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Documentaliste-Sciences de l'Information

2006/2 (Vol. 43)

  • Pages : 86
  • DOI : 10.3917/docsi.432.0148
  • Éditeur : A.D.B.S.

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LES PRÉSENTATIONS DE SITES PAR LEURS RESPONSABLES ONT PERMIS DE SAISIR LA démarche suivie par chaque organisme, de voir comment y sont définies les responsabilités et comment se mettent en place de nouveaux circuits d’information. On commence à reconnaître l’importance stratégique d’une alimentation et d’une mise à jour régulières, ce qui va de pair avec la légitimité des personnes (responsables de services, relais, correspondants) chargées de les assurer. L’implication du management, dont il apparaît qu’il commence enfin à s’investir dans ces questions, reste déterminant pour assurer la pérennité et la vitalité de ces dispositifs. Cela demande que soit clairement affirmée la nécessité de bien comprendre les enjeux et d’avoir des capacités d’impulsion et d’animation d’équipes ; et, par extension, de développer les compétences adéquates. Ce qui reste l’un des obstacles à ce que les intranets prennent leur place dans les habitudes de travail et les cultures métiers. La perspective d’une intégration totale des sites externes et internes rend encore plus cruciale la question de l’organisation de l’information en fonction de la stratégie de l’entreprise.

Nouveaux modèles éditoriaux...

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Deux points, parmi d’autres, nous ont donné à réfléchir. Le premier concerne les blogues. S’il a été essentiellement question de la place qu’ils prennent pour mesurer l’indice de popularité ou le taux de critiques vis-à-vis d’un produit ou de l’image d’une entreprise, il n’en reste pas moins que ce nouvel entrant, tout en complétant le « style documentaire » (chacun peut écrire et dire ce qu’il pense), peut aussi le concurrencer. En effet, ce nouveau modèle éditorial, qui consiste à dérouler l’information de façon chronologique et à ne donner que les premières lignes d’un article, en revoyant le lecteur à la suite par un clic, tend à renouveler les modes de présentation des sites internet et intranet. Cela oblige à repenser la structuration, à s’interroger sur la pérennité de l’information, sur les modalités de son stockage, sans oublier les critères de fiabilité (qui vont bien au-delà de la signature). L’irruption du flux et l’accroissement du nombre d’auteurs sont certainement sources de réflexion pour nos métiers.

... et nouveaux modes d’organisation du travail

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Le second point concerne les évolutions en cours en matière d’environnement numérique de travail (ENT) ou, dit autrement, de tous ces outils qui nous entourent et conditionnent nos façons de travailler.

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L’exemple proposé concernait une plate-forme en milieu universitaire. Surabondance de données, fonctionnalités proposées sans ordre, sans réelle réflexion sur les processus métiers qu’elles sont censées soutenir (administratifs, enseignants-chercheurs, étudiants), modalités de stockage ou règles d’attribution de droits non suivies – tout montre à l’évidence l’urgence de penser, de façon globale, des intranets orientés vers les différents publics potentiellement amenés à s’en saisir et pas seulement à les consulter : pédagogie à distance, tutorat avec les étudiants, relations entre enseignants, relations entre administratifs, animation de communautés pédagogiques, image de l’université, pour citer quelques applications possibles. La délégation aux techniciens, qu’ils soient informaticiens ou responsables de communication, montre encore trop souvent une absence de concertation avec les personnels eux-mêmes, quand ce n’est pas une prise en main par quelques innovateurs qui viennent alors orienter les choix techniques. C’est tout le système éducatif universitaire qui est remis en cause par les possibilités qu’offrent les blogues, pouvant remplacer ou compléter les enseignements traditionnels en présentiel ou même à distance. On comprend que cela déstabilise une grande partie des personnels du fait, notamment, de l’absence de réels débats collectifs. Cela donne à réfléchir aux professionnels de l’information, tentés de reproduire sur ce nouvel outil des prestations traditionnelles ou se sentant peu concernés par ce qu’entraîne l’imposition de nouvelles façons de travailler. On est ici au cœur de l’organisation du travail.

Les travaux cités

[1] Résultats de l’observatoire 2005 de l’intranet dans les entreprises (6e éd., www. observatoire-intranet. com). Réalisée entre octobre 2005 et janvier 2006, cette enquête étudie la progression du déploiement et de l’utilisation des TIC dans les organisations du travail en France, au Canada, en Belgique et en Suisse. Elle ’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre ClubNet et l’API.

[2] L’Intranet dans tous ses états : une approche interculturelle de ses multiples dimensions, sous la dir. de Michel Germain et Claude Malaison, Québec, Isabelle Quentin éd., 2004. [Voir notre analyse de cet ouvrage parue dans cette revue en avril 2005s, vol. 42, n° 2, p. 147.]

[3] L’intégration des 3Nets et nouvelles dynamiques pour l’entreprise, sous la dir. de Michel Germain et Claude Malaison, Montréal, Au Carré, 2005. Cet ouvrage collectif a été réalisé en partenariat avec l’API et ClubNet.

[4] La professionnalisation des nouveaux métiers liés aux technologies de l’information et de la communication : un déterminant dans les processus d’organisation d’une fonction ? Le cas des technologies web, par Sylvain Bureau, École polytechnique, PREG-CRG. http:// crg. polytechnique. fr/ home/ bureau/ FR

[5] Euroréférentiel I&D, volume 1 : Compétences et aptitudes des professionnels européens de l’information-documentation, par l’European Council of Information Associations (ECIA), Paris, ADBS Éditions, 2004.

Des travaux récents sur les intranets

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Plusieurs études ont également été présentées lors de ces journées (voir leurs références ci-dessus).

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Tout d’abord, Michel Germain a donné les résultats de l’enquête menée par son Observatoire des intranets [1]. Il apparaît que, après le temps du rassemblement d’informations dans le but de toucher l’ensemble de l’entreprise (approche informationnelle), puis celui de leur sélection selon la fonction assurée (approche métier), se dessine aujourd’hui une tendance à organiser les sites pour en faire de réels outils de travail (approche utilisateur). On mesure ici combien toute activité est à la fois source et utilisatrice d’informations.

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Après la parution de l’ouvrage collectif L’intranet dans tous ses états [2], un nouveau livre, Intégration des 3Nets [3] élargit les réflexions en constatant et en anticipant l’intégration des sites internet, extranet et intranet. Cela oblige à s’intéresser de façon à la fois plus large et plus précise à la place qu’occupent les technologies de l’information et de la communication dans tous les points de l’organisation.

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Signalons aussi une étude réalisée par le Centre de recherche en gestion sur les métiers liés aux technologies web, qui s’intéresse à l’émergence de nouvelles fonctions, aux façons dont elles sont assurées et vécues par ceux qui les occupent [4].

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Indiquons, pour finir, la présentation d’un « compétenciel » réalisé par une équipe réunissant des étudiants en ressources humaines et en conception multimédia [4][4] Étudiants du master Management des ressources humaines... à partir de l’« euroréférentiel » des métiers de l’information-documentation [5]. Ce travail prolonge celui qui avait été réalisé l’an passé sur les compétences de webmestre. Sa mise en dynamique par le biais d’un développement logiciel ouvre, certainement, des perspectives pour des travaux ultérieurs sur les nombreux profils professionnels qui s’esquissent en matière d’insertion des technologies d’information dans les organisations.

Notes

[2]

Association (québécoise) des professionnels de l’intranet, de l’internet et de l’extranet. www. api-quebec. org

[3]

Le thème de ces troisièmes rencontres internationales (francophones) sur l’intranet et les TIC (Paris, 4-6 avril 2006) était « De l’Intranet traditionnel aux perspectives de l’Internet 2.0 ». www. intracom-paris. com/

[4]

Étudiants du master Management des ressources humaines et innovations organisationnelles de l’Université Paris-4 (Celsa) et étudiants de la Haute École en technologies de l’information et de la communication (HETIC).

Résumé

Français

Organisées par l’association ClubNet [1] en relation avec l’API [2], les journées Intracom 06 [3] ont réuni des directeurs de communication, responsables d’intranet, webmestres éditoriaux ou techniques. À l’heure où les intranets jouent un rôle croissant dans les organisations, les stratégies dans lesquelles ils s’inscrivent exigent des spécialistes de l’information une attention accrue. D’une part parce que cet outil leur permet de mieux s’insérer dans la vie de leur entreprise. D’autre part parce qu’ils ont une place à y occuper pour tout ce qui touche à l’organisation de l’accès à l’information, ce qui dépasse largement l’intranet documentaire.

Plan de l'article

  1. Nouveaux modèles éditoriaux...
  2. ... et nouveaux modes d’organisation du travail
  3. Des travaux récents sur les intranets

Pour citer cet article

Guyot Brigitte, « Journées Intracom 06. Troisièmes rencontres internationales sur l'intranet et les TIC», Documentaliste-Sciences de l'Information 2/2006 (Vol. 43) , p. 148-149
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2006-2-page-148.htm.
DOI : 10.3917/docsi.432.0148.


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