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Documentaliste-Sciences de l'Information

2008/3 (Vol. 45)

  • Pages : 94
  • DOI : 10.3917/docsi.453.0004
  • Éditeur : A.D.B.S.

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POUR APPRÉHENDER LE NOUVEAU PAYSAGE de l’information-communication, les pays arabes d’Afrique du Nord (Algérie, Égypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) ont éprouvé le besoin de chercheurs de haut niveau en bibliothéconomie et science de l’information (BSI), capables de réfléchir sur l’impact de l’information et des technologies de la communication sur la société et sur les comportements informationnels des usagers, d’analyser et d’évaluer les systèmes d’information multilingues, d’étudier les différents outils et services de communication de l’information numérique.

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La science de l’information, en tant que nouvelle discipline, est ainsi devenue objet d’investigation dans des unités de recherche nord-africaines. Ce sont les universités arabes qui ont pris en charge, depuis un demi-siècle, l’essentiel de la formation des spécialistes de l’information et de la recherche en science de l’information. D’autres structures sont impliquées dans cet effort, à de moindres degrés, comme les associations et les fondations scientifiques.

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Le présent travail vise à analyser les caractéristiques des recherches en bibliothéconomie et science de l’information en Afrique du Nord et d’en tirer des conclusions sur la contribution des spécialistes arabes au développement d’une pensée théorique en science de l’information et dans l’analyse et l’organisation des grandes mémoires informationnelles (bibliothèques et services d’information et de documentation). Pour ce faire, nous nous proposons d’interroger les indicateurs suivants : quel est l’état de la recherche en bibliothéconomie et science de l’information dans les pays d’Afrique du Nord ? Quels sont les établissements d’enseignement et de recherche en BSI dans ces pays ? Quelles sont les récentes études arabes sur la théorie et la méthodologie en science de l’information ? Quels problèmes rencontre dans ces pays l’édition des travaux de recherche dans le domaine de l’information-documentation ?

1 - L’organisation de la recherche en Afrique du Nord

Aux origines de la pensée arabe en bibliothéconomie : les précurseurs du Moyen Âge

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Les premières études sur le livre et les bibliothèques dans les pays arabes remontent au Moyen Âge, époque à laquelle des penseurs arabes ont développé une réflexion sur l’écrit et sur les acteurs de la chaîne de production du véhicule du savoir, le livre.

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Parmi ces œuvres figure celle de l’égyptien al-Kalkashandi (1355-1418), L’art de la rédaction[2][2] Al-Kalkashandi. Sobh al acha fi sinàt al incha [Le..., une encyclopédie monumentale sur l’écrit manuscrit, où l’auteur analyse l’acte d’écrire, le schéma mental des idées, le système d’inscription, le producteur de l’écrit, son statut social, ses qualités et sa conduite, sa formation. Il propose aussi un schéma de classification de la bibliologie.

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Le Tunisien Ibn Khaldhoun (1331-1405), précurseur de la sociologie, s’intéressa aux différents métiers du livre manuscrit (scribe, papetier, relieur, libraire, colporteur, etc.) dans leurs rapports avec les industries urbaines [3][3] Abderrahmen Ibn Khaldoun. Al Mukaddima [Prolégomènes].....

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D’autres se sont intéressés à l’art de la rédaction, à la calligraphie arabe, au rédacteur « Katib ou secrétaire de la chancellerie », au comportement des producteurs de l’écrit, aux questions relatives à la lecture, aux lecteurs et au métier de bibliothécaire, montrant ainsi un début d’ouverture vers l’élaboration d’une théorie de la communication écrite. Dans le même temps, avec cette réflexion théorique, une action a été menée en vue de concevoir et d’élaborer des instruments de travail bibliographique. Il s’agit de bibliographies (le Fihrist d’Ibn Nadim au Xe siècle) et catalogues de bibliothèques, de dictionnaires biographiques (Tabakat, titre de plusieurs ouvrages de généalogie, Wafayat, titre d’ouvrages de type « who was who ? », etc.), de dictionnaires et encyclopédies, de plans de classification avec la contribution de philosophes (tels que al-Farabi et al-Khawarizmi) et bibliothécaires.

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Ces outils ont été d’un grand secours pour les différentes bibliothèques implantées dans toutes les régions d’Afrique du Nord, à commencer par la célèbre Maison de la sagesse (Beit al-hikma) de Kairouan en Tunisie (IXe siècle), la Bibliothèque scientifique (Dar al-Ilm) du Caire (Xe siècle) et les différentes bibliothèques universitaires (Médressa) et publiques des grandes villes arabes.

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Cet effort de réflexion sur le livre, les acteurs et les intermédiaires de la communication écrite s’est interrompu au cours des temps modernes (XVIe-XIXe siècles), période de décadence du monde arabe sur tous les plans. Il suffit d’évoquer l’usage de l’imprimerie qui a accusé un retard de deux siècles et demi après la découverte de Gutenberg avant d’obtenir droit de cité dans le monde arabe.

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Il a fallu attendre la deuxième moitié du XXe siècle (après l’indépendance des pays du Maghreb), pour assister à un regain d’intérêt pour les questions relatives aux bibliothèques et aux usages des documents, dans un nouveau contexte marqué par la création d’une infrastructure de bibliothèque et une large utilisation des nouvelles technologies de l’information.

Cadre général : le secteur de l’information dans les sociétés arabes

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Depuis la fin du XXe siècle, avec l’avènement d’Internet et la mise en place de la stratégie néo-libérale de la mondialisation de l’économie et de l’information, le décalage s’est encore creusé entre des modes de développement extrêmement variés, avec des pays riches en information et des pays pauvres en information. Ce qui a pour conséquences un déséquilibre du flux de l’information entre les différents pays, des inégalités quant à la maîtrise de l’outil informatique et l’accès à l’information.

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Dans les pays arabes d’Afrique du Nord, des efforts sont déployés pour faciliter le transfert et l’usage de l’information : renforcement de l’infrastructure de l’information-communication, création de technopoles, réformes de l’enseignement, développement de l’économie de l’information, campagnes d’alphabétisation. Pourtant les difficultés d’accès à l’information subsistent, qui ne sont qu’une manifestation des profonds problèmes socio-économiques de ces pays.

Les bibliothèques comme points d’accès public à l’information

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Les points d’accès public au savoir dans les pays arabes d’Afrique du Nord sont nombreux. Certains sont liés au système d’enseignement (écoles et universités) et d’autres au système culturel (bibliothèques, centres culturels, cybercafés, etc.). Nous limitons notre analyse aux bibliothèques [4][4] Voir [19, p. 44-45]. pour étudier le degré de leur implication dans la diffusion de la pensée et dans l’accès à la culture et aux sciences. Les principaux traits qui caractérisent le réseau des bibliothèques en Afrique du Nord peuvent être présentés de la manière suivante [6].

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• Les statistiques exhaustives et les données descriptives relatives aux bibliothèques font défaut en raison de l’absence de répertoires complets de bibliothèques et de sites des associations de bibliothécaires arabes.

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• Les infrastructures des bibliothèques et services d’information et de documentation (SID), toutes catégories confondues, sont assez bien implantées dans tous les pays arabes. Toutefois, les ressources humaines et matérielles de ces établissements sont inégalement réparties selon les pays et même à l’intérieur de ceux-ci.

DÉPARTEMENTS ET ÉCOLES NORD-AFRICAINES DE BSI

• Algérie

Département de bibliothéconomie. Université d’Alger, Faculté des sciences humaines et sociales. www. univ-alger. dz/ fshs_dep_biblio. html

Département de bibliothéconomie et de l’information. Faculté des sciences humaines et sociales. Université Mentouri de Constantine. www. umc. edu. dz/ VersionFrancais/ menu%20vertical/ presentation%20universite/ Facultes/ sc%20sociales. htm

Département de bibliothéconomie. Faculté des sciences humaines et sociales, Université d’Oran es Sania. www. univ-oran. dz/

Contact.html

• Égypte

Librarianship, archive and information Department. Cairo University, Faculty of Arts. www. calias. org

Librarianship and archive Department. Alexandria University, Faculty of arts. www. alex. edu. eg

Library and information Department. Helwan University, Faculty of Arts. http:// web. helwan. edu. eg/ art/ index. html

Library science Department. Minufiya University, Faculty of arts. www. menofia. edu. eg/ ? en/ faculty_generalInfo. asp? id= 3

Archives and library Department. Tanta University, Faculty of arts. www. tanta. edu. eg/ ar1/ Tanta/ Arts_depart. htm#depart

• Libye

Library and information Department. al Fateh University, Faculty of Education, Tripoli

Library and information Department. Garyounis University, Faculty of Arts and Education, Benghazi

Library and information Department. al Jabal al Gharbi University, Faculty of Education

• Maroc

École des sciences de l’information de Rabat. Ministère de la planification. www. esi. ac. ma

• Tunisie

Institut supérieur de documentation. Université de La Manouba, Tunis. www. isd. rnu. tn.

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• La plupart des bibliothèques et SID ont été fondés au XXe siècle, à l’exception de certains qui ont pris naissance plus tôt. Certains établissements ont réussi à présenter des services documentaires performants, comme la Bibliothèque nationale d’Alger, la Grande Bibliothèque du Caire, la bibliothèque universitaire de Rabat, le Centre d’études et de recherches en information scientifique et technique (CERIST) d’Alger, la médiathèque de Tunis.

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• Les infrastructures documentaires sont placées sous le contrôle de plusieurs autorités de tutelle sans la moindre coordination entre elles. Signalons aussi l’absence de politique documentaire dans les pays d’Afrique du Nord et à l’échelle interarabe.

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• Le financement des bibliothèques se fait sur fonds publics mais les budgets sont insuffisants et ne répondent pas aux besoins croissants des établissements. La société civile commence à s’intéresser au secteur des bibliothèques, à l’exemple de la bibliothèque de l’Association d’assistance sociale du Caire.

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• Quant à l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC), les grandes bibliothèques ont commencé à développer des systèmes de gestion de bases de données (SGBD), des sites web pour mettre en ligne leurs catalogues (OPACs), et d’autres produits et services tels que les bibliothèques numériques et les liens vers les ressources électroniques. Toutefois, beaucoup de travail reste à faire pour établir une infrastructure d’Internet, numériser le patrimoine écrit, former le personnel et les usagers à la bonne exploitation des TIC.

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Cette radioscopie de l’état des bibliothèques montre que ces établissements ne sont pas tout à fait en mesure de répondre aux besoins informationnels des usagers et ne donnent pas accès rapide aux connaissances. Les principales difficultés que rencontrent ces bibliothèques et services d’information en Afrique du Nord sont d’ordre économique (budgets insuffisants, hausse des abonnements de périodiques, coûts des TIC élevés, etc.), social (sous-intégration sociale des TIC, réticence à la lecture et taux d’analphabétisme inquiétant), technique (manque de normes et d’autres outils de travail documentaire, fonds documentaires peu riches et toujours sur support papier, avec quelques exceptions, absence de coopération entre bibliothèques), managérial (personnel insuffisant, manque de compétences, absence de politique de marketing de l’information, peu de formation continue, etc.).

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Les chercheurs et professionnels de l’information ne sont pas restés indifférents à ces problèmes, ils se sont penchés sur ces différentes questions au sein des diverses structures de recherche scientifique.

Environnement de recherche et de publication en BSI

Établissements d’enseignement et de recherche arabes en BSI

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Le démarrage de la formation universitaire dans le domaine de l’information-documentation a été relativement tardif [5][5] Rappelons que la première école des bibliothèques fut.... Il date du milieu du XXe siècle, et plus précisément en 1951, date à laquelle le premier département des bibliothèques et des archives a vu le jour à l’université du Caire. Quelques cycles de formation continue avaient auparavant été organisés, sous l’égide d’associations (Association égyptienne des bibliothèques fondée en 1944), d’organisations régionales et internationales (comme l’Unesco). Les universités arabes ont mis du temps à reconnaître l’intérêt d’un enseignement particulier dans ce domaine. Certains intellectuels et décideurs, peu conscients du rôle des documentalistes et bibliothécaires, pensent que le métier pourrait être exercé par des profanes ou des amateurs, sans recourir à la moindre formation spécialisée.

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Dans les pays du Maghreb, la première école en documentation a vu le jour au Maroc (École des sciences de l’information, ESI, créée avec le concours de l’Unesco en 1974). Vint ensuite la Libye (Département de bibliothéconomie à l’Université al-Fateh, Tripoli, 1976), puis l’Algérie (Institut de bibliothéconomie et documentation d’Alger, 1975), enfin la Tunisie (Institut de presse et des sciences de l’information, IPSI, en 1979, et Institut supérieur de documentation, ISD, en 1981) [6][6] En Tunisie, l’enseignement de la bibliothéconomie a.... La Mauritanie n’a pas encore créé sa propre institution universitaire.

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Des cycles de formation professionnelle de cadres moyens ont précédé la fondation des écoles et départements de bibliothéconomie arabes. Ils ont été organisés par les bibliothèques et centres de documentation (Centre de documentation national d’Alger en 1962, BN de Tunis en 1965, etc.) [7][7] L’institut Ali Bach Hamba de Tunis fut le premier établissement....

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• Carte de la recherche universitaire en BSI. Il existe actuellement treize établissements d’enseignement et de recherche en BSI, inégalement répartis entre les pays d’Afrique du Nord : cinq départements en Égypte, trois en Algérie, trois en Libye, une école au Maroc et une autre en Tunisie [voir encadré]. Si certains pays ont préféré regrouper la formation au sein d’une seule institution universitaire, d’autres ont opté pour la décentralisation de l’enseignement en vue de répondre aux besoins en cadres dans les régions. Deux éléments relatifs à l’organisation de la recherche méritent d’être soulevés : l’appellation des institutions et leur tutelle.

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• Appellation des institutions d’enseignement et de recherche. On peut dégager trois orientations en la matière :

  • utilisation à trois reprises du concept de « science de l’information », conjointement ou non à celui de « bibliothéconomie ». On peut supposer qu’il s’agit d’une reconnaissance du champ informationnel en tant que discipline scientifique, ce qui n’est pas tout à fait le cas pour la plupart des départements ;

  • utilisation du concept d’« information » conjointement à celui de « bibliothèques » (sept départements) : le domaine de l’information semble « ne pas atteindre le statut d’une science », il est rattaché au concept de bibliothèques tout court et non à « sciences des bibliothèques ou bibliothéconomie » ;

  • utilisation du concept de « documentation » : c’est le cas d’une école seulement, privilégiant, du moins en apparence, l’aspect technique qu’est la documentation par rapport à l’aspect scientifique (science de l’information).

La présence de toutes ces notions indique que le passage de l’appellation traditionnelle « bibliothèque ou documentation » à la nouvelle appellation qu’est la « science de l’information » n’est pas du tout aisé. Le changement de libellé n’est pas handicapé seulement par le refus des décideurs universitaires ou administratifs (les enseignants-chercheurs de l’Institut supérieur de documentation de Tunis revendiquent en vain le changement de l’appellation depuis dix ans), mais aussi par l’hésitation des spécialistes de l’information eux-mêmes. Ils semblent s’interroger sur l’identité du champ informationnel et le contenu des programmes de formation à dispenser.

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• Tutelle des départements d’enseignement et de recherche. Cette question est en rapport avec la précédente car l’identité du département traduit le positionnement de la discipline informationnelle sur le plan épistémologique. La plupart des institutions sont rattachées aux facultés des sciences humaines et sociales (six départements) ou aux facultés des lettres (cinq). Les écoles sont placées directement sous la tutelle de la présidence d’université (ISD de Tunis) ou du ministère de la planification (ESI au Maroc). L’appartenance du domaine information-documentation aux sciences humaines et sociales est un fait marquant dans toutes les universités nord africaines.

Activités de recherche

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Les activités de recherche sont organisées au sein d’unités et laboratoires de recherche. Il existe actuellement, à notre connaissance, quatre structures :

  • le Centre de recherche sur les systèmes et services d’information, Université du Caire ;

  • le laboratoire de recherche sur « Les nouvelles technologies de l’information et leur rôle dans le développement national » de l’Université de Constantine en Algérie ;

  • le Laboratoire de recherche en information scientifique et technique du Centre de recherche en information scientifique et technique (CERIST) d’Alger (www. cerist. dz) ;

  • l’unité de recherche « La Bibliothèque numérique : pour la valorisation du patrimoine » de l’ISD à l’Université de la Manouba à Tunis (www. isd. rnu. tn).

Mis à part ces quelques laboratoires, les autres institutions universitaires n’ont pas encore structuré leurs activités scientifiques, laissant ainsi libre cours au travail individuel et aux initiatives personnelles. L’absence de structures propres à la recherche pourrait trouver son explication dans la nature des statuts et carrières des universitaires ; ces derniers sont recrutés essentiellement pour enseigner et non pas pour faire des recherches. Le système universitaire arabe, submergé par le flux des étudiants et les problèmes d’enseignement, n’adopte pas le principe de « publier ou périr » tel qu’on peut l’observer dans des universités européennes et américaines.

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Cependant, il est important d’indiquer que certains département organisent une recherche diplômante ou une recherche scientifique de base ; ils dispensent une formation doctorale (master et doctorat) en vue de former de jeunes chercheurs, à l’exemple des universités du Caire, d’Alexandrie et de Constantine.

REVUES SPECIALISÉES

• Revue maghrébine de documentation et d’information (en arabe, français et anglais), publiée par une institution universitaire, l’Institut supérieur de documentation (ISD) de Tunis. www. isd. rnu. tn/ fr? / article. asp?

Madjallat el Maktabat wa el Maaloumat = Revue semestrielle des bibliothèques, de la documentation et des NTIC (en arabe et français), publiée par l’Université de Constantine, Algérie

Revue de la science de l’information (en ligne, arabe, français, anglais) publiée par l’École des sciences de l’information (ESI) de Rabat, Maroc. www. esi. ac. ma

Arab Journal of Science and Information, qui remplace Arab Magazine for Information (en arabe seulement), revue publiée par l’organisation ALECSO, Tunis. www. alecso. org. tn/ biblio_alecso/ detail_produit. php? G_ID_PRODUIT= 373&G_ACTION= detail

• Revue arabe d’archives, de documentation et d’information (en arabe, français et anglais), publiée par la fondation FTERSI, Tunis. www. refer. org/ fondationtemimi

• Revue d’information scientifique et technique (en arabe, français et anglais), publiée par un centre de recherche, le CERIST, Alger. www. webreview. dz/ rubrique. php3? id_rubrique= 31

• Rassid ATD [rassid veut dire fonds documentaire] (en arabe et français), publiée par une association professionnelle, l’Association tunisienne des documentalistes

• Informatiste (en arabe et français) publiée par une association professionnelle, l’Association marocaine des informatistes

• Nouvelles tendances des bibliothèques et de l’information (en arabe), publiée par un éditeur commercial, Bibliothè­que académique, Le Caire

• Arabic Studies in Librarianship and Information Science (en arabe et anglais), publiée par un éditeur commercial, Gharieb Press, Le Caire

• Cybrarians Journal (en ligne, en arabe, abstracts en anglais), publiée par des universitaires égyptiens. www. cybrarians. info/ journal/ en/ index. htm

Associations et fondations scientifiques

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Certaines organisations et fondations arabes offrent un espace d’échange et de diffusion des travaux de recherche en BSI, grâce à l’organisation de colloques et séminaires, à la publication de leurs actes ainsi que de revues spécialisées. Parmi ces structures nous citons :

  • l’Arab Federation for Libraries and Information (AFLI), une organisation non gouvernementale interarabe de bibliothécaires. Son siège est à Tunis depuis sa création en 1986. Elle a organisé seize congrès et en a publié les actes (www. afli. info) ;

  • l’Arab League for Education, Culture and Science (ALECSO), organisation gouvernementale dont le siège est à Tunis depuis son transfert du Caire en 1981. Elle a organisé plusieurs congrès et publié des ouvrages spécialisés (www. alecso. org. tn) ;

  • la Fondation Temimi pour la recherche scientifique et l’information (FTERSI) à Tunis : fondation scientifique privée créée par un universitaire (www. refer. org/ fondationtemimi) ;

  • l’Association égyptienne de bibliothécaires, la plus dynamique des associations arabes ;

  • l’Association marocaine des informatistes ;

  • l’Association tunisienne des documentalistes.

D’autres associations sont moins dynamiques même sur le plan professionnel, et s’intéressent peu aux activités scientifiques. La modeste contribution des associations n’est pas propre au secteur informationnel, tout le tissu associatif et la société civile dans les pays arabes ne sont pas influents en raison du climat politique peu favorable à la liberté d’expression, de rassemblement et d’échange.

Activités d’édition en BSI

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En l’absence de branche commerciale solide, sauf en Égypte, les universités et fondations prennent en charge les publications dans le domaine de la documentation et de l’information. Les unités d’édition universitaires ne communiquent pas assez rapidement les résultats de recherche. Il en résulte une accumulation de manuscrits en attente de publication, une édition lente de thèses et actes de congrès et une parution irrégulière de certaines revues.

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Les revues spécialisées en BSI sont au nombre de onze, publiées par des établissements universitaires, des organisations et fondations scientifiques, des associations professionnelles et des éditeurs commerciaux [voir la liste ci-contre].

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Nous avançons ici quelques remarques sur les caractéristiques de ces périodiques :

  • absence de protocole d’édition (politique éditoriale, consignes rédactionnelles) ;

  • absence de dossiers sur des thèmes particuliers (pas de numéros spéciaux sur des sujets précis) ;

  • irrégularité de certaines rubriques (notes de lecture, chroniques, présentation de thèses et mémoires) ;

  • absence d’expertise éditoriale dans les revues professionnelles (le comité de lecture n’est pas indiqué) ;

  • longueur excessive des articles : certaines revues acceptent parfois des articles dépassant les cinquante pages, ceci pour « combler » le vide en période de pénurie en articles ;

  • irrégularité de parution témoignant des difficultés de tous genres que rencontrent les comités de rédaction (retard d’expertise éditoriale, problèmes techniques et financiers) ;

  • toutes les revues ne comprennent pas de résumés des articles ni de biographies des auteurs.

Examinons maintenant le contenu scientifique de ces publications.

2 - Productions de la recherche en BSI dans les pays d’Afrique du Nord

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Étudier les principales orientations de la recherche dans le domaine de l’information documentation et déterminer les contributions méthodologies et théoriques des chercheurs arabes n’est pas une tâche aisée. D’autant moins que la recherche est récente et que les travaux de synthèse qui pourraient nous aider font défaut. Cependant plusieurs études bibliométriques partielles qui mesurent la production scientifique en science de l’information ont apporté quelques données chiffrées intéressantes. Ces études sont limitées et concernent la production de la communauté de chercheurs en BSI d’Égypte [23], la recherche sur un thème particulier tel que l’Internet [1] ou la bibliologie [10].

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On se limitera donc à une ébauche de travail sur la recherche en science de l’information, tout en essayant d’examiner la contribution théorique des chercheurs arabes d’Afrique du Nord sur cette discipline naissante.

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La principale source d’information utilisée dans cet essai est la bibliographie spécialisée dans le domaine des bibliothèques et de l’information du professeur égyptien Mohamed Fathi Abdelhadi [2] [3], qui recense les études et travaux de recherche arabes en la matière. Cette source, la plus importante, présente toutefois quelques lacunes relatives à la description bibliographique, à la classification des thèmes ; elle ne prétend pas à l’exhaustivité puisqu’elle n’arrive pas à inventorier tous les travaux éparpillés sur différents médiums (livres, articles de périodiques, thèses, etc.) et dans différentes régions.

Thématiques développées : application et théorie

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Les recherches menées par des universitaires et professionnels arabes de l’information s’articulent autour de sept axes : théorie et méthodologie, conservation et patrimoine documentaire, traitement technique (analyse de contenu, langages documentaires), nouvelles technologies de l’information (numérisation et systèmes d’information bilingue), knowledge management, usages et usagers, et divers (sociologie de l’information, formation et métiers de l’information, formation à distance, etc.).

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Le nombre de travaux est inégalement réparti entre les différents thèmes. Les chercheurs arabes s’intéressent peu aux questions épistémologiques et méthodologiques : quelques études et recherches traitent des méthodes de recherche, des classifications de la BSI, de l’histoire de l’écrit, de la posture épistémologique. En revanche, les autres thèmes sont assez bien développés.

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Les chercheurs arabes sont préoccupés par la description du phénomène informationnel beaucoup plus que par sa compréhension et son explication. Ils s’intéressent aux moyens appropriés pour adapter les services d’information aux nouvelles technologies, et veulent agir sur des outils en perpétuelle transformation. Ceci se passe dans une période où le spécialiste arabe de l’information devrait innover, questionner les concepts, analyser le phénomène informationnel et communicationnel, développer des modèles, contribuer avec la communauté scientifique à la construction d’une base théorique pour le champ informationnel. Mais les enseignants chercheurs arabes continuent à privilégier les aspects pratiques et appliqués et d’agir peu sur le plan méthodologique [8][8] Hubert Fondin observe le même phénomène à un degré....

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Un début de réflexion théorique est toutefois apparu au cours des dix dernières années.

Réflexion théorique

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Que proposent les chercheurs d’Afrique du Nord pour organiser le domaine de l’information documentation en termes de concepts, d’objets d’étude, et de modèles ? Comment ont-ils structuré les disciplines et sections du champ informationnel ? Ont-ils avancé un plan de classification pour la science de l’information ?

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Il n’est pas facile de se positionner dans un champ « mal défriché » où un manque d’effort théorique en matière d’inventaire et de classification crée une certaine confusion. Pour établir cet inventaire, il faut se pencher sur les aspects épistémologiques et méthodologiques de la science. Une science se définit par son objet d’étude, par les modèles explicatifs qu’elle propose ou paradigmes, et par sa méthodologie.

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Voyons tout d’abord l’objet d’étude de cette science qui a vu le jour en 1958, et s’il est partagé par tous les spécialistes. Il est utile de rappeler la définition donnée par les Américains au concept d’information science : « La science de l’information étudie les propriétés et le comportement de l’information, les forces qui commandent les processus de son transfert et la technologie nécessaire pour la traiter de façon à optimiser son accès et son utilisation. [9] »

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Concernant l’objet d’étude de la science de l’information, on constate qu’il y a une divergence de vues entre les spécialistes. Certains pensent que son objet est « l’information consignée sur support » (Heilprin en 1963), d’autres avancent que c’est « le document écrit » (Welt en 1964) ou le « système d’information » (Hayes en 1964). Une approche « instrumentale » est défendue par d’autres chercheurs, tel Robert Fairthorne qui pense que « la science de l’information n’est rien d’autre qu’une fédération de technologies[9][9] Cité par Gilles Deschatelets [14, p. 15]. » ou Weisman qui parle d’« une nouvelle branche de la science qui a pris naissance de la technologie qui génère les données et les instruments de traitement de l’information[10][10] Cité par Imed Sabbagh [24]. ».

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Ces définitions s’intéressent aux activités de traitement automatisé de l’information et aux outils technologiques, ce qui entretient la confusion entre science de l’information et informatique, ou entre science et outils. Les chercheurs arabes ne se sont pas penchés profondément sur la question de l’objet d’étude, ils ne font que reprendre de façon mécanique les concepts développés par des chercheurs américains et européens. Dans leurs études sur l’information, ils s’intéressent surtout à l’« approche technoligisante ».

Plan de classification

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Les études arabes sur la classification de la science de l’information sont extrêmement rares. La bibliographie arabe de la BSI de M. F. Abdelhadi [2] [3] n’avance pas un inventaire de ces disciplines, et ne présente qu’une liste alphabétique de vedettes matières. Seule une étude de l’Algérien Madjid Dahmane [11] propose un plan de classement synthétique entre une classification épistémologique de science de l’information et une classification documentaire de la bibliologie. Son schéma comprend sept classes :

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0 - Science de l’information, bibliothéconomie, documentation et archivistique

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1 - Organismes documentaires

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2 - Sources d’information documentaires

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3 - Analyse d’information et représentation de l’information

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4 - Stockage et recherche de l’information

52

5 - Produire et reproduire, diffuser l’information

53

6 - Étude des usages et des utilisateurs

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7 - Services et techniques de soutien

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Selon son concepteur, ce plan demeure ouvert en permanence pour accueillir de nouvelles sous-classes.

Paradigmes informationnels

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Les chercheurs américains et européens ont proposé des modèles pour expliquer le phénomène informationnel, définir ses rapports avec les SIC et son caractère interdisciplinaire. Parmi ces modèles, citons le paradigme physique ou mécanique de Ellis [15], le modèle à trois processus fondamentaux (construction, traitement et usage de l’information), le modèle à quatre processus, le modèle classique de l’activité documentaire [17], le modèle de l’information retrieval, le paradigme cognitif, etc.

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Dans le contexte nord-africain, l’unique modèle proposé, à notre connaissance, est celui de deux chercheurs tunisiens. Abdelkader Ben Cheikh et Mustapha Hassen [8] avancent un modèle du processus de production qui pourrait constituer un cadre théorique à une réflexion critique de la communication écrite. Ce mode de production de la communication relève aussi bien de l’infrastructurel, à savoir l’ensemble des instruments de production, des méthodes de travail, des rapports de production (rapports de propriété, rapport émetteur-récepteur, division technique et sociale du travail), que du superstructurel, à savoir les concepts de représentations et de pratiques sociales (comportement interpersonnel, comportements de lecteur et de lecture, d’auditeur et de téléspectateur). Les mêmes auteurs intègrent dans ce schéma théorique deux notions périphériques qui sont l’espace et le champ.

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De son côté, l’Égyptien Saad al-Hajrassy reprend la notion de externalised memory de Ranganathan et parle de « théorie de la mémoire externe » ; il considère la bibliothèque comme une extension de la mémoire interne. Mais le fait de considérer la notion de mémoire externe comme théorie n’a pas été partagé par d’autres chercheurs.

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Malgré ces contributions, l’effort théorique arabe reste limité pour pouvoir élucider les concepts et participer à l’avancement, sur la scène internationale, de la science de l’information.

Autres travaux : synthèses, traductions

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Les autres travaux théoriques publiés par des chercheurs arabes sont soit des synthèses de travaux anglo-saxons, soit simplement des traductions en arabe d’œuvres de langue anglaise.

61

Dans la première catégorie figure la synthèse de l’Égyptien Ahmed Badr Information and library science : studies in theory and interdisciplinary [7]. Dans cet ouvrage, l’auteur reconnaît l’insuffisance de la réflexion théorique arabe pour construire des modèles et des théories dans la discipline. Un autre Égyptien, Hishmet Kacem, écrit Prolégomènes aux études de bibliothéconomie et science de l’information [21] où il considère que la science de l’information n’a pas atteint la phase de maturité sur le plan épistémologique et notamment dans ses aspects théoriques fondamentaux. Toutefois, il n’apporte pas de contribution personnelle sur des questions méthodologiques et théoriques.

62

Pour illustrer le deuxième cas, nous citerons la traduction par Hishmet Kacem du livre de Brian et Lina Vickery Information science in theory and practice [25].

63

L’examen de ces travaux révèle des carences dans l’effort théorique de construction d’une science de l’information dans le monde arabe comme champ d’investigation scientifique et ce malgré la présence, depuis plus de cinquante ans, de chercheurs et d’institutions universitaires et la production d’importantes recherches appliquées. Le débat sur des questions épistémologiques n’est toujours pas engagé entre les spécialistes arabes. Ces derniers ne se sont pas encore constitués en une véritable communauté scientifique pour réfléchir sur le devenir de la recherche théorique en science de l’information.

Comment promouvoir la recherche théorique en science de l’information ?

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On voit bien que la recherche théorique arabe est peu développée et que, si on a cerné le champ informationnel, on ne l’a pas encore bien consolidé. Il convient donc de réfléchir aux modalités appropriées pour édifier la science de l’information dans les pays d’Afrique du Nord. En nous référant au modèle américain de la library and information science, nous proposons trois axes qui nous paraissent essentiels pour renforcer les recherches sur les fondements théoriques et les aspects méthodologiques de cette science : la communication scientifique, les ouvrages de référence et quelques orientations de la réflexion théorique.

Communication scientifique

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La pensée théorique en science de l’information ne peut se développer sans mettre à la disposition des chercheurs des outils de travail appropriés, encourager le travail de groupes et multiplier les échanges et les contacts. Quelques moyens sont indispensables dans ce sens.

  • Création d’une base de données bibliographiques pour repérer et identifier les travaux arabes en science de l’information : la bibliographie spécialisée de Mohamed Fathi Abdelhadi servira de point de départ à cette base.

  • Production d’un index de citation arabe : il est difficile de rendre compte du développement de la discipline et de planifier les travaux de recherche en l’absence d’un citation index. L’analyse de citation sert à mesurer les activités scientifiques, à dégager les tendances de la recherche et à établir une carte des liens entre différents travaux. Il est primordial de créer un index de citation dans le monde arabe dont la gestion serait confiée à un établissement universitaire ou à un laboratoire de recherche.

  • Mise en ligne des revues arabes spécialisées en science de l’information : en plus d’une base de données bibliographiques, la numérisation des contenus des périodiques arabes et leur mise en ligne en mode open access servira à mettre en valeur les écrits de chercheurs (avec des traductions en langues étrangères), à leur assurer une meilleure visibilité sur le Net et à stimuler les débats à l’échelle régionale et internationale.

  • Création d’archives ouvertes en science de l’information pour déposer les prépublications et postpublications et pour collecter les « commentaires publics ».

  • Participation importante aux forums de discussion, aux news groups, etc.

Ouvrages de référence

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La publication de deux types d’ouvrages est nécessaire au développement de la recherche.

  • Un dictionnaire de terminologie arabe en science de l’information : les échanges et débats ne sont pas fructueux tant que les chercheurs ne parlent pas le même langage. Selon leur appartenance à la culture anglophone ou francophone, ces derniers traduisent différemment les concepts. Il devient impératif de normaliser les termes du champ informationnel et de publier un dictionnaire unifié de terminologie arabe.

  • Une encyclopédie arabe en science de l’information : l’intérêt d’une telle encyclopédie est de faire le point sur cette science et de présenter le système d’organisation des connaissances dans ce domaine. Il ne s’agit pas ici de traduire en arabe une encyclopédie existante mais plutôt de créer une œuvre qui reflète la conception que les spécialistes arabes se font de la science de l’information à un moment donné, tout en faisant appel à des contributions de la communauté scientifique internationale.

Quelques orientations de la réflexion théorique

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Un projet scientifique dans cette direction ne peut être défini ni proposé qu’après de longues discussions entre différents groupes de recherche. C’est un travail collectif qui incombe à tous les chercheurs et universitaires arabes. Nous nous contentons d’avancer quelques idées en vue de contribuer à cette pensée. « Nous avons besoin, affirme Mohamed Fathi Abdelhadi, d’une pensée arabe originale qui assimile la pensée occidentale et qui explicite les habiletés du savant et chercheur arabe en matière de créativité et de contribution scientifique, et ce en référence à un grand patrimoine arabo-musulman et à une réalité spécifique malgré l’émergence de concepts sur la mondialisation. [4, p. 194] »

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Le questionnement des concepts, la modélisation du phénomène informationnel et la proposition de plan de classification, la redécouverte des origines culturelles des notions du champ informationnel constituent les jalons de cette réflexion. La recherche en science de l’information n’est pas une recherche pure, étrangère à tout contexte social. Bien au contraire, elle ne peut qu’être insérée dans l’histoire. Le phénomène informationnel se développe dans les conditions socioculturelles propres à chaque société. Le fait d’« enraciner les concepts [20] » signifie la nécessité de se libérer des modèles théoriques du savoir occidental et ensuite de produire un savoir adapté aux spécificités de la réalité arabe et africaine.

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Mars 2008


Références

  • 1 –  Mohamed Fathi Abdelhadi. « The Internet and the information and library services : a bibliometric study of the Arab intellectual production » [en arabe]. In : Arab Libraries in the Third Millennium: infrastructure, technology, manpower capability. AFLI XIIe Annual conference, Sharjah, 5-8 November 2001. Sharjah : Sharjah University, 2003
  • 2 –  Mohamed Fathi Abdelhadi. La production intellectuelle arabe en bibliothéconomie et information : 1997-2000. Riyad : King Fahd National Library, 2003
  • 3 –  Mohamed Fathi Abdelhadi. La production intellectuelle arabe en bibliothéconomie et information : 2001-2004. Riyad : King Fahd National Library, 2007
  • 4 –  Mohamed Fathi Abdelhadi. al-Maktabat wa al-Maalumat fi Alam Jedid = Les bibliothèques et l’information dans un monde nouveau. Le Caire : al-Masriyah, 2007
  • 5 –  Mohamed Fathi Abdelhadi, Abdelmajid Bouazza. « Education for library and information science in Egypt, Maghreb countries and Sudan: a survey ». Revue arabe d’archives de documentation et d’information, décembre 2000, n° 7-8, p. 9-22
  • 6 –  Mohamed Fathi Abdelhadi, Shérif Shahin. Les bibliothèques publiques et les bibliothèques nationales dans le monde arabe [en arabe]. Tunis : ALECSO, 2003
  • 7 –  Ahmed Badr. Information and library science: studies in theory and interdisciplinarity [en arabe]. Le Caire : Publisher Gharieb bookshop, 1996
  • 8 –  Abdelkader Ben Cheikh, Mustapha Hassen. « Science de la communication, science de l’écrit : formation et modèle théorique sous-jacent ». Revue tunisienne de communication, janvier-juin 1993, n° 13, p. 7-17
  • 9 –  H. Borko. « Information science : what is it? ». American documentation, January 1968, p. 3-5
  • 10 –  Abdelmajid Bouazza, Naceur Kefi. « Étude bibliométrique de la production tunisienne dans le domaine de la bibliologie à travers quatre périodiques spécialises de 1980 à 1988 ». In : Théorie, méthodologie et recherche en bibliologie. Paris : Bibliothèque nationale, 1991
  • 11 –  Madjid Dahmane. « La taxinomie des sciences de l’information entre les paradigmes classiques et l’évolution actuelle : quels enseignements ? ». Revue d’information scientifique et technique, 1997, n° 1, p. 29-52. Résumé : http:rist. cerist. dz/ revue. asp
  • 12 –  Madjid Dahmane. « La recherche en sciences de l’information en Algérie : état actuel et perspectives ». In : Recherches récentes en sciences de l’information : convergences et dynamiques, sous la dir. de Viviane Couzinet et Gérard Régimbeau. Paris : ADBS Éditions, 2002. P. 31-37
  • 13 –  Anthony Debons, Esther Horne, Scott Cronenweth. Information science: an integrated view. Boston : G. K. Hall, 1988
  • 14 –  Gilles Deschatelets. « L’enseignement des technologies de la DBA ». Revue maghrébine de documentation, 1992, n° 6-7
  • 15 –  David Ellis. « A Behavioural approach to information retrieval system design ». The Journal of Documentation, September 1989, n° 3, p. 171-212
  • 16 –  Hubert Fondin. Ergonomie des systèmes d’information documentaire : les hommes et leurs pratiques. Université Michel De Montaigne Bordeaux-3, 1991. Thèse de doctorat d’État en lettres et sciences humaines
  • 17 –  Hubert Fondin. « La science de l’information : contribution pour un paradigme informationnel ». Documentation et bibliothèques, janvier-mars 2003, n° 1, p. 23-29
  • 18 –  Wahid Gdoura. « La conception de la bibliologie chez Al-Kalkashandi ». In : Bibliologie, communication et culture. Actes du 9e colloque international de bibliologie, Tunis, 21-24 mars 1990. Tunis : IPSI, 1993. P. 39-49
  • 19 –  Wahid Gdoura. « L’autre accès à l’information dans les sociétés en émergence : étude de cas du monde arabe ». Revue maghrébine de documentation et d’information, 2005, n° 13-14-15
  • 20 –  Sadok Hammami. « Les SIC : réflexion sur les difficultés d’émergence d’une discipline ». Revue tunisienne de communication, 2005, n° 45, p. 7-42
  • 21 –  Hishmet Kacem. Madhkal li-Dirasset al Maktabat wa ilm al-Maaloumat = Prolégomènes aux études de bibliothéconomie et science de l’information. Le Caire : Publisher Gharieb bookshop, 1995
  • 22 –  Mary Maack. « La formation professionnelle des bibliothécaires aux États-Unis ». Bulletin des bibliothèques de France, 1984, t. 29, n° 1
  • 23 –  Oussema Sayed Mahmoud. « La production intellectuelle égyptienne en bibliothéconomie et information : 1996-2000. Étude analytique ». Arab Journal of Library and Information Science, 2005, n° 1, p. 5-26
  • 24 –  Imed Sabbagh. « Évolution du concept d’informatologie ». Études et recherches en BSI dans le monde arabe. Colloque AFLI. Zaghouan : CEROMDI, 1994
  • 25 –  Brian Vickery, Alina Vickery. Information science in theory and practice. London : Buttoroworth, 1987.
    Traduction en arabe de Hishmet Kacem. Le Caire : Publisher Gharieb bookshop, 1991

Notes

[1]

Cet article est une version révisée et mise à jour d’une communication faite en août 2007 au soixante-treizième congrès de l’IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions). Il a été publié en langue anglaise dans la revue IFLA Journal (June 2008, vol. 34, n° 2, p. 169-179) que nous remercions de nous avoir autorisés à en faire paraître ici la version française.

[2]

Al-Kalkashandi. Sobh al acha fi sinàt al incha [Le matin de l’héméralope ou l’art de la rédaction]. Voir [18].

[3]

Abderrahmen Ibn Khaldoun. Al Mukaddima [Prolégomènes]. Tunis : SILDAR, 2006.

[4]

Voir [19, p. 44-45].

[5]

Rappelons que la première école des bibliothèques fut fondée par Melvil Dewey en 1887 à l’Université Colombia de New York. Plusieurs écoles ont pris naissance par la suite aux États-Unis et en Grande-Bretagne, puis dans toute l’Europe. L’Association américaine des bibliothécaires (ALA) a pris en charge dès 1900 l’évaluation des programmes de formation et l’élaboration de normes d’enseignement en bibliothéconomie. L’Université Case Western Reserve aux États Unis a été la première à lancer en 1950 une formation en science de l’information, se démarquant ainsi des programmes de librarianship.

[6]

En Tunisie, l’enseignement de la bibliothéconomie a débuté dans une institution de formation de cadres de la fonction publique, l’École nationale d’administration (1969-1970), avant d’être assuré par l’Université de Tunis (1979).

[7]

L’institut Ali Bach Hamba de Tunis fut le premier établissement à créer en 1964 un cycle court de six mois destiné au recyclage des professionnels en Tunisie. Cette formation venait répondre aux besoins les plus urgents de l’administration tunisienne. Un Centre de techniques bibliographiques était aussi créé, un an plus tard, au sein de la Bibliothèque nationale de Tunis, pour former des techniciens de bibliothèques.

[8]

Hubert Fondin observe le même phénomène à un degré moindre dans d’autres lieux : les professionnels de l’information « veulent expérimenter, manipuler, appliquer avant même d’avoir acquis les outils théoriques qui leur permettraient de comprendre le fonctionnement des différents objets, et surtout d’intégrer ces objets dans leur environnement » [16, p. 23].

[9]

Cité par Gilles Deschatelets [14, p. 15].

[10]

Cité par Imed Sabbagh [24].

Résumé

Français

Quelle est la physionomie de la recherche en bibliothéconomie et science de l’information en Afrique du Nord ? Wahid Gdoura étudie dans cet article [1] l’évolution récente et la situation de ce secteur de recherche dans ses rapports avec les mutations de celui de l’information. Après s’être penché sur les conditions et les moyens de la recherche et de la publication scientifiques dans six pays, il analyse les caractéristiques de base de leur production. Le volume de celle-ci est encore modeste, et son contenu est marqué par la prédominance des études appliquées et la relative absence de travaux théoriques et méthodologiques. Des propositions pour développer une recherche théorique nord-africaine concluent cette étude.

English

What are the features of library and information science research in North Africa ? Wahid Gdoura looks at recent changes and the current status of this research sector, comparison with changes in the information sciences. After a look at conditions and the means available to scientific research and publishing in six countries, the author analyses the basic features of their scientific production. Volume remains modest, while content is dominated by applied research with a relative absence of theoretical and methodological research. He offers some suggestions to develop theoretical research in North Africa.

Español

Cómo se presenta la investigación en biblioteconomía y en ciencia de la información en África del Norte ? En su artículo Wahid Gdoura estudia la evolución reciente y la situación de este sector de investigación en sus relaciones con las mutaciones del sector de la información. Después del estudio de las condiciones y de los medios de la investigación y de la publicación científicas en seis países, el autor analiza las características de base de su producción científica. La importancia de ésta es modesta todavía y su contenido es acentuado por el predominio de los estudios aplicados y por la relativa ausencia de estudios teóricos y metodológicos. Varias proposiciones para desarrollar una investigación teórica norteafricana concluyen dicho estudio.

Deutsch

Welche Ausprägung hat die Forschung in der Bibliothekonomie und der Informationswissenschaft in Nordafrika? In diesem Aufsatz studiert Wahid Gdoura die aktuelle Entwicklung und die Situation in diesem Forschungsbereich in Bezug auf die Veränderungen im Bereich der Information. Zunächst beschreibt er die Bedingungen und Möglichkeiten zur Forschung und wissenschaftlichen Publikation in sechs Ländern, und analysiert anschließend die grundsätzlichen Aspekte ihrer wissenschaftlichen Produktion. Ihre quantitative Anzahl ist noch bescheiden, und ihr Inhalt ist überwiegend von angewandten Studien gekennzeichnet, während theoretische und methodische Studien selten sind. Dieser Beitrag schließt mit Vorschlägen zur Entwicklung einer nordafrikanischen theoretischen Forschung.

Plan de l'article

  1. 1 - L’organisation de la recherche en Afrique du Nord
    1. Aux origines de la pensée arabe en bibliothéconomie : les précurseurs du Moyen Âge
    2. Cadre général : le secteur de l’information dans les sociétés arabes
      1. Les bibliothèques comme points d’accès public à l’information
    3. Environnement de recherche et de publication en BSI
      1. Établissements d’enseignement et de recherche arabes en BSI
      2. Activités de recherche
      3. Associations et fondations scientifiques
      4. Activités d’édition en BSI
  2. 2 - Productions de la recherche en BSI dans les pays d’Afrique du Nord
    1. Thématiques développées : application et théorie
    2. Réflexion théorique
      1. Plan de classification
      2. Paradigmes informationnels
      3. Autres travaux : synthèses, traductions
    3. Comment promouvoir la recherche théorique en science de l’information ?
      1. Communication scientifique
      2. Ouvrages de référence
      3. Quelques orientations de la réflexion théorique

Pour citer cet article

Gdoura Wahid, « Tendances de la recherche nord-africaine en science de l'information : entre théorie et application », Documentaliste-Sciences de l'Information, 3/2008 (Vol. 45), p. 4-12.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2008-3-page-4.htm
DOI : 10.3917/docsi.453.0004


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