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Documentaliste-Sciences de l'Information

2010/3 (Vol. 47)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.473.0038
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Les usages des RSE se diversifient dans les organisations

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Récryptage. Les réseaux sociaux investissent de plus en plus rapidement les entreprises, associations, collectivités et autres organisations. En introduction à la série de témoignages très contrastés que propose le deuxième pôle de ce dossier, voici une synthèse des usages possibles des RSE : typologie et illustrations.

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Au cours des dernières années, les réseaux sociaux ont connu une ascension fulgurante auprès du grand public. Rien qu’entre décembre 2008 et décembre 2009, l’Institut Nielsen a observé au niveau mondial une augmentation de 82 % du temps passé à surfer sur ces réseaux, une croissance qui devrait se poursuivre dans les années à venir.

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Les réseaux sociaux sont ainsi devenus des outils de plus en plus incontournables dans notre vie de tous les jours. En particulier le leader Facebook qui depuis quelques mois compte plus de 400 millions de membres dans le monde (dont plus de 15 millions en France). Réseau un peu « fourre-tout », il permet de rester en contact avec sa famille et ses amis ou de rencontrer de nouvelles personnes.

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Mais les usages des réseaux sociaux sont aussi d’ordre professionnel, avec des sites comme Viadeo, au niveau français ou francophone, qui multiplie les fonctionnalités sociales (par exemple la synchronisation), Twitter, ou LinkedIn, au niveau international, qui offre depuis peu la possibilité de « suivre une entreprise », son actualité, les postes ouverts, etc. Ces sites permettent à tout un chacun de créer et de gérer un réseau professionnel de contacts et de valoriser ses compétences et son expérience.

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Il y a deux ou trois ans, parler de réseaux sociaux d’entreprise (RSE) aurait inspiré suspicion et inquiétude. Synonymes de trop de liberté, trop de transparence, ces mots faisaient un peu peur. Aujourd’hui, grâce à la convergence de plusieurs facteurs, les choses évoluent. Parmi ces facteurs on trouve bien évidemment le succès des réseaux sociaux grand public et professionnels cités ci-dessus. Beaucoup en parlent et les présentent comme des outils utiles, les salariés s’en servent dans leur vie de tous les jours…

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Mais cet engouement ne peut à lui seul expliquer l’intérêt de plus en plus fort que suscitent les RSE. En effet, il y a d’autres explications plus fondamentales à cette vogue, comme le travail de fond, d’explication que mènent les consultants et les experts du domaine auprès des responsables d’entreprise pour leur montrer qu’il est nécessaire de faire évoluer leurs méthodes de travail et leur manière de communiquer et d’impliquer.

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On va le voir, les usages des RSE sont nombreux et variés, tout comme les types d’utilisateurs et les secteurs d’activité concernés.

Cartographie des usages

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Dans la seconde version de son livre blanc sur les réseaux sociaux d’entreprise, paru en janvier dernier [1][1] www.useo.fr/publications.html, le cabinet Useo a dressé une typologie de tous les usages possibles de ces outils [voir la figure ci-contre et pages 26-27] en cinq grandes catégories que nous rappellerons de façon très synthétique.

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• Social collaboration : il s’agit de faciliter, par des conversations, les échanges et le partage d’information entre des utilisateurs. L’objectif étant de consolider l’information de cette activité collaborative. Le courrier électronique est moins utilisé et le document moins central.

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• Social CRM : de plus en plus d’internautes donnent leur avis sur des produits et des services, se renseignent en ligne avant d’acheter, etc. Les entreprises se doivent aujourd’hui d’être à l’écoute, mais aussi d’engager la conversation avec eux, de leur fournir des espaces d’expression, de les impliquer davantage, par exemple dans la conception de nouveaux produits… malgré les risques que cela implique. Les enjeux : fidéliser les clients pour pérenniser, en acquérir de nouveaux pour consolider.

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• Social KM : il s’agit de passer de la constitution de bibliothèques des savoirs (coûteuse, complexe et fondée sur la formalisation de documents) à celle d’un réseau d’experts, facilement identifiables via leurs contributions. Trouver la bonne personne au bon moment, voici un défi de taille auquel peut répondre un RSE.

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• Social Messaging : lorsque l’information circule mal ou peu au sein d’une entreprise, lorsqu’elle n’est pas facile à consulter ni à analyser, c’est la santé de cette entreprise qui coure un risque. La mise en place d’un nouvel outil de communication, à savoir le microblogging, peut considérablement améliorer la circulation de l’information. Gage de rapidité, d’immédiateté et d’efficacité, cela permet d’informer et d’être informé, d’être alerté de manière ciblée quel que soit l’endroit où l’on se trouve.

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• Social Networking : par cette expression, on souligne la possibilité de créer des opportunités de mises en relation entre les collaborateurs. Dans le but de créer des synergies, de développer des collaborations ou de renforcer des liens internes. Cet usage des réseaux sociaux est sous-estimé dans les entreprises, alors qu’il est très développé sur des sites comme Viadeo et LinkedIn. On entre en contact avec une personne parce qu’on a de fortes chances de travailler avec elle à un moment donné du fait de la complémentarité de nos compétences.

Qui ? Où ? Quoi ? Comment ?

Qui est concerné ?

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Les réseaux sociaux déployés par les entreprises peuvent concerner plusieurs groupes de personnes : collaborateurs, partenaires, clients, etc. Les enjeux sont alors très diversifiés : améliorer la communication entre les collaborateurs d’un même projet, permettre aux clients de donner leur avis sur un futur site web ou sur des produits, faciliter le partage d’informations avec les différents partenaires qui vendent la même solution… Le réseau social d’entreprise n’est alors plus seulement interne ; il peut aussi s’ouvrir vers l’extérieur.

Où implanter un RSE ?

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• Toutes les composantes de l’entreprise (ressources humaines, communication, informatique, etc.) peuvent être concernées. Mais surtout, à l’heure où le décloisonnement devient une nécessité, voire une obligation, les RSE permettent d’abolir les silos et de privilégier la transversalité. Il s’agit d’améliorer la communication (connaître les problématiques des autres départements, savoir qui fait quoi sur quoi, etc.) pour améliorer les processus puis les performances et l’efficacité de l’entreprise ou de l’organisation.

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• Tous les secteurs d’activité peuvent également être impliqués : il n’y a pas de domination d’un secteur plutôt que d’un autre. Les RSE sont mis en place aussi bien dans une organisation financière que dans une société faisant de la vente en ligne de vêtements. On aura toutefois tendance à penser qu’on trouve plutôt des usages dits de Social CRM dans les secteurs de la grande consommation.

Typologie des usages des réseaux sociaux selon Useo

Pour quoi faire ?

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Potentiellement, il existe autant d’usages des réseaux sociaux d’entreprise que de contextes de travail à plusieurs ; une infinité donc. Par ailleurs, un même réseau social peut avoir une multitude d’usages au sein d’une organisation.

Comment situer le RSE par rapport aux autres outils ?

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Le RSE n’a pas pour vocation de remplacer les outils existants (courrier électronique, messagerie instantanée, annuaire d’entreprise, etc.), déjà en place. Il vient simplement les compléter. Toutefois certains usages peuvent migrer des uns vers les autres. Et, en cas de redondances fonctionnelles, les usages sont à redéfinir. Par ailleurs, il est important de respecter certaines habitudes relationnelles des personnes.

Les RSE commencent à se multiplier

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De plus en plus d’organisations mettent en place un RSE. Voici quelques exemples représentatifs, dont le tableau ci-dessous réunit les informations concernant l’organisation, la technologie utilisée et le secteur d’activité.

Agence France Presse (AFP)

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À l’été 2008, le service Marketing a décidé de mettre à la disposition de la direction de l’AFP et du réseau commercial et marketing monde une plateforme de veille sectorielle. La solution retenue est une plateforme collaborative de type wiki qui permet de centraliser et simplifier les processus de veille, de classer et archiver les contenus, articles et analyses, et de contribuer et construire des connaissances partagées. Les bénéfices sont le gain de temps pour l’ensemble des utilisateurs mais aussi une amélioration du « capital » des connaissances.

Chambres de commerce et d’industrie d’Alsace

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Le réseau social mis en place en octobre 2009 au sein des CCI d’Alsace a pour principal objectif d’améliorer la capacité des chambres à informer les entreprises de la région. Articulé autour de l’ajout et la qualification de liens et de l’envoi d’un courriel de synthèse, le système de veille a permis aux acteurs du réseau de gagner en productivité et de mieux se connaître (quel est le domaine d’expertise des uns et des autres, sur quoi travaillent-ils, etc.), favorisant ainsi la transversalité entre métiers.

Commissariat à l’énergie atomique (CEA)

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Le CEA a déployé un réseau social à destination de quatre communautés d’utilisateurs (la communication, les RH, les achats et l’administration), qui en font des usages différents. Lancé de manière expérimentale en octobre 2009, ce réseau a réussi son examen de passage en permettant le partage de connaissances et l’optimisation des échanges, et donc en créant de la valeur. Il devrait continuer à être utilisé par la cible première, voire par d’autres communautés de collaborateurs.

Devoteam

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Depuis quelques mois, le groupe Devoteam a déployé un réseau social d’entreprise pour soutenir la collaboration entre ses salariés, les inciter à partager davantage leurs documents, informations et compétences grâce à une meilleure communication au sein de l’entreprise. Une évolution logique, due à l’arrivée de nouvelles technologies, qui devrait progressivement permettre aux communautés de pratique (déjà existantes) de continuer à grandir, de se consolider, de gagner en visibilité au niveau international et de favoriser l’innovation.

Quelques exemples de réseaux sociaux d’organisations

Fédération nationale du Crédit agricole

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En avril 2010, la FNCA a mis à la disposition du personnel de ses 39 caisses régionales un réseau social interne. Son objectif : lui permettre de collaborer plus facilement. Les salariés sont réunis dans des « clubs » thématiques (selon les centres d’intérêt ou le domaine dans lequel ils travaillent) au sein desquels ils accèdent à des documents partagés, peuvent discuter ou bien connaître les activités des autres membres du « club ». Les premiers bénéfices : une communication plus dynamique de l’organisation et des mises en relation simplifiées.

Lyonnaise des eaux

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Le réseau social Lio Plaza a été lancé en juin 2009 par la Lyonnaise des eaux sous l’impulsion de trois facteurs majeurs : une entreprise étendue géographiquement, un business model en évolution et des « champions » en interne qui demandaient de nouveaux moyens pour échanger. Ce réseau social, qui compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de communautés (parmi lesquelles des communautés liées à la veille commerciale et technologique), a plusieurs objectifs : améliorer la communication, faciliter le partage d’informations, créer du lien entre les services, favoriser la collaboration afin de renforcer le rôle des communautés internes. L’axe humain est essentiel, bien plus important que les seuls documents.

SNCF

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Depuis novembre 2008, la SNCF propose à ses clients un espace d’échanges (Imagine TGV, voir ci-contre) afin que ceux-ci puissent faire des propositions, faire part de leur avis, donner des idées… et ainsi améliorer l’ensemble des services du TGV (bar TGV, accès wifi, etc.).

Sogeti

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Au début de l’année 2010, un réseau social, basé sur Lotus Connection, a été implanté au sein de la société Sogeti. Le projet a été engagé par la hiérarchie en 2008 et a fait émerger toute une série de besoins non adressés par les outils, collaboratifs ou pas, déjà en place. Le besoin principal émis a été celui de décloisonner l’entreprise et de mettre l’accent sur la transversalité, sur la base d’une double approche : « top down » et « botton-up ». Avec, à la clé, une meilleure coordination et une meilleure organisation des initiatives, et plus d’innovation.

TransWay et la métropole de Nantes

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Pendant six mois, la société TransWay et la métropole de Nantes ont lancé un challenge, une expérimentation visant à promouvoir les transports alternatifs à la voiture en solo et à fidéliser les usagers. Le but final : modifier les comportements de mobilité. Un réseau social a été installé au sein d’une cinquantaine d’entreprises. Chaque collaborateur pouvait déclarer les « transports doux » qu’il effectuait pour se rendre dans la zone de Nantes Est ou de Carquefou. Ils étaient alors récompensés par des Soleillos.

2foismoinscher

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Dans la cadre de sa refonte intégrale, en septembre 2009, le site d’achat-vente de produits neufs et d’occasion 2foismoins­cher a mis en place un espace de dialogue en ligne dédié à sa communauté d’utilisateurs, pour recueillir des avis, des idées, etc. L’opération a été une vraie réussite avec plusieurs centaines de contributions (suggestions, commentaires, etc.) et quelques milliers d’utilisateurs.

Page d’accueil de Imagine TGV, un espace d’échange de la SNCF

Quelles perspectives ?

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À travers cette liste d’exemples (qui est loin d’être exhaustive et que prolongent les témoignages qui suivent), on voit que les RSE peuvent être mis en place à des fins multiples et dans des contextes très variés. Améliorer la communication en interne, faciliter le partage, favoriser la capitalisation ou l’identification d’un expert, impliquer une communauté d’utilisateurs/clients… : autant de besoins qui émergent de plus en plus au sein des organisations de toutes natures.

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Les RSE devraient se développer, mais le succès sera-t-il au rendez-vous ? Quel sera le taux d’utilisation de ces nouveaux outils par les collaborateurs ? Est-ce que l’approche séduira ou pas ? Mais, surtout, est-ce que les organisations se donneront les moyens d’accompagner ces bouleversements profonds dans la manière de travailler et de collaborer ? Ce n’est pas sûr. Et, dans l’affirmative, l’expérience, la méthodologie seront-elles suffisantes ? Ce n’est pas certain non plus. Voyons plutôt à long terme… En ce qui concerne les initiatives externes, comme celle de la SNCF, l’existence de solutions bien conçues et adaptées sont un plus et l’échec reste rare. •

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Émilie Ogez

Témoignage. Le chemin de l’Irma, de l’annuaire au réseau social

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Éditeur de l’annuaire des professionnels de la musique, l’Irma a entamé sa mutation pour poursuivre, en ligne, sa mission de mise en relation. Prescripteur d’outils structurants, cet organisme développe désormais des solutions qui, si elles nécessitent de nouvelles compétences, ne s’en insèrent pas moins dans la logique de sa fonction. Rencontre avec son directeur.

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L’histoire de l’Irma, Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles, commence… au début des années quatre-vingt. À cette époque, l’essor de la télématique – prononcez minitel – est un axe d’innovation français. En Bretagne, ce volontarisme implique les entreprises, notamment un média, le quotidien Ouest-France. Faisant feu de tous bois, un des projets annexes sollicite Maurice Lidou – alors permanent du tout jeune festival des Rencontres transmusicales de Rennes – pour élaborer les « fichiers du rock », soit recenser et mettre en communication tout ce que la région abrite de groupes de rock, labels discographiques, salles, etc. Pour étendre sa couverture territoriale, Maurice Lidou fait appel à Gilles Castagnac, journaliste du quotidien breton, installé en Basse-Normandie.

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Le concept de l’outil est né, il reste juste à lui trouver un appui opérationnel.

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UN OUTIL FÉDÉRATEUR. Ceci viendra, quelques années plus tard, avec la création du Centre d’information du rock et des variétés (CIR) qui, en 1987, lance L’Officiel du rock, un guide-annuaire « papier » qui va lui permettre de fédérer tout un milieu jusque-là underground. « Tout était à construire, se rappelle Gilles Castagnac, et nous avons dû inventer une nomenclature pour organiser la lecture du domaine. Le découpage a été fait par "métiers". Cela paraît évident aujourd’hui. Mais, au démarrage, nous avions d’abord conçu notre rubriquage sur des thématiques du genre "Comment faire un disque ?", "Comment trouver des concerts ?", etc. »

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Le succès est immédiat et s’appuie sur un « effet famille » ; le CIR se décrit comme « la plaque tournante de l’information » de son secteur. « Nous avons toujours eu le souci de travailler pour l’aval, de répondre aux besoins plutôt que de faire de la statistique, explique Gilles Castagnac. Si les gens sont volontaires pour nous donner l’information, c’est parce qu’ils savent que cela sert à construire un outil dont ils vont être les premiers à se servir. À l’arrivée, ce qui compte, ce ne sont pas tant les 25.000 contacts de la base que les échanges qu’ils peuvent ainsi tisser entre eux », ajoute-t-il en estimant que l’index de l’annuaire « était un réseau social avant la lettre. »

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Aujourd’hui, cette relation de confiance reste capitale quand on sait que c’est une des principales valeurs recherchées sur le Net. « Même si ce n’est pas forcément à la mode, nous nous assumons en tant que "centre". Nous avons une responsabilité par rapport aux besoins du lecteur. Il ne s’agit pas simplement de valoriser ce qui est déjà évident. »

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UNE MUTATION DU MÉTIER. Mais le tableau n’est pas si simple et, bien évidemment, les ventes de l’annuaire ont subi une érosion. « Cela a commencé à partir de 2004-2005. Assez tard, en fait. Le Net était déjà bien installé et, au contraire, plus les gens trouvaient des listes en ligne, plus ils venaient vers nous pour obtenir une source crédible. Ce n’est pas tant la prolifération des données qui nous a impactés que l’arrivée d’outils de stockage et d’organisation de fichiers.»

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Ce constat a conduit l’éditeur Irma à comprendre qu’il ne suffisait pas d’opérer un simple changement de support, mais bien une véritable mutation de métier. « La matière, c’est facile à transposer, le service, c’est bien plus compliqué. Nous sommes heureux que les gens soient plus autonomes, nous y avons contribué. Mais cela induit d’autres exigences à notre égard. »

CARTE D’IDENTITÉ

Le Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles (Irma) est un organisme associatif, missionné par le ministère de la Culture et les organisations de la filière musicale. Il réalise et distribue l’annuaire de la profession – L’Officiel de la musique [ex-L’Officiel du rock] – depuis plus de vingt ans. Il édite également des guides professionnels, propose des formations, anime un site de services (offres d’emploi, répertoire, fil d’actualités, ressources documentaires, librairie, etc.), organise des rencontres… en assurant ainsi un accompagnement sectoriel.

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Ainsi, pour l’Irma, il s’agit de passer d’une logique d’enchaînement de produits finis (édités) à l’entretien de flux permanents configurés par informatique. « Mais la dématérialisation a un coût, un coût important même. L’investissement matériel se double avec sa sécurisation et, surtout, se triple avec l’acquisition des savoir-faire. »

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De là découle le besoin de revenir aux fondamentaux. « Être en phase avec notre public, cela veut aussi dire être en phase avec ses usages. Mais l’évolution se stratifie en fonction des générations et cela complexifie les formes de dialogue », témoigne Gilles Castagnac, qui prend aussi l’exemple de la base de données relationnelle conçue sur un principe d’entreprises et d’activités : « Aujourd’hui, elle doit aussi être raisonnée en intégrant les informations sur les individus. Cette personnalisation nous oblige à réorganiser beaucoup de nos process. »

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PERSONNALISER LA RELATION. Plus globalement, l’Irma a développé des plateformes (accès en ligne à la base de données, site d’offres d’emplois et de stages comprenant une « profilothèque », librairie en ligne, mutualisation de données documentaires, etc.) et des outils web (extranet, newsletter sur inscription, etc.). « Nous cherchons à créer des "solutions" exploitant nos capacités de mutualisation ; chaque proposition doit permettre de tisser des liens différents et plus précis avec la communauté que nous servons. »

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Il s’agit là d’une évolution technique et marketing à laquelle l’association n’était pas forcément préparée. « C’est toute une culture d’entreprise à appréhender. Ce n’est pas tant une question d’attitude commerciale – ni plus ni moins qu’avant – qu’un basculement d’objet ; jusque là notre richesse était dans l’info, demain ce sera dans la manière de la partager. »

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Pour cela, ce centre de ressources dispose déjà de nombreux atouts. « Les manières d’utiliser l’Irma sont multiples : formations, recherches documentaires, abonnements, recherches d’emploi, inscriptions aux conférences, etc. Toutes ces relations avec nos services sont individuelles et s’enrichissent dans la durée. Chaque cas est particulier, mais à chaque fois il laisse des traces spécifiques. À nous de savoir les lire et d’adapter nos propositions à chaque besoin. »

IRM@WORK : RECRUTEMENTS ET COMPÉTENCES

Lancé en avril dernier, ce nouvel outil bénéficie de dix années de publication d’offres d’emplois et de stages dans une rubrique du site principal de l’association. Pour répondre à une demande des utilisateurs, l’Irma a ouvert cette plate-forme dédiée qui accueille désormais une banque de CV (3.000 profils publiés aujourd’hui). On y parle bien de « mise en relation », ce qui, en termes d’exposition de compétences au sein d’un milieu professionnel cohérent, peut vite dépasser la question du recrutement… Un premier pas ?

Pour en savoir plus : www.irma.asso.fr / Documentation / Focus (archives) / Mars 2010 : Stratégies de recrutement

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Clairement positionné sur la musique, l’Irma ne cherche pas à s’étendre au-delà de sa spécialisation. « L’enjeu est plutôt de bonifier les liens et de leur donner plus de volume. Tout cela alimente une fonction d’accompagnement qui ne se joue plus seulement au niveau d’un secteur d’activités, mais aussi de ses individus – tous différents – et de leurs parcours. »

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Faut-il alors raisonner en terme de « réseau social spécia- lisé » ? Gilles Castagnac en est convaincu mais, selon lui, cela n’a rien de vraiment nouveau. « C’est dans notre logique depuis toujours. Mais cela ne s’arrête pas aux formes actuelles. On dit que, dans les réseaux virtuels, les gens expriment le besoin de se rencontrer physiquement. Il y a longtemps que cela fait partie de notre palette. On a même fait des apéros géants à certaines époques… » •

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Propos recueillis par Sacha S

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Gilles Castagnac

Témoignage. Coopains et militants du PS dans le même réseau social

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En lançant la Coopol, ou « coopérative politique », le Parti socialiste a souhaité se doter d’outils à la mesure des défis stratégiques qui sont devant lui. Des outils pour gagner, bien sûr, mais aussi des outils pour faire évoluer le militantisme au PS dans le cadre d’une rénovation plus large, qui prend en compte les évolutions de la société et donc la mise en réseau et la place du numérique.

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Six mois après son lancement, le 12 janvier 2010, la Coopol est le premier réseau social politique en France. Plus de 27.500 membres inscrits, plus des deux tiers des sections du parti déployées, et 1.874 groupes font vivre ce réseau. Au-delà de ces quelques chiffres, c’est sans doute le moment de faire un point d’étape sur la logique qui nous a guidés, de tirer les premières leçons de cette expérience et d’envisager les perspectives pour les temps à venir.

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UN RESEAU SOCIAL MILITANT, POUR QUOI FAIRE ? Le projet Coopol est né début 2009 lors une discussion entre certains secrétaires nationaux du PS (Christian Paul, Arnaud Montebourg), Martine Aubry et son cabinet, et Benoît Thieulin, de l’agence la Netscouade qui sera chargée de développer l’outil. Parallèlement aux premières réflexions, l’équipe web du PS est complètement remaniée et chargée de suivre le projet au sein de la nouvelle direction à la communication du parti.

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L’inspiration initiale vient en partie de la campagne américaine et des outils de Barack Obama. Longtemps Internet a été considéré uniquement comme un moyen de communication avec le public. La grande évolution de la campagne américaine de 2008 a été de mettre Internet au service de l’organisation d’une action tournée entièrement vers le terrain et en particulier le porte à porte. Le PS et les partis de gauche en Europe ont une tradition de présence locale de terrain, mais elle n’est pas toujours assurée de façon optimale ni lors des élections nationales.

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De plus, les équipes d’Obama ont pu mettre en place un outil qui allait construire et structurer leur mouvement. Comme beaucoup de partis politiques, le PS est organisé en sections locales, en fédérations départementales, et nationalement. Le travail de réflexion s’effectue en général par des commissions à chaque niveau et le militantisme s’appuie sur les mêmes structures. Il a donc fallu les prendre en compte pour construire la Coopol.

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Mieux organiser le militantisme, partager des données pour rendre plus efficace le travail de terrain, permettre de faire participer davantage tous ceux qui militent peu en leur offrant quand même la possibilité de s’impliquer quand ils le peuvent : voilà un premier objectif de la Coopol. Il s’agit de numériser une partie de l’organisation du PS.

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La seconde idée est d’offrir des espaces d’échanges et d’horizontalité pour permettre de mieux faire vivre le débat, qui existe largement au PS mais de façon très pyramidale. L’idée est de donner des moyens aux militants et aux sympathisants qui habitent à Cahors, à Rouen et à Strasbourg et qui veulent travailler sur l’éducation, sur les questions sociales ou organiser sur Internet une riposte à l’UMP.

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Enfin, la Coopol est ouverte aux sympathisants : notre volonté est de partager davantage avec les citoyens qui veulent agir à nos côtés sans être nécessairement adhérents du parti.

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QUELLES FONCTIONNALITÉS ? La Coopol intègre des outils classiques de réseau social : les pages de profil, la messagerie, le statut, les « coopains » qui constituent le réseau d’amis. Ce n’est pas un point secondaire : si on ne peut pas constituer sa communauté sur un réseau en ligne et interagir avec elle, l’aspect social ne fonctionne pas et le réseau ne peut pas vivre.

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Mais la « plus-value » de la Coopol s’affirme par d’autres fonctions.

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• Pour l’organisation de l’action, tout d’abord. Des cartes de campagne permettent de travailler sur des données sociodémographiques, des données électorales. On peut voir sur une carte les zones où sont les ouvriers, où sont les travailleurs pré- caires, où sont les nouveaux habitants… Mais aussi revoir commune par commune les résultats électoraux antérieurs. Puis, à partir de ces données, toujours sous forme de cartes, on a déterminé des potentiels : où sont les abstentionnistes de gauche ? Où sont les indécis ? Et, entre les deux tours d’une élection, on peut remonter les résultats bureau par bureau et identifier immédiatement les zones à remobiliser pour le second tour.

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À partir de ces éléments d’analyse et de diagnostic, on facilite l’action et on fournit les outils appropriés:. C’est une batterie d’outils de gestion de la section pour le secrétaire de section : listes, newsletters, groupes géographiques. C’est la possibilité d’organiser très rapidement et très facilement des événements ou des actions militantes avec des objectifs de présence. C’est aussi la possibilité de repérer les actions près de chez soi et de les rejoindre.

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Le secrétaire de section, véritable « animateur militant » du PS au niveau local, désigné à chaque congrès, joue un rôle essentiel dans la vie du parti comme dans celle de la Coopol. Comme tous ne sont pas familiarisés avec les TIC, il a fallu les former et/ou développer des systèmes de délégation de droits.

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• Pour le débat ensuite avec des groupes aux multiples dispositifs de participation. Chaque utilisateur peut créer un groupe et faire vivre un forum, partager des documents, lancer des documents qui peuvent être écrits à plusieurs main. Nous utilisons de plus en plus ces outils dans le cadre des débats du PS comme lors des conventions nationales où les échanges font l’objet de synthèses et nourrissent les réflexions. Au point que la Coopol est de plus en plus souvent citée à la tribune de nos événements !

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• Enfin, un autre aspect important est la protection de la visibilité personnelle. Vous ne voulez pas forcément que tous les gens avec qui vous êtes en contact sur Facebook ou qui cherchent votre nom sur Google sachent que vous vous engagez en politique. La Coopol vous permet d’utiliser les outils des réseaux sociaux en politique sans vous exposer plus que vous ne le souhaitez.

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DES FREINS DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PROJET, MAIS AUSSI DES ACCÉLÉRATEURS. La volonté politique très forte nous a beaucoup aidés. Un appui politique est très important pour faire face à certaines difficultés liées à des équipes locales (il s’agit aussi bien de militants que de permanents) inégalement formées à ces outils. La volonté de gagner aux présidentielles qui viennent fait que les équipes du PS sont en attente de tout ce qui peut les aider à être plus efficaces.

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Nous nous sommes aussi appuyés sur le fichier des adhérents du PS pour simplifier une partie du peuplement : même si c’est loin de pouvoir s’appliquer à tous les cas, en reconnaissant automatiquement les adhérents, les secrétaires de section, les différents responsables à partir de leur mail, nous avons gagné du temps dans le peuplement et les attributions de droits dans le réseau.

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Nous avons beaucoup tourné en fédérations pour expliquer, pour former, pour accompagner, mais nous devons le faire sans doute encore davantage car l’appropriation de la Coopol reste encore inégale selon les régions. De plus, nous avons choisi d’ajouter régulièrement des fonctionnalités à la Coopol, de ne pas livrer un outil « fini » mais qui évolue. Il faut parfois un peu de temps et reprendre les explications pour rendre les fonctionnalités plus assimilables par les utilisateurs. L’ergonomie et le graphisme de la Coopol auront d’ailleurs évolué durant l’été pour faire en sorte que certaines de ces nouveautés soient plus facilement accessibles.

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Un tel projet est très complexe à mener. Il faut prendre en compte des volontés politiques qui peuvent s’exprimer de façon forte, des impératifs techniques, des visions différentes entre les adhérents, les sympathisants, les responsables des sections, des fédérations et du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), veiller à la qualité et à la pérennité des outils que nous construisons. Cela oblige à intégrer un nombre très important de paramètres et à faire des arbitrages sur les développements à prioriser. Chacun pense souvent que c’est la fonctionnalité dont il a besoin ou dont il rêve qui est la plus urgente !

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Enfin, nous devons aussi continuer à inventer une façon d’animer le réseau : nous avons eu beaucoup de travail sur les questions de modération et de traitement des questions des utilisateurs. Ce sont là de nouveaux métiers qui se mettent en place dans des partis politiques.

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QUELLES PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT ? Nous n’avons pas eu le temps de développer toutes les fonctionnalités que nous avions initialement projetées : nous avions par exemple pensé à des applications mobiles, des outils de reporting de l’action militante de terrain, une plateforme d’envoi de SMS pour les section, etc. Il nous faut également améliorer la synchronisation des différentes bases de données du PS.

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L’été 2010 doit nous permettre de faire le point sur ces fonctionnalités dont nous aimerions disposer, faire le point aussi sur ce qui peut être amélioré sur l’outil actuel, techniquement, fonctionnellement, ergonomiquement. Nous devons aussi intégrer la réflexion sur les primaires pour lesquelles nous avons de nombreux outils à développer.

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À partir de tous ces éléments comme de considérations budgétaires, nous allons définir les développements à réaliser de la fin 2010 aux primaires (automne 2011) et ceux qui auront vocation à se mettre en place d’ici la présidentielle. Comme elle l’est depuis le début, la Coopol sera au service d’une stratégie politique visant à donner un rôle très important à la base en vue des élections de 2012. •

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Valerio Motta

Témoignage. Kinorezo multiplie les connexions dans la filière culturelle

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Avec Kinorezo, Culture Networks a souhaité proposer un véritable outil de gestion de carrière en ligne, centré sur un secteur d’activité et doté de fonctionnalités développées pour permettre des mises en relation ciblées.

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Réseau social dédié aux professionnels de la création culturelle, Kinorezo.com a vu le jour à l’initiative de l’agence web Culture Networks et par la volonté du ministère de la Culture qui en a financé la création. Ce « Viadeo de la culture » a ouvert ses portes en mai 2008, aux professionnels du cinéma et de l’audiovisuel dans un premier temps, puis, courant 2009, à ceux de la musique et du spectacle vivant. L’objectif est de faciliter de nouvelles opportunités de rencontres pour tous (intermittents, permanents et sociétés). Les membres, plus de 6 500 à ce jour, s’y inscrivent via un code distribué par leur organisme professionnel ou par cooptation. Le caractère « fermé » de ce réseau favorise la présence de profils qualitatifs et de membres actifs. Cet outil de gestion de carrière en ligne est doté de fonctionnalités développées pour permettre des mises en relation ciblées.

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UN APPUI AUX STRUCTURES EXISTANTES. Le secteur culturel est l’un de ceux dont le fonctionnement est le plus calqué sur le principe d’un réseau social en ligne. Pour un intermittent, il est impensable de songer à trouver son prochain job en répondant à une petite annonce : c’est la sollicitation de son réseau qui est primordiale. L’utilisation d’outils web innovants pour reproduire virtuellement le marché de l’emploi afin de faciliter la rencontre de l’offre et de la demande est donc parfaitement adaptée. La finalité d’un service comme Kinorezo est de venir en appui de l’action des structures pour l’emploi existantes et de créer de nouveaux liens. Par exemple faciliter aux professionnels du cinéma le passage du court au long métrage, ou encore, pour les techniciens, accompagner les effets de la convergence numérique sur la polyvalence des métiers en favorisant les passerelles entre audiovisuel et spectacle. Les partenaires potentiels ne s’y sont pas trompés : Pôle emploi spectacle et les principaux organismes du secteur ont joué le jeu et ont soutenu cette initiative.

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GARDER UN PIED « IN REAL LIFE ». Compte tenu de la taille limitée du réseau, il a été prévu dès le départ de l’animer par de nombreux événements de networking organisés lors des grandes manifestations. Culture Networks a spécifiquement développé une application web de matching qui lui permet d’optimiser les rendez-vous organisés en ciblant les besoins et compétences des participants. Cet outil, lié à la plateforme Internet, permet de prolonger les rencontres en ligne et d’assurer le suivi de la relation. Plus de 25 événements pour plus de 2 000 participants on déjà eu lieu, et c’est à Culture Networks que Pôle Emploi confie l’organisation de ses job dating.

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QUEL MODÈLE DE REVENU ? L’accès au site est gratuit et les services premium sont payants, moyennant un abonnement. Cependant les premiers mois d’activités indiquent que le chiffre d’affaires ne permet pas d’envisager sereinement le développement de Kinorezo sans la participation financière des organismes professionnels du secteur. À l’instar des autres réseaux sociaux, le modèle économique de la plateforme demeure incertain. Pour ne pas mettre en péril la société, Culture Networks capitalise sur l’expérience et le savoir-faire acquis avec Kinorezo et met à disposition sa plateforme pour les clients qu’elle conseille sur leur stratégie d’animation de réseau.

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UN PARI A LONG TERME. Pour Culture Networks, Kinorezo est un pari et il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la viabilité d’une telle plateforme sociale. Si l’on peut considérer que Kinorezo est positionné sur une niche, on constate que ce type d’outil d’animation de réseaux sociaux est actuellement sollicité pour répondre à des besoins de micro-niches, par exemple pour favoriser le travail collaboratif des diffuseurs de spectacles sur un territoire donné. Le coût de développement et d’animation est alors pris en charge par un organisme professionnel ou une collectivité locale, dans le but de fluidifier les pratiques des professionnels cibles. •

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Emmanuel Bourcet

Témoignage. Pic@ssos tend sa toile aux associations picardes

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Avec Pic@ssos, le Conseil régional de Picardie a voulu mettre en œuvre un réseau social associatif : il propose aux trente-quatre mille associations de la région un espace d’échanges, de travail et d’information. Genèse et premiers pas de ce projet.

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Pendant deux ans, les Assises de la vie associative ont permis aux élus picards d’aller à la rencontre des associations sur leur territoire. Pour instaurer un lien permanent avec elles, après la clôture de ces assises en mai 2008, les élus ont été demandeurs de formes innovantes de contacts avec le secteur associatif et c’est ainsi que Laurence Rossignol, vice-présidente en charge du secteur associatif, a lancé l’idée d’un « Facebook associatif ».

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Après rédaction du cahier des charges et consultation, le site Pic@ssos (www.associations.picardie.fr) a été lancé fin octobre 2009. Il se veut le portail des associations picardes et offre des fonctionnalités nouvelles aux 34 000 associations régionales.

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UN SITE EN DEUX PARTIES PRINCIPALES. La première, publique, est assez classique. Il s’agit d’un annuaire associatif où les associations locales sont invitées à remplir une fiche signalétique classée par thèmes, avec les noms du président et du directeur éventuel, la date de création, la localisation, les contacts et liens web, etc. La navigation dans cet annuaire se fait selon les thèmes et sous-thèmes d’intervention des associations, mais également par géolocalisation, afin de repérer plus facilement les associations proches de chez soi. Un agenda des manifestations organisées par les associations et des articles sur la vie associative composent aussi cette partie publique dont la vocation est de faire connaître et de valoriser le tissu associatif local.

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La seconde partie du site est la concrétisation de l’inspiration de l’élue : un « réseau social » associatif. Une fois identifiées, les associations ont la possibilité d’établir des relations avec d’autres associations, de gérer un blog, une photothèque et un espace documentaire, de créer ou participer à des groupes thématiques, et elles disposent d’une messagerie dédiée.

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Le projet a été réalisé avec un prestataire informatique extérieur pour un budget total de 50 000 euros. Pour ce qui est de la technique, le site a été réalisé à partir du logiciel libre Elgg, que notre veille interne avait permis d’identifier comme potentiellement la meilleure solution. Un gros travail de développement a cependant été réalisé afin d’adapter les fonctionnalités de cet outil aux spécifications du cahier des charges (modification de l’interface, ajout de la géolocalisation, adaptation des profils et des moteurs de recherche, etc.).

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UN PREMIER BILAN. Avec 600 inscrits pour huit mois d’activité, nous constatons que son usage reste encore assez faible. La fonction « agenda » est toutefois très utilisée par les inscrits qui communiquent ainsi leurs événements.

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Plusieurs raisons expliquent ce décollage encore timide du site. D’une part le calendrier de sortie, coïncidant avec la période de réserve pré-électorale, nous a empêchés d’en faire la communication ; d’autre part les nombreuses fonctionnalités présentes ont pu dérouter certaines associations peu familiarisées avec l’Internet et les réseaux sociaux. Ainsi la notion de « demande de mise en relation » est souvent mal comprise par les associations et nécessite des explications préalables. Enfin, comme pour toute communauté, il nous fallait mettre en place une véritable animation du réseau, ce qui est désormais possible grâce à la création d’un poste de community manager au sein de la Région Picardie. Sa fonction sera de renforcer notre présence sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) mais aussi d’animer les sites thématiques, dont Pic@assos.

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Enfin, quelques bugs ont été constatés au fur et à mesure de l’usage de ce site et nécessitent de petites corrections et améliorations que la Région est en train d’apporter. •

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Ludovic Candellier

Témoignage. Ecobiz, le réseau social d’entrepreneurs. « Nous cherchons à concentrer la valeur ajoutée des échanges »

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Placées au cœur de l’animation de la vie économique, les chambres de commerce et de l’industrie ne restent pas en marge des usages collaboratifs offerts par les réseaux sociaux. Nous avons choisi de mettre en regard deux témoignages d’animateurs consulaires qui présentent des approches complémentaires des réseaux Ecobiz permettant l’animation de communautés professionnelles.

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La Chambre de commerce et d’industrie de Dijon utilise depuis plusieurs années maintenant les outils du Web 2.0 pour améliorer la communication avec les entreprises de Côte-d’Or. Histori­quement, nous avons commencé par la mise en place du blog du président et avons poursuivi avec celle du réseau Ecobiz. Nous avons ensuite « investi » les réseaux de partage de médias comme Slideshare, Dailymotion ou Flickr, pour mettre à disposition nos différents documents et témoigner le plus directement possible de notre activité. Depuis un peu plus d’un an, nous sommes également présents sur des réseaux sociaux comme Viadeo (nous gérons la communauté Dijon Côte d’Or), Facebook, Twitter ou Foursquare. Nous sommes également en constante phase de test des nouveaux services.

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UNE COMMUNICATION PERMANENTE AVEC TOUS LES ACTEURS EST NÉCESSAIRE. Pour comprendre notre stratégie, il faut revenir aux missions principales d’une CCI : représenter les intérêts des entreprises, les accompagner dans leur développement en lien avec les territoires et faire progresser les hommes, notamment par la formation. Ces missions demandent une communication constante avec tous les acteurs économiques de notre périmètre d’action et nous devons donc utiliser tous les outils à notre disposition. L’Internet 2.0 en est un !

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En pratique, nous nous sommes rendu compte que chaque outil dispose de son propre public et qu’il convient donc de bien cerner sa « cible ». Facebook, par exemple, permet de toucher plus facilement les gens (plutôt les 15-35 ans) sur des sujets « généraux » comme le tourisme, les manifestations, les actions dynamiques. Il touche également les étudiants de tout niveau et nous permet de faire passer des messages sur l’apprentissage ou la création d’entreprise. Viadeo, de son coté, est plus crédible sur les réunions ou les actions clairement identifiées comme professionnelles, les groupes de réflexion. Il garde un petit côté élitiste qu’il faut prendre en compte. C’est un amplificateur de communication pour les clubs, par exemple. Quand à Twitter, il concentre pour le moment les consommateurs et producteurs d’information (média, presse, veille) et nous l’utilisons donc plutôt pour diffuser notre actualité.

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Il faut insister sur l’échelle de temps liée à ces réseaux sociaux, car c’est une donnée importante dans leur utilisation. Nous les utilisons comme moyens de communication et nous sommes donc en mesure de répondre aux sollicitations des internautes… rapidement. Il n’y a rien de pire, sur un de ces outils, qu’un compte laissé à l’abandon !

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LA POSITION DE BOURGOGNE ECOBIZ DANS NOTRE STRATÉGIE EST BIEN PARTICULIÈRE. En effet, ce réseau d’entrepreneurs repose sur deux piliers : des rencontres régulières (ateliers, conférences), qui lui donnent une dimension locale, et une plateforme Internet collaborative (presque 3 000 membres) gérée par l’équipe de la CCI Dijon. Contrairement aux autres réseaux sociaux dont nous avons parlé, nous maîtrisons donc complètement l’évolution de cette plateforme et les données qu’elle contient. C’est un point important car, comme vous le savez, aucune assurance n’existe sur leur pérennité ! Nous cherchons à capitaliser notre connaissance sur Bourgogne Ecobiz et à y concentrer la valeur ajoutée des échanges. Par conséquent, tous les autres canaux y renvoient rapidement. Cela nous permet également d’être beaucoup plus souples et actifs dans notre expérimentation. Si un service ferme ou tombe dans l’oubli numérique, peu importe ! Nous utiliserons autre chose !

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Pour conclure, j’insisterai sur l’importance d’avoir une stratégie générale de l’utilisation des « médias sociaux » sans cependant tomber dans l’excès de contrôle. Il faut accepter qu’une partie de la discussion nous échappe car, si on demande son avis à un internaute (c’est un peu le principe du 2.0), il va le donner et nous ne devons pas en être surpris. Renoncer à la volonté absolue de contrôle nous permet aussi de rendre la communication plus fluide et plus personnalisée. En effet, avoir un blog (ou une page Facebook) pour y mettre les mêmes éléments que sur le « classique » site Internet et sur le même ton… quel est l’intérêt ? •

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Grégory Maubon

Témoignage. Ecobiz, le réseau social d’entrepreneurs. « Créer des communautés locales de savoir-faire et d’expériences »

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Placées au cœur de l’animation de la vie économique, les chambres de commerce et de l’industrie ne restent pas en marge des usages collaboratifs offerts par les réseaux sociaux. Nous avons choisi de mettre en regard deux témoignages d’animateurs consulaires qui présentent des approches complémentaires des réseaux Ecobiz permettant l’animation de communautés professionnelles.

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Haute-Savoie Ecobiz a été fondé en 2006 par la Chambre de commerce et d’industrie de la Haute-Savoie, pour rassembler l’ensemble des acteurs économiques du département : entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, acteurs privés ou publics, groupements professionnels, associations, structures de développement. Ce service a pour objectif d’organiser entre tous les adhérents un partage d’expériences, de connaissances et de savoir-faire. Le but est de créer parmi les adhérents des réseaux de compétences sectoriels et de coopération.

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DEUX COMPOSANTES POUR QUATRE COMMU­NAUTÉS. Le projet se décompose en deux entités : un réseau physique organisé sous forme de rendez-vous au sein de la CCI (toutes les six à huit semaines) et une plateforme virtuelle sécurisée. Chaque membre dispose à son adhésion d’un accès à ces deux composantes.

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Haute-Savoie Ecobiz est organisé en quatre communautés : « Créateurs, repreneurs, jeunes entreprises » dédiée aux porteurs de projet, repreneurs et jeunes entreprises de la Haute-Savoie ; « International », réseau dédié aux entreprises souhaitant se développer à l’export (avec notamment une partie réglementaire et juridique : informations sur les douanes, la communauté européenne, etc.) ; « Innovation » dédiée aux acteurs de l’innovation, porteurs de projet innovant ; et « Technologies de l’information et de la communication » dédiée aux entreprises et acteurs des TIC. Douze cents adhérents sont répartis à sein de ces communautés. Chaque thématique des réunions s’inscrit ainsi en rapport avec l’actualité économique, juridique ou technologique et aura été définie en amont selon les besoins des adhérents.

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Au fil des différentes versions du projet, des fonctionnalités ont été créées afin de faciliter un accès rapide aux adhérents. Ainsi, un abonnement à des flux RSS est disponible pour chaque rubrique citée précédemment. De plus, un système de push mail permet à chaque adhérent d’accéder rapidement aux principales informations de sa communauté. Chaque membre crée ainsi un profil personnalisé et privilégie le type d’informations souhaitées, leur forme et leur fréquence.

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LA VALEUR AJOUTÉE d’un réseau social d’entreprise ECOBIZ permet de créer des communautés locales de savoir-faire et d’expériences diverses nécessaires au développement des entreprises. Les diverses typologies d’utilisateurs (porteurs de projet, experts d’un domaine et jeunes entreprises) favorisent un regroupement fondé sur les échanges. De plus, une veille permanente pour surveiller son environnement est nécessaire et indispensable pour rompre l’isolement des PME.

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Le leitmotiv de Haute-Savoie Ecobiz est que ce projet est fait pour les adhérents mais surtout par eux, favorisé notamment par la liberté dont ils disposent via la plateforme web.

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Un constat, enfin. Lors de cette première prise en main du concept de réseau social d’entreprise, il apparaît que les entrepreneurs ont encore trop tendance à privilégier un sens unique de transfert d’information : recevoir et non diffuser systématiquement aux autres. Cela peut s’expliquer par l’aspect parfois confidentiel de l’information, par la concurrence entre les entreprises, mais également par un état d’esprit d’entrepreneuriat français qui ne privilégie pas l’innovation collective. •

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Stéphanie Barthélémi

Témoignage. Une communauté au service de la mobilité professionnelle

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Forte de son expérience de documentaliste dans un cabinet de conseil en ressources humaines puis d’animatrice de son réseau social, Élisabeth Guilbaud témoigne ici de l’impor­tance des professionnels de l’information au sein de tels projets : quelles compétences et atouts peuvent-ils faire valoir pour intégrer des réseaux sociaux professionnels et pour ensuite les animer ? Quels sont les domaines à approfondir ? Quelle relation entre l’animation de communautés et la gestion des contenus ?

109

Plutôt qu’ambassadrice d’une marque comme beaucoup de community managers, je suis ambassadrice auprès de la communauté du principe de « partage en ligne » pour un repositionnement professionnel optimal. Responsable pendant plusieurs années du centre d’information du groupe BPI Leroy consultants, j’ai pu constater combien il était insuffisant d’avoir pour seul objectif la mise à disposition de l’information demandée par les personnes accompagnées au sein du cabinet.

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Les outils du web se développant, nous avons donc mis en place des ateliers de formation à destination des utilisateurs pour accroître leur autonomie de recherche. Favoriser la posture « pro-active » d’un candidat en recherche d’emploi pour garder le cap dans les moments difficiles était impératif. Au côté des consultants, nous avons proposé de participer à l’accompagnement en organisant des entretiens conseils à la stratégie de recherche. Par nos échanges avec les uns et les autres, nous avons constaté qu’il y avait autant d’information utile dans nos bases de données que dans les mémoires des personnes accompagnées représentant toutes les fonctions professionnelles dont l’entreprise peut disposer. Il était évident que tout ce « capital » devait circuler, être partagé.

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UNE PLATEFORME D’ECHANGE. Aussi, après avoir enquêté sur la pratique que nos utilisateurs avaient du Web, nous avons entrepris en 2008 la transformation de notre portail d’information en ligne en une plateforme d’échange. L’information formelle issue de publications validées et mises en ligne par l’équipe de documentalistes devait côtoyer les savoirs informels des personnes, recueillis via des outils de mise en relation tels que les forums, tchat, base de profils, messagerie, etc. Notre enquête mit en évidence la nécessité de placer le candidat au centre du dispositif, plutôt que le document.

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Au cours du travail, nous avons pris conscience que nous formions une « communauté » de personnes comprenant non seulement les candidats en cours d’accompagnement, mais aussi tous les « anciens » qui avaient suivi ce parcours et retrouvé un poste. Tous les intervenants du groupe – consultants, documentalistes, assistantes – rejoignaient cette communauté car tous étaient susceptibles de détenir une information utile, favorisant la construction d’un projet ou d’un réseau professionnel, la prise de contact avec un recruteur potentiel, etc. La communauté BPI OnLine voyait ainsi le jour et, de fait, son animateur, car une communauté ne vit pas toute seule, elle a besoin d’être accompagnée, coachée pour reprendre notre jargon métier.

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J’ai quitté ma fonction de manager d’équipe, pour devenir « animatrice de communauté » (community manager). La passerelle n’est pas si étroite qu’on pourrait l’imaginer.

114

EN AMONT ET EN AVAL, DES COMPETENCES DE PROFESSIONNELS DE L’INFORMATION. Partie prenante de l’équipe de projet, j’ai réalisé en amont le cahier des charges fonctionnel de la plateforme, pour lequel j’ai mis en œuvre mes compétences classiques de structuration de l’information et celles plus nouvelles des outils du Web 2.0 favorisant l’échange et la contribution des utilisateurs.

La communauté BPI OnLine comprend aujourd’hui 4 600 personnes dans toute la France. La caractéristique commune à tous les membres de cette communauté est de vivre une période de transition professionnelle ou de l’avoir vécue : les candidats en cours d’accompagnement, les anciens alumni. Une fois en poste, ces derniers gardent l’accès à la plateforme et acceptent la prise de contact par solidarité mais aussi par souci de maintenir et d’élargir leur réseau professionnel. Les intervenants BPI font aussi partie de la communauté : ils accompagnent les candidats et ont pour mission de transmettre la philosophie, l’esprit communautaire à chaque candidat accompagné, pour favoriser l’utilisation de l’outil. L’animation de la communauté est donc relayée, en quelque sorte, par l’ensemble des intervenants du groupe, aux côtés du manager de communauté.

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Depuis l’ouverture du site en novembre 2009, l’équipe des documentalistes est chargée de la gestion des contenus des bases de données et du magazine en ligne. Nous vérifions combien savoir rechercher, valider, synthétiser et structurer l’information sont des atouts essentiels des professionnels de l’information pour gérer les contenus et indirectement fidéliser la communauté en ligne. À ce titre, nous pouvons dire que les gestionnaires des contenus co-animent la communauté, sans pour autant en avoir la fonction.

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Inversement, je participe inévitablement à la gestion des contenus même si je suis plus spécifiquement responsable de l’animation de l’information dans un objectif d’enrichissement de celle-ci : mise en exergue d’échanges du forum dans les différents espaces du site, réalisation d’entretients avec des experts, organisation de tchats au cours desquels les utilisateurs vont pouvoir échanger des connaissances et poser des questions. La restructuration des données informelles échangées dans les forums et le croisement avec celles, plus formelles, des bases en ligne font aussi partie du travail d’animation pour permettre à la communauté d’accéder à une information plus pertinente : une offre d’emploi collectée par les intervenants de BPI peut être enrichie par un partage avec des membres de la communauté ayant déjà fréquenté l’entreprise qui recrute.

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Les compétences en communication écrite du professionnel de l’information sont essentielles. Celles-ci sont utilisées autant dans la rédaction des contenus que dans la modération des conversations en ligne.

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ANIMER LES CONTENUS ET LA COMMUNAUTE. L’animation de contenu est au service de l’animation des personnes. Mais elle n’est pas suffisante pour créer du lien.

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Grâce au réseau, j’ai rencontré Dominique Dufour, créateur du site « manager une communaute.com ». Constructeur de communauté et formateur, Dominique associe les échanges du Web à des rencontres lors du « Café des community managers » qui se tient tous les mois dans les locaux d’une entreprise différente. L’association du virtuel au « réel » est indispensable.

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Pour la communauté BPI OnLine, le « tissage » se fait autant sur la plateforme que dans les lieux d’information ouverts dans les différents locaux du groupe. La poignée de main est indispensable à la constitution d’un réseau professionnel : des événements, cafés d’accueil, etc., autour d’un thème sont organisés pour favoriser la rencontre et créer le besoin de se retrouver en ligne sur la plateforme.

121

Cette partie de l’activité du manager de communauté fait appel à un grand sens du relationnel. Très souvent, pour accéder à cette fonction, les professionnels de l’information doivent faire progresser cette aptitude à la mise en réseau.

122

Le « sillon » que l’on creuse lors des recherches d’information et du travail de synthèse doit laisser la place à la pratique du « surf » pour se repositionner à chaque instant en fonction des vagues provoquées par les échanges en virtuel comme au réel.

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MAIS NOUS NE PARTONS PAS DE RIEN ! Le manager de communauté connaît bien les besoins de sa communauté, comme le documentaliste connaît les centres d’intérêts des utilisateurs de son centre d’information. Il sait poser les bonnes questions pour reformuler les attentes, repérer les sujets porteurs qui seront abordés à la fois dans l’éditorial du site et dans les sujets de conversation entre les membres.

124

Comme Monsieur Jourdain… les professionnels de l’information font déjà du community management sans vraiment le savoir. Il leur suffit d’apprendre à surfer ! •

Page d’accueil du site BPI OnLine
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Élisabeth Guilbaud

Témoignage. ADBS : un réseau social au service du projet associatif

126

À la croisée du monde associatif et du secteur de l’info-doc, le réseau social que l’ADBS est en train de construire est délibérément mis au service de la stratégie de développement de l’association.

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MENACE OU OPPORTUNITÉ ? Telle est la question que se posent de nombreuses associations face à l’essor des réseaux sociaux. Celles-ci, en effet, bien avant que l’appellation ne fasse florès, se sont constituées sur la base du concept de réseau social. Dans le cas de l’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS), d’anciens étudiants de l’INTD (Institut national des techniques de la documentation) se sont regroupés en 1963 pour mieux défendre leurs activités dans un environnement professionnel – déjà – riche et complexe. Ces réseaux organiquement IRL (in real life) sont aujourd’hui concurrencés frontalement par les réseaux sociaux virtuels, bien réels mais opérationnels sur les plateformes informatiques

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Engagée il y a maintenant plusieurs mois, notre réflexion se fonde sur l’idée même de l’adhésion et de la participation dans le cadre de la profusion de réseaux ouverts : pourquoi adhérer à une association, quels services construire et quelles valeurs proposer. Nous avons rapidement posé que les activités de l’association et de ses membres se fondaient sur un ensemble d’oppositions récurrentes : synchrone / asynchrone ; localisé physiquement / accessible à distance ; ouvert / fermé ; intérieur / extérieur ; gratuit / payant. Des paramètres pour lesquels nous avons des leviers qu’il convient d’ajuster régulièrement au service d’une stratégie de long terme. Des paramètres pour lesquels les réseaux sociaux pourraient s’avérer de bons outils.

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Notre association n’est pas le centre du monde de l’info-doc. Mais elle peut néanmoins continuer à contribuer dans une large part à sa gravité. Pour peu qu’elle s’adapte à de nouvelles règles. Les services que nous avons récemment lancés (groupe LinkedIn, page Facebook, compte Twitter, etc.) sont ouverts à tous. C’est pour nous la possibilité de nous adresser largement à la communauté professionnelle étendue, du records management au knowledge management en passant par le référencement et la veille.

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MAIS S’OUVRIR À L’EXTERIEUR NE SUFFIT PLUS, IL FAUT RÉNOVER LA « MAISON COMMUNE ». Pour ce faire, le réseau social de l’association (RSA) est un de nos projets phares les deux prochaines années (lancement prévu au printemps 2011). Nous ne substituons pas un outil technique à une stratégie de développement associatif. Nous misons sur cet outil pour faciliter notre projet associatif. Les régions et les secteurs qui forment le réseau « physique » de l’association sont d’ailleurs un atout de taille pour réussir ce projet.

131

Le concept de réseau social est aujourd’hui assez mûr pour que l’on puisse dresser une typologie de fonctions courantes : échanger, partager, collaborer, publier, commenter, qualifier, valoriser, accéder, stocker, archiver, envoyer, animer, lier, inviter, discuter, s’exposer, situer, superviser, rechercher, choisir. Voici, en vrac, toutes les actions que nous souhaiterions faciliter pour nos adhérents. Et, même si aujourd’hui nombre de ces fonctions sont accessibles de chez soi avec les réseaux sociaux publics, nous sommes persuadés qu’il y a de la place pour un réseau protégé du spam et des sollicitations commerciales et où l’on peut converser en toute confiance entre personnes identifiées… Bref, il ne s’agit surtout pas d’être « le réseau social de plus, le réseau social de trop ».

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Destiné en priorité aux membres de l’ADBS nous le souhaitons néanmoins ouvert : nous réfléchissons à des mécanismes spécifiques d’entrée pour les collègues, les relations professionnelles et pourquoi pas… les amis !

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Parviendrons-nous à atteindre tous nos objectifs ? Nous ne le savons évidemment pas et l’écrire ici est déjà en soi une évolution, une prise de risque. Mais nous comptons sur votre indulgence, votre compréhension et – surtout – sur votre participation à ce nouveau projet associatif ! •

134

Olivier Roumieux

Notes

Résumé

English

Multifaceted social networkingDifferent organizational approaches. Companies, associations, communities and other organizations are increasingly using social networks. A wrap-up of possible ways to use ESN is followed by a series of very different real-world experience.

Español

Lo social en todas sus facetasLos usos se diversifican en las organizaciones. Las redes sociales cada vez se instauran más rápidamente en las empresas, asociaciones, colectivos y otras organizaciones. Como introducción a la serie de testimonios muy contrastados que propone el segundo polo de este dosier, se expone una síntesis de usos posibles de las RSE: tipología e ilustraciones.

Deutsch

Das soziale in allen seinen facettenDie Nutzung diversifiziert sich in den Organisationen. Soziale Netzwerke erscheinen immer schneller in Unternehmen, Verbänden, Organisationen und anderen Einrichtungen. Als Einführung zu dieser Serie von sehr diversen Fallbeispielen, die im zweiten Teil dieses Dossiers vorgestellt werden, folgt hier eine Zusammenfassung der möglichen Anwendung unternehmensinterner sozialer Netzwerk: Typologie und Veranschaulichung.

Français

À quoi peut bien servir un réseau social ? La deuxième partie de ce dossier est consacrée aux usages en présentant de nombreux cas d’utilisation : que ce soit au service de la mobilité professionnelle et de la recherche d'emploi, du travail de terrain de militants politiques, du dynamisme économique d'une région ou encore d'une association de professionnels de l'information, les réseaux sociaux commencent à faire leurs preuves.
Sommaire de cette deuxième partie : Les usages se diversifient dans les organisations, par Émilie Ogez. Le chemin de l’Irma, de l’annuaire au réseau social, par Gilles Castagnac. Coopains et militants du PS dans le même réseau social, par Valerio Motta. Kinorezo multiplie les connexions dans la filière culturelle, par Emmanuel Bourcet. Pic@ssos tend sa toile aux associations picardes, par Ludovic Candellier. Ecobiz, le réseau social d’entrepreneurs, par Grégory Maubon et Stéphanie Barthélémi. Une communauté au service de la mobilité professionnelle, par Élisabeth Guilbaud. ADBS : un réseau social au service du projet associatif, par Olivier Roumieux.

Plan de l'article

  1. Les usages des RSE se diversifient dans les organisations
    1. Cartographie des usages
    2. Qui ? Où ? Quoi ? Comment ?
      1. Qui est concerné ?
      2. Où implanter un RSE ?
      3. Pour quoi faire ?
      4. Comment situer le RSE par rapport aux autres outils ?
    3. Les RSE commencent à se multiplier
      1. Agence France Presse (AFP)
      2. Chambres de commerce et d’industrie d’Alsace
      3. Commissariat à l’énergie atomique (CEA)
      4. Devoteam
      5. Fédération nationale du Crédit agricole
      6. Lyonnaise des eaux
      7. SNCF
      8. Sogeti
      9. TransWay et la métropole de Nantes
      10. 2foismoinscher
    4. Quelles perspectives ?
  2. Témoignage. Le chemin de l’Irma, de l’annuaire au réseau social
  3. Témoignage. Coopains et militants du PS dans le même réseau social
  4. Témoignage. Kinorezo multiplie les connexions dans la filière culturelle
  5. Témoignage. Pic@ssos tend sa toile aux associations picardes
  6. Témoignage. Ecobiz, le réseau social d’entrepreneurs. « Nous cherchons à concentrer la valeur ajoutée des échanges »
  7. Témoignage. Ecobiz, le réseau social d’entrepreneurs. « Créer des communautés locales de savoir-faire et d’expériences »
  8. Témoignage. Une communauté au service de la mobilité professionnelle
  9. Témoignage. ADBS : un réseau social au service du projet associatif

Pour citer cet article

Ogez Émilie, Castagnac Gilles, Motta Valerio, Bourcet Emmanuel, Candellier Ludovic, Maubon Grégory, Barthélémi Stéphanie, Guilbaud Élisabeth, Roumieux Olivier, « Le social sous toutes ses facettes », Documentaliste-Sciences de l'Information 3/2010 (Vol. 47) , p. 38-52
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2010-3-page-38.htm.
DOI : 10.3917/docsi.473.0038.


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