, comme le fait le JISC, mais également pour des revues en ligne.

En Allemagne

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La société Max Planck [11][11] Institut Max Planck : <www. mpg. de/ english/ portal/..., qui regroupe plusieurs instituts travaillant dans des disciplines scientifiques différentes, est signataire de la Déclaration de Berlin [12][12] Signée le 22 octobre 2003 par une vingtaine de hauts... et participe à la réflexion sur une stratégie en matière de libre accès qui sera proposée lors de la deuxième phase du Sommet mondial de la société de l’information (SMSI) en 2005. Si ces instituts ne disposent pas d’une bibliothèque centrale, le centre Heinz Nixdorf [13][13] Le centre Heinz Nixdorf : <www. zim. mpg. de/ >., représenté par Teresa Velden, leur permet de disposer d’une unité chargée, entre autres, de les aider à mettre au point des procédures de diffusion des résultats de la recherche et d’accès à celle-ci. L’on s’y est penché sur le dépôt des documents numériques et sur le libre accès, ce qui impliquait l’adoption de standards techniques, des accords de droit d’auteur, une veille sur la qualité, la validation et la mise au point de nouvelles approches vers de nouveaux publics. Les apports sont indéniables en termes de diffusion des connaissances, d’accès immédiat, d’interactivité, mais aussi de baisse des coûts et de risques de duplication, d’apparition de sciences nouvelles, de datamining (exploration des données) et de dialogue entre les chercheurs, le monde politique et le public.

Pour en savoir plus

Deux documents concis :

• Le Libre Accès aux résultats de la recherche, INIST, 3 juin 2004, 10 p. <www. inist. fr/ openaccess/ article. php3? id_article= 64>

• Dossier documentaire, École nationale des ponts et chaussées <www. enpc. fr/ fr/ documentation/ doc_electronique/ dossier_openaccess. htm> (réalisé le 4 juin 2004 et régulièrement mis à jour)

Un séminaire organisé en janvier 2003 à Paris :

Libre accès à l’information scientifique et technique : état de l’art et perspectives. Séminaire organisé par le ministère de la Recherche, l’INSERM, le CNRS, l’INIST et l’ICSTI, les 23 et 24 janvier 2003. Compte rendu de Michèle Battisti : Documentaliste - Sciences de l’information, févr. 2003, vol. 40, n° 1, p. 37-45

Une étude commanditée par la Commission européenne

Cette étude porte sur l’évolution économique et technique des marchés de la publication scientifique en Europe ; ses résultats seront publiés en 2005. Parmi les points examinés : l’avenir de la revue scientifique imprimée, les risques liés à l’augmentation du prix des publications en terme d’accès à l’information par les chercheurs, le libre accès aux résultats de la recherche et la nécessité de réconcilier le droit des auteurs et les intérêts économiques des éditeurs. Communiqué de presse IP/04/747, Commission européenne, 15 juin 2004 <europa.eu.int/rapid/>

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Mais le libre accès nécessite un engagement à long terme qui implique une modification progressive du système traditionnel d’information et de diffusion, une sensibilisation des chercheurs et l’apport de fonds suffisants pour organiser la transition. Le serveur eDoc [14][14] Serveur eDoc <edoc.mpg.de/>. Pour en savoir plus :..., créé en 2003, offre un accès libre à une archive institutionnelle qui respecte les normes de qualité définies par l’institution et est utilisée à des fins administratives, lors du rapport annuel d’activité, et pour améliorer la visibilité entre instituts. Teresa Velden a également souligné quelques points faibles, tels que la sensibilisation insuffisante des directeurs d’instituts et des bibliothécaires, les incertitudes liées aux aspects juridiques des documents en libre accès. À cet égard, des informations sur la politique juridique sont données sur un serveur et une réflexion est menée sur une licence appropriée, proche de la licence Creative Commons[15][15] La licence Creative Commons a été traduite en allemand,..., qui permet à l’auteur de choisir un type de licence particulier. Néanmoins, si le libre accès doit désormais faire partie des négociations opérées dans le cadre de consortiums, ce n’est qu’à très long terme qu’il remplacera les publications classiques.

… et en France

Le Centre pour la communication scientifique directe

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Le CCSD est une initiative du CNRS qui s’inscrit dans le mouvement international pour les archives ouvertes. Les documents sont archivés sur ce site par les auteurs, les bibliothécaires ou les institutions. Si les articles consultables librement et gratuitement dans ses archives peuvent faire l’objet de publication dans des revues traditionnelles, leur conservation à très long terme y est également assurée grâce aux migrations technologiques qui seront opérées, précise Daniel Charnay. Conçues comme un outil au service des chercheurs, ces archives ouvertes augmentent la visibilité nationale et internationale de ceux-ci tout en étant un outil administratif permettant d’évaluer les travaux.

