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Documentaliste-Sciences de l'Information

2011/1 (Vol. 48)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.481.0070
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Formation à l’information : réflexions et expériences

L’éducation à la culture informationnelle. Sous la direction de Françoise Chapron et Éric Delamotte. Préface d’Annette Béguin-Verbrugge. – Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB, 2010. – 306 p. – (Papiers. Série Colloques). – ISBN 978-2-910227-75-3 : 39 €. Du CDI à la bibliothèque universitaire : former les usagers à l’information. Coordonné par Vincent Liquète. Mérignac (F-33705) : Université Montesquieu Bordeaux 4, IUFM d’Aquitaine, 2010. – 102 p. Numéro de : Les cahiers d’esquisse, janvier 2010, n° 1

Un vivier d’idées et d’expériences propres à enrichir tant la recherche et la pédagogie que l’activité documentaire

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Que recouvre le terme de « culture informationnelle » ? Quels sont les outils et les méthodes de cette culture ? Quel type d’éducation peut-elle permettre, compte tenu d’une part de la complexité des nouvelles technologies, d’autre part des capacités cognitives mobilisées par chacun, afin de les utiliser au mieux les unes et les autres pour s’informer et pour informer ?

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C’est pour éclairer cette thématique que s’est constituée en 2004 l’équipe de recherche technologie éducation (ERTé) « Culture informationnelle et curriculum documentaire », avec pour objectif d’établir « à la fois un état des lieux des discours institutionnels et un état des lieux des pratiques informationnelles à l’école et dans la famille » et de proposer « des directions d’amélioration [y compris dans] la formation des enseignants » (Annette Béguin-Verbrugge, p. 18). En lien direct avec ce travail de terrain, le colloque « Éducation à la culture informationnelle » (Lille, 16-18 octobre 2008) qu’a suscité l’ERTé avec l’appui de l’Unesco a permis, en réunissant chercheurs, praticiens de la documentation et enseignants de divers pays, d’élargir la réflexion et de confronter les expériences éducatives [1][1] Voir notre numéro 1/2009, p. 6..

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La problématique des concepts en question, leurs relations réciproques, en particulier les rapports qu’entretient l’éducation à l’information avec l’éducation aux médias et aux TIC, constituent toute la première partie de ces actes.

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Elle s’ouvre sur les interrogations que pose le concept de culture de l’information, qualifié de « concept émergent, c’est-à-dire non encore figé, sujet à de multiples interprétations » (p. 40). Une intéressante comparaison du terme en langues française, espagnole, anglaise et italienne avec l’expression nord-américaine information literacy en souligne la polysémie, l’ambiguïté, mais aussi la richesse (p. 49-57). Une évolution se fait sentir avec « une vision de l’information literacy moins ancrée sur une vision procédurale […] plus proche des sociétés des savoirs que d’une société de l’information » (Olivier Le Deuff, p. 55). C’est dans cette vision que s’inscrit le concept de culture de l’information et que s’ouvrent de nouveaux champs de recherche. Approfondir les deux termes culture et information dans leur réciprocité, « refonder en profondeur la relation entre culture technique et culture informationnelle » (p. 36), « penser véritablement une culture commune de l’informatique, des médias et du document, déjà baptisée la transliteracy par certains chercheurs américains » (p. 83) – il reste beaucoup à faire, souligne Alexandre Serres !

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Un des enjeux est clairement exprimé : en quoi l’école – et l’enseignant documentaliste – peuvent-ils y contribuer ?

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Le seconde partie de l’ouvrage est plus précisément axée sur les travaux de l’ERTé autour des notions d’« acteurs informationnels », de leurs stratégies et des offres actuellement à leur disposition. Les pratiques informationnelles, formelles ou informelles, l’entrecroisement entre les sphères scolaire et privée, le rôle des copiés-collés, souvent dénigrés mais constants dans l’activité de recherche d’information des scolaires, la complémentarité du livre et de l’Internet, l’analyse des obstacles au transfert des connaissances entre l’univers extrascolaire et l’école : autant de pratiques sociales d’information analysées et repensées en vue d’en déceler les lacunes et d’en proposer de nouveaux développements en terme de rapport au savoir.

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Enfin la recherche en didactique – dont les enjeux sont majeurs pour l’information-documentation – s’avère « un chantier largement ouvert » dont certains champs sont présentés dans le chapitre V.

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Reprenant en conclusion les diverses approches des membres de l’ERTé, Françoise Chapron et Éric Delamotte avancent la notion de « socialisation informationnelle » pour caractériser « la façon dont l’ERTé envisage les problèmes d’acquisition/apprentissage » de savoir-faire ou/et de connaissances (p. 291). Ils soulignent la complexité de la recherche et la nécessité d’établir « l’autonomie épistémologique du champ de la culture informationnelle et de sa didactisation » (p. 297). Alors que l’éducation à l’information est trop souvent traitée à la marge, la demande émanant des professionnels et des enseignants ne cesse de croître.

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Les recherches engagées, les expérimentations en cours (et dont certaines sont présentées au chapitre II, « Regard international »), le rôle (exposé en annexe) des associations professionnelles dans la formation de leurs publics spécifiques témoignent d’une dynamique pluridisciplinaire et internationale dont cet ouvrage rend largement compte.

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De copieuses références bibliographiques accompagnent chaque contribution.

