Accueil Revues Revue Numéro Article

Documentaliste-Sciences de l'Information

2010/2 (Vol. 47)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.472.0044
  • Éditeur : A.D.B.S.

ALERTES EMAIL - REVUE Documentaliste-Sciences de l'Information

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 44 - 55 Article suivant

Le passage au tout numérique : une « e-revolution » dans les centres de documentation

1

Analyse. Les revues numériques ne sont plus des objets nouveaux dans les bibliothèques et centres de documentation. Leur apparition a permis aux professionnels de l’information-documentation de se confronter à de nouveaux produits éditoriaux et de mettre en place des modalités de traitement appropriées. C’est dans ce contexte que s’implante à présent le livre électronique. Avant d’aborder ce sujet dans les contributions suivantes, et même si le modèle des revues ne peut être entièrement transposé à ce nouvel objet, il est utile de tirer les enseignements de la révolution issue du développement des ressources numériques dans les services documentaires du monde universitaire et de la recherche.

2

Les bibliothèques et les centres de documentation ont récemment été confrontés à plusieurs phénomènes qui ne sont pas sans incidence sur leur fonctionnement ni sur les pratiques des professionnels qui les animent. D’abord l’envol considérable des prix des revues imprimées et, simultanément, l’augmentation croissante du budget des « ressources électroniques » : en 2008, le total des dépenses consenties en France par les universités et les organismes de recherche pour ces ressources était d’environ 56 millions d’euros (23 pour les organismes et 33 pour les universités) ! Enfin le circuit d’acquisition des documents et d’accès au texte intégral se complexifie sans cesse. Aujourd’hui, plus de 70 % des négociations menées par les universités et organismes de recherche pour l’acquisition de revues et d’ouvrages électroniques se font par l’intermédiaire du consortium Couperin ou en partenariat avec lui.

3

Quelles sont les conséquences de cette situation pour les différents acteurs : les utilisateurs, les services documentaires et les éditeurs ?

Évolution des pratiques des différents acteurs

Les utilisateurs

4

Les conditions et modalités d’accès à l’information se sont ouvertes et assouplies. Le nombre de documents et d’articles de périodiques accessibles en ligne en texte intégral est en augmentation, et les utilisateurs ont la possibilité de consulter les ressources électroniques à tout moment et depuis n’importe quel lieu (domicile, lieu de stage, autre organisme ou université, etc.). Du fait de l’accroissement de la puissance des moteurs de recherche, ils peuvent effectuer leurs recherches de plus en plus rapidement. Les passerelles des éditeurs sont plus interactives, permettant par exemple la création d’alertes et de flux RSS.

5

Les chercheurs ont accès à des informations relatives aux citations et peuvent ainsi suivre le chemin de leurs publications : qui les a lues et citées, dans quelles revues, dans quels laboratoires et dans quels pays ? Et, du fait de l’accroissement du nombre de périodiques accessibles, ils peuvent aujourd’hui passer plus de temps à analyser l’information qu’à la collecter, et ils lisent 25 % d’articles en plus dans deux fois plus de revues !

6

Pour ce qui concerne les revues en libre accès, les articles en sont téléchargés quatre fois plus que ceux qui ne sont pas libres d’accès. De ce fait ces revues offrent une plus grande visibilité aux travaux des chercheurs.

7

Mais… le papier reste essentiel aux yeux des chercheurs : auront-ils la notoriété et l’audience escomptées s’ils publient dans une revue exclusivement en ligne ? Certains considèrent que le papier donne plus de poids et de crédibilité à leurs publications.

De plus, le rapport coût / efficacité n’est pas excellent : en effet, les tarifs d’abonnement aux revues ont crû en moyenne de 4,5 % au-delà du rythme de l’inflation, alors que les utilisateurs finals publient seulement 3 à 4 % d’articles en plus.

Les bibliothèques

8

Le passage au e-only y est massif. D’après une enquête de Wiley Blackwell [1][1] http://blogs.wiley.com/publishingnews/2006/09/07/t..., en 2006 déjà plus de 66 % des bibliothèques envisageaient de convertir en électronique l’intégralité de leurs abonnements aux revues. Les avantages de ce passage au tout numérique mis en avant par cette enquête sont les suivants : préférences des chercheurs, qui de plus en plus ne demandent que la version électronique d’un document (41,8 %), gain de place (23,4 %) et commodité (22,7 %).

9

Ces évolutions permettent un élargissement considérable de l’offre. Avec la souscription aux bouquets des éditeurs, celle d’une bibliothèque d’une université de taille moyenne est passée de 200 titres de périodiques à 3 500.

10

La gestion du papier restant une activité à faible valeur ajoutée (bulletinage, relances, etc.), les services documentaires, dont le personnel n’est pas en augmentation, abandonnent volontiers ce pan de leur travail.

11

En parallèle, les bibliothèques universitaires voient le prêt inter-bibliothèque diminuer progressivement.

12

Mais… n’ayant pas conscience du coût de ces revues électroniques et séduits par les bouquets proposés, les chercheurs en réclament de plus en plus ! Or les augmentations de prix sont supérieures à l’inflation ou à l’évolution des budgets des bibliothèques. Celles-ci achètent les revues par package (big deal), elles acquièrent donc des titres dont elles n’ont pas forcément besoin ! En même temps, elles doivent renoncer à des titres proposés par des petits éditeurs (les sociétés savantes, par exemple) ; elles ne peuvent se désabonner que hors big deal, d’où des effets collatéraux sévères sur les éditeurs en sciences humaines et sociales qui, pour 40 % d’entre eux, publient à perte. Leur survie est en jeu ! Les contrats multi-annuels avec les éditeurs sont relativement rigides, d’où un manque de flexibilité budgétaire. Les catalogues des éditeurs sont instables (par exemple la collection Freedom d’Elsevier), de sorte qu’il faut parfois racheter des titres importants chez d’autres fournisseurs quand ils changent d’éditeur…

13

Le travail administratif et de gestion pour les documentalistes en charge des ressources électroniques est conséquent. Il leur faut gérer les données d’acquisitions, les données contractuelles des bouquets, etc. De nouveaux outils sont nés, comme les logiciels de gestion de ressources électroniques (electronic ressources management systems, ERMS), mais ils ne sont bien souvent pas encore en place dans les centres de documentation et les bibliothèques. Le consortium Couperin est en train de se doter d’un ERMS pour ses adhérents.

14

Les accès nomades, aussi, sont difficiles à gérer (les systèmes d’authentification n’étant pas toujours optimisés) et les UMR (unités mixtes de recherche) dépendant de plusieurs tutelles ont des adresses IP qui se recoupent d’un organisme à l’autre. Quand le papier est couplé avec l’électronique, il faut maintenir coûte que coûte le chiffre d’affaires sur le papier, ce qui n’est pas toujours facile quand cela concerne des abonnements individuels souscrits directement dans les laboratoires de recherche. Ceux ci ne comprennent pas toujours que les contrats souscrits sont gagés aussi sur leurs abonnements et qu’ils ne peuvent pas se désengager sans pénaliser la collectivité…

15

Le e-only nécessite de nouvelles compétences. De plus en plus de centres de ressources documentaires utilisent des résolveurs de liens qu’il faut paramétrer. Il faut aussi mettre à jour les accès aux titres électroniques sur les bases de connaissances de type AtoZ. Et il est nécessaire de collecter les statistiques d’utilisation des ressources électroniques. En effet, ces données sont indispensables pour mieux connaître l’utilisation de ces ressources et orienter la stratégie d’acquisition de l’année suivante. Des standards sont en émergence sur ces outils (Counter et Sushi).

Les éditeurs

16

La taille des gros éditeurs ne fait qu’augmenter. Mais, depuis 1998, leur nombre est passé de 15 à 9. Nous avons notamment assisté au rachat d’Academic Press par Elsevier, celui de Kluwer par Springer et celui de Blackwell par Wiley. Ceux ci deviennent de plus en plus puissants et, du fait de leur situation de monopole, la négociation avec eux devient de plus en plus difficile. Les petits éditeurs, eux, ont tendance à diminuer encore ou à disparaître.

Quelques problèmes soulevés par le tout numérique

La TVA sur l’électronique

17

Une étude du groupe de Francfort [2][2] www.sub.uni-goettingen.de/frankfurtgroup/vat/ Endb... montre que la TVA est l’obstacle le plus important au développement de la documentation électronique en Europe, qu’elle représente une barrière pour le passage au tout électronique et freine la compétitivité européenne. Au Danemark, en Autriche et en Suède, l’État reverse aux bibliothèques la différence de TVA entre l’électronique et le papier sur leurs achats et souscriptions, alors qu’au Royaume Uni la TVA est de 0 %. En République tchèque et en Lituanie, les consortiums nationaux de bibliothèques sont exemptés de TVA sur les ressources électroniques.

18

En France, la TVA s’élève à 19,6 %. Dans le meilleur des cas, la ristourne consentie par les éditeurs pour le passage en e-only est de 14,5 %, ce qui ne compense pas le différentiel de TVA. Il y a donc urgence à adopter des mesures fiscales favorables à la documentation en ligne. Le système actuel encourage la persistance d’un modèle cumulant papier et surcoût électronique pour l’accès en ligne. Il génère des surcoûts matériels, financiers et humains.

L’évolution des modèles économiques des éditeurs

19

Pour les bases de données, le coût est calculé selon les effectifs (étudiants ou enseignants-chercheurs, selon les cas) et une remise peut être appliquée aux consortiums selon le nombre de contrats négociés ou le chiffre d’affaires global.

20

Pour les périodiques, les négociations étaient jusqu’à une date récente essentiellement fondées sur le chiffre d’affaires papier, mais les modèles sont en évolution. Par exemple, le nouveau modèle proposé en 2009 par l’American Chemical Society prend en compte le niveau de développement économique du pays, le niveau de publication des chercheurs de ce pays, les effectifs et le niveau de consultation de l’établissement, etc. Mais le bilan fait par les négociateurs Couperin permet de constater que ces nouveaux modèles ne sont malheureusement pas plus favorables aux bibliothèques, car le coût est encore supérieur !

21

Il existe aussi le paiement à la consultation (pay per view), peu utilisé en bibliothèque car trop onéreux et pas adapté au milieu de la recherche. Quant aux modèles « auteur-payeur », ils gagnent du terrain. Ils sont fondés sur des accords portant à la fois sur les abonnements et sur le pré-paiement de la publication en open access (BioMed Central, modèle open choice de Springer). Ils demandent la mobilisation simultanée des crédits documentaires et des crédits de recherche, ce qui n’est pas aisé. Dans les centres de recherche, on incite les chercheurs à publier dans ces revues alternatives quand elles sont cibles pour nos organismes. On peut noter que le facteur d’impact de certaines revues en libre accès s’envole. Le choix de ce mode éditorial s’avère payant pour tous.

Deux priorités : la politique d’archivage et l’accès pérenne

22

La pérennité de l’accès n’est pas garantie en cas de désabonnement ou de défaillance de l’éditeur. Pour pallier ce problème, le consortium Couperin a mis en place un système de dépôt des archives courantes (Elsevier, Springer) sur deux sites, ceux de l’Institut de l’information scientifique et technique (Inist) et de l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (Abes).

23

Une politique nationale de conservation des revues papier se développe, mais n’est-ce pas déjà un peu tard ? Avec le passage au e-only, on constate déjà des désabonnements massifs au papier.

24

Il faut définir une politique nationale pour l’acquisition des backfiles avec l’ensemble des partenaires, dont la Bibliothèque nationale de France (BnF) et l’Inist. Actuellement les achats ne sont pas concertés, ce qui constitue un handicap sérieux par rapport à nos partenaires européens. On peut penser qu’avec les licences nationales, ce problème sera résolu puisque toute la communauté scientifique bénéficiera alors des backfiles acquises.

De nouveaux défis

25

Le Conseil de l’Union européenne a pris position en faveur du libre accès à l’information scientifique. La mise en libre disposition des résultats de recherches financées par des projets PCRD (programme-cadre de recherche et de développement) est d’ailleurs une condition de plus en plus fréquemment imposée. Le libre accès aux publications devrait à terme contrebalancer le monopole des éditeurs.

26

La mutualisation est essentielle dans un environnement en pleine évolution : les pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) et les pôles de compétitivité constituent sur ce plan des challenges pour demain.

27

La mise en place, en France, des licences nationales financées par le grand emprunt est en cours, l’objectif étant de constituer un ensemble de collections acquises définitivement. Cette mesure permettra de tenir compte des réalités de la recherche, d’organiser les ressources électroniques et de rationaliser leur diffusion aux communautés disciplinaires indépendamment des institutions auxquelles elles appartiennent. En prenant mieux en compte les besoins, on assurera une meilleure cohérence avec les priorités de la recherche et cela permettra de développer la coopération interministérielle. •

Marie Pascale Baligand

Focus. Des freins juridiques à l’offre d’e-books ?

28

Droit. Prix unique, TVA applicable, droit d’auteur… Les questions juridiques, étroitement liées aux questions économiques, émaillent les multiples rapports consacrés au livre numérique[3][3] AFDMC, dossier Le devenir numérique du livre et du.... Petit inventaire des questions les plus prégnantes.

29

Mais de quel livre parle-t-on exactement ? On pense tout d’abord à l’objet tangible, sur support papier. Mais, lorsqu’il s’agit d’un livre numérique, il faut distinguer le livre sur support électronique et le livre en ligne, mais aussi le livre numérisé ou homothétique, identique à la version papier, et le livre nativement numérique, objet totalement différent. Ces distinctions ont des conséquences juridiques.

30

UNE TVA MAJORÉE. Le taux réduit de TVA spécifique au livre (5,5 %) ne s’applique qu’aux ouvrages papier. On l’a élargi en 2009 aux livres électroniques sur supports physiques (CD, DVD, clé USB, carte mémoire, etc.) reproduisant la même information que les livres imprimés et ne contenant pas d’autres éléments (comme c’est le cas des jeux). Lorsqu’il s’agit de livre téléchargeable en ligne, considéré comme une prestation de service par voie électronique, on applique un taux TVA de 19,6 %, même s’il s’agit de versions papier obtenues par une impression à la demande, ou de livres, identiques à la version papier, consultables sur le support que représente une liseuse [4][4] « Quelques précisions sur le taux de TVA applicable.... Considérant qu’une baisse de la TVA stimulerait la demande, les éditeurs militent pour étendre le taux de TVA réduit aux livres téléchargeables en ligne. Cette mesure était préconisée dans le rapport Zelnik [5][5] « Un modèle économique pour l’offre légale culturelle....

31

PAS DE PRIX UNIQUE. Instauré en 1981 par la loi Lang, le prix unique visait à assurer l’égalité de l’accès au livre, le maintien d’un réseau de distribution et le pluralisme de la création et de l’édition. En janvier 2010, la mission Zelnik envisageait étendre cette disposition au livre homothétique, muni « de quelques fonctionnalités nouvelles ». L’autorité de la concurrence a estimé qu’il ne fallait pas créer de cadre rigide dans un contexte où l’obsolescence est rapide, et souhaité observer les évolutions en cours pendant deux ans [6][6] Autorité de la concurrence, communiqué du 12 janvier.... Mais peut-on imaginer un prix unique pour des livres numériques déclinés en de multiples canaux, formats et fonctionnalités, en fonction des choix de chacun ? On en doute [7][7] Cédric Manara, « La lettre et les prix », Documentaliste-SI,...

32

DES DROITS D’AUTEUR PLUS ÉLEVÉS. Les droits numériques avaient-ils été cédés par les auteurs ? Les clauses trop vagues qui organisaient des cessions « pour tout support existant ou à venir » ont été reconnues sans valeur par les juges. Si aucune participation précise de l’auteur n’est prévue, un avenant au contrat s’impose. Lors des négociations pour une numérisation ou pour les nouveaux contrats qui prévoient une version numérique de la mise à disposition de leurs œuvres, les auteurs revendiquent des durées de cession moins longues (3, 5 à 10 ans maximum) et une rémunération proportionnelle plus élevée (50 % pour les versions en ligne contre 8 à 14 % du prix de vente dans l’édition classique) [8][8] François Bon, Droits d’auteur et édition numérique,....

33

UNE PERTE DE CONTRÔLE. Tous les éléments d’un livre sont généralement protégés par le droit d’auteur. Les éditeurs sont tentés d’installer des protections techniques, abandonnées pourtant, car jugées contreproductives, dans le secteur musical. Par ailleurs, quel est le statut des ajouts apportés par la communauté des lecteurs autour du livre numérique ? Ce sont les conditions générales d’utilisation des plates-formes d’hébergement qui définiront, en s’appuyant sur les dispositions légales [9][9] Voir la Loi pour la confiance dans l’économie numérique..., les droits et les responsabilités des utilisateurs, susceptibles de devenir des contributeurs. La Commission européenne n’a-t-elle pas imaginé à mettre en œuvre des dispositions légales adaptées aux contenus générés par des utilisateurs [10][10] Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance,... ?

34

FREINS OU OPPORTUNITÉS NOUVELLES ? Et si l’apparition de ce nouvel objet qu’est le livre numérique était l’occasion, non seulement de bâtir de nouveaux modèles économiques, mais aussi de percevoir enfin différemment le droit d’auteur [11][11] Michel Vivant, Propriété intellectuelle et nouvelles...? •

35

Michèle Battisti

L’offre de livres numériques pour les bibliothèques universitaires : essai de typologie

36

Repères. Pour éclairer le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la diversité et la complexité des modèles de livres numériques, la Cellule e-book (CeB) du consortium Couperin a établi une typologie des offres. Trois familles de plates-formes de diffusion se dégagent, selon qu’elles émanent d’agrégateurs pluridisciplinaires, d’agrégateurs spécialisés ou d’éditeurs. Présentation de ces offres, et comparaison avec le modèle des revues en ligne.

37

Pour définir une typologie des offres négociées par les membres du réseau Couperin, la Cellule e-book [12][12] La Cellule e-book (CeB) a été constituée en juillet... analyse chaque année les contenus proposés, les modèles économiques des offres, mais aussi les questions techniques d’accès, d’usage, de pérennité et d’archivage. Elle a ainsi pu identifier trois grands types de plates-formes de diffusion de livres numériques, proposées par des agrégateurs pluridisciplinaires, des agrégateurs spécialisés et des d’éditeurs.

Des critères communs aux trois modèles de diffusion d’e-books

38

La maîtrise de l’accès nomade et la limitation des usages caractérisent l’ensemble des offres de livres numériques. En effet, l’acceptation de l’accès nomade par les éditeurs de périodiques électroniques a créé un précédent favorable. Tous les acteurs s’accordent à supprimer les contraintes de consultation locale du document en ligne.

39

En revanche, des limitations variables dans leur forme et leur proportion sont imposées par tous les acteurs du livre électronique en matière de droits d’impression et de téléchargement là où l’exploitation des articles de périodiques n’est plus restreinte. De même, plus anecdotique mais contraignante pour les établissements est la part réservée au prêt entre bibliothèques (PEB) dans les licences. Dans les cas non majoritaires où cette pratique est mentionnée, elle est en général prohibée pour le livre numérique.

40

L’hétérogénéité des offres disponibles dans l’enseignement supérieur et la recherche interdit de pousser plus loin l’analyse globale et oblige à l’étude approfondie de chacun des modèles.

Un modèle original : les plates-formes d’agrégateurs pluridisciplinaires

41

C’est le modèle qui s’affranchit le plus des modèles connus. Le prestataire y regroupe des titres d’éditeurs différents, dans divers domaines. L’achat titre à titre est privilégié alors que les bouquets de périodiques, accessibles sur souscription annuelle, sont fixés par l’éditeur. La couverture disciplinaire est large et la richesse des catalogues (plus de 100 000 ouvrages) constitue ici un atout majeur. Les documents sont souvent au format PDF, toujours annotables, et certaines offres sont compatibles avec l’utilisation de tablettes de lecture. Les DRM sont emblématiques de ces plates-formes et les accès concurrents sont souvent limités. La pérennité des achats est mise en avant, mais un seul agrégateur propose une copie matérielle aux établissements acheteurs.

42

Les principales évolutions depuis un an portent sur le taux de collections anglophones (désormais majoritaires). Les services associés (récupération des notices au format MARC, statistiques, formation et assistance technique) se renforcent et s’étoffent en réponse aux demandes des utilisateurs. L’accès pérenne via l’accès payant à une plate-forme se généralise.

Le modèle suivi par les plates-formes d’agrégateurs pluridisciplinaires permet ainsi aux professionnels de retrouver une liberté dans la constitution des collections électroniques de l’établissement mais freine celles des usagers dans leur consultation.

Un modèle à mi-chemin : les plates-formes d’agrégateurs spécialisés

43

Le prestataire d’une plate-forme spécialisée regroupe des titres dans un domaine disciplinaire bien défini et représente les collections des principaux éditeurs du domaine. Ce modèle s’approche de celui des périodiques électroniques : abonnement annuel à un bouquet préconstitué, absence de frais d’accès, connexions illimitées à la plate-forme. La couverture disciplinaire est clairement définie, potentiellement spécialisée, et les collections, toujours récentes, se composent de quelques centaines de titres de référence du domaine. Un seul agrégateur propose pour le moment une offre compatible avec l’utilisation d’un PDA. Aucune offre ne permet l’usage d’une tablette de lecture. Depuis un an, les formats spécifiques font leur apparition dans les offres et l’usage de DRM ou de limitations analogues se systématise.

44

Aucune pérennité n’est envisagée au-delà de la période d’abonnement : ce modèle ignore donc un acquis des licences de périodiques électroniques, à savoir la poursuite de l’accès sur la plate-forme de l’éditeur en cas d’interruption d’abonnement. Cette omission répond néanmoins à la destination de ces plates-formes : leur objectif est de permettre à des établissements de taille moyenne de mettre facilement à disposition du public des ouvrages spécialisés et le plus à jour possible. Ces flux d’informations sont actualisés partiellement d’une année sur l’autre et n’ont pas vocation à constituer une collection.

Vers la convergence : le modèle des plates-formes d’éditeurs

45

Le modèle s’approchant le plus de celui des bouquets de périodiques électroniques est évidemment celui des plates-formes d’éditeurs, les acteurs de ces marchés se confondant. Dans ce cas, où l’éditeur diffuse directement tout ou partie de sa production d’ouvrages, le modèle antérieur des périodiques est largement repris : le client pourra choisir de s’abonner ou d’acheter annuellement des bouquets thématiques prédéfinis, l’établissement du tarif prendra en compte la population desservie et les accès pérennes ne seront prévus que sur la plate-forme de l’éditeur.

46

Les collections anglophones représentent 70 % des offres et se composent essentiellement de monographies spécialisées et d’ouvrages de référence destinés à un public averti. Le nombre de titres est très hétérogène, allant de l’unité à une collection de plus de 20 000. L’actualité, la mise à jour et la complétude des contenus caractérisent les collections proposées. Fournisseurs privilégiés de collections thématiques de référence, diversifiées et complètes, les éditeurs investissent le secteur des usuels spécialisés sous forme électronique (70 % des offres proposées) dans lequel le modèle de l’abonnement s’impose. Le public concerné s’élargit : étudiants et particuliers intéressés par le domaine deviennent des utilisateurs potentiels.

47

L’usage attendu est celui d’une consultation directe des documents via la plate-forme. Néanmoins, dans la logique du bon signalement d’une collection électronique, la récupération des notices est possible dans 75 % des cas. Le temps où téléchargement et impression du livre étaient autorisés aux mêmes conditions que pour le périodique électronique est révolu : la seule consultation en ligne et le contrôle de l’impression sont la norme pour plus de 60 % des offres. La plate-forme de diffusion devient le point d’accès et de sauvegarde unique des documents. Dans 76 % des cas, les établissements documentaires acquéreurs n’ont pas la possibilité de disposer d’une copie de conservation distincte de la plate-forme en ligne.

48

Ce modèle est incontestablement celui qui connaît les plus forts développements. Les éditeurs construisent des plates-formes aux fonctionnalités variées qui intègrent tous les contenus en ligne et permettent à l’usager d’accéder non seulement à un type de document (livre, revue, ouvrage de référence, etc.) mais aussi à une information indépendamment de son support. La richesse de ces plates-formes d’éditeurs et leur juxtaposition dans les collections obligent les bibliothèques à trouver des solutions de fédération de contenus et de valorisation des titres encore complexes pour les monographies.

Quelques perspectives

49

En termes de tendances, notons également que, depuis la mi-2009, l’offre francophone se développe via des plates-formes d’éditeurs (parfois associés) permettant l’accès à des collections de titres spécialisés ou généralistes. Ce mouvement doit se confirmer en 2010 mais il répondrait à une attente prioritaire des bibliothèques universitaires qui ont besoin de contenus porteurs et facilement accessibles pour promouvoir le format numérique du livre auprès de leurs publics étudiants.

50

Une meilleure prise en compte de la lecture sur différents supports et l’abandon progressif des formats propriétaires au profit de l’interopérabilité (via la généralisation du format ePub) sont aussi observés dans le secteur des collections pluridisciplinaires généralistes.

51

Les usages du livre numérique se développent timidement dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche et la comparaison avec le périodique en ligne demeure sans appel de ce point de vue. Le consortium Couperin a pu émettre des préconisations à l’attention des éditeurs en 2009 dans un document intitulé Les 10 commandements de l’éditeur d’e-books : pour une offre idéale[13][13] www.couperin.org/fr/relations-editeurs. L’adoption de ces préconisations constituerait un gage de développement des usages, en favorisant leur libération par l’intégration facilitée des contenus numériques aux supports pédagogiques, la prise en compte de l’accès perpétuel aux contenus souscrits par les établissements et le développement de services centrés sur les usagers. •

52

Élise Chapoy

53

Delphine Merrien

Numérisation de masse et pratiques professionnelles : l’exemple de la Bibliothèque municipale de Lyon

54

Retour d’expérience. Le Bibliothèque municipale de Lyon avait créé la surprise, en 2008, en engageant avec Google un important programme de numérisation de livres. Comment cette opération de numérisation de masse, productrice de livres numérisés, a-t-elle été menée et quelle incidence a-t-elle eue sur les pratiques professionnelles des bibliothécaires ?

Une pratique ancienne de la numérisation

55

La Bibliothèque municipale de Lyon a amorcé sa première campagne de numérisation en 1995. Les enluminures ont été suivies peu à peu par les estampes, les affiches, les photographies. Il s’agissait donc d’une numérisation d’images fixes pour lesquelles ne se posaient pas de grands problèmes de structuration des fichiers… La bibliothèque a ensuite poursuivi ce travail de numérisation sur des corpus plus complexes de manuscrits, en mode image. En 2008, à la suite d’un appel d’offre, la Ville de Lyon a signé un contrat de numérisation de 500 000 livres imprimés avec Google. Si, au fil de ces campagnes de numérisation, la bibliothèque a acquis une expérience solide en gestion de projets de numérisation, une opération de masse telle que nous la conduisons avec Google influe sur nos pratiques et compétences professionnelles. Ces changements concernent aussi bien la production même des livres numérisés que leur mise en ligne.

Les relations avec le prestataire

56

La première question concerne les relations d’une institution publique et patrimoniale avec un prestataire mondialement connu et dont le métier d’origine, l’activité principale n’est justement pas la numérisation d’ouvrages. Toutefois, la BM de Lyon n’est pas la première bibliothèque au monde à travailler avec Google à la numérisation de collections patrimoniales. C’est donc avec des interlocuteurs expérimentés dans ce domaine que nous avons communiqué.

57

Toutefois, si l’on peut parler de changement, il s’opèrerait plutôt dans les modalités de la relation encadrée par le contrat. En lançant un projet de numérisation avec Google, une bibliothèque sait qu’elle n’aura pas l’exclusivité de la diffusion de ses fonds mais que ceux-ci seront chargés sur le Web à la fois dans Google Books et – c’est du moins le cas de la BM de Lyon – sur son propre site via sa bibliothèque numérique [14][14] Le contrat stipule en effet que la bibliothèque obtient.... Si les bibliothèques et les institutions en général ont l’habitude de travailler avec des prestataires issus du privé, ce type de relation fondée sur des intérêts différents mais convergeant sur un objectif commun est tout à fait inhabituel dans nos pratiques professionnelles.

58

Cependant, dans les faits, une fois le contrat signé, c’est bien à des individus que les bibliothécaires ont affaire, individus qui, sans avoir les mêmes compétences qu’eux, ont acquis une expérience et un savoir-faire dans le domaine de la numérisation qui nous permettent de travailler ensemble au quotidien et de parler le même langage. La bibliothèque se retrouve ainsi engagée dans une relation dans laquelle les contraintes sont connues… Les potentialités le sont également. Cette attitude est pragmatique mais encadrée par les règles des marchés publics et des contrats.

Des compétences logistiques

59

Après la signature du contrat, la bibliothèque a disposé de moins de neuf mois pour concevoir et mettre en place sa chaîne opératoire. Une chaîne opératoire lourde puisqu’il s’agit d’envoyer chaque semaine 2 000 livres au prestataire. Elle doit intégrer des opérations de sélection, d’identification, de suivi, de conditionnement des livres, de catalogage, etc. Ce travail de conception du workflow s’est appuyé sur des contraintes très concrètes : limiter le temps de déplacement des chariots, éviter que les agents travaillant dans les magasins se gênent, organiser la suite logique des tâches et les normaliser, gérer les flux et les allers et retour de documents dans un espace contraint, celui des magasins… Ce travail de préparation a été accompagné par le développement en interne, par un ingénieur informaticien de la bibliothèque, d’une application permettant de suivre à tout moment chaque livre. Aujourd’hui, ce workflow est opérationnel et intègre toutes les phases de travail, de l’identification des documents à numériser jusqu’à l’ingestion des fichiers dans la future bibliothèque numérique.

La préparation du workflow a demandé un travail qui s’apparentait davantage à une réflexion logistique que bibliothéconomique. Or si, en tant que bibliothécaires, nous sommes aguerris à la conception de circuits de traitement des documents, nous n’avons pas forcément l’habitude de penser des chaînes opératoires liées à de fortes contraintes de flux et de flexibilité. Notre souci était notamment de mettre en place des procédures très précises tout en gardant une marge de manœuvre pour être en mesure de nous adapter à des changements de rythme. Ce travail induisait donc de fixer des indicateurs chiffrés, nous permettant d’anticiper l’organisation du travail en interne et de compenser, par la répartition des tâches, les retards éventuels.

La sélection comme acte procédural

60

L’une des phases importantes du workflow consiste en la sélection des documents susceptibles d’être numérisés. Cette phase bouscule nos habitudes de bibliothécaires en matière de numérisation. Les projets de numérisation que nous menons habituellement s’appuient sur des corpus, des collections qui préexistent aux projets : la collection Florus de manuscrits carolingiens et mérovingiens, les photographies de Marcelle Vallet, les estampes du fonds Coste, etc. C’est la collection qui définit le corpus à numériser. Dans le cadre d’un projet de numérisation de masse comme le nôtre, le choix ne s’appuie plus véritablement sur les collections mais sur des critères automatiques : la date de publication, l’état matériel du document, le format du livre. La sélection devient un acte procédural.

61

Dans un tel contexte, que devient la collection ? Que deviennent les fonds ? Où se situent ces notions, centrales pour une bibliothèque ? Pour certains, ces questions peuvent sembler anecdotiques, bibliocentrées voire surannées, mais elles renvoient également à d’autres interrogations. Quelle peut être la place d’une bibliothèque numérique dans un contexte où ce ne sont plus les bibliothèques qui diffusent le plus grand nombre de livres numérisés ? Quelle peut être la spécificité d’une bibliothèque numérique lorsque ces collections sont facilement indexées et mises à disposition sur le moteur de recherche le plus consulté au monde ?

62

Dans la logique d’un moteur de recherche, un livre numérisé est une unité. Dans le cadre d’une bibliothèque, cette unité s’inscrit également dans des ensembles plus vastes : les différentes éditions de cet objet, le lieu d’impression de l’objet, le fait que celui-ci s’inscrive dans une collection ou un fonds qui a sa propre histoire. Cet objet a pu appartenir à une personnalité ou une institution à un moment donné. Il a pu entrer dans les collections de la bibliothèque par donation, legs ou confiscation. Il traite d’un sujet, a été écrit par un auteur particulier et répond donc à d’autres œuvres du même auteur ou traitant de sujets similaires… Ce paratexte inscrit l’objet dans un contexte historique, sociologique… Or ces informations contextuelles sur les objets sont une plus-value de la bibliothèque.

63

Cela n’abolit bien évidemment pas le texte numérisé en tant que contenu, qui peut être recherché par mots dans Google Books ou par le moteur de recherche de la bibliothèque. Cela n’abolit pas non plus la réflexion sur les services à apporter aux utilisateurs d’une bibliothèque numérique. Ces services ne sauraient se passer d’une prise en compte concrète des mouvements existant dans le contexte général du Web et plus particulièrement du Web 2.0. Mais ceci est un autre sujet… Si nous travaillons sur les livres numérisés en tant qu’unités, les regroupements par collections, par fonds, par sujets, par auteurs rendent possibles des parcours de navigations et des rapprochements qui éclairent le document. D’une certaine façon, on redonne à l’objet une dimension à la fois contextualisée et localisée.

Un retour vers les collections…

64

Comment alors recontextualiser cet objet dans le cadre d’une bibliothèque numérique alors même que celui-ci y est intégré sans référence à ce contexte ? Comment recréer les collections, alors-même que l’aspect procédural de la numérisation de masse met de côté la notion de collection ? C’est à ce niveau que les métadonnées et leur qualité prennent leur importance. Si les informations sur la collection, le possesseur, la reliure, mais également sur l’auteur, l’imprimeur, le lieu d’impression, le sujet, etc., sont consignées dans les catalogues et récupérées en tant que métadonnées dans la bibliothèque numérique, elles permettront de recréer ces collections et des parcours de navigation divers. Mais aucun catalogue n’est parfait et celui de la BM de Lyon n’échappe pas à la règle. Un long travail nous attend donc pour petit à petit mettre en lumière, dans notre bibliothèque numérique, ces collections et leur histoire.

65

Il est difficile, à propos d’un projet qui a démarré depuis peu de temps, de donner une conclusion. Si un tel projet nous invite à nous interroger sur nos pratiques professionnelles et nos compétences, il nous amène peut-être également à réfléchir à notre position en tant que bibliothèque. Il ne s’agit pas ici de prôner un point de vue uniquement fondé sur les collections ou une conception entièrement localisée du livre numérique, mais de considérer que les collections et les connaissances que les bibliothécaires en ont sont une richesse et une plus-value. Sans certitude d’y parvenir toujours, nous nous attacherons à faire émerger, dans la masse des documents numérisés, des ensembles, des fonds, des collections… Le chantier est ouvert… •

66

Magali Haettiger

Comment intégrer le livre numérique dans une collection de bibliothèque : l’expérience de l’Université Lyon 1

67

Retour d’expérience. Très tôt engagé dans la mise à disposition de documentation numérique, le Service commun de la documentation de l’Université Lyon 1 propose des livres numériques depuis 2004. Comment ce service opère-t-il ses choix pour intégrer ces e-books dans la collection de la bibliothèque ? Comment en assure-t-il la promotion auprès des étudiants ? Quels usages ceux-ci en font-ils ?

68

Le Service commun de la documentation de l’Université Lyon 1 est depuis 1999 acteur de la promotion et de la diffusion de la documentation numérique. Sa mission de CADIST, la taille de l’université (29 000 étudiants en 2005, 34 000 en 2009), l’impulsion des directeurs successifs sont autant d’éléments qui ont très tôt lancé Lyon 1 dans l’aventure du numérique. Ce sont naturellement des revues électroniques et des bases de données qui ont constitué la première offre en ligne mais, afin de la diversifier, des e-books et encyclopédies en ligne ont été proposés aux usagers dès 2004 : 50 livres électroniques d’informatique sur la plate-forme Safari (Proquest), 5 encyclopédies sur la plate-forme WileyInterscience (Wiley) et 15 livres de chimie sur la plate-forme ScienceDirect (Academic Press / Elsevier).

Comment s’effectue le choix ?

69

Les éditeurs proposent soit une offre en bouquets soit une offre titre à titre. Dans ce dernier cas tout particulièrement, la concertation avec les enseignants chercheurs, qui sont les prescripteurs majeurs de ces ressources, est essentielle. C’est avec l’un d’entre eux, enseignant en informatique, que les 50 e-books d’informatique ont été choisis. L’offre d’une centaine de livres numériques (Numilog) a été effectuée par les responsables documentaires des différentes disciplines (biologie, mathématiques, physique, etc.) en relation avec les enseignants chercheurs ; après un an et demi de fonctionnement et au vu des statistiques de consultation, cette offre a été réactualisée et enrichie (près de 200 e-books proposés en mars 2010).

70

Les 15 livres de chimie d’Elsevier constituent quant à eux une offre groupée, « e-books of chemistry » : ce bouquet a été choisi au titre de la mission de CADIST de chimie de Lyon 1. L’abonnement à l’offre Knovel en 2008 (bouquet de 950 titres en sciences et techniques) a correspondu à une période d’ouverture restreinte de la BU Sciences : en travaux pendant deux ans, elle a continué à assurer un service minimum dans des locaux provisoires mais restreints, et il était indispensable de proposer une offre en ligne pour pallier les lacunes de l’offre sur place. Dans ce cas, l’abonnement à des e-books s’est substitué à l’achat d’ouvrages papier.

71

Après une période de tâtonnement pendant laquelle Lyon 1 s’est abonnée aux livres numériques en utilisant les mêmes procédures que pour les bouquets de revues (abonnement centralisé et géré par une seule personne), il nous a semblé plus judicieux de partir du responsable documentaire qui gère son fonds, qu’il soit papier ou électronique. Les demandes d’abonnement à des e-books émanent désormais de ces derniers, qui s’appuient sur les enseignants chercheurs et les commissions documentaires [15][15] Ces commissions disciplinaires ou thématiques sont....

Comment signaler et promouvoir les livres numériques ?

72

Lyon 1 a opté dès le départ pour un abonnement plutôt que pour un achat d’e-books (obsolescence rapide des livres d’informatique, manque de recul pour juger de l’intérêt à long terme de la ressource). Par ailleurs, il a été décidé de ne cataloguer dans le SIGB que les ressources acquises définitivement, comme par exemple les archives des revues de chimie d’Elsevier. Le catalogue des ressources électroniques [16][16] http://atoz.ebsco.com/home.asp?Id=Lyon qui recense les revues en ligne auxquelles le SCD est abonné (plus une sélection de revues gratuites) était le lieu tout trouvé pour signaler les e-books. Ce catalogue offre des facilités d’intégration et de suppression par bouquets.

73

L’objectif à terme n’était pas de laisser perdurer l’obligation d’interroger deux catalogues consécutivement pour balayer l’ensemble de l’offre papier et numérique, mais d’offrir aux usagers une entrée unique via un moteur de recherche fédérée pouvant interroger simultanément 12 ressources parmi lesquelles le catalogue des ressources papier et celui des ressources électroniques. Ce métamoteur, opérationnel depuis juin 2009, est accessible dès la page d’accueil du portail documentaire de Lyon 1 [17][17] http://portaildoc.univ-lyon1.fr. L’usager saisit le titre de son document dans la boîte de dialogue Recherche Plus (nom choisi pour le métamoteur de l’université) sans se préoccuper de savoir s’il doit chercher dans le catalogue des ressources papier ou dans celui des ressources en ligne. Cette visibilité dès la page d’accueil est certes un atout, mais ce n’est pas suffisant, et il faut l’accompagner de formations.

74

Contrairement à la revue en ligne, le livre numérique n’est pas (pas encore ?) une ressource indispensable à l’usager ; il est nécessaire de le promouvoir. Le Comité de pilotage Documentation électronique [18][18] Constitué d’enseignants chercheurs membres du Conseil... regrettait fin 2006 un manque de communication sur l’offre en ligne du SCD, hors périodiques électroniques. En mai 2007, un article recensant et décrivant les e-books, encyclopédies et bases de données disponibles est publié dans BU.com, le journal de la BU diffusé à toute l’université et accessible sur le portail documentaire ; puis un numéro consacré à la documentation électronique paraît en janvier 2008. Dans les lettres d’information de la BU, des points sur l’offre en ligne paraissent régulièrement.

75

Les responsables documentaires sont d’excellents promoteurs des ressources en ligne. Ils les connaissent très bien car ils ont contribué à leur sélection au même titre que les ressources papier et ils ont à cœur qu’elles soient utilisées. Pour mettre en valeur ces ressources, des accès disciplinaires ont été conçus. Chaque page disciplinaire signale entre autres les essentiels dans la discipline (les livres numériques sont ainsi enfin visibles) et pointe vers un univers Netvibes thématique [19][19] www.netvibes.com/bu-lyon1#General.

76

Toujours dans le souci de valoriser le livre électronique, 20 tablettes numériques ont été achetées fin 2009 mais, après des tests effectués par le personnel de la BU, il s’avère qu’elles sont difficiles à paramétrer, fragiles et ont peu d’autonomie. L’usager ne peut pas annoter son livre ni copier-coller des citations. Le confort de lecture est réel mais on peut se demander si un étudiant s’encombrera de ce support alors qu’il peut aussi lire sur son ordinateur portable ou sur son iPhone. Ce nouveau support devrait être proposé en prêt aux étudiants avant l’été 2010, mais les modalités (durée du prêt, contenu de l’offre, etc.) restent à définir.

Malgré la mise en place du métamoteur de recherche, malgré les campagnes d’information relayées par les responsables documentaires, le livre numérique a du mal à trouver son public. Inadéquation de l’offre ? Manque de visibilité ?

Quels usages des ressources numériques ?

77

Fin 2006, un premier bilan est dressé : les livres électroniques sont peu consultés, leur usage est moins « naturel » que celui des revues en ligne et l’offre ne correspond pas vraiment à la demande (offre de livres en anglais de niveau recherche alors qu’il faudrait des manuels de niveau L en français). Par ailleurs, et à la différence des revues en ligne, la consultation de certains livres numériques est malaisée, et il y a parfois également une limitation dans la lecture et le téléchargement des chapitres.

78

Alors que les statistiques de téléchargement des articles de revues en ligne s’envolaient, les statistiques de consultation des e-books chutaient ; notre offre n’était pas adaptée à la demande et/ou n’était toujours pas suffisamment visible ; il fallait donc la revoir. C’est chose faite avec la suppression de ressources isolées et le recentrage sur quelques plates-formes de diffusion : Numilog et Dawsonera.

L’avenir est-il dans le manuel en français ?

79

Si, en 2006, on pouvait avoir quelques réticences quant à l’intérêt de proposer des e-books, la situation est tout à fait différente en 2010. L’offre de livres numériques explose, avec de nombreux bouquets thématiques en langue anglaise, des titres en français de niveau L, la possibilité de choisir un éditeur particulier ou d’aller vers des agrégateurs.

80

Afin de permettre aux acquéreurs de s’y retrouver, la Cellule e-book de Couperin a fait un excellent travail, avec le comparateur d’e-books et les dix commandements à l’éditeur [20][20] www.couperin.org/fr/relations-editeurs.

81

Le travail du bibliothécaire ne s’arrête pas à la sélection des livres numériques : il lui incombe ensuite un important travail de signalement, de communication et formation et de valorisation. Comme pour les ressources papier, d’ailleurs…

82

L’offre de livres numériques proposée ces dix dernières années ne correspondait pas aux besoins, l’usage en était donc très faible. L’offre en ligne de manuels de niveau L en français servira-t-elle de produit d’appel, entraînant une généralisation des usages ? •

Évolution des statistiques d’usage des e-books à Lyon 1 : document téléchargés en texte intégral
83

Odile Jullien Cottart

La question Livrel

84

Point de vue. La bibliothèque universitaire d’Angers est une des plus anciennement engagées dans le prêt de livres électroniques. Avec une subjectivité revendiquée, Daniel Bourrion tire les enseignements mitigés de cette expérience et s’interroge sur l’attitude des organismes documentaires face aux évolutions technologiques et de société.

85

L’arrivée des livrels, terme générique qui désignera ici les supports électroniques de lecture fonctionnant selon la technologie de l’e-ink, a évidemment interpellé certains professionnels des bibliothèques : ces outils, enfin accessibles à un prix « raisonnable », semblaient donner corps au vieux rêve d’avoir dans une poche un livre infini, outil technique permettant d’embarquer dans un volume réduit l’entière bibliothèque de l’honnête homme.

86

Faisant face à une nouveauté dont on pouvait se demander comment elle pouvait s’intégrer dans les pratiques des bibliothèques, le SCD de l’Université d’Angers a entamé dès septembre 2008 une expérience de prêt de livrels [21][21] 10 Sony PRS-505 Sony ; 10 Cybook Gen3. auprès de ses publics. À présent que deux années se sont écoulées, il devient possible de tirer de cette expérience certaines observations et réflexions relatives à la manière dont usagers et professionnels ont pu s’approprier in vivo les livrels. C’est tout le propos des lignes qui suivent, dont on notera d’une part qu’elles n’engagent que leur auteur, d’autre part qu’elles reposent sur un ensemble impressionniste : il n’est pas question ici d’enquêtes statistiques, mais de ressenti, de témoignage subjectif – un peu de subjectivité ne fait jamais de mal…

Le livrel et le lecteur

87

Comme l’on pouvait s’y attendre dès lors que l’on considère le public cible d’une bibliothèque universitaire, la prise en main proprement dite des tablettes, si rustique soit leur ergonomie, ne pose pas de réel problème à de jeunes personnes habituées à utiliser quotidiennement des outils aux fonctionnalités autrement plus avancées que celles, somme toute élémentaires (pensez donc, lire !…), d’un livrel. Au moment de s’en saisir, les emprunteurs de ces petites bêtes ne demandent donc en général pas leur reste, non plus qu’un mode d’emploi. Ce qui semble les intéresser plutôt est l’objet. La curiosité est souvent d’abord technologique : comment marche cette chose ? Mes amis et ma grand-mère seront-ils impressionnés de me voir m’en servir ?

88

Les questions de contenus embarqués, ne nous déplaise, viennent souvent ensuite (quand elles viennent). Là, force est de constater qu’un problème sérieux se pose puisque les contenus ne se bousculent pas sur ce type de machine ; et que la gestion « physique » de ces contenus est quelque peu complexe. Pour ce qui concerne l’offre, une rapide tournée des fournisseurs montrera à chacun qu’on est loin encore de pouvoir envisager de remplacer toute l’encombrante offre papier par son pendant numérique (à mon grand dam, mais cette problématique n’est pas spécifique aux livrels).

89

Plus spécifique (et l’on aborde ici la question de la gestion des prêts et des flux), le lien entre les éventuels fonds numériques et les livrels comme réceptacles est loin d’être trivial : les livrels ici évoqués ne disposent d’aucune connectivité wifi ou 3G, et leur chargement n’est donc possible que par branchements filaires. Pour éviter des manipulations lourdes en banque de prêt, et autres prêts de câbles, les machines sont donc volontairement prêtées préchargées d’une offre sélectionnée ; mais l’on peut imaginer que les usagers, peut-être, peuvent désirer se constituer leur propre panier.

90

On mesure le problème. Du point de vue de l’usager, l’emprunt d’un livrel revient à emprunter sans possibilité de choix un imposant « paquet » de textes (en l’occurrence, 90 textes issus de l’offre Publie.net, soit quelques milliers de pages). Du point de vue de la bibliothèque, l’offre est limitée et l’objet compliqué à gérer : le chemin est encore long avant d’arriver à une logique de choix libre de la part de l’usager, identique à ce qui se passe lors d’une « bibliographie ambulatoire » entre les rayons de la bibliothèque physique.

Le livrel et le bibliothécaire

91

Penchons-nous à présent sur la manière dont les professionnels se sont saisis de l’appareil. Le constat sera rapide : ils ne s’en sont pas saisis.

92

Passées les premières réactions (la crainte : « Vous allez tuer le livre ! », puis la curiosité : « Ça ressemble à quoi finalement votre truc ? »), les livrels sont restés aux yeux des collègues des OLNI (objets lisant non identifiés) réservés aux seuls expérimentations geek de la Bibliothèque numérique. De fait, personne dans les équipes n’a semblé se pencher sur le potentiel, pourtant manifeste, de ces machines comme possibles vecteurs d’une offre littéraire ou documentaire, personne n’a semblé se demander comment l’on pouvait insérer ces outils dans l’offre de services de la bibliothèque : au quotidien et au final, la gestion physique [22][22] Maintenance élémentaire, i.e. rechargement des batteries... des machines repose sur une seule personne et les livrels, de fait, paraissent souvent de pauvres choses abandonnées, quelque peu encombrantes, mais tolérées parmi les volumes papier qui dorment sur les rayons.

Le livrel et la bibliothèque

93

C’est ce dernier point, sans doute, qui mérite que l’on s’y attarde, parce qu’il nous semble qu’il est révélateur d’un ensemble d’attitudes des professionnels des bibliothèques vis-à-vis de la « nouveauté » technologique [23][23] Entre guillemets parce que la problématique ici esquissée..., en général.

94

De fait, quels que soient les handicaps techniques des livrels (et ils sont encore nombreux mais en voie de résorption rapide), quelle que soit la pauvreté de l’offre (et elle l’est même si, sans doute, les éditeurs prendront un jour la mesure de ce qui se passe), quelle que soit la difficulté pratique de gérer une offre éventuelle sur ces machines (et cette difficulté est réelle, mais les évolutions liées aux deux points précédents feront disparaître cela) – on pouvait s’attendre, à tout le moins, à un intérêt poli de professionnels [24][24] Et l’on peut au passage évoquer les enseignants, dont... pour des outils de lecture mobile dont, sous la forme actuelle (certainement pas) ou sous une forme plus évoluée (de manière certaine), on sait qu’ils seront les objets courants et communs de la lecture de demain.

95

Cruelle déception. Solitude. Interrogeons-nous. Que manque-t-il ? Que nous manque-t-il (et l’on parle ici de la profession dans son ensemble, pas du micro-exemple angevin qui, au moins, a essayé, testé, exploré…) ?

96

Il manque la vision et la compréhension des changements qui interviennent dans le monde actuel et qui font que la bibliothèque n’est plus le centre de gravité du monde documentaire, loin s’en faut. Il manque la curiosité et le dynamisme. Il manque la capacité à s’adapter à des pratiques qui passent de la thésaurisation à la mise en mouvement, en valeur, en lumière ; qui passent d’une logique d’entrepôt (« Mon travail est d’accumuler des documents sur des étagères ») à une logique de circulation (« Mon travail est de mettre en relation la demande de l’usager et les grains d’un flux – entendez des documents ou des morceaux de documents ») et de valorisation (« Mon travail est aussi de sélectionner et d’assumer cette sélection, en particulier dans la mise en relation précédemment évoquée »).

97

Derrière tout cela, il manque l’envie du déséquilibre, du mouvement, de la découverte, de l’exploration, de l’innovation, et il manque d’avoir appris à faire tout cela, et sans crainte (oui, il est bien là question de formation initiale et continue).

De quelques objections et des réponses possibles

• « Nous n’achetons rien de crainte d’acquérir un outil dépassé. »

Tout outil technique est dépassé à sa sortie sur le marché. Le problème n’est pas d’avoir un outil up-to-date, mais de se demander ce que l’on va faire avec, et comment.

• « Nous ne savons pas comme intégrer ces outils dans nos workflows. »

Personne ne le sait, nous saurons quand nous aurons essayé. Rome ne s’est pas faite en un jour.

• « Ces outils n’ont aucun avenir. »

Vous êtes sérieux, là ? Levez un peu le nez de vos livres, et regardez comment vivent et travaillent vos usagers !

• « Nous ne savons pas quels contenus mettre à disposition sur ces outils. »

Cherchez. Ou alors, créez ces contenus !…

• « Et si ça ne marche pas ? »

Vous aurez essayé et vous pourrez réfléchir aux raisons de l’échec. Et comme vous communiquerez sur vos expériences, vous ferez profiter toute la profession de vos apprentissages. Se tromper, c’est aussi découvrir. Et ensemble, on va plus vite.

Pour tourner la page

98

À bien y regarder, de par le livrel, c’est finalement toute la bibliothèque qui est interrogée dans son rapport aux évolutions technologiques et de société, et dans sa réactivité par rapport à ces évolutions. De par le livrel, c’est également la bibliothèque dans sa gestion des ressources humaines qui est questionnée. De par le livrel, c’est enfin la mission même de la bibliothèque qui est remise en question. Parce que cette mission semble ne plus être tant de prêter des documents que de gérer des accès, ce qui, assurément, change considérablement la donne…

99

Comme souvent pour ce qui la concerne, la « technique » ne fait que questionner l’humain, ses manières de faire, ses manières de vivre, et ses manières de travailler en remplissant les buts qui sont les siens. Là où le livre de sable de Borgès est fait d’un nombre de pages infinies, le livrel est d’abord support d’un nombre de questions presque infini. Mais attendre d’y répondre pour commencer à apprivoiser ce type d’outil n’est assurément pas la bonne méthode : ces questions-là ne se résolvent que dans le faire. Sans cela, à rester dans un attentisme conforté par l’idée (fausse) que le livre, avec son grand âge, protège les bibliothèques, nous serons bien mal lotis dans les années qui viennent. •

100

Daniel Bourrion

Notes

[3]

AFDMC, dossier Le devenir numérique du livre et du patrimoine, http://bit.ly/9Or0q3

[4]

« Quelques précisions sur le taux de TVA applicable à la fourniture de livres sur support physiques », Vos droits en direct, http://bit.ly/4gt048

[5]

« Un modèle économique pour l’offre légale culturelle en ligne », ADI, janvier 2009, http://bit.ly/cbryCz

[6]

Autorité de la concurrence, communiqué du 12 janvier 2010, http://bit.ly/aL2ruO

[7]

Cédric Manara, « La lettre et les prix », Documentaliste-SI, 2010, n° 1, p. 27, http://bit.ly/ae8s1b

[8]

François Bon, Droits d’auteur et édition numérique, Tiers Livre, http://bit.ly/UvTUb

[9]

Voir la Loi pour la confiance dans l’économie numérique qui fixe les responsabilités des prestataires techniques.

[10]

Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance, juillet 2008, http://bit.ly/cADHw6

[11]

Michel Vivant, Propriété intellectuelle et nouvelles technologies : à la recherche d’un nouveau paradigme, conférence prononcée dans le cadre de l’Université de tous les savoirs, 16 septembre 2000, http://bit.ly/8Zm9WT

[12]

La Cellule e-book (CeB) a été constituée en juillet 2008 au sein du département Études et prospective du Consortium universitaire de publications numériques (Couperin) : www.couperin.org/fr/nos-activites/groupes-de-travail-et-projets-deap/ebook

[14]

Le contrat stipule en effet que la bibliothèque obtient une copie de chaque fichier produit par le prestataire. Parallèlement à ce travail massif de numérisation, la BM de Lyon mène un projet de création d’une bibliothèque numérique incluant aussi bien ces documents ainsi numérisés que ceux numérisés par d’autres prestataires.

[15]

Ces commissions disciplinaires ou thématiques sont constituées d’enseignants chercheurs intéressés par la documentation.

[18]

Constitué d’enseignants chercheurs membres du Conseil scientifique ou intéressés par la documentation et de personnels de bibliothèque.

[21]

10 Sony PRS-505 Sony ; 10 Cybook Gen3.

[22]

Maintenance élémentaire, i.e. rechargement des batteries et remise en l’état initial – les lecteurs un peu dégourdis pouvant librement, mais chez eux, installer ce qu’ils veulent sur les tablettes.

[23]

Entre guillemets parce que la problématique ici esquissée rejoint celle du document numérique en général, dont on ne peut plus vraiment dire qu’il est une nouveauté.

[24]

Et l’on peut au passage évoquer les enseignants, dont certains ont eu les machines en main et n’ont pas non plus essayé ou trouvé de possibles usages pédagogiques à ces machines – il en est, pourtant…

Résumé

English

Renewed professional practicesWhat can be learn from the digital resource revolution in libraries? Into what categories do E books fall? What are some successful examples of digitalization and integration?

Español

Prácticas profesionales renovadas¿Qué enseñanzas se desprenden de la revolución resultante del desarrollo de los recursos numéricos en los servicios documentales? ¿Cuál es la tipología actual de los libros numéricos? ¿Qué ejemplos de numerización y de integración logrados podemos proponer?

Deutsch

Erneuerung der beruflichen PraxisWelche Lehren lassen sich aus der Revolution schließen, die aus der Entwicklung der digitalen Ressourcen in Dokumentationseinrichtungen entstanden ist? Wie ist die derzeitige Typologie der E-Books? Welche gelungenen Beispiele von Digitalisierung und Integration kann man vorstellen?

Plan de l'article

  1. Le passage au tout numérique : une « e-revolution » dans les centres de documentation
    1. Évolution des pratiques des différents acteurs
      1. Les utilisateurs
      2. Les bibliothèques
      3. Les éditeurs
    2. Quelques problèmes soulevés par le tout numérique
      1. La TVA sur l’électronique
      2. L’évolution des modèles économiques des éditeurs
      3. Deux priorités : la politique d’archivage et l’accès pérenne
    3. De nouveaux défis
  2. Focus. Des freins juridiques à l’offre d’e-books ?
  3. L’offre de livres numériques pour les bibliothèques universitaires : essai de typologie
      1. Des critères communs aux trois modèles de diffusion d’e-books
      2. Un modèle original : les plates-formes d’agrégateurs pluridisciplinaires
      3. Un modèle à mi-chemin : les plates-formes d’agrégateurs spécialisés
      4. Vers la convergence : le modèle des plates-formes d’éditeurs
      5. Quelques perspectives
  4. Numérisation de masse et pratiques professionnelles : l’exemple de la Bibliothèque municipale de Lyon
      1. Une pratique ancienne de la numérisation
      2. Les relations avec le prestataire
      3. Des compétences logistiques
      4. La sélection comme acte procédural
      5. Un retour vers les collections…
  5. Comment intégrer le livre numérique dans une collection de bibliothèque : l’expérience de l’Université Lyon 1
      1. Comment s’effectue le choix ?
      2. Comment signaler et promouvoir les livres numériques ?
      3. Quels usages des ressources numériques ?
      4. L’avenir est-il dans le manuel en français ?
  6. La question Livrel
      1. Le livrel et le lecteur
      2. Le livrel et le bibliothécaire
      3. Le livrel et la bibliothèque
      4. Pour tourner la page

Pour citer cet article

Battisti Michèle, Chapoy Élise, Merrien Delphine, Haettiger Magali, Jullien Cottart Odile , Bourrion Daniel, Baligand Marie-Pascale, « Des pratiques professionnelles renouvelées », Documentaliste-Sciences de l'Information, 2/2010 (Vol. 47), p. 44-55.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2010-2-page-44.htm
DOI : 10.3917/docsi.472.0044


Article précédent Pages 44 - 55 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback