Accueil Revues Revue Numéro Article

Documentaliste-Sciences de l'Information

2006/1 (Vol. 43)

  • Pages : 98
  • DOI : 10.3917/docsi.431.0014
  • Éditeur : A.D.B.S.

ALERTES EMAIL - REVUE Documentaliste-Sciences de l'Information

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Pages 14 - 27 Article suivant

1 - Qui sont les répondants ?

Comme en 1999, ce sont des femmes, souvent jeunes, et titulaires d’un diplôme professionnel

1

Sexe. 86 % des répondants sont des femmes, 14 % des hommes. Ceux-ci sont un peu plus nombreux à être cadres et à travailler dans de grandes entreprises.

2

Âge. 42 % des répondants ont moins de 35 ans [tableau 1]. Cette population professionnelle est une population jeune dont la pyramide d’âge décroît régulièrement.

3

Diplôme professionnel. 81 % des répondants ont un diplôme professionnel spécialisé en information-documentation, les diplômes de niveau bac plus 2 à 3 – DUT, DEUST, licence, diplôme technique de l’Institut national des techniques de la documentation (INTD) et celui de l’École de bibliothécaires-documentalistes (EBD) – étant à égalité avec les bac plus 4 à 8 – maîtrise, diplôme supérieur de l’INTD, DESS et doctorats [tableau 2]. Parmi les autres diplômes on trouve le Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire (CAFB), le CAPES de documentation ou des formations qualifiantes.

4

Quel que soit leur niveau de diplôme, les moins de 35 ans sont davantage diplômés professionnellement que leurs confrères et consœurs plus âgés.

5

Quatre personnes sur dix ont obtenu leur diplôme depuis 2000 : ce sont principalement des diplômés jeunes, mais 23 % d’entre eux ont plus de 35 ans, preuve, s’il en était besoin, que l’on peut acquérir un diplôme professionnel après 30 ans. Ces diplômés professionnels récents ont privilégié les diplômes de niveau DESS-DEA.

Un niveau élevé de formation initiale (hors information-documentation), notamment chez les plus de 35 ans

6

Le tableau 3 montre que 47 % des professionnels ont un niveau de formation initiale (hors diplôme spécialisé en information-documentation) égal ou supérieur à bac plus 4.

7

Le niveau de formation initiale croît avec l’âge des répondants : près de 60 % de ceux qui sont âgés de plus de 55 ans ont un niveau de formation initiale égal ou supérieur au niveau bac plus 4, alors que 46,4 % seulement des 25-34 ans ont un niveau de formation initiale égal ou supérieur à bac plus 4.

8

Si l’on compare avec le niveau de formation professionnelle, 23 % seulement des répondants de plus de 55 ans ont un diplôme professionnel égal ou supérieur au niveau bac plus 4 alors que 43,6 % des 25-34 ans ont un diplôme professionnel égal ou supérieur à bac plus 4.

9

En isolant les détenteurs à la fois d’un diplôme de formation initiale et d’un diplôme professionnel, chacun de niveau égal ou supérieur à bac plus 4, on constate qu’ils sont 751, soit 22,5 % de la population totale, et sont sur-représentés chez les moins de 35 ans [tableau 4].

10

Pour ceux et celles qui ont fait des études supérieures autres qu’en information-documentation, le domaine d’orientation après le baccalauréat reste comme en 1999 majoritairement les sciences humaines (31 %) et les lettres et les arts (24 %). Les diplômés en sciences exactes, sciences de l’ingénieur, droit-économie travaillent principalement dans des entreprises privées, ceux de lettres, langues et sciences humaines plutôt dans des établissements publics.

2 - La situation professionnelle

Une très grande majorité de répondants actifs

11

Parmi les personnes ayant répondu à l’enquête, 94 % sont en poste, 5 % sont en recherche d’emploi et 1 % sont des étudiants ayant une activité rémunérée dans le domaine de l’information-documentation

Les offres d’emploi et les concours comme principaux modes de recrutement

12

Trente-six pour cent des répondants ont trouvé leur travail par le biais des offres d’emploi, 17 % suite à la réussite à un concours, 16 % par le biais de relations [tableau 5].

13

Parmi les éléments déterminants pour l’obtention de leur dernier emploi, 55 % des répondants ont cité le diplôme professionnel, 52 % le niveau de formation générale et 47 % l’expérience professionnelle [tableau 6].

3 - L’entreprise

Le secteur public et parapublic l’emporte de peu sur le privé mais le dépasse quand même de trois points

14

Cinquante-trois pour cent des répondants travaillent dans le secteur public : 28 % dans les établissements publics (qui apparaissent comme le principal employeur), 9,4 % dans l’administration territoriale, 8,5 % dans l’administration d’État qui, par rapport à 1999, passe en deuxième position derrière la territoriale, 3 % dans l’administration hospitalière.

15

Les répondants sont 43 % à travailler dans le privé : 26 % dans les entreprises privées, 15 % dans les associations et fondations [tableaux 7 et 8].

16

Les moins de 35 ans sont un peu plus présents dans le secteur privé (49 % des répondants de cette classe d’âge) que dans le secteur public (47 %), les plus de 35 ans sont inversement plus présents dans le public (57 % des répondants de cette classe) que dans le privé (39 %).

Parmi les domaines d’activité, l’éducation-formation est en tête, suivie par les médias et la culture

17

Vingt-six pour cent des répondants travaillent dans le domaine éducation-formation, 13 % dans les médias et la culture, 10 % dans la santé-pharmacie-biologie et 8 % dans la recherche [tableau 9].

Méthodologie de l’enquête

L’enquête de 1999 visait principalement les adhérents de l’association, celle de 2005 embrasse une population plus large, contactée principalement via les médias électroniques : la communication a été faite par envoi de courriels aux adhérents et aux professionnels ayant suivi des formations à l’ADBS, par annonce sur les listes de diffusion adbs.fr, biblio.fr, etc., et aussi par distribution d’affichettes lors de salons (i-expo) et de manifestations.

Un répondant sur deux n’est pas adhérent de l’ADBS, ce qui confirme la largeur de la population se reconnaissant comme professionnel de l’information-documentation.