Une multiplication d’acteurs et de projets, une convergence d’identités et de logiques

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Le même questionnement s’exprime tout au long de la journée d’étude organisée par l’IUFM d’Aquitaine et l’organisme de formation professionnelle Médiaquitaine sur la formation des usagers à l’information « du CDI à la bibliothèque universitaire » (Bordeaux, 8 avril 2009).

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Ici aussi est clairement formulée la nécessité d’« aller au-delà de formations centrées sur la maîtrise d’outils pour se poser la question de la transmission d’une culture informationnelle » (Laurence Tarin, p. 6). En réunissant pour en débattre documentalistes de l’enseignement scolaire, bibliothécaires de BU et chercheurs, il s’agit d’envisager la formation des usagers de ces deux types d’institution comme « un processus complexe, continu et progressif » (Vincent Liquète, p. 4), exigeant un partenariat interprofessionnel et de nouveaux contenus didactiques.

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L’émergence de nouvelles problématiques dans la formation des scolaires du second degré (Anne Cordier), l’analyse des pratiques formelles et informelles en information, l’examen de l’évolution des pratiques étudiantes et du rôle des bibliothèques universitaires considéré sur les cinquante dernières années, l’impulsion donnée par les Urfist, dont l’activité fait l’objet d’une communication, et par le service Formist de l’Enssib puis maintenant l’ERTé « Culture informationnelle et curriculum documentaire » débouchent sur le constat de la multiplication actuelle des acteurs et des projets.

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Si bien des divergences existent entre ces formations dans le secondaire et le supérieur, des exemples de partenariat entre chercheurs et professionnels de l’information, œuvrant ensemble à faire acquérir aux étudiants une culture de l’information, ou entre bibliothécaires formateurs et enseignants documentalistes à l’Université Paris 8 indiquent une conscience commune de la nécessité d’« apporter aux étudiants l’envie d’intervenir dans la production de l’information de façon critique et créative » (Alexandra Saemmer, p. 58).

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La synthèse de la journée permet d’esquisser quelques perspectives nées de « la convergence des identités et des logiques » (Anne Lehmans, p. 87). Il s’agit maintenant de faire émerger « un modèle de l’accompagnement », dont les trois dimensions sont exposées ici : culturelle, cognitive et temporelle. Encore faut-il que les moyens institutionnels soient à la hauteur des enjeux !

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Bibliographies thématiques et bibliographie générale accompagnent les communications. •

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Claire Guinchat

La recherche de l’information aujourd’hui : théories et méthodes

Qu’est-ce que rechercher de l’information ?, Nicole Boubée et André Tricot. Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2010. – 286 p. – (Papiers. Série Usages des documents). ISBN 978-2-910227-83-8 : 39 €

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« Rechercher de l’information dans les bases de données, dans le Web ou même à l’intérieur d’un document, est devenu une activité extrêmement commune dans la “société de l’information”. » Par cette entrée en matière, les auteurs [2][2] Nicole Boubée est enseignante-chercheuse (docteure... donnent le ton en dépassant d’emblée le cadre des dispositifs documentaires traditionnels où la recherche était confinée à l’utilisation d’un système. Mais cet ouvrage va plus loin : les auteurs partent de deux autres constats pour étendre encore davantage le périmètre de leur sujet d’étude.

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Tout d’abord, Nicole Boubée et André Tricot postulent que la recherche d’information n’est pas une fin en soi : elle s’effectue dans le cadre d’une autre activité ou tâche. Ce contexte est essentiel à prendre en compte dès lors que l’on souhaite étudier « comment les humains recherchent de l’information » (p. 7) et non comment fonctionnent les dispositifs techniques. En distinguant les démarches et pratiques en fonction d’un contexte propre à chaque chercheur d’information, cette approche conduit à (ré)affirmer que la démarche de recherche de l’information par des professionnels « médiateurs » pour le compte de leurs utilisateurs est nécessairement différente de celle mise en œuvre par les utilisateurs eux-mêmes pour leur propre compte.

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Puis, prenant acte du fait que « la diffusion des TIC transforme radicalement les environnements [informationnels mis à disposition] tant dans les milieux scolaires que sur les lieux de travail et plus récemment dans les foyers domestiques » (p. 137), ils étendent le champ de leur travaux à des publics et des usages traditionnellement peu observés. Ainsi des pratiques de recherche d’information appelées ici « ordinaires », nécessaires dans les activités de la vie de tous les jours, sont étudiées en plus de celles liées à l’apprentissage et aux activités professionnelles – pour les distinguer des usages des chercheurs scientifiques. Les auteurs remarquent aussi que toute activité, quelle qu’elle soit, nécessite une ou plusieurs recherches d’information, non nécessairement formalisées mais bien réelles. Ce qui permet un apprentissage informel aboutissant à des compétences documentaires implicites.

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Centré sur ce périmètre étendu, l’ouvrage propose un état de l’art international sur les théories et les méthodes de ce qu’est aujourd’hui la recherche de l’information. L’orientation des travaux offre des repères historiques enrichis par rapport à ce qui était montré traditionnellement en France : le développement dans les années 1950 de ce domaine avec une forte orientation « système » s’est établi à partir du champ professionnel et scientifique que l’on appelle dans les pays anglo-saxons les LIS, ou Library and Information Sciences, mais il s’est enrichi grâce à l’apport de théories et méthodes orientées « usagers » issues de la psychologie et particulièrement de la psychologie cognitive.

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L’ouvrage est structuré en quatre parties : « La recherche à travers les publics », « La recherche à travers les disciplines » (LIS, psychologie cognitive et approches transverses), « Domaines d’application » (enseignement, santé, vie de tous les jours) et « Questions vives ». Il est impossible de restituer ici la richesse des thèmes traités : précisions terminologiques sur les notions de recherche (documentaire, de l’information, recherche interactive, chercher, rechercher, etc., p. 13-17), renouvellement de la notion d’expert/novice (p. 38-52), analyse critique de la notion de besoins (p. 20-31), jugements de pertinence (p. 99-114) ou encore nécessité de théoriser la recherche collaborative en prenant mieux en compte la conceptualisation de ce mode de recherche et pas uniquement celle de la collaboration (p. 227-230)…

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Cette étude s’appuie essentiellement sur des travaux de synthèse dont les auteurs (cités dans la bibliographie) ne sont pas nécessairement les chercheurs auteurs des travaux d’origine. Les méthodes (d’enquête) et les théories qui sous-tendent ces travaux sur la recherche de l’information sont présentées, analysées, comparées et critiquées. Les chercheurs et spécialistes trouveront une revue approfondie, à partir de l’exposé d’enquêtes réalisées, des méthodes utilisées et utilisables pour conduire des enquêtes, leurs origines et pratiques, leurs avantages et limites. Nous citerons, par exemple, la méthode de l’autoconfrontation ou confrontation du sujet à ses propres traces (p. 173-190), une méthode « curieusement […] faiblement employée […] sur la RI dans les LIS » (p. 172).

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Cet ouvrage est une véritable « base de connaissance », à la fois synthétique et richement documentée, généreusement mise à disposition par deux chercheurs français à l’attention des autres chercheurs. Il n’offre pas aux praticiens des solutions clés en main mais, très accessible grâce aux expériences présentées, il permet de réviser les notions de base que l’on considérait comme des « vérités » et, ainsi, de poser un regard neuf sur nos pratiques. Il manque cependant à ce livre tous les outils d’accès dont auraient besoin les lecteurs désireux d’exploiter cette volumineuse base d’information : pas de numérotation du texte, pas de table des matières détaillée [3][3] Nous en avons établi une version courte que l’on peut... ni d’index, une bibliographie assez peu exploitable et pas de support numérique en complément du papier… On conviendra que cela peut paraître paradoxal dans un ouvrage sur la recherche de l’information, fût-il par ailleurs magistral ! •

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Arlette Boulogne

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Sylvie Dalbin

Théorie et pratique de l’archivage à l’heure du numérique

Archivage et stockage pérennes : enjeux et réalisations. Sous la direction de Corinne Leblond. Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2009. 224 p. – (Traité des sciences et techniques de l’information). – ISBN 978-2-7462-1845-1 : 70 €. L’Archivage numérique à long terme : les débuts de la maturité ?, Françoise Banat-Berger, Laurent Duplouy et Claude Huc. Paris : Direction des Archives de France ; La Documentation française, 2009. 284 p. – (Archives de France. Manuels et guides pratiques). ISBN 978-2-11-006942-9 : 25 €

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S’il était besoin d’un signe pour mesurer à quel point la thématique de l’archive est devenue une question vive pour tous les milieux qui ont à traiter du document, la quantité et la qualité des ouvrages parus ces derniers temps sur ce sujet suffiraient à le fournir. Parmi les récentes livraisons à la revue, nous avons retenu deux ouvrages qui abordent la question de l’archive aussi bien sur le plan théorique que pratique et, à ce titre, concernent à la fois les chercheurs, les professionnels de l’information et, au-delà, tous ceux qui s’intéressent aux transformations numériques du document.

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Sous la direction de Corinne Leblond, directrice du service SCD de l’Université d’Artois, les éditions Hermès Lavoisier publient les contributions d’une quinzaine d’auteurs venus d’horizons divers, tous impliqués dans des projets de mise en œuvre de systèmes d’archivage complexes pour différentes institutions. Portant sur la notion d’archivage pérenne, cet ouvrage fait le point sur les questions urgentes qui accompagnent la croissante numérisation des ressources documentaires, quel que soit le domaine (on notera toutefois que le secteur de l’entreprise privée ne fait l’objet d’aucune contribution, ce qui s’explique en partie par le sous-titre de l’ouvrage : « enjeux et réalisations », ces dernières étant surtout développées pour l’instant dans le cadre des grandes institutions publiques).

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Rappelés dans diverses contributions, les enjeux sont connus. Il est crucial aujourd’hui de repenser la conservation et la pérennisation des documents numériques à partir de ce qu’on sait de leurs caractéristiques : ils sont mouvants, adaptables, de formats différents, produits par des outils différents et évolutifs, soumis à l’obsolescence des plates-formes de conservation et de lecture. Ces travaux s’appuient aussi bien sur l’exposé de projets ou réalisations existantes (le Cines, la bibliothèque municipale de Lille, la Bnf, l’Ina, les archives ouvertes) que sur des réflexions sur les évolutions professionnelles et les outils intellectuels tels que les normes.

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Parmi les enseignements que l’on peut tirer à la lecture de ces expériences croisées, on retiendra notamment l’insistance des auteurs à mettre en valeur la notion de système d’information. En effet, il s’agit sans doute là d’une différence majeure avec les politiques traditionnelles d’archivage papier : on ne peut faire abstraction de la relation entre la production documentaire à archiver et le système d’information dont elle est à la fois le produit et une des composantes. Cela soulève des problèmes d’ordre normatif (assurer une continuité des formats – ou de leur transformation – tout au long du cycle de vie du document) aussi bien que technique. Cela impose surtout d’anticiper, dès la conception des systèmes d’information, sur la mise en place des politiques d’archivage. On le voit par exemple avec l’archivage des thèses dans le cas de CITHER, piloté par l’INSA de Lyon, qui a vu s’imposer, dans la logique du projet, la mise au point de modèles de structures de documents pour unifier la production et permettre son traitement et sa consultation.

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Dans cette perspective, un autre point important est la question de la normalisation et des formats de données (OAI-PMH) et d’indexation (ORI-OAI), l’échange et l’intercommunication constituant en effet une des évolutions majeures liées au numérique. L’accès à distance à des ressources numériques implique une harmonisation des politiques et des modes de traitement, autrement dit le développement d’un point de vue archivistique et d’une politique qui dépassent le cercle des spécialistes.

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C’est aussi pourquoi, comme le montrent plusieurs autres textes, la question de la formation, tant des professionnels eux-mêmes que du public, et plus largement celle de l’éducation des utilisateurs aux nouvelles pratiques et aux nouveaux outils sont incontournables.

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À ce titre, le deuxième ouvrage que nous avons souhaité commenter fournira un complément plus qu’utile. Publié sous l’égide de la Direction des archives de France, ce livre très complet permet de faire le tour de cette question complexe qu’est celle de l’archivage numérique à long terme. Les aspects techniques (formats, normes, processus d’encodages), juridiques (gestion de la preuve), stratégiques (gestion du risque), économiques (coût et gestion des processus) sont tour à tour abordés, avec en appui un passage en revue des principaux retours d’expérience aujourd’hui disponibles.

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Les auteurs indiquent que le terme « manuels » qui caractérise la collection ne doit pas faire penser que nous avons affaire ici à un guide pratique applicable à toute situation : au contraire, la mise en place d’un projet d’archivage numérique pérenne exige une analyse précise et une gestion de projet complexe, prenant en compte tous les paramètres évoqués ici. •

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Dominique Cotte

Bibliothèque publique, pouvoir et savoir aux États-Unis et en France

Bibliothèque publique et Public Library : essai de généalogie comparée, Anne-Marie Bertrand. Paris : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, décembre 2009. – 58 p. – (Rapport 2009-022)

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Anne-Marie Bertrand poursuit la réflexion amorcée en 2008 avec Quel modèle de bibliothèque ? [4][4] Voir notre numéro 2/2010, p. 74. en utilisant une nouvelle grille d’analyse : l’approche comparative, à partir du modèle anglo-saxon de la Public Library et de la façon dont il a été adopté et transformé en France par la bibliothèque publique. Elle voit dans ce nouvel éclairage un moyen d’affiner la problématique de l’institution française, en particulier en ce qui concerne son rapport au pouvoir et à la transmission du savoir. La comparaison est effectuée à deux moments : la période des origines, au XIXe siècle pour les États-Unis et pendant la première moitié du XXe siècle pour la France, et « celle qui suit la seconde guerre mondiale » (p. 15). Elle se concentre sur « les fondements, les objectifs, les valeurs qui portent ces établissements » (p. 17), agents d’histoire culturelle et politique dans les deux pays.

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En préambule, deux « brefs récits » retracent, l’un l’histoire des bibliothèques municipales en France depuis 1945, bibliothèques qui « forment un archipel, pas un réseau » (p. 27) ; l’autre celle des Public Libraries pendant la même période, caractérisée par une progressive mise en réseau nourrie entre autres de l’adhésion de la population. Aux États-Unis, conclut l’auteure, l’accent est mis sur la place de la bibliothèque dans la société pour la transmission du savoir, alors que « le souci français porte sur la place de la bibliothèque dans les programmes gouvernementaux » (p. 32). On verra que l’étude de la situation actuelle dans ces deux pays va nuancer ces constats.

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Aux États-Unis, en liaison avec la construction du pays, l’objectif prioritaire assigné aux Public Libraries – officiellement nées à Boston en 1854 – a été d’ouvrir l’accès au savoir pour tous, contribuant ainsi à l’exercice de la citoyenneté. Si les obstacles se sont montrés nombreux depuis un siècle, la Library Faith – croyance en la vertu du texte écrit –, malgré ses avatars, a gagné le pays. L’héritage français est plus composite. La bibliothèque publique – dont la « Librairie publique » d’Eugène Morel est l’origine – s’est construite contre les deux types existants à la fin du XIXe siècle : la bibliothèque savante, élitiste, et la bibliothèque populaire manquant cruellement de moyens. Un nouveau modèle s’élabore à partir de 1960, inspiré du modèle anglo-saxon, mais tronqué, omettant en particulier la formation du citoyen et manquant du solide appui populaire dont la Public Library avait su s’assurer.

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Ces divergences d’origine et de fonctions vont s’accentuer en ce qui concerne le rapport des bibliothèques avec le pouvoir et la nature du pouvoir qu’elles-mêmes peuvent exercer. Une illustration en est donnée par l’ampleur des soutiens et relais qu’elles rencontrent, très actifs et différenciés auprès des bibliothèques américaines, quasiment inexistants en France où, selon l’auteure, « la bibliothèque publique n’est pas un sujet qui concerne les citoyens » (p. 131). La comparaison fait cruellement ressortir « la faiblesse de la place de la bibliothèque municipale dans le système politique local » (p. 113).

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L’analyse comparée se poursuit sur le rôle des deux grandes associations professionnelles que sont l’American Library Association (ALA) et l’Association des bibliothécaires français (ABF). Toutes deux porte-paroles de leurs institutions, toutes deux soucieuses de promouvoir la profession, elles diffèrent essentiellement dans leur rapport aux pouvoirs et leur lutte pour la liberté d’information.

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Entre les deux modèles de bibliothèque analysés, dont l’auteure rappelle les traits communs (p. 160-161), les différences vont s’accentuer sur trois registres essentiels : les publics, les collections, l’image.

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Un des succès de la Public Library tient au caractère éducatif de l’institution, donc à sa proximité avec le public, à sa qualité d’accueil. En est-il de même avec les bibliothèques municipales, sur le rôle desquelles les avis sur ce point sont partagés ?

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En ce qui concerne les collections, la Public Library est exempte du poids du patrimoine, de la conservation, qui a trop longtemps pesé sur le développement de la bibliothèque française. L’offre y est plus diversifiée. Si l’élaboration d’une politique d’acquisition suscite de grands débats dans les deux pays, l’attitude vis-à-vis de la censure ou, actuellement, de l’accès libre à Internet diffère sensiblement de l’un à l’autre (p. 161-183). La doctrine de l’ALA en la matière est plus catégorique et toute tentative de censure (ou presque) est combattue avec ardeur.

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Quant à l’image de la bibliothèque, valorisée dans la littérature anglo-saxonne actuelle, elle est beaucoup moins évoquée en France et y reste, semble-t-il, très stéréotypée.

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Anne-Marie Bertrand souligne combien l’utilité sociale des bibliothèques publiques diffère des deux côtés de l’Atlantique, en raison, certes, de la différence de leur origine, mais essentiellement dans leur rapport au savoir. En conclusion, elle esquisse un projet pour ce nouvel aspect de la bibliothèque française qu’est la médiathèque dont, dit-elle, « la théorie reste à faire » (p. 203). La discussion demeure ouverte… •

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Claire Guinchat

Vers une bibliothèque 2.0 ?

Le Web 2.0 en bibliothèques. Quels services ? Quels usages ? Sous la direction de Muriel Amar et Véronique Mesguich. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2009. – 202 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). ISBN 978-2-7654-0976-2 : 34 €

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Le rôle des bibliothèques a été fortement mis à l’épreuve au cours de ces dernières années par différentes évolutions sociétales : explosion de l’offre culturelle sur différents vecteurs numériques, large accessibilité aux ressources et aux connaissances via Internet, baisse de la part de la lecture classique dans les pratiques culturelles, et in fine perte d’attractivité de certains services (le prêt, par exemple). Pour s’adapter à un paysage informationnel qui a changé, les bibliothèques se sont attachées à exploiter les ressorts de communication et de production de contenu offerts par le Web social en allant jusqu’à impliquer les usagers eux-mêmes comme acteurs des dispositifs qui leur étaient jusqu’alors destinés en tant que « consommateurs ».

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Progrès technique des dispositifs d’accès aux ressources, manifestation du marketing viral déployé dans d’autres domaines ou mouvement profond de refondation de la relation aux connaissances, le Web 2.0 en bibliothèque – quelle que soit la vision qu’on en ait – devient aujourd’hui une réalité. C’est cette réalité qu’interrogent Muriel Amar et Véronique Mesguich dans l’ouvrage collectif qu’elles ont coordonné en 2009 et qui conserve toute son actualité. Collectif, cet ouvrage l’est assurément puisqu’il s’assure du point de vue de nombreux acteurs impliqués sur ces sujets : responsables et professionnels des bibliothèques (Bertrand Calenge, Thomas Chaimbault, Véronique Delannay) ou d’organismes de formation (Elisabeth Noël, Michel Roland), chercheurs universitaires (Olivier Ertzscheid, Olivier Le Deuff ou encore Hervé Le Crosnier), experts des systèmes bibliothéconomiques (Marc Maisonneuve, Dominique Filippi) ou spécialistes du Web et des nouveaux médias (Serge Courrier, Jean-François Gervais). Peut-être manque-t-il, pour que ce livre dont la baseline est « Quels usages ? » soit tout à fait complet, le point de vue des usagers eux-mêmes ou celui des financeurs publics ?

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Si le nombre et la provenance des contributions sont assurément une richesse qui permet de parcourir l’ensemble des questions posées, ils diluent aussi quelque peu celle qui est le fil rouge de l’ouvrage : de l’existence et de l’exploitation constatée d’applications et de services 2.0 (blogs, wikis, flux RSS, indexation sociale, réseaux sociaux, etc.) découle-t-il l’existence d’une véritable bibliothèque 2.0 perçue comme un ensemble intégré ? L’épilogue de Bertrand Calenge donne un peu la clé de ce qui peut apparaître comme une juxtaposition. Le Web 2.0 rapporté aux bibliothèques est à la fois vecteur de construction d’itinéraire personnel, de dissémination de la bibliothèque et de proposition de contenus contributifs, « trois intérêts inégalement partagés et de statuts bien différents ». Le Web 2.0 en bibliothèque est une réalité contrastée qui témoigne pour partie de pratiques internes des bibliothécaires et d’exploitations socio-techniques à finalités diverses (communication, veille, signalement, etc.).

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Pour ce qui est des services au public – l’ouvrage le montre bien, notamment à travers différents retours d’expérience en Belgique et au Canada –, le Web 2.0 en bibliothèque se traduit d’abord par l’adoption d’outils qui complètent et actualisent l’offre traditionnelle et les services associés (répertoire de ressources, listes de notices, signalement de nouvelles acquisitions, foire aux questions, etc.). Les opacs 2.0 apparaissent eux-mêmes comme des versions augmentées (couvertures d’ouvrages, extraits, commentaires d’usagers, etc.) des catalogues classiques. Mais la vraie révolution se situe plutôt sur un plan topologique par différents mécanismes d’appropriation ou d’externalisation : « convergence des outils de lecture, d’écriture et de communication » (Hervé Le Crosnier), exploitation de solutions grand public comme Netvibes ou Delicious, matérialisation de la bibliothèque dans les environnements numériques de ses utilisateurs de type Facebook. Ainsi la bibliothèque 2.0 se présente comme un espace de rencontre paradoxal qui peut bénéficier du « mouvement de désinstitutionnalisation global des jeunes vis-à-vis de la culture ». Et, comme le catalogue qui en est le pivot, elle peut devenir « un creuset d’expertises métier – celles des bibliothécaires – et d’autres plus expérientielles, culturelles, subjectivées – celles des utilisateurs. » (Olivier Ertzscheid)

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Au-delà des réserves et des interrogations formulées par quelques contributeurs sur certains aspects des pratiques 2.0 (valeur de la recommandation populaire, alignement sur les pratiques de consultation des catalogues commerciaux, etc.), cet ouvrage pose également la question du sens de la médiation numérique et des nouvelles attributions des bibliothécaires (créateurs d’usages, animateurs de communautés de lecteurs, etc.) et s’interroge au final sur la portée sociale et politique des évolutions en cours : domination commerciale par les acteurs du Web, marchandisation indirecte des informations apportées par les usagers, etc. •

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Loïc Lebigre

Développer une collection aujourd’hui ?

Les collections en devenir : typologie des documents, politique et traitement documentaires, Adrienne Cazenobe. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2010. – 304 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). ISBN 978-2-7654-0981-6 : 39 €

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«Qu’est-ce qu’une collection ? » L’ouvrage d’Adrienne Cazenobe, conservatrice de bibliothèque et responsable de formation à Médiadix, ouvre sur cette question pour donner tout de suite une première réponse : « Un ensemble structuré d’objets matériels plus ou moins homogènes [qui] en tant qu’œuvre humaine et instrument de culture […] résulte […] d’une collecte intentionnelle, à savoir d’un processus d’accumulation précédé ou accompagné d’une activité de sélection et de recherche. »

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Les nouvelles technologies bouleversent les pratiques culturelles et bousculent les usages conceptuels. Le numérique est partout. L’idée directrice de ce livre est « un réexamen critique […], un premier effort de clarification conceptuelle portant sur les contenus représentatifs évoqués par les termes de “livre”, “numérique” et “collection” ». Plus que d’un manuel à usage pratique, il s’agit d’une somme de bibliothéconomie, fruit d’expérience professionnelle et d’enseignement. L’auteure rappelle le rôle central du bibliothécaire, « logiciel pensant », dans la vie d’une collection et invite à prendre du recul face aux changements.

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Typologie des documents et caractéristiques des collections. La première partie du livre, riche et fouillée, est consacrée aux objets d’une collection de bibliothèque, des manuscrits du Moyen-Âge aux hypermédias d’aujourd’hui en passant par les imprimés anciens et modernes et les bibliothèques numériques. L’auteure réserve autant de pages aux caractéristiques propres aux collections d’écrits sur support matériel qu’aux modes d’encodage, formats et serveurs des documents numériques.

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Constitution et développement des collections. Dans le contexte de la rationalisation des acquisitions, de la maîtrise des coûts et des bibliothèques hybrides, « l’idée de cohérence est centrale quand on aborde la question de la constitution et du développement des collections ». Dans la deuxième partie, Adrienne Cazenobe défend le principe d’une « représentation intellectuelle » et d’un modèle de collection cohérente même pour la constitution d’une bibliothèque numérique.

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Dans trois grands chapitres, elle analyse les conditions et contraintes d’un accroissement imprévisible (dépôt légal), contrôlé (achat de documents imprimés) et relatif (documents numériques). Le lecteur s’intéressera en particulier aux pages sur le dispositif du dépôt des documents informatiques, sur l’archivage du Web et sur les modalités et le dispositif des acquisitions de documents électroniques.

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À propos d’une politique nationale en matière d’information numérique, l’auteur pose la question d’une collection « hors bibliothèque ou peut-être sans bibliothèque » et indique quelques pistes, des serveurs d’archives institutionnels aux plates-formes d’éditeurs et archives ouvertes en libre accès. Elle ajoute qu’en matière numérique « les bibliothèques n’ont pas le monopole des collections ».

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Référencement et ordonnancement des collections. La troisième et dernière partie du livre est dédiée à l’identification, aux catalogage, classement et signalement des documents d’une collection. D’après Adrienne Cazenobe, le passage au numérique ne change rien : ces activités demeurent la fonction principale et le cœur du métier car elles se confondent « avec la mission des bibliothèques, qui est de constituer et de mettre à disposition des collections ». En trois chapitres elle aborde les concepts de catalogage et de classement des documents, la normalisation des formats (MARC, ISDS) et les catalogues collectifs et informatisés. Un chapitre est réservé au traitement en collection des documents dématérialisés, de la description bibliographique aux métadonnées et ontologies.

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Cette partie s’achève par un plaidoyer pour une refonte des catalogues dans leur forme actuelle et l’adoption de nouvelles règles de catalogage, à partir des travaux internationaux pour un modèle de catalogage appelé Resource Description and Access (RDA).

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À l’heure des licences nationales et où, dans l’indifférence du milieu, l’une des plus importantes collections scientifiques du pays (celle des bases de données du CNRS à Nancy ) est menacée par la révision générale des politiques publiques, promouvoir des « collections en devenir » peut avoir un petit air désuet. Et pourtant…

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Entasser l’information en vrac, numériser des millions de livres sans distinction, présenter un nombre incalculable de pages d’Internet comme « bibliothèque globale », tout cela a quelque chose d’absurde, d’inhumain, de profondément inculte. L’auteure ne s’y trompe pas : il faut adapter le métier du bibliothécaire à cette nouvelle réalité. Mais il faut aussi cultiver et civiliser le numérique.

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L’intérêt de ce livre est qu’il couvre l’ensemble des collections d’une bibliothèque, avec une perspective historique et une approche didactique pour expliquer, rendre compréhensible, placer en contexte le développement actuel des collections. Face à la richesse du contenu, le lecteur regrettera l’absence d’un index. Même si la table des matières est très détaillée, il manque parfois le fil rouge qui permettrait une lecture transversale, rapide, par thème.

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Où ranger cet ouvrage d’Adrienne Cazenobe ? À portée de main. Il a sa place à côté des quelques livres de référence dont on ne se sépare pas ! •

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Joachim Schöpfel

IST : intégration et évaluation des ressources en ligne

L’information scientifique et technique dans l’univers numérique : mesures et usages. Coordonné par Chérifa Boukacem-Zeghmouri. Actes du colloque international « Ressources électroniques académiques : mesures et usages », Lille, 26-27 novembre 2009. – Préface de Carol Tenopir. – Paris : ADBS Éditions, 2010. – 319 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). ISBN 978-2-84365-123-6 : 27 €

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Comme l’indique Carol Tenopir (Université du Tennessee) dans la préface à ces actes, le monde universitaire n’a jamais eu accès à autant de sources d’information qu’aujourd’hui, avec de nombreuses possibilités de recherche dans et hors l’université. Les bibliothèques jouent donc un rôle majeur dans la sélection de l’information, avec le souci d’une bonne gestion budgétaire : en période de restrictions financières, le défi est important et relève de la gageure. D’autres modèles économiques sont mis en place, tels les dépôts institutionnels ou le paiement à l’article.

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Les différentes contributions de ce colloque international tenu en 2009 à Lille tentent de répondre – souvent avec bonheur – aux questions suivantes : comment mesurer l’usage qui est fait des ressources en ligne ? Ces ressources apportent-elles une réelle valeur aux travaux scientifiques ? Quel est le meilleur modèle économique pour les publications scientifiques ? Quels outils les bibliothécaires peuvent-ils employer pour construire de solides collections électroniques et les maintenir ?

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Chérifa Boukacem-Zeghmouri (Université Lille 3 - Geriico), par ailleurs éditrice scientifique de ces actes, montre combien la communication scientifique est amplifiée par le numérique ; elle mentionne l’importance de l’évaluation et le rôle des bibliothèques – au cœur du débat. Après un aperçu significatif et un portrait des « consommateurs numériques » scientifiques par David Nicholas (University College of London), Helle Lauridsen (Serial Solutions) aborde la question de l’usage des statistiques des bibliothèques et la méthode ROI (return on investment) en démontrant qu’il est possible d’inverser le processus de l’augmentation des dépenses documentaires. Viennent ensuite deux possibilités d’évaluation : l’une par les citations en open acces (Manuel Durand-Barthes, URFIST) et l’autre par l’exemple spécifique des chercheurs japonais en oncologie (Tomoko Tsuchiya, Waseda University).

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Comment mesurer l’usage de l’information scientifique et technique ? Auparavant, il suffisait d’interroger le catalogue et les bases de données de la bibliothèque. Aujourd’hui, la mesure se fait souvent par le nombre de « hits » d’interrogation. Mais d’autres techniques plus sophistiquées le permettent également. Pierre Carbone (Inspection générale des bibliothèques) souligne la difficulté d’évaluer les usages et les bibliothèques d’une manière holistique, la bibliothèque étant à la fois matérielle et virtuelle : emprunter un ouvrage se compare-t-il au fait de cliquer sur un résultat de recherche ? Thibaud Hulin (Université de Franche-Comté) propose d’analyser les « traces d’activités pour évaluer les ressources électroniques » tandis que Dominique Rouger (Université de Saint-Etienne) présente la technique des requêtes planifiées (TRP) et COUNTER qui permet le décompte de l’usage des revues électroniques. Magali Colin et Dominique Lechaudel (INIST-CNRS) analysent comment se mesurent les ressources électroniques du portail du CNRS.

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Viennent ensuite des aspects plus techniques, inévitables quand on aborde la question des usages et donc des statistiques : Joachim Schöpfel (Université Lille 3) et Hélène Prost (INIST-CNRS) dressent un état de l’art de la consultation des archives ouvertes, suivis par Ulrich Herb (Saarland University) pour les statistiques de l’Open Access, puis Marco Van Veller et Wouter Gerritsma (Wageningen UR Library) au sujet de l’analyse bibliométrique des dépôts d’archives en vue d’une évaluation de la recherche. Benoît Pauwels (Université libre de Bruxelles) détaille ensuite l’aspect « métadonnées » jusqu’ici peu évoqué. Et Emma Bester (doctorante en sciences de l’information) et Pierre Mounier (Clio/Revues.org) étudient plus particulièrement le cas de Revues.org.

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La fin de ces actes est plus particulièrement consacrée à des pratiques et usages spécifiques en bibliothèque universitaire, tels l es livres électroniques avec un état des lieux en France et quelques comparaisons étrangères par trois professionnelles, Emilie Barthet (Consortium Couperin), Caroline Bruley (Université de Saint Etienne) et Claire N’Guyen (BIUM Paris). Chérifa Boukacem-Zeghmouri, déjà citée, parle des e-books en mathématiques, et revient sur l’usage des ressources électroniques en Algérie et en Tunisie avec Abd-Allah Abdi (BU d’Alger) et Mohammed Ben Romdhane (Institut supérieur de documentation de Tunis).

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L’intérêt de cet ouvrage, qui présente les résultats de recherches récentes, est d’associer un certain nombre d’acteurs de l’IST, chercheurs, éditeurs, bibliothécaires, agences d’abonnements, etc. Ils sont tous animés des mêmes préoccupations, surtout économiques, par rapport à l’intégration et à l’évaluation des ressources électroniques en bibliothèques et services d’information. •

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Jean-Philippe Accart

Notes

[1]

Voir notre numéro 1/2009, p. 6.

[2]

Nicole Boubée est enseignante-chercheuse (docteure et mdc en SIC au LERASS à Toulouse). Elle a effectué sa thèse sur les pratiques documentaires ordinaires, sous la co-direction de Viviane Couzinet et André Tricot en 2007. Professeur en psychologie cognitive à l’IUFM Midi-Pyrénées, André Tricot est connu depuis le début du Web pour ses travaux sur la navigation au sein des hypermédias et en particulier sur les questions de recherche au sein de ces documents (site personnel : http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr). Depuis plusieurs années, les deux auteurs produisent en collaboration.

[3]

Nous en avons établi une version courte que l’on peut consulter à l’adresse http://descripteurs.posterous.com/40024168 et une version détaillée (http://tinyurl.com/tricot-boubee) à partir de laquelle il serait aisé de construire un index.

[4]

Voir notre numéro 2/2010, p. 74.

Résumé

Français

Analyses d’ouvrages récemment parus dans le domaine de l’information-documentation et des sciences de l’information.

Titres recensés

  1. Formation à l’information : réflexions et expériences
    1. L’éducation à la culture informationnelle. Sous la direction de Françoise Chapron et Éric Delamotte. Préface d’Annette Béguin-Verbrugge. – Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB, 2010. – 306 p. – (Papiers. Série Colloques). – ISBN 978-2-910227-75-3 : 39 €. Du CDI à la bibliothèque universitaire : former les usagers à l’information. Coordonné par Vincent Liquète. Mérignac (F-33705) : Université Montesquieu Bordeaux 4, IUFM d’Aquitaine, 2010. – 102 p. Numéro de : Les cahiers d’esquisse, janvier 2010, n° 1
      1. Un vivier d’idées et d’expériences propres à enrichir tant la recherche et la pédagogie que l’activité documentaire
      2. Une multiplication d’acteurs et de projets, une convergence d’identités et de logiques
  2. La recherche de l’information aujourd’hui : théories et méthodes
    1. Qu’est-ce que rechercher de l’information ?, Nicole Boubée et André Tricot. Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2010. – 286 p. – (Papiers. Série Usages des documents). ISBN 978-2-910227-83-8 : 39 €
  3. Théorie et pratique de l’archivage à l’heure du numérique
    1. Archivage et stockage pérennes : enjeux et réalisations. Sous la direction de Corinne Leblond. Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2009. 224 p. – (Traité des sciences et techniques de l’information). – ISBN 978-2-7462-1845-1 : 70 €. L’Archivage numérique à long terme : les débuts de la maturité ?, Françoise Banat-Berger, Laurent Duplouy et Claude Huc. Paris : Direction des Archives de France ; La Documentation française, 2009. 284 p. – (Archives de France. Manuels et guides pratiques). ISBN 978-2-11-006942-9 : 25 €
  4. Bibliothèque publique, pouvoir et savoir aux États-Unis et en France
    1. Bibliothèque publique et Public Library : essai de généalogie comparée, Anne-Marie Bertrand. Paris : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, décembre 2009. – 58 p. – (Rapport 2009-022)
  5. Vers une bibliothèque 2.0 ?
    1. Le Web 2.0 en bibliothèques. Quels services ? Quels usages ? Sous la direction de Muriel Amar et Véronique Mesguich. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2009. – 202 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). ISBN 978-2-7654-0976-2 : 34 €
  6. Développer une collection aujourd’hui ?
    1. Les collections en devenir : typologie des documents, politique et traitement documentaires, Adrienne Cazenobe. Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2010. – 304 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). ISBN 978-2-7654-0981-6 : 39 €
  7. IST : intégration et évaluation des ressources en ligne
    1. L’information scientifique et technique dans l’univers numérique : mesures et usages. Coordonné par Chérifa Boukacem-Zeghmouri. Actes du colloque international « Ressources électroniques académiques : mesures et usages », Lille, 26-27 novembre 2009. – Préface de Carol Tenopir. – Paris : ADBS Éditions, 2010. – 319 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). ISBN 978-2-84365-123-6 : 27 €

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Documentaliste-Sciences de l'Information 1/2011 (Vol. 48) , p. 70-77
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2011-1-page-70.htm.
DOI : 10.3917/docsi.481.0070.


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