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Documentaliste-Sciences de l'Information

2008/1 (Vol. 45)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.451.0014
  • Éditeur : A.D.B.S.

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L’Europe face au défi de la conservation des documents numériques à long terme

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Colloque. À l’occasion de son soixantième anniversaire, l’Association belge de documentation (ABD) a organisé, le 19 novembre 2007, un colloque sur l’archivage électronique. Une occasion de présenter des réflexions et des expériences de plusieurs pays d’Europe.

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Pour fêter dignement ses soixante années d’existence, l’Association belge de documentation avait réuni des professionnels des secteurs public et privé, bibliothécaires, documentalistes ou spécialistes des technologies de l’information, autour d’un sujet de préoccupation majeur de ce début de siècle, celui de l’archivage et de la conservation des documents électroniques.

Le contexte général

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Neil Beagrie, de la British Library, a tout d’abord dépeint le contexte général de « l’Europe face au défi de la conservation des documents numériques à long terme ». Il a attiré l’attention sur le fait que nous vivons à une époque où les documents imprimés et les documents numériques coexistent et continueront de le faire car, si le numérique commence à être prédominant, le nombre de documents imprimés ne décroît pas et la capacité de traitement des données numériques s’est considérablement accrue. Dans les cinq années à venir, on produira plus de données que pendant tout le passé de l’humanité.

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Pour faire face à ce défi, il faudra mettre en place une diversité de solutions et de services, développer des réseaux nationaux et internationaux d’archives numériques, systématiquement dédoublées pour éviter les pertes accidentelles. Il faut dès à présent organiser les dépôts, encourager les auteurs et les éditeurs à les alimenter et les gérer de façon professionnelle et sûre. Les bibliothèques et les grands centres de documentation ont là un rôle de premier plan à jouer.

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La British Library, forte de son expérience, l’a bien compris et participe à plusieurs programmes de conservation de documents numériques dans des disciplines très diverses, et notamment dans l’archivage de données personnelles concernant des personnalités littéraires ou politiques.

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Actuellement, les pays européens multiplient les efforts et les initiatives : l’Europe devance les États-Unis et les économies émergentes dans ce domaine. Mais, pour garder cette avance, elle devra faire évoluer les initiatives existantes et provoquer une nouvelle révolution numérique en créant des produits à partir de nouveaux concepts.

Dépôt légal, préservation des accès

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En Allemagne, le dépôt légal, déjà obligatoire pour les publications numériques répertoriées comme les e-journaux et les monographies numériques, a été étendu en 2006 aux publications en ligne ou en réseau. C’est la Deutsche Nationalbibliothek qui a été chargée d’organiser l’ensemble. Partant d’un point de vue tout à fait pratique, Reinhard Altenhöner a expliqué comment cet établissement tente de répondre à ces multiples défis. Comme il n’est pas possible de tout garder, une sélection à l’acquisition permet de choisir ce qui est significatif aujourd’hui mais aussi ce qui le sera demain d’un point de vue historique, culturel, sociologique…

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L’accès est un autre défi. Il doit être permanent, garder son authenticité dans un contexte préservé. Le document doit être facilement identifiable et les droits qui lui sont attachés doivent être acquittés. Son authenticité doit être garantie tout au long de son cycle de vie. Une même politique doit régir la conservation de tous les genres de médias.

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L’évolution des technologies peut mettre en péril la conservation à long terme des documents. Dès à présent, il faut mettre en place des programmes qui visent à la conversion des données sur de nouveaux supports ou dans de nouveaux systèmes quand ceux-ci voient le jour. Il a aussi abordé la problématique de la sélection et de la réutilisation des données. L’attribution des métadonnées, l’utilisation de l’indexation automatique et son nécessaire enrichissement sont autant de pistes de recherche. Tout cela constitue un énorme défi, et des collaborations et coopérations internationales devront s’organiser en ce sens.

La problématique de l’archivage électronique

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Dans une intervention intitulée « Document management and long term storage - Technology is not the end… », Phédra Clouner et Christian Grey ont insisté sur l’importance de la préservation à long terme pour le monde des affaires, notamment en cas de litige. L’archivage électronique est une solution attirante car l’archivage papier demande beaucoup d’espace. Mais avant d’opter pour un système donné, il est important d’analyser la situation. À la différence de ce qui se passait avec l’archivage sur papier, un environnement numérique exige que des précautions et des décisions pertinentes soient prises dès avant le début des opérations.

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Les auteurs passent systématiquement en revue les normes en vigueur, notamment la norme européenne MoReq2, la norme internationale ISO 15489, sans oublier les particularités des normes nationales. La préservation de l’environnement technologique passe soit par celle de l’ensemble d’une technologie soit par la conversion et la migration vers des supports ou des systèmes nouveaux. Le format des fichiers de sauvegarde passe par un choix entre formats propriétaires et formats ouverts. L’aspect sémantique aborde le problème du choix et de la conservation des métadonnées.

Les métadonnées

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Annemieke de Jong s’est attachée à décrire les nouvelles méthodes de création de métadonnées. Selon elle, les métadonnées sont des annotations numériques qui peuvent provenir du système lui-même, d’algorithmes spécialisés (dans le cas d’indexation automatique) ou des utilisateurs. Dans ce cas, il peut s’agir de crowdsourcing, réponses des utilisateurs collectées par des professionnels, ou de digital tagging, obtenu au travers de communautés culturelles dans le grand public.

Repères

Ce colloque du soixantième anniversaire de l’Association belge de documentation s’est déroulé dans les locaux de la Bibliothèque royale de Belgique. Il a contribué à renforcer les liens et la collaboration ancienne de l’ABD avec cet établissement et avec l’association DDocument@ workqui regroupe des praticiens du traitement des connaissances.

Le programme détaillé et les supports des interventions sont en ligne sur le site de l’ABD à l’adresse www. abd-bvd. be

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Les experts ont-ils encore un rôle à jouer dans un tel contexte ? L’oratrice répond par l’affirmative. En effet il appartient aux experts de tenir compte des objectifs de l’institution qu’ils servent, d’apporter des éléments de qualité ou de valeur ajoutée à long terme, ainsi que de subjectivité, par opposition à la neutralité présumée de l’intelligence artificielle, et d’objectivité pour contrebalancer la subjectivité des utilisateurs.

Le mouvement du Libre Accès

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Le mouvement des archives ouvertes remet en cause, en France et en Europe, le modèle de la communication et de la publication scientifiques. Chargée d’activités d’analyse et de prospective sur ce mouvement du Libre Accès au sein du département Prospective et relations extérieures de l’Institut de l’information scientifique et technique (Inist-CNRS), Anne-Marie Badolato a présenté l’organisation de ce mouvement.

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Elle a décrit le projet HAL, inspiré de ArXiv.org, qui permet, par le libre accès, l’échange d’information entre scientifiques et se veut le complément des revues scientifiques traditionnelles. Elle a décrit l’objectif de la Déclaration de Berlin, l’importance de l’engagement des institutions dans ce processus et la structure très complexe mise en place en France pour y répondre. Une telle institutionnalisation ne devrait pas aller à l’encontre des objectifs décrits, notamment de l’intégration dans le modèle européen visé par le projet DRIVER.

Le projet DRIVER

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C’est justement ce projet « Digital Repository Infrastructure Vision for European Research » que Karen Van Godtsenhoven a présenté – un projet d’archives ouvertes que finance l’Union européenne et auquel participe l’Université de Gand. Il s’agit d’un groupe de dix acteurs provenant de huit États européens, qui seront bientôt rejoints par d’autres (dans la phase DRIVER II). Ils veulent promouvoir le libre accès aux publications scientifiques par la création de dépôts d’archives ouvertes et par l’auto-archivage par les auteurs.

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Un tel projet soulève nombre de difficultés en Belgique où sont impliquées plusieurs communautés culturelles et où, en dépit de l’aide européenne, se pose le problème crucial du financement. Les professionnels de l’information s’emploient avec un indéniable enthousiasme à surmonter les écueils. La position du Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) doit inciter les institutions à pratiquer l’Open Access. Un plan et une stratégie ont été définis, qui devraient aboutir à une organisation comparable à celle qui existe en Hollande (Fondation SURF). L’oratrice plaide pour un dépôt national de la production scientifique belge en accès ouvert.

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Simone Jérôme

Avec la carte Pro, la BnF accompagne les professionnels

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Nouveau service. En créant un dispositif d’accueil approprié, fondé sur l’accessibilité et l’accompagnement, la Bibliothèque nationale de France (BnF) entend réduire les contraintes qui dissuadaient le public professionnel de la fréquenter.

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Documentalistes d’entreprises, ingénieurs qualité, commerciaux, permanents d’associations, personnels de recherche, juristes, artisans, consultants, indépendants… quel que soit leur statut ou leur activité, ils se ressemblent sur deux points : un agenda surchargé et un besoin permanent d’information et de documentation.

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Dans sa volonté de servir tous les publics, la Bibliothèque nationale de France se devait de rendre plus lisible une offre documentaire méconnue des professionnels. Sans oublier d’y associer des modalités d’accès adaptées.

Photo Alain Goustard/BnF. Architecte D. Perrault, copyright ADAGP, 2008

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Avec la mise en service de la carte PRO, à l’automne 2007, la BnF finalise cette démarche positive et propose des services fondés sur l’accessibilité et l’accompagnement. Pour Bruno Racine, président de la BnF, cette carte « témoigne de la volonté de la Bibliothèque d’offrir à ses nouveaux publics, et notamment au monde de l’entreprise, une réponse adaptée à leurs demandes ».

De la Bibliothèque nationale à la BnF

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C’est un fait connu que les missions principales de la Bibliothèque nationale de France sont la conservation et la communication. En 1996, deux orientations majeures sont fixées au nouveau site François-Mitterrand : l’affirmation de l’encyclopédisme des collections et la volonté d’accueillir de nouveaux publics.

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Des départements thématiques sont alors créés, parmi lesquels le département Droit, économie, politique, avec son Pôle de Ressources et d’Information sur le Monde de l’Entreprise (PRISME), et le département Sciences et techniques. Durant les dix ans qui suivent, les collections sont renforcées dans ces deux domaines : dépôt légal complété par l’acquisition de fondamentaux étrangers, ouvrages supplémentaires achetés pour le libre accès, ressources électroniques considérablement développées.

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Côté lectorat, la BnF entame en parallèle une politique de diversification des publics. C’est dans ce cadre que PRISME initie sa démarche volontariste.

Deux départements à la pointe de l’information professionnelle

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Contrairement aux établissements anglo-saxons, l’information sur et pour le monde de l’entreprise n’entre guère dans les traditions des bibliothèques françaises. C’est une documentation coûteuse et difficile d’accès. Elle se trouve hors des circuits classiques de commercialisation, hors de portée du public comme des bibliothèques. Elle est pourtant soumise à l’obligation de dépôt légal et participe aux collections patrimoniales de la Bibliothèque nationale de France.

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Une des raisons d’être de PRISME, sa mission de service public, est de rendre accessible cette information au plus grand nombre. Il lui incombe aussi de la compléter pour la rendre opérationnelle, c’est-à-dire la mettre au service des acteurs de la vie économique, dans leur multiplicité : salarié dans l’exercice de ses fonctions, indépendant, demandeur d’emploi, dirigeant de TPE, créateur d’entreprise, personne en reconversion, etc.

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Les collections ainsi constituées sont axées sur la micro-économie. Elles s’attachent aux secteurs d’activité et à la vie des entreprises. Études de marché, annuaires et revues professionnels, sources de données financières et stratégiques composent un fonds unique, tant par le volume que par la qualité. Documents et données émanent de cabinets de consultants, d’organismes et d’éditeurs spécialisés. Les formats sont variés (papier et électronique) ; les mises à jour sont fréquentes et les sources internationales. S’y ajoute un fonds documentaire spécifique, lié à la nature même d’une partie du lectorat, sur la recherche d’emploi et la création d’entreprise.

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De son côté, le département Sciences et techniques valorise ses collections auprès de ses nouveaux publics. Se mettant à l’écoute des cabinets d’ingénierie et de contrôle, des laboratoires de recherche, des professionnels de santé et autres spécialistes, il développe ses ressources en sciences de l’ingénieur et en sciences fondamentales, complète ses recueils de normes et de documentation technique…

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À un niveau plus global, ces départements bénéficient de la puissance documentaire de la BnF. Elle conforte leur offre en rendant accessible, grâce au dépôt légal, l’exhaustivité de l’édition française : des archives de la presse professionnelle aux derniers numéros d’une revue à très faible tirage, des publications d’organismes professionnels à l’historique des normes…

Documentation générale

Documentation générale

• Études de marché émanant de cabinets d’analyse français et étrangers : Eurostaf, Xerfi-Precepta, Euromonitor, MSI, Idate, etc.

• Bases d’informations financières : Diane, Amadeus, BIL, DafsaLiens, Zephyr, Bankscope, etc.

• Annuaires et répertoires d’entreprises, généralistes ou par branche d’activité : Kompass, Ficom, Tarsus, Stratégies, etc.

• Documentation technique

Des outils et des bases de données

• Droit, gestion et management : Lamy, Francis Lefebvre, etc., et les bases LamyLine, Jurisclasseur, Lextenso, etc.

• Sciences et sciences appliquées : Landolt Börnstein, Science of Synthesis, Chemical Abstracts, Embase, JStor, archives Elsevier, etc.

• Santé et sciences de l’ingénieur : Techniques de l’ingénieur, normes, DTU, guide Socotec, etc.

Presse professionnelle, scientifique et technique

• Bases Delphes, Europresse, Business Source Premier, Academic Search Premier, etc.

• Portail Ebsco, ProQuest, Science Direct, etc.

• Intégralité de l’édition française.

Positionner des services en fonction de publics-cibles

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Côté publics, restait encore à faire connaître l’existence de ces ressources et, surtout, à s’adapter aux impératifs d’un monde professionnel polymorphe. D’où l’importance d’affiner la typologie des destinataires pour développer à leur intention les services complémentaires adéquats, tout en évaluant leurs préventions et leurs éventuels motifs de « rejet ».

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À l’ouverture du site François-Mitterrand, les étudiants et chercheurs étaient majoritaires, y compris dans les tout nouveaux départements thématiques. Les premières actions de diversification des publics menées par PRISME ont visé les demandeurs d’emploi et les créateurs d’entreprise. L’exonération accordée en 2005 par la BnF sur justificatif Assedic fut le premier pas dans leur direction. En parallèle, PRISME mettait peu à peu en place une méthode de soutien à leur intention. Aujourd’hui, celle-ci se traduit par des ateliers d’initiation hebdomadaires et gratuits sur les ressources documentaires appropriées.

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Pour toucher ces publics, difficiles à atteindre individuellement, il a fallu tisser des liens avec leurs réseaux d’accompagnement, prescripteurs et relais d’information. C’est ainsi que s’est développée la coopération avec le réseau des Boutiques de gestion d’Ile-de-France, les agences ANPE locales et de nombreuses associations qui leur conseillent désormais de venir étoffer leurs dossiers à la BnF.

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Les demandeurs d’emploi ciblent, grâce aux annuaires professionnels, l’envoi de leur CV auprès de DRH identifiés. Les études de marché alimentent leurs entretiens de recrutement. Ils vérifient la santé financière d’employeurs éventuels dans les bases financières et entretiennent leur culture professionnelle grâce à la presse de leur secteur.

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Les créateurs d’activité montent leur projet en s’appuyant sur les ouvrages méthodologiques. Ils évaluent la concurrence, détectent des « niches » porteuses et argumentent leur « business plan » avec des analyses marketing. Ils prospectent leurs futurs clients et sélectionnent leurs fournisseurs à l’aide d’annuaires sectoriels.

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Du côté des entreprises, ces mêmes ressources – analyse financière, études de marché, presse française et étrangère, bases de dépouillement d’articles, répertoires d’entreprises par branche – constituent un fonds appréciable. Les professionnels en exercice sont demandeurs de ces moyens qui leur sont contingentés : les petites structures économisent sur les frais de documentation ; les grandes structures se recentrent sur le « cœur de métier » et arbitrent entre sources indispensables et marginales.

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Pour ce public, PRISME dispose d’un atout supplémentaire : la synergie produite par son installation à proximité des autres disciplines économiques et juridiques. Les professionnels font grand cas, lorsqu’ils le découvrent, de ce regroupement des aspects opérationnels de l’entreprise : management, comptabilité, ressources humaines, droit et organisation du travail, communication, etc.

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Mais, hormis la présence en salle de quelques professionnels en exercice, il n’y avait pas eu encore, de leur part, de réelle appropriation de la BnF.

Pour les professionnels dans l’exercice de leur activité : la carte Pro

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Quelles que soient les structures, les contraintes invoquées sont les mêmes. On peut résumer en ces termes les remarques des PME, TPE, grandes entreprises, artisans, organismes publics ou indépendants : « La BnF est réservée aux chercheurs », « Parcours d’obstacles », « Il y a trop de files d’attente », « Comment trouver ce dont j’ai besoin ? », « Anonymat de l’institution ». En approfondissant les raisons de cette perception de la BnF par les professionnels, deux pistes d’amélioration se sont dégagées. Elles ont servi de socle au projet des services Pro : l’accès aux ressources et l’accompagnement.

La carte Pro

Des conditions d’accès facilitées

Accès à toutes les collections de la BnF (site François-Mitterrand et autres sites)

• Places de travail dédiées dans les départements Droit, économie, politique et Sciences et techniques, avec accès garanti du mardi au samedi (Bibliothèque d’étude du haut de jardin)

• Formalités d’abonnement centralisées et par correspondance

Des services personnalisés

• Sessions de présentation ciblée des ressources et outils documentaires

• Un interlocuteur référent

• Aide à la recherche bibliographique

Une tarification et des procédures adaptées

• Délivrance de cartes nominatives

• Facture centralisée

• Tarifs annuels dégressifs et adaptés au statut de l’organisme abonné

  • organismes privés, à but lucratif : entreprise, indépendant, profession libérale, artisan… de 120 à 85 € la carte pour un achat de 1 à 10 cartes (au-delà, tarifs sur demande)

  • pour des organismes publics ou des organismes privés à but non lucratif de 85 à 65 € la carte pour un achat de 1 à 10 cartes (au-delà, tarifs sur demande)

Formulaire d’inscription et liste des pièces à fournir (notamment un justificatif du statut professionnel du demandeur) par courriel à : contact-cartePro@ bnf. fr

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L’accès. D’emblée, la carte Pro donne accès à tous les sites de la BnF. Pour le site Tolbiac, cela signifie les niveaux haut et rez-de-jardin (bibliothèques d’étude et de recherche). En haut-de-jardin, souvent saturé, les titulaires de la carte ont à leur disposition des espaces de travail dédiés. Ils sont situés en salles C et D, points d’entrée privilégiés relevant des deux départements partenaires : Droit, économie politique et Sciences et techniques. L’entrée y est garantie sans attente, quel que soit le niveau d’occupation. Chaque place de ces espaces Pro est équipée d’un poste informatique pour la consultation des catalogues de la bibliothèque, celle des périodiques électroniques et des nombreuses bases en accès libre.

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Si les documents recherchés ne figurent pas dans ces deux salles, l’accès au fonds complet des collections, en rez-de-jardin, se fait sur simple réservation en ligne d’une place et du document.

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L’accompagnement. L’essentiel du volet accompagnement consiste en une séance de présentation des ressources. Personnalisée et sélective, cette formation s’ajuste aux besoins de chaque titulaire de la carte Pro, et vise à le rendre autonome. Elle traite des collections et des bases de données utiles, explique les usages et les procédures (catalogue en ligne, réservation). Un interlocuteur « référent », désigné selon les centres d’intérêt, est chargé de résoudre par courriel les questions pratiques lorsqu’elles se posent. Enfin, les détenteurs de carte Pro sont identifiés lors de leurs questions bibliographiques à distance (SINDBAD), ce qui permet une réponse ciblée.

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Une simplification des procédures. L’abonnement à la carte Pro est réservé aux entreprises et organismes privés ou publics, y compris les entreprises unipersonnelles, travailleurs indépendants et artisans. Ils le souscrivent par correspondance. Les cartes délivrées à leurs agents, permanents, salariés dans l’exercice de leurs fonctions, sont nominatives. Les tarifs annuels sont dégressifs selon le nombre de cartes souscrites, et en fonction du statut, à but lucratif ou non, de l’organisme. •

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Françoise Yon-Cassat

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Caroline Lopez

Service en ligne. BiblioCNRS : un portail personnalisable

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Donner aux chercheurs du CNRS une vision exhaustive des ressources disponibles et leur offrir à terme un espace personnalisable : telle est la raison d’être de BiblioCNRS

Fiche technique

Le portail et les services associés respectent la DTD XHTML1.0 transitional. Le codage des caractères s’effectue en utf-8.

Des services complémentaires peuvent être créés en paramétrant SPIP.

Le moteur de recherche est développé en PHP/MYSQL et est assorti d’un module d’administration.

L’accès aux ressources et à l’espace personnalisé est géré par le système d’authentification EZproxy, par mot de passe attribué par l’Inist.

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Les interfaces web, qui donnent accès à un volume croissant d’informations, fluctuent en fonction de logiques antagonistes : un modèle fédératif, exhaustif mais pléthorique, un modèle communautaire ou thématique, sélectif mais incomplet. Et si la solution passait par la personnalisation ?

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Depuis 2000, le CNRS achète des ressources électroniques. Certaines proviennent de négociations dites « nationales » pour l’ensemble de l’établissement, d’autres sont acquises pour une discipline scientifique donnée. Sur cette base diversifiée, l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST) gère ces abonnements et propose l’accès à ces ressources au travers de cinq portails thématiques qui, ensemble, représentent plus de cinq mille sept cents revues et une cinquantaine de bases de données.

Catalogue unique et personnalisation

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Avec le temps, un point d’accès unique à l’ensemble de ces ressources a semblé indispensable. Un site web de type portail a donc été conçu. BiblioCNRS (http:// bibliocnrs. inist. fr) donne accès à un catalogue unique des revues auxquelles le CNRS est abonné. Dans une étape ultérieure, un espace personnalisable permettra notamment aux utilisateurs de répertorier de façon simple les ressources qui les intéressent. L’accent a été particulièrement mis sur l’accessibilité, ceci afin de suivre la réglementation relative aux personnes atteintes de déficience mais aussi de rendre le site compatible avec différentes plates-formes de consultation.

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Élément central de ce portail, le catalogue de revues repose sur le rassemblement des informations descriptives des périodiques dans un fichier unique, la structuration et la définition des données, la spécification des fonctionnalités du moteur de recherche dans le catalogue. Sur cette base, deux modes de recherche (simple et avancée) sont proposés à l’utilisateur, ainsi qu’une navigation par feuilletage.

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La seconde phase, en cours de réalisation, offrira à l’internaute un espace personnalisé dans lequel il pourra mémoriser l’adresse des ressources qu’il utilise fréquemment. L’espace de gestion lui permettra de sélectionner une revue parmi celles auxquelles a droit sa communauté et de l’ajouter à sa liste de favoris. Il pourra organiser ses favoris en les rangeant dans des répertoires, les catégoriser en apposant ses propres tags, ajouter ses propres favoris. Ces concepts de personnalisation et d’indexation par l’utilisateur final suggèrent une évolution vers le Web 2.0.

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La collaboration de documentalistes, issus de laboratoires en sciences et technologies de l’information et de l’ingénierie du CNRS, fut une aide précieuse notamment pour l’élaboration des fonctions de personnalisation ainsi que pour les tests du prototype.

Vers une centralisation des données de catalogage

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Actuellement, la base de données des revues servies sur BiblioCNRS est déconnectée du système de gestion de la bibliothèque où sont gérés les abonnements de l’Inist par un module ERM. Une fois toutes les revues cataloguées dans ce module, la base de données du portail BiblioCNRS sera alimentée par extraction et reformatage depuis ce système. De plus l’affichage dans les portails thématiques s’appuiera sur ce catalogue commun.

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Un outil de recherche fédérée, qui permettrait en une seule requête d’interroger des ressources hétérogènes telles que bases de données bibliographiques et périodiques, quel qu’en soit le contenu ou le format, serait évidemment idéal ! Un groupe de travail est en charge de ce projet.

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Catherine Vernisson

Entre gratuité et valeur ajoutée d’intégration : les nouveaux visages de l’information brevets

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Brevets. Le GFII s’apprête à publier une étude consacrée à l’information brevets. Cette publication intervient dans un contexte de mutation rapide d’une offre qui voit se dessiner une complémentarité entre services gratuits et services payants de nouvelle génération.

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Très structurée, l’information brevets se prête bien à une exploitation automatisée. L’informatique documentaire des années 1970 a donné naissance à une première génération de services en ligne d’accès (payants) à l’information brevets. Ces outils de « première génération » n’ont cessé d’innover depuis trente ans et restent aujourd’hui encore les outils privilégiés des spécialistes de la recherche documentaire sur les bases de données brevets.

Les technologies au service de l’information brevets

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Parallèlement à l’évolution de ces services payants de première génération sont apparus, à partir du milieu des années 1990, des services web donnant accès gratuitement à d’amples fonds d’information brevets. Parce que la diffusion de l’information brevets est consubstantielle des systèmes de brevets, la plupart des offices de brevets considèrent qu’il est de leur mission de la mettre à disposition au mieux de ce que permettent, à un moment donné, les technologies de diffusion et d’exploitation de l’information.

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La nouvelle version du site inpi.fr, opérationnelle depuis le 25 septembre 2007, qui offre sur le site français fr. esp@ cenet. com un accès entièrement libre à 3,5 millions de demandes de brevets français, européens, PCT depuis 1978 et permet de télécharger les documents correspondants, est une illustration très concrète de cette approche.

Une réelle maîtrise des modes d’accès

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L’enquête menée par le GFII auprès des utilisateurs français montre que ceux-ci privilégient nettement deux vecteurs : les sites d’information brevets gratuits (qui sont utilisés par 98 % des répondants), suivis de très près par les bases de données commerciales en ligne (services payants) utilisées par 90 % des répondants. Près de 80 % d’entre eux indiquent ainsi que les services gratuits ont modifié de façon importante les logiques de mobilisation de l’information brevets. Ces services gratuits ont un impact certain en termes de marché : les trois quarts des utilisateurs sont « tout à fait d’accord » (24 %) ou « plutôt d’accord » (49 %) sur le fait que la généralisation des services gratuits a permis de réduire les budgets consacrés à l’achat d’information brevets. Cependant les bases de données commerciales payantes sont nettement désignées comme étant qualitativement le vecteur le plus important pour la mobilisation de l’information : elles obtiennent une note de 4,78 sur 5. Les sites Internet gratuits affichent eux un score de 3,32 sur 5.

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Les utilisateurs établissent donc une nette hiérarchie entre services gratuits et services payants. D’une façon générale, les réponses à l’enquête du GFII illustrent une grande maîtrise de l’articulation entre ces deux modes d’accès à l’information brevets. Il ne fait pas de doute que les services d’information gratuits captent des usages qui étaient naguère satisfaits par les services payants. Mais, dans le même temps, ces usagers experts de l’information brevets reconnaissent la spécificité des services payants, tant au niveau de la sophistication des logiciels d’interrogation documentaire qu’au niveau des différents types de « valeur ajoutée » proposés. Ces utilisateurs experts s’inscrivent dans une perspective dynamique qui les amène à anticiper une nette croissance des volumes d’usage de l’information brevets, qu’ils émanent des services gratuits ou des services payants.

Repères

Intitulée Le marché de l’information brevets : acteurs, tendances, usages, cette étude est disponible auprès du Groupement français de l’industrie de l’information (GFII). En novembre dernier, le GFII avait organisé une journée d’étude sur les sites d’information brevets et leurs usages qui avait remporté un vif succès.

Voir gfii.asso.fr

Une nouvelle génération d’offres payantes ?

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Cette dynamique pourrait être portée par une nouvelle génération d’offres payantes centrées sur l’information brevets. L’automne 2007 a vu se multiplier les annon ces : lancement en septembre par LexisNexis du service TotalPatent et lancement par Thomson Scientific (numéro un mondial de l’information brevets), en décembre dernier, du service Thomson Innovation. Ces nouveaux services sont entièrement basés sur les technologies du Web, non seulement dans leurs interfaces de recherche mais aussi dans la structuration et l’intégration des bases d’information qu’ils proposent. Enrichis d’hyperliens au niveau de chaque document, ils développent une forte valeur ajoutée de navigation (du brevet citant vers les brevets cités et vice versa, du brevet vers la littérature scientifique mentionnée dans les « états de l’art », etc.). Surtout les interfaces de recherche de ces nouveaux services font preuve d’une ergonomie très poussée, utilisant au maximum les possibilités graphiques, permettant à des utilisateurs non-spécialistes de les maîtriser.

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Ces services payants de nouvelle génération incorporent par ailleurs des outils qui existaient déjà dans d’autres environnements (outils d’aide à la lecture des documents brevets en texte intégral, outils d’analyse bibliométrique ou de text mining sur les corpus issus d’une recherche documentaire) mais qui sont ici greffés sur des services « conviviaux ».

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S’il est trop tôt pour mesurer concrètement l’impact de cette nouvelle génération de services sur les usages, il ne fait pas de doute qu’ils s’inscrivent dans une volonté d’élargir l’audience de l’information brevets à toute cible d’usagers participant des logiques d’innovation au sein de l’entreprise. En ce sens, elles marquent une nouvelle « étape » (visant à redonner la main aux services payants) de la démocratisation progressive, s’étalant sur plus de trente ans, de l’accès à l’information brevets. Il est cependant probable que cette nouvelle génération n’illustre qu’un moment particulier de la dialectique qui, depuis l’avènement d’Internet, voit services gratuits et services payants influencer réciproquement leurs logiques d’évolution. •

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Michel Vajou

La chronique de Dominique Cotte. Entre encre, forme et lumière

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L’encre électronique, l’évolution des techniques d’affichage et la généralisation des écrans donneront-elles une nouvelle chance au livre numérique ?

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Il y a quelques années, Libération édita un supplément publicitaire entièrement imprimé sur du tissu. Ce journal était, au sens strict du terme, illisible, non pas en raison de la grossière résolution des caractères sur la fibre tissée : il était simplement impossible de tenir à la main cette forme trop molle. À l’inverse, les premières tablettes utilisées comme supports pour l’écrit électronique ont été jugées trop rigides et d’une morphologie moins adaptée à l’(ap)préhension corporelle que le livre ou le journal. En effet, un tel outil ne permet pas de tourner les pages, de feuilleter un volume ou de parcourir de l’œil une surface de page avant de sélectionner un élément de lecture.

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Dans les deux cas, l’échec réside dans l’incapacité à instaurer, entre l’objet et le corps humain, une relation suffisamment intégrée pour permettre un acte de lecture facile, « naturel ». Pourtant, si l’on se situe dans l’histoire longue des moyens de communication, cette préhension apparemment naturelle n’est elle-même que le produit de l’apprentissage de supports qui sont aussi des formes d’organisation de l’information : le livre, la revue, le journal.

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Bien qu’il faille, en ce domaine, prendre avec circonspection les effets d’annonce, le succès de la journée organisée par Livres-Hebdo en janvier 2008 autour de l’offre fondée sur l’encre électronique peut être une occasion de relancer la réflexion sur le sujet. En toile de fond, la question est bien celle de savoir pourquoi et comment « prend » une innovation. Quelques paramètres peuvent être ici interrogés.

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En premier lieu, des innovations techniques non négligeables sont venues renouveler de manière substantielle et le concept et l’usage du « livre numérique ». L’encre électronique, associée à la technologie des écrans souples (encore pour l’instant enchâssés dans leur cadre rigide), permet une résolution à l’écran très proche de celle de l’imprimé, et surtout rompt avec la logique de l’écran rétro-éclairé.

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D’autre part, la mise au point de nouvelles techniques d’affichage permettant de simuler le feuilletage ou le déplacement à l’écran, y compris en réhabilitant le toucher direct (l’index « tournant » une page sur l’écran), contribue sans doute à réintégrer plus « naturellement » cette forme de lecture dans des pratiques déjà acquises, même si elles se trouvent, par là même, renouvelées.

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D’un autre côté, l’écran est lui-même devenu une surface de lecture de plus en plus fréquentée, dans des applications variées : postes fixes, ordinateurs portables, assistants personnels, téléphones mobiles, usage d’Internet…

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Ainsi modifiées, les pratiques de lecture permettent de rouvrir un chapitre, clos prématurément, de la saga du livre numérique. Si l’avenir n’est pas écrit, les chances de survie de ces dispositifs, au sein de la terrible sélection darwinienne qui frappe les espèces technologiques comme les espèces naturelles, ne sont sans doute plus aussi minces qu’au début – pourtant si proche – du vingt-et-unième siècle •

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Dominique Cotte

Plan de l'article

  1. L’Europe face au défi de la conservation des documents numériques à long terme
    1. Le contexte général
    2. Dépôt légal, préservation des accès
    3. La problématique de l’archivage électronique
    4. Les métadonnées
    5. Le mouvement du Libre Accès
    6. Le projet DRIVER
  2. Avec la carte Pro, la BnF accompagne les professionnels
    1. De la Bibliothèque nationale à la BnF
    2. Deux départements à la pointe de l’information professionnelle
    3. Positionner des services en fonction de publics-cibles
    4. Pour les professionnels dans l’exercice de leur activité : la carte Pro
  3. Service en ligne. BiblioCNRS : un portail personnalisable
    1. Catalogue unique et personnalisation
    2. Vers une centralisation des données de catalogage
  4. Entre gratuité et valeur ajoutée d’intégration : les nouveaux visages de l’information brevets
    1. Les technologies au service de l’information brevets
    2. Une réelle maîtrise des modes d’accès
    3. Une nouvelle génération d’offres payantes ?
  5. La chronique de Dominique Cotte. Entre encre, forme et lumière

Pour citer cet article

Jérôme Simone, Yon-Cassat Françoise, Vernisson Catherine, Lopez Caroline, Vajou Michel, Cotte Dominique, « Méthodes, techniques et outils », Documentaliste-Sciences de l'Information 1/2008 (Vol. 45) , p. 14-21
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2008-1-page-14.htm.
DOI : 10.3917/docsi.451.0014.


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