3.390 questionnaires ont été recueillis par voie électronique sur le site de l’ADBS, du 1er juin au 31 août 2005, soit plus de 10 % de la population recensée par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement en 2002 (32 832 cadres et techniciens de la documentation). Après examen des données, 3.339 questionnaires ont pu être exploités.

On peut en tirer comme enseignement le rapport positif des professionnels de l’information-documentation aux médias électroniques : en effet, dans d’autres enquêtes métiers, le prestataire Kynos utilise encore les questionnaires papier et le questionnaire électronique, relié à un serveur d’hébergement, ne représente qu’un volume partiel des réponses. Ici il a été le seul support proposé à l’ensemble des professionnels.

La population des répondants n’a pas été redressée, elle prend en compte l’ensemble des répondants à l’enquête.

NB. Les résultats sont donnés dans cet article sans compter les non-réponses à chaque question, en effectifs et pourcentages sur répondants, ce qui explique les totaux de pourcentages supérieurs à 100 pour les questions à réponses multiples.

Précédentes enquêtes générales de l’ADBS sur la profession

• L’évolution de la fonction information-documentation : résultats de l’enquête ADBS 1999, par Benoît Roederer, Cofremca-Sociovision ; préface de Florence Wilhelm-Rentler. – ADBS Éditions, 2000. – 158 p. – (Coll. Sciences de l’information. Série Recherches et documents)

• L’évolution de la fonction information-documentation : principaux résultats de l’enquête ADBS 1999 / Benoît Roederer. – Documentaliste - Sciences de l’information, juil.-oct. 1999, vol. 36, n° 4-5, p. 229-235

• Les pionniers du savoir : les professionnels de l’information et de la documentation en 1993 / Anne Duverne, avec la collaboration de Marie-Christine Guihéneuf, Aline Karczewski, Hélène Mazet, Bruno Salléras et Xavier Thiébaut. – Documentaliste - Sciences de l’information, nov.-déc. 1993, vol. 30, n° 6, p. 287-303

• Les piétons du savoir : la profession de documentaliste en France aujourd’hui : compte rendu de l’enquête sur la situation des documentalistes en France en 1984 menée / par la commission Métiers et qualifications de l’ADBS ; Serge Cacaly, avec la collab. de Marie-Odile Gigan, Francine Gourd, Anne-Françoise Pillias, Jacqueline Prohaska, et Hélène Soenen. – Documentaliste - Sciences de l’information, nov.-déc. 1985, vol. 22, n° 6, p. 208-215

• Le documentaliste en France et son salaire en 1974 : enquête réalisée / sous la dir. de Jean Thoumin. – ADBS, 1975. – 143 p. – (Les cahiers de l’ADBS. Sciences et techniques de l’information)

Des résultats qui suscitent des questions

Quoi de nouveau, depuis cinq ans, sur nos métiers et sur ceux qui l’exercent ? Dans quels secteurs de l’entreprise avons-nous essaimé ? Quelles activités et services nouveaux proposons-nous à nos employeurs, utilisateurs et clients ? Telles sont les principales questions auxquelles on pouvait attendre que réponde l’enquête 2005.

Celle-ci confirme les résultats de l’enquête 1999 : un haut niveau de formation initiale et professionnelle, l’importance du niveau de diplôme professionnel pour acquérir un emploi, des niveaux de rémunération dans la moyenne eu égard au niveau de diplôme (y compris le différentiel hommes/femmes), une formation continue régulière, un fort taux de satisfaction dans l’exercice de la profession.

Donc un portrait plutôt positif de notre profession, avec des touches d’ombre déjà bien connues, notamment le manque de reconnaissance de la part des employeurs. Mais est-ce là le réel reflet de l’évolution récente de nos métiers ?

La vague Internet du début des années quatre-vingt-dix – et toutes ses applications et conséquences – a considérablement modifié nos pratiques, notre approche du métier, l’image que nous en avons nous-mêmes, l’image qu’en ont les autres. Elle a aussi repositionné la demande des employeurs en matière d’information, particulièrement, dans le contexte économique actuel, dans le secteur concurrentiel. Comparable à la naissance de l’écriture et à l’invention de l’imprimerie, cette révolution au c?ur même de nos métiers n’apparaît pas dans les résultats de cette enquête.

L’enquête 2005 révèle plus des constantes qu’elle ne fait surgir d’éléments nouveaux. L’explosion de nos métiers se reflète-telle uniquement dans de nouveaux noms : « veilleur », « knowledge manager », « records manager » ? A-t-on vraiment créé de nouvelles pratiques ? acquis un nouveau positionnement dans nos organisations ?

La liste des activités exercées a peu changé, à l’exception de l’administration de sites. Pas d’indication sur le taux et les méthodes d’implication des professionnels dans la constitution de réseaux de veille au sein des entreprises, sur la maîtrise des outils spécifiques que cela suppose aussi bien en amont qu’en aval.

Les plus jeunes sont moins présents (y a-t-il moins de diplômés depuis 1999 ?), de même que les moins de 35 ans. La population de professionnels de l’information-documentation vieillit-elle ou s’est-elle déplacée vers d’autres sphères d’activité ? Les moins de 35 ans primo-diplômés en « info-doc » ou en reconversion ont-ils moins répondu parce qu’ils travaillent dans des secteurs d’activité économique que l’enquête n’a pas touchés ou sur des pratiques professionnelles qu’ils n’y ont pas reconnues ?

En posant toutes ces questions, cette enquête donne finalement une formidable opportunité à l’ADBS pour établir dans les années à venir de nouveaux liens avec ces professionnels qui sont en train de créer l’information-documentation de demain et leur apporter toutes les réponses aux questions qu’ils ne manqueront pas de se poser.

Dominique Velten

Responsable du service Documentation et Veille

Centre national interprofessionnel de l’économie laitière

dvelten@ cidil. fr

18

Dans les entreprises privées, tous les secteurs sont représentés avec l’éducation-formation en tête (14,2 % des répondants du secteur privé), puis le secteur santé-pharmacie-biologie et celui de médias-culture (respectivement 12,8 % et 12,5 % des répondants du secteur privé).

