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Documentaliste-Sciences de l'Information

2009/3 (Vol. 46)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.463.0002
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Les lecteurs actuels de Documentaliste - Sciences de l’information ne se souviennent sans doute pas tous d’André Chonez qui nous a quittés le 25 avril dernier. Vingt ans durant, il tint presque sans interruption les rênes de cette revue qui, grâce à lui – à sa compétence, à sa rigueur, à son efficacité – a pu s’imposer dans les années soixante-dix parmi les revues francophones de documentation et sciences de l’information.

Du Commissariat à l’énergie atomique...

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Entré comme ingénieur au CNRS puis au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) où il travaille sur le cyclotron, puis sur le synchrotron, André Chonez s’oriente vers la documentation et, après sa formation à l’INTD, intègre en 1960 le service central de documentation (SCD) du CEA. Devenu chef du groupe « Automatisation des fonctions documentaires », puis chef du SCD en 1965, il met en place une organisation mécanographique à fins documentaires et commence à produire des bulletins bibliographiques indexés. Plus tard, à l’arrivée des premiers ordinateurs, il créera, avec son épouse Nicole, le bulletin Physindex. Il quittera le CEA en 1968 pour s’installer comme conseil en organisation documentaire. Il se consacrera alors en partie à la formation et continuera à écrire de nombreux articles.

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Sa curiosité, son ingéniosité et son savoir-faire font de lui un des pionniers français de ce qu’on appelait alors l’« automatique documentaire » ou la « documentation automatisée » et qu’il fut probablement le premier à baptiser « informatique documentaire ». Il avait longuement évoqué les travaux menés durant cette période dans un entretien qu’il nous avait accordé en 1993 [1][1] « Pour une histoire de l’informatique documentaire....

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Outre une expérience professionnelle des plus imposantes, André Chonez avait de l’évolution de notre métier une étonnante prescience. Que l’on songe que c’est en 1958 qu’il écrivit ces lignes : « Anticipant de quelques décennies, on peut imaginer que, dans de grands centres de documentation, toutes les opérations seront un jour automatiques : lecture, enregistrement, traduction, analyse des documents ; diffusion de leur analyse ou de leur texte aux correspondants intéressés par un réseau d’intercommunication approprié, utilisable aussi dans l’autre sens, pour effectuer directement des recherches rétrospectives, par des les utilisateurs qui ne posséderaient pas eux-mêmes une installation sélectrice automatique tenue à jour depuis le centre. Ces opérations automatiques ne porteraient que sur l’information contenue dans les documents, ceux-ci n’étant plus utilisés sous leur forme originale après leur enregistrement […] Une révolution aussi profonde des techniques documentaires n’amènera pas la disparition des documentalistes. Au contraire, les libérant des nombreuses besognes fastidieuses de leur profession, elle exigera d’eux une qualification technique supérieure[2][2] « Méthodes et machines de sélection documentaire »,.... »

… à la revue de Documentaliste

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Son expérience professionnelle et ses compétences l’avaient tout naturellement amené à participer au numéro de Documentaliste sur « L’automatisation documentaire en France » – une des toutes premières publications sur ce sujet parue en 1966, alors que la revue de l’ADBS faisait encore ses premiers pas. Dès 1968, il en devint le rédacteur en chef, fonction qu’il assura, hormis deux années d’interruption pour raison de santé (1977-1978), jusqu’à sa retraite en 1987. « L’arrivée d’André Chonez, écrivait alors Eudes de La Potterie, ancien président de l’association et toujours directeur de la revue, permit d’augmenter la périodicité [et] surtout de donner à cette publication une base scientifique et technique[3][3] Doc-SI, 1987, vol. 24, n° 4-5, p. 158. ».

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Notre revue put ainsi, sous son autorité, suivre au plus près les développements des techniques et de l’informatique documentaires, avec un constant souci de l’évolution de notre profession, une forte préoccupation de l’utilisateur, une attention particulière aux aspects économiques et internationaux de l’information-documentation. C’est aussi sous son mandat que, adjoignant au sien le titre d’une publication qui lui avait été cédé, la revue devint en 1976 Documentaliste - Sciences de l’information et afficha désormais sa double ambition. André Chonez avait mis son exigence, son extrême souci du détail et d’une expression dépourvue d’ésotérisme, ses qualités pédagogiques et sa volonté d’anticiper les besoins des lecteurs au service de cette revue dont, avec attention, il suivait l’évolution. •

Notes

[1]

« Pour une histoire de l’informatique documentaire en France », Doc-SI, 1993, vol. 30, n° 4-5, p. 248-255.

[2]

« Méthodes et machines de sélection documentaire », Cahiers d’information documentaire de l’AAEINTD, n° 1, juin 1958 et n° 2, novembre 1958. Cité par Stéphanie Bodenant dans son mémoire de maîtrise en SIC Le parcours professionnel de Monsieur André Chonez (Université Paris-1, 1999).

[3]

Doc-SI, 1987, vol. 24, n° 4-5, p. 158.

Plan de l'article

  1. Du Commissariat à l’énergie atomique...
  2. … à la revue de Documentaliste

Pour citer cet article

Rauzier Jean-Michel, « André Chonez. 1927-2009 », Documentaliste-Sciences de l'Information, 3/2009 (Vol. 46), p. 2-2.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-3-page-2.htm
DOI : 10.3917/docsi.463.0002


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