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Documentaliste-Sciences de l'Information

2006/1 (Vol. 43)

  • Pages : 98
  • DOI : 10.3917/docsi.431.0043
  • Éditeur : A.D.B.S.

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LE SECTEUR DE LA SANTÉ, SECTEUR COMPLEXE S’IL EN est, impose la mise en place de différents types de veille afin de venir en aide aux décideurs. La veille doit leur apporter l’éclairage le plus opportun sur des stratégies et des décisions qui, si elles ne sont pas opportunes, peuvent s’avérer catastrophiques pour la société.

Le concept de veille dans le secteur de la santé

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La mise en œuvre d’un système de veille doit permettre d’une part de réduire les incertitudes et d’autre part d’accroître les opportunités. Il s’agit de surveiller en permanence un environnement qui est en perpétuel changement afin d’anticiper les évolutions. Comme toute décision vient de la conjonction d’une compétence et d’une information, il faut, pour décider, disposer des informations nécessaires, quelle que soit leur nature : utile, formelle ou informelle, blanche, grise ou noire, critique ou fatale.

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Toutefois, ces différents types d’information permettent de distinguer l’information documentaire de la veille. La première s’inscrit dans un triangle : information blanche, formelle et utile ; la seconde dans le triangle information grise, informelle et critique. L’information noire relevant, pour sa part, de l’espionnage.

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Cette veille va être utile pour anticiper, limiter les risques, progresser et innover. Elle doit pour cela permettre de détecter les changements, les dangers, les écarts et les idées nouvelles.

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La mise en place d’une veille devra commencer par identifier les besoins. Elle suivra ensuite le cycle habituel de l’information : recherche des informations, traitement et diffusion, pour revenir à l’expression des besoins. À ce cycle correspond le cercle vertueux de la veille. À partir de questions opérationnelles stratégiques, les acteurs de la veille vont capter et transmettre les informations internes et externes qui devront être validées et mémorisées puis traitées pour permettre aux clients de la veille de décider et d’agir.

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L’information acquise par le veilleur devient une information à valeur ajoutée qu’il faut protéger, même s’il existe des risques d’erreur (risques dus à la désinformation, à des défaillances dans la recherche, etc.) et des failles. En effet, ce que l’on souhaite ne correspond pas forcément à ce dont on a besoin. Il est important de chercher à bénéficier du principe de sérendipité qui est la capacité de savoir utiliser ce que l’on ne s’attendait pas à trouver.

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La veille recouvre plusieurs dimensions que l’on peut caractériser selon les types de veille : technologique et scientifique, juridique et réglementaire, sociétale. On peut également opposer une veille « passive » à une veille « active ». La première consiste à surveiller ses concurrents directs (produits, services), la réglementation, la conjoncture, les comportements des acteurs, etc. La seconde se propose de parvenir à détecter les entrants potentiels, les clients potentiels, les risques pays, etc. ; elle doit permettre de détecter les signaux précoces.

La journée

Panorama de la veille en santé. Par Cécilia Fabry, chef de projet en sciences de la vie au sein du service Veille de l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST) du CNRS, Nancy

Le concept de veille dans le secteur de la santé : une approche multiple pour tenter de résoudre un problème complexe. Par Jean-Pierre Bernat, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), Montpellier

Organiser la veille en santé publique : le projet de veille en réseau de la BDSP. Par Isabelle Le Bis, École nationale de la santé publique, Rennes

Une expérience de huit ans de veille en santé sur Internet : la bibliothèque médicale AF Lemanissier de l’hôpital du Mans. Par le docteur Vincent Flurin, pédiatre hospitalier, hôpital du Mans

Mise en place d’une méthodologie de veille sur le diabète : utilisation d’un outil de text mining à des fins de comparaison des projets de recherche France-États-Unis. Par Clotilde Aubertin, Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), Paris et GERSIC, Université Aix-Marseille 3

Panorama des outils de veille sur Internet : quels outils pour quels besoins ? Par Véronique Mesguich, Infothèque du pôle universitaire Léonard de Vinci, Paris

Intelligence marketing et benchmarking concurrentiel : application dans le domaine de la santé. Par Pierre Ravot, Australis

Conclusion. Par Parina Hassanaly, Université Aix-Marseille 3

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Pour réussir, il faut résister à l’emprise du mythe de l’outil technologique : c’est l’homme et les analyses préalables qu’il aura faites qui seront déterminants, sans oublier qu’il s’agit d’abord d’une activité de réseaux qui ne peut être exercée de façon solitaire.

