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Documentaliste-Sciences de l'Information

2006/2 (Vol. 43)

  • Pages : 86
  • DOI : 10.3917/docsi.432.0130
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Professionnels de l’information-documentation, qui êtes-vous ?

Plusieurs erreurs ont entaché l’article consacré, dans notre dernier numéro, aux résultats de l’enquête ADBS 2005 sur la profession (vol. 43, n? 1, p. 14-27). Au beau milieu des commentaires de Catherine Thiolon (page 27), une désastreuse erreur de manipulation a fait figurer un large extrait d’un article paru dans le numéro précédent et bien évidemment sans rapport avec le sujet. Nous reprenons ci-dessous l’ensemble de ces commentaires dans leur intégrité, en présentant nos excuses à l’auteure et à nos lecteurs. Une ligne, par ailleurs, est restée vide de chiffres dans le tableau 22 de la page 23 que nous reproduisons ci-dessous dans sa version complète. Enfin, à la page 22, l’adresse électronique de Jean-François Giret avait été omise : giret@cereq.fr. La version en ligne de cet article a été rectifiée dès que ces regrettables bévues nous sont apparues.

J.-M. R.

Tableau 22 - Activités dans le domaine de l’information-documentationTableau 22
1

Commentaires de Catherine Thiolon, vice–présidente de l’ADBS chargée de la communication et responsable du projet Enquête 2005

Ce qu’est cette enquête et ce qu’elle n’est pas...

2

Il s’agit d’une enquête quantitative portant sur une population importante, en nombre absolu de répondants et en poids par rapport à la population totale des professionnels de l’information-documentation.

3

Les 3.339 professionnels qui y ont répondu l’ont fait sur la base du volontariat et ne constituent donc pas (en terme statistique) un échantillon représentatif de la population de l’« info-doc ». Pour construire un tel échantillon, il nous faudrait connaître la structure de la population totale chiffrée par la DARES en 2002 à 32.832 personnes, sans plus de précisions.

4

Si toute extrapolation sur la population des professionnels « dans son ensemble » est hasardeuse, ce n’est pas le cas de l’interprétation que l’on peut faire des chiffres en tant que tels, surtout sur un volume de réponses aussi important.

5

De plus, les répondants aux diverses enquêtes sont différents, comme individus et comme population, composée à 100 % d’adhérents de l’ADBS dans l’enquête de 1999, et à seulement 50 % dans celle de 2005.

6

Ce n’est pas une enquête qualitative mettant en évidence l’émergence des signaux faibles (comme disent les scientifiques) ou des scénarios visionnaires d’évolution… De plus, certaines questions ne figuraient pas dans l’enquête 1999, les répondants ne sont pas les mêmes personnes, et il est donc difficile d’en déduire des évolutions de tendances scientifiquement pertinentes.

Mais alors ?

7

Dans une enquête professionnelle, recevoir des réponses de 3.339 personnes, soit 10 % d’une population, est exceptionnel, surtout quand cette enquête n’est conduite que par voie électronique : cela démontre à la fois l’aisance de cette population dans l’usage des TIC et un fort sentiment d’appartenance à une communauté dans laquelle chacun souhaite se positionner.

8

Comme pour toute enquête quantitative, les données recueillies sont riches, et en fournir une interprétation pleine de sens demande des tris croisés fins. Les résultats bruts donnent dans un premier temps l’impression de mesurer des choses connues par tous ou de conforter une inertie certaine. Mais des informations de rupture n’auraient-elles pas été déconcertantes ?

9

Ces données étant très volumineuses, il est parfois difficile de s’en faire une idée claire et originale : chacun peut en retenir des informations sur ce qui le concerne le plus et les conclusions tirées peuvent différer d’un individu à l’autre. La fameuse bouteille à moitié pleine ou vide !

10

D’autant plus qu’on aimerait aussi faire des liens avec des informations recueillies sur d’autres bases, comme l’observatoire de l’emploi, celui des formations, bref avoir une vison complète, cohérente et évolutive du secteur de l’I&D : c’est sans doute un objectif à fixer à l’ADBS et une piste collective d’actions, mais ce n’est pas l’analyse concrète de cette enquête !

Que retenir de cette enquête ?

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Certaines données sont constantes, malgré les années et des répondants différents : on peut penser qu’on peut les extrapoler sur l’ensemble de la population. Cette constance porte principalement sur le rapport femmes/hommes, la pyramide des âges, le niveau de formation professionnelle (même si maintenant les familles bac plus 0 à 3 et bac plus 4 à 8 sont de même ordre), le descriptif des activités, l’importance de la formation continue, le pourcentage de cadres et non-cadres, le taux de satisfaction dans le métier, etc.

12

Des changements notables sont observés : l’inversion du poids de l’Île-de-France par rapport à celui des régions, le poids du secteur public et para-public, la baisse de la place des TIC dans les motifs de satisfaction (pour 12,2 % des répondants de 2005 contre 50 % en 1999) mais pas dans les stages de formation continue (qui représentent 51 % du total des stages suivis), preuve de la banalisation de leur usage.

13

Ce qui me paraît le plus intéressant à noter, à ce stade de lecture des données recueillies, c’est à la fois ce qui va à l’encontre des idées reçues et les « aspérités » ou nouveautés (on ne peut parler d’incohérences) qui interpellent et demandent une analyse plus fouillée.

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Les principaux enseignements allant contre les idées reçues : 81 % des répondants travaillent dans une unité documentaire ; 80 % font des recherches pour les usagers ; 60 % accueillent du public sur place ; ils ont un statut pérenne (76,5 %), travaillent à temps plein (80,5 %), estiment leur salaire correct…

15

Et ce qui interpelle : une personne a en moyenne six activités, ce qui met l’accent sur la polyvalence du métier, et le terme de documentaliste généraliste, qui est le plus fréquemment utilisé par les professionnels, semble bien justifié. Mais les activités sont très diverses et ont beaucoup évolué : 45 % alimentent un SIGB, 45 % gèrent ou alimentent un site web, 37 % font de la veille… Les démarches projets sont très présentes et 60 % des répondants y sont engagés. La gestion de la documentation interne, comme le service auprès d’un public interne, sont prépondérants et entraînent un salaire plus élevé : c’est la preuve, comme l’avait montré le diagnostic de l’étude sur la campagne image [voir : L’image des métiers de l’I-D : diagnostic et recommandations pour une communication active, Documentaliste – Sciences de l’information, déc. 2003, vol. 40, n° 6, p. 396-400], que, pour être reconnus, les professionnels doivent participer pleinement au cycle de production de leur entreprise ou administration.

16

La force du réseau et l’adhésion à des associations professionnelles sont bénéfiques : les adhérents sont davantage présents dans les tranches de revenus supérieurs et parmi les plus satisfaits de leur travail ; sans qu’on sache ce qui est la cause ou la conséquence !

17

L’information-documentation est un secteur d’activité jeune, dont le professionnalisme s’est accompagné d’études supérieures spécialisées. Il est donc logique de trouver plus de diplômés professionnels chez les plus jeunes et, parmi les personnes dont c’est le premier métier, une écrasante proportion de jeunes et de diplômés professionnels. Cela montre bien l’adéquation entre la formation professionnelle et le métier.

18

Une interrogation sur la double compétence : cette question n’a pas été explicitement posée, mais cette enquête révèle des éléments intéressants. Parmi les doubles détenteurs d’une formation initiale de niveau bac plus 4 à 8 et d’un diplôme en I&D de niveau bac plus 4 ou davantage, les jeunes sont de loin les plus nombreux. Les professionnels diplômés en économie, finances et droit et en sciences sont les mieux rémunérés.

La stratégie de l’ADBS pour la suite…

19

Un travail complémentaire est à conduire pour analyser les réponses aux questions ouvertes, notamment sur les autres métiers exercés, le développement des aspects positifs ou négatifs du métier, les raisons éventuelles de le quitter, l’évolution prévisible, les attentes vis-à-vis d’une association professionnelle. Mais dépouiller deux à trois mille réponses rédigées par question ouverte est un travail titanesque !

20

Il faut traduire tous ces chiffres en décisions stratégiques et en actions concrètes.

21

La typologie des familles organisée autour de variables structurantes montre la diversité de cette population professionnelle. Il faut voir la profession telle qu’elle est : les adhérents de l’ADBS sont plus formés et présents dans les métiers les plus récents, émergents, certains diraient qu’ils représentent l’avancée des professionnels. Il y a une « base » moins diplômée, moins experte, plus isolée, travaillant plutôt en région et exerçant des métiers à caractère « pédagogue » ou « plus classique ». L’ADBS ne peut certainement pas apporter seule des produits et des services satisfaisant les besoins de tous mais si l’association veut élargir son assise pour améliorer sa représentativité et son poids auprès des tutelles et des partenaires, il lui faut sans doute diversifier ses approches en segmentant son offre de produits et services, en étant plus proche de ses adhérents des régions et en travaillant davantage en interassociation.

Plan de l'article

  1. Ce qu’est cette enquête et ce qu’elle n’est pas...
  2. Mais alors ?
  3. Que retenir de cette enquête ?
  4. La stratégie de l’ADBS pour la suite…

Pour citer cet article

Thiolon Catherine, « Que révèle cette enquête, que peut-elle apporter à la définition de la stratégie de l'ADBS ? », Documentaliste-Sciences de l'Information 2/2006 (Vol. 43) , p. 130-131
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2006-2-page-130.htm.
DOI : 10.3917/docsi.432.0130.


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