Accueil Revues Revue Numéro Article

Documentaliste-Sciences de l'Information

2007/4 (Vol. 44)

  • Pages : 60
  • DOI : 10.3917/docsi.444.0288
  • Éditeur : A.D.B.S.

ALERTES EMAIL - REVUE Documentaliste-Sciences de l'Information

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Pages 288 - 298 Article suivant
1

LA CONSERVATION ET LA DIFFUSION DES connaissances sont les missions centrales des services communs de documentation (SCD) des universités [2] [15]. Si ces missions, invariantes d’un point de vue historique, n’appellent guère de commentaires, il n’en va pas de même pour ce qui relève des modalités de leur mise en œuvre. Celles-ci ont été largement bousculées par l’émergence institutionnelle de la société de l’information (PAGSI, plan RESO), par la profusion de l’information électronique gratuite ou onéreuse et par la démocratisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) [1][1] La Délégation aux usages de l’internet (DUI) (http://.... Sous la pression conjuguée de l’offre de ressources documentaires hétérogènes (traditionnelles et électroniques), d’outils et de procédures informatiques (OPAC locaux et distants, agrégateurs, SRI, SIGB, portails documentaires, environnements numériques de travail) et de services à l’usager [16] [17], l’activité professionnelle des bibliothécaires en matière d’organisation et de description des connaissances s’est progressivement transformée. La bibliothèque universitaire et de recherche apparaît de plus en plus comme un macro-système complexe assemblant différents sous-systèmes (technologique, documentaire, social, culturel) qui génèrent leur propre complexité. D’une façon contre-performante, cette complexité pèse sur l’usager qui se trouve dépassé par la difficulté à appréhender tous les processus essentiels. En se superposant et s’entrelaçant, ceux-ci aboutissent, presque contradictoirement, à limiter les avantages des outils et services mis à leur disposition pour améliorer l’utilisation des collections [3] [14] [22] [24].

1 - Contexte d’élaboration du dispositif

Maîtrise de l’information, maîtrise des technologies numériques de médiation

2

Il est aujourd’hui admis que l’aptitude à effectuer des recherches documentaires et la maîtrise de l’information [2][2] La littérature sur le sujet est particulièrement abondante... (information literacy) sont indispensables aux usagers (étudiants de tous cycles, enseignants-chercheurs, chercheurs) d’une part pour acquérir une attitude critique par rapport à l’information et d’autre part pour exploiter efficacement les sources documentaires dont ils ont besoin pour l’acquisition de connaissances, l’enseignement et la recherche. Cette maîtrise de l’information ne peut pas faire l’économie d’un réel apprentissage [10]. Or la réalité montre que la formation des usagers est loin de toucher la plus grande majorité des étudiants [3][3] « … En 2001-2002, la progression du nombre total de... !

3

C’est une équation insolvable qui se dessine progressivement : d’un côté une proposition d’environnements documentaires et de services aux usagers de plus en plus riches, de plus en plus complexes ; et de l’autre des cohortes d’usagers insuffisamment formés (lorsqu’ils le sont), guettés par l’analphabétisme informationnel et technologique [9] [29] [30]. Gérard Vergnaud, psychologue cognitiviste, faisait récemment remarquer : « Les étudiants qui arrivent à l’université ne savent guère rechercher et utiliser les documents susceptibles de les aider à définir une problématique, c’est-à-dire une question suffisamment précise pour être traitée. Ils ne savent pas non plus utiliser les logiciels qui sont à leur disposition, en dépit de la familiarité qu’ont certains étudiants (mais pas tous) avec Internet [30]. »

4

C’est là qu’interviennent les technologies de l’information et de la communication. Sous l’effet du mythe technologique [11], leur capacité latente d’amélioration de l’accessibilité des systèmes d’information s’est progressivement muée en une certitude de l’adéquation de ces technologies à toutes les attentes des utilisateurs, quels que soient leurs habiletés techniques et instrumentales ou leur profil cognitif [20] [21] [22]. Le portail Persée consacré aux sciences humaines et sociales (SHS) offre un exemple flagrant de cette rupture entre l’utilisabilité d’un système d’informations numériques pleinement opérationnel [4][4] Ce portail offre l’accès le plus libre à plus de 100... et la réalité effective d’usage de ce système mis gratuitement à la disposition des utilisateurs [1] [7]. Ce portail a été construit pour valoriser la production scientifique des chercheurs en SHS en y associant les possibilités d’exploitation enrichie portées par les TIC. Mais, au grand dam des initiateurs de ce projet, sa réussite en termes d’appropriation par ses usagers reste mitigée… La difficulté à lire significativement une régularité dans la consultation des utilisateurs inscrits, l’inutilisation des forums (générique et thématique) intégrés au portail, etc., sont autant de raisons [5][5] La liste est malheureusement encore plus longue : faible... qui empêchent de discerner l’impact tangible du portail sur la communauté des chercheurs [6].

5

Le constat de ce succès relatif révèle, de la part des usagers manipulant des dispositifs informatiques qui sont les œuvres de concepteurs et d’informaticiens pourtant chevronnés, une « action dans l’incompréhension ». Le hiatus qui existe entre l’analyse des concepteurs sur des dispositifs qui selon eux « fonctionnent correctement » et l’appréciation des utilisateurs sur leur capacité à mettre en œuvre ces mêmes dispositifs donne la mesure d’une situation parfaitement aberrante mais extrêmement fréquente. Pour les utilisateurs, la difficulté majeure porte sur le rapprochement de leur activité cognitive avec les fonctionnalités techniques dont sont assortis les dispositifs qu’ils sont invités à utiliser.

6

Cette situation n’est pas nouvelle : en 1989, dans un ouvrage intitulé L’illusion informaticienne [23], Francis Pavé décrivait déjà cette rupture entre utilisateurs et informaticiens, à une époque où le terme informatisation recouvrait le sens que l’acronyme TIC recouvre aujourd’hui.

Outil conçu pour l’usage vs usage asservi par l’outil

7

Avec les OPAC (on line public access catalog), ces catalogues informatisés des bibliothèques mis à la disposition des usagers, ce ne sont ni plus ni moins que les structures de données UNIMARC, les classifications (de type Dewey, CDU, LCC) et autres listes de vedettes-matières qui sont brutalement portées à l’appréciation d’une majorité d’usagers globalement incompétents [19] [27]. De fait, l’information numérique met en évidence l’existence de deux communautés juxtaposées : d’une part celle des usagers-utilisateurs en quête d’information, peu aguerris à l’utilisation des TIC et guère concernés par les exigences et les problématiques des bibliothèques ; d’autre part celle des bibliothécaires impliqués dans des tâches quotidiennes et récurrentes (service au public, acquisition, catalogage, prêt, échanges de données, etc.).

8

La complexité de l’interrogation, alliée à la méconnaissance des règles d’organisation de la bibliothèque, ne conduit pas à une représentation de cette dernère en tant qu’objet documentaire cohérent [5] [21]. En synthétisant données globales (description catalographique) et données locales (ou données d’exemplaires), l’OPAC [6][6] L’OPAC constitue l’élément le plus visible du système... confirme que la bibliothèque est un espace de convergence intellectuelle et laisse entrevoir les activités sophistiquées et expertes d’ordonnancement et de mise en cohérence du fonds documentaire qui y sont assurées par les professionnels qui les gèrent [13] [17].

9

C’est dans ce contexte de réduction de la complexité et de mise en évidence des éléments de sens, conjuguées à une utilisation adéquate des TIC, que le Visual…Catalog [7][7] Ce dispositif est en libre accès à partir du portail... a été élaboré par les membres du laboratoire Document numérique & usages [8][8] http:// doc. univ-paris8. fr. Ce laboratoire regroupe... de l’Université Paris-8. En complétant le fonctionnement de l’OPAC conventionnel [9][9] Le Visual…Catalog, qui demeure un dispositif expérimental,..., ce Visual…Catalog vise, au moyen de mécanismes conviviaux exploitant à bon escient les avantages des technologies du Web, à rendre l’organisation intellectuelle de la bibliothèque visible à des usagers aux compétences documentaires variables, pour accompagner et amplifier leur découverte des collections.

2 - Première « détente » : un dispositif conçu pour l’usager

10

La première version du Visual…Catalog, expérimentée pendant deux ans (années universitaires 2004-2005 et 2005-2006) à l’Université Paris-8, a fourni des données de consultation et des résultats d’enquête [10][10] Les résultats liés à l’expérimentation de l’Université... qui ont permis de vérifier l’adéquation du dispositif aux attentes non exprimées des usagers. Les résultats de cette première expérimentation ont été réinvestis dans une version améliorée, intégrée depuis septembre 2006 au portail documentaire de l’Université d’Artois. Cette version, qui utilise les mêmes données bibliographiques [11][11] 145 000 notices représentant environ 293 000 exemp... que l’OPAC du portail (notices et données d’exemplaires), offre une réorganisation dynamique des résultats de recherche en s’appuyant sur l’espace de cohérence de la bibliothèque [13] [18]. Les plus récents résultats du fonctionnement du dispositif proviennent d’une part des données de consultation et d’autre part de l’enquête réalisée par questionnaire auprès des usagers des différentes bibliothèques qui composent le service commun de documentation.

11

Les données recueillies lors de l’année universitaire 2006-2007 (plus précisément dans la période d’octobre 2006 à mai 2007) ont permis de vérifier que le dispositif était particulièrement adapté à une classe d’activité de recherche documentaire liée à la recherche thématique [12]. Il apparaît clairement que ce dispositif offre aux usagers de la bibliothèque la faculté de trouver des références bibliographiques qu’ils ne cherchaient pas dans un premier temps. Déjà observée dans les résultats des questionnaires relatifs à l’expérimentation menée à l’Université Paris-8, cette tendance a été confirmée par les résultats obtenus à l’Université d’Artois [12][12] Quelques-uns des résultats de cette enquête par questionnaire.... Ces questionnaires, distribués par le personnel du SCD en activité dans les cinq bibliothèques universitaires [13][13] L’université d’Artois (www. univ-artois. fr) compte..., ont été remplis par les usagers à l’issue d’une utilisation spontanée du Visual…Catalog.

L’amélioration des « performances » de l’usager

12

Le dispositif est bâti sur la mise en relief des éléments qui interviennent de façon significative dans l’organisation intellectuelle de la bibliothèque et de leurs relations. On constate souvent que les représentations que les usagers se font de la bibliothèque sont erronées. Cette différence profonde entre la représentation qu’ils en ont et la réalité des missions de la bibliothèque universitaire et de recherche provient d’un référent inadapté.

13

Les usagers qui n’ont pas eu la possibilité de suivre dans leur cursus universitaire un cours de méthodologie documentaire [10] gardent de la BU une représentation proche de celle qu’ils peuvent avoir du centre de documentation et d’information (CDI) de leur période lycéenne ou bien encore de celle qu’ils construisent à partir de leur pratique personnelle de la bibliothèque municipale.

14

Mais les formations dont ont pu bénéficier certains usagers – et quelles que soient leurs qualités et l’implication du personnel du SCD – demeurent parcellaires (elles ne permettent pas de toucher tout le public de l’université) et insuffisantes pour développer chez l’usager de véritables habiletés à maîtriser les dispositifs techniques [9]. L’offre toujours plus importante d’outils informatiques et de bases de données destinés à la recherche d’information accapare le temps de ces formations, qui ne permettent alors qu’un apprentissage très indirect de la cohérence globale du système d’information de la bibliothèque dans un objectif d’appropriation [18].