Panorama de la veille en santé

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Le processus de veille distingue plusieurs phases : la veille documentaire, la veille spécialisée, la veille stratégique (concurrentielle, économique, etc.). La mise en place d’un processus de veille implique une chaîne de traitement de l’information qui comprend notamment une sélection de sources pertinentes et l’utilisation d’outils afin d’automatiser certaines tâches. Le traitement qui en résulte comprend les trois phases de collecte, d’analyse et de diffusion de l’information.

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La collecte de l’information doit exploiter à la fois les sources scientifiques (bases de données bibliographiques, factuelles, multidisciplinaires ou thématiques), les sources brevets et les sites web, news, forums de discussion, listes de diffusion et autres sources accessibles par Internet. Cette collecte de l’information nécessite une bonne sélection des outils (moteurs de recherche, métamoteurs généralistes ou spécialisés, outils de surveillance automatisée, alertes, profils) et la connexion régulière sur des sites sélectionnés.

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L’analyse de l’information requiert des outils de traitement qui permettent l’analyse textuelle, statistique et cartographique, la catégorisation, etc. En raison de la difficulté du choix de tels outils, le service de veille de l’Institut de l’information scientifique et technique a mis en place une étude de benchmarking des outils d’analyse. L’INIST recense et décrit ainsi des outils de veille disponibles sur le marché ; il propose aussi des méthodes et des tests en ligne, et il tente d’initier une démarche collaborative d’analyse d’outils avec d’autres partenaires.

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La diffusion de l’information se fait à l’aide d’outils de type push, de l’intranet, de la rédaction de lettres d’information, de synthèses, d’analyses bibliométriques selon les attentes des utilisateurs.

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Un exemple de veille en santé : l’opération engagée en partenariat par l’INIST et l’association Sidaction pour améliorer l’efficacité du dispositif de lutte contre le sida. Des actions sont en cours : webographie du DVD-ROM Le sida des jeunes, synthèses documentaires couplées à des actualités scientifiques et accessibles sur le site de l’INIST, portail Internet d’information, bibliographies, profils, etc. Tous ces outils d’information sont régulièrement mis à jour.

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La mise en place d’un service de veille démontre l’importance du travail en réseau et du partage des expériences, et participe à l’évolution du métier des professionnels de l’information et de la documentation. Cette démarche nécessite une définition précise des objectifs, le choix d’outils pertinents et l’utilisation des ressources en interne.

Le projet de veille en réseau de la BDSP

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La Banque de données Santé publique est un réseau français de coopération pour la mise en ligne de sources d’information en santé publique. La coordination du réseau, sous la direction d’un comité de pilotage national, est assurée, à l’École nationale de la santé publique (ENSP, Rennes), par le directeur opérationnel avec l’appui de l’Atelier d’études et développement de la BDSP.

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Le réseau des producteurs comprend une soixantaine d’institutions de tailles et de fonctions très diverses : de l’INIST, la Bibliothèque interuniversitaire de médecine ou l’ENSP aux agences sanitaires et aux observatoires régionaux de santé (ORS), en passant par les centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales, des centres de recherche ou des réseaux associatifs.

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La santé publique n’est pas à proprement parler une discipline mais plutôt un champ de la connaissance faisant intervenir, outre l’épidémiologie et l’évaluation du risque, aussi bien les sciences humaines que l’économie et la gestion. Les approches de la santé publique sont donc multiples au sein du réseau, depuis des structures ayant une approche « population » (les personnes âgées, les travailleurs salariés) ou une approche « problème de santé » (toxicomanie, sida, alcoolisme) jusqu’à des structures ayant des missions institutionnelles (ORS, agences sanitaires, ENSP, etc.). Les missions sont donc variées, de même que les structures documentaires.

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Quelle que soit leur taille, toutes les structures documentaires du réseau ont pris la mesure de l’enjeu que représente l’information électronique et de la nécessité de s’organiser pour la traiter de façon adéquate. Un groupe de travail a donc été constitué avec deux objectifs : confronter les pratiques à des fins d’enrichissement mutuel, avec comme perspective l’élaboration d’un ou de plusieurs modèles si cela s’avère possible ; envisager, à partir des pratiques, des axes de mutualisation et imaginer un produit.

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Le programme du groupe de travail balaye l’ensemble des activités liées à la veille :

  • stratégie : construction du périmètre thématique, liste des sources, heuristique, etc. ;

  • pratique : organisation du travail, instrumentation, compétences, publics associés ;

  • capitalisation des résultats en marge de la chaîne documentaire ;

  • sélection : éléments retenus, critères de forme et de contenu, gestion des sources multiples et des versions, prise en compte du contexte légal ;

  • traitement particulier des documents électroniques, intégration et articulation avec le traitement des supports actuels ;

  • suivi d’utilisation, attentes et pratiques observées chez les utilisateurs.

Les deux premières réunions ont mis en évidence deux préoccupations distinctes au sein du réseau : d’une part la nécessité d’une veille très réactive, comme elle l’est pratiquée dans tout type d’organisation (identification des éléments nouveaux dans le domaine d’intérêt, diffusion aux personnes concernées et réactivation du circuit) ; d’autre part la nécessité de traiter et d’intégrer très rapidement dans les catalogues des centres de documentation des documents paraissant simultanément sous format papier et sous format électronique, et de plus en plus sous format exclusivement électronique. L’enjeu est de taille pour la BDSP car les documents traités par les producteurs sont intégrés et retraités par l’Atelier d’études et de développement. Les délais entre l’identification des ressources et leur mise à disposition pour le réseau constituent un frein à la performance globale du système.

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En terme de méthodes, l’identification des thématiques de veille remet souvent en question le positionnement des centres de documentation au sein de leurs organisations. Celles qui sont cloisonnées (la plupart du temps de taille importante) sont ainsi enclines à proposer des approches de veille transversales. La conséquence immédiate en est un regain d’intérêt des usagers pour les services documentaires qui leur sont proposés. La charge de travail, le partage du travail, les outils utilisés et les documents traités touchent directement, quant à eux, les compétences professionnelles à mettre en œuvre dans le cadre des pratiques de veille.

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Ce constat a conduit le groupe à énumérer des compétences – d’ordre linguistique (connaissance de l’anglais), technologique, pédagogique, voire disciplinaire – ce qui repose la question des doubles compétences dans un domaine comme la santé. En première analyse, le travail de veille et l’intégration de documents électroniques rendraient plus visible le travail des documentalistes en les confrontant plus directement encore à leurs utilisateurs qui sont devenus des acteurs à part entière de la veille. Cela accentue la visibilité des qualités requises et des lacunes constatées.

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Le groupe de travail poursuit sa réflexion et ses échanges de pratiques dans un forum électronique (liste de discussion fermée), de manière à faire émerger des produits ou des outils de partage du travail pour la veille et le traitement des documents électroniques en santé publique.

Une expérience de huit ans de veille en santé sur Internet

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Le médecin praticien est un gros consommateur d’information. Le manque de temps à sa disposition, le manque de pertinence de beaucoup trop d’informations trouvées et l’absence de synthèse pour l’utilisation en pratique sont des obstacles fréquents pour une recherche d’information optimisée et réellement adaptée à ses besoins.

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Ce constat a conduit le centre hospitalier du Mans à créer dès 1997 le site Internet de la bibliothèque médicale (www. bmlweb. org). Le Mans était alors ville pilote pour l’Internet haut débit, ce qui a aidé à la réalisation de ce site. Un comité éditorial de quatre médecins hospitaliers a été mis en place et une ligne éditoriale a été définie. L’adaptation aux besoins des utilisateurs praticiens a été l’objectif affiché.

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La méthode suivie a consisté à observer les comportements des utilisateurs, à compter les visites et à concevoir le site pour des médecins. Ce site a été centré sur les moteurs de recherche (Google, principalement), sur les bases de données spécialisées (Pubmed, en tout premier lieu) et sur la langue française (la plus lue par les médecins français).

Une méthodologie infométrique pour le positionnement prospectif d’un programme national de recherche : application aux recherches sur le diabète

L’objectif de cette intervention était d’apporter un éclairage particulier sur l’usage des systèmes existants et la mise en place d’une méthodologie susceptible d’aider une organisation de recherche à mieux percevoir son environnement afin de mieux coordonner des programmes scientifiques, en l’occurrence dans le domaine du diabète. L’étude présentée consiste à mettre en place une méthodologie infométrique destinée à offrir une cartographie comparative des thèmes de recherche soutenus financièrement pour les années à venir par les Etats-Unis, d’une part, et par la France, d’autre part, dans le domaine du diabète.

À l’origine de cette étude se trouve la volonté de montrer, à travers la mise en place d’une méthodologie infométrique simple associée à une éthnométhodologie de l’expertise scientifique, que la médiation demeure essentielle.

La représentation d’un domaine, et davantage encore l’analyse dynamique des thématiques et des phénomènes émergents, nécessitent l’implication du spécialiste de l’information, ne serait-ce que pour la sensibilisation aux biais induits par les méthodes de traitement et le recours aux experts scientifiques.

Dans ce cas, surtout quand il s’agit d’une approche prospective, une interaction forte avec l’expert du domaine est nécessaire : en amont de l’étude pour construire les dictionnaires, repérer les concepts, segmenter le domaine analysé ; en aval du traitement, pour participer au repérage des signaux faibles, les interpréter et limiter l’effet des biais éventuels. En effet, l’enjeu est de donner un sens à un gros volume de données.

Cette approche nécessite aussi une évolution des métiers de l’information, sous l’angle de la médiation, se traduisant par un partenariat étroit entre les spécialistes de la terminologie, de la gestion des connaissances, de la recherche et du traitement de l’information et les experts scientifiques spécialistes du domaine étudié.

Dans cette démarche qui couple fortement apprentissage et action d’une part, scientifiques et métiers de l’information scientifique et technique d’autre part, nous retrouvons les concepts d’intelligence collective qui sous-tendent la place des sciences de l’information aujourd’hui.

Clotilde Aubertin

clotilde. aubertin@ tolbiac. inserm. fr

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La qualité de l’information médicale est très variable (excellente, incomplète, promotionnelle, hypothétique / non basée sur des preuves, partisane, mensongère, non datée, etc.) et très difficile à évaluer. C’est pourquoi il est important d’utiliser des labels. Ceux-ci sont à développer en français, et doivent être aisément accessibles et consultables avec des formats facilement lisibles et mis à jour, des moteurs de recherche pertinents, une transparence dans l’origine des informations (Haute Autorité de Santé, ministère, sociétés savantes, etc.).

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En conséquence, le choix de la Bibliothèque médicale AF Lemanissier a été de pratiquer une veille sur les recommandations pour la pratique clinique (RPC) et sur les consensus validés par les sociétés savantes et institutions, en présentant des documents en français, classés (par spécialités), datés et régulièrement mis à jour. Une rubrique Nouveautés répertorie également ces documents dès leur apparition.

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Cette expérience de veille en santé a pris en compte les comportements des médecins et a montré que les praticiens doivent être acteurs dans cette recherche d’une information pertinente et validée. Ils doivent participer à l’expression des besoins, être à l’initiative de ces projets et les orienter, en collaboration avec des professionnels de l’I&D, compétents et à l’écoute.

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Dans un contexte d’abondance d’information disponible sur Internet, le rôle de médiation des professionnels de l’information et de la documentation est plus que jamais primordial et prend ici tout son sens.

Panorama des outils de veille sur Internet

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La veille en santé ne peut pas ignorer les caractéristiques des sources d’informations médicales : diversité des données, spécificité du vocabulaire, importance du web invisible, développement de sources uniquement web, faiblesse des sources informelles par rapport à d’autres secteurs. La recherche d’information sur le web est actuellement marquée par la réduction du nombre des acteurs (rachat de moteurs comme Altavista, par exemple) et par le développement de différents types d’outils. Il s’agit d’outils de représentation cartographique qui peuvent aider à faire émerger les signaux faibles, d’outils de clusterisation, de portails verticaux (comme CISMEF) qui donnent accès au web invisible, d’outils spécialisés qui prennent en compte des corpus scientifiques (Google Scholar, Scirus, etc.), d’outils de partage…

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À ces outils de recherche il faut ajouter ce que l’on nomme les « agents intelligents ». Ce sont des outils logiciels qui permettent l’automatisation de requêtes récurrentes, mais qui sont également censés être autonomes et capables d’apprendre en auto-apprentissage. En fait peu d’agents répondent à ces critères et il ne faut surtout jamais oublier que les outils doivent être au service des contenus et non l’inverse. À quels besoins devons-nous répondre ? Telle est la question à ne jamais perdre de vue.

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Pour ne pas s’égarer, il faut suivre les différentes étapes du processus de veille : analyser la situation et définir les objectifs stratégiques, cibler la veille et définir le plan de recherche, identifier, sélectionner et gérer les sources, rechercher et récupérer les informations. Pour réaliser ces quatre premières étapes, les outils pourront apporter une aide, en particulier pour rechercher des concepts, gérer des signets et des sources, interroger plusieurs bases sur plusieurs serveurs en plusieurs langues. Une fois l’information collectée, il faudra la traiter en vue de l’analyser puis de la publier. Les outils permettront de normaliser, nettoyer et mémoriser l’information, puis de l’organiser (classification, cartographie, outils de text mining, etc.) et enfin de l’éditer automatiquement.

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On peut distinguer différents types d’outils, du plus simple au plus sophistiqué, du « gratuit » au très cher.