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Après une présentation du contenu du CCSD (voir ci-dessus) et des règles de dépôt, ont été présentées les diverses collaborations engagées [16][16] Un accord-cadre venait d’être conclu avec l’INRIA (Institut... afin d’élargir leur portée. Parmi les apports de ce centre, des métadonnées plus riches, autorisant une bibliométrie, et un système souple proposant une version standard et des versions personnalisées. Parmi les évolutions envisagées : l’extension aux sciences humaines et sociales et aux sciences de la vie, une rétroconversion des thèses et des articles, des liens vers des revues scientifiques, un soutien aux revues scientifiques constituées de tables des matières et de liens pointant vers une archive générale et universelle, une collaboration de l’Unesco pour assurer la pérennité des contenus.

Le projet Numdam

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Laurent Guillopé a présenté ce projet [17][17] Numdam : <www. numdam. org/ >. qui vise à numériser des revues anciennes en mathématiques, une discipline où le recours aux fonds passés est courant. Ce travail s’est effectué parallèlement à une réflexion sur l’accès à terme à ces données. Il a paru important de mettre à la disposition des utilisateurs des outils documentaires plus fins que ceux qui sont proposés par la base Gallica de la BnF qui n’autorise qu’un accès par volume. Dans le cadre de Numdam, le fonds patrimonial sauvegardé est ainsi lié à l’édition courante et des outils performants permettent d’effectuer des recherches.

Interventions du 24 juin 2004

Le Libre Accès dans les unités de recherche en France, Francis André, INIST/CNRS

Archives ouvertes et revues alternatives : les deux voies du Libre Accès, Stevan Harnard, Université du Québec à Montréal

Vers le Libre Accès dans le Royaume-Uni, Frederick J. Friend, Joint Information Systems Committee

Do you DARE ?, Arjan Honegaar, Netherlands Institute for Scientific Information Services

Publication costs are research costs, Robert Kiley, Wellcome Trust

Le Centre pour la communication scientifique directe, Daniel Charnay, CCSD-CNRS

The Open Access Strategy of Max Planck Society, Teresa Velden, Max Planck Gesellschaft

Fonds patrimoniaux : quel accès numérique ?, Laurent Guillopé, Cellule MathDoc

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Dans son exposé, l’intervenant a mis l’accent sur la question des droits d’auteur et sur les diverses négociations entreprises avec des éditeurs et des sociétés savantes pour obtenir un accès « glissant » aux publications en fonction de divers délais, posant ainsi le problème du financement du modèle économique que représente le libre accès. Aujourd’hui, lorsqu’on fait le point sur les fonds accessibles grâce à ce projet, on se trouve face à divers modèles selon la nature des fonds : certains sont totalement ouverts, d’autres accessibles uniquement par abonnement et, pour certains d’entre eux, l’ouverture varie selon les revues. Parmi les projets en cours, la construction d’une mini DML (Digital Mathematical Library) pour s’orienter à terme, lorsque tous les points techniques, organisationnels, juridiques et financiers auront été résolus, vers une maxi DML.

Une réalisation de l’INRA

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Hélène Bosc qui, au sein d’une unité de recherche de l’Institut national de recherche agronomique, a créé une archive ouverte en physiologie animale, a présenté rapidement la manière dont elle a été sensibilisée au mouvement du libre accès puis, convaincue de l’intérêt que celui-ci pouvait avoir pour les chercheurs, les diverses actions de sensibilisation qu’elle a menées à son tour auprès de ceux de cette unité. Elle a également abordé les aspects juridiques, soulignant que ceux-ci ne représentaient que très rarement un obstacle réel à l’auto-archivage des postpublications, ainsi que la terminologie utilisée par Stevan Harnard pour classer les revues en revues dorées, vertes et grises [18][18] Voir l’intervention d’Hélène Bosc lors de la journée.... L’impact du libre accès, ajoute-t-elle, se mesure en nombre de citations mais également en nombre de téléchargements et, pour en mieux comprendre la diversité, elle donne la référence d’une étude du JISC/OSI [19][19] JISC/OSI, Journal authors survey report, février 2004,.... Cette action propre à une seule unité de recherche devrait être transposée à présent dans les 260 unités de l’INRA, qui ainsi donnerait suite aux déclarations favorables à ce mouvement qu’il avait faites.

Le point de vue de l’INSERM

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Après avoir rappelé le décalage qui existe en France par rapport aux grandes bases de données médicales américaines, Pierre Oudet a évoqué une série de difficultés techniques et éthiques rencontrées lors d’une opération pilote menée à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Il a souligné, lui aussi, l’intérêt de telles bases au niveau administratif et mis en exergue la forte implication des documentalistes pour lesquels le libre accès donne des opportunités professionnelles. Si des sites comme BiblioInserm [20][20] BiblioInserm : <biblioinserm.inist.fr/>. donnent accès aux bases, aux publications et aux services gratuits, l’INSERM envisage aussi un service qui mettrait gratuitement à la disposition des chercheurs tous les résultats des recherches financées par l’institut.

EduTice

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Archive ouverte sur les technologies de l’information et de la communication pour l’éducation et la formation, EduTice [21][21] EduTice <archivetematice.ccsd.cnrs.fr/index.php>, archive..., que présentait Thierry Chanier, regroupe plusieurs disciplines scientifiques. Créée en partenariat avec le CCSD, mettant l’accent sur la production en langue française, elle occasionne également des rencontres entre chercheurs, y compris des chercheurs étrangers, dans le cadre de séminaires ou d’ateliers. On y trouve une série de documents déjà validés ou en cours de validation (articles, thèses, communication à des colloques, chapitres d’ouvrages) mais également des revues ayant adopté le livre accès [22][22] À titre d’exemple, la revue Apprentissage des langues... ou des dépôts faits par les éditeurs qui disposent des droits à cet égard. Outre la très grande attention donnée aux aspects juridiques pour lesquels des mises en garde sont faites et des solutions apportées, on notera aussi que cette archive est alimentée en collaboration avec des documentalistes associés aux aspects techniques et d’indexation.

Interventions du 25 juin 2004

Diffusion des résultats de la recherche : la place du Libre Accès en France, Francis André, INIST/CNRS

Archives et publications ouvertes, ou comment accroître l’impact et la visibilité des travaux de recherche, Stevan Harnard, Université de Southampton

La nécessaire implication des chercheurs dans le développement du Libre Accès. Table Ronde avec la participation de : Hélène Bosc (Institut national de recherche agronomique, INRA), Daniel Charnay (Centre pour la communication scientifique directe, CCSD-CNRS), Thierry Chanier (Université de Franche-Comté), Jean-Paul Ducasse (Université Lyon-2), Pierre Oudet (Institut national de la santé et de la recherche médicale, INSERM)

(Webcast de cette matinée <webcast.in2p3.fr/libreacces/>)

Une archive ouverte en SHS

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L’Université Lyon-2 a créé une archive ouverte institutionnelle dans le domaine des sciences humaines et sociales [23][23] Archive Lyon 2 : <eprints.univ-lyon2.fr:8050/>., démontrant ainsi que ce modèle n’est pas réservé aux sciences dures. Jean-Paul Ducasse a souligné que la période actuelle est transitoire, instable, et que les tensions y sont très fortes. Il a également mis l’accent sur les particularités de ce secteur, très parcellisé, où les barrières linguistiques sont sans doute plus fortes. L’intérêt des chercheurs français, bien que très faible encore, commence, contrairement au monde anglo-saxon sensibilisé de longue date à ce modèle, à être aiguisé. Les actions de sensibilisation, tels que le site de l’Inist, la veille menée par Hélène Bosc ou l’impact que peut avoir la traduction prochaine d’un ouvrage de Lawrence Lessig, professeur de droit à l’université de Stanford et promoteur des Creative Commons, doivent être poursuivies.

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L’intervenant signale aussi que, dans le domaine des sciences humaines et sociales, où fort peu d’auteurs disposeraient d’un contrat remis par leur éditeur, l’auteur garde la mainmise sur ses publications et que, lorsqu’un contrat lui est proposé, il doit négocier pour garder les droits dont il a besoin. Jean-Paul Ducasse soutient l’idée d’une politique nationale en matière d’archivage et de publication et maintient que des lignes directrices peuvent d’ores et déjà être tracées à partir des premières expériences.

Notes

[1]

Sur l’auto-archivage, voir la foire aux questions : <sophia.univ-lyon2.fr/boai/self-faq_fr.html>.

[2]

Parmi les exemples les plus intéressants en matière d’auto-archivage, rappelons l’annonce faite en mai 2004 par la maison d’édition Elsevier qui autorisait les auteurs à déposer sur leur site personnel ou sur le site de leur institution les versions finales de leurs articles, telles qu’elles ont été éditées. Les auteurs doivent utiliser la version pdf ou html déchargée depuis Science Direct, citer l’article et faire un lien vers le site de l’éditeur.

[3]

Voir l’archive ouverte ArXiv <arxiv.org/>, créée par les physiciens, puis élargie au domaine des mathématiques et à ceux d’autres sciences, dont l’informatique et la biologie. Cette base est hébergée par l’Université Cornell (États-Unis).

[5]

Le programme NESLI : <www. nesli2. ac. uk/ >.

[7]

Mais il tente de les y inciter puisque l’on vient d’apprendre que le JISC vient de concevoir avec SURF, une fondation similaire créée aux Pays-Bas, un projet commun sur les droits d’auteur dans le domaine de la publication scientifique. Il vise à accroître les connaissances des enseignants et chercheurs dans ce domaine, afin de mieux les armer dans leurs relations avec les maisons d’édition lorsqu’ils soumettent leurs articles pour publication. Voir une brève en date du 2 juillet 2004, sur le site de l’INIST.

[8]

Cette étude devait paraître en juillet 2004 : <www. parliament. uk/ parliamentary_committees/ science_and_technology_committee. cfm>. Voir : Scientific publications.

[9]

Le programme DARE <demonstrator.itor.org/en/toon> et la liste des participants <www. darenet. nl/ en/ repositories/ toon>.

[10]

Welcome Trust, <www. wellcome. ac. uk/ >. Ces deux études s’intitulent respectivement Analyse économique de l’édition scientifique (octobre 2003) et Coûts et modèles de l’édition scientifique (avril 2004). Lers traductions françaises, assurées par l’INIST peuvent être consultées à l’adresse <www. inist. fr/ wellcome/ >.

[12]

Signée le 22 octobre 2003 par une vingtaine de hauts responsables d’instituts européens de recherche, la Déclaration de Berlin prône l’accès libre aux archives scientifiques, le partage et la diffusion des connaissances : <www. inist. fr/ openaccess/ article. php3? id_article= 38>.

[13]

Le centre Heinz Nixdorf : <www. zim. mpg. de/ >.

[14]

Serveur eDoc <edoc.mpg.de/>. Pour en savoir plus : Gerhard Beier and Theresa Velden, The eDoc-Server Project: building an institutional repository for the Max Planck Society, High Energy Physics Libraries Webzine, March 2004, issue 9. <library.cern.ch/HEPLW/9/papers/4/>.

[15]

La licence Creative Commons a été traduite en allemand, ce qui implique qu’elle soit également transposable en droit allemand le 1er juin 2004. Des études sont en cours pour transposer cette licence en droit français. Voir : <www. creativecommons. org>. Voir aussi le compte rendu de la journée d’étude du 10 mai 2004 organisée par l’ADBS : Documentaliste - Sciences de l’information, juin 2004, vol. 41, n° 3, p. 193-195.

[16]

Un accord-cadre venait d’être conclu avec l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique). Les premiers documents des chercheurs appartenant à cet établissement y sont archivés : <inria.ccsd.cnrs.fr/>.

[18]

Voir l’intervention d’Hélène Bosc lors de la journée d’étude du 10 mai 2004 organisée par l’ADBS ainsi que le support diffusé à cette occasion : www. adbs. fr/ uploads/ journees/ 2943_fr. pdf

[19]

JISC/OSI, Journal authors survey report, février 2004, <www. jisc. ac. uk/ uploaded_documents/ ACF655. pdf>.

[20]

BiblioInserm : <biblioinserm.inist.fr/>.

[21]

EduTice <archivetematice.ccsd.cnrs.fr/index.php>, archive ouverte créée dans le cadre du programme Tematice <www. tematice. fr/ >, programme de recherche interdisciplinaire sur les TIC pour l’éducation et la formation.

[22]

À titre d’exemple, la revue Apprentissage des langues et systèmes d’information et de communication (ALSIC) est une revue ayant adopté un modèle éditorial en libre accès <alsic.org/>

[23]

Archive Lyon 2 : <eprints.univ-lyon2.fr:8050/>.

Résumé

Français

Dans le cadre de la Semaine du document numérique, qui s’est tenue à La Rochelle au printemps dernier, un séminaire spécifique a été organisé les 24 et 25 juin par l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST). Il avait pour objet de poursuivre une réflexion interdisciplinaire à partir de diverses expériences françaises et étrangères menées en matière de libre accès à l’information scientifique et technique, afin de lui proposer un mode d’organisation. La matinée de la deuxième journée s’adressait davantage à la communauté des chercheurs à qui étaient présentées les opportunités offertes par le libre accès.

Plan de l'article

  1. Diverses actions en Europe…
    1. Au Royaume-Uni
    2. Aux Pays-Bas
    3. Deux études britanniques sur le marché de l’édition scientifique
    4. En Allemagne
  2. … et en France
    1. Le Centre pour la communication scientifique directe
    2. Le projet Numdam
    3. Une réalisation de l’INRA
    4. Le point de vue de l’INSERM
    5. EduTice
    6. Une archive ouverte en SHS

Pour citer cet article

Battisti Michèle, « Journées d'étude Inist. Libre accès aux résultats de la recherche : une politique pour un renouveau de la publication scientifique ? », Documentaliste-Sciences de l'Information, 4/2004 (Vol. 41), p. 262-267.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2004-4-page-262.htm
DOI : 10.3917/docsi.414.0262


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