19

Dans les entreprises publiques, le secteur de l’éducation-formation est omniprésent et écrase tous les autres (35,2 % des répondants du secteur public).

Le poids des associations et des PME de moins de 250 salariés

20

Un salarié sur deux travaille dans une entreprise de moins de 250 salariés et, parmi ces petites entreprises, sept d’entre elles sur dix sont des entreprises privées ou des associations [tableau 10]. Les petites entreprises et associations ont des salariés plus jeunes et plus récents dans les métiers de l’information-documentation. Les entreprises, privées ou publiques, de plus de mille salariés ont des personnels certes plus âgés, mais qui peuvent être récents dans les métiers de l’information-documentation.

Un lieu de travail où, contrairement à 1999, l’Île-de-France est moins représentée que l’ensemble des régions

21

Cinquante-six pour cent des répondants exercent dans une région autre que l’Île-de-France et 44 % travaillent dans celle-ci [tableau 11]. Parmi les régions représentées, Rhône-Alpes arrive en tête avec 10 % des réponses, suivie par Provence-Alpes-Côte d’Azur avec 5 % des réponses.

22

En régions, on trouve davantage de salariés travaillant dans le secteur public, notamment des bibliothécaires ou des enseignants formateurs. En Île-de-France, on trouve davantage de salariés travaillant dans le secteur privé, surtout des documentalistes spécialisés, des chargés d’études et de produits documentaires, des administrateurs de bases et banques de données et de sites web et des responsables de ressources documentaires.

23

Trente-six pour cent des répondants ont dû se déplacer géographiquement pour trouver un emploi. Parmi ceux-là, 42 % l’ont fait d’une région vers une autre région, 38 % d’une région vers Paris.

4 - Le métier

Parmi les métiers exercés, documentaliste généraliste arrive en tête, puis responsable de ressources documentaires et bibliothécaire/médiathécaire

24

Pour 29 % d’entre eux, les répondants sont des documentalistes généralistes, 17 % des responsables de ressources documentaires, 13 % des bibliothécaires/médiathécaires, 9 % des chefs de projet, veilleurs ou knowledge managers [tableau 12]. Les autres métiers proposés dans la liste sont peu représentés (moins de 3 % du total des réponses).

25

Le métier de documentaliste généraliste est présent dans le secteur privé (46,7 % d’entre eux) comme dans le secteur public (48,8 %). Celui de responsable de ressources documentaires est un peu plus présent dans le secteur public (53 % des responsables) que dans le secteur privé (44,7 %). Le métier de bibliothécaire est en revanche, sans surprise, un métier du secteur public (82,3 % des bibliothécaires). Les métiers de chef de projet-veilleur-KM et de documentaliste spécialisé sont les seuls à être davantage représentés dans le secteur privé (61,2 % des chefs de projet et 61 % des documentalistes spécialisés). Parmi les autres métiers on trouve des professeurs documentalistes, des animateurs, etc.

26

Quand on demande aux professionnels quel est l’intitulé qu’ils citent le plus spontanément pour désigner leur métier, plus de 1.500 répondants, soit près de la moitié, ont répondu « documentaliste », le nom de métier étant souvent accompagné d’un deuxième vocable précisant le premier : documentaliste « d’entreprise », documentaliste « scientifique », « professeur »-documentaliste… Après « documentaliste », on rencontre les citations spontanées de « bibliothécaire » et d’« archiviste ».

27

Pour deux répondants sur trois, l’information-documentation est le premier métier, notamment pour 86,1 % des moins de 35 ans et pour 91,3 % des détenteurs d’un diplôme professionnel en information-documentation.

28

Deux répondants sur trois ont connu deux entreprises ou administrations dans lesquelles ils ont exercé leur fonction d’information-documentation. Un sur deux occupe sa fonction depuis moins de cinq ans dans son entreprise-administration actuelle.

Huit professionnels sur dix travaillent dans une unité documentaire

29

Cinquante-cinq pour cent travaillent dans une petite unité, de une à trois personnes, mais 45 % travaillent dans des unités de quatre personnes ou plus.

Statut : une majorité de cadres encadrant de petites équipes

30

Pour 55 % d’entre eux, les répondants sont des cadres, d’ailleurs plus présents dans le secteur public (56 %) que dans le privé (41 %). 45 % sont des « non-cadres » [tableau 13]. Parmi les professionnels de statut cadre qui exercent une fonction d’encadrement, 6 sur 10 encadrent des équipes de petite taille, de une à quatre personnes. À noter également que, si 806 cadres encadrent des équipes, 186 non-cadres exercent également une fonction d’encadrement.

Le point de vue d’une responsable de formation

La finalité du système de formation est de préparer au mieux les futurs praticiens de l’information-documentation à exercer les activités qu’ils rencontreront sur le terrain professionnel, tout en leur permettant de développer une culture pluridimensionnelle (générale, méthodologique, organisationnelle et technologique). Ce système a également pour objectif de permettre aux formés d’acquérir une posture adaptée et de développer des capacités d’adaptation et d’évolution.

L’émergence de nouvelles fonctions et l’effet des mutations en cours font l’objet d’analyses d’impacts en matière pédagogique. Ainsi les programmes de formation sont constamment révisés et de nouvelles formations ciblées apparaissent.

C’est avec ce regard particulier qu’est envisagée ci-après l’enquête métiers 2005 de l’ADBS, en pointant particulièrement certains aspects.

Il apparaît tout d’abord que le diplôme professionnel est très représenté dans les réponses, voire déterminant, quel que soit son niveau (égalité des niveaux bac plus 2 à 3 et bac plus 4 à 8). Le niveau supérieur permettant plus facilement d’occuper une position de cadre, d’exercer des activités plus pointues.

Les résultats de cette enquête révèlent aussi que s’exprime une attente des organisations plus ciblée sur la gestion de l’information et de la documentation interne que sur les fonctions documentaires traditionnelles.

Ainsi le métier le plus souvent cité reste celui de documentaliste généraliste, mais la baisse est certaine par rapport à 1999 et illustre l’évolution en cours au profit des chefs de projet et des veilleurs. Si les métiers de l’information documentaire sont très bien représentés, ceux du records management et de la gestion des connaissances le sont assez peu. Mais les activités de veille et d’archivage sont malgré tout très présentes, la recherche d’information et les fonctions amont restant bien sûr l’activité première. Cet état de fait tient probablement à l’origine des répondants, les nouveaux métiers n’étant pas toujours identifiés comme relevant de la gestion de l’information dans l’entreprise.

L’importance de la formation continue en TIC, mais aussi en organisation, management, gestion, communication, marketing, efficacité personnelle, pointe l’importance de ces compétences ou aptitudes en situation professionnelle. De même, au-delà des activités documentaires traditionnelles citées, les activités organisationnelles, comme l’établissement d’indicateurs et de tableaux de bord ou l’élaboration de circuits d’information, affichent une importance significative. D’où la nécessité de leur prise en compte en formation initiale.

La représentation régionale devenant à présent majoritaire, une répartition géographique cohérente du système de formation s’impose plus que jamais.

Enfin l’augmentation des répondants ne travaillant pas dans des unités documentaires, la part importante des petites unités et la représentation massive des organisations de petite taille renvoient à la nécessité d’une bonne insertion dans le contexte organisationnel et d’un bon niveau de polyvalence permettant aux professionnels de l’I&D de prendre en charge différents aspects de la gestion de l’information et des documents d’entreprise.

Christiane Volant

IUT de Tours

Filière d’information- documentation

volant@ univ-tours. fr

Des salariés, disposant de contrats de type CDI dans le privé ou bien titulaires dans la fonction publique, travaillant à temps plein

31

Les répondants sont tous des salariés, à l’exception de 2 % de professions libérales ou travailleurs indépendants. 78 % des répondants ont des contrats « sécurisés », en CDI dans le privé ou bien titulaires dans la fonction publique [tableau 14].

32

Huit répondants sur dix travaillent à temps plein, deux sur dix à temps partiel [tableau 15], le plus souvent pour une quotité supérieure à 80 %. Le temps partiel reste majoritairement féminin : 21,7 % des femmes y ont recours, contre seulement 6 % des hommes.

5 - La rémunération

Une moyenne de salaire brut annuel de 29 729 euros

33

Les salaires des répondants à temps plein s’échelonnent de 15.433 euros à 98.526 euros brut par an [tableau 16]. Le salaire moyen est de 29.729 euros et le salaire médian de 26.258 euros. Le calcul des salaires a été fait sur la base de 1.670 salariés travaillant à temps plein, après vérification de la vraisemblance des données ; cet échantillon plus réduit reste malgré tout significatif.

34

Le salaire s’élève avec l’âge et le niveau de formation initiale. Les professionnels ayant des formations initiales en droit-économie-finances et en sciences sont les plus rémunérés. Les hommes sont plus présents dans la tranche de rémunération brute annuelle de 50.000 euros et plus.

35

Les cadres en général, les métiers de responsables de ressources documentaires et les chefs de projets-veilleurs-knowledge managers ont également des rémunérations supérieures à la moyenne. Les bibliothécaires sont davantage représentés dans la tranche de salaires inférieurs à 20.000 euros.

36

Les salaires les plus faibles sont un peu plus concentrés dans l’administration et en régions, les salaires les plus élevés sont davantage présents dans les entreprises privées, les organisations internationales et en Île-de-France. Le salaire s’élève également avec la taille de l’entreprise et le nombre de personnes travaillant dans l’unité documentaire.

37

Les contrats « sécurisés » sont mieux rémunérés que les contrats précaires et, dans le secteur privé, les possesseurs de contrats de type CDI sont, dans l’ensemble, mieux rémunérés que les titulaires de la fonction publique.

38

Les personnes servant des publics internes sont mieux rémunérées que celles servant des publics externes ou des publics mixtes. Les personnes à rémunération plus élevée externalisent davantage une partie de leurs activités. Elles sont également plus satisfaites de leur travail.

Le point de vue d’un spécialiste des emplois et des qualifications

L’enquête conduite par l’ADBS confirme quelques idées fortes que l’on a pu observer sur la professionnalité des métiers de l’information et documentation. Les niveaux de qualification demandés y sont généralement élevés, mais les employeurs exigent aussi une forte adéquation entre formation et emploi. Avoir une formation correspondant aux besoins de la profession constitue incontestablement un avantage pour y entrer. Mais le recours à la formation continue est également plus élevé que dans d’autres domaines professionnels où le niveau de qualification est comparable, ce qui est à mettre en relation avec l’importance qu’ont prises les nouvelles technologies de l’information et des communications dans ce secteur.

Concernant la structure du marché du travail, les résultats de l’enquête rejoignent également les tendances observées dans les statistiques de la DARES ou dans les enquêtes d’insertion du CEREQ. Le poids du secteur public et parapublic influence largement les accès à la profession. De ce fait, la part des emplois à durée illimitée (c’est-à-dire les contrats à durée indéterminée et les emplois de fonctionnaires) est relativement élevée. Les recrutements se font principalement par la réponse à des petites annonces et par l’obtention de concours administratifs, alors que l’accès à l’emploi via les intermédiaires du marché du travail (APEC ou ANPE) est assez rare.

Mais un des intérêts majeurs de l’enquête de l’ADBS est de nous livrer des informations précieuses et assez rares dans les statistiques nationales sur le poids des différentes fonctions réellement exercées dans la profession. Descriptif des activités, des compétences mises en œuvre, des outils utilisés – autant d’informations qui vont être de plus en plus capitales pour l’orientation et la formation des jeunes alors qu’à l’école les choix professionnels de ceux-ci se font encore trop souvent sans réelles connaissances des emplois qui leur seront proposés sur le marché du travail.

Jean-François Giret

Ingénieur de recherche au Centre d’étude et de recherche sur les qualifications (CEREQ)

Coauteur d’un ouvrage intitulé Des formations pour quels emplois ? (La Découverte, 2005)

giret@ cereq. fr

39

Les adhérents à une association professionnelle sont davantage présents dans les tranches de revenus supérieurs à 30.000 euros.