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Les métamoteurs clients permettent la recherche simultanée sur plusieurs outils de recherche (annuaires, moteurs, portails, bases de données) avec des fonctions plus avancées que les métamoteurs on line. Ainsi Copernic agent permet de vérifier les liens, de télécharger des fonctions de veille de pages et de mots clés ainsi que de générer des résumés automatiques (ces deux dernières fonctions n’existent pas dans la version gratuite de l’outil). Mais cet agent ne recherche pas dans le web invisible, à la différence de Strategic Finder (Digimind) qui permet une recherche spécialisée à partir de bouquets de sources définis en amont.

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Les agents d’alerte constituent un autre type d’outil qui signale les modifications à l’intérieur d’une page. Il en existe en ligne comme Infominder, « clients » comme Websitewatcher (gratuit) ou Kbcrawl qui, lui, permet de surveiller non seulement des pages statiques mais également des pages dynamiques. Quelques aspirateurs de sites, comme Wysigot, peuvent servir d’agents d’alerte. Pour être efficaces, ces outils doivent faire l’objet de paramétrage avancé. Enfin, on peut utiliser des outils généralistes comme Google Alert qui permet d’automatiser jusqu’à cinq requêtes récurrentes ou Google Newsalert pour surveiller l’actualité.

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Lors de la mise en place d’un système de veille, les weblogs peuvent être utiles pour identifier des points de vue particuliers et émergents.

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Les fils RSS, quant à eux, permettent de s’abonner pour suivre l’actualité ; il existe ainsi des lecteurs de fils RSS médicaux comme Medreader ou Medicinenet.

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Les outils de veille « intégrés », comme Digimind Evolution ou la suite d’Arisem, vont plus loin car ils combinent plusieurs fonctions : collecte multi-sources et multi-bases, surveillance, catégorisation automatique, publication automatique.

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Il ne faut pas omettre dans ce tableau les outils du peer to peer qui favorisent l’échange de fichiers de poste à poste, mais ceci est surtout valable pour une communauté de personnes qui se connaissent.

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À tous ces outils on peut ajouter les outils de text mining. Ils sont utiles en particulier dans le traitement de gros volumes d’information en faisant émerger les signaux faibles par l’utilisation de techniques statistiques ou sémantiques. Ce sont des outils assez onéreux. On peut en citer quelques-uns : Sinequa, Lingway, Leximine. Ils génèrent la création de clustering et de classification automatique soit a priori soit a posteriori (Exalead, Teoma).

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Les représentations cartographiques de l’information permettent de faire des rapprochements plus aisés, par exemple entre mots clés et chercheurs, laboratoires et pays, etc. Ainsi Pubmed propose une visualisation des résultats de recherche sous forme de cartographie.

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Des perspectives supplémentaires sont offertes par le web sémantique qui vise à donner du sens au web en étiquetant les informations grâce à l’utilisation du langage XML et à l’usage de métadonnées modélisées en format RDF et décrites dans des ontologies.

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Si l’outil idéal n’existe pas, le meilleur doit être modulaire et personnalisable. À l’avenir, les agents d’alerte devraient être intégrés dans les solutions logicielles ; les normes et les standards vont évoluer ; l’accès aux contenus à valeur ajoutée devrait-être favorisé tout en gérant la redondance et la maîtrise des coûts d’abonnement.

Résumé

Français

C’est principalement pour faire le point sur les différents types de veille dans le domaine de la santé et faire connaître des méthodes grâce à des retours d’expérience que le secteur Santé de l’ADBS, en liaison avec le groupe régional PACA de l’association, proposait une journée d’étude le 6 octobre 2005 à Marseille. Cette rencontre a permis de préciser le concept et la pratique de la veille en santé, d’examiner l’évolution en cours des outils disponibles sur Internet et de présenter plusieurs exemples significatifs, notamment l’expérience de veille sur Internet de l’hôpital du Mans et le projet de veille en réseau de la BDSP.

Plan de l'article

  1. Le concept de veille dans le secteur de la santé
  2. Panorama de la veille en santé
  3. Le projet de veille en réseau de la BDSP
  4. Une expérience de huit ans de veille en santé sur Internet
  5. Panorama des outils de veille sur Internet

Pour citer cet article

Cornec Nathalie, Martin Armelle, Masse Claudine, Vaillant Hélène, « Journée d'étude ADBS-Santé. La veille en santé», Documentaliste-Sciences de l'Information 1/2006 (Vol. 43) , p. 43-47
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2006-1-page-43.htm.
DOI : 10.3917/docsi.431.0043.


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