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Documentaliste-Sciences de l'Information

2009/4 (Vol. 46)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.464.0020
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Culture informationnelle et formation des professionnels au congrès de l’Ifla

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Ifla. Le 1er octobre 2009, Barak Obama déclarait octobre mois national de l’« information literacy ». La référence à ce discours récent[1][1] wwww. whitehouse. gov / assets / documents / 2009l... s’impose pour introduire un article qui rend compte de plusieurs communications faites cet été au congrès de l’Ifla à Milan. Leur mot clé commun est précisément la maîtrise de l’information. Ce concept, dans son acception contemporaine, reconnu comme une priorité par la plus haute autorité d’un des plus grands pays est assurément un bel encouragement pour la profession !

Le développement de la culture informationnelle

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La section Information literacy de l’Ifla a choisi cette année le thème de la « translittéracie », que l’on définit comme « l’habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux[2][2] Définition proposée par le professeur Sue THOMAS, université... ». Le concept développé à l’Université Santa Barbara en Californie par un collectif de chercheurs (Transliteracies project, 2005) désigne la transformation déterminante de la communication écrite par les nouvelles technologies et la production d’une sorte de culture commune entre informatique, médias et document. C’est ce que l’on appelle, d’une façon plus commune en langue française, la « culture informationnelle » adaptée à notre environnement. Ce thème, on ne peut plus large, s’est prêté à toutes les extensions possibles, des grands ou petits programmes d’éducation pour tous aux approches pédagogiques à réviser.

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Maîtriser les littéracies du XXIe siècle est une nécessité reconnue aujourd’hui par la plupart des gouvernements et institutions culturelles et éducatives. Les États investissent en masse dans des pays comme la Chine ou le Bangladesh pour rattraper le retard dans les zones rurales et tenter d’atteindre les Objectifs du Millénaire [3][3] Parmi les huit Objectifs du Millénaire pour le développement.... À Taïwan, le vaste programme de cyber-apprentissage piloté par le ministère de l’Éducation nationale sert les étudiants et les professionnels des bibliothèques mais aussi le grand public. La coopération Nord-Sud a permis d’élaborer un programme de formation à l’information – un master MAP conçu par l’Institut d’études du développement de l’Université du Sussex – à destination d’agents du développement social, testé avec succès en Jordanie ou en Égypte. La bibliothèque Carnegie à Pittsburgh, nommée en 2008 « bibliothèque réseau de l’année », promeut l’accès universel et gratuit à l’éducation permanente tous âges confondus, fidèle en cela à l’initiative philanthropique de celui dont elle porte le nom.

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L’exploration des conditions favorables au développement des compétences informationnelles permet de formuler d’autres hypothèses. On peut considérer, par exemple, que l’approche courante de l’éducation aux médias par les aspects fonctionnels (accéder, créer) et critiques (comprendre, évaluer) n’est sans doute pas la plus pertinente. La prise en compte en amont du besoin d’information et de son articulation au média approprié serait plus constructive. Un autre exemple instructif provient des résultats d’une enquête menée auprès d’élèves d’écoles élémentaires internationales à Hong Kong : la disponibilité de livres audio en ligne ne les a pas incités à lire davantage. Il n’y a pas d’outil ou de formule magique pour motiver à la lecture. C’est la façon dont l’outil et la ressource sont utilisés qui leur donne de la valeur.

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On sait depuis Moos (1986) et avant lui, avec John Dewey, que « l’aménagement de l’environnement est la technique la plus puissante qui influence le comportement humain ». Sur la base architecturale universelle des trois « A » – accessibility, adaptability, aesthetics –, on peut créer un environnement d’apprentissage actif en maximisant l’espace. La Caroline du Nord a développé des standards qui distinguent les différents espaces d’une bibliothèque et leur attribuent des fonctions spécifiques [4][4] www. ncsu. edu/ classtech/ standards. Les caractéristiques principales à prendre en compte sont les suivantes : des espaces flexibles axés sur les besoins des étudiants, des espaces différenciés pour des travaux individuels ou de groupe, ouverts et fermés, une technologie omniprésente et variée intégrant ressources physiques et numériques, un mélange d’ameublement de style bureau et loisir, des centres de service, un ou des laboratoires de média numérique, des zones de nourriture, des espaces de récréation. S’y ajoute un élément supplémentaire, la tendance des nouvelles bibliothèques à travailler sur le ratio : un tiers d’espace pour les collections et de deux tiers d’espaces pour les usagers.

La formation en TIC pour les professionnels et des thématiques liées

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Pour les bibliothécaires, la question de la formation dans le domaine des technologies est un véritable enjeu. Quelles possibilités ont-ils de s’initier et de se perfectionner ? Le choix est relativement vaste entre les cours universitaires, les programmes gouvernementaux et les formations continues proposées par les associations professionnelles.

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Selon Bob Glass, enseignant à l’Université de Manchester, l’offre au Royaume-Uni est variée, multiple et plutôt satisfaisante. Elle répond à une véritable attente des personnels dont un nombre non négligeable s’est lancé dans une certification via le PCIE, Passeport de compétences informatiques européen. Mais si les témoignages attestent que, d’une façon générale, les personnels semblent avoir de bonnes bases, voire un niveau intermédiaire en TIC, ils montrent aussi que les connaissances pour créer et développer des produits sont moins évidentes. Les bibliothécaires regrettent surtout ne pas avoir été formés à l’utilisation pédagogique et innovatrice des nouvelles technologies.

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Certains cependant n’ont pas attendu pour relever le défi de s’adapter aux outils web 2.0 afin de s’adresser à leurs utilisateurs et améliorer leurs pratiques. Les exemples d’initiatives prises – quelquefois en marge de leurs missions officielles – par des professionnels interviewés illustrent bien l’attitude pro-active de la profession en train d’évoluer.

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Bernadette Daly Sawnson, bibliothécaire à l’université de Californie, offre, à côté de son enseignement traditionnel, une série de cours sur le contrôle de l’image et la gestion des machinimas ; elle y introduit les problématiques complexes de citation et de droits de reproduction dans un environnement virtuel. Sue Jennings, seule bibliothécaire de la fondation du service de santé du Lancashire, a créé un blog de veille documentaire pour les trois mille agents dispersés sur plusieurs sites. Marja Kingma, directrice de collection à la British Library, a fondé LIKE (London Information and Knowledge Exchange) pour mettre en place un forum de discussion sur la bibliothèque, l’information, la connaissance et la communication professionnelles.

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Si les associations, pour la plupart, forment les professionnels aux compétences requises, elles ont aussi comme objectif de défendre les métiers du secteur des bibliothèques et de l’information. Pour être plus efficaces, certaines s’organisent en réseaux. L’action de lobbying affichée explicitement dans les objectifs principaux de nombre d’entre elles est sans doute influencée par le thème mis en avant par la présidente sortante de l’Ifla, Claudia Lux.

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En Grèce, le Committee for the Support of Libraries (CSL), fondé en 2003, rassemble différents instituts (français, italien, néerlandais, le Goethe et le Cervantès), l’ambassade américaine, le ministère de l’Éducation nationale et des affaires religieuses, l’Association nationale professionnelle des bibliothécaires grecs (EEBEP), le Centre national de documentation (EKT), le Centre national du livre, la Bibliothèque nationale et la représentation grecque de la Communauté européenne. Il se réunit une fois par mois pour favoriser la coopération internationale dans le domaine de la bibliothéconomie et préparer la conférence internationale annuelle ; celle de l’année 2009 traitait de « Politiques documentaires : du local au national » [5][5] www. goethe. de/ ins/ gr/ lp/ prj/ syn/ enindex. h....

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Au Mexique, le réseau Academic Bodies in Library and Information Science Network (CA-BCI), créé à l’initiative du Collège des études bibliothéconomiques et sciences de l’information de l’Université de Chihuahua, a influencé la dernière loi générale sur les bibliothèques.

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En Allemagne, la fédération des bibliothèques et de l’information, Bibliotek und Information Deutschland (BID) [6][6] www. bib-info. de, a lancé, avec le soutien de la fondation Bertelsman, sa campagne image destinée à sensibiliser les pouvoirs publics avec deux brochures : Nous apportons le savoir en mouvement et 21 raisons pour de bonnes bibliothèques. Les annexes de cette dernière, intitulées Principes de bonnes bibliothèques. Lignes directrices pour les décideurs, prouvent leur volonté d’agir à tous les niveaux. •

Pour aller plus loin

Les textes des communications présentées au 75e congrès de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques à Milan, du 23 au 27 août 2009, et commentées dans ce compte rendu sont en ligne sur le site de l’Ifla à l’adresse : www. ifla. org/ annual-conference/ ifla75

Notes

[2]

Définition proposée par le professeur Sue THOMAS, université de Monfort (UK), groupe PART, Production and Research in Transliteracy, à partir des travaux du professeur Liu’s, groupe Santa Barbara. http:// nlabnetworks. typepad. com/ transliteracy

[3]

Parmi les huit Objectifs du Millénaire pour le développement (ODM), adoptés lors du Sommet du Millénaire à New York en septembre 2000, figure celui de surmonter la fracture numérique. www. un. org/ french/ millenaire

Plan de l'article

  1. Culture informationnelle et formation des professionnels au congrès de l’Ifla
    1. Le développement de la culture informationnelle
    2. La formation en TIC pour les professionnels et des thématiques liées

Pour citer cet article

Lamouroux Mireille, « Métiers et compétences », Documentaliste-Sciences de l'Information, 4/2009 (Vol. 46), p. 20-21.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-4-page-20.htm
DOI : 10.3917/docsi.464.0020


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