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Documentaliste-Sciences de l'Information

2007/1 (Vol. 44)

  • Pages : 120
  • DOI : 10.3917/docsi.441.0064
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Structuré en quatre branches, le groupe Lafarge occupe des positions de premier plan dans chacune de ses activités : ciment, toiture, granulats et béton, et plâtre. Quatre-vingt mille collaborateurs se répartissent dans soixante-seize pays et le chiffre d’affaires 2005 s’élevait à seize milliards d’euros. Un groupe multinational, donc, fort d’une grande diversité de métiers comme de nationalités. L’information, essentiellement technique, doit circuler et être disponible pour les utilisateurs finals (opérationnels comme fonctionnels : experts, ingénieurs, techniciens mais aussi chefs de produit, etc.).

Un glossaire multilingue pour un projet de gestion des connaissances

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Dans les années 2000, années de l’explosion des intranets, un projet de gestion des connaissances voit le jour dans la branche Ciment industriel de Lafarge. La nécessité de disposer d’un référentiel multilingue apparaît aux documentalistes en charge de ce projet. Pour bien assimiler les informations fournies par les experts, il est évident qu’il faut s’accorder d’abord sur le sens des termes employés.

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Un glossaire est donc élaboré avec Lotus Notes, sous forme d’une liste terminologique non hiérarchisée comportant des expressions et donnant de chaque terme la définition et la traduction en sept langues. La constitution d’un réseau de « traducteurs » permet ce multilinguisme. Mais les limites de Lotus Notes apparaissent : « Dans un environnement multilingue et une alimentation décentralisée, Lotus Notes n’était plus du tout adapté », rappelle la documentaliste en charge du projet de gestion des connaissances.

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L’année 2005 voit converger deux initiatives : le lancement d’un portail web, à l’initiative du service Communication Paris, ce qui rend indispensable la migration du glossaire Ciment vers le Web ; et l’ajout au glossaire de nouvelles fonctions, à la demande des professionnels de l’I-D et des traducteurs.

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Face à ces nouvelles demandes, le service informatique s’implique dans le projet et recueille les besoins des autres branches. À l’issue de cette réflexion, un « outil groupe » est recherché qui prendrait en compte ces différentes contraintes. L’outil ITM de Mondeca est retenu pour sa capacité à s’intégrer techniquement dans l’environnement de Lafarge, pour son adéquation aux besoins et ses potentialités d‘évolution. Jeune société française créée en juin 1999, Mondeca est un acteur majeur des technologies du web sémantique et des ontologies avec son produit ITM : Intelligent Topic Manager.

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Outre la migration de Lotus Notes vers le Web, la demande réside également dans les nouvelles fonctionnalités attendues : associer sans limite aux termes du glossaire des « objets » comme des photographies d’un procédé particulier, les images d’un élément, etc., et lier au glossaire le contenu issu du Web. Par son indexation automatique du contenu web, la solution ITM permet de lier la définition du glossaire à un mot issu du portail web : d’un simple clic, la définition de chaque mot issu du portail apparaît avec sa traduction dans les autres langues. Divisé en onze dictionnaires, le glossaire comprend plus de dix mille termes. Chaque branche possède au moins un dictionnaire et certaines, comme la branche Ciment, en utilisent plusieurs. D’autres dictionnaires ont été élaborés sur une fonction transversale, comme le dictionnaire financier.

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« C’est Mondeca qui nous a conseillé de travailler par dictionnaire », explique le responsable intranet, rejetant l’idée première de n’en élaborer qu’un seul. Cette subdivision par dictionnaires permet de limiter l’ambiguïté des termes – un même mot n’ayant pas le même sens selon le point de vue adopté : commercial, expert métier ou autre. En revanche, le lien de branche à branche est perdu.

Une application reposant sur une ontologie

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Mondeca a développé une petite ontologie, riche d’une dizaine de classes et d’une dizaine d’attributs, qui a exigé un lourd et complexe travail préalable de nettoyage et de reprise des données. La construction d’une ontologie suppose un existant cohérent, significatif et conforme, faute de quoi un travail de remise à plat, d’« audit conceptuel » des données est nécessaire. L’implication de Mondeca dans la modélisation des données est essentielle et perçue comme une vraie valeur ajoutée. Le schéma « terme pivot égale terme en anglais plus métadonnées et traductions multiples autour de ce terme pivot » (relation de 1 à n) a été retenu.

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Aujourd’hui l’application répond aux objectifs fixés. La prochaine amélioration consistera en une nouvelle interface utilisateur pour pallier les difficultés rencontrées par les techniciens et ingénieurs lors de la recherche.

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Pour l’équipe interne du projet, centrée sur l’aspect fonctionnel de l’application et essentiellement préoccupée par les objectifs à atteindre, la construction de cette ontologie est restée totalement transparente.

Plan de l'article

  1. Un glossaire multilingue pour un projet de gestion des connaissances
  2. Une application reposant sur une ontologie

Pour citer cet article

Lafarge , Gicquel Florence, « Un glossaire peut cacher une ontologie... L'expérience de Lafarge », Documentaliste-Sciences de l'Information, 1/2007 (Vol. 44), p. 64-64.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2007-1-page-64.htm
DOI : 10.3917/docsi.441.0064


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