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Documentaliste-Sciences de l'Information

2006/2 (Vol. 43)

  • Pages : 86
  • DOI : 10.3917/docsi.432.0150
  • Éditeur : A.D.B.S.

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QUELS QUE SOIENT LES ORGANISMES IMPLIQUÉS ET LES DISCIPLINES considérées, il est apparu que certains objectifs des archives ouvertes étaient communs à tous les projets présentés au cours de cette journée : favoriser la visibilité nationale et internationale des travaux de recherche, faciliter la communication scientifique et augmenter la diffusion de la connaissance, enfin pérenniser la production scientifique. Il ressort également des échanges et des débats que, dans pratiquement tous les projets, la responsabilité de la modération est dévolue aux documentalistes qui, pour la plupart, sont les initiateurs de ces projets. Ce sont eux qui, le plus souvent, vérifient les métadonnées, « estampillent » les publications pour une institution, contrôlent le format des fichiers, suivent le statut d’un article entre sa soumission et sa publication...

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Créée initialement pour répondre aux besoins des communautés de chercheurs en physique et en mathématiques, la plate-forme HAL (hyper article en ligne), développée par le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD, unité propre de service du CNRS), a été retenue pour devenir progressivement une base nationale pour l’archivage ouvert de la production scientifique française. En effet, un protocole d’accord entre établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST) – CEMAGREF, CIRAD, CNRS, INRA, INRIA, INSERM, Institut Pasteur, IRD, etc. – et universités est en cours de signature. Ce protocole prévoit le choix de HAL comme plate-forme de dépôt commune et partagée ainsi que le développement et le co-pilotage de celle-ci pour le dépôt des publications.

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Il existe donc une plate-forme HAL « générique » qui regroupe des archives thématiques et/ou institutionnelles et/ou typologiques (HAL-SHS, HAL-INSERM, HAL-INRIA, TEL pour les thèses), disposant généralement d’une interface de dépôt propre avec des fonctionnalités spécifiques adaptées aux besoins de chaque établissement. Parallèlement, il existe un système de « tampons » qui permet d’installer un filtre de visualisation par institution et/ou thématique.

Le programme de la journée et les intervenants

HAL-SHS : bilan d’une première année d’existence, par Christine Berthaud, Service d’ingénierie documentaire de l’Institut des sciences de l’homme (ISH-CNRS)

Les archives dans le domaine biomédical : l’expérience HAL-INSERM, par Nicole Pinhas, Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)

Publier, diffuser et archiver en astrophysique, par Didier Fraix-Burnet, Laboratoire d’astrophysique de l’Observatoire de Grenoble (LAOG)

Libre accès aux publications des chercheurs : l’expérience de l’archive Animal Physiology & Livestock Sytems, par Hélène Bosc, Institut national de la recherche agronomique (INRA) et responsable au sein de l’association Euroscience du groupe de travail Scientific Publishing

HAL-INRIA et HAL : la gestion des publications scientifiques à l’INRIA, par Martine Courbin, Josephina Sadowska et Alain Monteil, Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA)

La collection IMAG de HAL : un espace de consultation, et L’instance TEL-Kaléidoscope : un espace de dépôt et de consultation, par Francesca Leinardi et Grégory Mounié, Institut d’informatique et mathématiques appliquées (IMAG) de Grenoble, laboratoire ID-IMAG

Numérisation et mise en ligne à l’IRD : le fonds institutionnel et les fonds des partenaires du Sud, par Brigitte Grebaut et Pierre Luigi Rossi, Institut de recherche pour le développement (IRD)

Des exemples d’archivessur la plate-forme HAL

HAL-SHS

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Créée à la demande du Département des sciences de l’homme et de la société (SHS) du CNRS, l’archive HAL-SHS est ouverte depuis janvier 2005.

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En septembre 2004, un groupe de travail a adapté HAL aux besoins de la recherche en SHS et défini une nomenclature en vingt-sept catégories (reprise d’une nomenclature européenne commune à vingt-cinq pays et validée par le CNRS), une typologie des documents déposés, la procédure de dépôt et les métadonnées à utiliser, une aide au dépôt étape par étape, l’organisation de la modération par trois documentalistes de l’Institut des sciences de l’homme (ISH), et les modalités de suivi de l’archive.

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Lors du dépôt, il n’est pas procédé à une évaluation scientifique du document mais seulement à un contrôle de conformité documentaire : appartenance de l’auteur, conformité du type de document, vérification des droits, etc. Il est interdit de déposer un scan d’éditeur si le chercheur ne dispose pas des droits.

