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Documentaliste-Sciences de l'Information

2009/3 (Vol. 46)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.463.0072
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Un outil de travail nécessaire à tous les documentalistes confrontés à la construction d’un thésaurus

Guide pratique pour l’élaboration d’un thésaurus documentaire, Michèle Hudon, avec la collaboration de Danièle Dégez et Dominique Ménillet, Montréal : Les Éditions ASTED (diff. en France : ADBS), 2009. 274 p. ISBN 978-2-923563-17-6 : 33 €

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Ce Guide pratique pour l’élaboration d’un thésaurus documentaire était fort attendu. Depuis le Thésauroglossaire de Danièle Dégez et Dominique Ménillet publié par l’ADBS en 2001, aucun ouvrage de référence n’était paru en français sur cette question, alors même que le numéro de la revue Documentaliste – Sciences de l’information sur les « Langages documentaires et outils linguistiques » publié en 2007 marquait des évolutions importantes, notamment en ce qui concerne l’utilisation des thésaurus associés aux technologies linguistiques [1][1] Volume 44, n° 1, février 2007, p. 12-95.. Le présent ouvrage, publié au Quebec par l’Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED), répond donc bien à une forte attente du milieu professionnel.

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Comme le mentionne le titre, Michèle Hudon propose une approche méthodologique résolument pratique. Après avoir redéfini les fondamentaux du thésaurus comme lexique de descripteurs associé à une structure relationnelle, elle situe cet outil (chapitre 1) par rapport aux référentiels terminologiques comme les listes de vedettes matière ou à ceux qui sont utilisés sur le web : taxinomies, ontologies, etc. Toutefois, le rôle des thésaurus par rapport aux autres référentiels est traité un peu rapidement [2][2] Pour compléter cette mise en relation des thésaurus....

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L’auteure analyse la démarche nécessaire pour rédiger un cahier des charges avant de créer un thésaurus. Ses contenus, de l’analyse des besoins à la spécification des caractéristiques essentielles du thésaurus, y sont présentés (chapitres 3 et 4). La méthodologie de construction d’un thésaurus est ensuite détaillée par étapes successives : critères de sélection des descripteurs, combinaison des approches déductives et inductives pour la construction du lexique, regroupements sémantiques par thématiques ou facettes. Dans la construction de la structure relationnelle, Michèle Hudon insiste à juste titre sur la cohérence globale à rechercher pour les niveaux hiérarchiques comme pour les associations conceptuelles. On peut seulement regretter l’absence de développements spécifiques sur la réingénierie d’un thésaurus à partir de la reprise d’un référentiel existant.

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L’organisation du travail nécessaire à la réalisation d’un thésaurus – constitution d’un groupe de travail de documentalistes, comité consultatif d’experts – est précisée, de même que le suivi de ces opérations à l’aide d’un échéancier. À un niveau plus technique, l’auteure détaille les modalités d’enregistrement de la base de données qui doit permettre au concepteur de construire son outil de travail au fur et à mesure des étapes de réalisation. À plusieurs reprises, elle propose des exemples d’édition de thésaurus avec leurs différentes présentations (chapitres 6 et 7).

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Les développements très actuels, liés à l’utilisation des technologies linguistiques, sont particulièrement intéressants, On relèvera notamment les critères de choix entre précoordination ou postcoordination des termes retenus comme descripteurs, ou encore l’analyse de la structure relationnelle du thésaurus avec des propositions pour une typologie plus précise des relations hiérarchiques, des catégories d’association, des équivalences intralinguistiques. Seule la problématique des polyhiérarchies est traitée un peu rapidement (dans les chapitres 2 et 5).

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Michèle Hudon revient à plusieurs reprises sur l’évaluation de l’outil, en relation avec celle du système d’indexation mis en place. Elle définit les critères d’évaluation des thésaurus : richesse conceptuelle et lexicale, structure relationnelle, conformité aux normes (dont on peut regretter que l’analyse, notamment de leurs différences et de leurs limites, ne soit pas plus développée). À cet effet, elle propose des outils et des modalités de mise à jour du thésaurus. Elle expose en quoi les étapes successives de construction d’un tel outil peuvent être déconnectées les unes des autres, dans une démarche itérative qui ouvre des perspectives particulièrement intéressantes pour l’organisation du travail (chapitre 8).

