Accueil Revues Revue Numéro Article

Documentaliste-Sciences de l'Information

2009/2 (Vol. 46)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.462.0066
  • Éditeur : A.D.B.S.

ALERTES EMAIL - REVUE Documentaliste-Sciences de l'Information

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 66 - 77

Une grande richesse des points de vue sur les aspects fondamentaux du KM

Vers le KM 2.0 : quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs. Coordonné par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala. Paris : Vuibert, 2008. – 269 p. – (Entreprendre Informatique). – ISBN 978-2-7117-6936-0 : 28 €

1

Dans l’introduction de cet ouvrage, Aurélie Dudezert et Imed Boughzala rappellent les fondements sur lesquels repose le knowldege management et l’évolution qui ouvre sur une nouvelle ère, celle du KM 2.0. C’est dans ce cadre qu’est organisé, en 2007 à l’École centrale de Paris, le KM Workshop. Les auteurs en rappellent l’historique et annoncent la question clé de ces rencontres, énoncée dans le titre général donné au livre. Cette question structure l’ouvrage autour de trois principaux axes de recherches : KM et travail collaboratif, KM et relations organisationnelles, et KM et competitive strategy.

KM et travail collaboratif

2

La première partie commence par une communication d’Imed Boughzala, « Ingénierie de la collaboration pour le KM », dans laquelle il s’interroge sur ce concept et sur la place des technologies collaboratives dans le partage et la création de ces connaissances. Cela la conduit à introduire la notion de « partageabilité des connaissances ». Jean-Christophe Mielnik et Édith Felix lui emboîtent le pas avec une autre interrogation : « Quel partage des connaissances en entreprise à l’heure du web 2.0 et de l’intelligence collective ? » Les auteurs analysent, en s’appuyant sur un schéma très simple et très clair, les différences principales qui caractérisent les chemins possibles vers les futures plates-formes de gestion des connaissances en entreprise. « Une étude expérimentale des usages des wikis en entreprise dans la mouvance du web 2.0 », signée par Ali Ouni, clôture cette première partie en décrivant une étude expérimentale des usages de wikis au sein d’une grande entreprise de l’industrie automobile. Ces trois chapitres s’appuient sur des exemples d’entreprises réelles. Ils permettent de concrétiser les transformations en profondeur des organisations vers de nouvelles entreprises 2.0 utilisant massivement les possibilités offertes par le web 2.0.

KM et relations organisationnelles

3

Agnès Lancini ouvre la deuxième partie de l’ouvrage avec une réflexion, dans son avant-propos, sur les « Enjeux et perspectives du KM interorganisationnel » ou IKM, accompagnée de la proposition d’un cadre théorique pour traiter ce sujet. Elle dresse une typologie des formes interorganisationnelles et envisage leurs perspectives de déploiement. Le premier chapitre, signé par Nathalie Fabbe-Costes, porte sur « Supply chain management et pratiques interorganisationnelle de gestion des connaissances : contributions à une réflexion sur le IKM ». Après avoir défini avec précision le concept de supply chain management (SC), elle présente une analyse en profondeur de l’articulation entre KM et SC, complétée par un état de l’art et des pratiques. Elle clôt cette étude en ouvrant sur quelques pistes à suivre pour relever le défi du IKM en SC. Elle complète son étude par une très longue bibliographie dans laquelle les chercheurs anglo-saxons sont très présents.

4

Agnès Lancini et Faycal Benabdallah s’intéressent au « Déploiement d’un système de gestion des connaissances interorganisationnel : cas d’un centre d’appels d’assistance technique ». Ils veulent répondre à la question posée par une entreprise : comment répondre efficacement aux demandes variées des clients suite à l’achat de produits techniques. Ce cas permet de souligner les avantages des démarches de IKM mais aussi les difficultés rencontrées. Aude Schindler décrit « Le pilotage des centres de recherche des pôles de compétitivité : le cas du centre intégré MIR Cen (CEA) ». Après avoir souligné la spécificité et les problématiques soulevées par ce type de centre, l’auteur démontre comment les démarches de KM constituent un levier de pilotage des entreprises du pôle.

KM et competitive strategy

5

La troisième partie est présentée par Aurélie Dudezert qui dresse un historique du KM pour en dire les évolutions socio-économiques et souligner qu’un enjeu de taille du KM « repose sur l’intégration des pratiques et démarches KM au cœur du développement stratégique de l’organisation dans une finalité offensive vis-à-vis de l’environnement ». Cette partie se compose de deux chapitres aux proportions très inégales dues à l’éclatement du chapitre 3 en 5 sous-chapitres.

6

Avec Christophe Binot, A. Dudezert signe le premier chapitre situant la « Place du KM dans les nouveaux modes organisationnels : la "network centric enterprise" » calquée sur le modèle militaire : Network Centric Warfare. L’application de cette démarche chez Wal Mart illustre l’intérêt d’un tel choix sur le marché concurrentiel de la grande distribution. Une autre entreprise préoccupe Nathalie Dupuis-Hepner, Christine Toumieux, Fanny Stosskopf et Aurélie Dudezert qui étudient « KM et alignement "business" ou comment le KM accompagne le projet du développement d’une organisation : cas d’Ernst & Young France ». Après avoir présenté l’entreprise et expliqué comment la mise en place du KM s’y est effectuée, les auteurs signalent les grandes évolutions à venir dans sa nouvelle organisation.

7

Aurélie Dudezert est encore présente avec, cette fois, Elénore Mounoud, pour dire les « Défis et opportunités : le KM entre technologies, comportements et organisations » : « L’enjeu des années à venir sera […] vraisemblablement de redonner du sens et de l’intérêt pour le collaborateur à développer et partager son savoir de façon préférentielle au sein de l’entreprise. » « La gestion des ressources humaines : un catalyseur des politiques de knowledge manage ment ? » constitue l’interrogation d’Isabelle Bourbon et de Nathalie Tessier qui, après avoir montré l’importance des pratiques et outils de GRH dans la mise en œuvre d’un programme de KM, présentent les résultats d’une étude empirique sur les pratiques d’évaluation en GRH. Enfin, Jean-Pierre Iuncker, Sandrine Bréchot, Frédéric Changener, Edwige Roncière, Martine Chicault, Imed Boughzala expliquent la « Capitalisation des connaissances dans les métiers du son au sein de "l’expérimentation de compagnonnage" à Radio France ». Il s’agit de rédiger le livre des connaissances d’un chef opérateur avant son départ à la retraite afin de préserver la mémoire des métiers et faire prendre conscience de la richesse du savoir développé en commun au sien d’une organisation.

La gestion des connaissances dans le champ de l’entreprise

8

Mickal Gardoni clôture cet ouvrage par « KM, R&D et innovation : des concepts matures, des applications à approfondir ». Il présente deux théories, TRIZ et C-K, cadres généraux pour résoudre collectivement des problèmes de conception en incitant à la création de nouvelles connaissances dans un but d’innovation.

