Accueil Revues Revue Numéro Article

Documentaliste-Sciences de l'Information

2005/3 (Vol. 42)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.423.0232
  • Éditeur : A.D.B.S.

ALERTES EMAIL - REVUE Documentaliste-Sciences de l'Information

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 232 - 239 Article suivant

Les politiques de l’IST à l’échelle française et internationale

1

QUELLE INFORMATION POUR QUEL PUBLIC, AVEC QUEL ACCÈS (LIBRE OU CONTRÔLÉ ?), pour quel prix ? Voilà quelques-unes des interrogations soulevées par Barry Mahon (ICSTI) [1][1] Les affiliations professionnelles des intervenants... en introduction à ces Rencontres. Comment proposer une politique cohérente de l’information scientifique et technique qui assure un équilibre entre information systématiquement payante et libre accès complet ? Pour répondre à cette question, il est indispensable que les documentalistes puissent faire valoir leurs compétences et leurs expériences, et qu’ils s’impliquent dans la définition de telles politiques.

L’IST, la clé de voûte de la science

2

Spoutnik, voilà la crise et le choc psychologique infligés par l’Union soviétique en 1957 aux États-Unis. Ce choc est d’autant mal vécu par les Américains que le contexte est plutôt difficile. La Guerre froide bat son plein, la science est un enjeu de domination, la recherche est caractérisée par les grands instruments (nucléaire, espace) et le militaire y tient une place de choix. Serge Cacaly décrit ce que fut la réaction des États-Unis : constitution d’une commission chargée d’expliquer cette avancée technologique adverse, rédaction d’un rapport dénonçant la défaillance des réseaux d’information entre agences, et surtout affirmation que l’IST est la clé de voûte de la science.

3

C’est le plus haut niveau de l’État qui prendra en charge cette politique volontariste : l’IST devient alors un enjeu stratégique. Il faut à tout prix coordonner et harmoniser toutes les actions des différentes agences fédérales en matière d’IST. On crée pour ce faire le Committee on Science and Technical Information (COSATI). À partir de ce moment, les États-Unis s’attachent à construire une infrastructure opérationnelle avec des bases de données, des serveurs, des réseaux de communication (notamment Internet) et des réseaux internationaux d’échanges de données (Telenet et Timenet).

L’IST en France

4

Dans les années soixante-dix, la France prend conscience de son retard dans ce domaine. L’apparition des premiers réseaux internationaux d’échanges de données va la faire réagir et, dans un souci d’indépendance nationale face à l’américanisation de l’IST, la conduire à définir une politique cohérente.

Les RPIST?2005

Les Rencontres 2005 des professionnels de l’information scientifique et technique, journées de formation et de réflexion des documentalistes de la recherche, ont été organisées à Nancy les 20, 21 et 22 juin 2005 par l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST-CNRS) en liaison avec divers organismes publics de recherche : l’INSERM, l’INRA, le CEMAGREF), le CIRAD, l’INRIA, l’IRD, l’ADEME et l’INERIS, ainsi que l’ADBS dont des membres du secteur Recherche ont rédigé ce compte rendu.

Pour en savoir plus : http:// www. inist. fr/ rencontresIST/ 2005/

Le programme des Rencontres

Ouverture par

Raymond Duval, directeur de l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST-CNRS)

Pascal Aimé, délégué régional du CNRS pour les régions du Nord-Est

Claude Legris, chef de bureau de l’information scientifique et technique à la Direction de la recherche, ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Introduction aux Rencontres 2005, par Barry Mahon, directeur exécutif de l’International Council for Scientific and Technical Information (ICSTI), conseiller international pour l’IST

Politiques de l’IST à l’échelle française et internationale

• Historique de la politique de l’IST en France, par Serge Cacaly, maître de conférences à l’Université de Marne-la-Vallée

• Présentation de la politique de l’IST au CNRS, par Laurent Romary, chargé de mission pour l’IST auprès du directeur général du CNRS

• Panorama des politiques de l’IST au sein des organismes publics de recherche. Exposé de Lucile Grasset, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD-DIC), suivi d’une table ronde réunissant : Dominique Cavet, Institut de recher­che pour le développement (IRD)

Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader, chargée de mission IST, partenariats institutionnels et internationaux à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA-DISC),

Odile Hologne, INRA

Nicole Pinhas, Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)

Laurent Romary, chargé de mission IST au CNRS

Jacques Vaudelin, Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS)

• Le projet MORESS (Mapping of Research in European Social Sciences and Humanities), par Christine Berthaud, service d’ingénierie documentaire de l’Institut des sciences de l’homme (Université Lyon II), responsable de la partie française, et Charles Boisvert, coordinateur européen du projet

Le documentaliste au centre du système d’information

• Le document numérique structuré, par Thomas Dechilly, chief technology officer, SOLLAN France

• Gestion de contenus et gestion documentaire, quelles relations ? Par Dominique Cotte, Université Lille III et Cabinet Ourouk

• État de l’art du travail collaboratif assisté par ordinateur (TCAO) : cartographie des meilleures pratiques au regard d’une approche usage, par Mylène Leitzelman, chargée d’études au département Économie, gestion, sciences humaines et sociales (EGSH) de l’École nationale supérieure des télécommunications (ENST), et Benoît Leloup, maître de conférences à l’ENST

• Les documentalistes du RADA et l’édition électronique : un savoir-faire issu de projets de la coopération franco-algérienne (1992-2005), par Rosa Issolah, maître de conférences, directeur de la documentation à l’Institut national agronomique (INA), coordonnateur du Réseau algérien de documentation agricole (RADA), et Lucile Grasset, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD-DIC)

• Une expérience d’outils de gestion de contenus Internet/intranet, par Laurent Morice, service Valorisation des informations et des connaissances de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)

Évaluation et valorisation

• Comprendre les grands principes de la bibliométrie - utilisation des indicateurs de l’OST, par Michel Zitt, Institut national de la recherche agronomique (INRA-LERECO), Nantes

• Le facteur d’impact : indicateur d’évaluation des revues scientifiques ? Par Marie-Hélène Magri, ingénieur de recherche à l’INRA, Jouy-en-Josas

• Les dispositifs d’évaluation des fonctions d’appui à la recherche : l’exemple de la fonction IST au CEMAGREF, par Nicolas Rubel, chef de service de la programmation à la Direction des études et des programmes du CNRS et président de la commission spécialisée « Appui à la recherche « de l’Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement (CEMAGREF), Nicolas de Menthière et Marie-Pascale Baligand, CEMAGREF

• Valorisation de la production scientifique dans le cadre des archives institutionnelles, par Jean-Marc Francony, maître de conférences en sciences de l’information-communication à l’Université Pierre-Mendès-France Grenoble 2

Conclusion des Rencontres 2005 par Barry Mahon, ICSTI

5

Depuis 1955 déjà, la reconnaissance de l’importance de l’IST avait été engagée, concrétisée par la création en 1959 du Comité d’étude de la documentation (CED) et la publication en 1963 du rapport Boutry. Ce rapport est le premier à évoquer en France une politique nationale de l’IST. Le mot d’ordre est de créer des sources d’information indépendantes et surtout françaises.

6

Entre 1973 et 1982, l’IST se construit avec le Bureau national de l’information scientifique et technique. Le BNIST met en place un dispositif technique pour cerner les carences les plus problématiques en matière d’IST, il élabore une politique sectorielle (création de banques de données spécifiques en chimie et physique), développe des langages communs (thésaurus) et accroît la recherche en IST.

7

Parallèlement est engagée une politique de soutien à la recherche dans le secteur militaire. Des congrès sont organisés. Et en 1977, le Conseil des ministres commande une étude qui aboutira en 1978 au rapport Aigrain-Dejou. Celui-ci met en avant le danger de l’hégémonie des États-Unis dans le domaine de l’IST, il défend l’indépendance nationale dans ce domaine et préconise la coopération internationale. À partir de cette date, une instance interministérielle est créée. Le BNIST devient la Mission interministérielle de l’IST (MIDIST). Et l’État crée un serveur national, Questel.

Y a-t-il aujourd’hui un décrochage français ?

8

En 1981, l’alternance politique modifie les priorités de la MIDIST. Plus d’actions sont consacrées à l’édition et à la vulgarisation de l’IST et, de ce fait, les missions de coordination deviennent moins importantes. C’est la Direction des bibliothèques, des musées et de l’information scientifique et technique (DBMIST) qui reprend en charge l’IST. En 1982, le CNRS crée une Direction de l’IST. Parallèlement, on met en place les URFIST et les CADIST.

9

En 1989, la DBMIST est démantelée, ce qui provoque une baisse des moyens consacrés à l’IST. On assiste alors à un désengagement des pouvoirs publics et un effacement de toute politique de coordination nationale. Malheureusement, au même moment se développe Internet, porté par la politique volontariste de l’administration Clinton (avec le concept des autoroutes de l’information). Enfin cette période voit la fin de la Guerre froide (chute du mur de Berlin), puis la dérégulation des télécommunications (1996). L’IST est contrainte de se transformer.

10

Depuis 1989, aucune organisation ne coordonne plus l’IST au niveau national. La loi sur la société de l’information est le seul projet significatif en la matière. Il n’apporte cependant que des réponses mineures aux enjeux de l’IST en France. Ainsi les États-Unis restent le moteur…

Et maintenant… quelle politique pour l’IST dans les organismes de recherche ? Bilan et perspectives

11

Le groupe de responsables de l’IST présenté par Lucile Grasset réunit douze établissements publics de recherche, dont le CNRS, l’INSERM, l’IRD, le CIRAD, le CEMAGREF, l’INERIS, le BRGM, l’IFREMER et l’Institut Pasteur. Il a permis d’identifier un certain nombre de convergences permettant de mener une réflexion pour une politique d’IST commune. Cette réflexion a été possible car ces établissements partagent un certain nombre de missions et d’intérêts communs : la production d’indicateurs, la gestion de bibliothèques, de centres de documentation et de fonds patrimoniaux très riches, et une forte présence au niveau local.

12

Cette convergence ne doit pas masquer les obstacles à la constitution d’une véritable politique commune, notamment le manque de personnels compétents, la faiblesse des budgets et la difficulté d’articuler les politiques locales et nationales des différents établissements. Enfin la diversité et la spécificité de leurs fonds impliquent des problématiques différenciées, d’où un travail de coordination malaisé. Ce travail est d’autant plus complexe qu’il faut compter avec la multitude des réseaux thématiques d’information, qui ne facilite pas la visibilité de l’IST des établissements.

13

La table ronde organisée à la suite de ce constat a permis de mieux appréhender la diversité des problématiques. Ainsi à l’INERIS, l’axe fort de la politique d’IST est le knowledge management ; à l’IRD, la priorité est de rendre accessible l’IST aux chercheurs de l’organisme mais aussi aux partenaires des pays du Sud ; l’INSERM, quant à lui, a privilégié la coopération avec le CNRS pour proposer une offre commune d’accès aux ressources (Bibliovie-BiblioInserm) et l’association au projet d’archives institutionnelles (projet HAL) ; au CIRAD, enfin, l’effort s’est porté sur les centres de documentation et sur le développement d’un portail unique d’accès aux ressources de l’institution.

14

Mais tous mettent en avant l’indispensable développement des archives institutionnelles. Pour ce faire, les prochaines priorités seront de mettre en commun tous les moyens (métadonnées, bibliométrie, normes, formats) permettant une interopérabilité des systèmes d’information.

L’IST au CNRS : exemple de mise en œuvre d’une politique volontariste

15

Laurent Romary, qui a été nommé le 1er juillet à la tête d’une Direction de l’information scientifique et technique, nouvellement créée au CNRS [2][2] Voir page 172., a exposé les axes majeurs de la politique de l’IST de cette institution. Des réflexions ont été menées au sein de l’établissement, d’où ressort le constat de ses énormes besoins en IST. Ces besoins sont la conséquence de la diversité et de la multitude des bases de données et des répertoires de publications des chercheurs et d’un manque de référentiel unique pour évaluer cette production.

16

C’est pourquoi une plate-forme unifiée de recueil de la production scientifique sera mise en place de façon définitive en septembre prochain. Il s’agit du projet HAL dont l’INIST assurera l’administration et la formation auprès des personnels concernés. HAL se veut un projet collaboratif au sein du CNRS, mais aussi avec d’autres établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST). Une collaboration avec l’INRIA, par exemple, a été engagée sur ce projet dont l’enjeu est de rendre interopérables les différents systèmes d’information au sein du CNRS et des autres EPST (mise en commun des référentiels, des plates-formes technologiques et des métadonnées).

17

Enfin la réussite de la négociation commune pour l’acquisition des revues de l’éditeur Elsevier démontre la nécessité de poursuivre des projets communs, mais aussi de développer des coopérations internationales, afin de renforcer la contribution française aux grandes bases de données internationales (ISI).

Vers une politique européenne d’IST ? L’exemple du projet MORESS

18

Le projet MORESS (Mapping of research in European Social Sciences and Humanities), présenté par Charles Boisvert, coordinateur européen de l’opération, est soutenu par l’Union européenne et initié par l’European University Association. Il vise à recenser les bases de données en sciences sociales et à construire un outil unique d’accès aux ressources (site web). Ce projet est tout à fait original dans la mesure où les sciences sociales ne recouvrent pas les mêmes domaines d’un pays à l’autre et où elles se caractérisent par une multitude de ressources et d’informations. Dans le cadre de la politique européenne de la recherche dont la volonté est de favoriser les convergences, ce projet a toute sa place. Vingt-cinq universités ou organismes de recherche en sciences sociales à travers l’Union européenne ont été sélectionnés pour réaliser dans leurs pays respectifs un état des lieux des ressources dans cette discipline. Le but étant de construire un répertoire européen unique.

19

En France, l’Institut des sciences de l’homme, rattaché à l’Université Lyon II, a donc été sollicité pour participer à ce projet. Après un énorme travail d’identification des sources d’information réalisé par l’équipe de Christine Berthaud, l’Institut a identifié 350 bases de données, en a retenu et analysé 220. Seules 60 ont été intégrées dans le projet MORESS. Il est évident que celui-ci ne visait pas l’exhaustivité des sources dans le domaine des sciences humaines. Cependant, pour la responsable de la partie française du projet, cette initiative a permis de réaliser une base française de ces sources (CALAME) afin de les valoriser et de les rendre plus visibles. Sans ce programme européen, aucun recensement n’aurait pu avoir lieu. Il est donc souhaitable que ce projet puisse se poursuivre.

Le documentaliste au centre du système d’information

20

LA MATINÉE DU DEUXIÈME JOUR DES RENCONTRES ÉTAIT CONSACRÉE, D’UNE part, à des conférences plénières sur les problématiques du document numérique structuré, de la gestion documentaire et de contenus, et sur le travail collaboratif assisté par ordinateur (TCAO) ; d’autre part, à deux retours d’expériences : celle d’un outil de gestion de contenu conçu à l’ADEME et celle du Réseau algérien de documentation agricole (RADA), en partenariat avec le CIRAD.

Le document numérique structuré

21

Pour Thomas Dechilly, le passage du papier au numérique se caractérise, outre les mutations technologiques, par des changements dans les manières de communiquer, d’échanger et d’organiser le métier. Pour appréhender cette révolution, il rappelle l’importance du rôle du support et de l’outil de production dans la création de documents. Nous produisons des contenus dans un contexte de document imprimable et, malgré le passage au numérique, nous continuons dans ce sens. Or, l’information, faite pour être diffusée, peut l’être dans d’autres contextes et/ou sur d’autres supports. De ce fait, les services et personnels produisant ces contenus passent beaucoup de temps pour que ceux-ci puissent être réutilisés sur d’autres canaux. Pourtant, chaque contenu peut être identifié et archivé comme tel dans des bases de données, ce qui permet de diffuser l’information concernée sur différents canaux plus facilement.

22

C’est dans cette nouvelle conception du document que l’apport du langage XML joue un rôle important. En effet, ce format permet de séparer le fond de la forme des contenus et ainsi de mieux structurer l’information. Actuellement, XML est de plus en plus utilisé comme format d’échange mais ne l’est pas encore de façon structurante ni « métier ». La mutation des professionnels de l’information peut se faire sans qu’ils ne soient perturbés. En effet, le traitement peut s’effectuer soit en post-transfert grâce aux outils actuels de production de documents qui proposent l’export XML, soit en profitant pleinement de ce langage avec des outils natifs comme Open Office.

La gestion de contenus

23

Avec Dominique Cotte c’est cette notion de gestion de contenus qui a été développée et, par extension, de gestion documentaire [3][3] Voir aussi pages 210-216.. La mutation vers le numérique met en exergue deux grands phénomènes : le développement de langages à balises de type XML, comme nous venons de le voir ; et le traitement des contenus dans des bases de données et non plus dans des documents. Cette évolution a fait apparaître les content management systems (CMS), desquels découlent trois notions : le back office avec la saisie des formulaires, le stockage des contenus dans les bases de données, et la publication des contenus à travers des feuilles de style.

24

Ces solutions permettent de dissocier gestion et affichage des éléments. Cette nouvelle approche du document entraîne des modifications dans la gestion documentaire et des questionnements à ce sujet. En effet, contrairement au document dans l’édition traditionnelle, le document numérique reste ouvert et peut être manipulé à nouveau. Ce qui nous conduit à nous poser la question de sa pérennité et de son archivage : qu’est-ce qui est document ? Quelque chose échappe-t-il à la gestion documentaire et qui devient document ? En effet, toute une série de documents sont générés à la volée, pour un instant précis (par exemple le courriel). Quelle est la position des professionnels de l’information ? Sont-ils fournisseurs de contenus documentaires ? Travaillent-ils sur des référentiels de gestion de contenus ? Sont-ils des « urbanisateurs » du système d’information ?

Retours d’expériences : liste des posters présentés

• La science en ligne, par Octav et Mugur Enea

• Les métamorphoses d’une bibliothèque de recherche : la BRA, par Estelle Sohier et Liliane Daronian

• LLARA@ INIST :libre accès aux rapports scientifiques et techniques, par Emmanuelle Rocklin et Christiane Stock

• La documentation numérique pour la recherche, par Stéphane Pouyllau et Olivier Bertoncello

• SINEDIE : production et diffusion de documents scientifiques électroniques, par Claude Niederlender, Laurence Rageot et Sylvie Grésillaud

• I-Revues : un exemple de couplage des technologies D-Space/SPIP pour la diffusion des revues électroniques, par Sylvie Grésillaud et Fabrice Lecocq

• Text Encoding Initiative (TEI), par Veronika Lux-Pogodalla

• Groupe de travail autour des problématiques IST, par le secteur Recherche de l’ADBS

• Réseaux régionaux interdisciplinaires au service de la recherche, par Bernadette Bergeret, Sylvie Brel, Marie-Laure Edwards et Christine Aubry

• Démocrite : réseau documentaire thématique de l’IN2P3-CNRS, par Dominique Girod

• Présentation d’ISORE, Information scientifique de la sociologie et des sciences sociales en réseau - Région Ile-de-France, par Marie-Josephe Pierrat

• CIRD, Centre d’information sur la recherche et le développement, par l’IRD Burkina Faso

• Appui à la structuration et au développement des systèmes d’information et de communication dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche en Afrique et à Madagascar. Le fonds de solidarité prioritaire mobilisateur, Système d’information scientifique et technique (SIST), par Lucile Grasset et Thierry Helmer

• Collaboration interprofessionnelle autour de la construction d’un thésaurus spécialisé, par Régine de Carville, Marina Renneson et Dominique Serryn

• Des indicateurs bibliométriques pour le CNRS, par Michèle Dassa et Serge Bauin

• Connaître, analyser, agir : la valorisation de l’IST par la production d’indicateurs personnalisés, par Valérie Devaux et Alain Tramonti

• Le manque de rigueur des chercheurs dans la rédaction de leur adresse sur leurs publications scientifiques, par Pascal Bador et Thierry Lafouge

• Évaluation des collections de revues à l’Institut Gustave Roussy (IGR) : définition d’un noyau de ressources en cancérologie, par Francine Courtial, Claude Dupont et Gilbert Lenoir

• Importance des principaux éditeurs de journaux scientifiques dans les articles des chercheurs du CEA publiés de 2001 à 2003, par Marie-Anne Leriche et Christine Pichot

• Étude bibliométrique à partir de la base de données bibliographique PASCAL : une description de la production scientifique mondiale, par Xavier Polanco et Ivana Roche

• Analyse de l’information avec la station STANALYST. Étude de cas : le changement climatique, par Dominique Besagni, Claire François, Xavier Polanco et Ivana Roche

Le travail collaboratif assisté par ordinateur

25

Mylène Leitzelman et Benoît Leloup ont présenté leur démarche et les résultats des recherches qu’ils ont effectuées sur le travail collaboratif assisté par ordinateur (TCAO) afin d’aboutir à une cartographie des meilleures pratiques, selon une approche usage. Ils ont commencé par dresser un état de l’art du TCAO (l’existant, les bases de connaissances, etc.). Ils ont ensuite mis en œuvre une démarche de type « recherche-action », consistant en une observation in situ par rapport au système existant et à des entretiens permettant d’identifier des scénarios d’utilisation afin de créer un prototype.

26

Cette future solution a été testée par les utilisateurs qui en ont fait des retours d’expérience. Nous sommes donc passés de l’analyse d’un individu face à un système à l’analyse d’un individu face à un réseau, dont le point central est le partage des connaissances et donc l’identification de l’environnement pour trouver les informations et les personnes correspondant aux attentes. Cette étude a abouti à deux axes de développement de logiciels : l’intégration de modules de travail collaboratif dans les logiciels institutionnels et la création d’un système spécifique « tout TCAO », solution dédiée à des attentes précises.

Des retours d’expériences

27

• L’expérience d’outils de gestion de contenus pour l’Internet et l’intranet de l’ADEME Cette démarche a été mise en place dans le cadre du projet de modernisation de l’ADEME. L’analyse des besoins, sous forme d’entretiens avec quatre grands groupes, a abouti à l’expression de nombreuses demandes. Celles-ci ont pu être catégorisées en trente actions dont vingt-cinq ont été identifiées comme appartenant au périmètre du projet. Les cinq autres ont été extraites pour d’autres projets. Après cette définition du périmètre fonctionnel, l’outil de gestion de contenus d’ACS (libre) a été retenu. La structuration des sites a été répartie entre deux groupes de travail (un pour l’Internet, un pour l’intranet) composés d’experts, de transversaux et de communicants.

28

Contrairement à ce qui existait préalablement, il s’agit d’un travail collectif avec décentralisation des tâches. En effet, le webmestre est le chef de projet et non plus le pouvoir centralisateur. Afin d’accompagner le changement, un plan de formation a été mis en place à deux niveaux : pour les contributeurs, d’une part ; pour une gestion de projet afin de décentraliser les tâches aux équipes en interne et en région, d’autre part. Laurent Morice estime que le bilan est malgré tout négatif car il y a une réelle difficulté à mettre en place le système. En outre, si la communication interne était importante, elle a été mal gérée. Toutefois, le groupware a bien fonctionné, notamment l’agenda partagé, qui avait été réclamé par les participants au projet.

29

L’expérience réussie du Réseau algérien de documentation agricole (RADA). Ce projet s’insère dans une stratégie globale de développement économique de l’Algérie. Quatre établissements, l’Institut national agronomique (INA), l’Institut de recherche agronomique (IRA), l’Institut technique des grandes cultures (ITGC) et le Centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides (CRSTRA) ont fondé en 1992 le RADA. Ce dernier a bénéficié d’un partenariat avec le CIRAD. Dans la phase de démarrage du RADA, entre 1992 et 1995, les bases de données bibliographiques ont été informatisées sous CDS/ISIS, logiciel gratuit de l’Unesco. Ce démarrage a été financé par la coopération.

30

Le programme triennal de coopération franco-algérienne de 1998-2000, financé par la complémentarité, a eu des objectifs plus larges. Il s’agissait de renforcer le réseau et de l’étendre au plan national. Les fonds documentaires ont donc été réinformatisés sous le logiciel LORIS ; simultanément, la formation de spécialistes en IST et d’informaticiens a été assurée. Toutefois, l’édition électronique évoluant rapidement, un nouveau besoin a émergé : produire et mettre en ligne des contenus en texte intégral. En outre, l’objectif était toujours d’élargir le réseau.

31

C’est ainsi que le projet triennal 2003-2005 s’est mis en place. Il porte sur la création d’une bibliothèque virtuelle agricole, sur l’informatisation des catalogues des nouveaux membres du RADA et sur la création d’une base de données d’experts nationaux du secteur agricole. L’objectif est également de poursuivre l’extension de l’expérience à d’autres secteurs, d’autres disciplines. L’année 2004-2005 a vu se mettre en place un magister en Ingénierie des systèmes d’information et du document électronique (ISIDE) offrant la double compétence aux étudiants.

32

Le RADA participe à d’autres réseaux, comme le consortium de presse électronique ou le projet TRANSFER.

33

• L’après-midi du deuxième jour était consacré à des retours d’expériences sur tous les thèmes du colloque : document numérique, travail collaboratif, gestion de contenus, évaluation, bibliométrie, etc., sous la forme de vingt-et-un posters et de seize exposés. La liste complète en est donnée en hors texte ci-dessus et pages suivantes. Les résumés de l’ensemble de ces retours d’expériences sont disponibles sur le site web des Rencontres (http:// rpist. inist. fr/ 2005/ )

Évaluation et valorisation

34

LA DERNIÈRE MATINÉE DES RENCONTRES A PROPOSÉ DES RÉFLEXIONS SUR l’évaluation et la valorisation de l’information scientifique et technique suivant quatre axes : l’analyse bibliométrique, les facteurs d’impact, les dispositifs d’évaluation des fonctions et la valorisation des travaux scientifiques dans le cadre des archives institutionnelles.

Les grands principes de la bibliométrie, l’utilisation des indicateurs de l’OST

35

Michel Zitt a rappelé les principes méthodologiques de l’utilisation de la bibliométrie pour obtenir des indicateurs de l’activité scientifique d’un organisme. La bibliométrie permet d’analyser quantitativement la production scientifique et technique et de décrire des flux de réseau. L’analyse des flux met en évidence les relations entre chercheurs, entre institutions, et les relations université-industrie par exemple. La bibliométrie est fondée sur l’analyse des articles scientifiques répertoriés dans des bases de données, notamment dans la base de données de l’Institute for Scientific Information (ISI), qui est devenue un standard pour les sciences de la vie et de la matière.

36

L’Observatoire des sciences et des techniques (OST) [4][4] Voir aussi notre numéro 2/2005, page 104. a pour mission de construire des indicateurs cohérents de l’activité scientifique et technique institutionnelle ou interinstitutionnelle. La palette d’indicateurs existant permet d’analyser en profondeur l’activité scientifique d’une institution : indicateurs de ressources financières, indicateurs de ressources humaines, indicateurs bibliométriques (volume des publications), indicateurs de valorisation (dénombrement des brevets), indicateurs d’appui aux politiques publiques.

37

Les indicateurs bibliométriques suivants sont classiquement utilisés par l’OST pour décrire l’activité scientifique institutionnelle : le volume des publications indique l’activité de recherche ; l’analyse des citations met en évidence la visibilité internationale de la recherche ; les co-publications révèlent les partenariats institutionnels.

38

Dans la perspective de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), la mesure et le positionnement de l’activité scientifique institutionnelle concernent la production de connaissances au niveau international (analyse des publications et des citations des publications), la compétitivité industrielle (dénombrement des brevets), l’attractivité institutionnelle (enseignement) et la productivité au niveau européen (évaluation des partenariats).

39

La bibliométrie est un miroir de l’activité des communautés scientifiques, qui comporte des biais et des limites. Ainsi l’utilisation des bases de l’Institute for Scientific Information (Thomson ISI) comme source de données implique l’absence d’exhaustivité, d’une part, et une sous-représentation de certaines disciplines, d’autre part. Par ailleurs, les indicateurs bibliométriques obtenus sont peu adaptés à l’observation des émergences.

40

Cet exposé a suscité de nombreuses questions.

41

Quelles sont les disciplines pour lesquelles l’analyse bibliométrique représente mal l’activité scientifique ? Michel Zitt a évoqué l’informatique, où la communication passe par les congrès ; les sciences sociales communiquent aussi par les congrès et les livres ; la sociologie et le droit sont sous-représentés dans les bases de l’ISI. Il est nécessaire d’apprendre à bien utiliser les indicateurs et de comparer des activités comparables ; le risque de survalorisation des courants principaux subsiste.

42

Une question concernait la prise en compte des publications en open access. Pour Michel Zitt, ces publications sont progressivement prises en compte par l’ISI. Actuellement, elles ne compromettent pas la validité des indicateurs.

43

L’impact de la Loi d’orientation a été souligné pour la construction d’indicateurs cohérents en matière d’objectifs et de performance institutionnels.

Retours d’expériences : liste des exposés présentés

• Comment résoudre les problèmes de confidentialité et de droits d’auteur dans les systèmes de capitalisation des connaissances et de veille ? Rôle des documentalistes, par Gérald Favre

• Une ligne éditoriale unique et une nouvelle image pour l’ensemble des sites institutionnels de l’INRA : un travail collectif, une solution de gestion de contenu open source, par Isabelle Blanc

• Lancement de www. portail-soins-palliatifs. fr : le premier portail français d’informations sur les soins palliatifs et l’accompagnement de fin de vie, par Bernard Devalois

• Projet Portail terminologique, par Majid Khayari

• Un code de déontologie pour la profession documentaire dans l’environnement Recherche, par Claudie Beck, Christine Aubry et Anne-Marie Benoit

• Résultats de l’enquête SWETS/ARCHIMAG/GRD « Médias électroniques : pour un dialogue constructif », par Rémi Bilbault et Michel Remize

• Pourquoi un réseau (ma)thé­matique ? Par Liliane Zweig

• HYPERGEO : encyclopédie de géographie. Un exemple de logiciel libre au service de l’information scientifique, par Christine Kosmopoulos

• Veille scientifique et mise en ligne de flux RSS dans le domaine de la population et du développement, par Françoise Gubry

• La base Indigo, la banque d’images de l’IRD : 30.000 photos sur Internet, par Claire Lissalde

• Les thèses en ligne de l’INRA : de la formation des doctorants à la production des thèses en XML avec Cyberdocs, par Pascal Aventurier

• De PubliCNRS à HAL : des notices bibliographiques au texte intégral, par Daniel Charnay

• Présentation du groupe de travail ARTIST, Appropriation par la Recherche des technologies de l’IST, par Jacques Ducloy

• Application d’un outil de gestion de contenu : l’exemple du site libreacces.inist.fr, par Thérèse Hameau et Jean-François Nomine

• Présentation du réseau REDOVIE, par Sandrine Maria

• ProdINRA1 : vers une base documentaire intégrée au système d’information de l’INRA, par Gérard Grozel

Le facteur d’impact : indicateur d’évaluation des revues scientifiques ?

44

Dans cet exposé, Marie-Hélène Magri a présenté ses travaux statistiques concernant la validité du facteur d’impact, ses biais et ses limites. Le facteur d’impact de 6.000 revues scientifiques est le plus connu des indicateurs d’impact des revues. Produit annuellement par l’ISI, il est diffusé dans le Journal of Citation Report (JCR) accessible sous divers formats : Web of Science (WoS), cédérom, microfiche. Le mode de calcul de cet indicateur a été précisé. Les limites du découpage par domaine, pour agréger les diverses spécialités, ont été détaillées. Marie-Hélène Magri a présenté la méthodologie statistique utilisée à l’INRA, pour élaborer une nouvelle cartographie des revues indépendamment de l’environnement disciplinaire. Cette méthode est utilisée par les équipes de chercheurs de cet organisme pour repositionner leurs publications.

Les dispositifs d’évaluation des fonctions d’appui à la recherche

45

Avec Nicolas de Menthière et Marie-Pascale Baligand, Nicolas Rubel a présenté, à partir de l’exemple de la fonction IST, les dispositifs d’évaluation des fonctions d’appui à la recherche mis en place au CEMAGREF. Les résultats de cette évaluation ont permis de positionner l’IST comme une composante essentielle de l’activité scientifique et technique. Une organisation répartie s’appuyant sur des ancrages régionaux a été élaborée, pour obtenir des produits de l’IST à valeur ajoutée : portail documentaire, archivage direct des publications par les chercheurs et les ingénieurs. Une fonction d’appui à la publication ciblée sur la population des thésards et des entrants a été mise en place. La création d’une activité éditoriale et d’un site de colloques est en projet.

Valorisation de la production scientifique dans le cadre des archives institutionnelles

46

Enfin, Jean-Marc Francony a évoqué l’importance des réseaux sociaux de diffusion de l’information scientifique. La collaboration devient le mode dominant de l’activité scientifique. Les publications individuelles diminuent, alors que les publications de plusieurs auteurs augmentent. Désormais, à l’ère numérique, la priorité est donnée au web : la disponibilité des documents archivés en ligne augmente et, selon une étude de T. Brody et S. Harnad, les indicateurs d’usage prennent le pas sur les indicateurs bibliométriques de citations. Des améliorations des archives institutionnelles sont encore nécessaires ; un effort de description doit notamment être soutenu et coordonné de manière thématique.

Conclusions et perspectives

47

EN CONCLUSION, Barry Mahon a fait remarquer que les Rencontres 2005 des professionnels de l’IST ont permis, en favorisant les échanges entre professionnels de l’information, d’aller au-delà des contraintes budgétaires du « Big Deal » imposé par les éditeurs. Ces contraintes doivent être envisagées comme un défi, pour trouver d’autres modes de diffusion de l’IST. Il a insisté sur trois points qui paraissent déterminants :

  • la nécessité de l’investissement en formation des professionnels de l’IST, notamment sur les nouveaux modes de diffusion et d’archivage ;

  • la réévaluation constante des produits et des outils de l’IST ;

  • la construction d’autres indicateurs d’évaluation des publications scientifiques, dépourvus des biais mis en évidence lors de ces sessions.

D’autres défis, qui n’ont pas été abordés lors de ces journées, attendent les professionnels de l’IST, comme les métadonnées, le multimédia…

Notes

[1]

Les affiliations professionnelles des intervenants cités et les développements des sigles utilisés dans cet article figurent dans le programme reproduit en hors texte en haut de pages.

[2]

Voir page 172.

[3]

Voir aussi pages 210-216.

[4]

Voir aussi notre numéro 2/2005, page 104.

Résumé

Français

Organisées par l’INIST en étroite collaboration avec plusieurs organismes publics de recherche, les troisièmes Rencontres des professionnels de l’information scientifique et technique ont rassemblé, du 20 au 22 juin 2005 à Nancy, 350 professionnels de l’Iα du monde de la recherche et de l’enseignement. La première session était consacrée aux politiques de l’IST à l’échelle française et internationale. la session suivante s’est penchée sur la gestion de documents numériques, le travail collaboratif et la gestion de contenu. La dernière était centrée sur les problématiques d’évaluation et de valorisation de la production scientifique.

Plan de l'article

  1. Les politiques de l’IST à l’échelle française et internationale
    1. L’IST, la clé de voûte de la science
    2. L’IST en France
    3. Y a-t-il aujourd’hui un décrochage français ?
    4. Et maintenant… quelle politique pour l’IST dans les organismes de recherche ? Bilan et perspectives
    5. L’IST au CNRS : exemple de mise en œuvre d’une politique volontariste
    6. Vers une politique européenne d’IST ? L’exemple du projet MORESS
  2. Le documentaliste au centre du système d’information
    1. Le document numérique structuré
    2. La gestion de contenus
    3. Le travail collaboratif assisté par ordinateur
    4. Des retours d’expériences
  3. Évaluation et valorisation
    1. Les grands principes de la bibliométrie, l’utilisation des indicateurs de l’OST
    2. Le facteur d’impact : indicateur d’évaluation des revues scientifiques ?
    3. Les dispositifs d’évaluation des fonctions d’appui à la recherche
    4. Valorisation de la production scientifique dans le cadre des archives institutionnelles
  4. Conclusions et perspectives

Pour citer cet article

Bossaert Nathalie, Courtial Francine, Dassa Michèle, Martin Caroline, « Les Rencontres 2005 des professionnels de l'IST », Documentaliste-Sciences de l'Information, 3/2005 (Vol. 42), p. 232-239.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2005-3-page-232.htm
DOI : 10.3917/docsi.423.0232


Article précédent Pages 232 - 239 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback