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Documentaliste-Sciences de l'Information

2008/1 (Vol. 45)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.451.0072
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Une synthèse qui arrive à point nommé !

Documentalistes, ajoutez de la valeur à vos services ! Jacques Chaumier et Éric Sutter, Paris : ADBS Éditions, 2007. – 63 p. – (L’essentiel sur..., ISSN 1773-729X). – ISBN 978-2-84365-095-6 : 15 €

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C’est un titre bien alléchant qu’ont choisi Jacques Chaumier et Éric Sutter pour leur dernière publication, et il ne fait pas de doute qu’il va attirer de nombreux lecteurs. Ainsi la collection des Éditions de l’ADBS, « L’Essentiel sur... », poursuit la publication d’ouvrages à la fois techniques et synthétiques écrits par des auteurs reconnus dans le métier. Ce dernier ouvrage n’échappe pas à l’esprit de cette collection : en un peu plus de soixante pages, les auteurs nous expliquent, avec tout l’art que nous leur connaissons, comment ajouter de la valeur aux services documentaires. Il vient à point nommé dans une période où, dans le contexte général du monde actuel de l’information, les documentalistes doivent sans cesse réfléchir au bien-fondé de tel ou tel produit, à l’utilité de tel service.

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C’est d’ailleurs ce point qui est fortement souligné dans l’introduction, dégageant deux aspects essentiels de l’évolution du métier de documentaliste : d’une part Internet dans son ensemble (avec les moteurs de recherche, les sites institutionnels ou professionnels, les blogs, etc.), et d’autre part les fournisseurs d’information qui représentent de sérieux concurrents, mais constituent également des aides et des appuis essentiels dans l’exercice courant du métier. Les documentalistes se voient ainsi (relativement) « déchargés » d’un certain nombre de tâches et peuvent consacrer plus de temps aux services qu’ils proposent. Et les auteurs de poser une question essentielle : quel « plus » apporte le documentaliste ? Quelle valeur ajoutée donne-t-il à l’information qu’il traite ?

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Pour y répondre, le chapitre 1, « Éclairons quelques concepts » propose de revoir plusieurs définitions : celle du « service d’information » tout d’abord, dont la finalité première est « la mise en relation » d’un utilisateur avec des sources d’information documentaires. La « valeur de l’information » associe trois paramètres : le besoin de l’utilisateur, la satisfaction de ce besoin et le prix à payer. D’un point de vue comptable, la « valeur ajoutée » inclut les coûts de production, de gestion et de production ; d’un point de vue marketing, la valeur d’un service est évaluée (selon Pierre Chapignac) par la solution apportée. Plusieurs essais de mesure de la valeur de l’information ont été introduits, notamment par la British Library : l’utilisation de ses services démontre que pour une livre sterling de fonds publics dépensée, l’économie britannique en gagne 4,40 !

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Le chapitre 2, « Les ajouts de la valeur », va plus loin dans la définition à donner à la valeur ajoutée d’un service : en partant d’une information brute, de son traitement et de sa « transformation » en information à valeur ajoutée, on peut aisément affirmer que les services documentaires (signets, thésaurus, recherche d’information, synthèse documentaire, etc.) entrent dans cette catégorie. Les auteurs parlent alors de « valeur ajoutée du contenu » qui organise et interprète l’information brute et de « valeur ajoutée du service » qui s’adapte au contexte avec mise à disposition.

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Dans le chapitre 3, « Quels acteurs ajoutent de la valeur au sein du processus informationnel », outre l’auteur de l’information, trois acteurs sont principalement évoqués : le premier, le fournisseur d’information, c’est-à-dire le fournisseur de contenu, l’éditeur de bases de données ou l’agrégateur apporte, chacun à son niveau, un échelon de valeur supplémentaire. Le deuxième, l’intermédiaire, est le broker ou le veilleur qui donne l’accès à des sources difficiles d’accès. Le troisième acteur est le documentaliste qui facilite l’accès à l’information par divers moyens : création de signets, de liens, de portails, d’intranets, etc.

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Le quatrième chapitre fait la part belle aux « Exemples de services d’information à valeur ajoutée ». Pas moins de huit exemples de services d’information externes viennent appuyer la démonstration, d’un service de voyage en ligne (sncf.com) aux moteurs de recherche pour l’information scientifique (Google Scholar, Live Academic Search) et au guichet unique d’information (Ask a Librarian aux États-Unis, Radis en France). Pour les services d’information en interne, les auteurs passent en revue dix exemples différents. Parmi ceux-ci : un panorama de presse, l’accès aux documents audiovisuels ou l’accès aux archives ouvertes.

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Le chapitre 5, « Comment accroître la valeur d’un service », sera certainement celui qui sera lu avec le plus d’attention. La première phrase résume à elle seule toutes les interrogations des documentalistes : « Que faire aujourd’hui pour survivre ? »

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Les auteurs proposent une démarche méthodique fondée sur la « marketing attitude » et l’analyse de la valeur.

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Concis et explicatif, cet ouvrage séduira plus d’un documentaliste qui trouvera là une synthèse de tout ce qu’il faut savoir sur les services et leur valeur. Faisant appel à diverses théories en les appliquant au monde la documentation, c’est un ouvrage original et très recommandable.

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Jean-Philippe Accart

Une réflexion sur le statut de l’œuvre et de l’auteur

À qui appartient l’œuvre d’art ? Françoise Chaudenson, Paris : Armand Colin, 2007. – X-309 p. – (Sociétales). – ISBN 978-2-200-34723-9 : 27 €

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Propriété, œuvre… On aurait pu s’attendre à un ouvrage strictement juridique. On découvre une réflexion sur la notion d’œuvre artistique et littéraire, qui cherche dans plusieurs disciplines matière à cette analyse.

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Pour mieux comprendre, il fallait remonter dans l’histoire. Nous sommes dans la grotte Chauvet et nous brassons les siècles en quelques pages pour accompagner la lente émergence de l’artiste et constater que l’oscillation de l’art entre le sacré et le commerce a été prégnante au cours des siècles.

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Le droit réapparaît néanmoins dans les deux chapitres suivants où l’on présente la constitution progressive du droit d’auteur en Occident et les différences entre les régimes de droit d’auteur et de copyright et où l’on s’attarde sur les sociétés d’auteur, les catégories d’œuvres protégées, les droits moraux et patrimoniaux accordés à l’auteur et le contrat qui complète la loi.

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Françoise Chaudenson retrace également l’évolution plus contemporaine du droit en évoquant successivement plusieurs traités internationaux, les lois françaises de 1957 et 1985, la gestion collective en Europe, les droits du multimédia, sans omettre d’aborder la question importante du droit de la personne et de sa relation ambiguë avec le droit d’auteur, glissant ainsi tout doucement vers la question de savoir si l’on n’assisterait pas en ce moment à « une extinction progressive de la particularité de l’artiste ».

Bio Express

Françoise Chaudenson est docteure en sciences de l’information et de la communication. Elle a forgé sa réflexion à la lumière de son expérience dans les secteurs artistiques et culturels.

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Or le droit sanctionne toujours tout manquement. Vol, pillage, saccage, plagiat et faux, citation « excessive », authenticité douteuse, contrefaçon littéraire… autant de délits, détaillés ensuite, dont la perception a évolué au cours du temps. Ce qui donne matière à une « esquisse » de typologie illustrée d’anecdotes étonnantes.

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Mais pour savoir si le statut de l’art a radicalement changé ou s’il fait l’objet d’une simple évolution, la deuxième partie de l’ouvrage adopte un angle totalement différent.

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Douze chapitres retracent l’appropriation progressive de l’art par les artistes, le passage de l’œuvre au produit culturel et, aspect plutôt inattendu, ses rapports avec la science. Ils évoquent aussi, bien entendu, son appropriation par l’industrie.

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On s’arrête ensuite sur quatre portraits surprenants « d’artistes en entrepreneurs », sur les formes extraordinairement diverses prises par l’art, et on y analyse la question complexe de la signature qui se transforme quelquefois en marque, voire en logo. On y présente aussi les relations souvent conflictuelles avec la vie réelle, la question du faux et évidemment l’articulation, très délicate, du piratage et de l’usage privé, plus que jamais d’actualité.

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Une accumulation qui peut paraître décousue mais qui, en fait, cerne toujours la même question par diverses approches.

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Mais, tout compte fait, donne-t-on une réponse à la question posée ? Si, en conclusion, elle exprime une certaine perplexité face à la mondialisation, l’auteure met beaucoup d’« espoir » dans une prise de position politique et la mise en application de textes internationaux comme la Convention internationale sur la diversité culturelle de l’Unesco.

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On ne trouvera aucune longue digression théorique dans ce livre étonnant, passionnant, inclassable aussi, car il ne relève d’aucune discipline particulière – même si Françoise Chaudenson est docteure en sciences de l’information et de la communication (ou peut-être, ajouterons-nous en guise de clin d’œil, pour cette raison même). Un ouvrage qui couvre les multiples facettes de l’art, riche d’informations tellement diverses et qui donne réellement matière à réflexion !

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Michèle Battisti

Des contributions éclairantes sur la notion d’éducation à l’information

Éduquer à/par l’information. Préface de Vincent Liquète et Franc Morandi, Numéro de : Esquisse, ISSN 1291-228X, janvier 2007, n° 50-51, p. 1-192

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La revue Esquisse est une revue en sciences de l’éducation publiée depuis 1998 par l’Institut universitaire de formation des maîtres (UUFM) d’Aquitaine et animée par Franc Morandi et Vincent Liquète. Elle consacrait son numéro de janvier 2007 à un thème particulièrement riche : Éduquer à / par l’information, réunissant quelque dix-sept contributions d’universitaires et de chercheurs d’horizons différents.

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Tous les thèmes (définitions, enjeux, finalités, pédagogie, didactique, maîtrise de l’information, usages informationnels, formations dans le secondaire et le supérieur, etc.) sont abordés dans ce numéro qui intéresse autant les formateurs que les chercheurs.

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« On n’apprend pas sans s’informer et le scénario "s’informer" devient un organisateur majeur des situations d’enseignement-apprentissage » (Franc Morandi) : l’éducation ne s’oppose pas à l’information. Les composantes et les évolutions de la notion d’information literacy sont développées (Anne Lehmans). Plus qu’une éducation à l’information, la notion d’éducation aux savoirs apparaît comme primordiale (Éric Delamotte) : comprendre le passage de l’expérience à la réflexion, de l’information au savoir permet de dresser les contours d’une notion nouvelle : le « knowledge literacy ». Les choix de différents pays occidentaux en matière d’éducation à l’information sont expliqués (Paulette Bernhard). Une approche historique permet de s’interroger sur la notion de « document » ou celle de « documentation » (Sophie Robert).

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Quelles sont les pratiques de recherche d’information dans l’enseignement secondaire depuis une vingtaine d’années ? Elles ont certes beaucoup évolué, mais de manière très différente des autres secteurs de la documentation (Claude Morizio). Y aurait-il une opposition entre la recherche documentaire dans un lieu physique et le dispositif de recherche lui-même (Hubert Fondin) ?

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L’institution prescrit un certain nombre de règles quant à la recherche d’information en milieu scolaire. Existe-t-il d’autres règles ou comportements ? Les lieux documentaires ont toute leur importance car ils permettent un travail collectif « sur » et « autour » du document et de l’information (Yolande Maury). On peut également parler de pratiques informelles quant à l’usage d’Internet, pratiques qui existent bel et bien selon certaines enquêtes de terrain (Nathalie Guilhermond et Vincent Liquète). Les enseignants éprouvent également des besoins d’information particuliers (Vincent Sarméjeanne). Quelle est la place de la culture de l’information ? Nous sommes plutôt dans une logique de l’accès à l’information que dans celle d’une appropriation de l’information dans un esprit critique (Jean-François Courtecuisse). En bibliothèque universitaire, documentalistes et bibliothécaires ont leurs propres représentations de l’information (Christel Candalot).

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Un rapprochement est-il possible entre les sciences de l’éducation et les sciences de l’information et de la communication ? Les deux disciplines s’enrichiraient mutuellement, notamment par rapport aux situations d’apprentissage en recherche d’information (Muriel Frisch). Un « curriculum documentaire » reste à instituer dans le système éducatif français (Jean-Louis Charbonnier). La documentation et toutes les notions qui l’entourent pourraient faire l’objet d’un enseignement dans les collèges et lycées (Yves-François Le Coadic). Il semble cependant que sciences de l’éducation et sciences de l’information et de la communication soient en fort décalage (Cécile Gardiès).

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Voilà, très résumé, le contenu de ce numéro de la revue Esquisse qui, grâce à des contributions diverses mais complémentaires, a su développer de façon éclairante la notion d’éducation à l’information.

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Jean-Philippe Accart

Outils et réflexions sur la politique documentaire en contexte scolaire

Politique documentaire et établissement scolaire. Véronique Augé, Nicole Cardona, Clotilde Chauvin, Stéphane Coupé, Évelyne Montel-Roux et France Vernotte Prévost, Paris : ADBS Éditions : FADBEN, 2007. – 220 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). – ISBN 978-2-84365-096-3 : 25 €

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Redéfinir ce qu’est la politique documentaire dans le contexte scolaire, analyser au plus fin le concept lui-même en privilégiant une logique techniciste, souligner et tirer parti d’une des particularités de sa mise en œuvre qu’est l’indispensable association de professionnels de la documentation avec des acteurs étrangers au domaine (chefs d’établissement, professeurs, parents d’élèves), proposer enfin des modalités d’action modifiables selon les besoins – tel est le but de ce nouvel ouvrage proposé par la Fédération des associations des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale (FADBEN).

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C’est à lever les ambiguïtés, le flou qui caractérisent la fonction documentaire et les missions du centre de documentation et d’information (CDI) qu’est consacré le premier chapitre : « La fonction documentaire en établissement scolaire, une politique à inventer ». Les réponses à l’enquête menée dans six établissements sur les représentations du CDI prouvent combien cet éclaircissement est nécessaire (p. 27-31).

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Prendre conscience de la situation existante, établir un diagnostic, construire un projet d’amélioration, autant d’étapes­formalisées dans le chapitre suivant : « De la réalité au projet ». Y sont examinées les conditions de faisabilité, en l’absence de textes de cadrage nationaux, les modalités de formation d’une équipe de pilotage, la méthodologie de construction du projet. Il est souligné que les initiatives prises dans certaines académies pour préciser la nécessité d’une véritable politique documentaire dans les établissements scolaires témoignent de l’évolution du secteur (p. 43-50).

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Le même souci de clarification conduit les auteures à redéfinir ce qu’est un système d’information, en général puis dans le cadre d’un établissement scolaire, et à préciser le rôle du CDI dans ce système : « Donner à chacun une culture de l’information qui doit faire partie de la culture générale de tous » (p. 107), éduquer l’élève à maîtriser l’information. Ceci ne peut passer que par un apprentissage et un enseignement dont l’importance est encore trop souvent méconnue (p. 107-111). Une réflexion est donc engagée ici sur le sens que l’on veut donner à cette formation, sur les étapes de sa mise en œuvre, sur les obstacles que rencontre la collaboration entre professeurs. Des exemples d’expériences menées sur le terrain sont donnés, des contenus proposés, des modes d’évaluation indiqués. La question d’un curriculum d’éducation à l’information, pour lequel des travaux sont en cours à l’université de Lille (p. 152), est posée.

Repères

Ce témoignage est le fruit d’un travail collectif d’enseignants de terrain et de formateurs de l’académie d’Aix-Marseille. S’appuyant sur la réalité des établissements du second degré et persuadées que la formalisation s’avère souvent une grille de lecture nécessaire à défaut d’être suffisante, les auteures souhaitent mettre à disposition l’état de leur réflexion à un moment donné.

La FADBEN soutient ce travail, convaincue que la clarification sur la conduite d’une politique documentaire au service d’une formation de qualité correspond à un besoin de la profession.

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Enfin, avec « Communiquer, évaluer : rendre lisible pour donner du sens », des stratégies de communication sont proposées pour suivre et faire connaître la mise en place de la politique documentaire élaborée et l’état du projet.

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Voilà donc un ouvrage de synthèse, riche de réflexions et véritable boîte à outils de toutes sortes – dont une bibliographie –, qui va vite se révéler indispensable à tout acteur du domaine.

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Claire Guinchat

Propriété intellectuelle et technologies : une approche rapide

Outils de communication et propriété intellectuelle. Daniel Moatti, Bruxelles : Éditions Tribord, 2007. – 136 p. – (La Flibuste). – ISBN 978-2-930390-19-2 : 5 €

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Une centaine de pages structurées de manière intéressante, munies d’un index détaillé, d’un glossaire, d’un rappel des dates essentielles et d’une bibliographie sur une question passionnante, voilà de quoi attirer le lecteur !

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Daniel Moatti retrace d’abord la naissance progressive de la notion d’auteur, de l’Antiquité jusqu’à la Révolution qui reconnaîtra à la fois la liberté d’expression et la protection à l’auteur. Ce qui lui permet une habile transition vers le chapitre suivant consacré aux fondements du système juridique actuel.

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Après une rapide présentation des principaux traités internationaux, il met l’accent sur la loi sur le droit d’auteur de 1957. S’il aborde rapidement la question de la nature de l’auteur, il retranscrit la longue liste – pourtant non close – des œuvres susceptibles d’être protégées par le droit d’auteur. Il illustre ensuite la question des droits moraux par le procès intenté par les héritiers de Victor Hugo, celle des droits patrimoniaux par la durée des droits et leur cession, et aborde enfin les questions liées à l’informatique, sa spécialité. Mais pourquoi détailler autant le dépôt légal qui n’a pas de lien direct avec le droit d’auteur ?

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Les directives et les lois qui en ont découlé ont pour objet de s’adapter aux évolutions techniques. Suivent des développements sur la loi relative au droit de prêt (peu liée à la technologie), sur la photocopie, sur les œuvres audiovisuelles et télévisuelles. Quant à la partie sur l’informatique qui clôt ce chapitre, très détaillée à nouveau, elle aborde la nétiquette, le projet de directive sur la brevetabilité du logiciel, le logiciel libre et, de façon moins attendue, le débat sur la licence globale liée au téléchargement des œuvres sur les réseaux.

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L’évocation des traités de l’OMPI (à ce jour pas encore ratifiés par la France) permet de présenter la loi Dadvsi et les problèmes qu’elle soulève en matière d’interopérabilité et de téléchargement, ainsi que ceux que son application pose aux bibliothèques. Des informations sont aussi apportées sur des contrefaçons très médiatisées et sur les textes découlant de cette loi Dadvsi.

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Parler ensuite de l’investigation et de la répression conduit à aborder le peer-to-peer, le projet Google Books, la police informatique en France, la protection des logiciels de loisirs, le tatouage et d’autres systèmes d’identification numérique. Mais aussi la CNIL, qui agit à un autre niveau, tout aussi intéressant mais différent de celui de la propriété intellectuelle.

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Quant au dernier chapitre sur les devoirs de l’auteur, il aborde des questions liées à la protection des mineurs et à la vie privée (notamment lorsqu’il s’agit de blogs d’adolescents), puis le plagiat (le copier-coller des élèves), les « agressions morales » via divers supports et le rôle joué par la loi pour la confiance dans l’économie numérique qui engage la responsabilité de différents acteurs de l’internet.

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Il est dommage que, parmi tant d’informations parfaitement pertinentes, cet ouvrage qui se veut de première approche comporte des approximations, des raccourcis, des affirmations susceptibles d’être mal comprises.

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Michèle Battisti

Nous avons aussi reçu

Une réflexion sur l’avenir du livre

Où va le livre ? Sous la direction de Jean-Yves Mollier, 3e éd. – Paris : La Dispute/SNÉDIT, 2007. – 392 p. – ISBN 978-2-84303-151-9 : 24 €

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Spécialistes de l’histoire de l’édition, de la sociologie de la lecture, de l’économie des biens culturels, de la littérature ou du monde des bibliothèques, les douze auteurs de cet ouvrage s’attachent à présenter l’enjeu « livre » dans ses dimensions les plus actuelles. Cette nouvelle édition, sensiblement remaniée, prend en compte les bouleversements qu’a connus le monde de l’édition en 2002-2004 et depuis lors : concentration éditoriale, commerce en ligne, numérisation, évolution du statut de l’auteur et du lecteur…

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« Toutes les enquêtes, affirme l’introduction, montrent que l’ordinateur ne s’est pas substitué au codex et que la recherche de renseignements ou de bibliographies sur l’Internet nourrit au contraire la lecture. C’est ce que cette troisième version […] voudrait rendre plus sensible en donnant à chacun, étudiant, professionnel, journaliste ou lecteur ordinaire, un certain nombre de données vérifiées et ce, afin de lui permettre de conserver sa liberté de pensée. » •

Des pistes pour les « passeurs de lecture »

Médiations autour du livre : développer le goût de la lecture. Isabelle Fabre, Corinne Brigitte-Ballesio, Michel Dumas, Cécile Gardiès, Isabelle Guérin-Boutillon, Dijon (BP 87999, 21079) : Éducagri Éditions, 2007. – 128 p. – ISBN 978-2-84444-608-4 : 17 €

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Ce guide pratique, résultat du travail d’un groupe de professionnels de la question, explore le champ de la médiation et celui de la lecture en rassemblant des propositions d’actions concrètes, des informations pratiques et des éléments de réflexion pour la promotion du livre et de la lecture dans les établissements scolaires, bibliothèques, librairies, centres de loisirs, associations de quartier, etc.

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« À travers des regards pluriels (inspectrice pédagogique, formateurs, professeurs documentalistes), est-il précisé en conclusion, les auteurs ont tenté d’éclairer le champ de la médiation de la lecture en institution par une approche réflexive, sélective et pratique. L’enjeu fondamental étant de permettre d’élargir la conception d’actions d’animation ponctuelles vers une mission de passeur à long terme. » •

La mémoire de l’Afrique francophone en péril

Les problèmes des archives en Afrique : à quand la solution ? Albert Mban, Paris : L’Harmattan, 2007. – 167 p. – (Études africaines). – ISBN 978-2-296-03573-7 : 15,50 17 €

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Consultant international, spécialiste reconnu des problématiques archivistiques en Afrique francophone, l’auteur insiste dans cet ouvrage sur l’impérieuse nécessité, pour le développement d’un pays et la bonne marche de son administration comme de ses entreprises, de disposer d’archives organisées à tous les niveaux.

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« Albert Mban, écrit Marie-France Blanquet dans la préface, lance un signal de détresse, car les dégâts causés par l’absence de gestion des archives d’un pays sont tout aussi graves que ceux causés par la guerre. Mais ces dégâts sont sournois, aux conséquences graves et détectées parfois sur un très long terme. Ce signal de détresse, il le tire pour un continent dont il connaît bien l’âme : l’Afrique francophone. »

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Après une première partie historique, il dresse un état des lieux de la gestion et de l’organisation des archives en Afrique francophone. Puis il fait le point sur les différents dysfonctionnements liés à l’absence de politique d’archivage et propose enfin des recommandations et des propositions d’organisation. Les unes concernent les institutions d’archives publiques au niveau des États, les autres se rapportent aux archives des divers organismes publics et privés. •

État des lieux des bibliothèques universitaires

Annuaire des bibliothèques universitaires 2005. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Direction générale de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique ; conception et réalisation Marie-Dominique Nicolas, avec la collab. de Gaëla Bru, Anne-Marie Chaintreau, Frédéric Blin et Jacques Albeza. – Paris : La Documentation française, 2007. – 122 p. – ISBN 978-2-11-006358-8 : 20 €

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Ces « résultats de l’enquête statistique générale auprès des bibliothèques et services documentaires des établissements de l’enseignement supérieur » présentent les chiffres clés 2005 et l’évolution des bibliothèques universitaires et de la fonction documentaire à l’université de 1990 à 2005. Données 2005 par établissement : activité et services, collections et acquisitions, moyens, locaux et personnel. Adresses des services documentaires des établissements de l’enseignement supérieur et des CADIST. Sommaire et légendes en français et en anglais. •

Titres recensés

  1. Une synthèse qui arrive à point nommé !
    1. Documentalistes, ajoutez de la valeur à vos services ! Jacques Chaumier et Éric Sutter, Paris : ADBS Éditions, 2007. – 63 p. – (L’essentiel sur..., ISSN 1773-729X). – ISBN 978-2-84365-095-6 : 15 €
  2. Une réflexion sur le statut de l’œuvre et de l’auteur
    1. À qui appartient l’œuvre d’art ? Françoise Chaudenson, Paris : Armand Colin, 2007. – X-309 p. – (Sociétales). – ISBN 978-2-200-34723-9 : 27 €
  3. Des contributions éclairantes sur la notion d’éducation à l’information
    1. Éduquer à/par l’information. Préface de Vincent Liquète et Franc Morandi, Numéro de : Esquisse, ISSN 1291-228X, janvier 2007, n° 50-51, p. 1-192
  4. Outils et réflexions sur la politique documentaire en contexte scolaire
    1. Politique documentaire et établissement scolaire. Véronique Augé, Nicole Cardona, Clotilde Chauvin, Stéphane Coupé, Évelyne Montel-Roux et France Vernotte Prévost, Paris : ADBS Éditions : FADBEN, 2007. – 220 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). – ISBN 978-2-84365-096-3 : 25 €
  5. Propriété intellectuelle et technologies : une approche rapide
    1. Outils de communication et propriété intellectuelle. Daniel Moatti, Bruxelles : Éditions Tribord, 2007. – 136 p. – (La Flibuste). – ISBN 978-2-930390-19-2 : 5 €
  6. Nous avons aussi reçu
    1. Une réflexion sur l’avenir du livre
      1. Où va le livre ? Sous la direction de Jean-Yves Mollier, 3e éd. – Paris : La Dispute/SNÉDIT, 2007. – 392 p. – ISBN 978-2-84303-151-9 : 24 €
    2. Des pistes pour les « passeurs de lecture »
      1. Médiations autour du livre : développer le goût de la lecture. Isabelle Fabre, Corinne Brigitte-Ballesio, Michel Dumas, Cécile Gardiès, Isabelle Guérin-Boutillon, Dijon (BP 87999, 21079) : Éducagri Éditions, 2007. – 128 p. – ISBN 978-2-84444-608-4 : 17 €
    3. La mémoire de l’Afrique francophone en péril
      1. Les problèmes des archives en Afrique : à quand la solution ? Albert Mban, Paris : L’Harmattan, 2007. – 167 p. – (Études africaines). – ISBN 978-2-296-03573-7 : 15,50 17 €
    4. État des lieux des bibliothèques universitaires
      1. Annuaire des bibliothèques universitaires 2005. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Direction générale de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique ; conception et réalisation Marie-Dominique Nicolas, avec la collab. de Gaëla Bru, Anne-Marie Chaintreau, Frédéric Blin et Jacques Albeza. – Paris : La Documentation française, 2007. – 122 p. – ISBN 978-2-11-006358-8 : 20 €

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Documentaliste-Sciences de l'Information 1/2008 (Vol. 45) , p. 72-77
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2008-1-page-72.htm.
DOI : 10.3917/docsi.451.0072.


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