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Documentaliste-Sciences de l'Information

2004/4 (Vol. 41)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.414.0281
  • Éditeur : A.D.B.S.

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C’EST D’ABORD SUR LE CONCEPT DE CERTIFICATION des personnes que l’accent a été mis, et sur l’importance, au sein d’une profession, de disposer de normes [4][4] Parmi les normes citées : FD X 50-185 sur le management... au niveau international. Il a été rappelé que, au début des années quatre-vingt-dix, les professionnels de l’information-documentation ont été des pionniers lorsqu’ils ont décidé, dans le cadre de l’ECIA (European Council of Information Associations), d’adopter un tel système et de l’adapter à leur secteur d’activité.

Donner une visibilité au concept de certification...

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Trois pays – l’Allemagne, l’Espagne et la France – proposent déjà une certification nationale des professionnels de l’information-documentation. Mais les structures et les outils mis en place dans ces pays n’étant pas uniformisés, il fallait proposer une procédure de qualité qui fût commune tout en autorisant néanmoins une certaine autonomie pour s’adapter à des contextes culturels différents.

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L’accent a été mis ensuite sur le processus même de certification, tel qu’il a été progressivement développé en France par l’ADBS, depuis 1992, et sur les difficultés rencontrées, y compris auprès des professionnels eux-mêmes, en raison d’une mauvaise appréhension du concept. Ces difficultés ont été surmontées petit à petit, par une patiente communication portant sur la place respective des diplômes et de la reconnaissance des compétences, et le nombre de certifiés augmente aujourd’hui régulièrement. Une loi récemment promulguée en France sur la validation des acquis de l’expérience (VAE) suit la même préoccupation de reconnaissance de l’expérience et des compétences, mais elle répond à des besoins différents.

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Il a aussi été souligné que la certification suscite désormais l’intérêt d’autres organisations dont certaines, comme le CIGREF (Club informatique des grandes entreprises françaises), sont prestigieuses, et qu’elle permet de mettre en relief la valeur ajoutée réelle des professionnels de l’information-documentation face à d’autres professionnels – un point fondamental car les professionnels de l’information-documentation et des bibliothèques n’ont pas le monopole de l’information.

Les interventions par des représentants des cinq partenaires du projet CERTIDoc

Introduction, par Marc Vandeur, Président de la section INFODOC à l’Université libre de Bruxelles

Why is certification in the Library and Information Field so important ? par Jean Michel, Président du Comité de certification de l’ADBS

Case Study : the Spanish Certification Experience, par Mateo Macia, SEDIC

The Certidoc Project : Competence and Procedure, par Marc Rittberger, professeur, chargé du projet Certidoc auprès de la DGI

How can Library and Information Associations contribute to the Eurocertification ? par Éric Sutter, consultant, responsable du projet CERTIDoc auprès du Bureau Dijk, Paris

Le projet CERTIDoc

Ce projet de « Certification européenne en Information-Documentation » s’est déroulé sur deux années, du 1er novembre 2002 au 31 octobre 2004. Les détails du projet et ses développements ultérieurs peuvent être consultés sur le site CERTIDoc : <www. certidoc. net>.

Les comptes rendus de sa progression, rédigés par Jean Meyriat, responsable, avec l’appui d’Éric Sutter, du projet CERTIDoc au sein de l’ADBS, ont été publiés dans chaque numéro de Documentaliste - Sciences de l’information paru depuis son adoption par la Commission européenne. Le dernier compte rendu figure dans ce numéro page 243.

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Un système de certification est également proposé aux professionnels espagnols. C’est ce système national, tel qu’il se présente aujourd’hui, qui a été détaillé. Si le nombre de certifiés est encore peu important en Espagne, c’est pour des raisons tenant, entre autres, au contexte national : les professionnels appartiennent majoritairement au secteur public qui privilégie encore l’avancement à l’ancienneté ; le poids des diplômes, même par le biais de courtes formations, domine largement ; on déplore de surcroît un certain manque d’intérêt pour l’Europe. C’est par un regroupement des principales associations de professionnels au niveau du pays que la certification, puis l’eurocertification, pourront progressivement susciter l’intérêt des professionnels concernés.

…pour valoriser la profession

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La certification est un concept moderne qui s’avère indispensable dans un environnement mouvant et complexe. Ce n’est pas seulement un ensemble de règles, mais c’est aussi une philosophie, « une manière d’imaginer sa profession et son avenir, une image de ce que doit être la profession ». Elle s’insère dans un processus de formation tout au long d’une vie, un concept fortement soutenu au niveau européen.

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Un système de certification donne une visibilité à une profession et contribue à la valoriser, et le système CERTIDoc, conçu pour les professionnels du secteur de l’information-documentation, y occupe désormais une position centrale. Organisé de manière transparente sans tenir compte des frontières, ce qui constitue une démarche tout à fait nouvelle, il favorise la mobilité professionnelle, objectif principal des candidats, mais aussi la mobilité géographique, une attente amenée à se développer [5][5] La certification européenne est également utile à des....

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C’est une approche collective, par la mobilisation de l’ensemble des associations européennes, qui doit être envisagée, la seule qui puisse permettre à ce concept de se développer auprès des professionnels mais aussi - surtout - auprès des employeurs et des pouvoirs publics. L’on peut s’appuyer, à cet égard, sur la Commission européenne qui a soutenu le projet DECIDoc en 1997 (voir le hors texte page suivante [6][6] Voir aussi : Jean MEYRIAT, Le projet DECIDoc : un premier...), puis ce projet CERTIDoc en 2002.

Les résultats du projet CERTIDoc

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Plusieurs étapes avaient été définies. Elles ont toutes donné lieu à des documents susceptibles d’être utilisés dans le cadre d’une certification européenne.

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Après une enquête dressant l’état des lieux de la certification des professionnels du secteur de la documentation et des bibliothèques en Europe, ce qui a aussi permis d’engager une action de communication avec les différentes associations, les règles de la certification ont été fixées. Ont ainsi été rédigés :

  • un règlement général du système qui décrit le mode de fonctionnement du consortium chargé de le conduire, des organismes certificateurs et du processus de certification proprement dit ;

  • les règles d’habilitation des évaluateurs et d’organisation des jurys ;

  • un guide de l’évaluation qui précise les modalités de l’auto-évaluation par les candidats, l’examen des pièces fournies, la conduite de l’entretien, les critères d’appréciation et de notation.

L’accent a été surtout mis, lors du séminaire bruxellois, sur l’utilisation de l’Euroréférentiel (résultat du projet européen DECIDoc), document organisé en trente-trois compétences regroupées en cinq ensembles et dont chacune présente quatre niveaux, de l’assistant à l’expert. Le projet CERTIDoc a, en effet, permis d’actualiser ce document, cœur du processus de certification organisé précisément autour des compétences [7][7] Voir à ce sujet : Jean MEYRIAT, L’Euroréférentiel nouveau.... Disponible aujourd’hui, dans sa nouvelle version, en trois langues, le nombre de versions linguistiques devrait s’accroître très rapidement.

Le projet DECIDoc

Ce projet visant à « Développer les eurocompétences en Information-Documentation » s’est déroulé sur trois années, de 1998 à 20006. Il a impliqué des associations appartenant à sept pays : l’Allemagne (Deutsche Gesellschaft für Informationswissenschaft und -praxis, DGI) ; la Belgique (l’Association belge de documentation, ABD) ; l’Espagne (Sociedad Española de Documentación e Información Científica, SEDIC) ; la France, (Association des professionnels de l’information et documentation, ADBS) ; le Portugal (Associação portuguesa para o desenvolvimento da informação cientifica e técnica, INCITE) ; la Roumanie (Societatea de informare si documentare din Romania, INFODocRom) ; le Royaume-Uni (The Association for Information Management, ASLIB) ; la République tchèque (l’Association des bibliothécaires et des documentalistes de la République tchèque, SKIP). S’y sont associées l’Italie (Associazione Italiana per la Documentazione Avanzata, AIDA) et la Suisse (Association suisse de documentation, ASD).

L’un des principaux résultats de ce projet est l’élaboration d’un Euroréférentiel des compétences des professionnels de l’information-documentation dont la première édition a été publiée en neuf langues (anglais, français, espagnol, allemand, portugais, roumain, tchèque, italien, néerlandais). La deuxième, entièrement revue, est parue en juin 2004 sous le titre Euroréférentiel IαD : compétences et aptitudes des professionnels européens de l’information-documentation [7][7] Voir à ce sujet : Jean MEYRIAT, L’Euroréférentiel nouveau...

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Il a aussi été rappelé que le projet entendait tester un logiciel d’auto-évaluation des candidats qui devrait être couplé à terme à des catalogues de formation continue proposés par les diverses associations en Europe, un aspect qui doit être encore développé, ainsi qu’une formation des évaluateurs dont une première session a été organisée en septembre 2004 à Bruxelles.

