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Documentaliste-Sciences de l'Information

2009/2 (Vol. 46)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.462.0022
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Les professionnels de l’I-D et le web de demain

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Prospective. Sous le titre « Quel web demain ? », une journée d’étude proposée le 7 avril 2009 par l’EBD et l’ADBS invitait à s’interroger sur la place et le rôle que le web 2.0 et ses successeurs déjà annoncés réservent aux professionnels de l’information et documentation. Cette manifestation était conçue comme un prolongement de la réflexion entamée dans le dossier du dernier numéro de Documentaliste – Sciences de l’information : « Web 2.0 et information-documentation : évolution ou révolution ? »

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Les mouvements en cours autorisent une vision optimiste de l’avenir des professionnels de l’I-D. Des perspectives prometteuses leur sont notamment ouvertes par la profonde transformation introduite par le web 2.0 dans la manière de gérer des projets et par la place qu’ils peuvent revendiquer d’« architectes de données », fonction indispensable au développement du web de demain. De plus, l’usage des outils collaboratifs du web 2.0 et une meilleure connaissance des profils de leurs utilisateurs grâce à l’analyse « automatique » de leurs pratiques conduiront ces professionnels de l’I-D à renouveler profondément les produits et services qu’ils proposent à leurs clients et, partant, la relation qu’ils entretiennent avec eux – thème de notre prochain dossier.

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Cette journée d’étude, co-organisée par l’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS) et l’École des bibliothécaires documentalistes (EBD), a réuni six intervenants autour des thèmes du web 2.0 et du web de demain. Il s’agissait de réfléchir à l’utilisation des services « 2.0 » qui sont de plus en plus proposés aux utilisateurs par les professionnels de l’information et de la documentation, et de prendre conscience des nouveaux usages du web que l’on voit se dessiner pour un proche avenir.

La conduite de projet web 2.0

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Dans un exposé descriptif, Ali Ouni, responsable du pôle Conseil Web 2.0 à la Société Kap IT, a présenté les changements induits par les technologies du web 2.0 lors d’une conduite de projet. Après avoir défini la notion de gestion de projet, Ali Ouni a insisté sur l’importance de déployer des solutions web dans l’entreprise. Il a fait ressortir les évolutions de la gestion de projet et de l’équipe qui s’y consacre. Le chef de projet n’occupe plus la même place : anciennement gestionnaire individuel du projet, il joue plutôt aujourd’hui un rôle d’animateur au sein d’une opération collaborative. Il voit sa fonction évoluer mais ne perd pas pour autant son habilitation à décider de l’orientation du projet, ce qui lui permet d’apporter à son poste une valeur ajoutée.

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Pour accompagner ces évolutions, Ali Ouni a décrit certains outils web 2.0 susceptibles de faciliter la gestion de projet, tels que les blogs, le microbloging et les wikis, et les outils dédiés à la conduite de projet 2.0 (Wrike, Basecamp, etc.). En somme dans une gestion de projet 2.0, il s’agit de s’orienter vers une gestion moins structurée et plus collaborative en intégrant des méthodologies et des outils adéquats.

Le développement de communautés thématiques

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Le web 2.0 peut aussi renouveler et enrichir certains usages en bibliothèque. Silvère Mercier, bibliothécaire responsable du numérique au réseau de médiathèques de Val d’Europe, a insisté sur le bénéfice du développement des communautés thématiques pour ces établissements. Le bibliothécaire doit jouer son rôle dans ce foisonnement d’information et appréhender cette abondance de contenus. Après une brève définition du web 2.0 et de ses applications, il a explicité par de nombreux exemples la nouvelle place du bibliothécaire dans l’écosystème des usagers.

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Il s’agit d’offrir de nouveaux services adaptés à des usagers qui ont de plus en plus l’habitude de travailler dans un environnement web 2.0. Par exemple, l’équipe de la médiathèque de l’ESC de Lille s’est définie sous la forme d’avatar pour intégrer l’univers du web et y tenir une place en tant qu’animatrice et groupe de personnes ressources des communautés. Dans ce cas une réflexion doit être menée sur les outils employés en bibliothèque et les nouvelles fonctions du bibliothécaire. Ce dernier peut devenir un créateur et un diffuseur de contenus via des communautés thématiques. À la Médiathèque de Val d’Europe, l’équipe de Silvère Mercier a opté pour un projet à base d’étiquettes sur des livres, comprenant un commentaire critique et un conseil de lecture du bibliothécaire, et un wiki.

Un éditeur public face au web 2.0

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Avec Olivier Roumieux, administrateur de site à La Documentation française, nous avons pu prendre connaissance de la position adoptée face au web 2.0 par un éditeur public. La problématique de celui-ci se situe surtout au niveau de la diffusion de ses ouvrages et de ses études. L’équipe a donc mis en place plusieurs projets visant à atteindre cet objectif. Après la syndication et l’agrégation de contenus, une réflexion autour de la création d’une vitrine Netvibes adressée aux utilisateurs a été menée au sein des divers services.

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L’organisme se tourne aujourd’hui vers de nouveaux horizons. Il pense ainsi à s’orienter vers des projets sur mobiles, vers la création de dossiers virtuels et de widgets spécifiques pour l’internaute et vers le développement des réseaux sociaux. Mais la question qui se pose à La Documentation française est encore de savoir s’il est plus avantageux de proposer son propre espace d’agrégation ou plutôt de faciliter l’exploitation de ses contenus dans les services existants.

Repères

Les professionnels de l’information face aux défis du « web de données »

« Les professionnels de l’information ont un rôle fondamental à jouer. Le web tel que nous le connaissons aujourd’hui a déjà permis de mettre en lumière l’importance de la maîtrise de l’information pour trouver et exploiter le contenu à disposition sur le web. Le web de données offre de nouvelles perspectives tant il place les données, leur modélisation, leur exploitation et leur représentation au cœur des problématiques. Or, qui mieux que les professionnels de l’information sont en mesure d’aider dans ce domaine à la fois les utilisateurs, les concepteurs de systèmes, les ingénieurs et autres informaticiens ? »

Extrait de l’intervention de Gautier Poupeau

Le web de données : un défi pour les professionnels de l’I-D

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Le web sémantique, aussi appelé web de données ou web 3.0, est un concept créé par Tim Berners-Lee. Le traitement des données structurées est au cœur du web sémantique qui constitue une extension du web. Il regroupe un ensemble de technologies et de standards (Unicode, URI, XML, ontologies, RDF, etc.). Fondé sur RDF, ce web permet de représenter l’information sous forme de graphes et de modéliser les données des utilisateurs de façon cohérente. Les professionnels de l’information ont un rôle clé à jouer dans la mise en place du web sémantique car ils sont habitués à gérer des données structurées et des référentiels [voir ci-dessus]. Ils peuvent aussi jouer le rôle d’architectes de données, intermédiaires entre l’expert fonctionnel et l’architecte technique, pour modéliser les données dans les systèmes d’informations sur le web.

Un exemple de référentiel terminologique

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Un référentiel terminologique « maladies animales » a été mis en place par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) au sein du portail CERISA (Portail en santé animale et santé publique vétérinaire) pour améliorer la recherche et l’indexation. Le référentiel rend possible la navigation croisée au sein des ressources en associant des noms de maladies, des agents pathogènes et des mots-clés. Ce référentiel facilite l’indexation par une liste contrôlée des noms de maladies associés à des métadonnées. Il a donc permis de mieux structurer le portail. Il est l’amorce d’une ontologie mettant des termes en relation et permettant un échange et un partage des métadonnées.

De nouvelles possibilités pour offrir des services adaptés aux besoins des utilisateurs

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La recommandation personnalisée permet de proposer à l’utilisateur des suggestions correspondant à ses goûts. Elle repose sur le filtrage collaboratif. Les communautés virtuelles partagent des centres d’intérêt. Les profils similaires permettent de suggérer de nouveaux centres d’intérêts pour les membres d’une même communauté. Le filtrage personnalisé tient compte des votes de l’internaute pour déterminer ses goûts. L’observation du comportement de l’utilisateur repose sur l’emploi de fichiers logs. Le clickstream montre le chemin emprunté sur le web et restitue l’historique de recherche. Cela permet de synthétiser des informations collectables et exploitables pour dresser le profil des utilisateurs. Cette démarche s’inscrit dans le web 4 : un web social automatique. •

Plan de l'article

  1. Les professionnels de l’I-D et le web de demain
    1. La conduite de projet web 2.0
    2. Le développement de communautés thématiques
    3. Un éditeur public face au web 2.0
    4. Le web de données : un défi pour les professionnels de l’I-D
    5. Un exemple de référentiel terminologique
    6. De nouvelles possibilités pour offrir des services adaptés aux besoins des utilisateurs

Pour citer cet article

Maresse Yolène, Puylaurent Chamila, « Métiers et compétences », Documentaliste-Sciences de l'Information, 2/2009 (Vol. 46), p. 22-23.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-2-page-22.htm
DOI : 10.3917/docsi.462.0022


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