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Depuis l’ouverture, les dépôts sont en constante augmentation. Pour l’année 2005, 25 % des dépôts (avec texte intégral) de HAL générique proviennent de HAL-SHS (24 % pour la physique, 16 % pour les sciences de l’information).

HAL–INSERM

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L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) est depuis de nombreuses années un acteur important du mouvement du « libre accès à la connaissance » et il a déjà engagé plusieurs projets pilotes dans ce domaine (archives institutionnelles, revues en accès libre, etc.).

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En septembre 2005, l’ INSERM a collaboré à la rédaction du protocole d’accord entre EPST et universités, réorienté ses choix techniques et choisi d’adapter HAL aux besoins de la recherche biomédicale. Il définit alors des métadonnées spécifiques : PMID (numéro PubMed), MH (mots clés du MeSH [1][1] Le Medical Subject Headings (MeSH) est le thésaurus...), Accepté dans, Auteur collectif, et ajoute trois référentiels à HAL (référentiel domaines, journaux - liste PubMed, et laboratoires). L’archive HAL-INSERM est ouverte depuis février 2006 et est encore dans une phase pilote. La direction de l’institut s’est fortement impliquée pour inciter au dépôt qui, pour l’instant, n’est pas obligatoire.

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Trois documentalistes-modérateurs vérifient la conformité des documents déposés : données bibliographiques par importation des métadonnées PubMed, liaison auteur-adresse (seul le dépôt d’un auteur est obligatoire), financements, droits par rapport aux éditeurs par vérification sur le site web de Sherpa/Romeo [2][2] Securing a Hybrid Environment for Research Preservation.... Si aucun droit n’est spécifié, le texte intégral est mis en ligne six mois après acceptation pour publication.

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Les perspectives pour les professionnels de l’information scientifique et technique sont maintenant de convaincre les chercheurs de déposer leurs écrits dans HAL–INSERM, de développer des services annexes pour les y aider, d’établir des liens entre HAL et d’autres bases de données, de favoriser des partenariats avec d’autres acteurs (institutions, éditeurs, etc.).

HAL-INRIA

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La mise en place d’une interface dans la plate-forme HAL a mobilisé une vingtaine de personnes au sein de l’Institut national de recherche en informatique et automatique (INRIA) : chercheurs, ingénieurs, documentalistes, juriste, chargée de communication, ainsi que des personnes du CCSD. Le travail a porté sur le corpus des données (reprise des métadonnées et typologies de HAL, ajout de métadonnées et typologies de l’INRIA), sur la communication aux chercheurs (guide technique et juridique pour la mise en ligne de leurs publications, actions de communication) et sur les aspects techniques (environnement de dépôt, documentation technique, importations pour BibTeX).

Présentations en ligne

des communications faites lors de la journée d’étude du 12 mai 2006 à Champs-sur-Marne : www. adbs. fr/ secteurs/ article. php3? id_article= 130

Pour en savoir plus

• Voir les définitions des termes « archive ouverte » et « libre accès » dans le glossaire proposé sur le site de l’Inist : www. inist. fr/Openacess.

• Archives ouvertes et publication scientifique : comment mettre en place l’accès libre aux résultats de la recherche ? / Thierry Chanier ; préf. de Jean-Max Noyer. Paris, L’Harmattan, 2005. 186 p.

• Les Archives Ouvertes : enjeux et pratiques. Guide à l’usage des professionnels de l’information / sous la dir. de Christine Aubry et Joanna Janik ; préf. de Laurent Romary. Paris, ADBS Éditions, 2005. 332 p.

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HAL-INRIA a été mis en service le 27 avril 2005 mais différents volets du projet restent à finaliser (affiliations, communication interne, etc.). Les conférences occupant une grande partie de l’activité des chercheurs de l’INRIA, un service de mise en ligne des publications de conférences a été mis en place par le biais de HAL-INRIA. Cette possibilité de diffuser les communications bien plus rapidement que par le biais d’un éditeur traditionnel semble très appréciée.

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Les documentalistes de l’INRIA Lorraine et du Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (LORIA) sont informés des dépôts par une alerte. Ils vérifient les métadonnées et attribuent un tampon qui estampille le document du label du laboratoire avec l’autorisation de son responsable.

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En avril 2006, près de 1 200 documents avaient été déposés sur le serveur. Quelques interrogations demeurent pour l’avenir, notamment en ce qui concerne l’articulation de HAL-INRIA avec d’autres applications, la possibilité de création d’un « club des utilisateurs » de HAL, l’organisation entre les différents partenaires.

Collection IMAG de HAL

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Deux expériences ont été menées au sein de l’Institut d’informatique et mathématiques appliquées (IMAG) de Grenoble (affilié au CNRS).

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En 2003, l’IMAG choisit d’utiliser la plate-forme HAL. Les documentalistes, à l’aide de chercheurs de deux laboratoires, ont travaillé à l’analyse des besoins et des fonctionnalités, à la charte graphique, et à l’importation des thèses dans TEL. Ainsi, le dépôt des documents s’effectue sur le serveur HAL « générique », mais il est possible de rechercher ou visualiser uniquement dans la collection IMAG. Le rythme des dépôts s’est accéléré depuis fin 2005.

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La deuxième expérience, en cours de réalisation, s’inscrit dans le cadre du programme européen TELearn (Technology Enhanced Learning) mené par le réseau d’excellence Kaléidoscope. Les objectifs sont de créer un espace international de dépôt et de consultation, de faire une cartographie du domaine TELearn et d’identifier les publications de Kaléidoscope. Les documentalistes ont effectué une analyse des besoins et mis en place le portail sous forme d’une interface de HAL ; ils aident les chercheurs à faire leurs premiers dépôts. Un travail sur les descripteurs et l’utilisation éventuelle du portail terminologique Termsciences [3][3] http:// termsciences. inist. fr. est en cours. Les interrogations concernent, notamment, la possibilité d’ajout d’un domaine dans HAL et l’intégration de l’interface dans un environnement où le chercheur est déjà identifié (pour éviter la double identification).

Des projets et des interrogations à l’IRD

Brigitte Grebaut a présenté pour l’Institut de recherche pour le développement (IRD) le projet du fonds documentaire (FDI), créé en 1962, qui constitue la « mémoire » institutionnelle et scientifique de cet organisme. Depuis 1996, une campagne de numérisation a permis la mise en ligne d’environ 35 000 documents sur la base « Pleins Textes », avec recherche possible sur le texte intégral. La création d’une instance dans HAL est encore à l’étude. Le réseau des documentalistes, qui couvre vingt-cinq pays, révèle de grandes disparités de traitement des documents et de pratiques de publication.

Après avoir rapidement présenté la réalisation d’une numérisation de masse au Burkina Faso, Pier-Luigi Rossi (IRD) a souhaité centrer le débat sur l’usage qui est fait des documents mis en ligne. L’examen des statistiques de consultation révèle que les documents les plus visualisés sont des documents de plusieurs années d’ancienneté, sur des thèmes jugés a priori très spécifiques (dictionnaire haïtien-français, par exemple). Cela pose la question de la priorité qui est aujourd’hui donnée aux documents très récents et de l’interprétation qui peut être faite de ce genre de statistiques.

Inciter les chercheurs à déposer dans les archives ouvertes

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Les dépôts des chercheurs dans les archives institutionnelles ou thématiques restent actuellement faibles par rapport à l’ensemble de la production scientifique réelle. Plusieurs intervenants ont analysé cette timidité et proposé des solutions.

Quelques questions de droit d’auteur [4][4] Kumar Guha a évoqué quelques aspects du droit d’auteur...

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Même s’il appartient au chercheur de céder ou non tout ou partie de ses droits, son organisme de tutelle peut lui demander de souscrire aux règles du libre accès pour les travaux qu’il produit dans le cadre de sa mission de recherche et/ou de céder une partie de ses droits d’exploitation en précisant que cette cession est imprescriptible à l’égard des éditeurs.

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Dans le circuit courant, un chercheur qui ne renégocie pas son contrat perd le droit à toute exploitation de sa production et, contrairement à ce qui se passe dans les autres domaines, aucun droit ne lui est reversé. En revanche, la publication sur une « archive ouverte » – et ceci peut être précisé dans une licence Science Commons [5][5] Cf. Actualités du droit de l’information (ADI), n°... – ne s’oppose pas à la commercialisation du document par qui que ce soit.

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Il faut aussi rappeler que, quel que soit le contrat de cession de droits signé par l’auteur, 90 % des revues scientifiques anglo-saxonnes acceptent l’auto-archivage d’un article qu’elles ont publié. Enfin, il n’est pas rare que le double de la version publiée que détient le chercheur diffère de celle-ci ; dans ce cas, elle ne tombe pas sous le coup du contrat de cession exclusive.

Un argumentaire pour inciter au dépôt

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À partir de son expérience sur la réalisation d’une archive thématique (dans le domaine de la physiologie animale) à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) dans les années 2001-2002 et d’une étude des archives ouvertes existantes au niveau international, Héléne Bosc propose un argumentaire, adapté à chaque acteur concerné, pour inciter à déposer dans les archives ouvertes.

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Pour les chercheurs : en plus des bénéfices déjà cités (augmentation de la visibilité des travaux et de la diffusion des connaissances), le libre accès au document via l’archive permet également une augmentation du taux de citations des articles (jusqu’à cinq fois plus de citations pour des articles en physique).

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Pour les responsables : il est important de mettre en avant la possibilité de disposer d’un outil marketing de présentation de la production scientifique de l’organisme, de pouvoir comptabiliser la production dans sa totalité, d’évaluer la recherche plus simplement et à moindre coût, de permettre la mise à jour de la production scientifique en temps réel. De plus, 95 % des chercheurs sont favorables à l’auto-archivage lorsque leur organisme l’exige.

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Pour les documentalistes : il existe, sur le web, des outils permettant de faciliter l’accompagnement du chercheur en matière de dépôt. Un site, par exemple « Romeo » (cf. HAL-INSERM), permet de connaître la position des éditeurs par rapport à l’auto-archivage.

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Aujourd’hui seuls cinq organismes de recherche dans le monde (dont le CERN) ont choisi d’exiger de leurs chercheurs l’auto-archivage des publications, de sorte que 100 % de leur production annuelle figure dans l’archive.

Les freins à l’archivage dans HAL : l’exemple de l’astrophysique

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À partir de l’analyse des usages de publication des chercheurs en astrophysique, Didier Fraix-Burnet, lui-même chercheur dans cette discipline, a analysé les freins à l’archivage dans HAL.

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Quatre-vingts pour cent des publications de la communauté des astrophysiciens paraissent dans quatre journaux seulement. De plus, les astrophysiciens disposent d’un système de données ADS (Nasa Astrophysics Data System) qui comporte quatre millions d’abstracts en astrophysique, physique et géophysique, et des liens vers les éditeurs et l’archive arXiv ; ce système permet des recherches dans différents champs (auteur, titre, abstract ou objet) et la récupération de bibliographies en BibTeX. L’accès aux articles d’astrophysique est donc relativement aisé.

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On compte actuellement dix dépôts mensuels dans HAL et sept fois plus dans ADS. Pourquoi ?

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La gestion d’un projet de recherche comporte trois aspects : la publication, la diffusion et l’archivage. Tous les chercheurs publient car c’est une nécessité absolue pour leur carrière (« publier ou périr »). La diffusion et l’archivage ne sont pas obligatoires et semblent relever plutôt d’une démarche volontaire, presque militante de la part du chercheur.

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Le nombre de dépôts des astrophysiciens dans HAL pourrait être augmenté en améliorant l’interopérabilité entre les deux systèmes (ADS, HAL), en proposant une interface plus conviviale et de nouvelles fonctionnalités (bibliographie BibTeX, par exemple).

Une expérience dans le secteur de l’informatique

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Chercheur au sein de l’IMAG, Grégory Mounié a fait part de son expérience. Il a expliqué que les chercheurs en informatique étaient tous généralement très favorables au principe du libre accès. Beaucoup ont leurs propres pratiques (de la création d’une page html par BibTeX jusqu’à la génération autonome d’une page de publication). Ceci peut constituer un obstacle : comment les persuader qu’utiliser la plate-forme HAL est préférable ? En les convainquant que, profitant d’une visibilité accrue, une publication déposée dans HAL est valorisée. En leur expliquant qu’ils peuvent ainsi disposer rapidement d’une page à jour de leurs publications, en obtenir des listes différenciées et les exporter, ce qui permet de répondre plus rapidement aux questions récurrentes de la tutelle sur l’état de leurs travaux. Il faut enfin remarquer que les doctorants en fin de thèse sont très demandeurs d’un endroit « hors labo » où ils pourraient accéder et donner l’accès à leurs publications. HAL remporterait plus de suffrages si elle proposait de générer une référence exploitable avec BibTeX et s’il était possible de créer un export permettant de trier l’ordre d’apparition des articles.

Trois axes de lecture

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Au terme de cette journée, on pouvait relever trois axes de réflexion sur les archives ouvertes.

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Le rôle des documentalistes : le professionnel de l’information et documentation assure une fonction de liaison entre chercheurs et développeurs du serveur d’archives ouvertes, entre la tutelle et les chercheurs pour la gestion des collections et des outils de cartographie. Mais il veille également à l’intégrité de la base, travaillant sur les métadonnées, le format des documents ou leur statut (soumis/accepté ou publié). Ces nouvelles missions favorisent un rapprochement entre documentaliste et chercheur.

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Les aspects techniques : l’intégration constatée de HAL par un nombre croissant d’organismes favorise la pérennité de l’outil et son évolutivité. La forte réactivité des responsables du CCSD a déjà permis de constater une évolution rapide et positive de ce serveur. On peut penser que les fonctionnalités supplémentaires attendues par les chercheurs seront intégrées assez rapidement. Néanmoins, des questions se posent quant aux limites de son interopérabilité et il faudra sans doute y répondre à brève échéance. Il faudra certainement répondre également aux demandes des chercheurs qui souhaitent voir dans HAL un lieu de dépôt de toute leur production, quel qu’en soit le type (communication orale, poster, etc.).

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Les arguments en faveur des archives ouvertes : plusieurs arguments ont pu être dégagés, tant pour les chercheurs, que pour les tutelles. Tout d’abord, l’expérience réussie d’arXiv, créé en 1991, montre que « ouvert » ne rime pas avec « médiocre », que l’autorégulation fonctionne bien, que les paternités sont plus faciles à établir. Les chercheurs intervenant à cette journée ont souligné que leurs attentes concernent avant tout les fonctionnalités offertes : gestion aisée de leurs publications, exportation des références dans un format courant, externalisation de leurs publications pour les doctorants sur le départ, etc. Ces arguments s’ajoutent à ceux, déjà connus, qui concernent la visibilité et l’impact.

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À l’égard des tutelles, les statistiques offertes par un serveur comme HAL, ainsi que le système de tampons, devraient permettre une gestion plus facile des collections et l’élaboration simplifiée d’une cartographie des activités de recherche, voire une nouvelle façon de mesurer l’impact des publications. Autant d’éléments qui peuvent également profiter au chercheur qui peine souvent à se retrouver dans les statistiques de ses différentes tutelles. À noter enfin que la quasi-totalité (95 %) des chercheurs accepteraient qu’on les oblige à déposer dans une archive ouverte, alors que pour l’instant, on ne fait que les y inciter.

Notes

[*]

Ce compte rendu a été rédigé par Michèle Dassa (CNRS, Direction de l’information scientifique), responsable du secteur Recherche de l’ADBS, et Kumar Guha (chargé d’études documentaires à l’École nationale des ponts et chaussées), animateur de la journée. Ils remercient Catherine Quétier, Catherine Masteau, Joël Balluet, Sébastien Dekeyser, Gaëtan Tröger de l’ENPC pour leurs prises de notes.

[1]

Le Medical Subject Headings (MeSH) est le thésaurus de référence dans le domaine biomédical.

[2]

Securing a Hybrid Environment for Research Preservation & Access : www. sherpa. ac. uk/ romeo. php.

[4]

Kumar Guha a évoqué quelques aspects du droit d’auteur revus par Didier Frochot, formateur et consultant en droit de l’information (www. defidoc. com), qui n’avait pu venir faire son intervention sur ce sujet mais avait communiqué des documents.

[5]

Cf. Actualités du droit de l’information (ADI), n° 67.

Résumé

Français

Le secteur Recherche de l’ADBS proposait le 12 mai 2006 une journée sur les archives ouvertes et le libre accès à l’IST. Des expériences d’archives thématiques ou institutionnelles ont été présentées, les intervenants décrivant les actions menées pour convaincre les chercheurs de déposer leur production dans ces archives et le rôle des documentalistes dans la constitution et le suivi de celles-ci. Les débats ont abordé les problématiques du choix des documents à déposer, de l’obligation ou non du dépôt, de l’utilisation de ces archives pour la mise en place d’outils de suivi et d’évaluation de la production scientifique.

Plan de l'article

  1. Des exemples d’archivessur la plate-forme HAL
    1. HAL-SHS
    2. HAL–INSERM
    3. HAL-INRIA
    4. Collection IMAG de HAL
  2. Inciter les chercheurs à déposer dans les archives ouvertes
    1. Quelques questions de droit d’auteur
    2. Un argumentaire pour inciter au dépôt
    3. Les freins à l’archivage dans HAL : l’exemple de l’astrophysique
    4. Une expérience dans le secteur de l’informatique
  3. Trois axes de lecture

Pour citer cet article

Dassa Michèle, Guha Kumar, « Journée d'étude ADBS recherche. Archive ouverte, libre accès : quelle mise en place ? », Documentaliste-Sciences de l'Information, 2/2006 (Vol. 43), p. 150-154.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2006-2-page-150.htm
DOI : 10.3917/docsi.432.0150


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