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Documentaliste-Sciences de l'Information

2010/3 (Vol. 47)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.473.0024
  • Éditeur : A.D.B.S.

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« J’aime » mon chef de service, « Je n’aime plus » ma collègue de bureau. Serait-ce l’unique perspective promise par l’arrivée des réseaux sociaux en entreprise ? Heureusement non ! Après avoir rassemblé sous ses nouveaux atours des fonctions en gestation depuis fort longtemps, le réseau social professionnel, comme bon nombre de vagues technologiques précédentes, semble aujourd’hui atteindre sa maturité fonctionnelle. Quel professionnel de l’information, en effet, n’a pas encore entendu parler de groupware, de workflow, de knowledge management... ? Loin de n’être qu’un simple « relookage » de technologies éprouvées mais encore non généralisées, le concept de réseau social est novateur dans le sens où, bien qu’il s’inscrive dans la longue filiation des technologies de l’information, il est directement issu du Web 2.0. Voici pourquoi.

Un enfant du Web 2.0

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Parce que le réseau social se doit d’être simple. Plus question d’apprentissage, il faut désormais pouvoir s’y immerger en quelques minutes grâce à une ergonomie simple et dépouillée, des actions clairement identifiées et surtout des besoins volontairement réduits. En effet, les réseaux sociaux généralistes proposent en standard peu de fonctions sophistiquées, laissant ces dernières à des modules additionnels développés le plus souvent par des tiers. À ce titre, ils remplissent parfaitement leur fonction de plateforme.

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Parce que le réseau social se doit d’être ouvert. Certes, le développement actuel de Facebook, pour ne citer que lui, ne dénote pas d’une transparence et d’une ouverture technologique flagrantes. Mais les projets en cours de réseaux sociaux alternatifs (comme Diaspora) sont pour beaucoup pensés autour d’une architecture décentralisée et standardisée. Dans les organisations, privées ou publiques, le réseau social doit jouer la carte de la modestie pour s’intégrer pleinement au système d’information. Mais c’est particulièrement sur le plan des usages que cette ouverture se distingue : de par ses fonctions natives, une plateforme de réseau social doit couvrir les besoins élémentaires d’échange et de partage au sein de l’organisation ; mais elle doit également permettre l’émergence de nouveaux besoins non identifiés lors du démarrage du projet. Notamment par le biais de modules additionnels que les membres peuvent partager. Bref, le réseau social s’annonce comme le compagnon idéal de notre passion contemporaine pour la sérendipité.

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Parce que le réseau social s’alimente de toutes les formes d’information. On sait aujourd’hui, avec un peu de recul, que beaucoup de projets de gestion des connaissances ont échoué à cause d’un modèle informationnel trop structuré. Difficile de susciter une dynamique collaborative lorsqu’il faut en passer par une dizaine de champs pour signaler une idée… Le concept de réseau social prend le problème à l’inverse en facilitant le partage, sans préjuger de la qualité des informations publiées. Futiles ou fondamentales, les contributions se côtoient et ce sont les usagers qui, par leurs lectures, commentaires, marquages et recommandations, participent au processus collaboratif de valorisation de l’information. Allant même jusqu’à bouleverser le processus d’élaboration des documents, comme l’explique très clairement Thomas Poinsot dans ce dossier : « Quand l’outil de groupware permet tout au plus de réagir à un document déjà largement avancé, le RSE remplace les échanges de courriels en proposant une approche centrée sur la conversation et à partir d’un environnement moins structuré, moins contraignant. »

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C’est évidemment sur ce dernier point que les professionnels de l’information porteront toute leur attention : si les systèmes d’information des organisations déplacent leur centre de gravité du document vers la conversation, on peut en déduire que cela ne sera pas sans conséquence sur les méthodes de travail et les missions assignées aux gestionnaires d’informations. Car plus le ton monte dans les conversations, plus se ressent le besoin de professionnels pour les canaliser, les qualifier et les exploiter.

Le concept, les usages, les solutions

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D’où ce dossier, que nous avons voulu pragmatique, didactique et illustré de cas concrets : des projets en cours de développement ou déjà en exploitation, pour bien montrer que nous ne sommes plus dans la prospective.

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La première partie, « Du collaboratif au social : l’avènement de la conversation », présente le concept de réseau social et vise à donner des « repères pour un nouveau monde collaboratif », comme l’indique le titre de la contribution introductive. Quels sont les usages et les fonctions que l’on est en droit d’attendre d’une plateforme de réseau social ? Quelle est l’offre actuelle ? Comment animer la communauté professionnelle et comment se prémunir de certains dangers potentiels au cours de son utilisation quotidienne. Car, ici comme dans bien d’autres domaines, point de salut hors de l’humain !

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Mais à quoi peut bien servir un réseau social ? Une partie entière du dossier est consacrée aux usages en présentant de nombreux cas d’utilisation : que ce soit au service de la mobilité professionnelle et de la recherche d’emploi, du travail de terrain de militants politiques, du dynamisme économique d’une région ou encore d’une association de professionnels de l’information, les réseaux sociaux commencent à faire leurs preuves.

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Si les usages décollent, c’est aussi parce qu’une offre de logiciels stables et crédibles s’est constituée. À l’instar de la gestion de contenu, il y a maintenant quelques années, c’est une offre à géométrie variable. Si le poids lourd Microsoft doit cette année attirer l’attention avec une version 2010 de Sharepoint entièrement repensée autour du concept de réseaux sociaux, beaucoup d’autres solutions, libres ou pas, ont fait leur apparition. Et, si déployer un réseau social à l’échelle de l’entreprise demande évidemment une sérieuse méthodologie projet, d’autres solutions plus modestes s’installent et s’apprivoisent en quelques heures. Ne tardez plus, les premiers mètres carrés de votre bureau numérique vous attendent… •

Résumé

Français

Il s’inscrit clairement dans la lignée des technologies de l’information et il est directement issu du Web 2.0. Il est simple d’approche, il est ouvert, il est riche et multiple. Il est promis à un bel avenir. C’est le réseau social d’entreprise, dont l’implantation dans les organisations y transforme bien des modes de fonctionnement et remet en question les méthodes de traitement et de diffusion de l’information.

English

Organizations discover social(izing) networksAt the heart of information technologies and a direct consequence of the Web 2.0. Simple to use, open, rich and varied. With a great future. Enterprise social networks are transforming how we work and force us to rethink how we process and disseminate information.

Español

Las organizaciones descubren la red socialClaramente, sigue la línea de las tecnologías de la información y es el resultado de la Web 2.0. Posee un acceso sencillo, está abierta y es rica y múltiple. Promete un buen futuro. Se trata de la red social de empresa, cuya implantación en las organizaciones transforma sus modos de funcionamiento y pone en tela de juicio los métodos de tratamiento y de difusión de la información.

Deutsch

Die Organisationen entdecken das soziale (Netzwerk)Es ist eindeutig ein Produkt der Informationstechnologien und stammt direkt aus dem Web 2.0. Es ist einfach zu nutzen, es ist offen, es ist reichhaltig und divers. Und es hat gute Zukunftsaussichten. Die Rede ist vom unternehmensweiten sozialen Netzwerk, dessen Einführung in Organisationen viele Funktionsweisen verändert und die Methoden zur Informationsverarbeitung und –verteilung hinterfragt.

Pour citer cet article

Séguin Bruno Louis, Roumieux Olivier, « Les organisations découvrent le (réseau) social », Documentaliste-Sciences de l'Information 3/2010 (Vol. 47) , p. 24-25
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2010-3-page-24.htm.
DOI : 10.3917/docsi.473.0024.


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