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Documentaliste-Sciences de l'Information

2007/1 (Vol. 44)

  • Pages : 120
  • DOI : 10.3917/docsi.441.0093
  • Éditeur : A.D.B.S.

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La Banque de Données Santé Publique est un service d’information en ligne fondé sur une couverture multidisciplinaire de la santé publique. Née au début des années quatre-vingt-dix, totalement gratuite depuis le 1er janvier 2006, la BDSP est le résultat d’un travail collaboratif, dans le cadre d’un réseau de coopération documentaire constitué d’une quarantaine d’organismes. Des modalités d’échange et de partage du travail, ainsi que l’exploitation, sur le réseau Internet, de services d’information conçus, développés et alimentés en commun permettent d’offrir un site consulté quotidiennement par près de cinq mille professionnels en exercice et en formation.

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Sur le plan juridique, la BDSP est régie par une convention cadre, en date de 1993, qui définit son fonctionnement. La mise en œuvre et la gestion des moyens sont confiées à l’École nationale de la santé publique (ENSP) [voir page 95] qui assume son engagement envers le réseau en contribuant au financement d’une équipe permanente (quatre personnes), connue sous le nom d’Atelier d’études et développement (AED) de la BDSP. Cette équipe assure la logistique de suivi des services d’information, développe les outils informatiques nécessaires, assure l’animation du réseau, la conduite des projets communs et la promotion de la BDSP auprès des publics utilisateurs.

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Parmi les différents outils et services en ligne [voir page 95] figure un élément clé, le Thésaurus santé publique (TSP), dont l’histoire, le rôle et les usages sont exposés ci-dessous.

Rappel historique

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La première version du thésaurus, datant de 1992, s’appuyait sur les premiers langages élaborés dans le champ de la santé publique, dans le cadre des réseaux Reshus (Réseau d’informations en sciences humaines de la santé), puis Ramis (Réseau pour l’amélioration de l’information en santé publique), ainsi que sur le langage Pascal de l’INIST-CNRS (Institut de l’information scientifique et technique).

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La deuxième édition (1995), publiée aux Éditions ENSP, se présentait sous la forme de trois volumes : une liste alphabétique permutée, une liste alphabétique structurée et un volume constitué des terminogrammes et de listes alphabétiques par micro-thésaurus.

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La troisième édition du thésaurus actuellement en service (TSP3) date de 2001. D’emblée a été adopté le principe d’une publication en ligne, avec moteur de recherche intégré. L’esprit des éditions antérieures, sur support papier, a été sauvegardé, y compris la représentation graphique de l’environnement sémantique de chaque terme [voir page 70]. Cette version, consultable à partir du site BDSP, est constituée de 10 992 termes, soit 6 186 descripteurs répartis en 57 micro-thésaurus et 4 806 synonymes qui renvoient vers un descripteur valide. Lors de la mise à jour de 2001, l’enrichissement a été considérable : 989 nouveaux descripteurs et 838 nouveaux synonymes ont été ajoutés. Cette édition est également disponible en ligne, en version pdf.

Un usage étendu au-delà du réseau BDSP

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Le thésaurus de la BDSP peut être gratuitement et librement utilisé dans le cadre de services informationnels, par des centres de documentation ou des bibliothèques travaillant dans les secteurs sanitaire et social. Cependant, le droit d’usage ainsi consenti est limité à une utilisation strictement non commerciale. Sur la base de ces conditions, un fichier est livré sur simple demande. Plus d’une vingtaine de versions informatiques sont ainsi demandées et adressées en retour chaque année, en France mais aussi dans des pays francophones, à charge pour les usagers d’adapter ce fichier à leur propre gestionnaire de thésaurus.

Une mise à jour en cours

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En mars 2006 a démarré une mise à jour qui aboutira, à la fin du premier semestre 2007, à la publication d’une version TSP4 : 870 descripteurs et 856 nouvelles relations de synonymie y seront intégrés. La méthode adoptée est similaire à celle de l’édition 2001. Au démarrage le travail est effectué par des documentalistes du réseau BDSP usagers du thésaurus. Pour l’essentiel, cet exercice repose sur l’étude, au cas par cas, des candidats descripteurs (environ 5 000) collectés depuis la dernière mise à jour. Des lexiques spécialisés peuvent également être proposés, pour intégration, par des spécialistes d’un sujet (exemple pour cette version : vocabulaires en santé bucco-dentaire, planification familiale, etc.).

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L’outil permettant de gérer les mises à jour est un logiciel développé en interne. Les termes étudiés peuvent être définitivement rejetés, contribuer à améliorer la synonymie ou bien constituer de nouveaux descripteurs. Les frontières entre le champ sanitaire et le domaine social étant perméables, les nouveaux termes traduisent bien souvent les évolutions récentes et l’émergence de nouveaux concepts en santé publique, mais également les changements de la vie sociale. Les choix du positionnement de telles notions, parfois chargées idéologiquement, dans l’arborescence du thésaurus peuvent se prêter à des débats sans fin, voire relever de l’arbitraire. Mais les lectures croisées par des membres du réseau aux compétences et spécialités différentes permettent d’arrêter des positions consensuelles.

Chaque membre du réseau BDSP conserve les spécificités propres de son langage d’indexation

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L’usage du thésaurus BDSP, outil de travail incontestablement fédérateur, n’est toutefois pas une condition à une adhésion au réseau BDSP ni en particulier à l’alimentation de la base de données documentaire. En effet, un centre postulant peut souhaiter garder son propre vocabulaire pour des raisons historiques, par nécessité au regard de la spécificité de sa couverture thématique, ou pour ne pas perturber des investissements avec implications terminologiques dans d’autres projets documentaires, etc. Cependant, les 350 000 références bibliographiques qui constituent la base documentaire BDSP sont toutes indexées et interrogeables, sur le champ « mot clé », avec les descripteurs du TSP3 ainsi qu’en langage Pascal (INIST-CNRS), alors que, en amont, elles sont livrées par vingt-cinq membres du réseau utilisant divers vocabulaires : thésaurus BDSP bien entendu, mais aussi des langages d’indexation spécifiques - thésaurus ou listes à plat [voir ci-contre].

Une combinaison de passerelles entre vocabulaires

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Dans le cas de l’usage d’un vocabulaire autre que le thésaurus BDSP, et en amont de toute intégration de notices bibliographiques dans la base documentaire, l’établissement d’une table de correspondances entre chaque terme du vocabulaire spécifique et les descripteurs BDSP est mis en œuvre. Grâce à des programmes informatiques conçus et développés en interne, une comparaison des vocabulaires et des propositions de correspondances entre chaque descripteur sont réalisées. Cette automatisation présente toutefois des limites et nécessite systématiquement une relecture humaine, des corrections, des ajouts et une validation par un professionnel. Quant à la vérification finale de la cohérence de l’ensemble, elle peut être en partie automatisée.

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L’établissement de ce type de passerelle représente un investissement conséquent en temps de travail, notamment pour le membre du réseau candidat à l’alimentation de la base documentaire, mais il permet d’aboutir à un programme informatisé qui sera déroulé en routine à chaque opération de mise à jour de la base (mensuelle). Bien entendu, ces programmes fonctionnent dans les deux sens : du vocabulaire spécifique vers le vocabulaire BDSP et du vocabulaire BDSP vers le vocabulaire spécifique. En bout de chaîne nous disposons donc :

  • de tables permettant de traduire en descripteurs BDSP tous les termes des vocabulaires spécifiques utilisés par les différents membres du réseau ;

  • de tables permettant de traduire toutes les notices documentaires indexées en BDSP en notices indexées indifféremment avec l’un, plusieurs ou l’ensemble des vocabulaires spécifiques.

Des passerelles entre vocabulaires au cœur d’un dispositif de réciprocité

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L’un des fondements de l’adhésion au réseau BDSP est la réciprocité des échanges. L’ensemble des passerelles entre vocabulaires, ainsi élaborées, permet d’assurer cette règle de base : « Une notice reversée pour une notice livrée ». En effet, le souhait de réalisation d’une grande base de données couvrant l’ensemble des champs de la santé publique cohabite chez certains producteurs avec le souci d’alimenter et de gérer en parallèle leurs propres bases, qu’elles soient internes ou accessibles via le Web, qu’elles soient spécialisées sur un problème de santé publique, qu’elles présentent une approche particulière ou bien offrent une couverture régionale…

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Ainsi, dans le cadre d’un partage du traitement documentaire revisité et validé chaque année, l’AED-BDSP reverse à chaque membre qui en exprime le souhait des lots de notices, sur la base d’un profil prédéfini, et au prorata de sa contribution. Les tables de correspondances établies en amont permettent d’assurer cet engagement. À titre indicatif et pour l’année 2006, 21 000 notices bibliographiques ont été intégrées à la base documentaire de la BDSP et 22 000 ont été rediffusées à des membres du réseau (une même notice peut être rediffusée plusieurs fois alors que d’autres ne le sont jamais).

Un travail collaboratif ouvert pour des services informationnels communs

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Cette gymnastique terminologique est l’une des originalités du réseau BDSP qui, depuis quatorze ans, permet à des membres appartenant à divers univers institutionnels, soumis à des contraintes différentes, disposant de moyens humains, matériels et financiers totalement disparates (ministère et services déconcentrés, agences de santé, fondations, sociétés savantes, hôpitaux, universités, associations, etc.), de relever le défi du travail collaboratif pour proposer des services informationnels communs.

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Si l’usage d’un vocabulaire contrôlé est nécessaire pour classifier et décrire l’information recueillie ainsi que pour optimiser la recherche, les correspondances établies entre les différents thésaurus permettent la coexistence d’une variété de communautés professionnelles et l’ouverture, sans contraintes terminologiques, à de nouveaux membres. Le dernier exemple en date est celui de l’adhésion récente du réseau documentaire suisse en santé publique SAPHIR (Swiss Automated Public Health Information Resources), qui établit actuellement une table de correspondances entre son outil d’indexation, le MeSH (Medical Subject Headings) produit par la National Library of Medicine (NLM, États-Unis), et le thésaurus BDSP, afin de rendre opérationnels, au courant de l’année 2007, les premiers échanges de notices bibliographiques.

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Cependant, il est évident qu’on ne peut continuer à investir sur l’interopérabilité entre thésaurus en ignorant les outils de recherche en texte intégral, l’intelligence artificielle, les folksonomies, etc.

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Ce sont là des choix engageants et déterminants pour l’avenir d’un tel dispositif informationnel.

De l’ENSP à l’EHESP

L’École nationale de la santé publique (ENSP) est en cours de transformation. Le décret n° 2006-1546 du 7 décembre 2006 relatif à l’École des hautes études en santé publique est entré en vigueur le 1er janvier 2007. Il fixe le statut de l’EHESP – créée par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique – sous la forme d’un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel auquel s’applique le statut de grand établissement.

Cette école est placée sous la tutelle conjointe des ministres chargés de la santé, des affaires sociales, de l’éducation et de la recherche, et elle a pour missions :

  • d’assurer les formations initiales et continues permettant d’exercer des fonctions de direction, de gestion, de management, d’inspection, de contrôle et d’évaluation dans les domaines sanitaires, sociaux et médico-sociaux, en lieu et place, à terme de l’École nationale de la santé publique ;

  • de délivrer un enseignement supérieur en matière de santé publique ;

  • de contribuer aux activités de recherche en santé publique ;

  • de développer des relations internationales.

Les services de la BDSP www. bdsp. tm. fr
  • bibliothèque numérique : 23 000 documents

  • base documentaire : 350 000 références (mise à jour mensuelle)

  • bibliographies thématiques : une cinquantaine (mise à jour mensuelle)

  • annuaire thématique de sites : 1 000 adresses (mise à jour régulière)

  • base de colloques (près de 500 annonces en 2006)

  • offres d’emploi (près de 600 annonces en 2006)

  • glossaire multilingue portant sur des termes, des expressions et des concepts utilisés en santé publique : 400 définitions

  • thésaurus en cours de mise à jour : 10 992 termes (TSP3Z).

Membres du réseau BDSP utilisant des langages spécifiques (liste non exhaustive)
  • Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS)

  • Réseau des centres de coordination de lutte contre les infections nosocomiales (NOSOBASE)

  • Centre technique national d’études et de recherches sur les handicaps et les inadaptations (CTNERHI)

  • Centre de ressources national François-Xavier Bagnoud (CDRN FXB) : thésaurus couvrant les domaines des soins palliatifs, de l’accompagnement, du deuil et de la mort

  • Ministère de la Santé et des Solidarités : thésaurus TESS (Travail Emploi Santé Solidarité)

  • Centre régional d’information et de prévention du sida Ile-de-France (CRIPS IdF) qui a coordonné la réalisation du thésaurus multilingue européen sur le sida et l’infection à VIH

  • Institut de l’information scientifique et technique (INIST-CNRS) : langage PASCAL

Plan de l'article

  1. Rappel historique
  2. Un usage étendu au-delà du réseau BDSP
  3. Une mise à jour en cours
  4. Chaque membre du réseau BDSP conserve les spécificités propres de son langage d’indexation
  5. Une combinaison de passerelles entre vocabulaires
  6. Des passerelles entre vocabulaires au cœur d’un dispositif de réciprocité
  7. Un travail collaboratif ouvert pour des services informationnels communs

Pour citer cet article

Vignon Marie-Édith, « Des outils d'indexation variés pour alimenter en réseau une base de données. L'exemple de la BDSP», Documentaliste-Sciences de l'Information 1/2007 (Vol. 44) , p. 93-95
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2007-1-page-93.htm.
DOI : 10.3917/docsi.441.0093.


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