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Documentaliste-Sciences de l'Information

2007/6 (Vol. 44)

  • Pages : 64
  • DOI : 10.3917/docsi.446.0396
  • Éditeur : A.D.B.S.

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L’homme qui voulait classer le monde : Paul Otlet et le Mundaneum, Françoise Levie , postface de Benoît Peeters, Bruxelles : Les Impressions nouvelles, 2006. – 352 p. – (Réflexions faites). – ISBN 2-87449-022-9 : 24

Une biographie du « père de la documentation »

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ENFIN, L’HOMME QUI VOULAIT CLASSIFIER LE monde a trouvé sa biographe : Françoise Levie ! Celle-ci raconte le hasard : un regard à travers une fenêtre sur un amoncellement de documents « contenant tout le savoir du monde » et laissés à l’abandon, qui lui permet de rencontrer Paul Otlet. Ce hasard continue avec l’exploration à Mons du nouveau Mundaneum qui la persuade d’aller à la découverte de ce personnage hors du commun et que beaucoup saluent comme le père de la documentation. Il lui faut pour cela vingt chapitres passionnants, détaillés, très illustrés et écrits dans un ordre chronologique correspondant aux dates clés de la vie de Paul Otlet, c’est-à-dire à chaque âge de sa vie !

La jeunesse

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Le lecteur découvre d’abord l’enfant, né dans une famille aisée, choyé et éveillé, attiré par le livre et l’architecture. Il écrit, à 14 ans, une première brochure sur l’Ile du Levant où il passe ses vacances, ile que son père a achetée par correspondance ! Le lecteur le suit quand, à la demande de son père, il entreprend des études de droit et publie L’Afrique aux Noirs, texte dans lequel transparaît déjà son profond humanisme. Il se marie, puis rencontre son alter ego, Henri Lafontaine, l’ami fidèle, l’ami de toute une vie.

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« Je cherche ceci », « Vous le trouverez là » ! Le stage qu’il effectue chez le juriste Edmond Picard l’ouvre sur sa véritable vocation. Arrive le temps de l’idée, puis de la réalisation du Répertoire bibliographique universel (RBU/1894) à l’origine de l’invention de fiches et organisé à partir d’une classification élaborée par l’Américain Melvil Dewey. C’est aussi la création d’un Institut international de bibliographie (IIB) qui deviendra beaucoup plus tard la Fédération internationale de la documentation (FID). Paul Otlet comprend très vite que l’œuvre de conservation et d’animation du patrimoine informationnel qu’il entreprend concerne le monde entier et ne peut réussir qu’à travers la coopération et l’échange international. Il fonde pour cela l’Union des associations internationales (UAI).

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Il comprend aussi que le livre ne peut constituer le seul canal d’accès à l’information. Cela le conduit à créer un Répertoire iconographique universel (1905) nécessitant la création de mobiliers et de fiches adaptées. Il ouvre ensuite le musée du livre, le musée de la presse. Toujours préoccupé par l’accès facilité aux documents, il invente le bibliophote ou livre à projection.

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Mais son père meurt (1909), le laissant désemparé et à la fois libéré. Il divorce pour se tourner vers une nouvelle compagne (épousée en 1912) qui sera à ses côtés jusqu’à la fin de sa vie.

Le Palais Mondial

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Puis la vie professionnelle reprend ses droits avec l’organisation de conférences internationales, la création de l’Office central de documentation féminine et l’ouverture d’un Musée international. Pour ce musée, Otlet et Lafontaine vont chercher mécènes et architectes, entreprendre de nombreux voyages, en particulier aux États-Unis. Cependant, au moment où leur travail va aboutir, la première guerre mondiale fait entendre ses premières armes. C’est à la veille de cette guerre que Lafontaine reçoit le prix Nobel de la Paix !

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Cette guerre a une profonde influence sur les deux amis qui évoquent l’idée d’une Société des Nations chargée de créer et de maintenir la paix sur la terre. Dans le même temps, Otlet perd l’un de ses fils : « Jean, mon fils, je te donne la tombe de mon cœur, elle durera tant que moi. »

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Demain revient avec l’Armistice. Le Palais Mondial est enfin inauguré. Une université internationale est ouverte. « Formation, conservation, publications, diffusion, recherches… En définitive, le Palais Mondial représente une véritable organisation du travail intellectuel. Cette constatation frappe Paul Otlet comme une illumination. » Il propose ce concept à la Société des Nations (1921). La création de l’Unesco est en germe.

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En 1922 commencent les ennuis : le temps des défaveurs et des expulsions. Les locaux prêtés par le gouvernement belge pour abriter le Palais Mondial sont récupérés pour y installer une section de caoutchouc à l’occasion de la prochaine foire commerciale et, malgré les cris d’alarme lancés à travers la presse, le Palais est déménagé par une trentaine d’agents mandatés par le gouvernement en 1924. Mais Otlet continue à se battre et l’idée prend corps de bâtir une Cité Mondiale à Genève, puis à Anvers, avec pour architecte Le Corbusier. Tous ces projets échouent.

L’ouvrage fondateur : le Traité de documentation

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En 1934, Otlet publie le Traité de documentation : Le livre sur le livre : Théorie et pratique, un « livre où se concentrent les éléments les plus substantiels et les plus visionnaires de sa pensée ». Ce livre phare que doivent connaître tous les documentalistes est « le premier traité de méthodologie bibliographique jamais écrit sur la question ». Il fait une grande place aux sons, aux images, à la télévision, à la cinématographie. Il y prévoit le « livre téléphoné » ou le livre « télévisionné ». Il s’agit donc « d’un ouvrage de référence, visionnaire pour l’époque, sans lequel aucune étude sérieuse relative à la documentation ne pourrait être menée à bien ».

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En 1935 est célébré le quarantième anniversaire de l’Institut international de la documentation (ex-IIB et future FID) et en 1937 a lieu le Congrès mondial de la documentation qui rencontre un immense succès et consacre Paul Otlet comme Père de la documentation.

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Mais la deuxième guerre mondiale menace. Otlet envisage de transférer le Palais Mondial aux États-Unis. Il n’en a pas le temps, ni les moyens. La guerre est là. Henri Lafontaine meurt en 1943. Paul Otlet poursuit inlassablement le travail commencé, malgré son âge, son chagrin et sa fatigue. Il assiste à la libération de Bruxelles, retrouve son Palais Mondial saccagé au cours de l’occupation allemande et relève la tête pour se battre encore, sans succès. Il meurt dans son sommeil en 1944.

La revanche posthume de Paul Otlet

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Aujourd’hui, comme l’écrit Benoît Peteers dans la postface, « La revanche d’Otlet », Otlet revit. Dans son œuvre visionnaire, il a deviné Internet, Wikipédia. Le Mundanéum vit enfin. « Le monde est un ensemble d’utopies réalisées », écrivait-il en 1911. L’avenir lui donne raison.

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Les documentalistes ne peuvent que se réjouir de la parution de ce document et remercier grandement l’auteure qui, dans un livre (et un film) passionnant et passionné, fait découvrir ce pacifiste infatigable et fervent qui toute sa vie a travaillé à la diffusion des connaissances et à la fraternité entre les peuples. Otlet a donné à la Documentation ses lettres de noblesse en lui donnant pour synonyme le terme d’Humanisme.

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Pour cette raison, ce livre qui le raconte doit absolument être lu.

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Marie-France Blanquet

Demain, le livre, Sous la direction de Pascal Lardellier et Michel Melot, Paris : L’Harmattan, 2007. – 204 p. – (Logiques sociales). – ISBN 978-2-296-02677-3 : 17,50

Le livre et les supports numériques

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AUX QUESTIONS : « QU’EST-CE QU’UN LIVRE aujourd’hui ? Un livre numérisé est-il encore un livre ? Qu’induit la numérisation sur la lecture, l’écriture littéraire et finalement sur nos modes de penser ? » répondent ici dix spécialistes, conservateurs des bibliothèques, enseignants et chercheurs, en sciences de l’information et de la communication pour la plupart. Leurs contributions peuvent être regroupées autour de deux thèmes : le statut actuel du livre traditionnel, le statut des supports numériques qui permettraient « la littérature sans livre » (Brigitte Chapelain, p. 59), thèmes tout au long desquels court en fil rouge l’analyse des « hybridations, souvent sans suite mais jamais inutiles, que l’informatique et le livre engendrent » (Michel Melot, p. 191). Car c’est en effet bien là l’essentiel : « Comment penser le nouveau à partir de l’ancien, comment faire entrer les objets neufs dans des catégories existantes ? » (M. Melot, p. 16).

Comment penser le nouveau à partir de l’ancien ?

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L’« ancien » est présenté sous toutes ses coutures par Michel Melot qui analyse les raisons du succès de la matérialité du livre sous sa forme actuelle, le codex, et en compare les propriétés avec celles de l’écran. Face à l’objet-livre, « espace clos, assuré, validé et stable de textes organisés » (p. 29) et, de plus, objet organique avec lequel le rapport est physique, l’écran fait figure d’outil de lecture, support d’un « écrit électronique sans cesse ouvert sur des vérités multiples, provisoires et constamment inachevées » (p. 27). Dévore-t-on un écran comme on dévore un livre ?

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Cet « objet-livre », Kathleen Tamisier, se demandant s’il est « encore à la page », va en analyser la lecture à l’ère numérique. Contrairement à bien des idées reçues, et même si les pratiques de lecture se transforment – moins de gens lisent mais ils lisent plus –, l’attrait du livre ne faiblit pas. L’auteure en voit une des raisons dans « la forte aura de capital symbolique » dont il bénéficie toujours en tant qu’objet de sociabilité, objet de plaisir tactile et visuel, objet de partage. On retrouve là un écho des termes utilisés par M. Melot.

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L’enquête de Pascal Lardellier sur « Les pratiques de lecture étudiante à l’ère d’Internet » (p. 47-58) infléchit de façon pessimiste pour le livre et la lecture les constatations précédentes : « Les jeunes lisent encore mais (bien) moins et les nouvelles technologies, éminemment chronophages, y sont pour beaucoup. » (p. 56). Mais son échantillon – une centaine de jeunes de 17 à 21 ans inscrits en IUT – est bien trop restreint pour permettre de généraliser ces résultats. Ils sont d’ailleurs opposés à ceux de l’enquête menée au printemps 2007 par le Centre national du livre auprès de 3.888 jeunes (cf. Le Monde, « La lecture plie mais ne rompt pas », 6 juillet 2007).

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Brigitte Chapelain, s’interrogeant sur « La littérature sans livre », et Stéphane Caro, définissant « Un objet hybride : le document numérique », s’attachent davantage aux aspects et aux conséquences techniques des nouveaux procédés. La première distingue dans les diverses sortes d’e-écritures les dispositifs d’écriture littéraire en ligne, les dispositifs interactifs d’écriture collective, les genres et leur évolution sur le réseau. Au terme de ce réexamen de la littérature sur écran, elle ne distingue « ni coupure théorique ni coupure générique » (p. 75), et constate que la littérature continue « avec de nouveaux outils, de nouveaux supports ».

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Faire l’inventaire et l’analyse de la littérature francophone sur écran ouvre un large champ de recherche. Stéphane Caro, quant à lui, définit le document numérique, en présente certaines caractéristiques, en retrouve la provenance et conclut à « la nécessité de repenser le concept générique de document » (p. 84), nécessité sur laquelle insistera Michel Melot dans la conclusion de l’ouvrage.

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Pascal Gossin cherche à savoir en quoi consiste l’hyperlecture en menant une enquête sur la lecture d’hypertextes auprès de trois classes de seconde : « Lire ou hyperlire, qu’est-ce que ça change ? » Si l’aspect ludique et l’abondance des informations disponibles plaisent aux jeunes utilisateurs, beaucoup expriment des difficultés dues à un insuffisant bagage nominal, à la non-construction d’un projet de lecture strict et à l’absence d’esprit critique.

La désorientation du lecteur

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On découvrira avec plaisir les « ancêtres de l’hypermédia » : Blake, Andersen, Cyrano de Bergerac, convoqués par Adrien Mihalache comme subtils créateurs de métaphores intersensorielles ! Mais l’auteur souligne combien le passage de la lecture du livre traditionnel, fruit d’un auteur, à l’hypermédia, s’il constitue « un saut vers le progrès est aussi accompagné de douloureux regrets » (p. 126). Regrets devant l’appauvrissement de la métaphore, la désincarnation du livre, « objet charnel », l’errance dans l’hétérogénéité de l’information multimédia et de là l’effacement de « la conscience de soi et, avec elle, de la conscience du monde » (p. 129). Une telle prédiction ne peut qu’alimenter le débat !

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À cette question de la « désorientation » du lecteur, Odile Riondet répond, après Roger Chartier, en rappelant ce qu’Emmanuel Kant nous a légué dans trois domaines : le livre objet de réflexion permettant de « s’éclairer soi-même », le livre discours public d’un auteur et l’interprétation d’un texte. Que deviennent la construction de la pensée et l’exercice du jugement de chacun devant la multiplication des données et la diversité des niveaux de discours qu’offre l’édition électronique ? Rappeler, avec Kant, que « l’essentiel n’est pas une accumulation de savoirs » et que la construction de la pensée s’inscrit « par rapport à une action, une vie, une société, une histoire » (p. 114) conforte le socle d’esprit critique indispensable au lecteur d’hypertextes.

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Le livre n’a pas que des amis et son histoire est riche d’autodafés ou de censures. Sous le néologisme de « biblioclasme », Philippe Ricaud dénonce une condamnation plus générale du livre en tant que tel. Il y voit une double source : le discrédit jeté sur l’écriture au profit de la parole et du dialogue (Platon) ou de l’expérimentation (Rousseau), d’une part ; un « mixte de mépris et d’antipathie envers le livre » (p. 166) exprimé par certains courants religieux, d’autre part. Il se demande si, dans la mentalité actuelle, ne se met en place, « sans éclat ni bûcher », un nouveau biblioclasme, original, rejetant le livre comme « obsolète ». À celui-ci de relever ce défi en « entrant en consonances avec ce que l’on pourrait appeler "les nouvelles écritures" » (p. 172).

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Enfin, comment les architectes conçoivent-ils les bibliothèques, tant à la mode actuellement ? Intègrent-ils dans leurs programmes les nouvelles modalités d’accès et de transmission des données ? Analysant à travers la revue professionnelle Architecture d’aujourd’hui (AA) quinze ans de réalisations (1989-2005), André-Pierre Syren constate que, toutes remarquables qu’elles soient, elles ne traduisent pas suffisamment le « changement de paradigme » que représentent l’abolition numérique de la distance et l’évolution des services rendus aux usagers locaux et/ou lointains. La raison majeure en est sans doute le déséquilibre entre la rapidité de l’explosion des réseaux et le temps de réponse nécessaire à la fourniture d’équipements pertinents. S’y ajoute la difficulté de concevoir une offre « en fonction des strates d’environnement (bâti, intellectuel) et non plus seulement du stock existant ou du bâtiment rêvé » (p. 155). On sait les bibliothécaires dans l’ensemble très conscients du problème.

Le vrai problème n’est-il pas d’ordre politique ?

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« Chose du passé », « opium de l’Occident » (Anatole France), « fusil chargé dans la maison d’à côté » (Ray Bradbury), « poudreux ancêtre » ou élément d’un gigantesque corpus numérisé – le livre traditionnel n’est pas la forme obligée de l’écriture. Le problème essentiel n’est pas l’inéluctable cohabitation du document imprimé et du document électronique, mais les moyens offerts au livre et à l’édition pour subsister ainsi que la validation de ce qui d’un « objet quelconque » fait un document. Les faux débats sur la peur de la mort du livre, donc de la lecture, voire de la culture, risquent d’occulter le vrai problème d’ordre politique, lié à la lutte « contre les intérêts particuliers immédiats, contre ceux qui se considèrent comme les propriétaires du savoir, contre les concentrations économiques aliénantes ou paralysantes » (p. 192). En éclairant ainsi la situation réelle du livre dans notre société, Michel Melot dénonce « la littérature de déploration de la mort du livre » (p. 186) et conclut que, « amarre dont la pensée ne peut se passer » (p. 193), celui-ci se porte encore bien !

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Voici donc un ensemble dense, riche de pistes de réflexion et d’étude, complété par une importante bibliographie. Qu’il soit permis d’y ajouter un grain de sel trouvé dans Le Monde des 26-27 août 2007 : un site américain crée le « premier livre électronique odorant du monde » en fournissant à ses clients un autocollant « au parfum de vieux livre » (sic) ! Et 60 % des six cents étudiants récemment interrogés préfèrent, pour cette odeur de suranné, « acheter des livres d’occasion plutôt qu’au format électronique, bien que ceux-ci soient un tiers moins chers » (Reuters). Qui prophétise « la mort du livre papier » ?

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Claire Guinchat

L’entreprise, usager du droit d’auteur, Élise Arfi ; préface de Pierre-Yves Gautier, Paris : Litec : Institut de recherche en propriété intellectuelle Henri-Desbois, 2006. – XIII-344 p. – (Le droit des affaires – Propriété intellectuelle, ISSN 0757-0341). – ISBN 2-7110-0644-1 : 55

Une analyse approfondie destinée aux juristes d’une question clé pour les documentalistes

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ENTREPRISE ET DROIT D’AUTEUR, VOILÀ UN thème qui ne pouvait manquer d’attirer l’attention des documentalistes ! Dans la thèse publiée ici, Élise Arfi s’est tout d’abord interrogée sur l’opportunité d’appliquer aux entreprises l’exception de copie privée et de représentation dans le cercle de famille, soit deux exceptions au monopole de l’auteur qui leur auraient permis d’utiliser les œuvres sans aucune autorisation. Sans trop de surprise, on s’apercevra vite qu’il n’en est rien ! Mais on en saura plus désormais sur le fondement juridique de ces exceptions, notamment grâce à une analyse très fine de la notion de « public ».

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Sans doute fallait-il dissocier les responsabilités puisque l’entreprise fournit des contenus qu’elle remet au niveau interne ou à des tiers, mais aussi indirectement par les moyens qu’elle donne pour accéder à des œuvres et les utiliser. On comprendra assez vite que le raisonnement est le même « que les œuvres soient communiquées aux membres de l’entreprise réunis physiquement ou pour la communication à la demande dont la réception est individuelle », les destinataires formant toujours un public. Mais doit-on dissocier le cas des petites entreprises familiales des plus grandes entreprises, puisque « l’entreprise recoupe des réalités humaines et juridiques extrêmement variées » ? Voilà une idée pour le moins inattendue !

Qu’est-ce qu’un public ?

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Cette notion est particulièrement complexe. Elle tombe sous le sens lorsque c’est l’entreprise qui est à l’origine de certains usages destinés à l’ensemble de ses salariés, par exemple lorsqu’elle leur propose d’écouter de la musique pendant les pauses. Mais certains usages se font de manière transversale, sur l’initiative des salariés, ce qui « brouille les frontières entre la sphère publique et privée » de sorte que ce « qui paraissait simple à exclure du cercle de famille pourrait y revenir ». Il y a bien usage collectif, mais dans un cercle restreint. Peut-on alors parler encore de public ? Il suffit d’évoquer un arrêt de la Cour de cassation qui affirmait que les émissions de télévision proposées dans chaque chambre par un hôtelier représentaient bien un usage collectif.

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L’argument de l’usage privé en entreprise est aussi repoussé si l’on prend pour exemple l’exception de communauté d’intérêt, utilisée dans le droit de la presse, après une étude rigoureuse de tous les cas auxquels l’entreprise est susceptible de recourir : l’envoi par courriel, le transfert de fichiers, les listes de courriers, l’intranet.

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L’analyse de l’usage de l’œuvre par des tiers, dans un chapitre suivant, ne résiste pas non plus à cet examen. Que se passe-t-il, en effet, lorsque l’initiative est prise par un supérieur et que la copie est faite à des fins professionnelles ? Est-ce que la notion de copie privée peut être alléguée si les salariés copient pour eux-mêmes à des fins privées ou professionnelles ? Comment articuler alors la sphère privée et le contrôle de l’employeur sur les communications du salarié ? Autant de questions que l’on a systématiquement balayées en examinant les reproductions réalisées sur l’initiative des entreprises, puis sur celle des salariés, en reprenant les fondements de l’exception de copie privée et l’articulation avec les protections techniques.

La sanction des usages non autorisés

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Pour sanctionner, il faut prouver la faute. Il est donc nécessaire de définir si l’on peut contrôler les usages faits dans le cadre de son travail à des fins personnelles et comment. Élise Arfi se penche alors longuement sur la notion de sphère privée en entreprise, sur les restrictions des usages qu’un employeur peut envisager ainsi que sur les divers modes de surveillance des salariés.

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Elle aborde ensuite les cas de violation du droit d’auteur par les salariés, puis la responsabilité personnelle de l’entreprise et de ses dirigeants. Pour cela, elle analyse minutieusement les actions relevant des actions en contrefaçon, pour faute, dans le cadre d’une fourniture d’hébergement ou pour non-respect des accords contractuels, en distinguant celles qui relèvent des juridictions civiles et pénales.

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En ce qui concerne le salarié, il convient de s’interroger sur son statut de subordonné puisque celui-ci a évolué et que sa bonne foi ne pourra plus être systématiquement alléguée pour les contrefaçons qu’il aurait été amené à faire au sein de l’entreprise. Élise Afi entame alors une réflexion qui l’amène à prendre en compte le but poursuivi par la contrefaçon, la bonne foi du salarié, sa position hiérarchique et sa qualification, la contrefaçon réalisée à son instigation, pour l’entreprise ou à des fins personnelles, l’information existante (chartes, codes de déontologie), le laxisme de l’entreprise, la nature intentionnelle ou non de la faute ainsi que le cas où le salarié aurait outrepassé les limites de la mission impartie par son employeur.

Gestion individuelle ou collective des droits ?

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Pour pouvoir utiliser en toute sécurité des œuvres protégées par le droit d’auteur, l’entreprise négociera directement avec les ayants droit ou par le biais des sociétés de gestion collective.

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• Licence ou cession. Elle peut obtenir une licence d’usage, ce qui conduit Élise Arfi à examiner les contrats de logiciels et à mettre l’accent sur un contrat un peu particulier qu’est le contrat « Application Service Provider » (ASP), qui donne accès par abonnement à des applications logicielles en ligne. Après avoir analysé la question de la licence au regard du droit d’auteur et mis l’accent sur les problèmes que posent pour les entreprises plusieurs ambiguïtés qu’elle a relevées, elle énonce une série préconisations très concrètes liées à la négociation de licences collectives.

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Elle souligne ensuite que, lorsque l’entreprise se fait céder les droits par contrat, elle est plus à l’aise, même si l’œuvre doit être utilisée gratuitement et à des fins internes. Cette cession se fait par ses propres salariés pour les œuvres créées pour les besoins de l’entreprise et à sa demande, mais aussi par des tiers. Autant de cas longuement détaillés !

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Pour illustrer la cession par les tiers, Élise Arfi prend l’exemple de sites créés par des web agencies et attire l’attention sur le cas particulier du logiciel et de l’œuvre collective, sur les dispositions contractuelles indispensables, les problèmes liés à la chaîne de la titularité, les difficultés générées par les œuvres gérées de façon obligatoire ou facultative par des sociétés de gestion collective et la question de la rémunération du service qui peut être forfaitaire ou proportionnelle.

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Lorsque les œuvres sont créées par des salariés, il faut garder en mémoire que le contrat de travail ne suffit pas pour que les droits soient cédés à l’entreprise et qu’il faut tenir compte des régimes des auteurs/salariés et des auteurs/fonctionnaires. Suit une longue discussion sur l’interdiction de cession globale des œuvres futures et les moyens de contourner celle-ci par une cession partielle ou un pacte de préférence, l’interdiction des cessions totales par des salariés embauchés pour une durée déterminée ou en free lance, ainsi que la question des accords collectifs. Aucune solution n’étant satisfaisante, Élise Arfi propose de garder le système en place, beaucoup plus sécurisant, qui consiste à se faire céder les droits par ses salariés.

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Il convenait aussi de ne pas négliger le mécénat ni le parrainage. Utilisés par les entreprises pour « faire connaître et valoriser leur nom ou leur marque », ils ne relèvent en effet pas uniquement du droit fiscal et peuvent avoir une incidence en matière de droit d’auteur.

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• La gestion collective. La gestion des photocopies par le biais du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC), voici un dossier généralement plus connu ! Mais la question se complique lorsqu’il s’agit de copie numérique, et les entreprises hésitent entre une gestion collective, plus facile à gérer mais sur laquelle elles n’ont aucune maîtrise, et la gestion individuelle.

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Élise Arfi donne toutes les explications sur le système mis en place pour la gestion des droits sur les panoramas de presse diffusés sur intranet et le rôle joué par le CFC. Elle y présente aussi les difficultés rencontrées pour mettre en place le Sesam, guichet unique qui regroupe plusieurs sociétés de gestion collective, afin de faciliter la collecte et la redistribution des redevances sur les droits multimédias.

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Bien que l’auteure soit clairement favorable à la gestion collective, qui pallie « l’inefficacité de la gestion individuelle », surtout lorsque la diffusion se fait sur les réseaux, elle fait retomber la mauvaise presse qu’a aujourd’hui ce système sur les titulaires de droits et sur les sociétés de gestion collective elles-mêmes.

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Sa réflexion sur les sociétés de gestion collective et les guichets communs lui permet de faire des propositions destinées à améliorer leur mode de fonctionnement, à les rendre plus attractifs… et à alimenter notre propre réflexion.

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Michèle Battisti

Communication et connaissance : supports et médiations à l’âge de l’information, Sous la direction de Jean-Gabriel Ganascia ; préface de Catherine Bréchignac, Paris : CNRS Éditions, 2006. – VI-178 p. – (Sciences et techniques de l’ingénieur). – ISBN 2-271-06415-5 :25

Communiquer/connaître

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DÈS LA PRÉFACE DE CATHERINE BRÉCHIGNAC et l’introduction de Jean-Gabriel Ganascia, le postulat est posé : la société de la connaissance a succédé à la société de l’information. Depuis plusieurs décennies les technologies d’information et de communication (TIC) transforment le monde : commerce, finance, échanges, école, travail, culture, politique… Ainsi, tant notre environnement professionnel et que notre environnement personnel, nos modes de vie que nos façons de penser se trouvent modifiés. Les TIC constituent également un domaine de recherche particulièrement fécond.

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Cet ouvrage est un état de l’art sur les recherches concernant la connaissance. Ce n’est pas un inventaire exhaustif qui nous est proposé ici. L’accent est mis sur les mutations en cours, afin de prévoir les changements et d’alerter parfois sur leurs conséquences. Il est en effet impossible d’embrasser tout ce qui touche à la connaissance. Pour les auteurs, les technologies de l’information et de la communication jouent un rôle central dans le processus du savoir. La communication, entendue ici au sens de traitement de l’information par des dispositifs techniques, et la connaissance, se référant au statut du savoir médiatisé par les techniques contemporaines, apparaissent comme indissociables.

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Professeur d’informatique à l’Université Pierre et Marie Curie, Jean-Gabriel Ganascia a dirigé ce livre auquel ont collaboré une quarantaine d’auteurs. Cela témoigne de la complexité du thème central de l’ouvrage et de son caractère particulièrement interdisciplinaire car, si les auteurs sont pour la majorité des informaticiens, plusieurs relèvent de la sociologie, en particulier de la sociologie du travail, de la linguistique, de l’anthropologie, de la physique, du droit et des sciences cognitives, bien évidemment. La science de l’information a également sa place dans cette grande revue disciplinaire, avec les grandes évolutions de la recherche contemporaine autour de la fouille de données, du web sémantique, des ontologies et de l’étude des usages.

Information, communication et connaissance

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La réflexion conduite dans le cadre de l’atelier « Information, communication et connaissance » par Jean-Gabriel Ganascia donne aujourd’hui naissance à cet ouvrage riche d’enseignement. Quatre grandes parties structurent l’ouvrage le traitement de l’information sous tous ses aspects, la communication médiatisée par les TIC, les connaissances et l’ingénierie des connaissances, la société de l’information, de la communication et de la connaissance.

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Tout cela constitue un petit livre comportant moins de 180 pages. Les chapitres en sont courts, chacun présentant une synthèse des recherches actuelles selon un axe particulier. Chaque aspect abordé se clôt par une bibliographie.

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De fait, si les deux premières grandes parties qui traitent du matériel, des composants, des algorithmes, du calcul, des interfaces, etc., sont vouées aux informaticiens, la multiplicité des points, tous relativement courts, demeure lisible par des non-informaticiens. Car ce qui adviendra est déjà en gestation. Objectif de l’ouvrage : un examen attentif de ce qui se fait dans les laboratoires de recherche permet donc si ce n’est d’anticiper et de prédire l’avenir, tout au moins de le prévenir et de s’y préparer.

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En revanche, les deux dernières parties nous concernent directement, qui traitent des fouilles de données, du web sémantique, du traitement automatique de la langue, des environnements informatiques pour l’apprentissage humain, des bases d’informations… et débouche sur les enjeux sociétaux, juridiques et éthiques. Jean-Gabriel Ganascia clôt lui-même l’ouvrage avec un point sur l’éthique et la technologie de l’information, de la communication et de la connaissance.

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Serge Cacaly

Veille anticipative, une autre approche de l’intelligence économique, Nicolas Lesca, Marie-Laurence Caron-Fasan ; préface d’Alain Juillet, Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2006. – 281 p. – (Management et informatique). – ISBN 2-7462-1459-8 : 60

La veille pour demain

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AU MILIEU D’UNE TRÈS ABONDANTE littérature sur la veille et l’intelligence économique (cf. les précédentes livraisons de Documentaliste - Sciences de l’information), cet ouvrage propose un panorama qui, pour ne pas être original, s’avère tout au moins relativement général, abordant le thème étudié tant au plan théorique qu’au plan pratique.

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La veille évoquée ici est qualifiée par les auteurs de ce livre de « veille anticipative ». Cela peut paraître pléonastique, toute veille ne pouvant être, par essence, qu’anticipative. En effet, à quoi servirait de deviner au travers des signes extérieurs ce qui se fait et ce qui se prépare ? La fonction de veille n’a d’intérêt que dans la préparation de l’avenir, que dans la connaissance de l’environnement et, en particulier, la prévision de ses évolutions. Savoir pour prévoir et décider. Veiller, c’est être capable de discerner, au travers de signes plus ou moins forts, ce qui se passe ou va se passer. La veille est, dans son expression la plus aboutie, une volonté de maîtrise du futur.

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Ainsi cet ouvrage présente une synthèse de l’ensemble des éléments qui constituent la fonction de veille, de la question initiale du pourquoi (quelles sont les raisons d’engager un tel processus : l’environnement extérieur, etc.), jusqu’à la manière de la mettre en œuvre (recueil, exploitation, diffusion des informations – toutes choses sans doute familières aux lecteurs de cette revue).

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Les auteurs de ce livre sont des experts de la veille. En atteste la bibliographie qui le clôture, où nous les retrouvons référencés une dizaine de fois, une vingtaine, même, si on y ajoute les références au père, Humbert Lesca, dont le présent ouvrage est présenté comme le complément de celui qu’il a publié en 2003 sous le titre Veille stratégique : la méthode L. E. SCAnning.

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Le sujet du livre est donc la veille, composante de l’intelligence économique, que les auteurs définissent comme « un processus par lequel l’entreprise s’informe de façon volontariste et organisée sur l’évolution de son environnement en vue de mieux s’adapter aux changements de celui-ci ». L’objectif central de la veille est, selon les auteurs, « de déceler les faits porteurs, de les relier entre eux en une vision anticipative et, face à celle-ci, non plus réagir, mais préagir ».

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« Préagir », c’est-à-dire se préparer à agir, décider d’agir. Pour les entreprises, il est capital d’anticiper les évolutions actuelles et futures de leur environnement extérieur et dont leur devenir dépendra.

Théorie et pratique

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La présentation de l’ouvrage propose un entrelacement entre pratique et théorie via un jeu d’encadrés qui exposent des cas concrets puisés dans l’expérience personnelle des auteurs (témoignages, etc.) ou dans la presse (Les Échos, Le Monde, etc.). Son économie offre d’abord une analyse du contexte de l’entreprise d’aujourd’hui, « un monde en pleine effervescence » : mondialisation, nouveaux marchés, nouveaux concurrents… ainsi que l’analyse de certains concepts actuels comme la complexité, la turbulence, l’incertitude, l’ambiguïté…

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Dans un deuxième chapitre, les auteurs définissent l’intelligence économique. Puis ils abordent la notion d’anticipation dans une démarche informationnelle et précisent ce que sont les signaux forts et les signaux faibles…

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Les quatre derniers chapitres évoquent la mise en œuvre et le fonctionnement d’une cellule de veille dans une entreprise. L’ouvrage prend alors une connotation pratique en répondant aux questions : qui ? c’est-à-dire quelles compétences sont nécessaires… quoi ? quelle partie de l’environnement surveiller… et comment ? en montrant la chaîne qui conduit du recueil « d’informations d’origine terrain, d’informations le plus souvent informelles, relationnelles et sensorielles, collectées au gré des discussions et rencontres avec les acteurs extérieurs, de découvertes fortuites d’éléments surprenants, mais aussi d’observations attentives… » au traitement, à l’exploitation, à la circulation, à la diffusion des données recueillies, au stockage, à la valorisation…

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Serge Cacaly

Abrégé d’archivistique : principes et pratiques du métier d’archiviste, Sous la direction de Brigitte Pipon et Marie-Claire Pontier, 2e éd. rev. et augm. – Paris : Association des archivistes français (AAF), 2007. – 315 p. – ISBN 978-2-9513658-6-5 : 22 . Archiver, et après ?, Marie-Anne Chabin, Paris : Djakarta Editions (5, rue Saint-Germain l’Auxerrois 75001), 2007. – 159 p. – ISBN 978-2-9528828-0-4 : 19 . La Formation des archivistes : pour relever les défis de la société de l’information, Actes de la cinquième journée des archives organisée par le service des Archives de l’Université catholique de Louvain, 9-10 mai 2005 ; éd. par Évelyne Vandevoorde, Louvain-La-Neuve : Bruylant-Academia, 2006. – 265 p. – (Archives de l’Université catholique de Louvain ; 13). – ISBN 2-87209-841-0 : 29 . La Gestion des archives, Christine Juge, Joël Clérembaux, Voiron : Territorial éditions, 2007. – 114 p. – (Dossier d’experts). – ISBN 978-2-35295-119-3 : 49

Vitalité des archives

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NOS AMIS LES ARCHIVISTES SE PORTENT BIEN. Pour preuve ces quatre ouvrages qui se complètent et permettent d’avoir une vue claire de leurs préoccupations et des défis à relever dans ces temps où le numérique est souvent au centre des débats. Deux ouvrages prennent l’allure de manuels. Le premier, édité par l’Association des archivistes français, est une somme écrite à plusieurs mains, ouvrage de base pour le spécialiste comme pour le débutant. Le second, édité par Territorial Éditions, récapitule de façon synthétique les principaux points de l’archivistique ; une sorte de chek-list, précieuse pour le professionnel sur le terrain. Le troisième, actes de journées d’étude, pose le débat, toujours à renouveler, de la formation des archivistes. Enfin, Marie-Anne Chabin invite archivistes et non-archivistes à la réflexion en présentant de façon complètement originale, les archives, les archivistes, les usagers, les institutions…

Abrégé d’archivistique

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LA REVUE DOCUMENTALISTE - SCIENCES DE l’information a rendu compte en 2005 de la première édition de cet abrégé des principes et pratiques fondateurs de la profession d’archiviste, pour en dire toutes les qualités de clarté et de pédagogie. « L’abrégé d’archivistique n’a pas changé » avertissent les auteurs de la deuxième édition, précisant ainsi la volonté de synthétiser– dont rend compte le terme même d’abrégé – les savoirs dont a besoin un archiviste, mais aussi toute personne soucieuse de partager ces savoirs.

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La structure du document reste, en effet, la même, en dix chapitres illustrés d’exemples, de tableaux, et clôturés par de brèves bibliographies permettant d’en « savoir plus ». Une bibliographie générale, un glossaire et un index réunifient toutes ces informations. Les savoirs classiques sont repris dans chaque chapitre révisé par des comités de rédaction présentés en début d’ouvrage. Ces comités s’efforcent d’introduire des données concernant l’environnement électronique qui, non seulement prend une place importante dans le monde des archives mais, de plus, est en constante et rapide évolution. « Cette deuxième édition, soulignent dans leur avant-propos Élisabeth Verry, vice-présidente de l’Association des archivistes français, Brigitte Pipon et Marie-Claire Pontier, coordinatrices de l’ouvrage, s’est attachée à prendre en compte les évolutions les plus récentes du métier dans tous ses aspects, particulièrement dans le domaine technologique et normatif. »

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Le chapitre 1 présente « Archives et archivistes dans leur environnement ». Le lecteur est invité à découvrir le paysage national et international incluant les nouveaux textes réglementaires régissant les activités de ces professionnels de l’information. « Archives courantes et intermédiaires » (chapitre 2) permet de re-présenter et de préciser la norme ISO 15489 portant sur le records management et de dire ce que ce concept récent apporte à la profession.

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Les chapitres 3, « Constitution des archives définitives », 4, « Classement et cotation », 5, « Analyse et indexation », et 6, « Instruments de recherche : les principes » récapitulent les savoirs et les savoir-faire essentiels de l’archiviste, qu’il travaille sur support papier ou support numérique. Les problématiques de base restant sensiblement les mêmes : il faut toujours permettre de retrouver les archives collectées, cotées, classées et analysées. Par contre, la prise en compte du numérique entraîne les auteurs à présenter systématiquement les modèles ou normes concernant les archives électroniques. C’est, par exemple, leur description, à partir de la norme ISAAR (International Standard Archival Autorithy Records for Corporates Bodies, Persons and Families) révisée en 2004, et leur conservation matérielle quand elles sont sur support numériques.

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Le chapitre 7, « Instruments de recherche : la mise en œuvre des nouvelles technologies », constituait déjà un point très technique de la première édition. Pour le lecteur de la deuxième, l’appropriation de ce chapitre peut paraître plus aisée s’il s’est familiarisé avec des modèles de données tels que l’EAD ou l’EAC. Pour le lecteur qui découvre ces différentes normes, ce chapitre reste toujours difficile d’accès, et ce malgré les tableaux comparatifs et récapitulatifs très clairs qui clôturent ce chapitre. Par contre, le chapitre suivant, « La conservation matérielle des archives », est d’un accès plus facile, qui permet au lecteur de comprendre les impératifs des conservations de longue durée que ne connaissent pas d’autres professionnels de l’information. « La communication des archives » (chapitre 9) comme la problématique de leur valorisation (chapitre 10) intéressent chacun d’entre nous, utilisateurs de documents d’archives ou chargés professionnellement d’assurer leur découverte dans des actions éducatives ou culturelles.

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À la relecture de ce document, on peut se demander si, pour le lecteur non-archiviste visé, malgré tout, par les auteurs, il n’eut pas été plus judicieux de commencer par ces chapitres portant sur la communication et la valorisation. Impliqué dans ces deux actions, il lui devient plus facile d’aller à la rencontre de l’archiviste et de tout son environnement. On pourrait ainsi imaginer une étude à deux entrées. L’une d’elle visant le non-archiviste pour l’entraîner à comprendre le monde des archives ; l’autre visant le professionnel de l’information allant au devant de ses utilisateurs. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons que redire les qualités plurielles de cet abrégé tant dans sa forme que dans son fonds. Il constitue un ouvrage de référence à garder à portée de main.

La gestion des archives

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SI L’ABRÉGÉ D’ARCHIVISTIQUE S’ADRESSE À une large palette de lecteurs, le document portant sur La Gestion des archives s’adresse en priorité à un public plus restreint en visant d’abord les archivistes travaillant dans des collectivités territoriales.. Il est écrit dans une optique pédagogique récapitulative en cinq chapitres.

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« L’approche du métier » (chapitre 1) se subdivise en trois parties destinées d’abord à décrire de façon brève et précise le métier, son organisation générale et son organisation dans le cadre de la filière culturelle territoriale. Le chapitre 2 aborde la question de « La collecte des archives » avec la préparation et le bordereau de versement. Il décrit les dépôts des communes ainsi que le rôle du directeur des archives départementales et s’intéresse également aux archives privées. « Le traitement des archives » constitue le chapitre 3 qui traite de la constitution d’un fonds, de son classement et de la cotation avant de conclure sur les instruments de recherche.

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« La conservation des archives » est une problématique importante pour l’archiviste qui se préoccupe de conservation à long terme. C’est pourquoi les locaux et les équipements, les actions préventives contre tout type de dégradation, la reliure et la restauration sont soigneusement analysés dans le chapitre 4. Enfin « La communication des archives » est l’occasion pour les auteurs de rappeler le cadre législatif réglementaire, les dérogations éventuelles mais surtout de dire le rôle culturel de plus en plus important pris par les archives avec les services éducatifs, les expositions, les publications et le développement des sites internet. Le lecteur découvre ainsi toute une série d’animations qui l’invitent à monter dans « l’archivobus », à suivre des cours de paléographie ou à visiter des dépôts d’archives…

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Un glossaire, une brève bibliographie, diverses annexes présentant des exemples de classement, de bordereau, de récolement, etc., clôturent cet ouvrage précis, centré sans jamais s’en détourner de son principal objectif : synthétiser l’ensemble des savoirs et des savoir-faire à maîtriser lorsque l’on est archiviste ou qu’on veut le devenir dans une collectivité territoriale.

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En ce sens, ce document constitue une excellente « suite » à l’abrégé précédemment analysé. Le premier constitue une solide introduction générale et savante aux problématiques archivistiques ; le second vise à consolider ces savoirs dans une perspective spécifique mais de façon tout aussi solide. Le professionnel de l’information documentaliste se prend un peu à déplorer l’inexistence d’un « Abrégé de documentation » écrit de façon aussi claire et précise que l’Abrégé d’archivistique et le peu d’ouvrages sur la gestion des documents dans le cadre spécifique des collectivités territoriales.

La formation des archivistes

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DANS L’INTRODUCTION DE CET OUVRAGE, Paul Servais retrace le cadre général dans lequel est née l’idée d’un colloque sur cette formation et les problématiques qui lui sont liées présentées autour de quatre principaux axes dans l’ouvrage analysé : « De l’importance des archive »s, « Attentes et compétences de l’archiviste », « Les compétences de l’archiviste du point de vue des fonctions archivistiques », « Parcours de formation » en sont les intitulés.

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Michel Lespérance ouvre le débat avec un texte intitulé « Les archives dans l’organisation : la mémoire institutionnelle utile ». Après avoir constaté l’omniprésence des archives dans le monde, il donne la parole à des dirigeants d’organisations pour entendre ce qu’ils pensent des archives. Il analyse ensuite la nature multiforme de ces dernières pour dire le rôle et les responsabilités des archives dans l’organisation, leur rôle social encore relativement mal connu. Il examine également les options variables concernant leur rattachement administratif et leur lieu de conservation. Le Conseil international des archives, conclut-il, a « longtemps utilisé, de façon emblématique, la représentation du dieu romain Janus possédant un double visage, l’un tourné vers l’avenir, l’autre vers le passé ». Les archivistes confrontés, comme de nombreuses autres professions, au défi technologique, doivent continuer à préserver le passé, utile pour construire le futur.

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Philippe Henwood ouvre la deuxième partie de ce document en présentant « L’archiviste public en France aujourd’hui : missions, activités, compétences ». On y apprend que ce que l’on attend d’un archiviste « a peut-être été défini une fois pour toute, il y a près de 700 ans, par le roi de France Philippe le Bel » qui, en 1309 décrit les devoirs et les compétences attendus de l’archiviste public. Certes, le métier a fortement évolué, même si les assisses en restent solides. C’est pourquoi la Direction des Archives de France a entrepris la réalisation d’un référentiel pour préciser missions et compétences de ce professionnel de l’information : « à la fois homme orchestre et chef d’orchestre n’est-il pas… un véritable artiste ? »

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À sa suite, Philippe Bigot présente brièvement « Le consultant entrepreneur en archives », ses compétences mais aussi ses qualités en termes de charisme, d’intelligence et de culture, d’esprit synthétique et créatif. Didier Grange s’intéresse, quant à lui, aux associations professionnelles (« Associations professionnelles et formation : un défi perpétuel »). Après avoir dit la diversité des formations à travers le monde, il présente le rôle de la section des associations professionnelles de records managers et d’archivistes avant de conclure avec des propositions sur ce que pourraient entreprendre, en matière de formation, ces associations professionnelles.

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Claude Minotto s’engage sur le troisième axe ouvert dans ce document en s’interrogeant sur « La gestion des archives : vision et pragmatisme ». Tout son exposé tend à répondre à des interrogations essentielles : qu’est-ce que gérer quand on est archiviste, dans un monde très marqué par les technologies de l’information ? Quoi gérer ? Comment ? Pour qui ? Le gestionnaire est-il un « érudit ou gens d’affaires » ?

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François Burgy répond partiellement à ces questions en dissertant sur « L’évaluation et l’acquisition : de la formation des archivistes à la constitution d’un patrimoine archivistique ». Que doit-on apprendre quand il s’agit d’acquérir et d’évaluer des documents ? Avec qui le faire et pour quels supports et quels contenus ? « L’ultime compétence » apparaît à l’auteur comme celle de connaître ses propres limites et savoir quand il faut faire appel aux compétences d’autrui. « La description et la valorisation : enjeux scientifiques de la formation des archivistes » préoccupe Christine Nougaret. S’intéressant en particulier aux conservateurs de patrimoine, elle s’attache à définir les concepts clés pour mieux dire ce qu’on attend de ces conservateurs et la spécificité de la formation que les concerne. Rolande Depoortere lui emboîte le pas en décrivant « L’archiviste, spécialiste de la conservation patrimoniale ». Elle décrit les attentes de la profession et des partenaires de travail : autorités de tutelles, producteurs d’archives, publics et archivistes pour mieux déterminer le profil du conservateur.

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Thierry Delplancq apporte sa contribution en témoignant à partir de son expérience sur « La valorisation des archives à l’échelon local : un subtil équilibre », quand Jean-Marie Yante pose des « Balises pour un profil d’archiviste » élaboré à partir des attentes multiples et variées et exigeant d’indispensables partenariats et d’incontournables qualités professionnelles et humaines.

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C’est ce même auteur qui engage la quatrième et dernière partie de cet ouvrage, constituée de descriptions de formations faites autour d’une table ronde réunissant plusieurs responsables de formation. J.M Yante y présente la formation en archivistique à l’Université catholique de Louvain. Frank Scheelings décrit les formations universitaires et en particulier, celle de Bologne. Hans Scheurkogel commente la maîtrise en archivistique à l’Université d’Amsterdam. Yolande Estermann présente la formation archivistique dans le département Information documentaire de la Haute École de gestion de Genève et Bruno Delmas l’École des chartes. José Ramon Cruz Mundet situe son apport dans un éventail plus large en réfléchissant sur les « Situations et perspectives de l’enseignement universitaire de l’archivistique ». Le lecteur perçoit bien le dynamisme qui accompagne toutes ces formations. Il peut toutefois regretter que, au terme de ce tour d’horizon, aucun intervenant n’établisse une synthèse comparative permettant de mesurer de façon très concrète les points de convergence des formations décrites ou leur originalité.

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Carol Couture établit en conclusion une synthèse remarquable de ces cinquièmes journées des archives en redisant les attentes des utilisateurs vis-à-vis des compétences des archivistes. Il rappelle également les compétences de ceux-ci du point de vue des fonctions archivistiques et annonce le cahier des charges à établir pour le XXIe siècle : ce sera celui de la formation.

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Véronique Fillieux clôture ce document par une abondante bibliographie multilingue qui reprend les principales problématiques concernant la formation des archivistes pour relever les défis de la société de l’information. Ce livre constitue la preuve que ces défis sont relevés.

Archiver, et après ?

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DANS « LES MOTS ET LES CHOSES » QUI servent de préface à ce petit opuscule, l’auteure rappelle l’étymologie grecque du terme archive « signifiant à la fois le commandement et le commencement » pour en dire l’importance. C’est pour proposer une réflexion sur le verbe « archiver » qu’elle écrit cette étude, « fruit d’un cocktail d’observation, d’expérience et de passion », organisée en six chapitres.

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Archiver, c’est d’abord « Un geste naturel » (chapitre 1). En utilisant des exemples pris dans la vie quotidienne, Marie-Anne Chabin montre qu’archiver c’est agir, c’est se défendre. C’est aussi s’enraciner, témoigner et surtout s’épanouir.

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Mais s’agit-il d’ « Archiver ou conserver ? », interroge-t-elle dans le deuxième chapitre. La loi française ne définit pas l’archivage mais parle beaucoup de conservation des archives. Aujourd’hui, avec la naissance des archives électroniques, ce concept de conservation est « traduit » par le terme de rétention emprunté à l’anglais. Il existe donc deux termes pour dire la même chose et le « lecteur non averti se dit que "s’il y a deux mots, c’est qu’il y a deux notions" ; il les cherche, en vain… ». Il faut alors se tourner vers la tradition pour assister à la naissance de l’archiviste et de l’archivistique. Il faut voir également ce que propose le marché avec le concept d’archiveur, d’archivage légal ou de records management. Il importe de comprendre ce qu’exige la réalité : retrouver l’information qui doit donc bien être archivée et ce à tous les âges de sa vie. L’auteure livre sur ces trois âges une réflexion originale réconciliant les approches françaises et anglo-saxonnes.

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Si le verbe archiver a aujourd’hui du succès, c’est indéniablement à l’informatique qu’il le doit. 90 à 95 % de l’information est aujourd’hui produite et diffusée à l’aide d’outils informatiques (« Du papier au numérique », chapitre 3). Cependant, cette « inforhée galopante » est à l’origine de nombreuses difficultés (« Et l’information grossit, grossit… jusqu’où ? ») et d’idées reçues, souvent transposées trop vite des principes d’organisation du monde papier. Pour répondre à cela, il importe d’analyser ce qui, aujourd’hui change vraiment pour l’archivage et ce qui reste toujours vrai. Les archives, quels que soient leurs supports, restent des documents servant de preuve. Leur organisation doit donc impérativement assurer traçabilité et authenticité.

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Cependant, dans ces actions, « Qui paie quoi ? ». Un document coûte 20 euros à classer, 120 à retrouver s’il est mal classé, tandis que 35 % des dossiers ne sont jamais retrouvés. C’est dire s’il importe de connaître les coûts de l’archivage dans leur totalité mais principalement ceux du non-archivage. Il faut surtout déterminer, comme l’évoque le titre de ce quatrième chapitre, qui paie. L’archiveur ? Le contribuable ? Quelle que soit la réponse, toutes les mesures à prendre pour dépenser mieux sont les bienvenues !

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Quelle est la nature de la relation entre archives et connaissance historique (chapitre 5) ? Cette interrogation se conjugue en deux temps : quelles connaissances pour quelles archives ? quelles archives pour quelles connaissances ? Ces questions ouvrent sur des perspectives où les archivistes et les historiens, tour à tour et en complémentarité, jouent les premiers rôles.

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Éliminer, supprimer, désarchiver est nécessaire pour des raisons diversifiées que l’auteur explique avec beaucoup de pédagogie tout en mettant en garde contre « l’obésité archivale ». (« Désarchiver », chapitre 6)

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« Osez archiver ! ». Car archiver, c’est anticiper et donc préparer l’avenir, déclare M.A Chabin au terme de ce plaidoyer passionnant, écrit par une spécialiste enthousiaste. Elle tente, à travers cet ouvrage, de communiquer cette passion, et y réussit pleinement. Elle veut surtout convaincre son lecteur de l’importance de l’archivage. Pour cela, elle déploie des talents de pédagogue en illustrant ses propos de nombreux exemples, pris souvent dans la réalité de nos vies quotidiennes. A priori, on pourrait penser que ce document s’adresse en priorité et uniquement aux archivistes. Il n’en est rien. Il s’adresse à un public pluriel. Ce peut être, dans le monde scolaire, les enseignants comme les élèves producteurs d’archives vivantes nombreuses. Les responsables politiques, les capitaines d’entreprises peuvent comprendre l’importance des archives dans le management de leurs entreprises.

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Il serait bon que cet ouvrage trouve une large diffusion car il présente de façon concise et précise un monde dans lequel les stéréotypes vont bon train. Ce travail permet de les faire voler en éclats.

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Marie-France Blanquet

Intelligence économique et management de l’information : les questions les plus fréquemment posées, Éric Sutter, avec la collaboration de Philippe Martin, Paris : Lavoisier : ADBS, 2006. – X-153 p. – ISBN 10 : 2-7430-0928-4, ISBN 13 : 978-2-7430-0928-1 : 35

Toutes les composantes du management de l’information

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DEPUIS DE NOMBREUSES ANNÉES, ÉRIC Sutter mène une réflexion sur le management de l’information vu sous différents angles : la qualité, la performance, le marketing, les technologies, les compétences, les normes… Cet ouvrage englobe ces différents concepts avec en terme générique le « management de l’information ».

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La première partie, « Enjeux, stratégie, concepts », insiste plus particulièrement sur l’importance de bien gérer l’information et relève les problèmes liés à l’accès à l’information, aux dysfonctionnements dans les entreprises, aux risques encourus. L’information documentaire, la veille stratégique, le records management et la gestion des connaissances sont les quatre domaines couverts par le management de l’information, auxquels il faudrait ajouter la gestion de l’information à destination des partenaires externes à l’organisation.

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Intitulée « Pilotage, organisation, évaluation », la deuxième partie développe les aspects managériaux : l’implication de la direction, l’approche systémique, les aspects individuels mais aussi juridiques, les différentes mesures possibles pour une « bonne » gestion de l’information, parmi lesquelles figurent l’établissement d’un diagnostic et le calcul du retour sur investissement.

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La troisième partie, « Maîtrise du processus informationnel », prend en compte les besoins et les usages de l’information parmi lesquels la recherche d’information, le document numérique, l’archivage…

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La quatrième, « Acteurs du management de l’information », plus courte, détaille d’une part les métiers concernés par l’information dans l’entreprise (hormis les décideurs, citons le médiateur, le technicien, l’administrateur, etc.) et d’autre part les métiers de l’information et leur contribution.

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Consacrée aux « Dispositifs techniques de gestion d’information », la cinquième et dernière partie apporte des éléments de réponse à la question des différentes solutions pour bien gérer l’information ou à celle des contraintes, des techniques et des méthodes.

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Très complètes, les « Annexes » comprennent une terminologie commentée, l’Euroréférentiel des métiers avec les domaines de compétences en information-documentation, une fort utile grille d’autodiagnostic en 52 points, une liste des documents de normalisation, sans oublier une bibliographie.

112

Comportant des schémas clairs et des tableaux explicatifs, cet ouvrage d’Éric Sutter, auquel a collaboré Philippe Martin, se présente comme un inventaire des différents concepts liés au management de l’information. Il pourrait presque prendre la forme d’un dictionnaire, si ce n’était déjà fait. De nombreuses questions sont posées qui trouvent ici des réponses.

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Le titre est cependant un peu trompeur, car il s’agit beaucoup plus d’un livre sur le management de l’information que sur l’intelligence économique, même si celle-ci peut être vue comme un concept global. Des exemples en provenance du terrain (l’auteur ayant une expérience professionnelle très riche) auraient pu compléter cet exposé et auraient donné une vision moins théorique du management de l’information. Cela n’enlève rien à la clarté ni aux multiples intérêts que présente cet ouvrage.

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Jean-Philippe Accart

Plan de l'article

  1. L’homme qui voulait classer le monde : Paul Otlet et le Mundaneum, Françoise Levie , postface de Benoît Peeters, Bruxelles : Les Impressions nouvelles, 2006. – 352 p. – (Réflexions faites). – ISBN 2-87449-022-9 : 24
    1. Une biographie du « père de la documentation »
      1. La jeunesse
      2. Le Palais Mondial
      3. L’ouvrage fondateur : le Traité de documentation
      4. La revanche posthume de Paul Otlet
  2. Demain, le livre, Sous la direction de Pascal Lardellier et Michel Melot, Paris : L’Harmattan, 2007. – 204 p. – (Logiques sociales). – ISBN 978-2-296-02677-3 : 17,50
    1. Le livre et les supports numériques
      1. Comment penser le nouveau à partir de l’ancien ?
      2. La désorientation du lecteur
      3. Le vrai problème n’est-il pas d’ordre politique ?
  3. L’entreprise, usager du droit d’auteur, Élise Arfi ; préface de Pierre-Yves Gautier, Paris : Litec : Institut de recherche en propriété intellectuelle Henri-Desbois, 2006. – XIII-344 p. – (Le droit des affaires – Propriété intellectuelle, ISSN 0757-0341). – ISBN 2-7110-0644-1 : 55
    1. Une analyse approfondie destinée aux juristes d’une question clé pour les documentalistes
      1. Qu’est-ce qu’un public ?
      2. La sanction des usages non autorisés
      3. Gestion individuelle ou collective des droits ?
  4. Communication et connaissance : supports et médiations à l’âge de l’information, Sous la direction de Jean-Gabriel Ganascia ; préface de Catherine Bréchignac, Paris : CNRS Éditions, 2006. – VI-178 p. – (Sciences et techniques de l’ingénieur). – ISBN 2-271-06415-5 :25
    1. Communiquer/connaître
    2. Information, communication et connaissance
  5. Veille anticipative, une autre approche de l’intelligence économique, Nicolas Lesca, Marie-Laurence Caron-Fasan ; préface d’Alain Juillet, Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2006. – 281 p. – (Management et informatique). – ISBN 2-7462-1459-8 : 60
    1. La veille pour demain
      1. Théorie et pratique
  6. Abrégé d’archivistique : principes et pratiques du métier d’archiviste, Sous la direction de Brigitte Pipon et Marie-Claire Pontier, 2e éd. rev. et augm. – Paris : Association des archivistes français (AAF), 2007. – 315 p. – ISBN 978-2-9513658-6-5 : 22 . Archiver, et après ?, Marie-Anne Chabin, Paris : Djakarta Editions (5, rue Saint-Germain l’Auxerrois 75001), 2007. – 159 p. – ISBN 978-2-9528828-0-4 : 19 . La Formation des archivistes : pour relever les défis de la société de l’information, Actes de la cinquième journée des archives organisée par le service des Archives de l’Université catholique de Louvain, 9-10 mai 2005 ; éd. par Évelyne Vandevoorde, Louvain-La-Neuve : Bruylant-Academia, 2006. – 265 p. – (Archives de l’Université catholique de Louvain ; 13). – ISBN 2-87209-841-0 : 29 . La Gestion des archives, Christine Juge, Joël Clérembaux, Voiron : Territorial éditions, 2007. – 114 p. – (Dossier d’experts). – ISBN 978-2-35295-119-3 : 49
    1. Vitalité des archives
      1. Abrégé d’archivistique
      2. La gestion des archives
      3. La formation des archivistes
      4. Archiver, et après ?
  7. Intelligence économique et management de l’information : les questions les plus fréquemment posées, Éric Sutter, avec la collaboration de Philippe Martin, Paris : Lavoisier : ADBS, 2006. – X-153 p. – ISBN 10 : 2-7430-0928-4, ISBN 13 : 978-2-7430-0928-1 : 35
    1. Toutes les composantes du management de l’information

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Documentaliste-Sciences de l'Information, 6/2007 (Vol. 44), p. 396-408.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2007-6-page-396.htm
DOI : 10.3917/docsi.446.0396


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