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Documentaliste-Sciences de l'Information

2008/1 (Vol. 45)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.451.0004
  • Éditeur : A.D.B.S.

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SELON SA DÉFINITION OFFICIELLE, LE développement durable est le développement « qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins [28] ». Son but est de relever les défis qui se posent à la planète, face à la dégradation de l’environnement et à l’augmentation de la pauvreté. Bien qu’il possède une définition unique, essentiellement selon les termes de l’Agenda 21 [1][1] Adopté par les représentants officiels de 179 pays... et des principes de Rio de Janeiro, le concept de développement durable connaît plusieurs interprétations. Selon l’approche la plus communément admise, il vise à ce que les générations futures ne se trouvent pas dans une situation moins bonne que maintenant, ce qui implique qu’elles possèdent une base minimale formée d’un capital de ressources naturelles, d’infrastructures et de savoir [27].

2

La collecte, le traitement et la diffusion du savoir apparaissent ainsi comme un facteur déterminant : l’Agenda 21 met donc très clairement en relief le rôle de l’information dans le développement durable. Dans cet article, nous invitons à prendre la mesure d’une situation largement inédite et dont la plupart des milieux professionnels de l’information et de la documentation semblent encore relativement loin d’être conscients : en rappelant d’abord les principaux textes et dispositions internationales qui définissent de fait un nouveau champ d’action où l’information joue un rôle fondamental ; en examinant ensuite quelques aspects de la spécificité de l’information pour le développement durable, ainsi que ses effets professionnels immédiatement concevables, notamment en matière d’activité documentaire.

1 - L’information dans les textes relatifs au développement durable

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Le rôle de l’information dans le développement durable est explicitement exposé par l’Agenda 21 et par les principes de la Déclaration de Rio. Deux points essentiels y caractérisent l’information.

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Dans le développement durable, chaque personne est considérée à la fois comme utilisateur et fournisseur de l’information. Le besoin en information se pose donc à tous les niveaux, des décideurs aux niveaux national et international jusqu’au niveau individuel.

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Ceci suppose alors un important changement de point de vue concernant le rôle de l’information. C’est ainsi que le point 8 de l’Agenda 21 souligne qu’il est nécessaire, afin de déclencher le processus, « que les décideurs passent des approches sectorielles étroites vers l’intégration des problèmes environnementaux dans une politique de développement durable qui exige des changements dans la collecte de l’information, les techniques de gestion et de planification. Afin de prendre des décisions informées, des rapports réguliers sont nécessaires sur l’état d’avancement du développement durable qui intègrent les conditions économiques et sociales avec les informations sur l’état de l’environnement et des ressources naturelles. [7] »

6

Si l’information a fait l’objet de plusieurs chapitres dans l’Agenda 21 et apparaît explicitement dans les principes de la Déclaration de Rio de Janeiro, d’autres conventions et résolutions sont venues compléter celles issues d’un mouvement institutionnel international qui va s’amplifiant depuis bientôt trente ans.

L’information dans l’Agenda 21

« Information pour les prises de décision »

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Le chapitre 40, le plus important en ce qui nous concerne [10], présente un aperçu global de l’information dans le développement durable en précisant ses différents aspects, ses acteurs, sa contribution au développement. Mais bien d’autres types d’information sont nécessaires au développement durable, au-delà des indicateurs habituels tels que le produit national brut et les mesures de flux de pollution.

8

Il est en effet indispensable dorénavant d’utiliser l’information démographique, sociale et économique, afin d’élaborer des indicateurs qui permettent d’avancer vers un monde plus durable. Par ailleurs, les pays doivent s’assurer que les communautés locales et les utilisateurs de ressources diverses peuvent accéder à l’information et aux performances nécessaires pour gérer leur environnement. À ce sujet, la reconnaissance des savoirs traditionnels et indigènes doit être soulignée. Les pays ainsi que les organisations internationales doivent donc « fournir à la population des données sur l’environnement, sur les ressources et sur le développement, à tous les niveaux et dans toutes les formes compréhensibles [10] ». Le chapitre 40 précise également les secteurs dans lesquels l’information doit agir d’une façon la plus durable possible.

9

Tous ces éléments doivent permettre de produire d’authentiques indicateurs du développement durable, qui doivent être présents dans des rapports nationaux, comme il en existe pour les performances de l’économie [10].

10

En conséquence, à partir du chapitre 40 de l’Agenda 21, un certain nombre de points de vue et d’activités prioritaires sont à mettre en œuvre pour combler les lacunes en matière d’information.

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L’établissement d’un nouveau cadre conceptuel. « Penser globalement mais agir localement » (Think globally and act locally). Ce slogan de base dans le développement durable préconise l’action à plusieurs niveaux : si les défis auxquels doit faire face la planète sont en effet globaux et si la politique à suivre est conçue au niveau international, son exécution s’effectue cependant au niveau national et local. Les autorités doivent entreprendre également les changements institutionnels au niveau national pour réaliser l’intégration des informations nécessaires au développement durable et, au niveau international, pour renforcer et coordonner les activités d’évaluation.

12

Pour citer le cas de la France, une stratégie nationale de développement durable (SNDD) y a été adoptée en 2003 par le Comité interministériel pour le développement durable, sous la forme d’un plan d’actions 2003-2008. En décembre 2006, a ainsi été établi le quatrième rapport sur la mise en œuvre de cette stratégie [3], validé en 2006 par le comité interministériel. Cette stratégie est mise en cohérence avec la stratégie européenne de développement durable révisée le 16 juin 2006 et intègre les mesures adoptées dès 2003. Elle en prépare par ailleurs la révision qui devrait intervenir en 2008, dynamisée en cela par le récent « Grenelle de l’environnement ».

13

Au Liban, par contre, pays au sujet duquel s’est élaborée la thèse qui a inspiré cet article, si aucune stratégie de développement durable n’a encore été établie en tant que telle, des programmes d’action ont pourtant été entrepris suivant les recommandations de l’Agenda 21 et les Principes de Rio, notamment en ce qui concerne l’information dans le développement durable, l’établissement d’indicateurs nationaux [11], la mise en diffusion de l’information scientifique et technique [24] [16] ou l’établissement d’un rapport national sur le développement durable [17].

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La promotion de l’utilisation globale des indicateurs du développement durable. Au lendemain du Sommet de la Terre en 1992, et suivant les recommandations de l’Agenda 21 préconisant l’utilisation des indicateurs dans la réalisation du développement durable, des actions ont été entreprises pour la définition et la classification de ces indicateurs par les instances internationales, nationales ou locales. En 1995, la Commission sur le développement durable des Nations Unies approuvait ainsi un programme de travail suivant lequel étaient définis 130 indicateurs répartis selon les sections de l’Agenda 21 [23]. Une classification établie par l’OCDE fournit ensuite les indicateurs répartis suivant treize chapitres [19] [15]. Quant à l’Union européenne, elle s’est dotée en 2001 d’une stratégie de développement durable. Révisée en juin 2006, celle-ci est assortie d’un processus d’évaluation et de suivi, dont les indicateurs font partie intégrante [8].

NAISSANCE ET OFFICIALISATION DU CONCEPT DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Le concept de développement durable est formulé pour la première fois en 1974 lors de la Conférence de Cocoyoc, à Mexico, sous l’égide des Nations Unies [5], quand les Anglo-Saxons introduisent la notion de sustainable development [1].

En 1983 les Nations Unies créent la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, plus connue sous le nom de « Brundtland Commission ». Sa mission est d’établir un état des lieux et de formuler un agenda global de changement et de propositions d’actions.

Paru en 1987, son rapport Our Common Future constitue une étape décisive dans la prise de conscience des dangers qu’encourt notre planète [28]. Le concept de développement durable y est officiellement consacré, de même que la notion de « durabilité ». Depuis cette date, le développement durable est devenu le critère de base de la réflexion des Nations Unies sur l’environnement et le développement.

En 1992, le « Sommet de la Terre », conférence internationale sur l’environnement et le développement placée sous l’égide des Nations Unies, réunit à Rio de Janeiro un nombre sans précédent de chefs d’État et de responsables venus du monde entier pour se concerter sur les voies du développement durable et sur les efforts à consentir par la communauté mondiale. Ce Sommet adopte le 14 juin 1992 un programme d’action international commun pour le XXIe siècle, appelé « Agenda 21 », officialisant les principes d’une politique de développement « économiquement viable, écologiquement durable, socialement équitable » [5].

À partir de ce sommet, le développement durable va devenir un principe, une référence qui vont être réaffirmés dans toutes les conférences internationales, aussi bien dans le domaine de l’environnement que dans les autres questions de développement. Le concept de développement durable étend ainsi son champ d’application à des secteurs tels que l’agriculture, l’industrie, la recherche scientifique et l’innovation technologique. •

15

Par ailleurs, chaque pays est tenu de développer des indicateurs aux niveaux national et local et doit les intégrer dans ses études, rapports et stratégies. En France, par exemple, la stratégie nationale adoptée en 2003 prévoit l’élaboration d’un rapport triennal présentant les indicateurs nationaux de développement durable [14]. Au Liban, des indicateurs nationaux ont également été définis [11], mais sans suivi depuis lors.

16

L’amélioration de la collecte des données, des méthodes d’évaluation et de leur analyse. Assurer le suivi et la maintenance de l’information est donc une nécessité qui se situe au cœur du développement durable. Mais il ne suffit pas d’avoir établi des indicateurs, des inventaires de ressources environnementales, des données de développement, etc. Encore faut-il que chaque pays fasse du recueil des informations nécessaires une priorité elle aussi durable. La collecte des données, y compris celles de surveillance de la terre et du climat mondial, doit être renforcée. Certaines activités d’observation par satellite et télédétection donnent ainsi déjà lieu à des bases de données intégrées dans plusieurs de ces domaines [9]. Ces activités dépassent même les frontières nationales pour permettre de traiter les problèmes communs régionaux, comme dans le cas de la surveillance de la qualité de l’eau en Europe [12].

17

Des recommandations pratiques sont également formulées, afin que les centres d’information et de données au niveau national et international utilisent des systèmes d’information géographique, des systèmes experts, des modèles et d’autres techniques d’évaluation et de traitement des données. Dans ce cadre, des stratégies sont à établir au niveau national. À titre d’exemple, la stratégie d’« infrastructures nationales en information géographique » établie au Liban est, par définition, un cadre de normes, politiques, données, procédures et technologies permettant de renforcer le partage, la coordination et la diffusion de l’information géographique dans le but d’une meilleure prise de décision [2].

18

La perception du statut fondamental de l’information par les populations. Il est évident que pour améliorer la disponibilité de l’information, les centres d’information et de documentation doivent être renforcés. Cela commence par la production de l’information, par l’établissement de normes et de méthodes pour son traitement, ainsi que par le renforcement des capacités des réseaux électroniques. Par ailleurs, une grande attention doit être réservée, on l’a dit, à l’information traditionnelle et indigène.

Formation, sensibilisation et partenariat et partenariat

19

D’autres chapitres de l’Agenda 21 mettent par ailleurs en évidence le nécessaire impact sur le développement durable de la participation, de la sensibilisation et de l’éducation, sur la base de nouveaux mécanismes de diffusion de l’information.

20

« Promotion de l’éducation, de l’information publique et de la formation » [10]. Ces trois éléments sont considérés comme les conditions fondamentales du transfert de l’information. S’appliquant à tous les domaines définis dans l’Agenda 21, ils sont intimement liés aux besoins de base en matière technique, scientifique et sociale. Le chapitre 36 aborde les points suivants : la réorientation de l’éducation vers le développement durable, l’accroissement de l’information à destination du public et la promotion de la formation. Il évoque aussi les structures nécessaires à la diffusion de l’information. Parmi ces canaux formels, l’éducation joue évidemment un rôle fondamental pour permettre la prise de connaissance des valeurs et des comportements nécessaires au développement durable. Il faut d’ailleurs remarquer que l’information publique sur l’environnement a déjà réussi en grande partie à mettre ce problème au centre des prises de décision dans les gouvernements, l’industrie et les foyers.

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Modalités de partenariat avec les groupes concernés. Les chapitres 24 à 32 de l’Agenda 21 [10] concernent la nature des groupes qui entrent en jeu ainsi que les modalités de leur partenariat, telles qu’elles doivent être encouragées et mises en place, particulièrement par les gouvernements. Ce partenariat inclut le transfert de technologie, la connaissance scientifique et la recherche dans le développement durable, l’éducation, la formation (citées plus haut) et l’information publique (public awareness), la sensibilisation, l’accès à l’information, etc. Des moyens instituant un mode de gouvernance fondé sur la communication, le dialogue, le partage de l’information sont préconisés afin de faire participer toutes les populations à ce processus, la protection de l’environnement relevant en dernière instance de la responsabilité de chaque individu.

22

Le transfert de technologie. Le chapitre 34 explique que le transfert de la technologie est d’abord un transfert d’information. Il précise son rôle dans le développement durable, sur la base de choix réfléchis de la part des pays ou des individus [10].

L’accent sur la participation et l’accès à l’information

23

Nous voulons à présent insister sur d’autres textes qui mettent en relief un aspect essentiel, à savoir la participation du public dans les prises de décision, ce qui fait du processus démocratique une condition stratégique du développement durable.

Le principe 10 de la Déclaration de Rio

24

La Déclaration de Rio stipule le lien entre l’information et la participation du public dans les prises de décision, en énonçant des principes fédérant les traits directeurs d’une nouvelle société tournée vers le développement durable. Son principe 10 énonce en effet : « La meilleure façon de traiter les questions d’environnement est d’assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. Au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations environnementales que détiennent les autorités publiques (y compris celles relatives aux substances et activités dangereuses), et avoir également la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les États doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci. Un accès effectif à des actions-judiciaires et administratives, notamment des réparations et des recours, doit par ailleurs être assuré. [7] »

25

Le public, défini comme une ou plusieurs personnes physiques ou morales, associations, organisations, ou groupes constitués par ces personnes, doit être intégré au processus du développement durable et à la protection de l’environnement. Des groupes spécifiques déjà évoqués (femmes, jeunes, peuples indigènes, ONG, etc.) sont appelés à jouer un rôle actif dans ce processus. L’information environnementale doit toucher les diverses catégories du public à tous les niveaux et répondre à leurs besoins dans un esprit de partenariat.

La Convention d’Aarhus

26

Initiative européenne au départ, cette Convention a pris un caractère universel qui s’applique aisément aux pays non européens. Sa préface précise dans son article 3 : « Les autorités et les fonctionnaires doivent aider le public et lui donner des conseils pour lui permettre d’avoir accès à l’information, de participer plus facilement aux processus décisionnels et de saisir, si nécessaire, la justice en matière d’environnement. » Dans un autre paragraphe, ils sont invités à « favoriser l’éducation écologique du public et sensibiliser celui-ci aux problèmes environnementaux » ; ou encore à « accorder la reconnaissance et l’appui ainsi que les mesures juridiques nationales voulues aux associations, organisations ou groupes qui ont pour objectif la protection de l’environnement [18] ». La Convention d’Aarhus a, de ce fait, le mérite de mettre sur un pied d’égalité l’information, la justice et la démocratie.

Les principes de précaution et d’irréversibilité

27

Le principe 15 de la Déclaration de Rio est un principe de précaution et s’énonce ainsi : « Pour protéger l’environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les États selon leurs capacités. En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. » Le principe de précaution repose donc sur une vision anticipative du dommage dans un contexte d’incertitude. Il s’applique lorsque l’information et la connaissance sont imparfaites et risquent de se traduire par un impact irréversible. Ce principe introduit ainsi la prise en considération de l’avis scientifique minoritaire.

28

Le concept de développement durable prend aussi en compte le fait que certaines dégradations environnementales, dues à la croissance économique, peuvent être considérées comme irréversibles. De même, il existe des situations d’irréversibilité sociale qui, lorsque certains seuils sont atteints, rendent quasiment impossible le retour à une situation de stabilité. Le principe d’irréversibilité est donc fortement lié aux interprétations du développement durable et à la notion de capital à léguer aux générations futures. Une première interprétation considère ainsi le développement durable en termes de degrés de durabilité (durabilité faible / durabilité forte) et de stock de capital (capital naturel, capital humain, capital manufacturier).

29

Pour les tenants de la durabilité faible, les différentes formes de capital sont substituables. À l’inverse, les tenants de la durabilité forte affirment la nécessité de conserver un stock de capital naturel critique qui doit en tout état de cause être transféré aux générations futures, et défendent « l’idée du stock de capital naturel qui devrait être constant dans sa totalité » [20]. Par conséquent, les principes de précaution et d’irréversibilité conduisent à fixer une limite physique absolue aux prélèvements d’énergie et de matières physiques à l’échelle de la planète et ils constituent donc les impératifs exigés par les tenants de la durabilité forte. La connaissance de ces seuils devrait être l’objet de surveillance et de mesure de données.

30

Le principe 17, quant à lui, concerne les études d’impact sur l’environnement, qui doivent être entreprises dans tous les cas d’activités risquant d’avoir des effets nocifs importants : c’est un « instrument national » et une source d’information environnementale, qui agit sur les prises de décision (principe 17, annexe IV).

Les Objectifs de développement du Millénium

31

À la lumière du Sommet de Rio de Janeiro, les Nations Unies réunies en l’an 2000 durant le Sommet du Millénium stipulent les valeurs du développement durable et posent des objectifs et une date cible en 2015 pour leur réalisation. Ainsi, les « Objectifs de développement du Millénium » (The Millenium Development Goals) définis durant ce Sommet incluent parmi ses principaux buts la durabilité environnementale (goal n° 7) et un partenariat global de développement (goal n° 8), dont l’un des objectifs (target 18) est de rendre disponibles les avantages des technologies, notamment l’information et la communication, sur une base de coopération avec le secteur privé. Ces recommandations sont réitérées dans le but « de perfectionner le triangle développement, liberté, et paix », alors que la notion d’une plus grande liberté englobe l’idée que le développement, la sécurité et les droits humains vont de pair [24].

32

En examinant les divers principes et chapitres de l’ensemble des textes consacrés à la promotion du développement durable, notre objectif était de cerner ce qui doit régir le nouveau rôle de l’information. Il en ressort clairement que celle-ci se place dorénavant au cœur de la question. La Déclaration de Rio, en particulier, établit que la voie vers ce développement passe par trois éléments prioritaires : l’accès à l’information, l’accès à la prise de décision, et l’accès au contrôle des décisions. Un système efficace de participation publique doit par conséquent non seulement prendre en compte ces principes d’accès, mais aussi les concrétiser pour le plus grand nombre. À cela s’ajoutent les problèmes d’équité intragénérationnelle, de multidimensionnalité des phénomènes, et ceux créés par des situations de risque et d’incertitude, qui tous augmentent la complexité et la diversité de l’information.

2 - Nouveau contexte, nouvelles pratiques de l’information ?

33

À travers les principes et conventions promouvant le développement durable se dégage, on vient de le voir, une donne inédite : l’information est un outil du développement durable. L’hypothèse que l’on peut alors avancer est que tout un nouveau système d’information émerge ainsi à l’échelle planétaire, système dont il importe de commencer à saisir les dimensions et la complexité. Nous esquisserons donc ici une première approche de ce qui en résulte sur la conception même de l’information, avant d’en examiner quelques conséquences prévisibles sur les professions concernées.

Développement durable : nouveaux points de vue sur l’information

34

Jusqu’à présent, la caractéristique essentielle de ce que l’on nomme « information » était peut-être, et paradoxalement, son caractère fermé, du moins par rapport à une pratique professionnelle qui consistait essentiellement à la concevoir en termes de stockage, de traitement, de diffusion, dans une perspective très objectivante, pour ne pas dire « scientifique ». Or il semble que les exigences du développement durable impliquent maintenant une vision beaucoup plus ouverte.

Une information moins séparée du contexte humain et social ?

35

Face aux enjeux que posent la dégradation de l’environnement et la pauvreté, et pour tenter de pallier les grandes incertitudes qui s’annoncent, une nouvelle conception de l’information s’impose, différente de l’information scientifique classique ou la complétant, et donnant lieu à l’émergence de conditions « post-normales de l’exercice des sciences appliquées », notion utilisée afin de pointer que « l’information intervenant dans les décisions environnementales ne peut plus compter sur la qualité scientifique traditionnelle et ses critères habituels. Elle nécessite d’incorporer et de refléter les valeurs des différents acteurs clés, qu’ils soient producteurs ou utilisateurs de l’information. [4] » Du fait que l’information dans le développement durable doit permettre des actions fiables et qu’elle constitue maintenant un outil dans les prises de décision à tous les niveaux, elle ne peut plus être considérée comme le produit exclusif d’une catégorie de la population (les scientifiques et techniciens) adressé aux décideurs des gouvernements et des affaires.

Pour une information « dynamique »

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Il est alors intéressant de remarquer que la Convention d’Aarhus distingue entre une information morte et une information vivante : « L’information morte est ce qui est publié et par conséquent non sujet à des modifications ; l’information vivante est l’information qui est encore sous discussion par le public et qui est par conséquent sujette à des modifications au cours d’un dialogue social. [4] » L’information interfère ainsi en amont et en aval avec les processus décisionnels, pour tenir le public informé à la fois sur les données environnementales concernant l’état d’activité de la décision et sur les résultats découlant de cette prise de décision. Ces méthodes de communication doivent cependant être assurées sans porter atteinte ni à la qualité ni à la crédibilité de l’information originalement produite [18].

37

On voit ainsi que l’on est amené à concevoir une « information dynamique ». Celle-ci se nourrit évidemment à l’ensemble des connaissances relatives au développement durable. Mais elle le fait en s’appuyant sur toutes les ressources communicationnelles des technologies de l’information et de la communication permettant de promouvoir les valeurs indispensables pour porter ce mouvement : transparence, dialogue, participation, sensibilisation, égalité, démocratie, ouverture, etc. La puissance des moyens de communication visuels (médias de masse, Internet) doit en particulier être largement exploitée dans la sensibilisation et dans la formation du public.

38

La communication contemporaine implique également l’interactivité. Sous ses formes homme-homme ou homme-machine, celle-ci peut contribuer au « processus de développement durable » en favorisant le partenariat et la participation [7]. L’interactivité se manifeste d’abord sous la forme classique d’entretiens, de questionnaires, de demandes d’information, d’enquêtes, de feedbacks divers. Elle se manifeste aussi dans les panels de citoyens, comités d’avis, conférences débats et réunions diverses. C’est donc l’information dans le débat public, l’opinion citoyenne, la concertation et la participation dans les prises de décision. De ce point de vue, il faut alors remarquer que l’« interactivité » peut signifier une nouvelle citoyenneté active et de nouveaux acteurs « communicationnels », qui agissent dans la vie publique et qui influencent la vie politique.

Dépendance de l’information à l’espace et au temps

39

Cette dépendance constitue une autre caractéristique de l’information dans le développement durable. La dépendance au facteur espace, d’abord, détermine une propriété particulière : une grande partie des informations sur l’environnement doivent en effet être localisées dans l’espace, donc géo-référencées. Ce qui conduit à un traitement informatique devant permettre de situer spatialement l’information, d’accéder à des opérateurs d’analyse spatiale, tels la distance ou la contiguïté, et enfin de présenter cartographiquement les données à différentes échelles et à différents niveaux de précision [6].

40

Mais l’information doit aussi être actuelle et réactive et pouvoir se présenter selon de nombreuses échelles temporelles, allant de quelques minutes à quelques décennies, du court au long terme. Et si le court terme peut être pris en considération, c’est le plus souvent le long terme qui prévaut. Ce qui engage la mise en place d’outils de surveillance, d’observations, d’évaluations, d’études d’impact et de suivi des mesures, mettant en jeu divers types d’information tels que les indicateurs ou les métadonnées. Les politiques environnementales qui doivent avoir un impact à long terme exigent donc des investissements informationnels qualifiables de « durables » en matière de surveillance et de mise à jour des données et des connaissances, ainsi que de leurs stratégies de définition. Vu l’importance du rôle des indicateurs, il faut accorder une attention particulière à leur présentation.

Les indicateurs

41

Ces indicateurs jouent dans le pilotage du développement durable un rôle de premier plan. Ils doivent en effet non seulement refléter l’état de l’environnement, mais aussi l’état et la complexité du phénomène considéré. Défini comme un paramètre ou une valeur dérivée d’autres paramètres, et fournissant de l’information à propos d’un phénomène déterminé, l’indicateur est considéré comme un instrument destiné à comprendre où l’on est, où l’on va, et à quelle distance on se trouve des objectifs retenus. De là les difficultés de définition et la multiplicité des critères avancés par les diverses instances concernées.

42

À ce titre, les classifications internationales distinguent notamment les indicateurs substantifs, permettant l’évaluation des conditions environnementales et la réponse d’un pays à ces questions, et les indicateurs opérationnels, qui évaluent l’efficacité de projets et programmes environnementaux. Les indicateurs substantifs sont eux-mêmes divisés en grandes catégories. On y distingue les indicateurs de pression, les indicateurs d’état, les indicateurs de réponse, soulignant spécialement les différentes dynamiques de l’environnement et la multidimensionnalité du développement durable. Cette classification a été largement adoptée dans les stratégies mises en œuvre [11].

43

Le développement durable se repose par ailleurs sur plusieurs dimensions environnementale, économique, humaine et sociale, un problème affectant l’une quelconque d’entre elles impactant évidemment toutes les autres dimensions. Dans la stratégie définie en 2003 en France, sont ainsi pécisés des indicateurs d’observation et des indicateurs de suivi [13], mettant en exergue le caractère permanent des problèmes du développement durable et de son contrôle, ainsi que la nécessité d’une information actuelle et active. De ce point de vue, on peut noter qu’un autre type d’information intermédiaire prend de l’envergure avec le développement des technologies d’information et les systèmes d’information géographique : les métadonnées (données sur les données). L’importance du rôle des métadonnées est mise en exergue dans les derniers travaux de la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies [25].

44

D’autres approches ont été utilisées, afin de cerner au mieux la diversité des aspects du développement durable. La définition des indicateurs tels que le PNB vert ou l’empreinte écologique en est un exemple. Les indicateurs composites constituent une autre solution : ils sont formés de plusieurs indicateurs rendant compte de plusieurs aspects d’un problème, chacun exprimé dans l’unité appropriée. Par exemple, l’indicateur de développement humain (IDH) défini par les Nations Unies relève de cette catégorie.

45

Les indicateurs se caractérisent par ailleurs en fonction de leur impact et de leur rôle en tant qu’information intermédiaire dans le processus de participation et de prise de décision. Ils sont en effet nécessaires pour instruire le public des changements sociaux et environnementaux. Or les indicateurs élaborés par les experts peuvent ne pas répondre aux besoins du public ou mal intégrer ses actions. Il est nécessaire, par conséquent, que les citoyens participent à la sélection et à la définition des indicateurs. La participation active du public et de la société civile (organisations non gouvernementales, groupes) se manifeste dans l’élaboration du contenu et du format d’indicateurs durables, leur collecte, la sensibilisation et la communication de ces indicateurs aux décideurs.

46

Au Liban, par exemple, certaines municipalités ont établi un observatoire de surveillance de l’air [21]. Un autre projet établi entre l’Université de Balamand au Liban, le ministère de l’Environnement et le LEDO avait pour but d’établir un réseau décentralisé d’observatoires des indicateurs au niveau local, notamment en coopération avec les municipalités [26]. Le public intervient ainsi comme acteur intermédiaire dans la collecte de l’information et participe aux prises de décision.

La gouvernance

47

Autre caractéristique à mettre en valeur dans le développement durable, la gouvernance se traduit notamment dans les normes, les lois et les décrets, outils effectifs dans le processus du développement durable. C’est ainsi que, mis à part l’Agenda 21 et les principes de Rio, des conventions et des protocoles ont été signés pour la protection de l’environnement. Citons, parmi d’autres, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), en 1994, et le Protocole de Kyoto, la Convention sur la diversité biologique (1993), ratifiée en 2001, la Convention sur le combat de la désertification (1996).

48

Au même titre qu’ils adoptent l’Agenda 21, les pays en adoptent une version locale, dans la mesure où ils s’engagent à respecter ces conventions et à participer au processus global de développement durable. Les normes, les lois et les traités signés deviennent ainsi le signe de l’engagement d’un pays dans le développement durable. Au Liban, en l’absence provisoire de stratégie nationale, la signature des conventions internationales (désertification, Kyoto, protection de l’air) et l’engagement à les respecter deviennent une forme de réalisation du processus.

49

Il convient aussi de noter qu’une gouvernance renouvelée implique un système de participation efficace où l’accès à l’information peut revêtir plusieurs formes, y compris le droit d’examiner des dossiers publics, d’obtenir des données de surveillance environnementale, ou de lire les analyses de politique ou les analyses techniques émanant des agences de gestion de ressources [29]. Le public doit pouvoir également participer au processus de décision lui-même, en intervenant dans des projets spécifiques tels que la construction d’un barrage, l’établissement des lois, politiques ou réglementations [29].

50

Enfin, la capacité doit exister de chercher à réorienter ou à remettre en cause une décision si les acteurs concernés (stakeholders) la jugent injuste ou inadaptée, voire dangereuse. Il est évidemment possible, sur un plan théorique, de comprendre toutes ces dispositions comme autant de systèmes de feedback des usagers et du public en général.

Vers un système d’information mondial

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Il apparaît donc qu’un nouveau système mondial émerge à travers ce que nous venons de parcourir sommairement. Au-delà des opérations conventionnelles de traitement de l’information et du document que connaissent bien les spécialistes de la question, il convient alors de présenter quelques-unes des caractéristiques du processus en cours :

  • l’information produite devient explosive en terme de volume : données, statistiques, cartes, rapports, indicateurs, brochures, pages web, métadonnées, lois et normes, etc. ;

  • elle est produite par une diversité extrême d’acteurs : les institutions nationales et internationales, les acteurs « stakeholders », les observatoires, les centres de surveillance, les ONG. Une diversité à la fois polycentrique (les grandes institutions nationales et internationales) et extrêmement décentralisée ;

  • elle est diffusée à travers les bibliothèques, les médias de masse, Internet, les groupes minoritaires, les ONG, les écoles, les réunions, les formations, et en utilisant les ressources appropriées des techniques de communication ;

  • elle met en jeu de nouvelles valeurs, à savoir la transparence, la gouvernance, l’équité, la responsabilisation, etc., et favorise de nouvelles procédures telles la participation, le partenariat, le dialogue, l’interactivité ;

  • elle vise à sensibiliser et à former les opinions et attitudes des décideurs (producteurs de lois, de réglementations, de finances, de choix, et du futur) ;

  • mais elle vise aussi à catalyser dans les populations des comportements en phase avec les nouveaux impératifs, à travers les lois, les politiques, les organisations, les investissements, la production, la consommation, etc. ;

  • avec comme objectif de déboucher sur une moindre pression sur l’environnement et de créer une meilleure (sinon une autre) qualité de bien-être individuel et social.

Pour conclure, ce nouveau système se présente sous un jour impressionnant, sinon redoutable, à la fois par ses dimensions gigantesques et par des caractéristiques de complexité souvent chaotique. Il est donc évident que les professionnels concernés se doivent de commencer à prendre la mesure de cette nouvelle situation.

Un nouveau champ pour les professionnels de l’information et de la documentation ?

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Les problèmes d’environnement et de pauvreté faisant désormais partie des défis majeurs de ce début de siècle, toutes les disciplines scientifiques et techniques se trouvent convoquées pour tenter de redresser la barre et inventer des solutions permettant d’espérer au moins échapper aux catastrophes annoncées de toutes parts. En quoi, alors, les sciences de l’information et de la documentation et leurs professions sont-elles concernées ?

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Dans l’ensemble, la réponse n’est peut-être pas encore assez immédiate, à moins que l’on soit déjà persuadé que la maîtrise de l’information conditionne dorénavant la plupart des activités humaines. L’irruption massive de la problématique du développement durable oblige en effet, là aussi, à rappeler l’évidence avec force : ce nouveau domaine de l’intervention humaine sur la nature et la société a impérativement besoin, comme tous les autres, d’une base informationnelle consistante pour que l’on puisse en espérer un pilotage convenable.

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En attendant une diffusion planétaire de cette évidence, il importe alors de commencer sans attendre à envisager ses conséquences les plus visibles sur les milieux professionnels de l’information et de la documentation. Une première ébauche peut déjà être tentée, en distinguant au moins trois directions d’intervention privilégiée, dont les manifestations découlent des principes et des politiques décrits plus haut.

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Au plus évident, il s’agit d’abord de prendre en considération le nouveau champ documentaire qui émerge à partir de la multiplicité des thèmes du développement durable et de leur multidimensionnalité. Ce champ constitue bien entendu une extension de la masse des champs existants et implique à ce titre un nouveau domaine d’activité pour les professionnels. Mais il est clair que les compétences ainsi convoquées ne peuvent pas rester strictement « documentaires » et qu’elles ne peuvent que bénéficier d’une interférence avec la problématique même du développement durable. Ce qui suppose à terme des professionnels spécialisés, qui auront à faire vivre ce nouveau champ, à en connaître la logique, les institutions, la cartographie, etc. Les systèmes d’information auraient, par exemple, à inclure dans leur stratégie les mécanismes de dialogue, de formation, de partenariat, de « capacity building », et à s’ouvrir davantage sur la gestion du capital humain.

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Corrélativement, il importe de prendre la mesure de la sensibilisation institutionnelle croissante en matière d’information, nécessaire au pilotage du développement durable. Car on ne sait peut-être pas encore assez dans les milieux « info-doc » nationaux que la prise de conscience de l’urgence environnementale commence à se traduire depuis quelques années par diverses recommandations et réalisations en ce sens, qu’il s’agisse d’organismes internationaux, d’ONG, d’institutions nationales, ainsi qu’on l’a vu au début de cet article. De ce point de vue, on peut noter que les nouveaux systèmes d’information tendent de plus en plus à élargir leur mode de conception et à devenir des « systèmes de gestion de la connaissance ». Les systèmes d’information des Nations Unies en sont les pionniers. À titre d’exemple, on peut citer le système d’information INIS de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui a évolué pour être incorporé dans une division de l’information et de la gestion de la connaissance.

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Enfin, la raison d’être essentielle de la nouvelle matière première informationnelle est évidemment d’alimenter les multiples lieux où s’élaborent des politiques et où se mettent en œuvre des actions et des réalisations, à tous les niveaux concevables. Mais peut-être faut-il aller un peu plus loin. Car, bien que cela ne relève peut-être pas directement de leur formation ou de leurs attributions, il faut affirmer que les professionnels de ce nouveau champ documentaire sont pourtant directement concernés par le rapport entre l’information disponible et le pilotage du développement durable. Du temps du Club de Rome, on aurait parlé « cybernétique » et « analyse de système »… mais actuellement la complexité et la mondialisation des enjeux nécessitent évidemment une logique moins mécaniste et plus proche de celle du vivant.

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Il n’en reste pas moins que les nouveaux professionnels ne peuvent plus se tenir sur une position traditionnelle, en se contentant de servir l’information aux décideurs. On peut supposer au contraire que leur « sensibilité informationnelle » spécifique les met en situation d’interférence permanente et stratégique avec l’épistémologie des systèmes complexes, la gestion des réseaux d’information, la relation entre résultats scientifiques et applications, les méthodes de la « communication », etc., ce qui devrait aiguiser d’autant leur spécialisation théorique et pratique.

Une nouvelle culture informationnelle

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Le développement durable dicte ainsi la nécessité d’un système d’information spécifique pour alimenter les décisions à prendre et évaluer leurs répercussions à travers l’espace et le temps. Est créé par là un capital de savoir à léguer aux générations futures, selon de multiples dimensions : environnementale, économique, humaine et sociale. Et par là se détermine aussi la nécessité d’une nouvelle culture informationnelle, pour ne pas dire une « cyberculture », nécessaire au pilotage du développement durable, condition maintenant incontournable d’un futur vivable pour tous.

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Novembre 2007


Références

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  •  –  World resources. World resources 2002-2004. 2005. 172 p.

Notes

[1]

Adopté par les représentants officiels de 179 pays lors du Sommet de la Terre en 1992, l’Agenda 21 est un programme d’action international pour le XXIe siècle définissant les principes du développement durable. Une courte chronologie des principales manifestations et déclarations jalonnant la prise de conscience internationale du développement durable est présentée en encadré page 6.

Résumé

Français

Le rôle primordial de l’information dans la gestion du développement durable est affirmé dans de nombreux documents internationaux et déclarations signées au plus haut niveau. À travers un examen des principaux textes qui contribuent à définir l’information comme un instrument du développement durable, cette étude démontre qu’un nouveau système mondial d’information est en train de se construire. Amal Habib et Claude Baltz en analysent les spécificités ainsi que l’évolution de la conception même de l’information qui accompagne ce phénomène. Puis s’interrogent sur ses conséquences pour les professionnels de la documentation devant lesquels s’ouvre ainsi nouveau champ d’activité.

English

It is clear from numerous international documents and declarations signed at the highest level that information plays a key role in managing sustainable growth. A review of major texts that contribute to defining information as an instrument of sustainable growth reveals the emergence of a new global information system. Amal Habib and Claude Baltz analyze the specific features of “information for sustainable growth” and the development of the notion itself of information accompanying its appearance, and ask what the consequences may be for information professionals as they discover a new field of activity.

Español

El papel primordial de la información en la gestión del desarrollo sostenible se atesta en muchos documentos internacionales y declaraciones firmadas al nivel más alto. Después de un análisis de los principales textos que contribuyen en definir la información como un instrumento del desarrollo sostenible, este estudio muestra que se está construyendo un nuevo sistema mundial de información. Amal Habib y Claude Baltz analizan las especificidades de dicha «información para el desarrollo sostenible» y la evolución del concepto mismo de la información que acompaña su emergencia. Después se interrogan sobre las consecuencias de este fenómeno para los profesionales de la documentación ante los cuales se abre una nueva área de actividad.

Deutsch

Die wesentliche Rolle der Information im Rahmen der nachhaltigen Entwicklung wird in vielen internationalen Texten und auf höchstem Niveau unterschriebenen Deklarationen unterstrichen. Anhand einer detaillierten Analyse der wichtigsten Texte, die die Information als ein Instrument der nachhaltigen Entwicklung definieren, belegt diese Studie, dass ein neues weltweites Informationssystem derzeit im Aufbau begriffen ist. Amal Habib et Claude Baltz analysieren die Besonderheiten dieser „Information für die nachhaltige Entwicklung“ und die Evolution des Konzepts der Information selbst, die ihre Entstehung begleitet. Weiterhin hinterfragen sie die Auswirkungen dieses Phänomens auf Fachleute der Dokumentation, vor denen sich eine neues Aufgabengebiet auftut.

Plan de l'article

  1. 1 - L’information dans les textes relatifs au développement durable
    1. L’information dans l’Agenda 21
      1. « Information pour les prises de décision »
      2. Formation, sensibilisation et partenariat et partenariat
    2. L’accent sur la participation et l’accès à l’information
      1. Le principe 10 de la Déclaration de Rio
      2. La Convention d’Aarhus
      3. Les principes de précaution et d’irréversibilité
      4. Les Objectifs de développement du Millénium
  2. 2 - Nouveau contexte, nouvelles pratiques de l’information ?
    1. Développement durable : nouveaux points de vue sur l’information
      1. Une information moins séparée du contexte humain et social ?
      2. Pour une information « dynamique »
      3. Dépendance de l’information à l’espace et au temps
      4. Les indicateurs
      5. La gouvernance
      6. Vers un système d’information mondial
    2. Un nouveau champ pour les professionnels de l’information et de la documentation ?
    3. Une nouvelle culture informationnelle

Pour citer cet article

Habib Amal, Baltz Claude, « Quelle information pour piloter le développement durable ? », Documentaliste-Sciences de l'Information, 1/2008 (Vol. 45), p. 4-13.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2008-1-page-4.htm
DOI : 10.3917/docsi.451.0004


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