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Documentaliste-Sciences de l'Information

2006/5 (Vol. 43)

  • Pages : 86
  • DOI : 10.3917/docsi.435.0327
  • Éditeur : A.D.B.S.

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ALTERNANT EXPOSÉS CONCRETS ET DÉMONSTRATIONS PRATIQUES, LA conférence Juriconnexion 2006 a réuni des professionnels du droit et de la documentation utilisant les sources d’information de l’internet juridique. Elle avait pour objectif d’identifier les techniques nouvelles à maîtriser et les stratégies spécifiques à développer pour utiliser au mieux les sites web de la nouvelle génération.

Identifier les outils et les stratégies

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La première intervention a permis de cerner la plupart des concepts du web 2.0. Après un rappel de son origine et de ses principes [1][1] Voir sur le site de l’ADBS les supports consacrés au..., les fonctionnalités de plusieurs outils ont été évoquées : la folksonomie, le tag, le mashup, le wiki, le podcasting, le blog, le fil RSS, Atom, Ajax... et bien d’autres encore, tous issus de la « vague 2.0 ». L’accent a aussi été mis sur quelques « fleurons » : Netvibes, une page d’accueil personnalisée, de nouveaux moteurs tels que Vikio, ou YouTube, l’un des services qui intéressent vivement les « géants du web » Yahoo! et Google. La présentation a été complétée par une comparaison avec les principes du 1.0, une liste des inconvénients mais aussi des avantages indéniables du web 2.0, ne serait-ce qu’en termes de veille ou de diffusion élargie de la parole d’experts.

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• « Les enjeux politiques de la technique informatique » : voici ce qui pourrait résumer l’exposé suivant qui, après avoir souligné les opportunités offertes par le langage XML (eXtensible Markup Language) en matière d’interopérabilité, a insisté sur les enjeux de la normalisation en prenant pour exemple le domaine juridique. Cette normalisation pourrait être fixée à partir d’un projet de recherche financé par la Commission européenne et mené aux Pays-Bas. On a voulu privilégier l’élaboration de versions linguistiques différentes d’un texte plutôt que l’accès aux versions successives d’un document juridique, ce qui répondrait davantage aux pratiques françaises.

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• Le web 2.0 a fait évoluer les moteurs et les modes de recherche de l’information. Sont ainsi apparus des moteurs consacrés à la recherche de blogs ou de personnes ou à des contenus spécifiques, et des fonctionnalités nouvelles ont été offertes en termes de collaboration (construction commune de sites présélectionnés), de syndication (conversion en fils RSS) et de repérage des connaissances, y compris dans le domaine juridique. Ces moteurs « intelligents » gèrent une information décrite par des tags (ou mots clés) apposés par des utilisateurs (principe de la folksonomie) ou en s’appuyant sur des méthodes statistiques et sémantiques, fondées sur des dictionnaires ou des ontologies qui peuvent suggérer des termes proches. Certains outils, tel que Semanticmediawiki [2][2] Semanticmediawiki : http:// ontoworld. org/ wiki/ ..., permettent d’aller au-delà de la présence d’un mot pour appréhender des connaissances.

Les interventions

Matinée présidée par Robert Mahl, professeur à l’école des Mines et fondateur de droit.org

> Qu’est-ce que le web 2.0 ? Par Véronique Mesguich, responsable de l’Infothèque Entreprises au Pôle universitaire Léonard de Vinci

> À quoi sert le XML, comment l’utiliser ? Des nouveaux types de sites : bookmarks sociaux, carnets d’adresses interactifs. Par Jean Baptiste Soufron, CERSA – CNRS - Université Paris-2

> Les modes de recherche sur le web 2.0. Par Guiraude Lame, secrétaire général - Direction juridique d’Ixis Corporate & Investement Bank

> La nouvelle veille. Par Didier Frochot, formateur et consultant, Information - D-FI

> Mettre en place un fil RSS : mode d’emploi. Par Stéphane Roux, assistant chef de projet au service Documentation du cabinet Gide Loyrette Nouel (avocats)

> Une page d’accueil personnalisable : l’exemple de Netvibes. Par Remy Nerrière, juriste documentaliste à l’étude Cheuvreux (notaires)

Après-midi présidée par Dominique Vignaud, directrice de l’École de bibliothécaires documentalistes (EBD)

> Dalloz : fonctionnalités web 2.0 des produits Dalloz. Par Nicolas Tissier, directeur informatique des éditions Dalloz

> Cour de cassation : fonctionnalités web 2.0. Par Isabelle Goanvic, conseillère référendaire, webmestre du site de la Cour de cassation

> Blogs et wiki : outils et phénomènes. Par Benoît Tabaka, responsable des affaires juridiques et réglementaires chez PriceMinister.com

> Un exemple de wiki : JurisPedia. Par Hugues Jehan Vibert, chercheur doctorant à l’ÉRID, co-fondateur et co-animateur JurisPedia

> Création d’un blog en direct. Par Stéphane Cottin, documentaliste juridique

> Aspects juridiques du Web 2.0 : les risques liés à ces pratiques. Par Cédric Manara, professeur associé à l’EDHEC Business School

> Synthèse et perspectives. Par Michèle Côme, market manager, Online Business Center Europe - Wolters Kluwer

L’association Juriconnexion

Créée en 1988, Juriconnexion est une association qui vise à améliorer la qualité des produits et des services en matière d’information juridique et à informer leurs utilisateurs sur les nouveautés. Fondant son action sur le dialogue avec des producteurs, des serveurs et des distributeurs, ainsi qu’avec les pouvoirs publics, elle propose à ses adhérents des journées d’étude, des présentations de produits, un site web et une liste de diffusion très active.

Les supports des intervenants peuvent être consultés sur le site de Juriconnexion, à l’adresse www. juriconnexion. fr/ ? p= 154

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• Tirer à soi une information, voilà ce que proposent les fils RSS. Pour mieux appréhender leur mode de fonctionnement et les utiliser de manière intelligente, il fallait donner des explications techniques sur la really simple syndication qui n’est finalement qu’une application XML. De ce fait, ce langage simple qui utilise les mêmes balises que les pages web peut bénéficier d’apports techniques pour faciliter l’approche et la transformation des éléments qui y sont contenus et leur transfert vers d’autres formats. Par ailleurs, après avoir identifié les besoins de son public, on peut aisément les personnaliser avec du Javascript et des feuilles de style et, pour améliorer la confidentialité, retraiter les fils à partir d’une copie faite en interne. L’attention a aussi été attirée sur l’invasion des spams et l’instabilité due à l’absence de standards. Ces problèmes semblent en voie de résolution grâce à des techniques qui « brisent la linéarité des fils et donnent plus de place à la fonction éditoriale » et qui pourraient prochainement faire l’objet d’une norme.

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Le blog pour la « création progressive » et le wiki pour la « construction collective » – voilà des définitions qui présentent clairement les apports de ces deux outils emblématiques du web 2.0. Dans le domaine juridique, le poids de ces outils est patent. Mais leurs logiques particulières laissent la porte ouverte à de possibles dérives : le manque de fiabilité, la personnalisation excessive, l’éparpillement des informations, le manque d’interactivité (du moins en France !), la diffusion de parole non experte, la négligence des revues classiques. Ces outils doivent de ce fait être perçus comme des compléments à l’information obtenue plus classiquement, notamment pour la fraîcheur des données fournies ou pour le ton très libre des propos qui y sont tenus.

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Malgré la volatilité des blogs et le risque que l’on prend en s’y référant, la tendance actuelle semble être en faveur d’une conciliation entre blogs et édition juridique. Si, par ailleurs, ils ont un impact certain sur l’évolution des outils documentaires, il reste difficile de prévoir leur avenir. Quoi qu’il en soit, il est important de ne pas les négliger et de se les approprier.

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• Apposer des « tags juridiques » aux personnes et aux objets s’impose dans un contexte où les problèmes juridiques posés par ces outils sont multiples. Lorsqu’ils autorisent un travail collaboratif, se posent en effet des questions liées à l’identification des propriétaires du résultat, mais aussi des questions de responsabilité lorsque les outils proposés au libre usage de tous présentent des failles techniques. Responsabilité à nouveau lorsque des données personnelles, des propos diffamatoires ou d’autres délits de presse circulent sur les pages qui ont été créées et qui sont largement diffusées et reprises.

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Pour pallier ces risques, il faut identifier les auteurs et définir le régime applicable aux diverses créations. C’est une tentative de ce type qui est proposée, par plusieurs tableaux [3][3] www. slideshare. net/ cedricm/ aspects-juridiques-du-web-20/... dressant une typologie des problèmes à résoudre en matière de droit d’auteur et de respect de la vie privée, et rappelant les questions qu’il convient de se poser en matière de responsabilité et de risques respectifs pris par les différents acteurs. Mais lorsque le droit de la consommation, le droit du travail, le droit du commerce auront aussi été évoqués, on aura compris que c’est l’ensemble du droit qui a vocation à s’appliquer – avec difficulté néanmoins. Ce qui permet de souligner que le droit de la société de l’information reste à construire…

Des exemples d’applications dans le secteur juridique

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L’éditeur Dalloz propose sur son site plusieurs fonctionnalités du web 2.0 : des blogs pour engager les débats sur les questions de droit et donner la parole aux auteurs sous un angle différent, et une série de fils RSS pour personnaliser davantage son offre éditoriale. Les techniques choisies par cet éditeur l’ont été car elles permettaient de « tordre » facilement les applications et de diversifier les opportunités éditoriales.

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La Cour de cassation s’est immédiatement saisie du web 2.0 pour répondre à sa mission de diffusion du droit. La liste des services déjà proposés et de ses projets est impressionnante. À terme, elle envisage ainsi de proposer un suivi en temps réel des colloques et des activités de formation, mais aussi de donner à tout justiciable, également en temps réel, un accès au suivi des procédures le concernant. Des fils RSS permettront également de donner accès aux décisions anonymisées de la Cour de cassation et de plusieurs cours d’appel, ce qui se traduira à terme par une harmonisation des décisions et améliorera ainsi l’intelligibilité et la prévisibilité du droit.

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C’est un produit totalement différent qui a été présenté ensuite. Jurispédia [4][4] Jurispedia : www. jurispedia. org qui, comme le nom le laisse entendre, est une encyclopédie construite de manière collaborative à l’image de Wikipédia. Conçu par des équipes universitaires de plusieurs pays, ce wiki juridique entend « expliquer le droit tel qu’il est » dans tous les pays du monde et le présenter sous différentes versions linguistiques ; ce qui permet, par exemple, de consulter du droit japonais traduit en arabe. Si la construction est collective et ouverte à tous, le système est néanmoins modéré. Jurispédia contient toutes les fonctionnalités d’un produit 2.0 et entend devenir aussi un « Wikipédia sémantique », permettant de faire des recherches pertinentes sur différents concepts.

Des présentations très concrètes de plusieurs outils

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C’est une gageure que d’expliquer le maniement de ces outils lors d’une conférence qui a réuni cent soixante-dix personnes, mais le défi a été relevé avec brio grâce à la performance des différents intervenants.

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Ce fut tout d’abord une série de « trucs et astuces » permettant d’améliorer son système d’alerte personnel en prenant pour exemple le remarquable outil de veille législative proposé par le Sénat, mais aussi les opportunités offertes par Prelex et Œil, outils développés par les institutions européennes, ou, tout simplement, les fonctionnalités présentes sur des produits grand public comme Outlook ou Google. Plusieurs moyens permettant de gérer intelligemment ses fils RSS grâce à divers systèmes de filtrage ont également été présentés.

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Une deuxième intervention a permis de découvrir un produit typique de la galaxie du web 2.0, Netvibes, un portail personnalisable. Il permet, en effet, de gérer très facilement des fils RSS et de multiples autres services sous forme de modules modifiables à l’infini. Le recours à l’« écosystème » qui permet de partager ses créations et ses flux d’informations est emblématique du web 2.0. Cet aspect peut être appliqué au domaine juridique – une expérience commentée en ce moment sur la liste Juriconnexion.

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Quoi de plus simple que de créer un blog ? L’assistance en a été totalement convaincue après une création en direct à partir de Blogger. S’il est nécessaire de répondre à quelques questions relatives au choix de la plate-forme et de son habillage, la difficulté majeure consiste en effet à choisir le nom de son blog parmi les titres encore disponibles. Écrire, modifier l’apparence du service, voire monétiser son blog apparaissent comme des tâches étonnamment banales…

Notes

[1]

Voir sur le site de l’ADBS les supports consacrés au web 2.0 : www. adbs. fr/ site/ evenements/ 5a7/ index. php#13juin2006

Résumé

Français

Sous le titre « Internet juridique 2.0 : comment la nouvelle génération des outils et moyens de l’internet juridique peut améliorer immédiatement et facilement votre service d’information juridique (veille, recherches, stockage, échanges, etc.) ? », l’association Juriconnexion proposait, le 23 novembre 2006 à Paris, sa conférence annuelle. Elle s’est attachée à identifier les techniques à maîtriser et les stratégies à développer pour utiliser au mieux les outils du web 2.0 dans le domaine juridique. Parmi les sujets abordés : l’importance des wikis dans l’évolution de la circulation du droit, l’optimisation de l’utilisation des blogs et des fils RSS, les enjeux du XML dans le monde de la documentation juridique, ainsi que les questions juridiques soulevées par l’utilisation de ces nouvelles techniques.

Plan de l'article

  1. Identifier les outils et les stratégies
  2. Des exemples d’applications dans le secteur juridique
  3. Des présentations très concrètes de plusieurs outils

Pour citer cet article

Battisti Michèle, « Conference Juriconnexion 2006. Internet juridique 2.0 : une nouvelle génération d'outils et de moyens pour améliorer les services d'information juridique », Documentaliste-Sciences de l'Information, 5/2006 (Vol. 43), p. 327-329.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2006-5-page-327.htm
DOI : 10.3917/docsi.435.0327


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