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Documentaliste-Sciences de l'Information

2009/3 (Vol. 46)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.463.0020
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Web 3.0 et recherche sémantique : du vin vieux, dans des outres neuves ?

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Compétences. Après le « web de documents » des premières années et le « web social » apparu dans les années 2000, une nouvelle extension se dessine, caractérisée par ses aspects sémantiques. Ce passage au « web sémantique » induit, pour les professionnels de l’information, de nouvelles compétences sur lesquelles s’est penché un atelier du salon i-expo, le 17 juin 2009.

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Si vous avez quelques années d’expérience dans la profession, vous avez probablement connu l’époque où toute l’information que vous aviez à gérer vous parvenait sur support papier et par la poste, ou bien par des contacts selon votre champ d’activité. Il vous appartenait ensuite de traiter et d’aiguiller cette information, ou de la détruire si elle n’était pas pertinente. Cette fonction d’« aiguillage » est toujours au cœur de notre métier, mais ce que nous avons à gérer ne nous parvient pas des mains d’un aimable postier. C’est l’équivalent d’un camion benne qui est déversé quotidiennement dans notre ordinateur sous forme d’alertes ou de messages ! L’arrivée du web 2.0, avec la multiplication des producteurs d’information et la diversification de sa localisation, n’a fait qu’amplifier le phénomène.

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Le web 3.0 apporterait-il des solutions pour faire face à cette masse d’informations ? C’est ce dont il a été question au cours de l’atelier organisé par l’ADBS lors du salon i-expo. Quatre conférences étaient proposées : deux pour poser les cadres théoriques, deux présentant des applications pratiques pour les illustrer [1][1] Les deux autres portaient sur des « Exemples de réalisation....

Le web sémantique

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Celle de Nathalie Aussenac-Gilles donnait un éclairage général définissant les différentes « couches » des applications du web sémantique. Elle a montré comment elles permettent d’offrir des nouveaux services plus élaborés et de rechercher de manière précise des informations, quelle que soit leur formulation de départ et en accédant à des sources hétérogènes. L’échange de grands volumes de ressources se fait entre machines de manière complètement transparente pour l’utilisateur. Bien entendu, derrière cette « simplicité » il y a un énorme travail de création d’ontologies, d’annotation, de mise en relation et d’organisation réalisé pour l’instant en grande partie par des humains. Mais qui sont ces humains ?

De nouvelles compétences

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C’est aux nouvelles compétences professionnelles liées aux outils sémantiques que s’est intéressé Bruno Menon.

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Trois modèles de systèmes d’information documentaire existent aujourd’hui. Le modèle « classique » qui suppose une forte intermédiation entre l’information et l’utilisateur car il implique des expertises professionnelles diverses (indexeurs, informaticiens, services de référence). Le modèle « moderne », sans aucune intermédiation, où l’utilisateur accède à l’information via une interface unique. Et finalement le système « postmoderne », celui du web sémantique, qu’il a qualifié de « vin vieux dans des bouteilles neuves ». Dans ce dernier se produit une médiation cachée, en arrière-plan, qui réintroduit une expertise de type documentaire à travers les pratiques d’annotation et de gestion des métadonnées.

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Ces trois systèmes coexistent, voire cohabitent dans la même organisation, mais ils font appel à des compétences professionnelles différentes. Si nous connaissons bien celles du premier modèle, il faut reconnaître que le deuxième laisse peu de place au professionnel de l’information et a suscité un certain désarroi parmi les documentalistes. Pour le troisième, ce sont des compétences différentes par leur champ d’application mais très semblables dans leur nature à celles du modèle dit « classique ». Il va s’agir en effet de structurer et gérer des ressources ou de créer et exploiter des métadonnées. Les documentalistes, chassés par la généralisation d’Internet et l’émergence du web social, reviendraient ainsi en force dans la gestion des connaissances et des informations mais resteraient cachés dans l’arrière-boutique.

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Reste à savoir si ce sont des professionnels de l’information documentation ou des linguistes qui vont créer et gérer ces représentations formalisées que sont les ontologies.

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Asuncion Valderrama

Science de l’information : quels changements à l’ère du numérique ?

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Formation. L’apparition de nouveaux concepts en science de l’information et de nouveaux objets et outils technologiques ne saurait être sans conséquence sur la formation des professionnels de l’information ni sur les compétences qu’elle doit leur faire acquérir. C’est pour analyser ces évolutions que l’Association internationale des écoles de sciences de l’information (AIESI) organisait le 22 juin 2009 une journée d’étude dont nombre de constats et de conclusions sont en parfaite consonance avec le dossier qui est au centre de ce numéro.

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À l’ère du numérique, de nombreuses questions se posent aux responsables de formations à l’information-documentation : quels sont les nouveaux concepts qui apparaissent dans la science de l’information et comment la discipline se les approprie-t-elle ? Quels nouveaux objets et outils technologiques sont à prendre en compte pour promouvoir cette discipline ? Quelles en sont les conséquences sur la formation des professionnels de l’information et sur les nouveaux profils professionnels ? Quel impact cela donne à l’information dans toutes les disciplines ? Les participants à cette journée d’étude ont répondu à ces questions à travers leur vécu et, qu’ils viennent d’Amérique du Nord, d’Afrique du Nord ou sub-saharienne, du Moyen Orient ou d’Europe, ils sont arrivés à des conclusions communes.

Les changements liés au numérique

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Si ces transformations touchent les professionnels et leurs compétences (dimension technologique de plus en plus marquée, évolution de la médiation, etc.), elles affectent aussi les usagers ou clients. Les formations en sont bouleversées : celles des futurs professionnels doivent évoluer dans leurs contenus, leurs méthodes, leur pédagogie, tout comme la formation des publics assurée par ces professionnels. Les lieux sont à transformer et leur rapport au public à réinventer, notamment dans les BU où il faudra aider les apprenants à travailler avec des bibliothèques électroniques, à utiliser l’information, à construire leurs savoirs.

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Les contributions présentées ont pris diverses formes : état des lieux (de l’enseignement supérieur à l’heure du LMD, des bibliothèques, des producteurs et des diffuseurs d’information, des formations) avec bilan et diagnostic ; résultats d’enquêtes (avec, pour l’une, utilisation des forums et listes de discussion) ; propositions d’évolution de programmes avec adaptation aux besoins (formation aux environnements applicatifs de l’open source et des logiciels documentaires libres, nouveaux profils en entreprise, etc.).

Conclusions

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De ces interventions et échanges se dégagent un certain nombre d’impératifs. Nécessité de travailler sur les contenus (les ressources électroniques, l’éditorialisation du web, etc.) avec, en restant dans le cadre de la francophonie, celle de mettre aussi à disposition des documents en langue arabe et en langues nationales. Nécessité de concevoir les formations après étude approfondie des besoins du marché. Nécessité de développer la recherche en science de l’information. Nécessité de croiser culture technologique et culture des usages.

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Même si les conditions d’accès sont très inégales, le numérique est partout. Mais cette évolution ne suppose pas pour autant l’élimination du passé.

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Arlette Boulogne

Notes

[1]

Les deux autres portaient sur des « Exemples de réalisation dans le domaine des ontologies », par Jean Delahousse de Mondeca et sur « L’intégration d’outils sémantiques dans le portail CISMEF », par Tayeb Merabti. Disponibles sur le site d’i-expo : www. i-expo. net/ conf_affichprog. php? annee= 2009&id= 116

Plan de l'article

  1. Web 3.0 et recherche sémantique : du vin vieux, dans des outres neuves ?
    1. Le web sémantique
    2. De nouvelles compétences
  2. Science de l’information : quels changements à l’ère du numérique ?
    1. Les changements liés au numérique
    2. Conclusions

Pour citer cet article

Valderrama Asuncion, Boulogne Arlette, « Métiers et compétences », Documentaliste-Sciences de l'Information 3/2009 (Vol. 46) , p. 20-21
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-3-page-20.htm.
DOI : 10.3917/docsi.463.0020.


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