40

Les croisements, proposés dans les tableaux 17 à 21, entre la rémunération annuelle brute en 2004 et divers critères (statut de l’entreprise, secteur d’activité de celle-ci, région d’implantation, métier exercé et niveau de diplôme professionnel) indiquent le détail par tranche de salaire. La couleur rouge y signale les attractions relatives entre les lignes et les colonnes (ces attractions sont visibles grâce au pourcentage à l’écart maximum développé par Philippe Cibois, professeur à l’Université de St-Quentin-en-Yvelines).

41

À titre de comparaison avec nos résultats, nous pouvons considérer ceux de trois autres enquêtes.

42

La première est parue dans le numéro 1636 du 22 octobre 2004 de l’hebdomadaire Le Point. Les moyennes sur les rémunérations annuelles brutes des documentalistes dans trois branches étaient les suivantes : 35.231 euros dans les services, 36.310 euros dans l’industrie agroalimentaire et 34.528 euros dans la banque et l’assurance. Le différentiel peut s’expliquer par les secteurs d’activité ci-dessus, dont on sait qu’ils proposent des rémunérations supérieures à la moyenne nationale, notamment pour la banque et l’assurance.

43

Une autre a été publiée par L’Express, dans son numéro 2845 du 12 janvier 2006 ; elle a été réalisée d’après le Guide des salaires de Comundi. D’après cette enquête, le salaire brut annuel médian du documentaliste était de 29.400 euros en 2005, avec 5 % de part variable. Des coefficients permettent de pondérer par secteur, région et ancienneté. Le salaire moyen de notre enquête, 29.729 euros, est donc très proche de celui de L’Express.

44

La troisième enquête a été réalisée en 2005 par Acteurs publics et le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) ; elle porte sur la rémunération des communicants du secteur public. Selon les fonctions publiques considérées (d’État, territoriale ou hospitalière), 25 à 40 % ont une rémunération inférieure à 25.000 euros, 30 à 50 % comprise entre 30 et 40.000 euros, et environ 20 % supérieure à 40.000 euros. Ce qui tend à démontrer que les rémunérations entre professionnels de l’I-D et de la communication sont voisines.

6 - L’activité professionnelle

En tête des activités des professionnels, la recherche d’informations et l’accueil des publics

45

Parmi les activités pratiquées, 81 % des répondants ont cité la recherche d’informations, 68 % le traitement documentaire, 59 % l’accueil des publics sur place, 57 % la gestion des acquisitions et 52 % la formation des utilisateurs. L’administration de bases documentaires ou de systèmes intégrés de gestion de bibliothèques (SIGB) et l’alimentation de sites n’arrivent respectivement qu’en 5e ou 6e position, mais elles concernent cependant 45 % des répondants [tableau 22].

46

Chaque personne exerce en moyenne six activités, ce qui implique une grande diversité de tâches. Le clivage des activités n’est pas lié au métier ni au statut de l’entreprise.

Des publics internes et externes ou seulement internes

47

Cinquante-quatre pour cent des répondants servent des publics à la fois internes et externes, mais 38 % des publics seulement internes. Ceux qui gèrent des publics internes travaillent d’abord dans l’éducation-formation (30,5 %) mais aussi dans le secteur banque-assurance (8,1 %) et dans l’industrie (7,6 %). Une personne sur deux réalise des relevés de besoins et/ou des enquêtes de satisfaction.

Des documents internes et externes

48

Soixante-six pour cent des répondants gèrent des documents à la fois internes et externes et 18 % des documents seulement internes. Ces derniers un peu plus souvent dans le secteur public (58 %). 16 % des professionnels ne travaillent que sur des documents externes à leur entreprise ou administration.

Les logiciels bureautiques, les plans de classement et les thésaurus en tête des outils de travail

49

Pour 88 % d’entre eux, les répondants utilisent des logiciels bureautiques, 74 % des plans de classement et des thésaurus, 66 % des logiciels documentaires et 40 % des SGBD [tableau 23].

50

Les professionnels utilisant des plans de classement et des thésaurus ainsi que des logiciels sont un peu plus nombreux dans le public (respectivement 57,5 % et 59,7 % de ceux qui utilisent ces outils), les professionnels utilisant des outils de groupware sont un peu plus nombreux dans le privé (55,4 % de ceux qui en utilisent).

51

Vingt-six pour cent des répondants utilisent des logiciels libres, principalement des professionnels travaillant dans le secteur public.

52

Et 22 % des professionnels externalisent une partie de leur activité, notamment la gestion des abonnements. Ceux qui externalisent une partie de leur activité travaillent aussi bien dans le privé que dans le public (respectivement 49 % et 47,5 % des personnes ayant répondu positivement), et dans toutes les tailles d’entreprise : 38,5 % d’entre eux travaillent dans des entreprises de moins de 250 salariés.

53

Enfin, 62 % des répondants participent à une démarche de travail collaboratif et 60 % des répondants participent à une démarche de gestion de projet.

7 - L’appréciation du travail

Un niveau de satisfaction du travail largement positif mais une perception plus mitigée de la reconnaissance de la fonction documentaire au sein de l’entreprise

54

Vingt pour cent des répondants s’estiment très satisfaits de leur travail, 64 % plutôt satisfaits de leur travail [tableau 24], le niveau de satisfaction étant plus élevé chez les cadres.

55

Quatorze pour cent des répondants estiment que la fonction documentaire est tout à fait reconnue dans leur entreprise, 41 % qu’elle est plutôt reconnue, mais 38 % estiment qu’elle l’est assez peu [tableau 25]. On trouve ces affirmations positives ou négatives autant dans le secteur privé que dans le secteur public.

56

Parmi les motifs de satisfaction les plus importants, 57 % des répondants ont cité l’autonomie, 47 % l’intérêt du domaine, 45 % la diversité des activités, 45 % également l’utilité du métier et du service rendu aux utilisateurs ; mais seulement 12 % l’utilisation des TIC [tableau 26]. Dans le secteur privé comme dans le secteur public on apprécie d’abord l’autonomie (respectivement 59,5 % et 55,2 % des répondants). On apprécie ensuite dans le secteur privé l’intérêt du domaine (46,9 % des répondants de ce secteur) et dans le service public l’utilité du métier et du service rendu (49,9 % des répondants du public).

57

Parmi les aspects qui déplaisent le plus : le manque de reconnaissance dans la fonction, cité par 51 % des répondants, l’absence d’évolution de carrière (49 % des répondants) et le niveau de salaire (43 % des répondants) [tableau 27]. Dans le secteur privé on se plaint d’abord de l’absence d’évolution de carrière (50,9 % des répondants de ce secteur), dans le public-parapublic on se plaint d’abord du manque de reconnaissance dans la fonction (55,2 % des répondants du public).

58

Vingt-deux pour cent des répondants envisageraient de quitter les métiers de l’information-documentation, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé, et ce pour diverses raisons : le manque d’évolution professionnelle, le trop faible nombre de postes, mais aussi pour changer tout simplement.

8 - Les compétences, la formation continue

Rigueur, curiosité, organisation, des qualités utiles pour des métiers en forte évolution

59

Parmi les compétences les plus citées (ce sont d’ailleurs plutôt des aptitudes !), on trouve les qualités suivantes : rigueur, curiosité, organisation, autonomie, réactivité, adaptabilité…

60

Sur l’évolution de leur métier pour les cinq ans à venir, les professionnels voient des convergences avec les métiers de la qualité, du workflow, de la communication. La concurrence viendrait de métiers proches qui ont ajouté une « brique documentaire » à leur compétence première. Dans le même ordre d’idées, certains professionnels pensent que leur métier nécessite un cumul de compétences : en technologies de l’information, en valeur ajoutée donnée aux informations brutes et aussi en assistance et conseil ciblés aux utilisateurs des systèmes d’information documentaires.

Des professionnels qui continuent à se former

61

En 2004, 63 % des répondants ont suivi au moins un stage en formation continue, mais 37 % n’ont suivi aucun stage [tableau 28]. Ces chiffres étaient sensiblement équivalents en 2003 et 2002. Les salariés du secteur public sont un peu plus favorisés que ceux du secteur privé en nombre de stages suivis. Parmi les professionnels qui ont profité de stages en 2004, 51 % ont suivi des stages sur les technologies web et les portails, 50 % sur les techniques documentaires, 23 % des stages en organisation-management-gestion, 22 % en environnement bureautique.

9 - Les réseaux d’information

Des professionnels participant à des associations professionnelles et à des réseaux d’échange variés

62

Soixante et un pour cent des répondants sont adhérents à une association professionnelle. Ceux-là ont cité d’abord l’ADBS, puis d’autres associations professionnelles et ensuite les associations d’anciens élèves [tableau 29]. Parmi les autres associations ou réseaux, on trouve l’Association belge de documentation, l’ACIEGE, Ascodocpsy, le Réseau national des documentalistes hospitaliers, le GFII, Juriconnexion, Prisme, le SCEREN, et des clubs d’éditeurs de logiciels documentaires. Soixante et un pour cent des personnes ayant répondu participent à différents réseaux ou bien sont tout simplement abonnés à une liste de diffusion : adbs.info, biblio.fr, cdidoc, etc.

10 - Quatre types de professionnels de l’information-documentation

63

On retiendra des typologies différenciées de populations dont la ligne de partage se structure autour de quatre variables très structurantes : âge, secteur privé/secteur public, Île-de-France/régions, cadres/non-cadres.

64

• Typologie A (864 répondants) : les technicistes. Plutôt des documentalistes spécialisés ou administrateurs de bases de données ou des webmestres, diplômés en information-documentation (tous niveaux), non cadres, travaillant dans le secteur privé, en Île-de-France ou en régions, adhérents à l’ADBS.

65

• Typologie B (1.211 répondants) : les animateurs. Plutôt des responsables documentaires, de sexe masculin ou féminin, âgés de plus de 35 ans, diplômés en information-documentation et plus particulièrement au niveau DEA-DESS, cadres, travaillant plutôt dans le secteur privé, en Île-de-France, souvent adhérents à l’ADBS.

66

• Typologie C (636 répondants) : les pédagogues. Plutôt des enseignants-formateurs, âgés de plus de 45 ans, sans diplôme professionnel ou ayant un autre diplôme professionnel que ceux cités, cadres, travaillant dans le secteur public, en régions autres que l’Île-de-France.

67

• Typologie D (628 répondants) : les classiques. Plutôt des bibliothécaires, de moins de 35 ans, diplômés en information-documentation niveau bac plus 2, non-cadres, travaillant dans le secteur public, en régions autres que l’Île-de-France.

Que révèle cette enquête, que peut-elle apporter à la définition de la stratégie de l’ADBS ?

Commentaires de Catherine Thiolon, vice–présidente de l’ADBS chargée de la communication et responsable du projet Enquête 2005

Ce qu’est cette enquête et ce qu’elle n’est pas…

Il s’agit d’une enquête quantitative portant sur une population importante, en nombre absolu de répondants et en poids par rapport à la population totale des professionnels de l’information-documentation.

Les 3.339 professionnels qui y ont répondu l’ont fait sur la base du volontariat et ne constituent donc pas (en terme statistique) un échantillon représentatif de la population de l’« info-doc ». Pour construire un tel échantillon, il nous faudrait connaître la structure de la population totale chiffrée par la DARES en 2002 à 32.832 personnes, sans plus de précisions.

Si toute extrapolation sur la population des professionnels « dans son ensemble » est hasardeuse, ce n’est pas le cas de l’interprétation que l’on peut faire des chiffres en tant que tels, surtout sur un volume de réponses aussi important.

De plus, les répondants aux diverses enquêtes sont différents, comme individus et comme population, composée à 100 % d’adhérents de l’ADBS dans l’enquête de 1999, et à seulement 50 % dans celle de 2005.

Ce n’est pas une enquête qualitative mettant en évidence l’émergence des signaux faibles (comme disent les scientifiques) ou des scénarios visionnaires d’évolution… De plus, certaines questions ne figuraient pas dans l’enquête 1999, les répondants ne sont pas les mêmes personnes, et il est donc difficile d’en déduire des évolutions de tendances scientifiquement pertinentes.

Mais alors ?

Dans une enquête professionnelle, recevoir des réponses de 3.339 personnes, soit 10 % d’une population, est exceptionnel, surtout quand cette enquête n’est conduite que par voie électronique : cela démontre à la fois l’aisance de cette population dans l’usage des TIC et un fort sentiment d’appartenance à une communauté dans laquelle chacun souhaite se positionner.

Comme pour toute enquête quantitative, les données recueillies sont riches, et en fournir une interprétation pleine de sens demande des tris croisés fins. Les résultats bruts donnent dans un premier temps l’impression de mesurer des choses connues par tous ou de conforter une inertie certaine. Mais des informations de rupture n’auraient-elles pas été déconcertantes ?

Ces données étant très volumineuses, il est parfois difficile de s’en faire une idée claire et originale : chacun peut en retenir des informations sur ce qui le concerne le plus et les conclusions tirées peuvent différer d’un individu à l’autre. La fameuse bouteille à moitié pleine ou vide !

D’autant plus qu’on aimerait aussi faire des liens avec des informations recueillies sur d’autres bases, comme l’observatoire de l’emploi, celui des formations, bref avoir une vison complète, cohérente et évolutive du secteur de l’I&D : c’est sans doute un objectif à fixer à l’ADBS et une piste collective d’actions, mais ce n’est pas l’analyse concrète de cette enquête !

Que retenir de cette enquête ?

Certaines données sont constantes, malgré les années et des répondants différents : on peut penser qu’on peut les extrapoler sur l’ensemble de la population. Cette constance porte principalement sur le rapport femmes/hommes, la pyramide des âges, le niveau de formation professionnelle (même si maintenant les familles bac plus 0 à 3 et bac plus 4 à 8 sont de même ordre), le descriptif des activités, l’importance de la formation continue, le pourcentage de cadres et non-cadres, le taux de satisfaction dans le métier, etc.

Des changements notables sont observés : l’inversion du poids de l’Île-de-France par rapport à celui des régions, le poids du secteur public et para-public, la baisse de la place des TIC dans les motifs de satisfaction (pour 12,2 % des répondants de 2005 contre 50 % en 1999) mais pas dans les stages de formation continue (qui représentent 51 % du total des stages suivis), preuve de la banalisation de leur usage.

Ce qui me paraît le plus intéressant à noter, à ce stade de lecture des données recueillies, c’est à la fois ce qui va à l’encontre des idées reçues et les « aspérités » ou nouveautés (on ne peut parler d’incohérences) qui interpellent et demandent une analyse plus fouillée.

Les principaux enseignements allant contre les idées reçues : 81 % des répondants travaillent dans une unité documentaire ; 80 % font des recherches pour les usagers ; 60 % accueillent du public sur place ; ils ont un statut pérenne (76,5 %), travaillent à temps plein (80,5 %), estiment leur salaire correct…

Et ce qui interpelle : une personne a en moyenne six activités, ce qui met l’accent sur la polyvalence du métier, et le terme de documentaliste généraliste, qui est le plus fréquemment utilisé par les professionnels, semble bien justifié. Mais les activités sont très diverses et ont beaucoup évolué : 45 % alimentent un SIGB, 45 % gèrent ou alimentent un site web, 37 % font de la veille… Les démarches projets sont très présentes et 60 % des répondants y sont engagés. La gestion de la documentation interne, comme le service auprès d’un public interne, sont prépondérants et entraînent un salaire plus élevé : c’est la preuve, comme l’avait montré le diagnostic de l’étude sur la campagne image [voir : L’image des métiers de l’I-D : diagnostic et recommandations pour une communication active, Documentaliste – Sciences de l’information, déc. 2003, vol. 40, n° 6, p. 396-400], que, pour être reconnus, les professionnels doivent participer pleinement au cycle de production de leur entreprise ou administration.

La force du réseau et l’adhésion à des associations professionnelles sont bénéfiques : les adhérents sont davantage présents dans les tranches de revenus supérieurs et parmi les plus satisfaits de leur travail ; sans qu’on sache ce qui est la cause ou la conséquence !

L’information-documentation est un secteur d’activité jeune, dont le professionnalisme s’est accompagné d’études supérieures spécialisées. Il est donc logique de trouver plus de diplômés professionnels chez les plus jeunes et, parmi les personnes dont c’est le premier métier, une écrasante proportion de jeunes et de diplômés professionnels. Cela montre bien l’adéquation entre la formation professionnelle et le métier.

Une interrogation sur la double compétence : cette question n’a pas été explicitement posée, mais cette enquête révèle des éléments intéressants. Parmi les doubles détenteurs d’une formation initiale de niveau bac plus 4 à 8 et d’un diplôme en I&D de niveau bac plus 4 ou davantage, les jeunes sont de loin les plus nombreux. Les professionnels diplômés en économie, finances et droit et en sciences sont les mieux rémunérés.

La stratégie de l’ADBS pour la suite…

Un travail complémentaire est à conduire pour analyser les réponses aux questions ouvertes, notamment sur les autres métiers exercés, le développement des aspects positifs ou négatifs du métier, les raisons éventuelles de le quitter, l’évolution prévisible, les attentes vis-à-vis d’une association professionnelle. Mais dépouiller deux à trois mille réponses rédigées par question ouverte est un travail titanesque !

Il faut traduire tous ces chiffres en décisions stratégiques et en actions concrètes.

La typologie des familles organisée autour de variables structurantes montre la diversité de cette population professionnelle. Il faut voir la profession telle qu’elle est : les adhérents de l’ADBS sont plus formés et présents dans les métiers les plus récents, émergents, certains diraient qu’ils représentent l’avancée des professionnels. Il y a une « base » moins diplômée, moins experte, plus isolée, travaillant plutôt en région et exerçant des métiers à caractère « pédagogue » ou « plus classique ». L’ADBS ne peut certainement pas apporter seule des produits et des services satisfaisant les besoins de tous mais si l’association veut élargir son assise pour améliorer sa représentativité et son poids auprès des tutelles et des partenaires, il lui faut sans doute diversifier ses approches en segmentant son offre de produits et services, en étant plus proche de ses adhérents des régions et en travaillant davantage en interassociation.

Catherine Thiolon

catherine. thiolon@ versailles. inra. fr

68

DÉCEMBRE 2005


Annexe

Les principaux résultats

Tableau 1 - Classes d’âgesTableau 1
Tableau 2 - Niveau de diplôme en Info-DocTableau 2
Tableau 3 - Niveau de formation initiale, hors information-documentationTableau 3
Tableau 4 - Répartition par âge des détenteurs d’un double diplôme de niveau égal ou supérieur à bac +4Tableau 4
Tableau 5 - Mode d’obtention du dernier emploiTableau 5
Tableau 6 - Éléments déterminants pour l’obtention du dernier emploiTableau 6
Tableau 7 - Statut de l’entreprise (regroupé)Tableau 7
Tableau 8 - Statut de l’entreprise (détaillé)Tableau 8
Tableau 9 - Secteur d’activité de l’entrepriseTableau 9
Tableau 10 - Nombre de salariés dans l’entrepriseTableau 10
Tableau 11 - Lieu de travailTableau 11
Tableau 12 - Métier pratiquéTableau 12
Tableau 13 - StatutTableau 13
Tableau 14 - Type de contrat de travail (1)Tableau 14
Tableau 15 - Type de contrat de travail (2)Tableau 15
Tableau 16 - Rémunération annuelle bruteTableau 16
Tableau 17 - Croisement Rémunération annuelle brute en euros 2004 / Statut de l’entrepriseTableau 17
Tableau 18 - Croisement Rémunération annuelle brute / Secteur d’activité de l’entrepriseTableau 18
Tableau 19 - Croisement Rémunération annuelle brute en euros 2004 / Région de travailTableau 19
Tableau 20 - Croisement Rémunération annuelle brute / MétierTableau 20
Tableau 21 - Croisement Rémunération annuelle brute en euros 2004 / Niveau de diplôme proTableau 21
Tableau 22 - Activités dans le domaine de l’information-documentationTableau 22
Tableau 23 - Outils de travail utilisésTableau 23
Tableau 24 - Niveau de satisfaction par rapport au travail actuelTableau 24
Tableau 25 - Fonction documentaire reconnue et valorisée dans l’entreprise ?Tableau 25
Tableau 26 - Vos motifs de satisfactionTableau 26
Tableau 27 - Les aspects qui vous déplaisent le plus dans votre activité actuelleTableau 27
Tableau 28 - Nombre de stages de formation continue suivis en I&D en 2004Tableau 28
Tableau 29 - Appartenance à une associationTableau 29

Résumé

Français

Comme elle le fait régulièrement depuis 1964, l’ADBS a conduit entre juin et août 2005 une enquête sur les professionnels de l’IαD qui permet d’actualiser les données recueillies en 1993 et 1999. L’objectif de l’association était de mieux cerner l’évolution d’une profession dont les contours évoluent au gré des mutations technologiques, économiques et politiques, à l’instar des métiers fortement liés aux technologies de l’information. Cet article analyse les principaux résultats de cette enquête sur les statuts, les rémunérations, les niveaux de formation, les pratiques, les outils utilisés, la mobilité, etc. Et propose en contrepoint des réactions de plusieurs professionnels sur les évolutions que révèle ou confirme cette enquête.

Plan de l'article

  1. 1 - Qui sont les répondants ?
    1. Comme en 1999, ce sont des femmes, souvent jeunes, et titulaires d’un diplôme professionnel
    2. Un niveau élevé de formation initiale (hors information-documentation), notamment chez les plus de 35 ans
  2. 2 - La situation professionnelle
    1. Une très grande majorité de répondants actifs
    2. Les offres d’emploi et les concours comme principaux modes de recrutement
  3. 3 - L’entreprise
    1. Le secteur public et parapublic l’emporte de peu sur le privé mais le dépasse quand même de trois points
    2. Parmi les domaines d’activité, l’éducation-formation est en tête, suivie par les médias et la culture
    3. Le poids des associations et des PME de moins de 250 salariés
    4. Un lieu de travail où, contrairement à 1999, l’Île-de-France est moins représentée que l’ensemble des régions
  4. 4 - Le métier
    1. Parmi les métiers exercés, documentaliste généraliste arrive en tête, puis responsable de ressources documentaires et bibliothécaire/médiathécaire
    2. Huit professionnels sur dix travaillent dans une unité documentaire
    3. Statut : une majorité de cadres encadrant de petites équipes
    4. Des salariés, disposant de contrats de type CDI dans le privé ou bien titulaires dans la fonction publique, travaillant à temps plein
  5. 5 - La rémunération
    1. Une moyenne de salaire brut annuel de 29 729 euros
  6. 6 - L’activité professionnelle
    1. En tête des activités des professionnels, la recherche d’informations et l’accueil des publics
    2. Des publics internes et externes ou seulement internes
    3. Des documents internes et externes
    4. Les logiciels bureautiques, les plans de classement et les thésaurus en tête des outils de travail
  7. 7 - L’appréciation du travail
    1. Un niveau de satisfaction du travail largement positif mais une perception plus mitigée de la reconnaissance de la fonction documentaire au sein de l’entreprise
  8. 8 - Les compétences, la formation continue
    1. Rigueur, curiosité, organisation, des qualités utiles pour des métiers en forte évolution
    2. Des professionnels qui continuent à se former
  9. 9 - Les réseaux d’information
    1. Des professionnels participant à des associations professionnelles et à des réseaux d’échange variés
  10. 10 - Quatre types de professionnels de l’information-documentation

Pour citer cet article

Ranjard Sophie, Giret Jean-François, Thiolon Catherine, Velten Dominique, Volant Christiane, « Professionnels de l'information-documentation, qui êtes-vous ? Résultats de l'enquête ADBS 2005», Documentaliste-Sciences de l'Information 1/2006 (Vol. 43) , p. 14-27
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2006-1-page-14.htm.
DOI : 10.3917/docsi.431.0014.


Pages 14 - 27 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback