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Documentaliste-Sciences de l'Information

2005/2 (Vol. 42)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.422.0127
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Enjeux et conséquences de la communication scientifique directe

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PERMETTRE UNE COMMUNICATION LA PLUS OUVERTE POSSIBLE DES résultats de recherche est devenu un enjeu essentiel de toute réflexion sur l’information scientifique et technique. Cette prise de conscience résulte à la fois d’une volonté des chercheurs de disposer sans entrave des résultats qu’ils produisent, et de la société en général de se réapproprier les conséquences des travaux qu’elle finance et, ce faisant, de mieux comprendre les enjeux scientifiques de notre époque. Plus fondamentalement, ce mouvement est aussi l’occasion de se pencher sur les modèles économiques et sociétaux de l’édition scientifique qui fait l’objet d’un double jeu de forces entre l’accroissement démesuré des budgets d’achat de revues scientifiques, et le nécessaire accroissement de l’accès des pays en développement au savoir scientifique.

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Le monde des archives ouvertes a atteint en quelques années une grande maturité. Parti de l’idée ambitieuse de diffuser librement les productions scientifiques des chercheurs, le concept du libre accès (open access), qui s’exprime aussi sous la forme de communication scientifique directe, a pris progressivement corps sur les deux plans technique et politique. Le présent ouvrage est le signe de cette maturité, il permet de reconstituer un embryon d’histoire qui, partant des pionniers qui ont développé la base arXiv pour diffuser rapidement des documents scientifiques non encore publiés, a abouti à la Déclaration de Berlin sur le Libre Accès à la connaissance en sciences exactes, sciences de la vie, sciences humaines et sociales (octobre 2003) et finalement à une réelle prise de conscience : derrière l’accès libre se profile une vision plus large qui peut être partagée à la fois par les chercheurs et les institutions. C’est ce point de vue de l’institution que je souhaiterais présenter rapidement dans cette préface pour tenter de montrer qu’un établissement tel que le CNRS est en mesure d’être un acteur majeur du développement de l’accès libre, au double profit de lui-même et de la communauté scientifique dans son ensemble.

Intégrer toutes les ressources informationnelles

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Tout d’abord, il me semble essentiel de rappeler que les questions de fond sur la libre circulation des données de recherche ne se limitent pas aux seules publications qui n’en sont que la face la plus visible. Il s’agit en effet de considérer de façon plus large toutes les informations qui relèvent de l’activité des chercheurs, soit comme matériau primaire, soit comme résultat du travail de celui-ci. Chaque communauté scientifique repose ainsi sur des ressources numériques pouvant prendre des formes variées : bases de données génomiques, répertoires d’objets stellaires, corpus de documents, bases d’images ou lexiques, etc. Toutes ces données sont non seulement indispensables à la production de nouvelles idées de recherche, mais leur production elle-même fait souvent l’objet d’un véritable travail d’investigation qui doit être reconnu en tant que tel dans l’évaluation des chercheurs et des laboratoires. En cela, ces données ont vocation à être mises sur un même plan que les publications. La qualité des ressources, leur évaluation par des pairs, leur diffusion, leur lien intrinsèque avec les publications dans de nombreux cas nous imposent de les intégrer pleinement dans l’espace de l’information scientifique et de les traiter avec le même type de considération, notamment dans la perspective de l’open access. Et, de fait, la Déclaration de Berlin demande à ce que la libre diffusion des données de recherche intègre cette composante essentielle de l’activité scientifique.

Sommaire de l’ouvrage

- Préface, par Laurent Romary, chargé de mission pour l’IST auprès du directeur général du CNRS

- Introduction, par Christine Aubry (MSH-Alpes) et Joanna Janik (IMAG)

- Préambule – Le libre accès aux résultats de la recherche, par Anne-Marie Badolato et Thérèse Hameau (INIST-CNRS, Nancy)

PREMIÈRE PARTIE

- Archives ouvertes : quinze ans d’histoire, par Hélène Bosc (INRA, Tours)

- Le développement du protocole OAI-PMH dans le monde, par Muriel Foulonneau (Université d’Illinois à Urbana-Champaign)

- Les Archives Ouvertes en France, par Gabriel Gallezot (URFIST de Nice)

DEUXIÈME PARTIE

- Une approche système d’information des archives ouvertes, par Jean-Marc Francony (Université Pierre-Mendès-France de Grenoble)

- Assurer l’interopérabilité des systèmes documentaires, par Muriel Foulonneau (UIUC)

TROISIÈME PARTIE

- Archives Ouvertes : approches juridiques, par Anne-Marie Benoit (PACTE-CIDSP-CNRS Grenoble)

- Archives Ouvertes et documentation : rôle et responsabilités

des professionnels de l’information, par Jean-Philippe Accart (Bibliothèque nationale suisse, Berne) et Évelyne Mounier (UPMF de Grenoble)

- Bibliothèques et services de documentation dans le mouvement du Libre Accès aux ressources scientifiques, par Jean-Michel Salaün (ENSSIB, Villeurbanne)

ANNEXES

- Initiative de Budapest pour le Libre Accès

- Déclaration de Bethesda pour l’édition en libre accès

- Déclaration de Berlin sur le Libre Accès à la connaissance en sciences exactes, sciences de la vie, sciences humaines et sociales

- Le Centre pour la communication scientifique directe, par Daniel Charnay (CCSD-CNRS)

- L’auto-archivage ouvert de ressources pédagogiques, par Jean-Michel Mermet et Christine Carrère (Grenoble Campus Ouvert)

- Z39.50 versus OAI-PMH, par Francis André (INIST-CNRS)

- Des métadonnées pour les ressources électroniques, par Catherine Morel-Pair (INIST-CNRS)

- La transformation des rapports à la connaissance dans l’usage des TIC, par Fabrice Forest (MSH-Alpes)

Références

Les Archives Ouvertes : enjeux et pratiques. Guide à l’usage des professionnels de l’information. Ouvrage coordonné par Christine Aubry et Joanna Janik, publié en partenariat avec la Mission des ressources et compétences technologiques (MRCT) du CNRS. ADBS Éditions, 2005. 332 p. (Collection Sciences et techniques de l’information). ISBN 2-84365-079-8 : 30 €

Impliquer les chercheurs

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Un deuxième point essentiel à rappeler est que, quel que soit le dispositif ou la politique d’incitation qui est mis en place, le chercheur reste le premier à décider in fine du mode de diffusion de ses résultats. En fonction des disciplines, en fonction parfois des circonstances spécifiques de tel ou tel projet, le chercheur pourra souhaiter favoriser une diffusion rapide de ses travaux, ou au contraire en restreindre l’accès, éventuellement de façon temporaire. Bien plus, il doit être impliqué dans l’acte même de diffusion de sa recherche. Le libre accès, c’est d’abord un acte volontaire, et effectif, du chercheur : diffuser sa publication ou sa base de données. L’institution ne doit être là, comme nous allons le voir, que comme support technique ou éditorial à cet acte primaire de dépôt. Ce faisant, il faut considérer qu’on est encore loin d’une prise de conscience généralisée de tous les chercheurs dans ce domaine. Pour beaucoup, le fait que l’on puisse déposer une publication dans une archive ouverte est un concept tout simplement inconnu. Et quand bien même le chercheur a été informé de l’existence d’une telle archive, il se demande souvent ce qu’il a à gagner à consacrer quelques minutes à inscrire des métadonnées, qu’il devra de nouveau taper dans sa propre base de publications, sa page web, son rapport d’activité en fin d’année, etc.

Le rôle de l’institution

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C’est à ce stade que l’intervention de l’institution me paraît primordiale pour intégrer l’archivage ouvert d’une publication dans une perspective plus globale qui puisse montrer au chercheur tout l’intérêt de cette démarche. Quels peuvent donc être les apports d’une institution telle que le CNRS dans ce cadre ? Il s’agit principalement d’offrir une vision cohérente de l’archivage qui repose sur une implication spécifique dans les aspects suivants :

  • la garantie de la pérennisation des données dans le cadre de la mise à disposition d’une infrastructure technologique stable, qui assure un archivage sûr des données, mais aussi un accompagnement des sauts technologiques quand cela est nécessaire ;

  • l’accompagnement d’un dépôt simplifié de la part du chercheur par un support documentaire qui vérifie et éventuellement complète les métadonnées fournies par l’auteur ;

  • la mise en place des actions nécessaires d’information et de formation pour que chercheur, documentaliste et directeur de laboratoire s’approprient les fonctionnalités de l’archive ;

  • la fourniture d’un ensemble de services permettant au chercheur, une fois qu’il a déposé sa publication, de réutiliser largement l’information correspondante dans toutes les autres circonstances où il doit l’utiliser : réalisation de sa page d’accueil, réponse à un appel d’offre, échange d’information avec ses collègues, rédaction de son rapport d’activité, etc. ;

  • la mise en relation directe de l’archivage et de l’évaluation en demandant aux instances d’évaluation d’utiliser l’archive de publication comme source principale, si ce n’est unique, de repérage de la production des chercheurs ;

  • plus largement, l’intégration de l’archive dans tout le dispositif d’information de l’institution pour qu’il devienne naturel pour tous d’aller puiser dans l’archive les données nécessaires pour, par exemple, suivre l’évolution des champs disciplinaires dans le cadre d’une réflexion sur la stratégie scientifique de l’établissement.

Cette implication présente cependant un risque, celui pour l’institution de verrouiller le dispositif d’archivage dans un sens qui soit finalement contraire aux idées même du libre accès. Il faut ainsi réussir à rendre systématique le dépôt de publications dans l’archive « institutionnelle » sans pour autant compliquer la démarche à ceux qui auraient fait ce dépôt de toute façon, ni faire peur aux nouveaux arrivants en présentant une image par trop administrative du dispositif. Il faut par ailleurs dissocier l’implication qu’une institution particulière met dans le développement et le maintien d’une archive de publication et la nécessaire neutralité que cette archive doit avoir vis-à-vis des multiples établissements auxquels sont rattachés les chercheurs participant à une publication. Il s’agit donc bien là de ne pas affirmer un territoire, mais de participer, en collaboration avec les différents acteurs de la recherche, notamment les universités, à un mouvement plus large de diffusion de l’information. Enfin, il faut toujours savoir regarder au-delà de sa propre communauté pour notamment observer ce que font nos partenaires européens ou mondiaux et savoir évoluer dans nos modèles techniques et éditoriaux afin de faciliter les échanges entre les différentes archives qui se mettent en place un peu partout.

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Le chemin vers l’accès libre peut paraître tortueux et complexe, mais la prise en compte de tous ces éléments est à mon sens le seul moyen d’atteindre des objectifs de large couverture de notre production de recherche et de donner ainsi une crédibilité à notre mouvement dans tous les champs disciplinaires de la science.

Le rôle des professionnels de l’information et documentation

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Cet ouvrage rassemble des points de vue variés. Il est un instantané d’une situation éminemment évolutive et représentera à ce titre dans quelques années un outil précieux pour les historiens du libre accès. Mais son principal atout aujourd’hui, alors que s’entrechoquent – quelquefois violemment – les idées des uns et des autres, est de proposer une lecture à la fois technique, juridique et organisationnelle de l’évolution des pratiques de la production scientifique.

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Au contact direct avec les chercheurs, les professionnels de l’information sont l’un des leviers indispensables de la mise en place des Archives Ouvertes. Leur place à la charnière du terrain de l’environnement scientifique de la recherche se trouve valorisée et privilégiée dans ce processus. Ce sont ces professionnels qui auront la responsabilité de réaliser des actions de formation et d’incitation auprès des chercheurs et des institutions, d’effectuer le travail sur les métadonnées, sur les référentiels (affiliation, journaux, terminologie) ainsi que tout ce qui vient appuyer les activités scientifiques du CNRS.

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Les réflexions et les débats qui animent les réseaux des documentalistes témoignent de la prise de conscience par cette communauté des enjeux que représentent le Libre Accès et les Archives Ouvertes. Les professionnels de l’information et les chercheurs doivent s’inscrire résolument dans ce processus, conformément aux engagements pris par nos institutions (Berlin 3). Cet ouvrage les y aidera.

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Laurent Romary

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Chargé de mission pour l’IST auprès du directeur général du CNRS Laurent. Romary@ cnrs-dir. fr

Présentation de l’ouvrage

Le mouvement pour les Archives Ouvertes

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Ce mouvement, encore appelé Open Archives Initiative (OAI), modifie fondamentalement l’environnement de la recherche. L’accès libre aux résultats de la recherche peut prendre deux formes différentes :

  • l’auto-archivage, ou dépôt d’articles par leurs auteurs dans des archives électroniques à accès public ; ce dépôt peut être fait dans des archives subdivisées par sujets (par exemple ArXiv) ou dans un dépôt institutionnel ;

  • la publication de revues alternatives en libre accès sur le web qui échappent ainsi aux canaux traditionnels de l’édition commerciale ; le répertoire Directory of Open Access Journals fournit la liste de tous ces périodiques.

Certains secteurs des sciences exploitent très intensivement ces archives comme outil collaboratif pour la recherche. D’autres, notamment en sciences humaines et sociales, se montrent plus réticents face à ce mode de diffusion du savoir. Bien qu’il ait été démontré qu’un article scientifique placé sur le web sera plus consulté et par là-même plus cité qu’un article imprimé dans une revue ou déposé en version électronique sur un site personnel, les chercheurs ne semblent pas toujours adhérer à ce qu’ils considèrent trop souvent comme une contrainte.

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Plusieurs raisons peuvent expliquer cette réserve, parmi lesquelles l’exigence de contrôle et de validité de la production scientifique, la crainte d’être dépossédé du résultat d’une recherche, le souci de visibilité de leurs travaux dans un environnement réputé « bruyant », la conscience d’une coexistence juridique problématique avec d’autres modèles plus traditionnels de diffusion.

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Même si l’on constate aujourd’hui que ce phénomène ne connaît pas en France une ampleur aussi importante que celle que l’on pouvait espérer, les mutations provoquées par l’auto-archivage semblent irréversibles et il paraît improbable d’arrêter leur développement.

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Plus généralement, le mouvement du Libre Accès, dont l’auto-archivage est l’un des volets, ne verra son plein épanouissement que si les institutions de recherche en mesurent l’importance, notamment pour la valorisation de la production scientifique de leurs laboratoires et de leurs chercheurs. Toutefois, les dernières recommandations formulées par les principaux établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST) – CNRS, INRA, INSERM, INRIA – lors de la conférence de Southampton en mars 2005 [1][1] wwww. inist. fr/ openaccess/ breve. php3? id_breve... laissent augurer d’un réel intérêt pour les Archives Ouvertes.

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De nos jours, l’industrialisation de la diffusion des informations scientifiques et techniques produites dans le monde de la recherche est largement dominée par le monde anglo-saxon où se trouvent les principaux éditeurs. De plus, les outils de l’évaluation scientifique s’appuient très largement sur les publications de ces éditeurs dans certains domaines. Les nouvelles pratiques éditoriales offertes par l’OAI devraient permettre de faire tomber certaines de ces barrières culturelles et monopolistiques qui pervertissent en premier lieu la représentation de la production scientifique et de manière indirecte l’activité de recherche elle-même.

Genèse de l’ouvrage

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Cet ouvrage est le fruit d’une réflexion et d’une collaboration engagées au sein du réseau Isidora du CNRS, réseau d’Information Scientifique Interdisciplinaire des DOcumentalistes en Région Alpes et Rhône-Auvergne fondé en 2001 [2][2] http:// isidora. cnrs. fr/ et soutenu par la Mission des ressources et compétences technologiques (MRCT) et les délégations régionales du CNRS. Comme bien d’autres réseaux, Isidora a pour objectif de réunir des documentalistes souvent isolés dans de petites unités et confrontés à des mutations technologiques importantes et rapides. Ces mutations ont porté sur les outils mais aussi, et surtout, sur l’objet même du travail des documentalistes, le document qui en quelques années s’est transformé : naguère objet identifiable et palpable, il est devenu un objet électronique multiple et dématérialisé. Le succès remporté par ce réseau a montré qu’il est possible de s’organiser, d’échanger des savoir-faire, de mutualiser des connaissances.

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La première journée thématique d’Isidora a réuni le 14 mai 2001 les acteurs de la documentation en Rhône-Alpes. Le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD) [3][3] www. ccsd. cnrs. fr/ accueil. php3? lang= fr, qui lançait à l’époque un serveur d’archives en libre accès, s’est saisi de cette occasion pour présenter son projet. Il est alors apparu clairement que ce nouveau processus de diffusion et de valorisation de la production scientifique et technique devait, pour être mené à terme de façon satisfaisante, inclure un certain nombre d’actions réalisées par des documentalistes de métier, habitués au traitement de l’information et du document.

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Il nous a ensuite été permis de réunir en octobre 2003, à Yenne (Savoie), quatre-vingts collègues documentalistes venus de toute la France afin de travailler de manière approfondie sur les différents aspects des Archives Ouvertes. Des chercheurs ont été invités à témoigner de leurs pratiques éditoriales. Ces journées ont incité notre communauté à poursuivre sa réflexion et son travail sur cette question, d’autant plus que certains d’entre nous s’étaient déjà engagés dans des projets d’Archives Ouvertes. Notre profession, qui jusqu’ici était perçue comme ayant un rôle de « gardien des collections », a adhéré aux idées d’une plus large mise à disposition de la production scientifique, voire de son libre partage entre tous les membres d’une communauté.

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Les communications faites à Yenne auraient pu servir de base à la réflexion. Mais le paysage des Archives Ouvertes a considérablement changé durant ces deux dernières années, de sorte qu’il nous est apparu indispensable de rassembler dans un ouvrage des contributions plus récentes traitant des différentes facettes de ce phénomène.

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En effet, s’il est très facile de trouver sur Internet de nombreux articles ou documents sur les archives ouvertes, plusieurs raisons ont motivé notre détermination à réaliser cet ouvrage. Il nous avait été difficile, à partir des textes glanés sur Internet, de nous faire une idée concrète de ce que représentait pour les documentalistes le processus de dépôt et quel rôle ils pouvaient y jouer. D’autre part, le vocabulaire spécifique aux archives ouvertes n’étant pas stabilisé, il nous a semblé très important de réaliser un travail de clarification des termes utilisés afin de lever certaines ambiguïtés liées aux problèmes de traduction des termes anglo-saxons.

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Il nous paraît évident que le rôle des documentalistes est d’inciter les chercheurs à adopter ce nouveau mode de publication afin d’améliorer la diffusion de leur production intellectuelle. Encore faut-il en connaître les tenants et les aboutissants.

Contenu de l’ouvrage

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Cet ouvrage aborde volontairement le libre accès sous l’angle de l’auto-archivage [4][4] L’aspect revues électroniques en libre accès est traité.... C’est dans ce domaine que les documentalistes et les professionnels de l’information peuvent rapidement être opérationnels.

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Il peut paraître paradoxal que la publication de ce document utilise un mode traditionnel d’édition alors que nous traitons d’un sujet en pleine évolution. Certes, certaines informations qui y figurent vont nécessiter des mises à jour, mais les fondements techniques ainsi que la démarche de mise en place d’archives ouvertes resteront inchangés, comme les enjeux qu’elle représente pour les documentalistes.

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La terminologie qui a été adoptée et qui figurera ultérieurement dans un lexique accessible sur le site de l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST-CNRS) a demandé un travail important. La traduction de concepts anglo-saxons est souvent voisine du sens donné dans la langue d’origine. Il est parfois impossible de trouver un terme adéquat en français. De plus, nous avons affaire à de nombreuses « expressions valises » aux consonances proches qui ont été largement utilisées les unes pour les autres. Nous avons tenté d’apporter la plus grande rigueur dans les choix terminologiques afin que cet ouvrage contribue à la cohérence du domaine.

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Toutefois ce travail n’a pu être conduit aussi loin qu’espéré. Il est envisagé de le poursuivre sur un site compagnon qui sera hébergé par l’INIST et qui aura pour objectif de faire vivre cette terminologie et de mettre à jour toutes les informations nouvelles concernant les Archives Ouvertes.

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Cet ouvrage est structuré en trois parties [voir sommaire en hors texte]. Après un préambule montrant, au travers d’une chronologie des faits et de l’engagement des différents acteurs, comment s’est constitué le mouvement du Libre Accès aux résultats de la recherche, la première partie traite des aspects historiques de ce mouvement. La deuxième aborde les aspects techniques et l’inscription d’un projet d’archives dans une dynamique de système d’information. La dernière partie traite des différents aspects de la mise en œuvre des archives ouvertes et des problèmes auxquels est confronté le professionnel de l’information et de la documentation.

Une mutation profonde du processus de publication scientifique

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Ainsi que l’écrit Jean-Michel Salaün, aucun bibliothécaire ou documentaliste servant un public de chercheurs ne peut ignorer aujourd’hui le mouvement des Archives Ouvertes qui marque un épisode déterminant du changement de paradigme en cours dans la publication scientifique. Ce recueil a pour objectif de donner des clés à tous ceux qui voudraient accompagner ce processus ou s’y engager.

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Christine Aubry

30

Maison des sciences de l’homme - Alpes

32

Joanna Janik

33

Institut d’informatique et des mathématiques appliquées de Grenoble

Notes

[4]

L’aspect revues électroniques en libre accès est traité pour partie dans le récent ouvrage de Thierry Chanier, Archives ouvertes et publication scientifique : comment mettre en place l’accès libre aux résultats de la recherche ? L’Harmattan, 2004.

Résumé

Français

Le mouvement en faveur du Libre Accès à l’IST s’est récemment développé au point que le principe des Archives Ouvertes est de plus en plus admis comme essentiel à la communication des résultats de la recherche. Le rôle des documentalistes et des bibliothécaires est d’inciter et d’aider les chercheurs à adopter ce nouveau mode de publication. Un ouvrage que publient les éditions de l’ADBS se propose de donner des clés à tous ceux qui voudraient s’engager dans ce processus. Afin d’en montrer les enjeux pour le monde de la recherche et les conséquences pour celui de l’I-D, nous reproduisons ici la préface et l’introduction de ce livre.

Plan de l'article

  1. Enjeux et conséquences de la communication scientifique directe
    1. Intégrer toutes les ressources informationnelles
    2. Impliquer les chercheurs
    3. Le rôle de l’institution
    4. Le rôle des professionnels de l’information et documentation
  2. Présentation de l’ouvrage
    1. Le mouvement pour les Archives Ouvertes
    2. Genèse de l’ouvrage
    3. Contenu de l’ouvrage
    4. Une mutation profonde du processus de publication scientifique

Pour citer cet article

« Bonnes feuilles. Les Archives Ouvertes : enjeux et pratiques», Documentaliste-Sciences de l'Information 2/2005 (Vol. 42) , p. 127-131
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2005-2-page-127.htm.
DOI : 10.3917/docsi.422.0127.


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