Des éléments de sens reliés : classes, notices et éléments conceptuels RAMEAU

15

Les opérations de classification et de description sémantique à partir d’un langage documentaire et d’un vocabulaire contrôlé, organisés ou non en thésaurus, la distribution d’un ouvrage dans une ou plusieurs classes thématiques constituent, de la part des professionnels de ces lieux, de véritables actions méta-cognitives visant à homogénéiser et organiser les collections et le fonds documentaire d’un point de vue intellectuel [20] [26] [28].

16

L’organisation des salles de lecture et la distribution des secteurs disciplinaires au sein de chacune se réfèrent à une organisation des connaissances introduite par les bibliothécaires afin de donner aux usagers tous les moyens de saisir les logiques d’agencement des collections et les proximités disciplinaires. La figure 1 rassemble sur trois niveaux les objets qui sont porteurs de la visibilité de cette méta-connaissance d’organisation.

Figure 1 - Représentation schématique de l’organisation des collections dans une bibliothèque à partir de la classification, des notices et des éléments conceptuels RAMEAUFigure 1
17

Le niveau supérieur, « Classes », signale les grandes catégories scientifiques relatives à la classification adoptée (CDU, Dewey, Bliss, LCC) et aménagée en fonction des spécialités développées par les établissements de l’enseignement supérieur. Chaque classe regroupe plusieurs ouvrages qui sont reconnus par les acquéreurs comme conformes aux propriétés de la catégorie où ils figurent. Le sens des flèches du graphique, partant de chacun des nœuds du niveau « Classes », peut être interprété comme « subdivision composée de ».

18

Ce sont les notices bibliographiques qui sont représentées dans le niveau intermédiaire « Entités ». Les notices et les informations descriptives qui les composent (champs et sous-champs UNIMARC) apportent tous les éléments facilitant l’indexation et la recherche d’un ouvrage. Elles rassemblent des métadonnées destinées aux usagers (titres, auteurs, éditeurs, format, etc.) et aux bibliothécaires (zone SIBIL).

19

Les métadonnées descriptives portent sur l’ouvrage en tant qu’entité et sur ses instances (les exemplaires). Les exemplaires sont dotés de propriétés spécifiques comme le statut (empruntable, exclu du prêt, en traitement, etc.) et la classe de rattachement. C’est par l’intermédiaire des exemplaires que la notice se trouve rattachée à une, voire à plusieurs catégories scientifiques.

20

Le dernier niveau, « Éléments conceptuels RAMEAU », contient les autorités matières provenant du répertoire national RAMEAU [14][14] Répertoire d’autorité-matière encyclopédique et alphabétique.... Une notice est fréquemment caractérisée par plusieurs vedettes-matières. Une vedette-matière est souvent rattachée à plusieurs notices.

Un modèle utilisable par l’usager

21

Les réseaux liés à la classification et au vocabulaire RAMEAU s’avèrent, selon nous, les mieux adaptés à l’exploitation la plus exhaustive possible d’un fonds documentaire, en limitant la désorientation et la surcharge cognitive.

22

Comme l’illustre la figure 1, les deux réseaux organisent le fonds documentaire par des logiques bien distinctes. Celui de la classification utilise un regroupement thématique préétabli qui créera une relation entre l’exemplaire, l’univers intellectuel et l’espace de la bibliothèque (les exemplaires en libre accès sont généralement placés en salles de lecture). À l’inverse, le second réseau, celui du vocabulaire RAMEAU, s’affranchira des exemplaires pour signer sémantiquement la notice d’un document. Cette information offre alors la possibilité de croisement dans des réserves bibliographiques mutualisées.

23

Le Visual…Catalog instrumente les trois niveaux – classes, entités physiques et éléments conceptuels RAMEAU – et réalise l’interactivité de dépendances entre eux. Ce dispositif, qui fonctionne avec un navigateur commun (Internet Explorer, Firefox, Safari, etc.), se compose de trois modules gérant respectivement trois approches de recherche : l’interrogation, l’exploration de la classification et la localisation à partir d’une cartographie interactive (figures 2, 3 et 4).

Figure 2 - Le module d’interrogation du visual…CatalogFigure 2

Le module d’interrogation au moyen d’une interface à lire (colonnes Titre, RAMEAU, indices Dewey) et à voir (synoptiques graphiques de localisation et de synthèse de la classification) instrumente les trois niveaux « classes », « notices » et « éléments conceptuels RAMEAU » (http:// visualcatalog. univ-artois. fr)

Figure 3 - Le module de localisation des ouvrages, page d’accueilFigure 3

(http:// visualcatalog. univ-artois/ vloc/ )

Des cinq sites, seuls les plans de la bibliothèque d’Arras ont été vectorisés et sont interactifs.

Figure 4 - Le module de localisation des ouvrages (BU d’Arras)Figure 4

L’usager peut connaître pour chaque mobilier (en vert), en fonction du côté qu’il sélectionne (points vert et rouge), les exemplaires affectés à ce rayon. Ici le point blanc indique le côté sélectionné. Les deux listes superposées de droite (Titre, RAMEAU) donnent la liste des ouvrages du rayonnage et les vedettes-matières RAMEAU associées à l’ensemble des ouvrages de ces rayonnages. Cette dernière information n’est habituellement pas visible des usagers, notamment par ceux qui préfèrent la déambulation dans les rayonnages.

3 - Seconde « détente » : un dispositif adopté par les bibliothécaires du SCD

24

Le Visual…Catalog a été élaboré comme un plateau technique d’observation de l’adéquation des dispositifs techno-documentaires à la réalité des habiletés instrumentales des usagers, dans un contexte où il est particulièrement difficile d’appréhender le profil cognitif, les besoins d’information et les attentes [15][15] Au-delà de la distinction triviale étudiants-enseignants,... [8]. Si, dans la conception même du Visual…Catalog, la dimension de la médiation sociale instrumentée par les TIC a été envisagée pour réinscrire les dispositifs informatiques dans la boucle de l’activité humaine, l’appropriation rapide et spécifique de cet outil par les bibliothécaires du SCD de l’Université d’Artois a été une réelle surprise. Ils ont manifesté un réel plaisir à bénéficier d’un outil qui leur permet d’entrer différemment en contact avec les usagers et de leur proposer une solution souvent mieux adaptée à leurs attentes que l’interface du portail documentaire ; malgré tous les efforts faits pour la rendre conviviale et intuitive, celle-ci reste trop éloignée de leurs modes de recherche spontanés.

25

Il apparaît donc que l’offre dans ce domaine ne structure pas vraiment la demande et que l’appropriation des services personnalisés et de l’offre numérique nécessite une médiation constante, un effort de formation des usagers toujours renouvelé et une véritable réflexion sur l’adéquation des ressources proposées aux besoins de ces usagers.

Accès imparfait aux ressources et formation insuffisante des usagers

26

Le catalogue de la bibliothèque apparaît comme l’outil plébiscité par les usagers dans le cadre de leurs recherches documentaires. Neuf usagers sur dix l’utilisent en priorité, montrant un intérêt encore prédominant pour la collection locale : les ressources sur support physique comprenant les documents imprimés et publiés dans le commerce (livres, revues) ; les documents imprimés mais non publiés dans le commerce (thèses, mémoires, littérature grise) ; les vidéogrammes (VHS et DVD) ; les cédéroms.

27

Mais il faut noter que le catalogue ne recense pas toutes les ressources documentaires disponibles dans la bibliothèque : il y manque notamment les sites Internet (même s’ils figurent dans les signets du site web du SCD), les ressources numériques, les périodiques électroniques. Malgré ces lacunes, il est reconnu par les usagers comme l’outil le plus efficace et le plus pertinent pour leurs recherches documentaires, très souvent de proximité. Leur souhait le plus fréquent, et tout particulièrement celui des étudiants, est de trouver le document qui réponde à leur requête sur le pôle documentaire qu’ils fréquentent et qu’ils connaissent le mieux. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’ils font appel au service du prêt navette pour bénéficier de la richesse documentaire du réseau puis, pour les plus avancés d’entre eux, au prêt entre bibliothèques dans le cadre de recherches pointues.

28

L’autre mode prioritaire de recherche documentaire est le furetage dans les rayons de la bibliothèque en fonction des repères personnels établis par chaque étudiant, la recherche se limitant alors pour chacun à « son rayon ».

29

Par ailleurs, il faut regretter l’insuffisance des actions de formation par rapport au nombre des étudiants. La volonté d’intégrer ces formations dans les cursus a pour conséquence des effectifs importants, dépassant parfois les capacités de formation, et empêchant d’établir la confiance chez les responsables pédagogiques. Dans certains cas, le SCD a recours au recrutement de tuteurs documentaires, qui sont formés et forment à leur tour un nombre important d’étudiants. Ces actions ne peuvent toutefois rester que partielles et ne concernent chaque année qu’une partie des primo-entrants et des étudiants en master.

30

L’idéal à poursuivre lors de la constitution des outils permettant l’accès aux collections est donc l’autonomie des usagers devenant acteurs de leurs recherches documentaires et pouvant constituer leur propre itinéraire au sein des fonds proposés.

4 - Impacts de la mise en œuvre du Visual…Catalog sur l’activité du SCD de l’Université d’Artois

31

Le personnel du SCD, qui a la charge tant de la politique documentaire que du traitement intellectuel des documents, manque de retours réels sur l’usage des fonds documentaires constitués. Il exprime parfois de réelles incertitudes quant à l’indexation matières et la mise en œuvre des critères d’acquisition. La gestion de la collection s’effectue dans le cadre d’une segmentation par catégories de support, de publics et de contenus commune à toutes les bibliothèques du réseau. Conscients du caractère de plus en plus sélectif de leur activité d’acquisition – en raison, notamment, de l’augmentation exponentielle de la production des savoirs et de l’information, mais aussi des tarifs des périodiques sur support papier ou électronique –, les acquéreurs s’interrogent de plus en plus sur les orientations ou priorités de service et de publics (enseignement/recherche, segmentation entre domaines). Leur objectif concret est de déterminer plus finement leurs choix d’acquisition et de développement de la collection.

32

Dans ce contexte, le Visual…Catalog participe à cette réflexion en favorisant une démarche de développement documentaire cohérente et raisonnée qui repose sur un certain nombre d’éléments.

Une mise en perspective de la politique documentaire

33

Le Visual…Catalog contribue en effet à la formalisation de l’activité des acquéreurs en permettant :

  • une démarche critique du fonds tel qu’il a été constitué, de l’évolution de la représentation des différents domaines au sein des collections, de l’équilibre de la répartition des documents proposés entre les différents sites, en prenant en compte l’environnement et les besoins et attentes des publics cibles (à travers les retours sur les consultations) ;

  • un retour distancié par rapport aux représentations que les bibliothécaires peuvent avoir de ces besoins : mise en évidence de la réelle segmentation du fonds par domaines et par sujets permettant une véritable réflexion sur les orientations à fixer et à faire évoluer.

Cet outil permet une appréhension globale du fonds documentaire en tant que système : il propose une mise en perspective des choix documentaires effectués, une mise en relation des fonds par secteurs disciplinaires, par pôles géographiques et par thématiques précises. Il permet aux acquéreurs de confronter, dans le cadre d’une interaction constante, leur démarche théorique ou conceptuelle et la réalité du fonds tel qu’il a été constitué dans le temps et dans l’espace.

34

Cette analyse critique vise également le système de classification adopté par le SCD, aboutissant à une mise à plat de l’indexation et l’élaboration, domaine par domaine, d’une nomenclature raisonnée sous forme de listes de cotes validées sur l’ensemble des sites. À travers la projection proposée des pratiques liées à l’indexation Dewey, le Visual…Catalog a ainsi fait apparaître clairement les évolutions à mener.

Une articulation des plans de développement des collections

35

Le Visual…Catalog participe aussi à la démarche de définition de la programmation annuelle des acquisitions en fonction des objectifs fixés pour chaque domaine d’enseignement et de recherche. La répartition budgétaire et les orientations déterminées (notamment en fonction des lacunes observées) fondent le développement différencié des collections et contribuent à la définition des priorités en termes de supports, niveaux et volumes d’acquisitions. Ces options ont vocation à être modifiées en cours d’exercice en fonction des usages constatés des différents types de collections. Le Visual…Catalog procède de cette démarche en tant qu’il favorise la comparaison entre ce qui a été réalisé auparavant et les options définies annuellement et pluriannuellement.

Une représentation cartographique des collections…

36

Les observations de la représentation du fonds par sites, par domaines et par thématiques permettent de visualiser les orientations d’acquisition dans la perspective de leur validation. Le Visual…Catalog favorise en effet la vision que l’acquéreur peut avoir de son travail de sélection et d’achat. Cette délimitation des frontières du fonds actuel peut être mise en relation avec le paysage éditorial et avec l’analyse de l’environnement universitaire pour faire émerger des axes prioritaires de création, renforcement ou rationalisation des collections.

… en vue de leur évaluation

37

Ce dispositif met donc en place les conditions d’une véritable dynamique d’évaluation, à travers le constat objectif des écarts significatifs entre les objectifs fixés pour le développement des collections et le résultat observé de la composition segmentée du fonds.

Une mutualisation des pratiques, gage de continuité

38

Force est de constater que les collections des différentes bibliothèques du réseau ne sont que l’addition, manquant souvent de cohérence, des acquisitions effectuées au fil des ans par les bibliothécaires qui ont successivement occupé le poste d’acquéreur. Lorsque l’on analyse chaque domaine documentaire, cette évolution aléatoire des collections revêt une acuité encore plus importante, chaque bibliothécaire ayant marqué de son passage un univers documentaire parfois morcelé. C’est ce constat que permet d’effectuer concrètement le Visual…Catalog : grâce à lui, il est possible d’impulser une réflexion globale sur la définition mutualisée d’orientations structurantes et leur mise en œuvre. Une fois validées, celles-ci constituent des lignes de force et des guides indispensables pour assurer, quel que soit le taux de rotation des responsabilités documentaires, un développement linéaire des collections s’adaptant de façon permanente à l’évolution des profils et des besoins des différentes catégories d’usagers.

Une transformation des représentations des usagers ?

39

Pour préparer l’implantation du Visual…Catalog, les équipes de traitement documentaire se sont mobilisées pendant plusieurs mois afin de rédiger une liste complète des indices Dewey utilisés pour les collections du SCD. Chaque indice a reçu un libellé plus explicite pour l’usager. Ce travail réellement collaboratif a permis aux personnels concernés d’effectuer un état des lieux des pratiques d’indexation Dewey, de mettre en évidence les différences de traitement et les incohérences d’indexation pouvant exister entre les sites et d’isoler l’ensemble des cotes erronées (évolution de la classification Dewey, erreurs, particularismes locaux). Cette démarche a amené progressivement une harmonisation des pratiques d’indexation Dewey entre les différents sites du réseau documentaire, la rédaction d’un mode d’emploi synthétique pour la formation des nouveaux collègues et la mise en œuvre de réunions régulières de concertation pour le traitement des domaines transversaux.

40

En mettant à jour la structuration du fonds à travers les indices Dewey retenus ainsi que les incongruités liées à l’histoire et à la multiplicité des traitements, le Visual…Catalog a ainsi permis l’impulsion d’un travail de fond en vue de la rationalisation des pratiques et d’une meilleure visibilité, pour les usagers, de la répartition des collections par domaines.

41

Depuis la rentrée universitaire 2006, la présentation du Visual…Catalog est systématiquement associée à celle du portail documentaire et est perçue très positivement par les usagers. Le recours à cet outil est envisagé avec enthousiasme tant par les étudiants de premier cycle, pour une exploration générale du fonds, que par les étudiants en master, dans le cadre de recherches plus pointues et parfois transversales à plusieurs domaines. La présentation médiée du dispositif est ainsi très appréciée et permet ensuite à chacun de développer sa stratégie personnelle de recherche documentaire et d’éviter le traditionnel « on ne trouve jamais rien dans cette bibliothèque ! », ainsi que la confrontation au bruit, souvent désespérante.

42

Par ailleurs les sessions d’interrogation longues (entre quarante-cinq minutes et quatre heures, en local ou en distant), constatées grâce aux croisements de données des fichiers-journaux du serveur web et des requêtes des usagers, représentent selon nous un indicateur pertinent d’une transformation du comportement de recherche d’information. On peut simplement regretter la difficulté à rapprocher ces données de celles de l’OPAC propriétaire, les données d’enregistrement fournies par le SIGB étant beaucoup moins fines. Assurément, le seul constat de ces sessions de consultations longues ne permet pas de confirmer l’hypothèse d’une amélioration des performances de l’usager en recherche d’information dans la bibliothèque ; il ne les infirme pas pour autant.

43

Pour l’année 2007-2008, l’expérimentation se poursuit. Le dispositif offre depuis septembre 2007 une interface fonctionnelle complétée par la localisation virtuelle des ouvrages dans les salles de la bibliothèque d’Arras. Au-delà du simple « gadget » interactif, ce mécanisme vient signifier aux usagers que la bibliothèque demeure un « objet de sens [16][16] Selon la formule de Pierre Riboulet, l’architecte qui... » qui « naît au moment où l’accumulation et la conservation des livres s’articulent et font sens [13] ». Dans sa forme finale, le Visual…Catalog conçu comme un dispositif de médiation sociale instrumentée participe-t-il à la transformation positive des représentations des usagers pour une (re)découverte de la richesse des collections ? Le travail de recherche actuellement mené en ce sens par le laboratoire Document numérique & usages nous l’apprendra.

44

OCTOBRE 2007

Réactions des usagers du Visual…Catalog à l’Université d’Artois

Les données figurant ci-dessous proviennent d’une enquête menée entre octobre 2006 et mai 2007 sur les cinq sites de l’Université d’Artois. 61 questionnaires ont été remplis anonymement par des usagers qui avaient spontanément utilisé le Visual…Catalog à partir des postes informatiques en libre accès dans les différentes bibliothèques universitaires. Le questionnaire comprenait 33 questions fermées et une question ouverte (destinée à recevoir les commentaires libres des usagers). Seuls les résultats des plus significatives d’entre elles sont communiqués ici.


Références

  • 1 –  Tom BRINK, Darren GERGLE, Scott WOOD. Usability for the Web: designing Web sites that work. San Francisco : Morgan Kaufmann, 2001. 496 p.
  • 2 –  Charte des bibliothèques adoptée par le Conseil supérieur des bibliothèques le 7 novembre 1991. www. enssib. fr/ autres-sites/ csb/ csb-char. html
  • 3 –  Stéphane CHAUDIRON, Madjid IHADJADENE. « Quelle place pour l’usager dans l’évaluation des SRI ? ». In : Viviane Couzinet, Gérard Régimbeau (dir), Recherches récentes en sciences de l’information : convergences et dynamiques, Actes du colloque LERASS-MICS, Toulouse, 21-22 mars 2002. Paris : ADBS Éditions, 2002. P. 211-230
  • 4 –  Sophie CHAUVIN. Visualisations heuristiques pour la recherche et l’exploration de données dynamiques : l’art informationnel en tant que révélateur de sens. Thèse de doctorat, Université Paris-8, 2005. 285 p. www. bu. univ-paris8. fr/ web/ collections/ theses/ chauvin_sophie. pdf
  • 5 –  Sophie CHAUVIN, Fabrice PAPY. « Peut-on déranger le bibliothécaire à la banque d’accueil ? ou comment rapprocher la communauté des usagers de celle des professionnels de la bibliothèque : l’expérience Visual…Catalog ». In : Données, information et connaissances dans un monde réseauté, conférence CAIS/ACSI, University of Western Ontario, London (Ontario), 2-4 juin 2005. www. cais-acsi. ca/ proceedings/ 2005/ chauvin_2005. pdf
  • 6 –  Sophie CHAUVIN, Fabrice PAPY, Mohamed SIDIR, Peter STOCKINGER. « Le portail institutionnel Persée à l’épreuve des usages : croiser les approches méthodologiques en sciences humaines pour améliorer le partage de connaissances scientifiques en libre accès ». In : Partage de l’information dans un monde fragmenté : franchir les frontières, conférence CAIS/ACSI, Université McGill, Montréal, 10-12 mai 2007. www. cais-acsi. ca/ search_fr. asp
  • 7 –  Aline CHEVALIER. « Évaluer un site web : les concepteurs et utilisateurs parviennent-ils à identifier les problèmes d’utilisabilité ? ». Revue d’intelligence artificielle, 2005, vol. 19, n° 1-2, p. 319-338
  • 8 –  Marie DESPRES-LONNET, Jean-François COURTECUISSE. « Les étudiants et la documentation électronique ». Bulletin des bibliothèques de France, 2006, t. 51, n° 2, p. 33-41. http:// bbf. enssib. fr
  • 9 –  Jérôme DINET, Jean-François ROUET. « La recherche d’information : processus cognitifs, facteurs de difficultés et dimensions de l’expertise ». In : Céline Paganelli (dir.), Interaction homme-machine et recherche d’information. Paris : Hermès Science Publications, 2002. P. 133-161. (Traité des sciences et techniques de l’information)
  • 10 –  Aniela FEO. « L’enseignement de méthodologie documentaire à l’Université Paris-8 : un accompagnement bien tempéré ». Documentaliste - Sciences de l’information, 1998, vol. 35, n° 3, p. 147-155. www. adbs. fr/ uploads/ docsi/ 1636_fr. pdf
  • 11 –  Patrice FLICHY. « La place de l’imaginaire dans l’action technique : le cas d’Internet ». Réseaux, 2001, vol. 19, n° 109, p. 51-74
  • 12 –  Viviane FOLCHER. « Usage comparé d’outils de recherche documentaire : premiers résultats et pistes d’analyses ouvertes ». In : La bibliothèque entre physique et virtuel : objet complexe de sens, objet d’usages complexes, journée d’étude, Université Paris-8, 11 mai 2006. Disponible sur les Archives audiovisuelles de la recherche (AAR) en sciences humaines et sociales : http:// semioweb. msh-paris. fr/ AAR/ FR/ video. asp? id= 674&ress= 2190&video= 1967&format= 22
  • 13 –  Christian JACOB. « Travailler en bibliothèque ». In : Recherche et bibliothèque. Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes, 2004. P. 31-39. (Les Cahiers de Paris VIII/Recherches)
  • 14 –  Alain JACQUESSON. « De la difficulté à utiliser les bibliothèques numériques ». Bulletin d’informations de l’Association des bibliothécaires français, 2000, n° 188, p. 80-106. www. abf. asso. fr/ IMG/ pdf/ n188_2. pdf
  • 15 –  Claude JOLLY. « Bibliothèques universitaires : regard sur les changements ». Bulletin des bibliothèques de France, 2001, t. 46, n° 6, p. 50-54. http:// bbf. enssib. fr
  • 16 –  Corinne LEBLOND. « Un système d’information documentaire à l’Université, fédération des ressources et personnalisation des services : de l’idéal du projet à la réalité des usages ». In : Fabrice Papy (dir.), Usages et pratiques dans les bibliothèques numériques. Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2007. P. 73-93. (Traité IC2, série Management et gestion des STIC)
  • 17 –  Évelyne MOUNIER. « Systèmes documentaires et systèmes de gestion de bibliothèques : place et rôle de l’opérateur professionnel ». In : Céline Paganelli (dir.), Interaction homme-machine et recherche d’information. Paris : Hermès Science Publications, 2002. P. 103-132. (Traité des sciences et techniques de l’information)
  • 18 –  Fabrice PAPY. « L’espace physique de la bibliothèque contribue-t-il à en appréhender le sens global ? ». In : Les nouveaux espaces, 37e congrès de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ), Laval (Québec), 17-19 mai 2006. www. cbpq. qc. ca/ congres/ congres2006/ Actes/ Atelier10_Papy. pdf
  • 19 –  Fabrice PAPY. « Modélisation des métadonnées bibliographiques : une contribution instrumentée destinée à améliorer la circulation des usagers dans les connaissances de la bibliothèque ». In : IC’2006, 17es journées francophones d’ingénierie des connaissances, Nantes, 28-30 juin 2006. www. sdc2006. org/ cdrom/ contributions/ Papy_IC06. pdf
  • 20 –  Fabrice PAPY, Sophie CHAUVIN. « Une proposition pour améliorer la performance de l’usager au sein du système d’information global de la bibliothèque ». In : L’humain comme facteur de performance des systèmes complexes, Actes de la conférence Ergo’IA 2006, Biarritz, 11-13 octobre 2006. P. 179-183. www. ergoia. estia. fr/ documents/ ACTES_ERGOIA_2006der. pdf
  • 21 –  Fabrice PAPY., Sophie CHAUVIN. « Pour une approche visuelle et ergonomique dans la recherche et l’exploration d’informations au sein d’un OPAC de SCD : l’exemple du Visual…Catalog ». In : Fabrice Papy (dir.), Les bibliothèques numériques. Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2005. P. 107-130. (Traité IC2, série Management et gestion des STIC)
  • 22 –  Fabrice PAPY. Viviane FOLCHER, Mohamed SIDIR, Teresa CERRATTO PARGMAN. « E-Learning et technologies pour la coopération : inadéquations artefactuelles et logiques des activités instrumentées ». In : Ergonomie et informatique avancée, conférence ERGO-IA, Biarritz, 17-19 novembre 2004. www. ergoia. estia. fr/ documents/ PapyFolcherSidirCerratto. pdf
  • 23 –  Francis PAVE. L’illusion informaticienne. Paris : L’Harmattan, 1989. 270 p.
  • 24 –  Daniel RENOULT. « Enquêtes de publics dans les bibliothèques universitaires : où en sommes-nous ? ». Bulletin des bibliothèques de France, 2006, t.°51, n° 2, p. 5-9. http:// bbf. enssib. fr
  • 25 –  Ronald E. RICE, Maureen McCREADIE, Shan-Ju L. CHANG. Accesing and browsing information and communication. Cambridge (MA) : MIT Press, 2001. 373 p.
  • 26 –  Jennifer ROWLEY, John FARROW. Organizing knowledge: an introduction to managing access to information. 3rd ed. Aldershot (Hampshire) : Gower Publishing, 2000. 424 p.
  • 27 –  Mathieu STOLL, Frédéric BLIN. « La formation des usagers dans l’enseignement supérieur ». Bulletin des bibliothèques de France, 2005, t. 50, n° 6, p. 5-15. http:// bbf. enssib. fr
  • 28 –  Elaine SVENONIUS. « Information organization ». In : The intellectual foundation of information organization. Cambridge (MA) : MIT Press, 2000. P. 1-14
  • 29 –  Laurence TARIN. « Bibliothèques et documentations numériques : quelles compétences ? Quelles formations ? » Bulletin des bibliothèques de France, 2003, t. 48, n° 6, p. 89-91. http:// bbf. enssib. fr
  • 30 –  Gérard VERGNAUD. « L’apprentissage d’une compétence nouvelle par les étudiants », In : Les bibliothèques à l’ère du numérique : nouveaux lieux ? Nouveaux usages ? Colloque du 12 mai 2005, Université Paris-8. Disponible sur les Archives audiovisuelles de la recherche en SHS : http:// semioweb. msh-paris. fr/ AAR/ 451/ accueil. asp? id= 451
  • 31 –  Martha M. YEE, Sara SHATFORD LAYNE. Improving online public access catalogs. Chicago : American library association, 1998. XV-220 p.
  • NB. Les adresses de tous les documents en ligne ont été vérifiées le 4 octobre 2007.

Notes

[1]

La Délégation aux usages de l’internet (DUI) (http:// delegation. internet. gouv. fr), rattachée au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR), a pour mission de proposer les mesures nécessaires à l’amplification du développement de la société de l’information au bénéfice de tous et en tous lieux. La DUI diffuse régulièrement sur son site web des baromètres sur l’état d’équipement des foyers français ainsi que des établissements scolaires et universitaires. Le baromètre de décembre 2006 informait, par exemple, de l’engouement pour le wifi, d’une meilleure sensibilisation des parents aux risques de l’internet et d’une démocratisation des ordinateurs à l’école.

[2]

La littérature sur le sujet est particulièrement abondante et nous invitons le lecteur à consulter le site FORMIST (FORmation à l’Information Scientifique et Technique) à l’adresse http:// formist. enssib. fr. Ce site, hébergé par l’ENSSIB, se présente comme un réseau francophone pour apprendre à rechercher, évaluer et utiliser l’information. Il met à disposition des documents pédagogiques validés et des ressources variées sur le thème de la recherche documentaire et de la maîtrise de l’information.

[3]

« … En 2001-2002, la progression du nombre total de formés semble se stabiliser autour de 140 000 étudiants […] On peut y voir un signe de rationalisation, par les bibliothèques, de leur offre de formation : devant la masse d’étudiants à former, elles choisissent de consacrer leurs moyens aux formations les plus efficaces… [27] ». Il est utile de rappeler que les effectifs étudiants de l’enseignement supérieur avoisinent les deux millions !

[4]

Ce portail offre l’accès le plus libre à plus de 100 000 documents numérisés issus de plusieurs dizaines de revues de SHS (www. persee. fr).

[5]

La liste est malheureusement encore plus longue : faible intérêt des internautes pour les services complémentaires (pourtant gratuits), modeste utilisation des fonctionnalités comme la recherche avancée et, finalement, difficulté à cerner les profils des visiteurs et à identifier leur utilisation effective du portail.

[6]

L’OPAC constitue l’élément le plus visible du système intégré de gestion de bibliothèque (SIGB) qui organise informatiquement toute la chaîne documentaire dans une bibliothèque (de la commande d’un ouvrage à son prêt).

[7]

Ce dispositif est en libre accès à partir du portail documentaire de l’Université d’Artois (http:// portail. bu. univ-artois. fr, menu « Recherche ») ou directement à l’adresse http:// visualcatalog. univ-artois. fr.

[8]

http:// doc. univ-paris8. fr. Ce laboratoire regroupe essentiellement des enseignants-chercheurs en sciences de l’information et de la communication.

[9]

Le Visual…Catalog, qui demeure un dispositif expérimental, n’a pas pour prétention de remplacer l’OPAC. Il propose une réflexion active sur la pertinence de conception de certains dispositifs de recherche d’information. Du reste, l’utilisation de l’OPAC répond à une autre classe d’activité de type recherche ciblée. L’intervention de Viviane Folcher, enseignant-chercheur en psychologie-ergonomie à l’Université Paris-8, est particulièrement éclairante sur ce point [12].

[10]

Les résultats liés à l’expérimentation de l’Université Paris-8 figurent en annexe à la thèse de doctorat de Sophie Chauvin [4].

[11]

145 000 notices représentant environ 293 000 exemplaires.

[12]

Quelques-uns des résultats de cette enquête par questionnaire figurent en hors texte pages 297-298.

[13]

L’université d’Artois (www. univ-artois. fr) compte 11 000 étudiants et se déploie sur cinq sites thématiques : Arras (lettres et sciences humaines), Béthune (sciences économiques et sciences appliquées), Lens (sciences dures), Douai (sciences juridiques et politiques) et Liévin (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Chaque site disciplinaire dispose de sa bibliothèque.

[14]

Répertoire d’autorité-matière encyclopédique et alphabétique unifié (http:// rameau. bnf. fr). Cette liste d’autorité est complétée par le guide d’indexation qui en assure la lecture cohérente et le bon usage. À la différence d’un thésaurus, la liste d’autorité encyclopédique n’est pas constituée a priori mais au fur et à mesure des besoins d’indexation et évolue sur la base des propositions faites par le réseau de ses utilisateurs.

[15]

Au-delà de la distinction triviale étudiants-enseignants, on découvre la diversité des catégories d’usagers qui ont des attentes documentaires, scientifiques et pédagogiques extrêmement variées : étudiants de licence générale ou professionnelle, de master professionnel ou recherche, doctorants, stagiaires de la formation continue, enseignants-chercheurs, chercheurs CNRS, personnel administratif, ingénieurs d’étude et de recherche, professeurs associés, PRAG, ATER, etc.

[16]

Selon la formule de Pierre Riboulet, l’architecte qui a construit la bibliothèque de l’Université Paris-8 : « Ces bibliothèques, elles, sont de vrais objets de sens. » In : Pierre Riboulet, « Le caractère du bâtiment », Bulletin des bibliothèques de France, 1996, t. 41, n° 5, p. 72-79, http:// bbf. enssib. fr.

Résumé

Français

Conçu au sein du laboratoire Document numérique et usages de l’Université Paris-8, le Visual...Catalog vise, au moyen de mécanismes conviviaux exploitant les technologies du Web, à rendre l’organisation intellectuelle de la bibliothèque visible à ses usagers. Cette étude présente la mise en place de cet outil de recherche d’information d’abord conçu pour l’usager puis adopté par les bibliothécaires. Elle analyse ensuite l’impact de sa mise en œuvre sur l’activité du SCD de l’Université d’Artois. Et s’interroge enfin sur les chances de ce dispositif de médiation sociale instrumentée de participer à la transformation positive des représentations des usagers pour une (re)découverte de la richesse des collections.

Plan de l'article

  1. 1 - Contexte d’élaboration du dispositif
    1. Maîtrise de l’information, maîtrise des technologies numériques de médiation
    2. Outil conçu pour l’usage vs usage asservi par l’outil
  2. 2 - Première « détente » : un dispositif conçu pour l’usager
    1. L’amélioration des « performances » de l’usager
    2. Des éléments de sens reliés : classes, notices et éléments conceptuels RAMEAU
    3. Un modèle utilisable par l’usager
  3. 3 - Seconde « détente » : un dispositif adopté par les bibliothécaires du SCD
    1. Accès imparfait aux ressources et formation insuffisante des usagers
  4. 4 - Impacts de la mise en œuvre du Visual…Catalog sur l’activité du SCD de l’Université d’Artois
    1. Une mise en perspective de la politique documentaire
    2. Une articulation des plans de développement des collections
    3. Une représentation cartographique des collections…
    4. … en vue de leur évaluation
    5. Une mutualisation des pratiques, gage de continuité
  5. Une transformation des représentations des usagers ?

Pour citer cet article

Papy Fabrice, Leblond Corinne, « L'interface de recherche d'information du Visual...Catalog : un outil innovant à " double détente " », Documentaliste-Sciences de l'Information, 4/2007 (Vol. 44), p. 288-298.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2007-4-page-288.htm
DOI : 10.3917/docsi.444.0288


Pages 288 - 298 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback