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Documentaliste-Sciences de l'Information

2006/5 (Vol. 43)

  • Pages : 86
  • DOI : 10.3917/docsi.435.0314
  • Éditeur : A.D.B.S.

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L’actualité brûlante du droit d’auteur

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GOOGLE, BIEN SUR, ETAIT SUR LA SELLETTE... UN BIBLIOTHECAIRE DE L’UNIVERSITÉ D’OXFORD, engagé dès décembre 2004 dans le projet Google Bibliothèque, a présenté les conditions contractuelles de son établissement, différentes de celles des quatre autres bibliothèques partenaires américaines puisque seules les œuvres du XIXe siècle sont concernées par le projet [1][1] La bibliothèque d’Oxford avait déjà entamé une numérisation....

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Un deuxième intervenant a dressé ensuite le tableau des modalités appliquées aux œuvres proposées par Google à partir des fonds américains : texte intégral pour les œuvres du domaine public, courts extraits pour les œuvres sous copyright, plusieurs pages lorsqu’un accord de licence avec l’éditeur a été conclu.

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Pour répondre au procès que lui font des associations américaines d’auteurs et d’éditeurs, Google s’appuie sur la notion de fair use et sur le jugement prononcé en faveur du moteur de recherche Arriba dans le procès qui l’opposait à l’entreprise Kelly. Cependant, les conclusions du procès intenté à Google, qui doivent déterminer notamment si les services proposés ont une réelle utilité sociale, ne seront pas connues avant le début de l’année 2007. Il n’en reste pas moins que le projet soutenu par Google pose des problèmes dans des pays non anglo-saxons dont le droit ne prévoit pas un dispositif de fair use[2][2] Pour des explications sur la notion de fair use, voir....

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Mais, lorsqu’il existe des exceptions, leur nature et leur nombre dans un pays diffèrent selon les pays en fonction du nombre d’accords qu’ils ont pu ratifier : Convention de Berne, traités de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) de 1996 [3][3] Il s’agit de deux traités qui visent à adapter le droit..., accords sur la propriété intellectuelle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) [4][4] Il s’agit de l’accord sur les aspects des droits de.... C’était le sujet d’une étude qui a examiné la situation dans onze pays asiatiques en développement et qui met ainsi en relief les impacts très lourds des applications du droit d’auteur en terme d’accès à l’information.

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Les projets de traités examinés en ce moment par l’OMPI, organisation des Nations Unies qui gère les accords multilatéraux dans le domaine de la propriété intellectuelle, est un autre thème incontournable. Sa représentante, qui souligne les rôles respectifs de l’OMPI et des États membres dans la définition de leur politique en matière de droit d’auteur, a annoncé que le projet de traité visant à protéger les bases de données non originales [5][5] À l’image de la directive européenne sur les bases... est en suspens et qu’une réunion organisée en septembre 2006 devait examiner le texte visant à protéger les organismes de radiodiffusion. Par ailleurs, l’OMPI entend financer une enquête sur les exceptions et les limitations accordées aux bibliothèques et aux personnes ayant un handicap visuel dans le monde.

Copyright et autres questions juridiques

Questions internationales

> Google book project - Library and legal perspectives. Ronald Milne, Bodley’s Library, Oxford, and Jonathan Band, policybandwidth.com, Washington

> Copyright issues in proposed FTA between Korea and US. Heeseob Nam, IPLeft, Seoul

> Copyright and access to knowledge: flexibilities in copyright laws in 11 Asian countries. Rajeswari Kanniah, Consumers International, Kuala Lumpur

> WIPO’s program for libraries: how WIPO and libraries can help each other. Geidy Lun, WIPO, Genève

> The WIPO broadcasting treaty – Why libraries should oppose this treaty. Harald von Heilmcrone, Statsbiblioteket, Aarhus

> WIPO development agenda - 2006: a brief update. Barbara Stratton, CILIP, Londres

Questions nationales

> Orphan works - The US examines ways of making orphan works more accessible to users. Robert Oakley, Georgetown University, Washington

> Public domain registry in Canada. Victoria Owen, University of Toronto

> Rethinking copyright exceptions and limitations in the digital age: the section 108 study group process in the US. James Neal, Columbia University, New York

> The SUBITO case in Germany: implications for libraries. Harald Müller, Max Planck Institute for Comparative Public Law and International Law, Heidelberg

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Parmi les autres questions à l’ordre du jour, une sensibilisation à la gestion des droits pour la formation à distance, point particulièrement crucial. Quant à l’action menée à l’instigation du Brésil et de l’Argentine pour un traité sur l’accès à la connaissance, elle est freinée, en ce moment, par l’opposition de certains pays dont les États-Unis. La représentante de l’OMPI met aussi l’accent sur la lenteur des processus d’adoption des accords multilatéraux alors que les pays ont des conditions économiques et sociales très diverses, et sur les obstacles créés par les accords bilatéraux de libre-échange.

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Le projet de traité sur la protection de la radiodiffusion a été examiné de manière plus approfondie par l’un des représentants de l’IFLA lors des négociations [6][6] L’IFLA est l’une des ONG qui est accréditée auprès.... Il est acquis que cette protection est élargie à la diffusion sur Internet ; les craintes [7][7] En dehors de l’IFLA qui a publié une déclaration commune... portent à présent sur l’articulation des exceptions et des systèmes de gestion numérique des droits [8][8] Et des protections techniques qui les accompagnent et sur l’élargissement possible aux œuvres du domaine public. Le point a aussi été fait sur les actions de lobbying menées depuis l’an dernier au sein de l’OMPI par les associations de bibliothécaires – IFLA, EBLIDA [9][9] EBLIDA (European Bureau of Library, Information and..., Alliance UK, eIFL [10][10] www. eifl. net –, tout particulièrement sur le projet de traité sur l’accès à la connaissance.

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Parallèlement aux traités internationaux, des accords bilatéraux de libre-échange avec les États-Unis contribuent aussi à changer la donne. Cette année [11][11] Lors du congrès de l’IFLA en 2005, l’accent avait déjà..., l’accent a été mis sur les impacts qui pourraient s’avérer désastreux si les accords, dont les négociations progressent rapidement avec la Corée, devaient être signés.

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Ce sont des questions nationales qui ont été abordées dans une deuxième partie. Un projet de loi qui, aux États-Unis, pourrait encadrer prochainement la reproduction et la diffusion des œuvres dites orphelines [12][12] Pour des détails supplémentaires sur le traitement.... Le projet de création, au Canada, d’un registre des œuvres du domaine public, permettant ainsi de connaître le statut de l’œuvre que l’on souhaite utiliser. L’annonce d’une révision en cours des exceptions accordées aux archives et aux bibliothèques par la section 108 de la loi américaine sur le droit d’auteur. Une dernière intervention a fait le point sur le procès auquel doivent faire face depuis de nombreuses années les administrateurs d’un service de fourniture d’articles en ligne en Allemagne, baptisé SUBITO, et dont l’issue pourrait avoir des implications pour toutes les bibliothèques.

Acquisition et développement des collections

Périodiques et autres publications en série

> E-publishing of scientific research at academic institutions in Japan. Mikiko Tanifuji, National Institute of Materials Science, Japon. /ifla72/papers/158-Tanifuji-en.pdf

> Learned society publishing in the Internet age. Nick Turner, British Medical Association, and Sally Morris, Association of Learned and Professional Society Publishers, London

> E-publishing and open access repositories: the relevant legal moments for academic institutions. Wilma Mossink, SURF-foundation, Utrecht

> Developments in journal publishing in Latin America - a cautionary tale? Ian M. Johnson, Aberdeen Business School, The Robert Gordon University, Aberdeen

Fourniture de documents et partage de ressources

> IFLA guidelines for best practice for interlibrary loan and document delivery. Joan E. Stein, Information Coordinator, IFLA Standing Committee on Resource Sharing and Document Delivery

> ILL benchmarking recommendations: trained staff, improved workflows, automation. What next ! Margerita Moreno, National Library of Australia, Canberra

> Did we get it right? Post evaluation of New Zealand’s interloans best practice workshop. Janice Farrelly, University of Canterbury, Christchurch, Thelma Fisher, University of Otago Library, Dunedin, and Ted Kurmann, Wellington City Libraries

Des modèles économiques pour des collections hybrides

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Après avoir présenté les agences chargées par l’État japonais de soutenir les projets de publications électroniques des établissements d’enseignement et de recherche, rappelé les différents modèles susceptibles d’être adoptés, souligné aussi que les publications scientifiques au Japon sont nombreuses et de très bonne qualité mais manquent de visibilité, l’accent a été mis sur des travaux réalisés dans le domaine des sciences des matériaux : un modèle d’abonnement variable en fonction des services proposés ; un portail unique pour une grande visibilité ; un moteur de recherche spécialisé et une interface simple qui fournit, sur une même page, des données, des références d’articles, de brevets et de sites web ; des fonctions web pour la communication et l’édition ; une navigation et des réponses en anglais, ainsi que divers autres services promotionnels, en anglais également.

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On sait que les sociétés savantes occupent une place appréciable dans le paysage éditorial. Elles proposent des licences permettant une gestion souple des droits d’auteur et elles veillent à la conservation à long terme de leurs publications, en étroite collaboration avec les bibliothèques nationales et autres lieux de conservation. En matière de libre accès, plusieurs possibilités sont ouvertes et les sociétés savantes mènent des études, avec les fournisseurs de plates-formes, les éditeurs, les universités et les bibliothèques, pour opérer des choix qui leur permettent de répondre aux besoins de la communauté scientifique sans prendre de risque économique.

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Libre accès encore, pour rappeler que la meilleure définition en est donnée dans la déclaration de Budapest [13][13] www. soros. org/ openaccess/ index. shtml, puis mettre l’accent sur les aspects juridiques de la gestion des données scientifiques proposées en libre accès, pour lesquels on peut puiser dans les outils proposés par la fondation néerlandaise SURF [14][14] SURF, service d’information opérant pour un réseau... Parmi les préconisations qui ont été faites : avoir une politique claire et officielle en matière de gestion du copyright, dans le respect des règles juridiques de son pays ; définir la cession des droits dans un accord contractuel équilibré dont les modalités seront différentes en fonction du contexte considéré.

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Les périodiques électroniques sont encore au centre d’une autre communication : pour présenter une étude réalisée en Amérique latine qui a permis de dresser un tableau de leur situation, de faire le point sur les questions qui se posent pour assurer la visibilité de ces revues et leur survie dans un environnement numérique.

Définir des « bonnes pratiques » pour la fourniture de documents et le partage de ressources

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L’IFLA a publié en mars 2006 une liste de bonnes pratiques pour le prêt entre bibliothèques et la fourniture de documents [15][15] Directives pour de meilleures pratiques pour le prêt.... Fondé sur des comparaisons entre les indicateurs retenus dans des études menées dans quatre zones géographiques différentes, ce document propose aussi une liste de bonnes pratiques, y compris pour les documents électroniques, et des conseils pour les mettre en œuvre, en fonction de différents contextes. On entend, à présent, en assurer une large diffusion, notamment dans les pays en développement.

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Il fut encore question de benchmarking dans une seconde intervention, en l’occurrence dans le cadre d’une étude, menée en 2001 par la Bibliothèque nationale d’Australie, qui avait permis d’identifier les facteurs clés de succès et de formuler, à l’époque, cinq recommandations. Les actions menées à la suite de cette étude ont été présentées, dans le contexte australien du prêt interbibliothèques et d’un service de fourniture de documents.

Knowledge management. Statistiques et évaluation

> Transforming the document delivery and resource sharing engine. Cyril Oberlander, University of Virginia, Charlottesville• Measuring the impacts of knowledge management. Jong-Ae Kim, Dongbu Information Technology Co., Ltd., RTE Consulting Center, Seoul

> Transforming data to build knowledge for healthy libraries. Jan Sung, Eastern Ilinois University, Charleston ; Allen Lanham and Nackil Sung

> Knowledge sharing capabilities in today’s university libraries. Mehri Parirokh and Rahmatollah Fattahi, Ferdowsi Univerisity of Mashhad, Iran ; Farhad Daneshgar, University of New South Wales, Sydney

> Library administrators knowledge management practices and perceptions when conducting organizational performance assessment. Larry White, East Carolina University, Greenville, North Carolina

> Multi-faceted approach to citation-based quality assessment for knowledge management. Lokman I. Meho and Kiduk Yang, School of Library and Information Science, Indiana University, Bloomington

> KM and ISO quality are meant for continual improvement. Luciana Sacchetti, Department of Statistics, University of Bologna

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En Nouvelle-Zélande, des ateliers fondés sur les résultats de cette étude australienne ont été organisés en 2005 pour sensibiliser le personnel aux bonnes pratiques dans le domaine du prêt entre bibliothèques. Un ouvrage a été conçu à cet effet pour servir de support. Un an après, on a évalué l’impact de ces actions sur les compétences du personnel à partir des réponses faites par les bibliothécaires qui les avaient suivies, ce qui a permis de mettre l’accent sur l’impact à long terme d’une telle formation et son élargissement à d’autres aires de la bibliothéconomie.

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L’environnement numérique impose aussi une redéfinition de l’identité de la profession, ce qui sous-entend pour le personnel l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences, notamment techniques. Il faut savoir aussi communiquer sur les techniques émergentes, sur le rôle joué dans la fourniture de documents et le partage des ressources, en mettant au point de nouveaux programmes de formation et des méthodes pour explorer et adopter ces nouvelles dimensions, mais aussi pour envisager d’établir de nouveaux partenariats – à l’image de ce qu’a entrepris l’Université de Virginie, aux États-Unis.

L’impact du knowledge management sur les performances des bibliothèques

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Pour faire reconnaître l’intérêt du knowledge management, il faut disposer de mesures fiables. Une première communication a dressé un panorama de certains outils, tels que le retour sur investissement, le tableau de bord prospectif, les études qualitatives et les méthodes de cas réussies, et présenté les tentatives faites aujourd’hui pour définir une méthode standardisée permettant de définir l’impact de la gestion des connaissances sur les performances d’une organisation.

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Le développement technique permet aujourd’hui de collecter diverses informations brutes, utiles pour le KM. Une bibliothèque universitaire moyenne aux États-Unis recourt à différents indicateurs, comme ce système qui permet de connaître, section par section, le taux des livres mal rangés et d’évaluer les progrès faits par le public dans la maîtrise des collections, ou celui qui a permis de définir un besoin d’ordinateurs supplémentaires. Mais si l’on dispose aujourd’hui d’un grand nombre d’informations, la gageure reste de les transformer en connaissances à partager.

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Les résultats détaillés du test d’un modèle de partage des connaissances, réalisé auprès de services d’information et de références de trente bibliothèques universitaires, majoritairement américaines, ont été présentés ensuite. Ce type d’étude permet d’évaluer les pratiques actuelles mais aussi d’identifier les attentes des bibliothécaires et les points à améliorer. Ce modèle pourrait être étendu à d’autres services de bibliothèques qui impliquent un intense partage des connaissances.

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Peu encourageants, en revanche, ont été les résultats d’une étude déjà ancienne, menée en Floride en 2002, sur la perception des indicateurs de performance qu’ont les gestionnaires de bibliothèques publiques de cet État. Bien que des moyens financiers importants y soient consacrés, ils sont peu ou mal utilisés, ce qui rend nécessaires de gros efforts d’information et de formation de ces responsables.

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Un des objectifs du KM est de contrôler la qualité de l’information ; la citation est un instrument permettant d’évaluer la qualité d’un auteur ou d’un périodique. Une étude en cours aux États-Unis vise à pallier les biais présentés par les différentes bases de données de citations. Un prototype, baptisé CiteSearch, entend proposer des indicateurs permettant d’évaluer la qualité des réponses obtenues. Ce sont les résultats d’une étude pilote, faite à cette fin, à partir des données extraites de Scopus et de Google Scholar, qui ont été présentés.

Statistiques et évaluation

Bibliothèques de recherche

> Benchmarking and statistics: "Cheap, useful, and fairly valid". Eve Woodberry, Council of Australian University Libraries, CAUL

> Towards establishing an integrated system of establishing an integrated system of quality assurance in South African higher education libraries. Karin de Jager, University of Cape Town, Afrique du Sud

> Benchmarking efforts of Austrian academic libraries. Maria Seissl, Vienna University Library and Archive Services

> Quality measures on a national scale – Comparison of projects. Roswitha Poll, ex-directrice de la B.U. de Münster

Services de référence et d’information

> Marketing reference service of public libraries in developing regions. Li Yanru, Harbin Municipal Library, Harbin City, Chine

> Marketing partnerships in Greece between libraries, archives and museums. A new age has just started. Antonia Arahova, Library and Archives, Office of the Greek Delegate at the European Parliament, Athènes, and Sarantos Kapidakis, Ionian University, Corfou

> Marketing reference and information services in libraries: a staff competencies framework. Sophia Kaane, United States International University, Nairobi

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Quant à la bibliothèque du département de statistiques de l’Université de Bologne, elle est la seule bibliothèque italienne certifiée ISO 9001:2000. Les six outils de KM qui font partie de son système de qualité démontrent l’apport d’un système ISO pour la gestion du KM, notamment lorsqu’il s’agit de décrire les procédures du service ou de définir les objectifs de qualité – ce qui suppose que chacun fasse part de ses connaissances et de ses idées…

La comparaison des indicateurs de performance

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En 2004, une commission a été chargée en Afrique du Sud de pallier l’absence de normalisation des mesures de performance des bibliothèques universitaires dans ce pays. Les différentes étapes d’un travail mené à cette fin jusqu’en mars 2006, et qui a abouti à la mise en place d’un guide complet et bien structuré, fondé sur des normes internationales, ont été présentées.

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En Autriche, le ministère de l’Éducation a créé en l’an 2000 un groupe de travail chargé de définir des indicateurs communs adaptés à l’environnement numérique. Cette initiative a donné lieu à plusieurs études menées avec plus ou moins de succès. On notera que, depuis 2002, une loi oblige les universités à publier leurs résultats. Parmi les indicateurs retenus, certains concernent directement les bibliothèques : la circulation de documents, les activités extérieures (expositions, visites, etc.), le coût des bases de données, le coût des revues électroniques et imprimées. Des indicateurs qui ont suscité bien des interrogations car ils favorisent nettement les bibliothèques les plus importantes.

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Les bibliothèques australiennes regroupées au sein d’un consortium ont une longue expérience en matière d’indicateurs de performance, qu’elles comparent et rendent publics. Régulièrement mis à jour, confrontés aux indicateurs utilisés aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, ils se veulent à la fois peu coûteux, utiles et « relativement » valables. Le consortium a mis au point des kits pour faciliter la collecte et la comparaison des données relatives à la satisfaction du client, à la fourniture du document et à sa disponibilité – trois aspects considérés comme majeurs. Bien que l’extension récente aux mesures électroniques semble encore peu fiable, les premières devaient être enregistrées en 2006.

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En dépit de l’existence de normes et de guides, il reste difficile de comparer les performances des bibliothèques. Dans plusieurs régions du monde, des bibliothèques se sont regroupées pour adopter des indicateurs communs pouvant autoriser une telle comparaison. La communication présentée avait pour objet de comparer les résultats obtenus par des projets menés en Allemagne, en Australie, en Suède, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, soulignant leurs différences car les contextes de leur développement sont naturellement très divers. Il a aussi été relevé que les réticences étaient grandes, quelquefois, pour adopter de tels indicateurs, et les arguments en faveur ou en défaveur de leur mise en place ont été avancés.

Bibliothèques publiques Audiovisuel et multimédia

> Marketing analysis of reference and information services in Korean libraries. Heesop Kim and Yongje Park, Kyungpook National University, Daegu

> La Memoria oral en las Biblioteques de Barcelona. Carme Galve, Jaume Fuster Library, Barcelona

> Public digital multimedia services in a small country. Bruce Royan, Concurrent, Scotland, and Sandra O’Connor, Formerly SCRAN, Scotland

> Some directions for digitised services with audio visual content for the public libraries of West Bengal, India. Ratna Bandyopadhyay, Calcutta University, and K. P. Majumder, Jadavpur Univeristy, Calcutta

• Promoting downloaded digital services in the public libraries in Denmark. Kent Skov and Lene Byrialsen, Odense Centralbibliotek

Les pratiques marketing des services de référence

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« Pays en développement », la Chine est la première région abordée dans cette session. Il y a fallu adopter les concepts du marketing pour obtenir et garder une place sur le marché des services de référence, en pleine croissance. Plusieurs grandes bibliothèques publiques du pays ont relevé ce défi avec succès.

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En Grèce, on a adopté, avec succès également, un modèle de coopération étroite avec les archives et les musées du secteur public pour répondre aux besoins d’information d’un public hétérogène. C’est avec le soutien des pouvoirs publics que des données ont été collectées pour en tirer les conséquences en terme de stratégie marketing pour les services en ligne.

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Quant à cette étude, réalisée au Kenya, elle a permis de mettre l’accent sur les compétences marketing qu’il est désormais indispensable d’avoir lorsque l’on gère un service de référence et d’information dans une bibliothèque, ainsi que sur les actions de sensibilisation à mener sur les techniques du marketing.

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En Corée, on a étudié les techniques de marketing utilisées par les services de référence et d’information de quatre types de bibliothèques (universitaires, publiques, spécialisées et scolaires). Si certains éléments du marketing mix[16][16] Marketing mix : actions ou politiques portant sur plusieurs... sont mieux maîtrisés que d’autres par certaines d’entre elles, on notera surtout que les principes du marketing font partie intégrante de la stratégie de toutes les bibliothèques de ce pays.

Des services multimédias personnalisés

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A Barcelone, les bibliothèques publiques ont réalisé un travail autour de la mémoire orale en recueillant des témoignages sur les événements qui se sont déroulés dans plusieurs quartiers de leur ville lors de la guerre civile. Pour construire ce produit multimédia, il a fallu adopter de nouveaux modes de travail. Il faut aussi souligner l’impact de ce produit sur la sensibilisation aux nouvelles technologies de la population qui a participé à son élaboration ou de celle qui a voulu le consulter.

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Il a fallu une très grande imagination aussi pour concevoir tous les projets réalisés au cours de ces dernières années en Écosse. Au-delà de tous les détails qui ont été donnés, on retiendra la très grande variété des outils et des services, notamment tous ceux qui permettent de créer un environnement personnalisé, proposés pour attirer un public varié. Un autre exemple d’adaptation intelligente a été donné ensuite par le Bengale, pays où l’on a compris que la technologie permettait d’attirer une population illettrée. Les services sont proposés sur des disques mais aussi sur des mobiles.

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Quant aux bibliothèques publiques danoises, elles proposent depuis de nombreuses années des services de prêt en ligne par téléchargement provisoire, sur site mais aussi au domicile de leur public, des œuvres textuelles et musicales. On a pu ainsi prendre connaissance de tous les détails techniques, marketing mais aussi juridiques et financiers de ces services très populaires dans ce pays.

Notes

[1]

La bibliothèque d’Oxford avait déjà entamé une numérisation des œuvres du XVIIIe siècle.

[2]

Pour des explications sur la notion de fair use, voir Wikipédia : http:// fr. wikipedia. org/ wiki/ Fair_use (en français), et, sur le procès Kelly c/ Arriba, http:// en. wikipedia. org/ wiki/ Kelly_v. _Arriba_Soft_Corporation (en anglais).

[3]

Il s’agit de deux traités qui visent à adapter le droit d’auteur à l’environnement numérique.

[4]

Il s’agit de l’accord sur les aspects des droits de la propriété intellectuelle touchant au commerce (ADPIC), déjà abordés lors du précédent congrès mais sous un autre angle.

[5]

À l’image de la directive européenne sur les bases de données de 1996.

[6]

L’IFLA est l’une des ONG qui est accréditée auprès de l’OMPI.

[7]

En dehors de l’IFLA qui a publié une déclaration commune avec l’Electronic Information for Libraries (eIFL), on notera celle de l’American Library Association (ALA), www. ala. org/ ala/ washoff/ WOissues/ copyrightb/ intlcopyright/ WIPOBroadcastTreaty. htm#lbrys, de Consumer Protection Technology (CPTech), www. cptech. org/ ip/ wipo/ bt/ index. html, ou celle de l’Electronic Frontier Foundation (EEF), www. eff. org/ IP/ WIPO/ broadcasting_treaty

[8]

Et des protections techniques qui les accompagnent.

[9]

EBLIDA (European Bureau of Library, Information and Documentation Associations), www. eblida. org

[11]

Lors du congrès de l’IFLA en 2005, l’accent avait déjà été mis sur les implications des traités de libre-échange. Voir : Documentaliste - Sciences de l’information, 2006, n° 4-5, p. 302-303, wwww. adbs. fr/ site/ publications/ documentaliste/ 2256_1.php

[12]

Pour des détails supplémentaires sur le traitement des œuvres orphelines, voir : Actualités du droit de l’information, novembre 2005, n° 63, www. adbs. fr/ site/ publications/ droit_info/ adi/ adi63. php#dossier

[14]

SURF, service d’information opérant pour un réseau d’établissements appartenant à l’enseignement supérieur et à la recherche. [Voir aussi pages 284-292]

[15]

Directives pour de meilleures pratiques pour le prêt entre bibliothèques et la fourniture de document, IFLA, 27 avril 2006, www. ifla. org/ VI/ 2/ p3/ Guidelines_ILDD-fr. htm

[16]

Marketing mix : actions ou politiques portant sur plusieurs éléments (quatre, cinq, voire sept selon les auteurs). Pour cette étude coréenne, l’analyse portait sur sept éléments baptisés « 7 Ps » : « product, price, place, promotion, participants, physical evidence, process ».

Résumé

Français

Le dernier congrès, organisé du 19 au 25 août 2006 à Séoul par l’International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), proposait comme à son habitude une multitude de conférences et ateliers. Les thèmes proposés couvraient l’ensemble des problématiques auxquelles sont aujourd’hui confrontés les professionnels de toutes les bibliothèques et, dans l’acception la plus large de cette expression, tous les professionnels de l’I-D entre lesquels la société de l’information tend à assouplir les cloisons. Voici des aperçus sur quelques sessions choisies en considération de leur intérêt général ou de l’intérêt particulier qu’elles présentent pour les documentalistes.

Plan de l'article

  1. L’actualité brûlante du droit d’auteur
  2. Des modèles économiques pour des collections hybrides
  3. Définir des « bonnes pratiques » pour la fourniture de documents et le partage de ressources
  4. L’impact du knowledge management sur les performances des bibliothèques
  5. La comparaison des indicateurs de performance
  6. Les pratiques marketing des services de référence
  7. Des services multimédias personnalisés

Pour citer cet article

Battisti Michèle, « IFLA 2006 : Congres mondial des bibliothèques et de l'information. Les bibliothèques, moteurs dynamiques pour la connaissance et la société de l'information», Documentaliste-Sciences de l'Information 5/2006 (Vol. 43) , p. 314-319
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2006-5-page-314.htm.
DOI : 10.3917/docsi.435.0314.


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