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Un chapitre entier (le neuvième) aborde la question des thésaurus multilingues. L’auteure y propose une typologie très précise et très éclairante des équivalences interlinguistiques. Elle insiste sur la nécessité de construire des thésaurus multilingues qui respectent la spécificité de chaque langue en évitant l’écueil d’une langue source qui en soit de fait la langue dominante.

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Le dernier chapitre sur la gestion de thésaurus assistée par ordinateur nous a paru plus décevant. Il présente assez rapidement les options proposées (outil bureautique, logiciel spécifique ou intégré à un logiciel de gestion documentaire) et quelques critères de choix de logiciels, avant d’en donner la liste. Il développe de manière plus détaillée l’assistance que le logiciel peut fournir pour contrôler la validation de la structure relationnelle du thésaurus (voir aussi le chapitre 5). On peut regretter que l’importance de SKOS comme standard XML/RDF publié par le W3C pour modéliser les vocabulaires contrôlés et notamment les thésaurus ne soit pas évoquée, alors que cela nous semble, pour les concepteurs de thésaurus, une piste de travail intéressante à explorer pour faire évoluer leurs référentiels terminologiques.

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Voilà un ouvrage qui remplit parfaitement son rôle annoncé de guide pratique. À ce titre, il constituera un outil de travail des plus utiles à tous les documentalistes confrontés à la construction d’un thésaurus.

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Catherine Cyrot

Deux documents originaux et complémentaires

Outils web 2.0 en bibliothèque : manuel pratique, Sous la direction de Franck Queyraud et Jacques Sauteron, Paris : Association des bibliothécaires de France, 2008. 136 p. (Médiathè mes ; 10). ISBN 978-2-900177-31-0 : 28 €. La bibliothèque à l’heure du web 2.0 : guide pratique. Réalisé par Archimag, Paris : Serda, 2008. 53 p. (Archimag Guide pratique, ISSN 1242-1367 ; 33). 46 €

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Deux guides pratiques publiés en 2008, aux titres presque identiques, attirent l’attention sur l’importance que prend le web 2.0 dans les bibliothèques. Le premier est un manuel édité par l’Association des bibliothécaires de France, le second un numéro spécial d’Archimag, périodique bien connu des professionnels de l’information.

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Outils web 2.0 en bibliothèque est issu de la collaboration de dix auteurs, la plupart bibliothécaires. Il comporte cinq principales parties. Frank Queyraud et Jacques Sauteron interrogent en introduction : « Les bibliothécaires sont-ils frileux avec les outils du web 2.0 ? », et rappellent l’objectif de ce travail : un manuel pour apprendre à pratiquer. Cécile Arènes complète cette introduction en proposant une synthèse rapide des concepts de bibliothèque et de bibliothécaire hybrides.

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Dans une première partie intitulée « De l’Internet au web », Dominique Lahary se penche sur les protocoles et les formats. Il les explique de façon très claire en s’appuyant sur de nombreuses illustrations, tout en attirant l’attention sur la mouvance extrême de ces techniques appelées à se modifier ou à renaître sans cesse, mais qui ont rendu possible le web 2.0.

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Dans le développement principal de ce document, chaque auteur présente un des outils ou services du web 2.0 : les fils RSS (Frank Queyraud), les blogs (Lionel Dujol), les wikis (David Liziard), les podcasts (Xavier Galaup), la vidéo à la demande (René Phalippou), le système intégré de gestion de bibliothèque et les portails (Jacques Sauteron). Ils les décrivent tous avec une grande clarté et à l’aide d’illustrations, mais surtout en précisant leur intérêt et leurs limites pour la bibliothèque et ses acteurs : bibliothécaire et usager.

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L’ensemble de ces outils et services est synthétisé dans un remarquable tableau créé par Frank Queyraud et Jacques Sauteron qui recensent les usages professionnels et les usages pour les publics. Il est cependant dommage qu’ils oublient de donner le code couleur des différentes cases constituant leur récapitulatif. Mais sans aucun doute ce tableau mérite d’être consulté avec beaucoup d’attention car il apprend beaucoup.

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« Questions et perspectives » permet à Hervé Le Crosnier de parler du web inscriptible et des pratiques coopératives tout en s’interrogeant, avec lucidité et enthousiasme, sur le rôle que peuvent jouer les bibliothécaires dans ces grands bouleversements aux nombreuses inconnues.

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L’ouvrage se clôt avec une annexe dans laquelle Isabelle Antonutti présente des ressources généralistes dans divers domaines : ouvrages de référence, presse d’information générale, librairies numériques francophones, parascolaire et autoformation. Le professionnel de l’information peut y trouver des sources peu ou mal connues à explorer. L’enseignant et surtout l’étudiant en science de l’information peuvent y trouver matière pour organiser cours et travaux pratiques en recherche documentaire. Suit une bibliographie qui reprend, avec quelques ajouts, les bibliographies données à la suite de chaque contribution et un court glossaire.

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Quand il ferme le livre, le lecteur a appris ou révisé beaucoup. Les auteurs écrivent que « ce manuel s’adresse à tous les bibliothécaires en poste ou en formation, mais nous avons surtout pensé à ceux qui estiment ne pas avoir la fibre informatique ». Ils réussissent pleinement à les captiver.

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La bibliothèque à l’heure du web 2.0 aborde la question de façon complètement originale par rapport à l’ouvrage de l’ABF, et ce même si le lecteur est appelé croiser quelques auteurs déjà rencontrés.

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Ce guide d’Archimag comprend dix neuf contributions réparties autour de six thèmes. Ils sont de longueur mais aussi d’intérêt très inégal, ayant en commun d’être écrits dans un esprit de témoignage, de réflexion mais, sauf exception, moins que le précédent guide dans celui d’informer réellement ou de former. Tous s’efforcent de répondre à l’idée exprimée par Michel Remize, rédacteur en chef : « Il ne s’agit pas pour ce guide pratique d’opposer bibliothèque matérielle et bibliothèque virtuelle, mais de souligner une complémentarité. » Tous se rejoignent également pour affirmer l’importance que la bibliothèque 2.0 donne ou doit donner aux usagers.

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Le premier thème, « État de l’art », repose sur la contribution de Jean-Philippe Accart : « La bibliothèque sera 2.0… quoique ! ». Occasion pour cet auteur de regretter le retard français et de rappeler le rôle joué par les deux grands, Dewey et Otlet. Catherine Lamy prend la suite pour dire, dans un texte un peu décevant par sa brièveté, « La bibliothèque, un lieu pour demain ». Patrick Brébrion, Christophe Dutheil et Bruno Texier décrivent, à travers les nouveaux services du web 2.0 (Bibliomédias, Flickr, Second Life, etc.), « L’éclosion des mondes parallèles ». Enfin, Dominique Lahary et David Liziard disent « Demain, quel lecteur, quel bibliothécaire ? » : ce dernier devra maîtriser à la fois la transmission du savoir et la remise en jeu quotidienne de l’information.

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La deuxième partie est consacrée à la « Stratégie ». Le premier article est consacré au portail : Michel Fauchié donne donne un rapide cahier des charges qui peut aider toutes bibliothèques désirant se doter de cet outil. Le second article développe le concept d’une équipe aux compétences nouvelles, chargée entre autres de la construction du budget (Daniel Bourrion et Xavier Galaup ; l’idée originale de ce travail tient dans la phrase : « La sensibilité devient une compétence ».

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« Mise en œuvre » est le troisième thème. « Logiciels : bien encadrer l’évolution » entraîne Laurent Soual à parler des outils utilisés par les bibliothèques et leur nécessaire évolution. Silvère Mercier ouvre un portail de bibliothèque pour offrir des e-contenus et des e-services et salue le web 2.0 comme « une vraie chance de renouveler, le plus souvent de manière ludique, ce qui fait l’intérêt de notre métier ». « L’obligation de s’identifier en ligne » fait l’objet d’un bref mais synthétique article de Didier Frochot qui souligne la présence du droit dans les activités des professionnels de l’information. La gestion d’équipe pour accompagner le changement (Emmanuelle Bermès ) et « Organiser l’accueil : petit guide à l’usage du signaléticien » (Michel Piquet) ramènent le lecteur sur le principal personnage : le lecteur.

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Les « Solutions » sont le quatrième thème. Marc Maisonneuve (« Avec l’offre et la demande : des logiciels pas toujours nouveaux ») alerte sur la nécessité de veiller sur l’offre, riche mais trop touffue, représentée en un tableau synthétique, véritable état de l’art, utile pour le lecteur qui dispose là d’un précieux outil d’information mais surtout d’aide à la décision. Olivier Le Deuff enchaîne pour parler brièvement des outils sociaux connus de tous ceux qui s’intéressent au web 2.0. Enfin Anthony Rey s’intéresse aux principales offres signalétiques pour bibliothèques et aux mobiliers.

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« Retours d’expérience » permet à Anthony Rey et Christophe Dutheil d’apporter leurs témoignages sur trois bibliothèques et et d’expliquer le service de micro-blogging Twitter, adopté par de nombreux professionnels de l’information en France.

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Ce guide se termine par un glossaire et une liste de sources utiles pour aller plus loin dans ce qu’apportent ces articles souvent trop courts, destinés aux professionnels qui savent déjà ce qu’est le web 2.0.

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Deux documents qui portent des titres très voisins peuvent être très différents dans leurs objectifs comme dans leur contenu. Le lecteur de ces deux ouvrages complémentaires mais combien originaux en fera l’expérience.

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Marie-France Blanquet

Pour maîtriser un outil devenu indispensable

Produire des fils RSS et Atom / Serge Courrier, Paris : ADBS Éditions, 2009. 63 p.(L’essentiel sur…, ISSN 1773-729X). ISBN 978-2-84365-101-4 : 15 €

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Cet ouvrage est la suite d’Utiliser les fils RSS et Atom publié par le même auteur en 2007 et qui répondait à des questions telles que : qui propose des fils RSS ? Comment les trouver ? Comment les utiliser ? Avec quels outils ? Il se voulait une « introduction aux usages et outils de consultation des fils de syndication ». Avec ce deuxième opus, Serge Courrier (journaliste, formateur et consultant) va plus loin dans sa description d’outils techniques, supposant par là que les bases du premier sont acquises.

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À l’heure actuelle, il paraît difficile de se passer de la technologie des fils RSS, la plupart des sites Internet y recourant pour diffuser leur actualité sur le réseau. Mais comment les utiliser vraiment ? L’ouvrage indique les méthodes pour les produire en cinq chapitres courts. « Comprendre les formats RSS et Atom » (chapitre 1er) analyse la composition du fil RSS (vocabulaire XML, structure, racine, canal, etc.). « Créer un fil RSS ou Atom » (chapitre 2) indique la possibilité de les gérer manuellement ou de convertir du HTML en RSS. Blogs, Content Management Systems (CMS), Open Source (pour les OPAC/SIGB), scripts, éditeurs web sont passés en revue. « Faciliter l’abonnement à ses fils RSS ou Atom » (chapitre 3) prodigue un certain nombre conseils sur le choix de l’icône à placer ou la possibilité d’un abonnement rapide. « Assurer la promotion de ses fils et suivre les statistiques d’usage » (chapitre 4) est possible notamment avec l’outil Feedburner. « Publier un podcast » (chapitre 5) indique comment mettre en ligne un podcast après sa production. Enfin, une bibliographie, une webographie, une annexe historique viennent utilement compléter cet « Essentiel ».

Rappel

Utiliser les fils RSS et Atom Serge Courrier. Paris : ADBS Éditions, 2007. 65 p. – (L’essentiel sur…, ISSN 1773-729X). ISBN 978-2-84365-100-7 : 15 €

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La plupart des documentalistes seront intéressés par cet ouvrage, très concret et d’une application immédiate. La nécessité d’exercer une veille – ne serait-ce que sur son propre métier – n’est plus à démontrer. Il est donc impératif de connaître de tels outils.

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Jean-Philippe Accart

Le guide d’accès à l’information sur les réseaux

Net recherche 2009 : le guide pratique pour mieux trouver l’information utile et surveiller le web. Véronique Mesguich et Armelle Thomas3e éd. refondue et mise à jour ; préf. d’Olivier Andrieu. Paris : ADBS Éditions, 2009. 320 p. (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). ISBN 978-2-84365-117-5 : 30 €

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En quelques années, Net recherche est devenu un incontournable. Par rapport à la précédente édition, en 2007, ce guide a doublé de volume et son titre annonce dorénavant la surveillance du web. La préface d’Olivier Andrieu (« monsieur Abondance.com ») souligne à juste titre « l’évolution inéluctable des outils de recherche sur Internet », ce que nul ne contesterait.

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Les auteures de Net recherche 2009, Véronique Mesguich et Armelle Thomas, ont donc réitéré l’aventure pour la troisième fois et analysé les évolutions récentes : la montée en puissance de Google (91 % de parts de marché en France fin 2008) avec un nombre de requêtes qui se chiffre maintenant en milliards chaque mois ; le développement du web 2.0 et de ses nombreuses applications ; la vidéo avec YouTube qui fait une entrée remarquée dans le monde de la recherche d’information…

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Les besoins d’information sont multiples (chapitre 1er) et une typologie des requêtes sur le Net peut être dressée. Moteurs et métamoteurs font l’objet de comparaisons en fonction, notamment, de leurs fonctionnalités (chapitre 2). La recherche thématique au travers de portails spécialisés (en information économique ou financière, en IST) est explicitée au chapitre 3. Une des nouveautés du présent ouvrage est la présentation des méthodes de recherche web 2.0 avec les blogs, wikis, flux RSS et autres réseaux sociaux (chapitre 4). Comment mettre en place une veille automatisée ? C’est possible notamment grâce aux flux RSS (chapitre 5). Toutes ces approches de la recherche d’information sont illustrées d’exemples concrets (chapitre 6). Viennent ensuite une vingtaine de fiches-outils qui répondent à des questions pratiques telles « Récupérer des données sur le web », « Évaluer un site web » ou « Trouver l’information sur les personnes » (chapitre 7), et un certain nombre d’annexes dont un tableau « Tout sur Google ». L’ouvrage est en outre complété – en ligne sur le site de l’ADBS (rubrique Outils) – par un panorama des outils de recherche.

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Vous l’aurez compris : si Net recherche est devenu un des ouvrages incontournables à acquérir, c’est avant tout grâce à une approche concrète et pragmatique de la recherche d’information et des moteurs de recherche, avec des comparaisons, des exemples et une prise en compte de l’ensemble des outils à disposition. Cette approche est certainement due à l’expérience de terrain d’Armelle Thomas et Véronique Mesguich en tant que consultantes, formatrices et enseignantes. Cette expérience leur permet de comprendre les enjeux réels de la recherche d’information sur Internet et de nous proposer un guide d’accès à l’information sur les réseaux très pratique et très utile.

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Jean-Philippe Accart

Toutes les questions juridiques liées à l’Internet

Le droit de l’Internet : lois, contrats et usages, Vincent Fauchoux et Pierre Deprez, Préface de Jean-Michel Bruguière. Paris : LexisNexis, 2008. XIV-351 p. (Litec professionnels. Communication et commerce électronique). ISBN 978-2-7110-1329-6 : 45 €. Cyberdroit : le droit à l’épreuve de l’Internet, Christiane Féral-Schuhl, 5e éd. Paris : Dalloz, 2008. 997 p. (Praxis Dalloz). ISBN 978-2-247-08033-5 : 58 €

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Lié à divers droits tels que le droit d’auteur, celui des contrats ou de la responsabilité, le droit de l’Internet – qui n’existe pas à par entière, comme il était judicieux de le rappeler – met en jeu des valeurs économiques et des valeurs sociales, ce qui fait toute la richesse d’un tel sujet. Comme tous les ouvrages de cette collection, qui articulent parfaitement les textes avec des applications très pratiques, illustrées par la jurisprudence, Le droit de l’Internet présente un intérêt certain pour tous ceux qui veulent approfondir leurs connaissances juridiques et faire le point sur l’un des problèmes de droit liés au réseau. Douze chapitres font le tour de la question.

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Un site web, c’est bien sûr un nom de domaine. Bien que « objet juridique » non identifié, il rivalise avec les marques et donne lieu à de nombreux litiges où l’arbitrage tient une place importante.

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L’Internet fait intervenir le droit d’auteur. C’est le droit auquel on fait immédiatement référence et qui permet d’aborder les problèmes liés aux échanges P2P et à tous les usages du web 2.0 qui en compliquent l’application. Les auteurs rappellent les règles qui déterminent les titulaires de droits, les droits eux-mêmes et leurs exceptions, les multiples aspects de la contrefaçon ainsi que les sanctions qui sont encourues, y compris au titre du projet de loi « Création et Internet », encore en discussion en avril 2009. L’ouvrage, on le voit, est non seulement à la pointe de l’actualité, mais propose aussi – intéressante avancée – une mise à jour régulière sur le site de son éditeur.

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Le numérique c’est, et depuis bien longtemps, les bases de données. Le droit spécifique mis en œuvre pour ces outils est présenté, ainsi que les règles appliquées, sous l’égide de la Cnil, à la gestion des données personnelles.

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L’Internet permet aussi, voire surtout pour certains, de faire du commerce. À cet égard aussi, il convenait de rappeler toutes les obligations définies, notamment par la « Loi pour la confiance dans l’économie numérique ». Étroitement lié à ce thème, le chapitre suivant parle de la publicité, ce qui conduit à évoquer les multiples formes qu’elle adopte, les dispositions issues de plusieurs textes et l’extrême variété des pratiques illicites en « –ing » (phishing, mail bombing, spamming, etc.).

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Le droit du travail fait l’objet d’un chapitre à part entière puisqu’il ne fallait pas négliger des éléments comme le secret des correspondances, la cybersurveillance des salariés, le droit syndical, et bien d’autres pratiques en entreprise qui mettent en cause responsabilité et liberté d’expression.

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Les comportements fautifs sur Internet, on l’aura compris, prennent des apparences extrêmement variées. À côté de la violation du droit d’auteur et des marques, ce sont les atteintes aux données et aux systèmes informatiques, les délits de presse, les divulgations de secrets, ainsi que la responsabilité des acteurs de l’Internet. Mais, soulignent les auteurs, le web 2.0 brouille les frontières des intermédiaires techniques que sont les FAI, les hébergeurs et les éditeurs de contenus qui fournissent des gammes de prestations extrêmement diverses, pour lesquelles on peine à fixer un statut juridique.

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Après un chapitre consacré aux contrats relatifs à la conception, à la maintenance et à l’hébergement d’un site, l’accent est mis sur la question du droit applicable aux contrats internationaux et aux fautes civiles commises sur Internet, sur les juridictions compétentes et le système applicable aux infractions pénales sur le réseau, autant des questions incontournables mais encore délicates.

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Et, puisque que les usages, les chartes et les déontologies sont communément évoqués dans ce cadre, c’est un panel très large de textes qui est présenté dans un avant-dernier chapitre qui précède une présentation des divers – et nombreux – organes de contrôle qui officient déjà et dont l’Hadopi serait le dernier avatar.

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Données à caractère personnel, commerce électronique, droit d’auteur, noms de domaine, sécurité des échanges, responsabilité des acteurs de l’Internet, et cybercriminalité : tels sont les sept « livres » qui, en près de mille pages, dressent dans Cyberdroit un panorama complet et très détaillé du droit de l’Internet tel qu’il se présentait à l’automne 2008.

52

Après une présentation des différentes dispositions de la loi « Informatique et libertés » et de sa révision de 2004, l’accent est mis sur plusieurs cas particuliers, tous susceptibles de nous concerner puisqu’il s’agit des sites web, des cookies, de la prospection commerciale, des données biométriques, de santé et de connexion, du vote électronique et, bien sûr, de la vidéosurveillance et de la cybersurveillance dans l’entreprise.

53

Le chapitre suivant, consacré au commerce électronique, approfondit la question de la prospection et des contrats en ligne, puis s’attarde sur plusieurs produits et services réglementés.

54

Le droit d’auteur est abordé ensuite : rappel des conditions de la protection, détail des droits moraux et patrimoniaux, soit autant de règles qu’il convenait de considérer avant d’examiner les exceptions dans l’environnement numérique, si complexes à définir. C’est pourquoi, sans doute, une attention particulière est accordée au peer-to-peer, à la lutte contre la copie numérique illicite, mais aussi au droit des bases de données, au journalisme en ligne, à l’hypertexte, aux œuvres dites « libres » au dépôt légal.

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Parler des noms de domaine conduit à présenter le système de nommage, les contentieux et le poids particulier accordé dans ce cadre à l’arbitrage, et la sécurité des échanges. La question de la preuve et de ses corollaires que sont la signature et l’archivage électroniques, ainsi que la cryptologie, sont abordés ensuite.

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Quant à la question de la responsabilité des fournisseurs d’accès, d’hébergement et de contenus, il convenait de lui accorder un chapitre entier dont tout une rubrique pour retracer les débats en cours, notamment lorsqu’il s’agit d’évaluer la qualification juridique des fournisseurs de liens hypertextes, des gestionnaires de forum de discussion, des hébergeurs de blogs, des sites de partage, ou encore des plates-formes de commerce en ligne.

57

Dans le dernier chapitre, l’auteure dresse une typologie des infractions liées à la cybercriminalité et détaille les textes qui permettent de sanctionner les diverses attaques dont font l’objet les systèmes informatiques, les infractions de presse, les atteintes à l’ordre public, les atteintes aux mineurs. Elle présente aussi les types d’enquêtes mises en œuvre dans l’environnement numérique, qui prennent désormais une dimension totalement différente.

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Voici un ouvrage, conçu pour être consulté ponctuellement, qui sera particulièrement utile pour faire le point, en quelques pages, sur la loi applicable, son interprétation par la justice et les débats en cours sur des questions auxquelles nous pouvons tous être confrontés. On ne manquera pas de souligner qu’il est muni d’un glossaire, d’une vaste bibliographie et d’un index très fin, qui en font un outil tout à fait précieux.

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Michèle Battisti

Notes

[1]

Volume 44, n° 1, février 2007, p. 12-95.

[2]

Pour compléter cette mise en relation des thésaurus avec les autres référentiels, notamment avec les ontologies, on relira avec profit l’ouvrage de Bruno Bachimont Ingénierie des connaissances et des contenus. Voir notre numéro 2/2008, p. 69.

Titres recensés

  1. Un outil de travail nécessaire à tous les documentalistes confrontés à la construction d’un thésaurus
    1. Guide pratique pour l’élaboration d’un thésaurus documentaire, Michèle Hudon, avec la collaboration de Danièle Dégez et Dominique Ménillet, Montréal : Les Éditions ASTED (diff. en France : ADBS), 2009. 274 p. ISBN 978-2-923563-17-6 : 33 €
  2. Deux documents originaux et complémentaires
    1. Outils web 2.0 en bibliothèque : manuel pratique, Sous la direction de Franck Queyraud et Jacques Sauteron, Paris : Association des bibliothécaires de France, 2008. 136 p. (Médiathè mes ; 10). ISBN 978-2-900177-31-0 : 28 €. La bibliothèque à l’heure du web 2.0 : guide pratique. Réalisé par Archimag, Paris : Serda, 2008. 53 p. (Archimag Guide pratique, ISSN 1242-1367 ; 33). 46 €
  3. Pour maîtriser un outil devenu indispensable
    1. Produire des fils RSS et Atom / Serge Courrier, Paris : ADBS Éditions, 2009. 63 p.(L’essentiel sur…, ISSN 1773-729X). ISBN 978-2-84365-101-4 : 15 €
  4. Le guide d’accès à l’information sur les réseaux
    1. Net recherche 2009 : le guide pratique pour mieux trouver l’information utile et surveiller le web. Véronique Mesguich et Armelle Thomas3e éd. refondue et mise à jour ; préf. d’Olivier Andrieu. Paris : ADBS Éditions, 2009. 320 p. (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). ISBN 978-2-84365-117-5 : 30 €
  5. Toutes les questions juridiques liées à l’Internet
    1. Le droit de l’Internet : lois, contrats et usages, Vincent Fauchoux et Pierre Deprez, Préface de Jean-Michel Bruguière. Paris : LexisNexis, 2008. XIV-351 p. (Litec professionnels. Communication et commerce électronique). ISBN 978-2-7110-1329-6 : 45 €. Cyberdroit : le droit à l’épreuve de l’Internet, Christiane Féral-Schuhl, 5e éd. Paris : Dalloz, 2008. 997 p. (Praxis Dalloz). ISBN 978-2-247-08033-5 : 58 €

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Documentaliste-Sciences de l'Information 3/2009 (Vol. 46) , p. 72-77
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-3-page-72.htm.
DOI : 10.3917/docsi.463.0072.


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