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Documentaliste-Sciences de l'Information

2009/3 (Vol. 46)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.463.0004
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Nous partirons de la demande de l’Agence française de développement pour en dégager des perspectives plus générales. Ce sera l’occasion de mentionner les éléments qui président aux décisions de réingénierie d’un thésaurus.

1 - Critères de choix du thesaurus

La demande de l’AFD

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La prestation demandée par l’AFD a pour but de mettre en place un thésaurus pour indexer ses bases de données documentaires. Ce thésaurus a vocation à être intégré, à terme, dans les applications documentaires actuellement gérées par le logiciel Cindoc [3][3] www. cindoc. fr.

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Ce thésaurus devait donc répondre aux caractéristiques suivantes :

  • correspondre aux champs thématiques de la documentation de l’AFD dans le domaine de la coopération internationale, et pour cela analyser les nomenclatures utilisées par les documentalistes ;

  • proposer une structure de thésaurus compatible avec les normes internationales, pour faciliter les échanges de l’AFD avec son réseau de partenaires, en particulier l’Institut de développement du Sussex et les partenaires de l’Association européenne de recherche et de formation en matière de développement (EADI) [4][4] www. eadi. org. Le multilinguisme serait un atout important dans cette perspective ;

  • être proposé dans un format qui puisse être intégré dans l’application documentaire utilisée, ici celle de la société Cindoc. Ce logiciel ayant fait le choix du format XML comme format d’import-export, ce standard peut permettre ultérieurement de travailler avec d’autres plates-formes. Cet aspect sera développé ultérieurement à propos de la méthodologie du projet (section 2) ;

  • être réalisé avec un bon rapport coût/efficacité. Cette réalisation exige une double compétence, documentaire et informatique. Elle nécessitera des développements informatiques étroitement associés à l’analyse des contenus du thésaurus. Cette interaction entre étude documentaire et développements informatiques se fera de manière moins structurée et plus collaborative que par le passé, en privilégiant la souplesse et la réactivité. Elle suit en cela l’évolution de la gestion des projets suite à l’arrivée du web 2.0 [5][5] Voir : Gilles Balmisse, Ali Ouni, « Gérer autrement....

L’analyse de ces exigences peut être utilisée comme une grille de lecture pour un professionnel qui, situé dans la même perspective de réingénierie de thésaurus, serait confronté aux mêmes questions. En effet, ces éléments – champs thématique, conformité avec les normes internationales, problèmes de format, coût/efficacité – sont bien ceux qui président aux décisions de réingénierie d’un thésaurus.

L’analyse de la demande

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La demande de l’AFD partait bien du besoin d’indexer les bases de données documentaires. Mais le traitement de ces données ne représente qu’une part des produits et services que la documentation propose à ses agents. Par ailleurs l’AFD a en projet un intranet pour la gestion de contenu de ses informations. Fallait-il s’en tenir à la commande initiale ou prévoir que ce thésaurus pourrait, dans une étape ultérieure, être utilisé pour l’ensemble des contenus gérés par l’agence ? C’est la seconde proposition qui a été retenue. On rejoint ainsi une évolution plus générale des référentiels. Élaborés par les documentalistes, ils peuvent être utilisés bien au-delà de leur objectif premier : indexer et rechercher des données bibliographiques.

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L’équipe projet a resitué le thésaurus dans la famille des référentiels : classifications, ontologies, de sorte que le thésaurus en chantier puisse évoluer vers une base de connaissances et servir de pont entre des outils complémentaires.

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On peut prévoir de le faire évoluer vers une ontologie en spécifiant les types de relations qu’il met en œuvre. Comme le précise Bruno Bachimont [4, p. 233], l’ontologie est bien « la signature fonctionnelle et relationnelle, munie de sa sémantique, d’un langage formel de représentation et manipulation de connaissances ». Ce qui indique les limites du thésaurus liées à la sous-détermination des relations structurant des termes : « Les relations hiérarchiques ne proposent pas […] une sémantique formelle contraignant de manière stricte la relation hiérarchique, […] la relation d’association n’est pas autrement spécifiée et peut renvoyer à toute sorte de relation sémantique entre les termes. ».

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Il en conclut : « La règle est donc simple même si elle est souvent oubliée : si l’utilisateur des index est humain, il vaut mieux prendre un thésaurus, si l’utilisateur doit être une machine, comme le supposent les travaux autour du web sémantique, les ontologies s’imposent. » Cette évolution vers une ontologie devrait permettre d’ajouter plus de sémantique au thésaurus, en augmentant et en précisant les rapports entre les concepts. Il s’agit ainsi de revoir les concepts ou classes qui définissent un objet, et pour chaque objet ses attributs (le terme retenu est bien un attribut du concept), les relations taxinomiques (hiérarchisation des concepts) ou sémantiques qui rapprochent deux objets. Il nous a semblé que le fait d’articuler plus étroitement concepts et relations permettrait à l’AFD de mieux décrire le contenu de ses documents. Cette évolution est indissociable de l’utilisation d’interfaces qui intègrent les outils techniques du web sémantique.

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En extraire un plan de classement peut se révéler très utile, dans le cadre d’un portail, pour accéder aux ressources documentaires de l’AFD. Ces ponts entre thésaurus et taxinomie sont par exemple proposés par l’outil Mondeca [6][6] www. mondeca. com qui permet de créer une taxinomie par extraction des niveaux du thésaurus. En cela, la structure du thésaurus UNBIS conçue à partir de micro-thésaurus divisés en chapitres ou sous-domaines [7][7] Dans cette étude, on privilégiera le terme chapitre... se révèle particulièrement pertinente.

L’analyse de l’existant

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L’AFD souhaitait que ce thésaurus soit un des outils au service du développement de partenariats. Cette demande mettait en avant des problèmes de compatibilité avec les bases de données de ses partenaires. Et imposait donc une recherche des thésaurus existants et utilisés dans le domaine de la coopération internationale. Fallait-il alors créer un thésaurus sur mesure, ce qui pouvait correspondre à la demande initiale ? Ou retenir un thésaurus existant pour indexer les bases de données de l’AFD ?

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L’étude des thésaurus existants dans l’environnement des Nations Unies nous a semblé un préalable indispensable pour éclairer ces choix. On rejoint ici la démarche préconisée dans la norme NF Z47-101 [2] et dans la littérature professionnelle sur la construction des thésaurus [7].

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• Critères à retenir pour une analyse de l’existant. Pour éclairer la question qui précède – construction d’un thésaurus ou réutilisation d’un thésaurus existant –, nous avons tenté de dégager des critères. En phase avec la demande préalablement décrite, ces derniers pourraient être utilisés plus globalement en amont d’un travail de réingénierie.

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- Adaptation au domaine d’activité. Le domaine d’activité de l’AFD était-il un domaine particulier, nécessitant de ce fait un vocabulaire spécifique ? Pour répondre à cette question, nous avons analysé le vocabulaire utilisé actuellement par l’agence. La répartition des descripteurs par domaine y était globalement équilibrée et correspondait aux caractéristiques d’un macro-thésaurus [8][8] « Thésaurus couvrant un très large domaine et ne comprenant... plutôt qu’à celles d’un vocabulaire spécialisé. Cette analyse plus fine des domaines a donc permis d’écarter les thésaurus établis dans un domaine spécifique pour retenir ceux de type macro-thésaurus. D’autre part, on retrouvait bien dans ce vocabulaire les champs d’intervention des Nations Unies. Enfin, cette analyse était confortée par le volume d’informations directement issues des Nations Unies dans le référentiel bibliographique [9][9] On trouvera sur Internet, dans la version longue de....

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- Multilinguisme. la volonté d’avoir un vocabulaire multilingue était une contrainte forte pour un organisme engagé dans la coopération internationale en lien étroit avec le système des Nations Unies. Sa demande portait principalement sur un vocabulaire pivot entre français, anglais et espagnol. Prendre en compte cette demande dans la création d’un thésaurus alourdissait le travail à réaliser et sortait du rapport coût/efficacité recherché. Le choix d’un thésaurus déjà multilingue était donc un avantage significatif. Dans son principe, ce multilinguisme fonctionne par relation d’équivalence linguistique des termes dans les différentes langues avec le terme du langage source (ici l’anglais). Chaque langue proposant des synonymes écartés qui lui sont propres.

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- Maintenance du thésaurus. Ce sont pour une bonne part les problèmes de maintenance qui ont provoqué la demande de l’AFD. Le thésaurus initialement utilisé était celui d’IBISCUS, déjà compatible avec le macro-thésaurus des Nations Unies, mais qui n’avait pas été remis à jour depuis 1998. Dans l’intervalle, les documentalistes l’avaient enrichi avec des candidats descripteurs sans en contrôler la structure d’ensemble. Au vu de cette expérience, le choix d’un thésaurus dont la maintenance soit efficace était important.

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• Un tableau comparatif des thésaurus disponibles dans l’environnement des Nations Unies. L’équipe projet a dressé en préalable à ses choix un tableau comparatif rapide des thésaurus disponibles [10][10] Pour voir la liste des thésaurus disponibles dans le.... Les partenaires de l’AFD se situent principalement dans la mouvance des Nations Unies, ce qui restreignait la recherche. Pour les principaux thésaurus analysés, les critères suivants ont permis de classer les solutions préférentielles : éditeur, domaine d’activité, multilinguisme, maintenance, nombre de descripteurs.

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Il faut noter que le thésaurus UNBIS apparaît comme un macro-thésaurus compatible avec les thésaurus spécialisés des agences des Nations Unies qui font autorité dans leur domaine d’activité respectif [11][11] La liste de ces thésaurus peut être consultée sur le.... C’est à ce titre que les choix de descripteurs dans ces domaines spécialisés ont été privilégiés par UNBIS. Notre proposition a donc été de réutiliser un de ces thésaurus existants en l’adaptant aux besoins de l’AFD. Nous détaillerons ultérieurement les ajustements faits pour l’adapter à ses besoins.

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C’est en croisant ces trois critères – adaptation au champ thématique, multilinguisme et qualité de la maintenance – que le choix de l’AFD s’est porté sur le thésaurus UNBIS. Elle a donc validé la décision de retenir celui-ci comme le plus proche de ses domaines d’intervention. Le choix du multilinguisme s’est porté sur l’anglais et l’espagnol. Le fait que ce thésaurus soit accessible en ligne et géré par une équipe de documentalistes avec des mises à jour régulières a été un élément déterminant de choix.

2 - La méthodologie de fabrication du thésaurus

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Une fois fait le choix du thésaurus UNBIS, il restait à travailler la compatibilité de ce vocabulaire avec la collection de termes utilisés par l’AFD. Il ne nous semblait pas possible de contraindre les indexeurs à utiliser tels quels les descripteurs de ce thésaurus. Une large part correspondait à l’usage de la communauté des usagers, mais pas tous. Certains descripteurs, parfois traduits directement de l’anglais, semblaient incongrus dans l’environnement de travail de l’agence. Enfin, des concepts spécifiques à l’environnement professionnel en France ne se retrouvaient pas dans le thésaurus source. Il ne s’agissait pas de traduire UNBIS en français, puisqu’une des langues de travail de ce thésaurus était le français. Nous nous trouvions plutôt devant un travail de compatibilité [12][12] Rappelons que, selon la norme NF Z47-100, « deux thésaurus... entre le thésaurus UNBIS considéré ici comme langage source et le vocabulaire de l’AFD considéré comme vocabulaire cible.

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Il s’agissait donc d’effectuer un travail de correspondance entre les termes utilisés par l’AFD et les descripteurs du thésaurus source par analyse de leurs équivalences : ajout de nouveaux descripteurs, descripteurs changés en non-descripteurs, et non-descripteurs changés en descripteurs.

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Pour garantir la compatibilité ultérieure avec le thésaurus UNBIS, les modifications portant sur les descripteurs par rapport au thésaurus UNBIS ont été communiquées aux gestionnaires de ce thésaurus dans une logique de rétroaction vers le vocabulaire source. Par contre, les nombreux ajouts de synonymes ou quasi-synonymes introduits dans les relations d’équivalence qui ne modifiaient pas la structure du thésaurus source ont été réalisés en local.

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Nous avons cherché à résoudre les principaux problèmes posés par la fusion de vocabulaires tels que les décrit Sylvie Dalbin [13][13] Voir : Sylvie Dalbin, « Thésaurus et informatique documentaire :....

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- Structure hiérarchique. La restructuration des hiérarchies a été évitée autant que possible, et la notion de terme de tête [14][14] Terme de tête ou top term : terme situé au plus haut... (top term) a été conservée.

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- Adaptation de la sémantique. La proximité et l’habitude de travailler dans un environnement international limitaient les glissements de sens entre thésaurus source et thésaurus cible. Nous avons pu relever les cas de figure suivants : équivalence inexacte, équivalence partielle, équivalence d’un terme à plusieurs termes, spécificité et usabilité du vocabulaire obtenu non satisfaisante.

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Quand l’équipe projet a rencontré ces cas de figure, elle a travaillé pour repérer dans le thésaurus source UNBIS le concept caché derrière le terme utilisé en remontant au langage pivot utilisé (ici l’anglais) et en explorant son environnement sémantique. En complément, elle a mieux défini son territoire en rédigeant des notes d’application à partir de l’étude de la terminologie existante.

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Elle a alors recherché le concept le plus proche dans les termes couramment utilisés par l’AFD et analysé les relations d’équivalence (synonymie, synonymie proche, variantes lexicales, renvoi au générique) afin de rapprocher les concepts pour lesquels des glissements sémantiques pouvaient s’opérer entre les termes d’UNBIS et ceux de l’AFD [voir ci-dessous]. Le fait de pouvoir générer des relations d’équivalence différentes selon les langues dans la structure UNBIS a permis ces adaptations ; le plus souvent une note d’application précise l’utilisation du terme.

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- L’adaptation de la forme. Quand les termes retenus étaient au pluriel, habitude courante dans les thésaurus anglo-saxons, ils ont été conservés tels quels pour rester le plus proche possible du thésaurus source, même si cela s’écarte de la norme française NF Z47-100 qui recommande l’utilisation du singulier quand cela ne crée pas d’ambiguïté de sens.

La méthodologie informatique appliquée

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Le travail a été réalisé par une équipe projet de deux personnes associant compétences documentaires et informatiques. La société Actonis [15][15] www. actonis. fr 24 Notes., dont il sera fait mention ultérieurement, a géré le projet pour cette équipe.

Exemples d’adaptation sémantique
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Au niveau informatique, cinq étapes principales ont été identifiées :

  1. construction d’une base de données reflet du thésaurus UNBIS, à partir d’un fichier unique, reprenant toutes les informations du thésaurus des Nations Unies ;

  2. construction d’une base de données reflet de la base documentaire de l’AFD ;

  3. analyse de la base documentaire et de rapprochement des termes utilisés par l’AFD avec ceux du thésaurus UNBIS ;

  4. génération du nouveau thésaurus dans l’application Cindoc ;

  5. une mise à jour de l’indexation du référentiel documentaire par des requêtes SQL fournies par Actonis.

La méthodologie a étroitement associé les traitements documentaires et informatiques. Tous les traitements ont été déportés sur les ressources techniques d’Actonis, ce qui a permis une très grande souplesse de développement, sans contrainte pour les utilisateurs de l’AFD. Les résultats obtenus étaient systématiquement testés avant que leur résultat soit fourni à l’agence.

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Pour cela, on a en particulier utilisé :

  • une plate-forme PHP/MySQL pour importer la base de données et générer les traitements ;

  • un éditeur de texte pour les manipulations de fichiers entre ces interfaces ;

  • une version du logiciel Altova pour analyser et valider les formats XML ;

  • une version du logiciel Cindoc pour analyser les fichiers bibliographiques fournis par l’AFD en entrée et tester en sortie les traitements réalisés.

Format du thésaurus source des Nations Unies

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• Au niveau du format des données. Un fichier unique de 698 023 lignes a été fourni par la bibliothèque Dag Hammarskjöld des Nations Unies au format UTF-8 [16][16] UTF-8 (UCS transformation format 8 bits) est un format..., chaque enregistrement pouvant comporter un nombre variable de caractères jusqu’à 800. Pour chaque enregistrement le libellé de l’attribut était suivi de son contenu, le nombre d’attributs étant inconnu et variable.

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Lors de la première étape du travail informatique, qui consistait à créer une base de données reflétant le thésaurus UNBIS, la principale difficulté provenait de l’absence de documentation technique sur le fichier fourni par les Nations Unies.

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Le travail préalable a consisté à :

  • récupérer la structure du thésaurus, après l’avoir analysée pour retrouver la liste des champs utilisés. Dans une première analyse, jusqu’à 104 attributs ont pu être relevés ;

  • générer à partir de cette analyse une première base de données de 7 033 termes qui liste la totalité des enregistrements, après avoir filtré les caractères parasites qui en bloquaient la lecture ;

  • analyser les contenus pour ne garder que les champs utiles. Ce travail a permis de corréler les attributs fournis par UNBIS avec la structure de thésaurus gérée par Cindoc. 23 attributs sur les 104 ont été retenus pour créer une seconde base de données SQL (en particulier, n’ont pas été retenus les attributs correspondant à des langues non prévues au cahier des charges et ceux correspondant à des informations dupliquées et éventuellement concaténées) ;

  • définir l’organisation des données, les relations entre les champs et pour chaque champ son mode de fonctionnement. Nous avons ainsi défini les modalités de transformation de la structure récupérée dans la base de données MySQL vers le fichier XML à importer dans le thésaurus géré par Cindoc.

Étape informatique 1

33

Pour chaque terme du thésaurus UNBIS, un nombre variable de champs était affecté. De plus, le fichier fourni présentait les informations verticalement. Chaque champ avait lui-même une longueur indéterminée. Ceci a demandé la mise en place d’un algorithme d’analyse particulier, par approches successives, avant de déterminer et de programmer un algorithme fiable pour environ 99,9 % des cas. Pour moins d’une dizaine de termes, il a fallu intervenir manuellement sur la base de données constituée.

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Pour donner à l’AFD une vision plus concrète du thésaurus et expliquer ces étapes préalables, un export d’une centaine de références test a été édité. Ce thésaurus test a été commenté lors d’une réunion avec les documentalistes.

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• Au niveau conceptuel. Le thésaurus est construit en respectant les normes de construction des thésaurus monolingues (NF Z47-100) et multilingues (NF Z47-101).

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- La hiérarchie. Les descripteurs sont organisés en micro-thésaurus correspondant à un plan de classement de 18 micro-thésaurus répartis en 143 chapitres. Ces micro-thésaurus correspondent à des ensembles de descripteurs appartenant au même domaine, ces descripteurs sont ventilés à l’intérieur du micro-thésaurus en chapitres. Ce type d’organisation en micro-thésaurus divisés en chapitres nous semblait intéressant dans la mesure où il permettait d’utiliser ultérieurement le thésaurus pour définir une organisation éditoriale, comme une taxinomie [17][17] En informatique, le terme taxinomie (taxonomy en anglais)..., particulièrement bien adaptée pour donner accès aux documents numériques à travers un portail d’information. Il facilitait donc un usage du thésaurus pour gérer l’ensemble des contenus numériques de l’AFD, comme envisagé lors de l’analyse de la problématique.

tape 1 - Création base reflet UNBISÉtape 1
tape 2 - Création base reflet AFDÉtape 2
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Le thésaurus UNBIS comportait des polyhiérarchies [18][18] On rappellera que la polyhiérarchie telle qu’elle est..., un même descripteur pouvant appartenir à plusieurs micro-thésaurus et/ou chapitres ; dans ce cas il est rattaché à un terme de tête dans le sous-chapitre correspondant. Cette possibilité était, de fait, relativement peu utilisée. Comme l’indiquent les réflexions publiées sur les polyhiérarchies, leur utilisation rend complexe la gestion des thésaurus. Après un test sur un mini-thésaurus d’une centaine de termes, il à été décidé de les abandonner. Elles ont été remises à plat en privilégiant une relation hiérarchique principale correspondant au choix préférentiel retenu (selon les recommandations de la norme NF Z47-100). Les rattachements hiérarchiques non retenus ont été transformés en relations associatives pour conserver toute la richesse des relations du thésaurus.

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- La structure avec les relations. On a bien extrait, à travers les 23 attributs définis préalablement, les relations classiques du thésaurus : équivalence (EM/EP), hiérarchie (TG/TS) et association (TA). Il convient ici de rappeler que ce maillage des relations des descripteurs permet de les resituer dans leur contexte et donc d’en préciser le sens [19][19] Des précisions sur ces relations sont apportées dans....

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- Le multilinguisme. Il est géré à partir de l’anglais comme vocabulaire pivot ; à chaque terme dans une langue correspond un équivalent dans les autres langues du thésaurus. Seules les relations d’équivalence et les notes d’application sont spécifiques à chacune des langues retenues. On peut donc consulter la structure du thésaurus : son organisation en micro-thésaurus, son organisation hiérarchique, ses relations d’équivalence dans chacune des langues gérées par UNBIS [20][20] On peut en consulter la présentation sur la version....

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Comme indiqué précédemment, le travail d’analyse préalable a consisté à ne retenir que les versions en français, anglais et espagnol des descripteurs retenus.

tape 3 - Rapprochement AFD / UNBISÉtape 3
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Le travail préalablement décrit pour récupérer le thésaurus UNBIS aurait été grandement facilité s’il avait été fourni transcodé en SKOS [21][21] SKOS ou Simple knowledge organisation system (Système.... Ce travail de migration du thésaurus UNBIS vers SKOS serait à réaliser par l’équipe qui maintient le thésaurus UNBIS, comme cela a déjà été fait par exemple pour le thésaurus AGROVOC.

L’analyse des micro-thésaurus de l’AFD

Étape informatique 2

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L’AFD a fourni à Actonis un fichier de 3 123 mots clés utilisés pour indexer ses bases de données bibliographiques, soit 1 470 termes retenus et 1 653 termes a priori écartés de la sélection.

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Lors de cette deuxième étape du travail informatique, la construction de la base de données reflet de la base documentaire de l’AFD n’a pas posé de difficulté, puisque Actonis se retrouvait dans une configuration classique de création de bases de données à partir d’éléments clairement documentés.

Étape informatique 3

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Les traitements informatiques ont été créés pour rapprocher efficacement les descripteurs UNBIS et les termes utilisés dans le thésaurus de l’AFD (et donc dans la base documentaire comme mot-clé). Ils ont demandé la mise en place d’un algorithme syntaxique pour permettre un rapprochement entre les variantes morphologiques des termes, notamment composés. Ce rapprochement syntaxique a permis d’associer les termes utilisés par l’AFD à ceux du thésaurus UNBIS dans plus de 60 % des cas.

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Chacun de ces 3 103 termes utilisés par l’AFD a été analysé et comparé avec les descripteurs ou les termes équivalents du thésaurus UNBIS afin d’établir des concordances entre eux. In fine, 1 470 termes ont été retenus dans le nouveau thésaurus.

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Ce travail de comparaison a été complété par une analyse intellectuelle sur les termes suffisamment proches pour générer des relations d’équivalence. Nous avons notamment analysé les quasi-synonymes [22][22] La norme NF Z47-100 définit les quasi-synonymes comme.... Cette relation permet souvent le renvoi de termes spécifiques trop peu utilisés vers leurs génériques. Nous avons procédé par analyse :

  • des équivalences exactes sur 37 % des termes relevés par traitement informatique ;

  • des relations d’équivalence : 61 % des termes ont été rattachés à une relation d’équivalence après analyse des équivalences partielles ou inexactes (variantes morphologiques ou quasi-synonymies). Pour 66 termes, des équivalences ont été trouvées mais, pour des raisons culturelles, ce sont les termes de l’AFD qui ont été retenus, couramment utilisés par le public francophone de préférence aux termes du thésaurus UNBIS qui en étaient des traductions de l’anglais. Exemple : prestation de service pour services de support. Nous nous trouvions bien ici devant des glissements sémantiques pour lesquels une analyse spécifique a été réalisée ;

  • des non-équivalences : 2 % des termes, soit 30 descripteurs, ont été créés pour être rattachés ultérieurement à l’arborescence UNBIS. Ils correspondaient à des concepts propres à la Coopération française, n’existant pas dans le thésaurus UNBIS, Exemple : coopération décentralisée.

Le même travail d’analyse, plus simple, a été réalisé pour les 260 descripteurs géographiques.

47

Les descripteurs UNBIS retenus ont été validés avec les documentalistes de l’AFD lors de réunions de travail périodiques, à partir de l’analyse préalable réalisée par Actonis. Les cas de figure moins consensuels ont été revus et les choix tranchés avec la responsable de la documentation de l’AFD. Ce travail en commun avec les documentalistes de l’AFD a facilité ultérieurement l’appropriation par l’agence du thésaurus proposé par l’équipe projet.

L’import dans le module thésaurus de Cindoc

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Ce travail a consisté à importer les descripteurs et leurs relations de la base de données SQL dans un fichier au format XML. Il faut noter que ce format, retenu par Cindoc, n’est pas compatible avec SKOS. Réutiliser le thésaurus hors du champ de l’application documentaire, comme souhaitaient le faire les commanditaires de l’AFD, nécessiterait de le faire évoluer vers les technologies web, en utilisant la norme SKOS. Ce qui manque principalement au thésaurus élaboré pour être transcodé en SKOS est la possibilité de spécifier pour chaque concept retenu un URI [23][23] URI : chaîne de caractères unique respectant la norme....

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Une étude préalable de toutes les relations figurant dans le thésaurus UNBIS a été faite et une maquette réalisée pour présenter leur transcription au format XML requis par l’interface Cindoc. Pour chacun de ces cas de figure, une note précisant les règles de fonctionnement a été rédigée avec sa traduction en XML [24][24] Cette analyse est disponible à l’adresse www. catherine-cyrot..... Le choix d’XML comme format d’import dans l’applicatif Cindoc est particulièrement intéressant dans la mesure ou ce standard permet au thésaurus d’être réutilisé par d’autres applicatifs basés sur le format XML. Recourir à la norme SKOS pour le décrire améliorerait encore le standard XML retenu.

Etape informatique 4

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Enfin, dans la dernière étape, la génération d’un fichier XML pour créer le nouveau thésaurus de l’AFD a nécessité un travail particulièrement pointu, dans la mesure où la validation du nouveau thésaurus par l’applicatif Cindoc ne donnait pas d’éléments exhaustifs en cas de rejet du fichier XML lors de la validation des relations hiérarchiques entre les termes.

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Une fois l’import dans le gestionnaire de thésaurus testé en local sur les machines d’Actonis, le fichier XML du thésaurus a été fourni à l’AFD avec un diaporama détaillant la procédure d’import.

tape 4 - Mise à jour du thésaurus AFDÉtape 4

3 - L’organisation du thésaurus

52

On voit bien que, si le thésaurus de l’AFD intègre des évolutions récentes, qui permettraient une meilleure utilisation par les outils du web sémantique, cette évolution s’arrête encore en chemin. En faire un référentiel normatif adapté pour gérer des bases de connaissances supposerait un travail complémentaire pour mieux en spécifier les relations, et pour intégrer des éléments demandés par les définitions de type de document (DTD) du langage XML [25][25] La document type definition (DTD), ou définition de... (date de création ou de mise à jour, source du terme, noms des gestionnaires, lien avec d’autres langages, etc.).

La structure du thésaurus résultat

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La structure du thésaurus utilisée par l’AFD a été conservée la plus proche possible de celle fournie par UNBIS. Le thésaurus comporte 1 307 descripteurs. 834 d’entre eux, soit environ deux tiers, sont des syntagmes [26][26] Un syntagme est un ensemble de mots formant une seule... et 473 sont des unitermes. Nous avons privilégié le choix de syntagmes : ils permettent de localiser une information très précise, de regrouper des termes étroitement associés, de décrire des concepts complexes. Nous avons donc préféré la pré-coordination [27][27] « Principe suivant lequel l’expression d’une notion... de termes pour définir des notions complexes correspondant à des expressions fréquemment utilisées, plutôt que de laisser à l’utilisateur le soin de post-coordonner les descripteurs en les combinant avec des opérateurs booléens (ce qui risquait d’augmenter le bruit dans sa recherche).

54

Ces choix traduisent une évolution significative par rapport à la norme dont les préconisations sur ce point nous paraissent obsolètes. Plus proches du langage naturel, les syntagmes semblaient plus en phase avec l’évolution des langages et leur utilisation à venir par des outils du web sémantique. On rejoint ici les analyses de Muriel Amar [3, p. 355].

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• Organisation en microthésaurus. Ces descripteurs sont répartis en 17 micro-thésaurus et 125 chapitres. Chaque micro-thésaurus est donc structuré en 7 chapitres en moyenne. L’importance de cette structuration explique pour une part que les hiérarchies soient relativement courtes, comme expliqué ci-dessous. Elle devrait permettre une double utilisation possible du thésaurus : navigation dans la structure des relations et utilisation d’un plan de classement, par exemple pour l’afficher sur le portail afin d’accéder à tous les documents posés sur l’intranet.

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• Relations hiérarchiques. Sur 529 relations hiérarchiques, 356 sont de premier niveau, 130 de deuxième, 33 de troisième et 10 de quatrième niveau. Le fait que les hiérarchies soient courtes a simplifié le travail de structuration. Ce choix est cohérent avec celui d’un vocabulaire riche en syntagmes, plus difficiles à intégrer dans des structures en arbre. Le thésaurus de l’AFD suit en cela l’évolution générale des thésaurus vers des grappes hiérarchiques plus courtes.

57

On a gardé la notion de terme de tête (top term), prise en compte dans les normes américaines et anglaises mais non dans les normes plus anciennes de l’AFNOR et de l’ISO. Par contre, suivant en cela la pratique du thésaurus UNBIS, nous n’avons pas spécifié le type de hiérarchie : hiérarchie d’instance de type « est un spécimen ou est un exemple d’une catégorie » ou hiérarchie partitive de type « tout/partie » qui ont fait leur apparition dans les normes américaine et anglaise. Mieux spécifier ces relations permettrait de passer du thésaurus à une base de connaissances s’appuyant sur des ontologies. Les 30 termes nouveaux ont été rattachés aux branches des hiérarchies UNBIS, de la manière la plus logique possible.

58

• Relations associatives. Par contre, 1 135 termes ont des relations associatives, soit 87 % des descripteurs. C’est bien l’enrichissement des relations associatives qui a été privilégié dans la construction de ce thésaurus par rapport à la profondeur hiérarchique. Cette option est intéressante car ces relations associatives pourraient être retravaillées comme des ontologies, si on les qualifiait ultérieurement, ce qui constituerait un outil précieux pour une application de type web sémantique. La prise en compte de ces relations, présentes dans les normes américaines et anglaises, permettrait de passer d’une structure de type thésaurus à une structure de type base de connaissances.

59

• Relations d’équivalence. L’enrichissement du thésaurus initial a été constitué, pour l’essentiel, de l’apport des termes écartés réintroduits dans une relation d’équivalence de type EM/EP (employer / employé pour). Quand la relation d’équivalence a été inversée, le terme retenu par l’AFD a pris la place du terme UNBIS dans la hiérarchie du thésaurus. Au total, 1 713 non-descripteurs renvoient aux 1 307 descripteurs retenus. Augmenter le nombre de non-descripteurs revient à multiplier les points d’entrée.

60

Ce travail d’enrichissement permettra d’abord de faire évoluer l’indexation des bases de données bibliographiques, et pourrait être utile pour enrichir ultérieurement les dictionnaires utilisés par des logiciels de web sémantique. La encore, cette évolution vers la multiplication des points d’entrée est une tendance assez générale de l’évolution des thésaurus.

La maintenance du thésaurus

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La maintenance du thésaurus a été prévue dès sa conception.

62

• Le suivi de son utilisation. Il a été prévu de réaliser, après six mois d’utilisation, une analyse des termes utilisés et des candidats descripteurs. Dans le cadre d’une formation à l’indexation pour les documentalistes, cette analyse a permis de préciser les règles d’utilisation des descripteurs : sélectivité des concepts et profondeur d’indexation, modalités de création de candidats descripteurs, etc. Cela pour préparer le mode d’emploi après avoir analysé les candidats descripteurs susceptibles d’être, selon les cas : transformés en descripteurs, quand ce sont des notions nouvelles ou des termes plus spécifiques dont l’utilisation devient courante dans l’activité de l’AFD ; introduits comme relations d’équivalences quand ce sont des synonymes, quasi-synonymes ou variantes lexicales de descripteurs existants ; laissés comme candidats descripteurs quand leur usage ne justifie pas de les intégrer au thésaurus ; corrigés quand ce sont des erreurs (fautes d’orthographe, etc.).

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• Un mode d’emploi pour sa maintenance. Un guide a été réalisé et fourni à l’AFD pour définir les modalités d‘évolution du thésaurus en le gardant compatible avec le thésaurus UNBIS. Ce travail de mise à jour s’appuie sur une évaluation critique périodique (environ deux fois par an) des descripteurs utilisés. [28][28] Présentation détaillée dans la version longue de l’article...

64

Dans tous les cas, la décision est préparée par l’administrateur du thésaurus à partir des candidats descripteurs introduits par les documentalistes dans un champ autonome :

  • il fait une analyse sémantique du concept sous-jacent sur les sites qui constituent des référents terminologiques pour le domaine [29][29] Par exemple la base de données terminologique des Nations... et auprès des spécialistes de l’AFD pour en préciser le sens ;

  • il lance la comparaison des candidats introduits avec le nouveau thésaurus de l’AFD pour contrôler que ces derniers n’existent pas déjà dans le thésaurus comme descripteurs ou comme équivalents ;

  • il recherche dans le thésaurus UNBIS si le descripteur n’existe pas déjà ou si le candidat peut être introduit dans une relation d’équivalence avec un descripteur existant ; dans ce cas, il retient de préférence le terme UNBIS pour enrichir le thésaurus de l’AFD.

Ce travail de mise à jour s’appuie sur les contrôles automatiques du gestionnaire de thésaurus Cindoc. Il vérifie en particulier l’unicité des termes, la réciprocité des relations d’équivalence, de hiérarchie et d’association, et la présence de termes orphelins.

4 - L’interaction avec l’application documentaire de l’AFD

La remise à niveau de l’indexation de la base bibliographique

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En décembre 2007, la base de données bibliographiques comportait 12 531 références, 94 % d’entre elles ayant 2 802 descripteurs et seulement 200 références des candidats descripteurs, possibilité donc peu utilisée. Le nombre moyen de descripteurs par référence était de 4,43. L’indexation matière était faite dans un champ MOTSCLES pour les termes de l’ancien thésaurus, mais on a vu que les documentalistes s’étaient peu à peu écartés des listes existantes pour déterminer de nouveaux descripteurs, aucun contrôle n’étant fait en saisie sur ce champ. Un champ CANDIDAT était prévu pour une indexation libre.

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À partir du moment où les documentalistes utilisaient un nouveau thésaurus, se posait la question de sa cohérence avec les indexations existantes dans les fichiers bibliographiques. Un module a donc été prévu pour mettre à niveau cette indexation. Le travail a consisté à relire le champ MOTCLES avec une requête SQL sur la base de données et dans un premier temps à le sauvegarder. Les termes d’indexation ont été comparés systématiquement avec les descripteurs et reversés dans le champ MOTSCLES s’ils étaient identiques. Quand ils étaient identiques à des termes écartés, c’est le descripteur pointé par la relation d’équivalence qui était reversé dans le champ MOTSCLES. Tous les termes non trouvés dans le thésaurus étaient conservés en CANDIDAT. Au final, on a donc un champ MOTSCLES avec les descripteurs qui appartiennent au thésaurus (anciens termes d’indexation ou descripteurs traduits à partir de la relation d’équivalence EM/E) et un champ CANDIDAT avec les descripteurs qui n’appartiennent pas au thésaurus. Ce champ continue à être utilisé par les documentalistes pour faire évoluer le thésaurus.

Étape informatique 5

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Dans cette étape, la génération du fichier permettant la mise à jour de la base documentaire de l’AFD ne présentait aucune difficulté puisqu’il s’agissait d’utiliser un langage standard, à savoir SQL.

L’utilisation du thésaurus

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Depuis l’utilisation du thésaurus, en juillet 2008, soit sur 9 mois, 954 références nouvelles ont été créées et 649 descripteurs ont été utilisés.

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• À l’heure actuelle. Le thésaurus a été branché sur la base de données bibliographiques ; il est utilisé en saisie pour visualiser les descripteurs et leurs relations, et en contrôler la saisie. Il permet des recherches guidées dans la base de données et offre la possibilité de naviguer dans les relations du thésaurus et de sélectionner les descripteurs retenus avec éventuellement une fonction d’autopostage [30][30] Expansion automatique de la recherche aux relations....

70

• Dans un avenir proche. L’utilisation du thésaurus pourrait être étendue à l’ensemble des produits documentaires réalisés par l’AFD, et permettre un accès guidé aux archives de ces produits documentaires :

  • le Kaléidoscope qui propose tous les mois un package avec un ouvrage récent, un article et un rapport web sur une thématique, un pays, un débat, etc.;

  • Produitdoc, trimestriel accessible dans les publications de l’AFD pour suivre les cours des matières premières ;

  • les bibliographies réalisées à la demande pour les utilisateurs de l’AFD.

• Dans un avenir plus lointain. Le thésaurus pourrait être utilisé pour des recherches sur l’ensemble des documents posés sur le site intranet de l’AFD, documents qui ne sont pas à ce jour facilement accessibles, sauf à utiliser l’explorateur Windows et à bien connaître l’emplacement de ce que recherchent les agents de l’agence. Cela supposerait que l’AFD se dote d’un logiciel de gestion de contenu et intègre le thésaurus dans une recherche sémantique.

71

l’AFD pourrait, à partir du travail réalisé sur la structure du thésaurus, faire évoluer celui-ci vers une base de connaissances, comme nous l’avons plusieurs fois mentionné. Cette évolution suppose, d’une part, qu’à chaque descripteur corresponde une URI stable ; d’autre part, de qualifier de manière plus précise le type de relations.

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À partir du thésaurus, l’AFD pourrait extraire une taxinomie, afin de disposer d’un plan de classement pour faciliter la navigation dans un portail documentaire, dans le but de faciliter l’accès des agents aux documents déposés sur leur intranet.

73

Ces pistes d’évolution ont été évoquées avec les documentalistes lors d’une journée de formation pour les aider à mieux utiliser le nouveau thésaurus et définir ses modalités de maintenance. Plusieurs applications de ce type, actuellement disponibles sur le web, ont permis d’explorer les possibles utilisations futures du thésaurus. •

74

Juin 2009

tape 5 - Mise à jour de la base documentaire chez AFDÉtape 5

Bibliographie

  • [1] Pierre Chassande. Développement durable : pourquoi, comment. Aix-en-Provence : Édisud, 2002. 189 p.
  • [2] Council for Development and Reconstruction; Geographic Planning Collaborative ; Khatib & Alami Consolidated Engineers. Lebanon National Geographic Information Infrastructure (NGII): Feasibility Study. Prepared for Council for Development and Reconstruction. Beirut : 2002. 241 p.
  • [3] Délégué interministériel au développement durable ; Comité permanent des hauts fonctionnaires du développement durable. Quatrième rapport sur la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement durable 2003-2008. Janvier-décembre 2006. 32 p.
  • [4] Nicolai Denisov, Leif Christoffersen. Impact of environmental information on decision-making processes and the environment. Arendal 2000. Occasional paper 01. UNEP/GRID-Arendal, 2001. 51 p.
  • [5] Olivier Dubigeon. Mettre en pratique le développement durable : quels processus pour l’entreprise responsable ? Paris : Village Mondial, 2002. 317 p.
  • [6] Olivier Gayte et al. Conception des systèmes d’information sur l’environnement. Paris : Hermès, 1997. 152 p.
  • [7] Amal Habib. Participation de l’information et des technologies de l’information dans le développement durable : cas du Liban. Thèse de doctorat, Université Paris-8, 2006. 409 p.
  • [8] Institut français de l’environnement. Indicateurs de développement durable. Juillet 2007. wwww. ifen. fr/ indicateurs/ indicateurs-de-developpement-durable/presentation.html
  • [9] International Society for Photogrammetry and Remote Sensing. Global environmental databases: present situation, future directions. Ryutaro Tateish and David Hastings, eds. ISPRS, Working Group IV/8 (2000-2004), 2004.

Notes

[1]

L’on pourra compléter la lecture de cet article à l’adresse www. catherine-cyrot. net/ afd une version plus développée. D’autre part, dans le cadre du partenariat établi avec la Bibliothèque Dag Hammarskjöld des Nations Unies à New York, une version anglophone de ce texte devrait prochainement être publiée en ligne.

[5]

Voir : Gilles Balmisse, Ali Ouni, « Gérer autrement les projets », Documentaliste – Sciences de l’information, 2009, vol. 46, n° 1, p. 44-46.

[7]

Dans cette étude, on privilégiera le terme chapitre par rapport au terme sous-domaine pour décrire l’organisation des micro-thésaurus en sous-parties.

[8]

« Thésaurus couvrant un très large domaine et ne comprenant que des descripteurs d’un niveau général qui peuvent être repris dans des descripteurs spécialisés. » [1]

[9]

On trouvera sur Internet, dans la version longue de cet article, la répartition des descripteurs par micro-thésaurus à l’AFD.

[10]

Pour voir la liste des thésaurus disponibles dans le système des Nations Unies : http:// lib-thesaurus. un. org

[11]

La liste de ces thésaurus peut être consultée sur le site UNBIS [11].

[12]

Rappelons que, selon la norme NF Z47-100, « deux thésaurus A et B sont compatibles si dans un même domaine les documents indexés avec le thésaurus A peuvent être retrouvés avec le thésaurus B et réciproquement » [1].

[13]

Voir : Sylvie Dalbin, « Thésaurus et informatique documentaire : partenaires de toujours », dans [8], p. 42-55.

[14]

Terme de tête ou top term : terme situé au plus haut de la hiérarchie ascendante du descripteur.

[16]

UTF-8 (UCS transformation format 8 bits) est un format de codage de caractères défini pour les caractères Unicode (UCS). L’IETF (Internet engineering task force) requiert qu’UTF-8 soit pris en charge par les protocoles de communication d’Internet échangeant du texte (http:// fr. wikipedia. org/ wiki/ UTF-8).

[17]

En informatique, le terme taxinomie (taxonomy en anglais) désigne une méthode de classification des informations dans une architecture structurée de manière évolutive. Le terme est couramment employé pour des systèmes de gestion de contenu (CMS). [Wikipédia]

[18]

On rappellera que la polyhiérarchie telle qu’elle est décrite dans la norme NF Z47-100 revient à subordonner une notion à plusieurs notions en même temps.

[19]

Des précisions sur ces relations sont apportées dans la version longue de l’article sur Internet.

[20]

On peut en consulter la présentation sur la version en ligne du thésaurus UNBIS (http:// lib-thesaurus. un. org) par exemple dans une recherche sur le développement durable.

[21]

SKOS ou Simple knowledge organisation system (Système simple d’organisation des connaissances) est une famille de langages formels permettant une représentation standard des thésaurus, construit sur la base du langage RDF par le W3C. Il permet la publication d’un thésaurus pour son utilisation dans le cadre du web sémantique et une transition possible vers des référentiels utilisant le modèle RDF, celui des ontologies OWL, par exemple. [Wikipédia]

[22]

La norme NF Z47-100 définit les quasi-synonymes comme « des termes dont la signification est généralement différente dans l’usage normal mais que l’on peut considérer comme synonymes pour les besoins particuliers de l’indexation » [1].

[23]

URI : chaîne de caractères unique respectant la norme RFC 3990 du W3C.

[24]

Cette analyse est disponible à l’adresse www. catherine-cyrot. net/ afd

[25]

La document type definition (DTD), ou définition de type de document, est un document permettant de décrire un modèle de document SGML ou XML. [Wikipédia]

[26]

Un syntagme est un ensemble de mots formant une seule unité catégorielle et fonctionnelle, mais dont chaque constituant, parce que dissociable (contrairement au mot composé), conserve sa signification et sa syntaxe propres. Un syntagme constitue donc une association occasionnelle, libre, alors que le mot composé est une association permanente. [Wikipédia]

[27]

« Principe suivant lequel l’expression d’une notion s’effectue au cours de l’élaboration du thésaurus par la création de termes composés. » [1]

[28]

Présentation détaillée dans la version longue de l’article sur Internet.

[29]

Par exemple la base de données terminologique des Nations Unies : http:// unterm. un. org

[30]

Expansion automatique de la recherche aux relations du descripteur : prise en compte des relations hiérarchiques, associatives et d’équivalence.

Résumé

Français

L’objet de cet article [1] est de faire partager l’expérience de réingénierie du thésaurus de l’Agence française de développement (AFD) [2] menée au cours de l’année 2008. Les analyses faites en préalable à ce travail et les conclusions qui en ont été tirées peuvent en effet aider à la réflexion de professionnels d’autres secteurs placés devant les mêmes problématiques, par exemple : selon quels critères choisir entre la création d’un thésaurus et la réutilisation d’un logiciel existant ? Comment utiliser le thésaurus comme passerelle pour échanger entre organismes partenaires du même domaine d’activité ? Quelle utilisation faire du thésaurus, au-delà de l’indexation des références bibliographiques, pour structurer des informations dans la perspective d’une gestion de contenu ? Comment situer le thésaurus dans la famille des référentiels et faire évoluer son utilisation vers des outils du web sémantique ?

English

Thesaurus re-engineering. Case studyThe French Development Agency reengineered its thesaurus in 2008. Lessons learned along with a preliminary analysis will be useful for professionals facing similar issues in other sectors. Which criteria are helpful when choosing between creating a new thesaurus and reutilizing existing software? How can a thesaurus be used as a bridge for exchange between partner organizations in the same field? Can we utilize a thesaurus beyond indexing bibliographic citations, to structure information for content management? Where does a thesaurus fit among sets of standards, how to enhance its place among semantic web tools?

Español

Reingeniería de tesauro : un estudio de casoEl objeto de este estudio es hacer compartir la experiencia de reingeniería del tesauro que la Agencia francesa de desarrollo (AFD) ha llevado a cabo a lo largo del año 2008. Los análisis hechos previamente a este trabajo de reingeniería y las conclusiones que se sacaron de ellos pueden efectivamente ayudar a la reflexión de profesionales de otros sectores enfrentados a las mismas problemáticas, por ejemplo : ¿ qué criterios seguir a la hora de elegir entre la creación de un tesauro y la reutilización de un software ya existente ? ¿ De qué manera usar el tesauro como pasarela para intercambios entre organismos pertenecientes al mismo ámbito de actividad ? ¿ Qué uso hacer del tesauro, más allá de la indexación de las referencias bibliográficas, para estructurar informaciones con la perspectiva de una gestión de contenido ? ¿ Cómo situar el tesauro dentro de la familia de los referenciales y hacer evolucionar su utilización hacia herramientas de la web semántica ?

Deutsch

Re-Engineering eines Thesaurus: Eine FallstudieZiel dieser Studie ist es, die Erfahrungen zu teilen, die die französische Entwicklungsagentur (AFD) beim Re-Engineering ihres Thesaurus im Jahre 2008 gemacht hat. Die Analysen im Vorfeld der Arbeiten des Re-Engineerings und die daraus gezogenen Schlüsse können Fachleuten in anderen Gebieten mit den gleichen Fragestellungen helfen, z.B.: Mithilfe welcher Kriterien wählt man zwischen der Erstellung eines Thesaurus und der Nutzung einer bestehenden Software? Wie benutzt man einen Thesaurus als Verbindung zwischen Partnerorganisationen im gleichen Aufgabengebiet? Welchen Nutzen kann man aus dem Thesaurus ziehen, jenseits der Indexierung von bibliographischen Referenzen, um Informationen in der Perspektive eines Content Managements zu strukturieren? Wie lässt sich der Thesaurus in der Familie der Bezugssysteme positionieren und sein Nutzen sich hin zu den Tools des semantischen Webs entwickeln?

Plan de l'article

  1. 1 - Critères de choix du thesaurus
    1. La demande de l’AFD
    2. L’analyse de la demande
    3. L’analyse de l’existant
  2. 2 - La méthodologie de fabrication du thésaurus
    1. La méthodologie informatique appliquée
    2. Format du thésaurus source des Nations Unies
      1. Étape informatique 1
    3. L’analyse des micro-thésaurus de l’AFD
      1. Étape informatique 2
      2. Étape informatique 3
    4. L’import dans le module thésaurus de Cindoc
      1. Etape informatique 4
  3. 3 - L’organisation du thésaurus
    1. La structure du thésaurus résultat
    2. La maintenance du thésaurus
  4. 4 - L’interaction avec l’application documentaire de l’AFD
    1. La remise à niveau de l’indexation de la base bibliographique
      1. Étape informatique 5
    2. L’utilisation du thésaurus

Pour citer cet article

Cyrot Catherine, Preuss Christian, « Réingénierie de thésaurus : une étude de cas », Documentaliste-Sciences de l'Information, 3/2009 (Vol. 46), p. 4-13.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-3-page-4.htm
DOI : 10.3917/docsi.463.0004


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