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Des dépliants, des posters, des interventions et des articles dans diverses revues ont permis de faire connaître le projet. Un site spécifique (www. certidoc. net) et un logo lui donnent désormais une visibilité certaine.

L’eurocertification, une réalité

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L’eurocertification des professionnels de l’information-documentation et des bibliothèques est désormais une réalité. Les trois associations certificatrices (ADBS, DGI, SEDIC) ont déjà signé un accord cadre sur les règles mises au point au cours du projet et les liant entre elles au sein d’un nouveau consortium européen dont les travaux commenceront dès le 1er novembre 2004. La pérennisation de ce consortium européen permettra non seulement de délivrer les premiers eurocertificats dès le premier semestre de l’année 2005, mais également d’accueillir toutes les nouvelles structures qui souhaitent s’y associer. Diverses actions de promotion seront également poursuivies, entre autres par le biais du site CERTIDoc.

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Le système est, en effet, ouvert à toute autre association qui respecte les règles définies par le consortium, sans considération de territoire. Et, pour pallier le problème du barrage linguistique, il suffirait que le système soit organisé en grandes aires linguistiques (francophone, néerlandophone, germanophone, anglophone, nordique, etc.). Tout candidat peut, en effet, s’adresser à l’organisme certificateur de son choix, même dans un pays étranger au sien, à condition que cet organisme soit reconnu par le consortium.

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Les associations peuvent aussi choisir de s’associer à l’un des organismes certificateurs en y envoyant, par exemple, des candidats et des assesseurs et en contribuant aux travaux de mise à jour et de traduction de l’Euroréférentiel.

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Si le modèle économique de la certification n’est pas fixé, il semble indéniable que l’investissement requis pour chaque association sera couvert à moyen terme et indirectement par une notoriété et une visibilité accrues des professionnels du secteur. L’importance croissante de la reconnaissance de la validation de l’expérience dans divers pays ne peut que contribuer à donner une valeur de plus en plus forte à la certification des personnes. Il faut encore préciser que, tout en restant indépendants, les modes d’évaluation seront définis par un dialogue permanent avec les universités et les employeurs.

Notes

[1]

Pour en savoir plus sur le programme Leonardo da Vinci qui soutient des actions de formation continue menées à l’échelle européenne : <europa.eu.int/comm/education/programmes/leonardo/leonardo_fr.html>

[2]

Les cinq partenaires de CERTIDoc sont : l’ADBS, le Bureau van Dijk (Paris), la DGI, la SEDIC et l’Université libre de Bruxelles.

[3]

Pays représentés lors du séminaire : l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, la Bulgarie, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Irlande, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Serbie, la Suède, la Suisse, la République tchèque.

[4]

Parmi les normes citées : FD X 50-185 sur le management de l’information, la norme ISO 15489 sur le records management, la norme australienne HB 271 sur le knowledge management. Voir les pages sur la normalisation du site de l’ADBS : <www. adbs. fr/ site/ publications/ normalisation/ normalisation. php>.

[5]

La certification européenne est également utile à des professionnels travaillant dans leur pays mais opérant pour le compte d’entreprises ou d’organisations internationales.

[6]

Voir aussi : Jean MEYRIAT, Le projet DECIDoc : un premier bilan, Documentaliste - Sciences de l’information, déc. 2000, vol. 37, n° 5-6, p. 329-330.

[7]

Voir à ce sujet : Jean MEYRIAT, L’Euroréférentiel nouveau est arrivé !, Documentaliste-Sciences de l’information, avril 2004, vol. 41, n° 2, p. 124-125.

Résumé

Français

Le projet CERTIDoc, soutenu financièrement par la direction générale Éducation de la Commission européenne dans le cadre du programme Leonardo da Vinci [1], devait prendre fin le 31 octobre 2004. Organisé par les cinq partenaires du projet [2] à l’Université libre de Bruxelles, un séminaire a eu lieu le 4 octobre pour présenter les règles du Système européen de certification des professionnels de l’information-documentation que CERTIDoc a permis de définir. Il s’adressait à des représentants d’associations de professionnels de l’information-documentation et des bibliothèques venus de dix-sept pays européens [3].

Pour citer cet article

Battisti Michèle, « Séminaire CERTIDoc. Eurocertification des professionnels de l'information et documentation (Library and Information Services)», Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2004 (Vol. 41) , p. 281-283
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2004-4-page-281.htm.
DOI : 10.3917/docsi.414.0281.


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