9

Patrick Charpentier assure enfin l’« Ouverture », pour souligner l’intérêt primordial de cet ouvrage qui s’intéresse à la gestion des connaissances dans le champ de l’entreprise, qui reste peu exploré. Il apporte son témoignage comme directeur général de l’Institut de l’exploitation ferroviaire du groupe SNCF. Il rejoint en ce sens les témoignages des auteurs des différents textes, très présents sur le terrain des entreprises dont ils analysent la gestion des connaissances. Un des intérêts majeurs de cet ouvrage réside principalement dans la diversité des auteurs et de leurs situations professionnelles. Cela permet d’apporter aux lecteurs non seulement une information théorique puissante sur le KM 2.0 (ce dont témoigne la bibliographie), mais aussi une possibilité de comprendre que ce KM 2.0 n’est pas un concept sans racines, purement théorique ou né d’un phénomène de mode. La gestion des connaissances est une facette prise en compte par un nombre sans cesse croissant d’entreprises. Cela permet de percevoir que ces dernières sont sur le seuil de nombreux changements en profondeur.

10

En permettant de trouver le trait d’union qui relie passé et avenir, expérience et création, le KM 2.0 devrait permettre aux entreprises de faire face aux défis du changement. À ce titre, le professionnel de l’information trouvera dans cet ouvrage beaucoup d’informations mais aussi un aperçu très réaliste de ce que devient ou va devenir, à l’heure du KM 2.0, l’entreprise dans laquelle il travaille.

11

Marie-France Blanquet

Un large aperçu de la recherche sur l’information dans les organisations

L’information dans les organisations : dynamique et complexité. Sous la direction de Christiane Volant. Colloque international organisé par le Centre d’étude du débat public et des médiations, Tours, 6-7 avril 2006 /. – Tours : Presses universitaires François Rabelais, 2008. – 364 p. – (Perspectives « Villes et territoires », ISSN 1635-6187 ; 19). – ISBN 978-2-86906-239-9 : 25 €

13

Il n’est jamais facile de résumer des actes de colloque du fait même du nombre important de communications (vingt-deux dans les présents actes en sus des textes introductifs aux séances) et de la diversité des sujets ou approches abordés, même s’il y a un thème censé être fédérateur.

Positionnement des sciences de l’information et de la documentation

14

En introduction, Nathalie Mitev dresse un « Tour d’horizon de la recherche anglophone sur les systèmes d’information dans les organisations » et tente ainsi de positionner intellectuellement les sciences de l’information et leur évolution au cours des vingt ou trente dernières années. Regina Maria Marteleto dresse aussi un panorama de la recherche en SI, mais au Brésil. Elle explique l’émergence récente de la discipline dans ce pays et la distinction qu’il convient de faire entre la recherche universitaire et celle menée par des professionnels agissant dans le cadre d’agences publiques sectorielles. Elle conclut sur l’inéluctable évolution de ce champ de recherche. Dans la conférence finale, Viviane Couzinet tente de décrire le « modèle » français de la recherche en sciences de l’information, évoquant les relations qu’entretiennent les enseignants-chercheurs avec le monde des praticiens des bibliothèques ou de la documentation et listant les différents laboratoires œuvrant dans le champ.

Le management de l’information au sein des organisations

15

Odile Boizard-Roux évoque les premières conclusions d’une étude d’impact menée au sein de deux entreprises soumises à forte concurrence et concernant l’influence des systèmes d’information modernes. Il en ressort que le changement induit est assez lent, du fait notamment d’une relative inertie des organisations ou d’une gouvernance pas toujours appropriée. Nicolas Moinet analyse trois cas de non-maîtrise de l’information stratégique ; il démontre que l’apport du cycle de la maîtrise de l’information dans des environnements complexes et turbulents n’est pas prééminent s’il ne s’intègre pas au sein de ce qu’il appelle le « couple agilité / paralysie stratégique ».

16

Qu’en est-il dans le secteur public ? Amar Lakel étudie de façon critique la construction du programme français d’administration électronique. L’arrivée d’Internet et la possibilité d’une ouverture des systèmes de communication sociale laissaient espérer l’ouverture de processus d’innovation et une mutation radicale du management public dans les questions d’information et de communication. Le champ du possible est large, mais le poids de la culture bureaucratique et de l’hyper-rationalisme n’a pas vraiment permis à la France de transformer le mode d’administration publique.

17

De façon plus théorique, Huguette Rigot aborde la problématique de l’« organisation informationnelle » chez les chercheurs en sciences humaines et sociales, en situant ce concept par rapport à ceux de situation de communication, de système d’information et d’individu communiquant. Elle s’interroge sur l’opportunité de mettre plutôt en avant l’« agir informationnel » et analyse les cinq principaux actes informationnels des chercheurs en SHS.

18

Restons dans le champ du management de l’information et des connaissances au sein de l’entreprise. Annette Béguin-Verbrugge porte un regard critique sur les pratiques des knowledge managers en questionnant le rapport entre information et communication à travers un dispositif complexe et dynamique. Elle pose le problème de la représentation sociale des connaissances et de la responsabilité des choix que cela implique ; et souligne l’importance de passer de la dimension technique et de la typologie des savoirs à la dimension sémiotique et cognitive. La pérennité du dispositif mis en place en dépend. Youcef Amerouali cherche à développer un modèle pour la quantification des connaissances et savoir-faire d’une entreprise. Il dresse un bref panorama des différents types d’évaluation du capital immatériel pour se centrer ensuite sur les éléments qui contribueraient à l’évaluation quantitative des connaissances.

Interactions outils / organisation de l’information / utilisateurs

19

À partir d’une approche webométrique portant sur l’analyse des pages d’accueil des sites institutionnels des universités françaises, David Reymond met en évidence une complexité informationnelle croissante dans les grandes organisations et tente de dégager une modélisation conceptuelle de communication et de gestion ou de syndication de contenu.

20

Avec un autre éclairage, Dominique Cotte aborde la problématique de la médiatisation des espaces de travail en analysant l’organisation des informations sur les écrans dans les intranets ou portails d’entreprise, l’articulation entre la représentation de l’espace collectif et la satisfaction des besoins individuels, ainsi que la difficulté de passer du volume au plan. Il souligne la relative complexité de la gestion de l’information dans un environnement informatisé et l’écart qui subsiste par rapport au discours simplificateur des fournisseurs de solutions.

21

À travers trois cas d’organisations caractérisés par un système d’information ou un projet novateur, et en observant conjointement les discours, les perceptions et les pratiques qui s’entremêlent dans différentes logiques d’acteurs, Angélique Roux tente de mettre en évidence la dynamique et la complexité des interactions informationnelles. Elle examine l’influence de la structuration de l’outil assignée par les concepteurs et les décideurs, mais aussi d’autres facteurs qui interfèrent au sein du processus d’appropriation par les utilisateurs.

D’autres facettes

22

Cécile Gardiès a pris l’exemple du réseau documentaire des CDI dans l’Enseignement agricole pour étudier comment se confronte la gestion singulière de l’information à une approche collective du traitement de celle-ci. Elle met en évidence la complexité du traitement de l’information documentaire mais aussi le rôle d’un réseau comme « organisation apprenante » et facilitateur de la professionnalisation des acteurs.

23

Marta Pinheiro Aun expose un sujet de recherche qui sort de l’entreprise et qui a trait aux politiques d’information dans la société contemporaine. L’information assume un nouveau rôle économique et les TIC influent sur le processus de construction des politiques d’information ; mais se pose la prise en compte des aspects socioculturels et l’incidence d’une nouvelle société en réseau. Les risques d’exclusion dans la société de l’information sont réels ; aussi voit-on évoluer les politiques d’information en vue de favoriser des opportunités de développement.

24

Les PME ont parfois des difficultés à exprimer auprès des cabinets conseils leurs besoins en matière de système d’information. Pour cet environnement complexe, Sabrina Boulesnane et Laïd Bouzidi proposent une démarche méthodologique fondée sur une analyse des référentiels informationnels des différents acteurs et aboutissant à un système d’aide à l’interprétation des besoins.

25

L’objet de la communication de Samuel Tietse porte sur les pratiques informationnelles et plus spécialement sur l’évolution du comportement informationnel des médecins en milieu hospitalier. Il montre comment ceux-ci passent d’une situation de médiation documentaire à l’accès direct à l’information par la navigation numérique ; il souligne l’importance d’une orientation « activité » dans la conception des systèmes d’information. Autre recherche portant sur les pratiques d’accès à l’information : le cas des chargés d’études économiques et des analystes. Éric Thivant tente de dégager des points de convergence malgré des activités aux finalités différentes menées par les personnes interviewées. En procédant à une analyse de discours d’experts, Evelyn Goyannes Dill Orrico et Carmen Irene Correia de Olvieira ont étudié le rôle de la métaphore dans la construction d’une identité de groupe.

Système d’information et patrimoine

26

Julien Tassel s’est intéressé aux outils de représentation graphique du temps, soulignant l’ancienneté de cette tradition chronologique et montrant que ces outils transforment le temps en information. Il pose un regard critique sur ces outils qui simplifient les événements et s’interroge sur leurs relations avec le management et le pouvoir en s’appuyant sur l’exemple d’une entreprise bancaire.

27

Patrick Fraysse a cherché à identifier les modalités selon lesquelles le concept de patrimoine se construit, se transmet et se transforme à travers l’étude des dispositifs info-communicationnels dédiés au patrimoine monumental et de leur évolution dans le temps ; il met en évidence le lien étroit qui existe entre patrimonialisation et représentations iconographiques. Gérard Régimbeau soulève le problème de la conception d’une typologie qui soit une aide à la recherche d’information en art contemporain ; il illustre son propos par une étude comparative des catégories d’information menée sur cinq sites web dédiés aux arts plastiques ou à l’histoire de l’art.

28

Enfin, Medhi Gharsallah aborde la problématique de l’intégration du système d’information dans la conservation du patrimoine numérique des entreprises et, en particulier, de l’extension de cette notion de patrimoine aux sites web. Son propos s’appuie sur l’analyse comparée de la démarche retenue pour le site portail du Premier ministre et celle retenue pour celui du site portail de la région wallonne.

29

Ce colloque donne un bon aperçu, tout en restant partiel, de l’étendue du champ d’étude de la recherche en sciences de l’information. Bien qu’émanant de chercheurs et destinés à d’autres chercheurs, les propos exposés dans ces actes, pour leur grande majorité, sont accessibles aux praticiens et leur lecture peut les aider à prendre un peu de recul sur leurs pratiques professionnelles.

30

Éric Sutter

Pour faire le tour du métier de documentaliste

Le métier de documentaliste. Jean-Philippe Accart et Marie-Pierre Réthy. 3e éd. ; préf. de Martine Sibertin-Blanc. – Paris : Électre-Éd. du Cercle de la librairie, 2008. – 463 p. – ISBN 978-2-7654-0961-8 : 42 €

32

« Documentaliste » : mot-valise, plus ou moins démodé, plus ou moins remplacé et pourtant indispensable, cet ouvrage en témoigne. Un de ses principaux mérites en effet est de poser les bases et de cerner les contours de ce qui reste un métier spécifique : la fourniture d’information documentaire. Toutefois ce métier n’a de raison d’être qu’en fonction d’un tiers, l’utilisateur, dont la relation à l’information s’est largement transformée avec l’apport des nouvelles technologies, entraînant un nouveau rapport au détenteur d’information scientifique et technique. C’est sur cet aspect de la relation entre documentaliste et utilisateur que s’ouvre la nouvelle édition du Métier de documentaliste. Présenter l’accès au métier et ses conditions d’exercice pour l’un des acteurs, définir nature des besoins et catégories de profils pour l’autre permettent de préciser les rôles de chacun.

33

Une application immédiate en est donnée tout au long du chapitre « Documentation et recherche » où est présentée – outre les outils traditionnels et la recherche sur le Net ou les banques de données, ainsi que la veille – la méthodologie nécessaire au processus de recherche et au dialogue entre partenaires.

34

On entre ensuite dans le vif du sujet : la fonction information-documentation, conçue comme « un système dans le système global d’information de l’institution » (p. 13) et sa concrétisation dans le service de documentation. Le situer dans l’entreprise, en concevoir la mission, définir les étapes de sa mise en œuvre, se procurer les ressources nécessaires et savoir les gérer : autant d’éléments analysés dans les deux parties suivantes du livre. L’aspect technique du service est traité, entre autres, sous deux angles : interne, le circuit du document (acquisition, traitement, diffusion) ; externe, le marketing et la communication. Enfin l’analyse du contexte – socioculturel, économique, juridique – qui caractérise la société de l’information et l’évolution du métier élargit le propos.

35

On trouve dans cet ouvrage un ensemble de réflexions pertinentes sur la profession, ses perspectives, son rôle social. On y trouve aussi ce qu’on pourrait a ppeler des « principes directeurs » indiquant des objectifs, exposant la marche à suivre, proposant étapes et méthodes. On y verra enfin clairement explicités des termes et concepts souvent utilisés mal à propos par ailleurs (cf. Annexe 1, « Définitions des métiers de l’information et de la documentation »).

36

Toutefois, en ce qui concerne le « comment faire » technique, ce livre ne saurait suffire au néophyte ou à l’étudiant. Les auteurs, certainement, en sont pleinement conscients, qui ont enrichi chaque chapitre de – presque trop – copieuses données bibliographiques, complétées en outre par une liste d’ouvrages généraux. Un certain nombre de précisions sont fournies en annexe, outre les définitions mentionnées plus haut : statuts des personnels de documentation de la fonction publique, répertoire des sources d’information et des sites Internet, glossaire et sigles. Des index des auteurs cités et des termes, ainsi qu’une table des matières extrêmement détaillée, facilitent la consultation d’un ouvrage riche, d’écriture fluide et de lecture intéressante.

37

Claire Guinchat

Gestion des périodiques : un ouvrage pratique nécessaire à tout professionnel

Gérer les périodiques. Jean-Christophe Delfine ; sous la direction du Geste. Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB, 2008. – 166 p. – (La boîte à outils, ISSN 1259-4857 ; 16). – ISBN 978-2-910227-71-5 : 22 €

38

« Les problématiques autour des périodiques électroniques sont encore intimement liées à celles du papier », écrit Géraldine Barron en introduction de cet ouvrage collectif. Qu’on ne s’y trompe pas, l’angle de vue dépasse la question du support pour traiter de manière synthétique quatre principaux aspects de la gestion des périodiques.

39

La première partie consacrée au « Panorama de l’offre » aborde le sujet sous l’angle du dépôt légal comme reflet de l’offre des éditeurs, de l’édition électronique commerciale (avec pour exemples les périodiques scientifiques et la presse d’information générale) et de l’édition électronique en libre accès, comme alternative au modèle éditorial classique. Chiffres-clés et tableaux viennent illustrer les typologies, le texte étant condensé au mieux pour faire ressortir l’essentiel, un défi lancé aux auteurs tant il y a matière en ces domaines.

40

La deuxième partie, « Acquérir », traite de nombreux aspects pratiques, qu’il s’agisse du rôle des agences d’abonnements, comme intermédiaires dans l’acquisition des périodiques imprimés, ou de l’art de la négociation des ressources électroniques, un nouveau métier auquel les professionnels se forment sur le terrain. Plusieurs encadrés donnent des aperçus utiles sur les règles des marchés publics, la TVA sur les périodiques, les licences, les dix commandements de la négociation et les groupements de commande. Sont également présentés les deux consortiums français : COUPERIN, pour l’enseignement supérieur et la recherche, et CAREL, pour la lecture publique, avec leurs objectifs et leurs spécificités en termes d’organisation et de contenus.

41

« Gérer » est le thème de la troisième partie, illustrée par l’exemple de la bibliothèque municipale de Mulhouse et de son circuit des périodiques (politique documentaire recentrée après une étude sociologique des publics réels et potentiels, organisation, procédures d’acquisition et traitement). Cette partie met particulièrement en lumière l’éventail large des opérations et réflexions à mener. Le chapitre sur la gestion courante des périodiques électroniques, clair et concis, décrit étape par étape le circuit documentaire, plus complexe que pour l’imprimé et nécessitant d’être formalisé. Enfin l’histoire du SUDOC-PS fait ressortir les atouts d’un travail collectif de vingt-cinq ans mais aussi les faiblesses du système, et propose quelques pistes pour assurer la pérennité du seul outil national de signalement des ressources continues.

42

La dernière partie, « Conserver en réseau », expose trois exemples de conservation partagée des périodiques imprimés : coopération thématique pour la conservation des périodiques médicaux en Île-de-France, coopération régionale en Aquitaine avec un partenariat entre université et lecture publique, coopération nationale pour la presse quotidienne régionale avec un partenariat entre la BnF et les bibliothèques de dépôt légal imprimeur. Chacun de ces exemples traite de l’organisation en réseau, des outils mis en place, des résultats obtenus, des difficultés éventuelles et des évolutions souhaitées.

43

Le plan classique de cet ouvrage se révèle efficace pour exprimer les fondamentaux de la gestion d’un type de document aux formes variées et changeantes, présent dans tous les types de bibliothèque, objet d’évolutions rapides depuis le passage à l’édition électronique et de questionnements renouvelés des professionnels de l’information, à qui il s’adresse en priorité.

44

Certains aspects du sujet, tels les politiques documentaires, l’évaluation des usages, les accès à l’information en fonction des usages n’ont pu être développés ici et, de l’avis même des auteurs, mériteraient d’être approfondis.

45

Dix ans après la parution de Gérer le développement d’une collection de périodiques (sous la direction de Pierre-Marie Belbenoît-Avich), dans la même collection « La boîte à outils », voici en tout cas un livre qui a le mérite d’allier synthèse, points de repère et aspects pratiques.

46

Christine Stotzenbach

Aspects théoriques et pratiques de l’évolution de l’iconographie

L’Iconographie : enjeux et mutations. Valérie Perrin, Danielle Burnichon, avec la collab. de Frédéric Mazuy. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2007. – 160 p. – (Pratiques éditoriales). – ISBN 978-2-7654-0956-4 : 25 €

48

L’image est très certainement incontournable dans le secteur de l’édition et cet ouvrage, complet et passionnant, actualise fort opportunément la question, à l’heure où la situation a sans nul doute considérablement évolué.

49

Centré sur le métier d’iconographe, ce « chasseur d’images » apparu tout compte fait assez récemment dans la chaîne éditoriale, il en décrit, dans un premier chapitre, les différents aspects, après avoir rappelé ce qu’est une image, donné les grandes lignes de son usage dans l’édition et présenté les techniques utilisées pour la reproduire, en accordant tout le poids attendu aux nouvelles technologies.

À lire aussi

La Reproduction des documents graphiques : usages et enjeux / Yves Le Guillou. – Paris : L’Harmattan, 2008. – 127 p. – ISBN 978-2-296-04298-8 : 13 €

Reproduire pour conserver et communiquer, voilà des préoccupations que partagent les documentalistes et les bibliothécaires. Cet ouvrage, qui présente de manière très détaillée les techniques de reproduction adoptées à ces deux fins depuis le XIXe siècle, aborde aussi plusieurs questions juridiques et économiques afférentes à cette question. On lira notamment avec intérêt l’argumentaire qui justifie la redevance demandée pour disposer d’une copie d’un document administratif ou d’une œuvre tombée dans le domaine public. L’approche très concrète de ce livre accorde une large place à la Bibliothèque nationale de France où l’auteur occupe le poste de directeur adjoint du département de la reproduction.

M. B.

50

Il appartient naturellement à l’iconographe de connaître les innombrables ressources que sont les collections particulières, les fonds spécialisés de toute nature, les banques et portails d’images ainsi que toutes les opportunités offertes par l’Internet. Leur inventaire, impressionnant par sa diversité, est dressé au début du chapitre suivant consacré à « La mise en œuvre de l’image ».

51

L’iconographe doit aussi maîtriser suffisamment plusieurs aspects juridiques et commerciaux qui permettent d’utiliser les images sélectionnées en toute sécurité. Une exigence à laquelle doit pouvoir absolument répondre ce professionnel. Prix, image « libre de droits », droit d’auteur, contrats de cession, marques, dessins et modèles, droit à l’image des personnes et des biens, code des usages, négociations, calcul des droits, bordereaux, justifications des parutions, TVA… voici quelques aspects, parmi les plus importants, qui sont abordés de manière extrêmement détaillée, et qui tous – nous insistons – représentent également des points fondamentaux pour ce métier.

52

Poursuivant dans une approche de plus en plus concrète, les auteures détaillent dans le troisième et dernier chapitre toutes les étapes de la recherche iconographique, considérée comme étant le « cœur du métier ». L’occasion de souligner que celle-ci doit être insérée dans la stratégie interne d’une maison édition ou de tout autre organisme qui recourt aux services d’un iconographe ; l’occasion aussi de présenter le planning et d’autres outils qui accompagnent cette étape. Si la lecture de ce livre permet de découvrir avec intérêt qu’il est possible « d’acquérir un œil », elle conduit aussi à aborder la question de l’organisation du travail, de la manière dont le choix des images doit s’opérer et l’art de présenter la sélection que l’on a effectuée.

53

Enfin, et puisque le métier s’exerce différemment selon les types de publications (jeunesse, guides, beaux livres, etc.), les auteures se sont attachées à présenter les caractéristiques propres à chacun. L’ouvrage ne serait pas complet s’il n’accordait pas une place à plusieurs témoignages de professionnels qui opèrent dans des cadres très divers, à des questions liées à l’organisation du service, à la question du statut, ou encore à donner la liste des formations spécialisées. Quant à la conclusion, elle permet d’évoquer, en quelques lignes, l’avenir de l’image et du métier appelés très certainement à évoluer encore.

54

Un livre qui allie des aspects théoriques et à la fois très pratiques et que nous recommandons à tous les professionnels de l’information, bien au-delà des seuls iconographes de métier, puisque le champ de ceux qui sont appelés à collecter et à reprendre des images fixes s’est considérablement élargi et que la notion d’« édition » ne doit plus s’entendre dans un sens trop restrictif, limité aux seuls ouvrages.

55

Michèle Battisti

Cerner la responsabilité de l’amateur sur les réseaux

Les amateurs : création et partage de contenus sur Internet. Actes du forum Légipresse, 4 octobre 2007. Paris : Victoires Éditions, 2008. – 136 p. – ISBN 978-2-35113-04-21. Numéro de : Légicom, ISSN 1244-9288, 2008/1, n° 41. – 51 €

57

La question, régulièrement soulevée, de la responsabilité de l’amateur sur les réseaux se pose à nouveau de façon insistante avec l’arrivée du web 2.0.

58

Amateur et responsabilité. Si une analyse fine de divers textes de loi permet quelquefois de déceler un régime de faveur accordé au non-professionnel, il n’en reste pas moins que ce dernier ne peut pas faire ou dire n’importe quoi sans engager sa responsabilité pénale et civile. Il en est de même s’il se contente d’héberger des contenus illicites. D’ailleurs, le délit dit de presse s’applique également à lui, même s’il intervient sur les réseaux de manière anonyme. L’ouvrage rappelle les différentes étapes qui permettent d’engager un procès pour un délit de presse, puis détaille les moyens utilisés par les services de police pour identifier les auteurs de contenus illicites et les intermédiaires sur les réseaux.

59

Pour mieux comprendre les effets des outils du web 2.0, quelques cas concrets sont ensuite exposés, avec le témoignage du créateur du blog Mon Puteaux.com, attaqué pour diffamation par le maire de cette ville, et le mode de fonctionnement d’une plate-forme qui permet aux photographes amateurs d’être repérés par les médias.

60

Le statut de l’amateur journaliste. Après s’être interrogé sur le statut du journaliste professionnel et avoir proposé quelques pistes assurant la viabilité de la presse, c’est la signification de la carte de presse et le statut du correspondant local qui sont abordés. L’amateur journaliste qui, dans les faits, est bien souvent presque un professionnel, c’est celui qui, par exemple, publie sur la plate-forme AgoraVox. Ouverte à tous, elle est néanmoins munie de plusieurs garde-fous.

61

Amateur et droit d’auteur. On constate ensuite que le Code la propriété intellectuelle n’appréhende pas vraiment la notion d’amateur, qu’il soit auteur ou utilisateur. Pour combler l’absence de régime spécial, l’amateur est tenté de se tourner vers les modèles alternatifs que sont les licences ouvertes. D’un abord facile, elles semblent particulièrement attractives, alors qu’elles présentent plusieurs failles, comme l’a démontré un rapport du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique.

62

Il n’y pas d’amateurisme non plus lorsque l’on véhicule, sans autorisation, des masses de contenus protégés et sur ce point on note que les tribunaux tendent progressivement à accroître la responsabilité limitée que la loi accorde encore, pour l’instant, à l’hébergeur. À cet égard, ce dernier doit se poser la question du poids sur son niveau de responsabilité qu’implique le recours aux outils de filtrage.

63

Après une présentation d’Audible Magic, un système d’empreintes permettant de repérer les contenus protégés sur les plates-formes, l’accent est mis sur l’extrême diversité des modèles de diffusion, et le fait que tout contenu protégé diffusé sur les réseaux n’est pas forcément piraté. Quant aux sociétés de gestion collective, elles entendent démontrer qu’elles savent s’adapter à la nouvelle donne.

64

Un défi aux médias classiques et au droit ? Après avoir affiné les notions d’amateur et de professionnel et souligné la dérive qui inciterait à créer un droit nouveau, applicable à l’utilisation des techniques par amateurs, Emmanuel Derieux, dans sa synthèse du forum dont cet ouvrage propose les actes, met plutôt en exergue la mise en œuvre des grands principes actuels du droit, suffisamment souples pour gérer de la même façon, les pratiques extrêmement diverses des amateurs et des professionnels. Si les amateurs, souligne-t-il, mettent les médias au défi en les contestant et en menaçant de les remplacer, les médias traditionnels répondent en s’y opposant, certes, mais également en les récupérant.

65

Au niveau juridique, si certaines pratiques demandent l’application d’un droit distinct de celui du professionnel, ce qui est le cas des prérogatives accordées aux journalistes et des principes éthiques et déontologiques propres à cette profession, dans la plupart des cas les règles sont identiques pour les professionnels et pour les amateurs ; même si les tribunaux peuvent être amenés à les appliquer avec plus de souplesse à ces derniers. C’est le cas de la liberté d’expression et du droit d’auteur.

66

Michèle Battisti

Les nombreuses formes et les acteurs de la délinquance électronique

La Délinquance électronique. Dossier réalisé par Nacer Lalam. Paris : La Documentation française, 2008. – 120 p. Numéro de : Problèmes politiques et sociaux, ISSN 0015-9743, n° 953, octobre 2008. – 9,90 €

68

La contrefaçon, autrement dit l’atteinte au droit d’auteur, deviendrait presque anecdotique au sein des « multiples facettes » que prennent les « comportements illégaux, immoraux ou non autorisés » sur les réseaux. À côté de la vente de médicaments contrefaits, de la pédo-pornographie, des jeux en ligne prohibés, des ventes fictives, des vols d’ordinateurs, de la revente de données personnelles, de l’utilisation d’Internet à des fins terroristes, etc., on découvrira aussi ce qui se cache derrière d’étranges noms que sont le phishing, le pump and dump, les botnets ou « armées de zombies », l’address spoofing, le DNS Pharming, le defacement, les « attaques à la nigériane » et bien d’autres, cette liste n’étant qu’une pâle évocation de tous ceux que l’on a déjà pu recenser.

69

Ce dossier de La Documentation française présente toutes (ou presque) les formes de cette délinquance moderne et ses divers acteurs, en dresse une typologie et propose même une analyse sociologique des comportements délictueux sur les réseaux. Ces listes sont utiles. Elles permettent notamment de fixer des nomenclatures pour établir des tableaux statistiques, tenter ainsi de cerner le phénomène et, exercice particulièrement périlleux mais indispensable, de faire des projections sur les développements à venir.

70

On n’y oublie naturellement pas le cadre légal et, à côté d’un descriptif de « l’arsenal juridique français » en 2008, soit à une date relativement récente, les sanctions applicables dans notre pays à toutes ces infractions figurent dans un autre tableau, complet mais pas tout à fait à jour, car l’article dont il est issu date de 2005.

71

Comment repère-t-on et lutte-t-on contre ces dérives ? Un peu d’histoire s’impose car ce combat, que l’on peut faire remonter à la loi Informatique et libertés de 1978, n’est, tout compte fait, pas si récent que cela. Plusieurs plans d’action ont déjà été définis au cours du temps, dont l’un des plus récents et l’un des plus médiatisés est celui de Denis Olivennes qui vise à contrecarrer les téléchargements illégaux de musiques et de films. D’autres mesures visent à protéger le consommateur et l’internaute. On filtre, on séduit les hackers, on forme les services répressifs et judiciaires, on sensibilise l’industrie… Autant de dispositions qui seront adoptées et mises en œuvres différemment selon les pays alors que la cybercriminalité « ne connaît pas de frontières ». Il convenait donc de s’organiser au niveau international et ce sont tous ces moyens, légaux ou plus concrets, qui sont présentés dans la troisième et dernière partie de cet ouvrage.

72

Comme le veut cette collection, le dossier se présente sous la forme d’extraits de plusieurs publications. D’un abord facile, il permet de se faire très rapidement une idée sur un sujet – et celui-ci mérite que l’on s’y attarde, car il met l’accent sur la vulnérabilité des organisations et même des États qui, à l’instar de deux pays qui ont déjà subi ce genre d’attaques, peuvent faire l’objet de « bombardements numériques ».

73

Michèle Battisti

Une somme sur le droit des médias

Droit des médias : droit français, européen et international. Emmanuel Derieux avec le concours d’Agnès Granchet. 5e éd. – Paris : Librairie générale de droit et de jurisprudence, 2008. – XX-1065 p. – (Manuel). – ISBN 978-2-275-03233-7 : 41 €

74

Il fallait bien plus de mille pages pour aborder, sous tous leurs aspects, toutes les formes de publications sous leur angle juridique. Le droit des entreprises de presse, le droit des journalistes, mais aussi les questions liées à la responsabilité et au droit d’auteur, au droit à l’information et à la liberté d’expression, voici, assez naturellement, ses principales têtes de chapitre. Et cet ouvrage qui, avec l’arrivée des « nouveaux médias », concerne, à titre professionnel ou privé, un public de plus en plus vaste devait inévitablement mettre aussi l’accent, dans sa cinquième édition, sur l’impact des textes internationaux.

75

Si des règles s’appliquent aux publications, le droit des médias n’est pas, étonnamment, une branche autonome du droit. Et ces règles, nombreuses, s’avèrent incertaines, inadaptées, voire contradictoires, ce qui incite les auteurs à militer, en s’appuyant sur plusieurs arguments, pour un véritable droit des médias qui soit cohérent.

76

Liberté d’expression, droit à l’information, voici deux des principes fondamentaux qui ne manqueront pas d’attirer l’attention, détaillés dans un chapitre liminaire de manière approfondie, également sous leur approche européenne et internationale.

77

Ce sont les entreprises, élargies aujourd’hui à l’ensemble des médias, y compris sur les réseaux, qui font l’objet du chapitre suivant, puisque des règles doivent être respectées pour leur création, leur organisation, leur financement et leur mode de fonctionnement. La liste, un peu bancale, des points examinés – presse, médias audiovisuels, communication au public en ligne, cinéma, communication politique, prix du livre, affichage, information administrative et même archives – confirme l’extrême variété des aspects à aborder.

78

Un chapitre à part entière est consacré ensuite au journaliste, garant de la liberté d’expression et d’un droit à l’information. Des garde-fous devaient être donnés. Des règles existent pour définir le journaliste et les personnels assimilés, encadrer leur activité et leur accorder des garanties. On lira notamment, avec un intérêt tout particulier, les parties sur la liberté d’opinion, la protection des sources d’information, l’éthique et la clause de conscience.

79

Nous avons tous entendu parler, à un moment ou à un autre, de la loi sur la presse de 1881. La liberté accordée à la presse, en effet, n’est pas sans limite, et l’abus de liberté sera sanctionné. Ce sont toutes les dérives qui engagent la responsabilité des médias au titre de la loi de 1881, mais aussi de plusieurs autres textes, nombreux et épars, qui sont ici présentés, ce qui, reconnaissons-le, représente une véritable gageure.

80

Respecter le droit d’auteur et les droits voisins, voici une autre composante incontournable. Après avoir, fort classiquement, défini la notion d’œuvre et celle d’auteur, ce sont les droits moraux mais aussi les droits patrimoniaux et leurs exceptions, celles qui donnent lieu à tant de débats, qui font l’objet d’une partie spécifique. Et l’on ne pouvait clore ce chapitre sans évoquer largement le droit des journalistes, thème fréquemment mis, lui aussi, sur le devant de la scène et appelé à évoluer.

81

Enfin, puisque « l’internationalisation est devenue une réalité », une dernière partie est entièrement consacrée au droit européen et international, ventilé selon les diverses têtes de chapitre précédentes : sources, droit économique des médias et des professionnels des médias, droit de la responsabilité et droit d’auteur.

82

Il s’agit là d’un ouvrage dense, riche, accompagné d’une vaste bibliographie. Il explore plusieurs aspects qui concernent également, comme l’indique l’auteur dans son introduction, les professionnels et les étudiants en information-communication.

83

Michèle Battisti

Respect de la vie privée et droits des salariés en 115 mots-clés

Informatique et libertés : mode d’emploi. Par l’équipe rédactionnelle de RF Social. Paris : Groupe Revue Fiduciaire, 2007. – 133 p. – (Les essentiels RF). – ISBN 978-2-7579-0067-3 : 29 €

85

Quelles sont les mesures qui permettent de respecter la vie privée et les libertés des salariés, plus que jamais menacées à l’ère du numérique ? Pour répondre à cette question, voici un manuel organisé autour de 115 mots-clés classés par ordre alphabétique, muni aussi de fiches pratiques et de modèles, toujours précieux.

86

Pour veiller à l’équilibre sur lequel tout droit est fondé, des limites ont, en effet, été fixées à la fois pour l’employeur et le salarié. Cet ouvrage permet ainsi prendre connaissance des droits et les obligations de chacun, tels qu’ils étaient fixés en 2007, date de sa parution, par la loi et les délibérations de la CNIL, qui sont quelquefois complétées par les décisions marquantes des tribunaux.

87

Les 115 termes ne bénéficient certes pas tous du même traitement puisque le lien hypertexte ou le bug, par exemple, sont définis en quelques lignes alors que la liberté d’expression ou le whistlelowing ont tout naturellement été largement détaillés en plusieurs pages. Mais la liste des cas envisagés nous paraît couvrir toutes les situations essentielles.

88

On saura ainsi combien de temps les données doivent, selon les cas, être conservées, quelles sont les affichages à faire obligatoirement, quand et comment rédiger une charte ou insérer des clauses de confidentialité, pour ne citer que quelques exemples. On saura aussi quelles sont les obligations à respecter pour créer un annuaire de salariés, utiliser des badges, installer des systèmes d’alertes professionnelles, etc. On connaîtra aussi les dispositions à respecter lorsque l’on alimente son blog ou que l’on se sert de l’ordinateur mis à sa disposition par son employeur. Sait-on, par ailleurs, ce que l’on doit faire lorsque les logiciels de travail de groupe servent aussi à tracer le travail des salariés ou lorsque l’on recourt à des logiciels de prise de main à distance ? Autant de cas, parmi bien d’autres, dont on ne connaît pas toujours les règles, présentés ici de manière sobre et efficace.

89

Michèle Battisti

Une réflexion engagée et stimulante

Liberté, égalité, fraternité dans la société de l’information. Michel Arnaud. Paris : L’Harmattan, 2007. – 174 p. – (Communication et civilisation). – ISBN 978-2-296-04447-0 : 15,50 €

91

Le titre de ce livre, et principalement son sous-titre : La nécessaire redéfinition de la liberté, de l‘égalité et de la fraternité dans la société de l’information du XXIe siècle, traduisent bien les objectifs de l’auteur de cette étude très engagée et qui force la réflexion.

92

« Les TIC au service du libéralisme mondial », premier chapitre, tente de convaincre le lecteur de la nécessité de revisiter les trois termes clés de la devise républicaine française. Car aujourd’hui règne une liberté de plus en plus surveillée, via des outils de surveillance et d’identification toujours plus sophistiqués. En ce qui concerne l’égalité, l’auteur décrit les nombreuses formes de son contraire, l’inégalité qui sépare de plus en plus inforiches et infopauvres. Car Internet, contrairement à ce que beaucoup affirment, est au service des plus riches, ce qui est démontré à partir de nombreux exemples. Enfin, la fraternité est, elle, complètement dévalorisée. La destruction des civilisations culturelles en est une illustration.

93

Existe-t-il des solutions ? Dans la deuxième partie, « Les potentiels du cinquième pouvoir », l’auteur s’interroge sur les valeurs alternatives de la société civile si difficile à définir tant ses facettes sont multiples, mais dont peut naître une démocratie participative. Dans cette optique, il analyse les dispositifs en réseaux à buts sociaux et la cyberdémocratie.

94

« Le recours au bien public informationnel », troisième partie, entraîne l’auteur à revenir sur le concept de liberté à travers trois scénarios bâtis pour la protection de cette liberté, sur celui d’égalité permettant l’accès pour tous au savoir (chapitre qui intéresse, en premier chef, l’enseignant documentaliste) et sur celui de fraternité, à travers le concept d’identité multiculturelle et les nouveaux droit des réseaux.

95

« Les droits de l’homme numérique » constituent la conclusion de ce document, enrichi d’une brève mais riche bibliographie qui fait la part belle aux philosophes.

96

Ce document engagé s’adresse à tous les citoyens qui s’interrogent sur cette société de l’information dont on parle tant et dans laquelle, les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité résonnent de façon inédite. Malgré des partis pris parfois contestables, l’auteur « apporte de l’eau au moulin de la réflexion ». Cet ouvrage s’adresse à tous les honnêtes hommes.

97

Marie-France Blanquet

Nous avons aussi reçu

98

La Bibliothèque à l’heure du web 2.0 : guide pratique. Réalisé par Archimag. Paris : Serda, 2008. – 53 p. – (Archimag Guide pratique, ISSN 1242-1367 ; 33). – 46 €

99

Culture de l’information : des pratiques… aux savoirs. 8e congrès des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale, Lyon, 28-29-30 mars 2008 ; org. par la Fédération des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale. Paris : Nathan : FADBEN, 2009. – 159 p. – ISBN 313309108422-6 (sic). – 15 €

100

Cyberdroit : le droit à l’épreuve de l’internet. Christiane Féral-Schuhl. 5e éd. – Paris : Dalloz, 2008. – 997 p. – (Praxis Dalloz). – ISBN 978-2-247-08033-5 : 58 €

101

Le Devenir numérique de l’édition : du livre objet au livre droit. Rapport au ministre de la Culture et de la Communication. Bruno Patino. Paris : La Documentation française, 2008. – 89 p. – ISBN 978-2-11-007349-5 : 11 €

102

Le droit de l’Internet : lois, contrats et usages. Vincent Fauchoux et Pierre Deprez ; préf. de Jean-Michel Bruguière. Paris : LexisNexis, 2008. – XIV-351 p. – (Litec professionnels. Communication et commerce électronique). – ISBN 978-2-7110-1329-6 : 45 €

103

L’Éducation à l’information : guide d’accompagnement pour les professeurs documentalistes. Isabelle Fabre, Sylvie Perget, Michel Dumas, Laurent Escande, Marianne Rinaldi ; coord. par Cécile Gardiès. Dijon : Éducagri Éditions, 2008. – 129 p. – ISBN 978-2-84444-700-5 : 15 €

104

Élaboration de politiques en milieux documentaires. Benoît Ferland ; préf. de Philippe Sauvageau. Montréal : Les éditions ASTED, 2008. – 294 p. – ISBN 978-2-923563-06-0 : 55 $ CAN

105

Guide de la coopération entre bibliothèques. Sous la dir. de Pascal Sanz. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2008. – 315 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). – ISBN 978-2-7654-0952-6 : 37 €

106

Information & visualisation : enjeux, recherches et applications. Sous la dir. de Sophie Chauvin. Toulouse : Cépaduès éditions, 2008. – 323 p. – ISBN 978-2-85428-856-8 : 26 €

107

Manuel pratique de bibliothéconomie. Éric Vanzieleghem ; avant-propos de Jacques Hellemans. Bruxelles : Éditions Politeia, 2008 (Galerie Ravenstein 28, B-1000 Bruxelles). – ISBN 978-2-509-00024-8 : 49 € Publication à mises à jour, à feuillets mobiles

108

Métadonnées : mutations et perspectives, séminaire Inria, Dijon, 29 septembre - 3 octobre 2008. Institut national de recherche en informatique et en automatique ; coord. par Lisette Calderan, Bernard Hidoine et Jacques Millet. Paris : ADBS Éditions, 2008. – 282 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). – ISBN 978-2-84365-104-5 : 26 €

109

Net recherche 2009 : le guide pratique pour mieux trouver l’information utile et surveiller le web. Véronique Mesguich et Armelle Thomas 3e éd. refondue et mise à jour ; préf. d’Olivier Andrieu.. – Paris : ADBS Éditions, 2009. – 320 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). – ISBN 978-2-84365-117-5 : 30 €

110

Organisation des connaissances à l’ère numérique, coord. par Viviane Couzinet et Stéphane Chaudiron. Toulouse : Presses universitaires du Mirail, 2008. – 194 p. Numéro de : Sciences de la société, ISSN 1168-1446, n° 75/2008. – ISBN 978-2-85816-970-2 : 21 €

111

Outils web 2.0 en bibliothèque : manuel pratique. Dir. par Franck Queyraud et Jacques Sauteron. Paris : Association des bibliothécaires de France, 2008. – 136 p. – (Médiathèmes ; 10). – ISBN 978-2-900177-31-0 : 28 €

112

Produire des fils RSS et Atom. Serge Courrier. Paris : ADBS Éditions, 2009. – 63 p. – (L’essentiel sur…, ISSN 1773-729X). – ISBN 978-2-84365-101-4 : 15 €

113

Problématiques émergentes dans les sciences de l’information. Sous la dir. de Fabrice Papy. Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2008. – 351 p. – (Traité des sciences et techniques de l’information). – ISBN 978-2-7462-2110-9 : 95 €

114

La Publication scientifique : analyses et perspectives. Sous la dir. de Joachim Schöpfel. Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2008. – 367 p. – (Traité des sciences et techniques de l’information). – ISBN 978-2-7462-1846-8 : 110 €

115

Quel modèle de bibliothèque ? Coord. par Anne-Marie Bertrand ; postface de Michel Melot. Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2008. – 183 p. – (Papiers ; série Généalogies). – ISBN 978-2-910227-73-9 : 34 €

116

Les services de référence. Du présentiel au virtuel. Jean-Philippe Accart ; préf. de Patrick Bazin. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2008. – 283 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). – ISBN 978-2-7654-0969-4 : 35 €

117

Traitements et pratiques documentaires : vers un changement de paradigme ? Actes de la deuxième conférence Document numérique et Société, Paris, CNAM, 17-18 novembre 2008 / sous la dir. d’Évelyne Broudoux et Ghislaine Chartron. Paris : ADBS Éditions, 2008. – 452 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). – ISBN 978-2-84365-116-8 : 27 €

118

Usages, usagers et compétences informationnelles au 21e siècle. Sous la dir. de Jérôme Dinet. Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2008. – 313 p. – (Traité des sciences et techniques de l’information). – ISBN 978-2-7462-2193-2 : 90 €

Titres recensés

  1. Une grande richesse des points de vue sur les aspects fondamentaux du KM
    1. Vers le KM 2.0 : quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs. Coordonné par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala. Paris : Vuibert, 2008. – 269 p. – (Entreprendre Informatique). – ISBN 978-2-7117-6936-0 : 28 €
      1. KM et travail collaboratif
      2. KM et relations organisationnelles
      3. KM et competitive strategy
      4. La gestion des connaissances dans le champ de l’entreprise
  2. Un large aperçu de la recherche sur l’information dans les organisations
    1. L’information dans les organisations : dynamique et complexité. Sous la direction de Christiane Volant. Colloque international organisé par le Centre d’étude du débat public et des médiations, Tours, 6-7 avril 2006 /. – Tours : Presses universitaires François Rabelais, 2008. – 364 p. – (Perspectives « Villes et territoires », ISSN 1635-6187 ; 19). – ISBN 978-2-86906-239-9 : 25 €
      1. Positionnement des sciences de l’information et de la documentation
      2. Le management de l’information au sein des organisations
      3. Interactions outils / organisation de l’information / utilisateurs
      4. D’autres facettes
      5. Système d’information et patrimoine
  3. Pour faire le tour du métier de documentaliste
    1. Le métier de documentaliste. Jean-Philippe Accart et Marie-Pierre Réthy. 3e éd. ; préf. de Martine Sibertin-Blanc. – Paris : Électre-Éd. du Cercle de la librairie, 2008. – 463 p. – ISBN 978-2-7654-0961-8 : 42 €
  4. Gestion des périodiques : un ouvrage pratique nécessaire à tout professionnel
    1. Gérer les périodiques. Jean-Christophe Delfine ; sous la direction du Geste. Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB, 2008. – 166 p. – (La boîte à outils, ISSN 1259-4857 ; 16). – ISBN 978-2-910227-71-5 : 22 €
  5. Aspects théoriques et pratiques de l’évolution de l’iconographie
    1. L’Iconographie : enjeux et mutations. Valérie Perrin, Danielle Burnichon, avec la collab. de Frédéric Mazuy. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2007. – 160 p. – (Pratiques éditoriales). – ISBN 978-2-7654-0956-4 : 25 €
  6. Cerner la responsabilité de l’amateur sur les réseaux
    1. Les amateurs : création et partage de contenus sur Internet. Actes du forum Légipresse, 4 octobre 2007. Paris : Victoires Éditions, 2008. – 136 p. – ISBN 978-2-35113-04-21. Numéro de : Légicom, ISSN 1244-9288, 2008/1, n° 41. – 51 €
  7. Les nombreuses formes et les acteurs de la délinquance électronique
    1. La Délinquance électronique. Dossier réalisé par Nacer Lalam. Paris : La Documentation française, 2008. – 120 p. Numéro de : Problèmes politiques et sociaux, ISSN 0015-9743, n° 953, octobre 2008. – 9,90 €
  8. Une somme sur le droit des médias
    1. Droit des médias : droit français, européen et international. Emmanuel Derieux avec le concours d’Agnès Granchet. 5e éd. – Paris : Librairie générale de droit et de jurisprudence, 2008. – XX-1065 p. – (Manuel). – ISBN 978-2-275-03233-7 : 41 €
  9. Respect de la vie privée et droits des salariés en 115 mots-clés
    1. Informatique et libertés : mode d’emploi. Par l’équipe rédactionnelle de RF Social. Paris : Groupe Revue Fiduciaire, 2007. – 133 p. – (Les essentiels RF). – ISBN 978-2-7579-0067-3 : 29 €
  10. Une réflexion engagée et stimulante
    1. Liberté, égalité, fraternité dans la société de l’information. Michel Arnaud. Paris : L’Harmattan, 2007. – 174 p. – (Communication et civilisation). – ISBN 978-2-296-04447-0 : 15,50 €
  11. Nous avons aussi reçu

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Documentaliste-Sciences de l'Information 2/2009 (Vol. 46) , p. 66-77
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-2-page-66.htm.
DOI : 10.3917/docsi.462.0066.


Article précédent Pages 66 - 77
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback