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Documentaliste-Sciences de l'Information

2005/4 (Vol. 42)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.424.0300
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Les bibliothèques et la liberté d’expression

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Le comité FAIFE – Libre accès à l’information et liberté d’expression – de l’Ifla a présenté l’édition 2005 de son rapport international sur la liberté individuelle et les bibliothèques [2][2] Ce rapport est en ligne à l’adresse http:// ifla. org/....

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La liberté d’expression, l’une de nos plus importantes libertés fondamentales, est une action majeure de l’Ifla depuis 1997, date à laquelle a été créé le comité FAIFE destiné à promouvoir la liberté intellectuelle dans tous ses aspects reliés directement ou indirectement aux bibliothèques. La série de rapports internationaux qu’elle produit est unique. C’est la seule source fondée sur un processus de récupération systématique de données qui offre une vision panoramique sur les méthodes employées par les bibliothèques du monde entier pour lutter contre les barrières entravant la liberté d’accès à l’information et la liberté d’expression.

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Intitulé Bibliothèques, sécurité nationale, liberté d’information, responsabilités juridiques et sociales et réunissant en 406 pages les contributions de 84 pays, le rapport 2005 constate que, si l’état de liberté intellectuelle reste précaire dans une grande partie du monde, les bibliothèques font des efforts remarquables pour offrir, du mieux qu’elles le peuvent, un accès à l’information à leurs usagers, et pour lutter, à leur mesure, avec les problèmes de censure.

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On relève que si l’usage de l’Internet se répand lentement dans la communauté internationale des bibliothécaires, de nombreuses régions du monde, surtout en Afrique et en Asie, sont toujours concernées par la fracture numérique. Et, lorsque Internet est présent, se pose la question de l’utilisation et de l’acceptation des logiciels de filtrage, de plus en plus fréquents parce qu’encouragés par les politiques d’accès sécurisé à l’Internet, pour les enfants particulièrement – politiques pour lesquelles un nombre de plus en plus important d’associations de bibliothécaires est favorable.

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Par ailleurs, un nombre croissant de professionnels s’inquiète un peu partout des effets produits ou potentiellement entraînés sur les usagers des bibliothèques par l’adoption de lois antiterroristes dans un grand nombre de pays comme les États-Unis bien sûr, mais aussi les Pays-Bas ou la Syrie.

Les traductions françaises à l’Ifla

Le Comité français Ifla, en collaboration avec un groupe francophone animé par des professionnels canadiens, veille à ce que les interventions faites lors du congrès et d’autres documents tels que des déclarations, des codes de bonne conduite et des guides diffusés par l’Ifla soient proposés en version française. L’appel à traduction bénévole – réservé à des professionnels de l’information – ouvert cette année a été accompagné d’un vade-mecum détaillant les diverses étapes à suivre. L’accent est mis tout particulièrement sur la qualité des traductions. Un site web (www. cfifla. asso. org) permet de prendre connaissance de l’ensemble des objectifs poursuivis par le Comité français IFLA et de ses diverses activités.

L’ADBS et l’Ifla

L’ADBS fait partie depuis de nombreuses années du Conseil d’administration du Comité français Ifla. Outre les comptes rendus des congrès proposés chaque année dans la revue Documentaliste - Sciences de l’information, une à deux personnes peuvent bénéficier, au titre de l’ADBS, d’une bourse accordée après examen d’un dossier par le Comité français Ifla. Celle-ci leur permet d’assister aux travaux du congrès. À leur retour, il leur est demandé de rendre un rapport sur les travaux suivis et de réaliser (au moins) la traduction d’une communication.

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Lors de la session « Bibliothèques et droits de l’homme », Judith Krug du Bureau pour la liberté intellectuelle de l’American Library Association (ALA) [3][3] www. ala. org est intervenue pour témoigner des réactions toujours suscitées par la loi dite USA Patriot Act adoptée le 26 octobre 2001. Cette loi qui entend combattre le terrorisme augmente considérablement les pouvoirs d’investigation du FBI : elle l’autorise à se renseigner sur les habitudes de lecture des personnes qui empruntent des ouvrages, mais surtout soulève des questions plus complexes. L’ALA, elle, surveille son application ainsi que son impact sur les bibliothèques et leurs usagers, et propose aux bibliothèques des documents pour les aider à mieux réagir en cas d’atteinte aux libertés.

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Le rapport du comité FAIFE dénonce également des violations de la liberté intellectuelle de toutes sortes, censure, restrictions à la liberté de la presse, pressions gouvernementales et surveillance de l’Internet constatées dans des pays comme la Chine, l’Égypte, le Népal, l’Ouzbékistan, mais aussi dans des pays plus inattendus comme l’Italie ou la Tunisie. Au Turkménistan, on rapporte que des bibliothèques ont été fermées sur ordre présidentiel au motif que « personne ne lit » !

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Ce qui se passe en Chine est sans surprise : le Département de la propagande filtre les contenus fournis par les publications locales avant qu’elles ne paraissent et celui de la sécurité publique annonce qu’il renforcera sa censure sur le web qui dans ce pays ressemble davantage à un grand intranet tant les aspects limitatifs y sont importants. Le changement est peut-être pour demain : cent millions de Chinois ont aujourd’hui accès à Internet, surveillés par des équipes de 30000 cyber-policiers (estimation fournie par Reporters sans frontières). Le gouvernement pourra-t-il continuer à encadrer d’aussi près et les contenus et les utilisateurs du Net ?

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Le cas de la Tunisie est lui, plus surprenant. À la veille d’accueillir la deuxième phase du Sommet mondial de la Société de l’information (SMSI) en novembre 2005, le gouvernement est accusé de bloquer la diffusion de livres et de publications. La libre circulation de livres entre États arabes n’existe pas, pas plus qu’entre la France et la Tunisie. Tout livre étranger entrant est censuré par les autorités. Mais, d’une façon générale, les interdictions relèvent de l’arbitraire.

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Faire connaître ces atteintes est le premier pas à engager dans la lutte pour la restauration du droit à l’expression. À ce sujet, il faut rappeler l’initiative « Beacon for freedom of expression », base de données créée en 2003 à la Bibliothèque d’Alexandrie pour recenser la littérature traitant de la censure et de la liberté d’expression [4][4] Cf. la communication n° 170 de Hege N. Nouri, Berlin,....

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L’ancienne bibliothèque d’Alexandrie nous montre la voie, elle qui pendant plus de dix siècles a défendu les valeurs de l’œcuménisme, de la tolérance et de la compréhension. La bibliothèque actuelle doit rester son héritière phare.

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Mobilisée, la communauté internationale des professionnels de l’information a su montrer qu’elle pouvait se battre contre les extrémismes et défendre une liberté d’expression toujours à reconquérir.

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Mireille Lamouroux

Pour un programme de veille sur la propriété intellectuelle pour les bibliothèques
  • Libraries and the Geneva Declaration on the Future of the World Intellectual Property Organization (WIPO), Winston Tabb (Johns Hopkins University, Baltimore, USA)

  • How Do You Say A2K [Access to Knowledge]? Make It Happen!!, Barbara Stratton (CILIP, UK) and Teresa Hackett (Electronic Information for Libraries (eIFL))

  • The View from the WIPO Secretariat, Geidy Lung (WIPO)

  • Library-Related Principles for the International Development Agenda of WIPO, Robert Oakley (Georgetown University, USA)

Les bibliothèques et les accords de libre-échange
  • FTA’s: the framework and IP chapters, Maximiliano Santa Cruz (Permanent mission of Chile to the WTO, Geneva, Switzerland)

  • The possible implications for libraries of GATS and the proposal for a European Services Directive, Kjell Nilsson (Kungliga Biblioteket/BIBSAM, Stockholm, Sweden)

  • Free trade agreements and TRIPS-Plus - Implications for developing countries in Africa ? Denise Nicholson (University of Witwatersrand, Johannesburg, South Africa)

Les aspects juridiques

Un projet de traité pour l’accès à la connaissance…

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L’Ifla a participé activement [5][5] Les diverses déclarations faites par l’Ifla sur l’avenir..., avec d’autres ONG, aux négociations menées pour que l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) nuance sa politique en tenant davantage compte des droits des usagers, notamment dans les pays en voie de développement ; il est en effet apparu que le droit de la propriété intellectuelle devait être modulé selon le niveau de développement économique et social d’un pays.

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Par ailleurs, l’Ifla soutient un projet de traité pour l’accès à la connaissance, connu aussi sous le nom d’A2K (Access to knowledge). Les étapes menées pour aboutir à ce projet ont été détaillées, à partir de l’initiative prise en 2004 par l’Argentine et le Brésil suivis par quatorze pays regroupés sous le nom des « Amis du développement », ainsi que les actions menées lors des discussions par l’Ifla et l’Eifl [6][6] www. eifl. net, ONG qui agit au niveau international en faveur des pays en développement. Mais aujourd’hui ce projet de traité international est bloqué, certains pays ayant proposé de reporter les discussions en 2006, ce qui inspire des inquiétudes car, si ce retard peut représenter une opportunité pour mieux préparer le dossier, il peut aussi conduire à un enlisement.

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Parallèlement, une autre déclaration, ciblée sur les points jugés importants par les bibliothécaires, a été diffusée en janvier 2005 par l’American Research Library (ARL). Elle a été soutenue par plusieurs associations dans le monde dont l’ADBS [7][7] La traduction française de cette pétition est proposée.... Après avoir rappelé que l’OMPI fonctionne sur le mode du consensus et non sur celui d’un vote à la majorité [8][8] Pour en savoir plus sur l’OMPI, son organisation et... et que des discussions auront lieu sur ce projet dès la rentrée 2005, il a été recommandé aux bibliothécaires de suivre ces dossiers dont tous les termes doivent être pesés car ils concernent tous les pays, y compris ceux du Nord.

… mais des inquiétudes à propos des accords de libre échange

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En dehors des accords internationaux définis par l’OMPI, les règles régissant la propriété intellectuelle figurent également dans l’un des accords de l’OMC, l’accord sur les ADPIC (aspects des droits de la propriété intellectuelle touchant au commerce), ainsi que dans d’innombrables accords de libre-échange bilatéraux ou régionaux. C’est cette intrication d’accords qui a été présentée en mettant l’accent sur les diverses motivations qui ont pu pousser un pays à les signer. Mais les pays en développement, attirés par la perspective d’une ouverture pour leur marché, se voient ainsi imposer les règles de la propriété intellectuelle des pays développés. Si les États-Unis et l’Europe sont les acteurs principaux, leurs approches – liées à leur mode de définition de leur politique - sont différentes. Ce que l’on constate, c’est qu’en matière de propriété intellectuelle, ces divers accords sont baptisés ADPIC+ car ils vont au-delà des accords sur les ADPIC imposés par l’OMC. Ainsi, par exemple, parmi les points qui concernent les bibliothèques, l’interdiction de contourner les protections techniques, la suppression de certaines exceptions ou l’augmentation de la durée des droits, non prévues par l’accord de l’OMC, sont des conséquences du traité liant notamment le Chili aux États-Unis. Si une phase de transition a été quelquefois ménagée, des obligations nouvelles doivent à terme être transposées.

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Un autre accord de l’OMC, l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) [9][9] Pour une présentation de l’AGCS par l’OMC, voir : www...., est destiné à libéraliser les services en permettant aux fournisseurs étrangers de se voir appliquer les mêmes règles que les règles appliquées aux fournisseurs nationaux. Chaque État membre de l’OMC est obligé de proposer une liste des services ouverts à la concurrence. S’il lui est possible de limiter son engagement pour certains secteurs, des compensations doivent être offertes à cet égard. Quant aux conflits, ils sont réglés par un organisme d’arbitrage.

Des logiciels libres pour les bibliothèques
  • Les logiciels Open Source - définition, modèles de licence et conséquences organisationnelles (introduction), Richard Altenhöner (Die Deutsche Bibliothek, Francfort sur le Main, Allemagne) [www. ifla. org/ IV/ ifla71/ papers/ 121f_trans-Altenhoener. pdf]

  • The coming revolution in library software, David Dorman (Index Data, Middletown, USA) […155e-Dorman.pdf]]

  • NII-IPR: National Portal to Nation-Wide University Institutional Repositories Network Utilizing Open Source Software, Noriko Kando and Shigeki Sugita (National Informatics Institute, Tokyo, Japan)

  • Fournir des services alléchants et un support technique fiable avec des logiciels Open Source, Roger Evans, (Deichmanske Bibliotek, Oslo, Norway) […122f_trans-Evans.pdf]

La littérature en accès ouvert
  • CRIS + libre accès = vers une diffusion du savoir scientifique sur le GRID, Keith G. Jeffery (CCLRC Rutherford Appleton Laboratory, Chilton, UK) […007f_trans-Jeffery.pdf]

  • [Du bon usage du facteur d’impact], Anne-Mette Vibe et Arne Jakobsson (Bibliothèque de l’Université d’Oslo, Norvège) […008f_trans-Vibe_Jakobsson.pdf]

  • How NIST applies standards to its research papers for its virtual library : a case study, Mary-Deirdre Coraggio (National Institute of Science and Technology (NIST), Gaithersburg, USA) […009e-Coraggio.pdf]

    NB. Les url indiqués commencent toutes par la chaîne de caractères www. ifla. org/ IV/ ifla71/ papers/

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Il est difficile d’affirmer avec certitude que les bibliothèques seront concernées, mais il existe de fortes présomptions à cet égard. Non seulement dix-huit pays, comme les États-Unis, l’Australie ou l’Autriche, ont inclus les services de bibliothèques dans les secteurs 10 (culture) et 5 (éducation) de l’accord, mais, la recherche d’information en ligne étant proposée par Google, il est évident que ce service ne peut plus être réservé aux seules bibliothèques. Ce qu’il est sans doute plus difficile d’appréhender, ce sont les conséquences d’une telle ouverture pour les bibliothèques, ne serait-ce que parce qu’aucun organisme n’a encore proposé des services concurrents de ceux des bibliothèques dans les pays qui ont déjà ouvert ceux-ci à la concurrence. Il peut s’agir de services de formation, de services en ligne proposés par des entreprises privées qui bénéficieraient alors des mêmes aides que celles accordées au secteur public. Les bibliothèques européennes pourraient être protégées par une demande de réserve faite par la Commission, mais cette demande pourrait ne plus être exigée si elle devait par la suite être jugée inutile. Ce que l’on risque de ne découvrir qu’après qu’une telle décision aura été prise, les négociations étant faites à huis clos. On notera que si le processus a pris du retard, des négociations sont en cours pour faire baisser les subventions gouvernementales. En décembre 2005, une conférence des ministres sera organisée au sein de l’OMC à Hong Kong. EBLIDA [10][10] EBLIDA (European Bureau of Library, Information and... et l’Ifla tenteront d’y être représentés pour défendre la cause des bibliothèques.

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Il convenait aussi d’évoquer le projet de directive sur la libéralisation des services de mars 2004 et les points qui la différencient de l’AGCS. Si la nature des secteurs ouverts aux transactions fait l’objet d’un choix, la directive s’appliquerait en revanche à tous les services dans tous les pays de l’Union européenne, sauf s’il s’agit de services fournis sans rémunération, ce qui interdirait, selon une interprétation stricte, tout abonnement ou cotisation. Un autre point les oppose totalement car si l’AGCS a adopté le principe du traitement national, la directive sur les services a retenu le principe du pays d’origine, faisant craindre un « dumping social ». Après avoir annoncé que le projet de directive serait rediscuté dès octobre 2005 et que, lorsque la directive sera adoptée, elle serait appliquée progressivement jusqu’en 2010, il a été conclu qu’un lobbying s’imposait au niveau de chaque pays « pour que les bibliothèques publiques ne soient pas sacrifiées sur l’autel du libre échange ».

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Les accords ont aussi été abordés sous l’angle des pays en développement. Si la propriété intellectuelle n’est pas considérée comme un point prioritaire, elle a indéniablement un impact sur la formation. Les règles de propriété intellectuelle sont disparates, souvent héritées de l’époque coloniale, et la coopération entre pays sur ce point peine à être organisée. Ces règles sont instaurées au profit des éditeurs étrangers et non des auteurs locaux qui paient pour réutiliser leurs œuvres. Le copyright représente plutôt « un droit de douane » qui contribue à accroître la fracture numérique entre des pays et paralyse la créativité. Les pays qui adhèrent à l’OMC doivent adopter les accords sur les ADPIC en 2006 pour les moins pauvres d’entre eux et en 2016 pour les moins favorisés. Il faut aussi noter que les accords de libre échange accroissent encore la dépendance vis-à-vis des États-Unis et de l’Europe qui, pour protéger leur marché, recourent à des accords bilatéraux pour obtenir ce qu’ils n’arrivent pas à obtenir par des accords multilatéraux. On manie une politique « de la carotte et du bâton » et l’harmonisation représente en fait une américanisation et une européanisation des régimes d’accès au savoir.

Services de référence et d’information
  • Une question sur la Suisse ? SwissInfoDesk, Jean-Philippe Accart (Bibliothèque nationale suisse, Berne) […030f-Accart.pdf]

  • Utilizing virtual reference to serve multitype library patrons, Eva Lunnebord (Bibliothèque nationale de Suède, Stockholm, Suède) et Vince Mariner (College Center for Library Automation, Statewide Coordinator - Ask a Librarian (Florida) Tallahassee, Florida, USA) […029e-Lunneborg_Mariner.pdf]

  • Un service questions-réponses grand public : un service virtuel de référence en Angleterre, Linda Berube (Co-East, Cambridgeshire, UK), […028f_trans-Berube.pdf]

  • Service de référence virtuel contre service de référence sur place : une comparaison des pratiques sur le recours des services de référence dans les bibliothèques publiques et dans les bibliothèques académiques, Kirsti Nilsen (University of Western Ontario, London, Ontario, Canada) […027f_trans-Nilsen.pdf]

  • The re-invention of the reference enquiry service: a case study of the National Library Board, Singapore, Ping Wah Chan (National Library Board, Singapore) […031e-Ngian.pdf]

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Si, dans les négociations de l’OMC, les petits pays peuvent se regrouper, ce sont les pays riches qui conduisent le marché. Là aussi les négociations se font à huis clos. Il faut souligner aussi que l’accord sur les ADPIC+ retarde la croissance, que la protection des droits n’est pas une fin en soi et que, pour définir des règles de la propriété intellectuelle, il faut tenir compte du niveau de développement. Le projet de traité pour l’accès à la connaissance doit être suivi de près et il importe de garder en mémoire les missions des bibliothèques. Il convient de résister aux accords de type ADPIC+, de réviser les lois internationales et de rétablir l’équilibre en utilisant la flexibilité des lois, par exemple pour pouvoir utiliser les œuvres orphelines [11][11] Les œuvres orphelines sont des œuvres qui ne sont pas... ou recourir au libre accès.

La gestion des bibliothèques

Recourir aux logiciels ouverts en bibliothèque

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Après une première intervention donnant une série de définitions et un historique des systèmes ouverts, celle d’un représentant d’une entreprise commerciale était moins attendue. Celui-ci a en effet exposé les raisons qui pouvaient inciter une telle entreprise à faire la promotion de logiciels ouverts, à les analyser et les modifier pour le plus grand bénéfice de ses clients et de la communauté des bibliothécaires qui pourra en disposer librement. Un exposé plutôt convaincant, mais qui n’abordait pas des points comme la reprise de l’existant, notamment dans le cadre de très gros systèmes. Puis, après la présentation d’une application faite au Japon dans le cadre de la création d’un portail ouvert à l’ensemble des bibliothèques universitaires de ce pays, plusieurs services de la bibliothèque de lecture publique d’Oslo [12][12] http:// nye. deichman. no/ presentations/ oss ont été détaillés. Conçus avec des logiciels libres et destinés à pallier le manque de moyens financiers, présentés aussi comme un système alternatif au « spectre » de Google, en raison de leur très grande popularité, ils ont été qualifiés d’« alléchants ».

Divers modèles économiques pour accéder à l’information en ligne

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La représentante de la Bibliothèque nationale de Norvège a mis l’accent sur les moyens utilisés pour collecter l’information figurant sur les sites web de son pays afin de les conserver pour les mille ans à venir et en les protégeant aujourd’hui pour se conformer aux règles liées au droit d’auteur et au respect des données personnelles. Un autre intervenant a ensuite expliqué que le libre accès représente une solution pour les pays en développement et insisté sur la nécessité de mener des actions de sensibilisation à cet égard. Trois modèles économiques auxquels les bibliothèques peuvent avoir recours pour accéder à l’information numérique ont aussi été analysés. Il s’agit des consortiums de bibliothèques, du paiement à la demande (pay-per-view) ainsi que des licences nationales qui permettent aux ressortissants d’une zone géographique donnée d’avoir librement accès à une série de collections (y compris à distance). Un système choisi, par exemple, par les Länder allemands mais aussi par l’État de Caroline du Nord. Les points forts et les points faibles de chacun d’entre eux ont été détaillés minutieusement par l’intervenante allemande.

Un recours aux publications en libre accès

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Sous un titre étrange – soit une équation qui propose d’associer les systèmes CRIS (current research information systems) [13][13] Voir aussi le site EUROCRIS : www. eurocris. org au libre accès pour élargir la diffusion du savoir scientifique sur le GRID [14][14] Le GRID est un système qui redistribue les ressources... – ce sont des perspectives nouvelles qui sont proposées pour gérer les résultats de la recherche puisque l’on pourrait avoir accès à toutes les informations – publications et matériel – à l’origine de celle-ci mais aussi y recourir pour faire ses propres expériences et rédiger de nouvelles publications. Dans cet exposé, il est expliqué à quoi correspondent les CRIS, l’architecture, le libre accès, et comment leur intégration peut « faire évoluer l’environnement de la recherche en ligne du futur ».

Ressources électroniques
  • Améliorer l’accès à la littérature scientifique dans les pays en voie de développement : défis et opportunités du libre accès, Leslie Chan (University of Toronto at Scarborough, Canada), Barbara Kirsop (Electronic Publishing Trust for Development, UK), Sely Costa (University of Brasilia, Brazil) et Subbiah Arunachalam (MSSRF, Chennai, India) […150f_trans-Chan.pdf]

  • Notre patrimoine électronique, matériau pour l’usager final : collecte et accès aux publications du réseau Internet à la Bibliothèque nationale de Norvège, Kjerti Rustad (Bibliothèque nationale de Norvège, Oslo) […151f_trans-Rustad.pdf]

  • National licenses as the philosopher’s stone of end-user access? Analyzing different approaches to resource sharing in the digital age, Hildegard Schaffler (Bayerische Staatsbibliothek, Munich, Germany)

  • Bringing electronic resources to the people: the story of North Carolina live, Joe A. Hewitt (University of North Carolina, Chapel Hill, USA)

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La communication suivante n’avait pour but que de souligner qu’un système d’allocation des ressources qui serait fondé sur le facteur d’impact des revues, tel qu’il est préconisé en Norvège, représente un obstacle pour la publication dans des revues en libre accès.

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C’est ensuite l’application de ses propres normes à ses publications qui est présentée par la responsable de l’information de l’agence nationale des normes et techniques des États-Unis. Organisme gouvernemental, cette agence diffuse naturellement ses publications et ses données dans des systèmes ouverts. De cet exposé qui est surtout un catalogue de produits et services, nous retiendrons qu’un processus d’accompagnement des chercheurs a été mis en place pour les aider à publier dans des environnements en libre accès, y compris dans ceux qui sont développés hors de l’agence.

Des outils pour évaluer la qualité des services

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Le modèle de l’European Foundation for Quality Management (EFQM) est préconisé au niveau national, en Espagne, pour l’évaluation de la qualité des universités [15][15] L’application du modèle EFQM avait déjà été évoquée.... La communication a permis de détailler les étapes du projet tel qu’il est testé en ce moment par les bibliothèques universitaires en Andalousie, les neufs critères adoptés, les tableaux d’indicateurs et de matrices qui en résultent, ainsi que les diverses étapes de l’évaluation et le plan d’amélioration défini ensuite par chacune des bibliothèques. Si ce système présente quelques points faibles, il semble être non seulement bien admis – puisqu’il est fondé sur le volontariat – mais contribuer aussi à une amélioration globale des services offerts et créer une dynamique transposable à d’autres types de bibliothèques.

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C’est la norme ISO 9001 qui a été choisie comme référent du système de management de la qualité dont s’est dotée la Bibliothèque nationale de Florence, ce qui a conduit à l’élaboration de divers documents tels que des manuels de qualité, des cartographies des processus, des chartes de services, des lignes directrices. Une enquête de satisfaction auprès des usagers menée en 2004 a permis d’identifier les dysfonctionnements de manière très concrète et de planifier une amélioration mais aussi de justifier des demandes de crédits. Ce que l’on retiendra également, c’est la nécessaire implication du personnel dans l’ensemble du processus.

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L’étude des citations faites dans leurs travaux universitaires permet d’évaluer les aptitudes des étudiants à effectuer des recherches en bibliothèques. Ce sont également des outils utiles pour les bibliothécaires, susceptibles de prouver leur efficacité au sein du processus de formation. Des détails ont été donnés sur les modalités de l’enquête réalisée en Floride (États-Unis), sur le choix des critères et sur les analyses statistiques sophistiquées qui en ont découlé pour prouver la pertinence de cet indicateur.

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Dans l’intervention suivante, émanant encore des États-Unis, l’accent a été mis sur la notion de stratégie, sur la cohérence des objectifs définis par les différentes couches d’une organisation et sur les instruments qui permettent d’évaluer à cet égard la pertinence des services offerts par les bibliothèques. En matière d’indicateurs, l’approche peut être très étonnante. L’intelligence émotionnelle du personnel jouerait une part importante dans la perception de la qualité du service rendu, bien plus que la connaissance de l’organisme, les compétences techniques ou la connaissance de l’information, et que la perception de la qualité peut aussi dépendre de la lenteur des connexions ou de l’absence des places de stationnement, soit des points totalement étrangers aux collections ou aux compétences du personnel mais qu’il convient de ne pas négliger.

La qualité dans divers environnements institutionnels
  • Excellence and quality in Andalusia University Library System, Carmen Baena Diaz (Bibliothèque de l’Université de Pablo de Olavide), Miguel Duarte Barrionuevo et Aurora Marquez Perez (Bibliothèque de l’Université de Cadix), José Juan Moreno Martinez (Bibliothèque de l’Université d’Almeria) et Gregorio Garcia Reche (Bibliothèque de l’Université de Malaga, Espagne) […091e-Diaz.pdf]

  • Developing an quality service strategy, Brian Harlan (University of f Southern California, Los Angeles, USA) […076e-Harlan.pdf]

  • Gérer la qualité dans une bibliothèque nationale : le cas de la Bibliothèque nationale centrale de Florence, en Italie, Antonia Ida Fontana et Alessandro Sardelli (Bibliothèque nationale de Florence, Italie) […077f_trans-Fontana_Sardelli.pdf]

  • Improving the quality of university libraries through citation mining and analysis using two new dissertation bibliometric assessment tools, Johanna Tunon (Nova Southeastern University, Fort Lauderdale, USA) and Bruce Brydges (Nova Southeastern University, North Miami Beach, USA) […078e-Tunon_Brydges.pdf]

Trois autres interventions dont les supports sont disponibles en ligne complétaient le programme de cette session.

Les services

Des dispositifs sécurisés pour la fourniture en ligne de documents

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L’environnement numérique modifie l’approche de la gestion des droits et de l’équipement technique. Si l’on a annoncé différents choix lors de l’introduction à cette session, évoquant aussi les perspectives offertes par le libre accès, l’accent n’a cependant été mis par les trois intervenants que sur les dispositifs sécurisés.

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Le système adopté par la British Library a été présenté en détail. Sur l’exigence des éditeurs, plusieurs tentatives avaient été faites avant l’adoption en 2002 d’un produit développé par Adobe. Les raisons de ce choix et les modalités de fonctionnement ont ensuite été présentées. On retiendra que le système a été introduit progressivement et qu’une adaptation permanente s’impose, la version 6 d’Acrobat Reader introduite en juin 2003 ayant posé des problèmes. Aujourd’hui, le système Secure Electronic Delivery assure 15 % de la fourniture de documents. Mais, pour étendre ce service, il faudrait que les clients puissent disposer d’une version à jour et que le système autorise une prévisualisation des articles. Pour que ce produit, qui permet d’assurer un service jugé majeur pour la British Library, puisse être simplifié, il faudrait que les éditeurs et les utilisateurs y recourent davantage. La British Library songe aujourd’hui – parallèlement ou concurremment, ce ne fut pas dit – à adopter un système de tatouage numérique qui ne requiert aucun logiciel particulier et entraîne un contrôle judiciaire lorsque l’œuvre est utilisée en dehors des règles définies.

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De fortes pressions s’exercent pour que la fourniture en ligne de documents soit proposée par un système de gestion numérique des droits. Un procès, en effet, oppose en ce moment les bibliothèques allemandes qui proposent un service en ligne de fourniture d’articles baptisé Subito et certains éditeurs. Ceux-ci tentent d’obtenir le remplacement d’un service en ligne donné moyennant une simple compensation financière par des contrats dûment négociés. Quant au dernier exposé, très général, il a surtout mis l’accent sur la nécessité de porter ses efforts concurremment sur l’infrastructure, les licences d’accès, la gestion des droits et les outils de recherche et d’analyse des textes.

Des chats et des SMS pour des services d’information en ligne

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Les services de référence en ligne suscitent un intérêt indéniable, même si l’on manque d’informations précises sur le nombre de ceux qui sont développés dans le monde [16][16] Un inventaire des services de référence en ligne développés.... Lors des descriptions de services créés dans six pays différents, il était difficile de savoir si l’on parlait d’un service classique, destiné à fournir une référence, ou d’un service donnant une information complète, ce qui serait alors, nous semble-t-il, une nouvelle compétence des bibliothécaires. Néanmoins, quelques éléments de réflexion et quelques recommandations ont été fournis lors de la présentation des résultats des études qui ont été menées en Ontario et dans le Royaume-Uni afin de comparer les services de référence classiques et ceux qui sont fournis en ligne ainsi que la perception des services offerts par divers types de bibliothèques.

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On retiendra aussi que les services en ligne représentent encore une part très faible mais que certains n’hésitent pas à utiliser tous les canaux existants, y compris les chats et les SMS, et qu’ils sont souvent proposés par des réseaux regroupant des bibliothèques universitaires et des bibliothèques de lecture publique. Si les actions de promotion et les implications managériales ont été peu approfondies lors des exposés, on a insisté sur le développement de partenariats pour l’avenir, sur la nécessité d’intégrer les divers canaux qui doivent être développés simultanément dans un système global (en tenant compte des habitudes culturelles), sur la capitalisation des informations même si celle-ci présente des difficultés. Mais si les services en ligne nécessitent un investissement lourd pour un nombre de questions encore peu important, l’effort, a-t-il été souligné, sera poursuivi.

Autour des actions de formation à distance
  • Ipinfo, un environnement informatisé pour les formations à la maîtrise de l’information : Etude d’usage, Bruno Deshoullières et Mahieddine Djooudi (Université de Poitiers, France) […024f-Deshoullieres_Djoudi.pdf]

  • Un cours commun en recherche documentaire pour les étudiants d’une université allemande et d’une université suisse, Joachim Griesbaum (Université de Constance, Allemagne) et Marc Rittberger (Haute école de gestion de Genève, Suisse) […068f_trans-Griesbaum_Ritterberg.pdf]

  • Web-base Information Science Education (WISE) = Enseignement en ligne en sciences de l’information : une collaboration inter-institutionnelle pour la promotion d’un enseignement en ligne de qualité, Rae-Anne Montaguë (Graduate School of Library and Information Science, University of Illinois at Urbana-Champaign, U.S.A.) […067f_trans-Montague.pdf]

L’enseignement

Des approches collaboratives pour l’apprentissage de la maîtrise de l’information

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La présentation de trois plates-formes techniques ont illustré ce thème.

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IPinfo [17][17] Intranet pédagogique pour la formation à l’information..., créé en France par l’Université de Poitiers, est un collecticiel destiné à accompagner un enseignement traditionnel de la maîtrise de l’information, tel qu’il est proposé aujourd’hui dans les universités françaises. L’outil doit permettre de gérer un travail coopératif réalisé lors de projets d’étude requérant une recherche d’informations et d’assurer à la fois un travail collaboratif, une mutualisation des connaissances, une gestion des références et l’organisation d’un enseignement à distance pour cinq types d’utilisateurs différents. Ce sont ces objectifs qui ont défini les choix techniques, ainsi que les résultats d’une étude faite auprès des utilisateurs.

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Les trois K qui baptisent un système conçu à l’initiative de l’Université de Constance (Allemagne) signifient ici Kollaboration, Kommunikation, Kompetenz. K3 est une plate-forme qui a été testée pour accompagner un cours de recherche documentaire dispensé en sciences de l’information. Le système qui allie trois méthodes d’apprentissage – cours magistral, instructions de travail en groupe, travail individuel virtuel – a impliqué des étudiants inscrits dans deux universités différentes. Dans cet exposé, l’accent a été mis sur la méthodologie adoptée pour ce cours ainsi que sur le retour d’information de cette première expérience.

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Quant à WISE (Web-based Information Science Education) [18][18] http:// wiseeducation. org, c’est une autre plate-forme développée aux États-Unis pour proposer un enseignement en bibliothéconomie et en sciences de l’information, un domaine jugé très spécialisé où le nombre d’étudiants inscrits est (étonnamment) faible. Ce projet répond à la fois à un souci de rentabilité et de qualité. Les trois universités américaines qui en sont à l’origine avaient mis l’accent sur l’aspect collaboratif de ce projet qui pouvait représenter un modèle pour d’autres enseignements en ligne. Il monte en puissance dès 2005, deuxième année d’application. Bénéficiant d’une subvention et d’une instance de coordination, il a augmenté le réseau des universités adhérentes ainsi que le nombre de cours proposés aux étudiants. Les détails de l’organisation mise en place, les réponses données aux défis que représente le souci de proposer un enseignement de qualité et l’accompagnement des cyberenseignants ont été présentés.

Plusieurs expériences dans le cadre de systèmes de gestion de formations à distance

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Intégrer les ressources numériques des bibliothèques dans des systèmes de gestion de formation à distance était l’objet de cette session au cours de laquelle ont été présentés plusieurs cas développés sur le continent américain.

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C’est une application à l’enseignement des sciences de l’information dans une université en Californie qui a permis de présenter le concept développé ici autour du logiciel BlackBoard [19][19] Pour en savoir plus, le lien sur le site suivant a.... Il propose une interface conviviale qui répond à une logique d’organisation et au souci de disposer de capacités de recherche performantes, de conservation et de gestion des droits. On y a conçu un projet baptisé « Pont de la connaissance » qui établit une interface entre les collections de documents numériques proposées par les bibliothécaires et les dépôts d’objets « Formation » proposés par l’Université. Un travail au sein de trois universités doit permettre d’identifier les meilleures pratiques et de localiser des outils afin de proposer un bureau virtuel complet. Il s’agit d’un projet ambitieux car il entend fédérer d’autres formations en bibliothéconomie et en sciences de l’information et des formations dans d’autres disciplines.

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À l’Université de Colima, au Mexique, on entend revoir les méthodes, les formats et l’architecture d’une plate-forme informatique, pourtant très développée, pour résoudre les problèmes liés à l’interopérabilité et éviter que cette plate-forme soit isolée. Cette révision, dans le cadre d’un projet qui durera un an, permettra de produire un guide portant sur les métadonnées et les interfaces web à adopter ainsi que sur les bonnes pratiques en matière d’utilisation de formats et d’outils. Puis, après avoir souligné l’enjeu pour les bibliothèques de voir intégrées leurs ressources dans un tel système, ont été détaillées les difficultés rencontrées en Colombie britannique (Canada) lorsqu’il s’est agi de répondre à diverses exigences techniques et culturelles. Le système a été modélisé, on a développé une série d’outils et défini des « bonnes pratiques » pour que le système de gestion de l’information réponde pleinement au slogan « Notre bibliothèque est là où vous vous trouvez ».

Perspectives en matière de fourniture de documents électroniques
  • L’utilisation d’un système de gestion des droits numériques pour la fourniture de documents, Andrew Braid (The British Library, Boston Spa, UK) […096f_trans-Braid.pdf]

  • La transformation de la fourniture de documents dans un environnement électronique, Lucie Molgat (CISTI, Ottawa, Canada) […098f_trans-Molgat.pdf]

  • Subito et les évolutions du droit d’auteur allemand, Uwe Rosemann (Bibliothèque nationale allemande en Sciences et techniques, Hanovre, Allemagne) […097f_trans- Rosemann.pdf]

L’interopérabilité des systèmes de gestion des formations et des systèmes d’information de bibliothèques
  • The convergence of CMS and the Digital Library: can it happen?, Kenneth E. Dowlin (San Jose State University, School of Library and Information Science, San Jose, USA)

  • There be Dragons: course management systems and library systems at SFU Library and the BC Campus, Lynn Copeland (Simon Fraser University, Burnaby, Canada)

  • Interoperability is the answer: a case study, Lourdes Feria (University of Colima, Mexico)

  • Pursuing the vision: adopting and integrating OAI initiatives at Yale, Elmiy Hornin and Kalle Spargue (Yale University, New Haven, USA)

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À l’université de Yale (États-Unis, les bibliothécaires sont engagés dans un plan stratégique défini pour cinq ans. Pour l’intégration des ressources en ligne, jugée indispensable, il fallait définir les services attendus (et réellement nécessaires) d’un tel système unifié, savoir intégrer les ressources en recourant aux techniques actuelles et trouver les moyens humains, techniques et financiers nécessaires à leur création et à leur maintenance. Des tests ont été faits autour de scénarios liés à des cours, notamment un cours d’histoire médiévale. Ce que l’on entend faire, de manière très pragmatique, c’est de se focaliser à court terme sur une série de projets simples, intégrés progressivement, et développer ensuite une série de services, en recourant au protocole OAI-PMH [20][20] OAI-PMH : Open Archives Initiative – Protocol for Metadata... pour proposer un système de recherche unique, facile à utiliser et donnant naturellement des résultats pertinents. Il convient aussi de répondre à l’un des défis majeurs qui consiste à maintenir un équilibre entre les anciens et les nouveaux services.

Sans oublier le grand public

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La formation joue visiblement un rôle majeur pour améliorer l’image des bibliothèques. C’est ce qui ressort des actions menées avec succès dans plusieurs pays.

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À Singapour, améliorer les compétences intellectuelles de la population est jugé fondamental pour un pays dénué de ressources naturelles. Pour combler la fracture numérique, le personnel de la Bibliothèque nationale a mis au point une série de formations à la maîtrise de l’information, adaptées à divers segments de la population. Après avoir cerné les habitudes de lecture et d’apprentissage de l’ensemble de celle-ci par des enquêtes, elle n’hésite pas à multiplier des actions qui ont notamment conduit à se rendre dans les centres commerciaux pour capter l’attention des utilisateurs potentiels, nombreux dans ces lieux. On a même réutilisé, à des fins de promotion, le processus d’apprentissage d’un fabricant de boulettes de poissons qui a fait fortune.

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En Inde également les bibliothèques proposent des formations pour une maîtrise de l’information sur tout support, tout particulièrement pour les jeunes et les femmes, et diverses autres actions destinées à attirer la population. On notera que, à côté des collectivités locales, les sponsors sont des éditeurs, des libraires, des fournisseurs d’équipement et de logiciels. On retiendra aussi cette idée de créer un point de contact national sur la formation à la maîtrise de l’information au sein de l’association des bibliothécaires indiens.

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Enfin, dans une bibliothèque de Berlin qui draine une population hétérogène, on a également défini plusieurs types d’actions propres à « apprivoiser » un public très diversifié. Nombre d’entre elles, qui concernent aussi les médias classiques, sont menées dans le cadre d’un partenariat très étroit avec les établissements d’enseignement. La difficulté, a-t-il été souligné, n’est pas d’utiliser un moteur de recherche mais de savoir ce que l’on recherche précisément et d’avoir la capacité d’analyser l’information obtenue, de savoir se situer dans le temps et dans l’espace. Les bibliothèques y contribuent même si, bien sûr, elles n’ont pas vocation à se substituer à l’école.

La maîtrise de l’information : un voyage d’exploration pour le grand public
  • The digital divide, the fishball maker and lifelong learning : NLB responds to the Clarion Call with information literacy programs, Ngian Lek Choh and Rajen Munoo (National Library Board, Singapore) […106e-Choh_Munoo.pdf]

  • Information capability building : role of information literacy programmes – a study, Sasikala Chagari (Dept. of Library & Information Science, Andhra University, Visakhapatnam, India) […043e-Chagari.pdf]

  • Die Zentral- und Landesbibliothek Berlin – eine Teaching Library in Deutschland, Christa Bunke (Zentral- und Landesbibliothek Berlin, Germany)

Des associations fortes pour des bibliothèques fortes
  • Why Do We Need Associations? The Value of Library Associations to Libraries and Librarians, Keith Michael Fiels (USA)

  • The Global Library Association Development (GLAD) Program and GLAD ’Twinning’ Program: A New Tool for Global Library Development, Sylvia Piggot (Canada) and Janice Lachance (USA)

  • Empowering Library Associations in Asia – south-south cooperation, Susanne Ørnager (UNESCO) […099e-Ornager.pdf]

  • Setting the Agenda for Global Association Development: Identifying the Needs (Group Discussions/Group Reports)

Et de nouveaux outils pour les associations de bibliothécaires

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Un rappel des objectifs généraux poursuivis par les associations de bibliothécaires, des apports de celles-ci à leurs membres, aux bibliothèques et à la société a introduit un nouveau programme lancé par une section qui se penche sur la gestion des associations de bibliothécaires [21][21] On a rappelé aussi que l’Ifla propose un système de.... Il s’agit du programme GLAD qui permet aux associations d’échanger leurs compétences par le biais d’une base de données d’offres et de demandes dont les résultats devraient ensuite être capitalisés. Fort opportunément, un exemple pratique du système a immédiatement été donné puisqu’il a été répondu dans la salle en indiquant une url à une question posée sur la manière de créer une association.

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L’exposé suivant était ciblé sur la région Asie et sur la nécessité d’aider les associations du continent à se renforcer en montant des actions de sensibilisation sur le marketing, la formation et l’animation de réseaux. Des réunions de concertation, comme celle qui avait été organisée par l’Unesco au Népal en 2004, et plusieurs programmes devraient permettre de développer leurs compétences. Mais bien souvent, a-t-il été noté, il faudrait que les membres des associations définissent au préalable des objectifs et se définissent eux-mêmes avec passion, ce qui fait parfois défaut.

Michèle Battisti

michele. battisti@ adbs. fr

Notes

[1]

Nous ne présentons ici que les communications faites lors de sessions auxquelles il nous a été possible d’assister : trois à quatre sessions sont en effet organisées simultanément, et chaque congressiste doit participer aux deux réunions de la « section » dont il est membre. Pour prendre connaissance du mode de fonctionnement, des activités de l’Ifla ainsi que du programme complet de son congrès, voir : www. ifla. org. Les titres et auteurs des interventions synthétisées dans ce compte rendu figurent en haut de page, en hors texte avec indication de l’url précise où l’on peut le lire sur le site de l’Ifla. Nous en avons indiqué la version française lorsque celle-ci était disponible.

[2]

Ce rapport est en ligne à l’adresse http:// ifla. org/ faife/ report/ WorldReport-pr-2005. htm. La version imprimée est vendue 27 euros sur commande.

[4]

Cf. la communication n° 170 de Hege N. Nouri, Berlin, août 2003, sur le site de l’Ifla.

[5]

Les diverses déclarations faites par l’Ifla sur l’avenir de l’OMPI et sur le projet de traité pour l’accès à la connaissance sont en ligne à l’adresse : www. ifla. org/ III/ clm/ copyr. htm

[7]

La traduction française de cette pétition est proposée sur le site de l’ADBS (www. adbs. fr/ site/ publications/ droit_info/ declarationUS_principe. php) ; elle a été reprise sur celui de l’Ifla : www. ifla. org/ III/ clm/ p1/ Library-RelatedPrinciples-fr. html

[8]

Pour en savoir plus sur l’OMPI, son organisation et ses travaux, voir : www. wipo. int/ copyright

[9]

Pour une présentation de l’AGCS par l’OMC, voir : www. wto. org/ french/ tratop_f/ serv_f/ gatsqa_f. htm. Voir aussi le dossier intitulé « Les bibliothèques et le GATS » dans le n° 33, février 2003, de la lettre juridique Actualités du droit de l’information (www. adbs. fr/ site/ publications/ droit_info/ fevr2003. pdf).

[10]

EBLIDA (European Bureau of Library, Information and Documentation Associations) est une association représentant les intérêts des archivistes, des bibliothécaires et des documentalistes auprès des instances européennes.

[11]

Les œuvres orphelines sont des œuvres qui ne sont pas entrées dans le domaine public mais dont il n’existe plus d’ayants droit ou dont il est impossible de définir et de contacter les ayants droit.

[13]

Voir aussi le site EUROCRIS : www. eurocris. org

[14]

Le GRID est un système qui redistribue les ressources inemployées d’un réseau de PC. Sur le GRID, voir entre autres l’article suivant : « Le Grid Computing a franchi un palier très net et se développe dans l’industrie », par Bruno Emsellem, propos recueillis par Jérôme Morlon, Journal du net, 28 août 2005 (http:// solutions. journaldunet. com/ itws/ 020827_it_gridxpert. shtml).

[15]

L’application du modèle EFQM avait déjà été évoquée lors du congrès de l’Ifla en 2004 pour présenter les travaux menés par des bibliothèques universitaires en Andalousie, région test. Ce sont des détails supplémentaires qui ont été donnés cette année. Pour en savoir plus sur le modèle EFQM : www. efqm. org

[16]

Un inventaire des services de référence en ligne développés dans le monde a été entrepris par un département de la l’École royale en bibliothéconomie et sciences de l’information au Danemark : www. db. dk/ kon/ virref2005

[17]

Intranet pédagogique pour la formation à l’information (IPinfo) : http:// ipinfo. univ-poitiers. fr

[19]

Pour en savoir plus, le lien sur le site suivant a été proposé : www. edutools. info. On pourra consulter aussi un site francophone ciblé sur l’intégration des TIC et la nouvelle pédagogie universitaire (http:// profetic. org) ou un site créé autour d’un projet européen sur l’éducation à distance (www. elearningeuropa. info/ index. php? page= practice&menuzone= 2).

[20]

OAI-PMH : Open Archives Initiative – Protocol for Metadata Harvesting.

[21]

On a rappelé aussi que l’Ifla propose un système de bons destiné à favoriser le prêt interbibliothèques : www. ifla. org/ VI/ 2/ p1/ vouchers. htm

Résumé

Français

Au cours des congrès de l’Ifla et en dehors des séances plénières, de nombreuses sessions sont organisées simultanément. Cet article rend compte d’un certain nombre d’entre elles [1], consacrées aux bibliothèques et à la liberté d’expression, aux problèmes juridiques de la profession, à la gestion des bibliothèques, aux services offerts aux usagers, à la formation des professionnels et du public et à de nouveaux outils pour les associations du secteur de l’information et des bibliothèques.

Plan de l'article

  1. Les bibliothèques et la liberté d’expression
  2. Les aspects juridiques
    1. Un projet de traité pour l’accès à la connaissance…
    2. … mais des inquiétudes à propos des accords de libre échange
  3. La gestion des bibliothèques
    1. Recourir aux logiciels ouverts en bibliothèque
    2. Divers modèles économiques pour accéder à l’information en ligne
    3. Un recours aux publications en libre accès
    4. Des outils pour évaluer la qualité des services
  4. Les services
    1. Des dispositifs sécurisés pour la fourniture en ligne de documents
    2. Des chats et des SMS pour des services d’information en ligne
  5. L’enseignement
    1. Des approches collaboratives pour l’apprentissage de la maîtrise de l’information
    2. Plusieurs expériences dans le cadre de systèmes de gestion de formations à distance
    3. Sans oublier le grand public
  6. Et de nouveaux outils pour les associations de bibliothécaires

Pour citer cet article

« IFLA 2005 : Congrès mondial des bibliothèques et de l'information. Bibliothèques : un voyage d'exploration. Comptes rendus de sessions», Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2005 (Vol. 42) , p. 300-309
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2005-4-page-300.htm.
DOI : 10.3917/docsi.424.0300.


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