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Documentaliste-Sciences de l'Information

2011/2 (Vol. 48)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.482.0020
  • Éditeur : A.D.B.S.

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« L’urgence aujourd’hui est d’abord de comprendre ce qui se passe au cœur des organisations et sur le marché », écrit Anne-Marie Libmann en ouverture d’un dossier qui se veut, plus qu’un état des lieux des métiers de l’information, une invitation à réfléchir à son propre positionnement professionnel dans un univers informationnel désormais très concurrentiel.

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Jamais période n’aura été aussi difficile pour les professionnels de l’information : perte des repères avec la disparition progressive des centres de documentation, absorption de la fonction par d’autres acteurs « informavores » [1][1] Néologisme anglais que nous utilisons ici pour désigner... de l’organisation, arrivée de nouveaux venus au profil non identifié, difficulté croissante à repérer des offres d’emploi « raisonnables », salaires souvent médiocres, foisonnement de « stages »… Il semble de plus en plus malaisé de trouver le bon discours, la bonne appellation, et disons-le, le bon endroit pour se vendre ou évoluer dans les entreprises.

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Situation injuste bien sûr au regard des expertises et parcours des professionnels. Paradoxale aussi, au vu de l’explosion de l’économie de l’information numérique : pourquoi n’en profitent-ils pas plus, malgré l’adaptabilité dont ils ont toujours fait preuve ? Affaire de formatage initial, de compétences, de positionnement, de communication ou de lobbying ?

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L’urgence aujourd’hui est d’abord de comprendre ce qui se passe au cœur des organisations et sur le marché. Nous avons voulu le faire sans langue de bois, considérant qu’il était vital de ne pas se retrancher derrière des discours de bon ton, qui ne font que retarder la prise de conscience générale et les actions à mener. On sera donc très attentifs à ce que nous disent, avec parfois de la colère, de la douleur aussi, certains contributeurs de ce dossier, tous amoureux d’un métier qu’ils voudraient tant pratiquer de façon harmonieuse, ou parfois pratiquer tout court. Un métier qui, en tout cas, ? on le remarquera à chaque instant de notre lecture ? suscite bien autant de vibrations que de dissonances.

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Mais bien sûr, l’urgence sera ensuite de nous tourner, forts de ces questionnements, vers la (re)construction de l’avenir. Il nous faut clairement nous interroger sur les nouveaux regards à poser, les discours porteurs et gagnants à construire, les passerelles à développer, et suivre les actions et stratégies des acteurs institutionnels qui représentent ou forment les professionnels. Ici, la richesse de chaque témoignage et parole d’une grande diversité d’intervenants constitue une matière de premier ordre pour aider à relever ces défis ; on pourra sans cesse y revenir pour imaginer le futur de notre communauté de métiers et de compétences.

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Face à un grand nombre de bouleversements et d’incertitudes, il est bon de revenir, comme point d’ancrage, à la réalité et à ses évolutions. Nous avons choisi dans la première partie d’appréhender le champ global de l’info-connaissance à la fois par les études à disposition et par le vécu de professionnels.

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Une démarche très ouverte, dépassant la vision métier traditionnelle, pour identifier les « vrais acteurs » de la gestion de l’information et cerner les pratiques info-documentaires de façon étendue dans l’organisation, ce fut le défi de la dernière enquête Métiers-salaires de l’ADBS. Cette nécessité absolue d’ouverture vers l’extérieur est confirmée par les professionnels interrogés pour l’enquête terrain menée dans le cadre de la stratégie emploi de l’ADBS.

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Et ces professionnels, comment vivent-ils leur métier sur le terrain ? Quels sont leurs défis au quotidien ? C’est ce que nous racontent avec clarté et passion les représentants d’une famille qui a beaucoup évolué, composée des « métiers fondateurs » : documentation, bibliothèque, archives et de leurs « héritiers » : records management, veille et knowledge management.

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Dans la deuxième partie, nous tenterons de capter les ruptures et mutations fortes des métiers de l’information, en découvrant les nouveaux champs d’exercice dans lesquels le professionnel peut s’investir. On dessinera tout d’abord l’univers informationnel de la grande entreprise et ses grandes évolutions, globalement peu rassurantes pour la fonction ID traditionnelle, mais avec quelques pistes cependant pour l’affirmation de sa valeur ajoutée. De même sera analysé le système d’information de la petite entreprise, ses contraintes spécifiques mais aussi les pratiques émergentes.

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Sur le terrain de l’emploi, la situation est très préoccupante. Certes, un besoin de compétences dans les entreprises et même dans les cabinets de recrutement existe, mais au final peu de professionnels de l’information sont élus. « La doc est morte » nous dit même un documentaliste chevronné dans une analyse que l’on peut difficilement contredire quand on connaît la réalité de l’entreprise. La narration d’un long parcours d’angoisse d’une professionnelle à la recherche d’un emploi montre combien la perte d’identité de notre profession est profonde.

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Rebondir vers de nouveaux métiers ? Regardons des postures novatrices, comme le community manager, le curator, le document controller, ou encore la maîtrise d’ouvrage. Enfin, une démarche d’externalisation de certaines tâches, quand elle est bien pensée, peut être une vraie stratégie pour conserver et développer son poste.

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La troisième partie est résolument tournée vers les nouveaux horizons et s’ouvre sur deux questions clés : comment expliciter et mettre en valeur les compétences info-documentaires dans l’entreprise ? Comment les écoles préparent-elles l’avenir ?

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Au-delà de ces interrogations de fond, nous proposons une aide concrète pour la recherche d’emploi en s’appuyant sur une méthodologie visant au repositionnement professionnel dans une fonction pour laquelle il n’y a plus d’offres explicites. Nous interrogeons deux professionnelles expérimentées sur leur stratégie gagnante et sur les vertus d’une bonne utilisation du réseau.

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La sortie des difficultés actuelles ne se fera pas sans l’élaboration de stratégies d’envergure. Ici, on ne peut que se réjouir des initiatives menées par plusieurs acteurs, toutes inscrites au niveau de la gouvernance d’entreprise : l’alliance de l’ADBS avec l’Académie de l’intelligence économique pour l’instauration d’un dialogue avec les décideurs, la création de la fonction de Document & Information Manager pour une gestion centralisée du document, et la défense d’une vision managériale de l’archivage par le CR2PA (Club des responsables de Politiques et Projets d’Archivage). Enfin, un « réel changement de paradigme » caractérise l’orientation stratégique de l’ADBS en nouvel opérateur de l’emploi-compétences. •

Notes

[1]

Néologisme anglais que nous utilisons ici pour désigner les services de l’entreprise très consommateurs d’information pour leur propre fonctionnement (marketing, communication, RH, etc.) qui ont absorbé, naturellement le plus souvent, la fonction Information.

Pour citer cet article

Libmann Anne-Marie, « Les professionnels de l'information s'attellent à la (re)construction de leur avenir », Documentaliste-Sciences de l'Information 2/2011 (Vol. 48) , p. 20-21
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2011-2-page-20.htm.
DOI : 10.3917/docsi.482.0020.


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