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Documentaliste-Sciences de l'Information

2011/4 (Vol. 48)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.484.0062
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Le Service commun de documentation (SCD) de l’Université d’Artois [1][1] http://www.univ-artois.fr, le groupe de recherches en sciences de l’information « Document numérique & Usages » [2][2] Site web du groupe de recherches Document numérique... et huit lycées de l’académie de Lille [3][3] Lycée polyvalent Guy Mollet d’Arras, lycée professionnel... ont travaillé en étroite collaboration pour élaborer les éléments d’une continuité documentaire lycée- université efficace. L’inspection académique [4][4] Christian Willhelm. Liaison Lycée- Université : « Visual-CDI »,... s’est impliquée dans ce processus expérimental et en a supervisé le déroulement dans l’intention de généraliser, à court terme, le dispositif à toute l’académie. Les rapprochements documentaires inévitables induits par ce processus, notamment en ce qui concerne les langages d’indexation utilisés dans le secondaire (MotBis) et le supérieur (Rameau) via les applications informatiques utilisées par les lycéens et les étudiants, a conduit le Scéren-CNDP à s’intéresser à cette expérimentation, qui vise à replacer les contenus des enseignements documentaires dispensés en lycée dans la perspective de leur réutilisation au sein de la bibliothèque universitaire (BU). Dans le but d’homogénéiser les pratiques instrumentales de recherche documentaire, les élèves expérimentateurs ont bénéficié d’un nouvel Opac, le Visual Catalog, utilisé par le SCD de l’Université d’Artois depuis 2006 [5][5] http://visualcata log.univ-artois.fr ou http://portail.bu.univ-artois.fr/.... S’appuyant sur les informations bibliographiques fournies par le logiciel BCDI et extraites de celui-ci, chaque CDI participant a disposé en ligne d’une version spécifique du Visual Catalog [6][6] Les huit Visual Catalog destinés aux différents lycées..., fonctionnant sur des principes similaires à celui exploité par l’Université d’Artois. Commun aux deux lieux documentaires, ce dispositif d’interrogation informatisé des catalogues a joué le rôle du maillon – technologique – manquant dans cette action de continuité documentaire lycée-université.

1 - Formation à l’information et enjeux sociétaux de l’information

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L’avènement de la « société de l’information et des connaissances » [30] et les bouleversements provoqués par la désintermédiation documentaire instrumentée par les TIC [28, 31] ont ravivé les questions déjà anciennes de la formation à la recherche documentaire en milieu académique [7, 8, 11]. Les publications produites ces vingt dernières années par les chercheurs en sciences de l’information, les professionnels de la documentation et des bibliothèques autour des actions consacrées à de telles formations, attestent de la prise de conscience politique des compétences numériques et informationnelles indispensables pour évoluer sereinement dans la « société de l’information » actuelle [13, 26]. Si ces questions de formation ont été prises à bras le corps par les institutions publiques en charge de l’enseignement et de la recherche, un découplage se produit actuellement entre leurs actions de formation à l’information et l’évolution de la société. Il résulte d’un différentiel croissant entre les moyens à consacrer à de telles formations et l’intensification avec laquelle les chantiers numériques transforment notre société [1, 9, 29]. C’est une nouvelle forme de fracture numérique – liée au non-usage - qui se répand actuellement [6, 18]. Il est aisé, pour l’apprécier, de rapprocher par un bref retour en arrière le contexte technologique et économique de l’IST (production, diffusion, accessibilité) des années 1990-1995 avec celui des années 2005-2010. Il est difficile de nier que les sources numériques se sont non seulement diversifiées mais qu’elles se sont, de plus, massivement propagées dans une grande part des activités humaines et sociales. Les communautés virtuelles, la blogosphère, le microblogging, les systèmes participatifs (folksonomie, tagging social) et le nomadisme numérique illustrent l’accélération technologique de nos sociétés.

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C’est bien là que le découplage se révèle patent : alors que les formations à la culture informationnelle constituent un impératif sociétal crucial pour les élèves et les étudiants [26], et que l’économie nationale se conjugue de plus en plus intimement avec le numérique, l’offre de formation à l’information ? parcellaire et touchant trop peu d’étudiants ? a déjà atteint son seuil de saturation dans l’enseignement supérieur [2]. Depuis plusieurs années, la formation documentaire constitue une mission à part entière des services communs de documentation (SCD) des universités qui tentent de répondre au mieux à une demande grandissante. Malgré d’ingénieux dispositifs pédagogiques élaborés au sein même de la bibliothèque (TP, ressources en ligne, visites, etc.) ou dans le cadre de collaborations avec les formations diplômantes de l’université (TD de méthodologie documentaire, C2i étudiant, etc.), les SCD n’ont guère de perspective à voir se généraliser ces formations à tous les étudiants, en l’absence notamment de personnels et d’équipements dimensionnés en conséquence.

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Quant à la formation documentaire dans l’enseignement secondaire, bien qu’elle représente un enjeu pour la réussite des études supérieures, elle est non seulement « discontinue et erratique » mais « les professeurs-documentalistes de lycées et les bibliothécaires des universités ne se fréquentent pas alors qu’ils partagent des objectifs communs de médiation dans l’accès à la connaissance » [10].

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Les problématiques documentaires et informationnelles corrélées à celles des TIC ont pourtant bien engendré un degré de complexité inédit dans les démarches d’accès à l’information [14]. La diversification des sources et des médias a accru les difficultés à appréhender une information pertinente adaptée aux exigences académiques au point qu’elles ne peuvent plus être envisagées dans le cadre d’auto-apprentissage ou d’autodidaxie ou d’autoformation : « Deux éléments caractérisent aujourd’hui l’accès aux ressources documentaires. D’un côté, l’extrême dispersion où l’offre, la qualité souvent inégale des ressources et la diversité des modes d’accès contribuent à rendre plus difficile la recherche d’informations. De l’autre, on observe que les usagers, quoique souvent mal armés, souhaitent à juste titre être autonomes dans leur démarche en maîtrisant le processus de recherche documentaire » [16]. Malgré la difficulté à apprécier objectivement l’utilisation optimale des ressources numériques [3, 27], les bibliothèques ne cessent d’en constater la sous- utilisation par leurs usagers et en livrent clairement une analyse chiffrée dans leurs rapports d’activité annuels.

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Bien que les établissements du supérieur, au travers des initiatives courageuses et volontaires des SCD [17, 19, 25], cherchent à répondre à ces enjeux modernes de la formation à l’information par des démarches locales de coopération, il n’en demeure pas moins que ces actions demeurent fréquemment isolées, peu connues des autres établissements et finalement rarement analysées afin d’établir les éléments d’une politique ambitieuse de formation globale et continue à l’information [15].

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La mise en œuvre de dispositifs mutualisés pour garantir la continuité des apprentissages documentaires au lycée et à l’université se présente comme un moyen d’assurer une cohérence globale dans le but de « partager dans la continuité l’effort pédagogique des documentalistes des lycées et des bibliothécaires municipaux ou universitaires pour favoriser et développer la pratique documentaire de leurs jeunes usagers » [10].

Les modalités de l’expérimentation

L’évaluation du dispositif Visual CDI par les élèves expérimentateurs a été réalisée sur la base d’un exercice commun pour lequel le sujet de recherche documentaire a été cependant adapté afin de tenir compte des centres d’intérêt des différentes classes concernées par l’expérimentation. Cet exercice synthétique, conçu à l’origine par les chercheurs de Document numérique & Usages pour apprécier l’usage des étudiants (Université Paris 8 et Université d’Artois), a été modifié en concertation avec les professeurs-documentalistes pour s’inscrire dans la durée d’une séance de cours et s’appuyer sur la réalité des habiletés documentaires des lycéens. Les quatre parties de l’exercice visaient à apprécier d’une part l’« utilisabilité » des fonctionnalités offertes par le VisualCDI (affiner la recherche, explorer des indices Dewey, sélectionner visuellement des résultats, fureter, rebondir de la recherche à l’exploration, relancer automatiquement la recherche par mot-clef, etc.) et d’autre part la démarche par laquelle les élèves parvenaient à les instrumentaliser au bénéfice de leur recherche documentaire.

La séance de formation qui a précédé la séance d’évaluation a eu un impact considérable sur la façon dont les élèves ont interagi avec le dispositif. En effet, lors de cette séance de formation, les professeurs-documentalistes ont présenté non seulement le contexte et les objectifs de l’expérimentation mais ont également apporté une approche spécifique, en fonction de leurs attentes pédagogiques. Par exemple, le lycée Châtelet a introduit une variation dans l’exercice afin de mettre en évidence l’intérêt d’un logiciel documentaire. Dans ce but, il a distingué trois groupes d’élèves : un premier groupe utilisant uniquement BCDI, un deuxième le VisualCDI et un troisième exploitant le Web. Pour l’enseignant du lycée Gambetta, c’est la comparaison entre BCDI et VisualCDI qui a été un objet d’étude. Le questionnaire soumis à ses quinze élèves (1re L – Arts Plastiques) à l’issue de l’évaluation a confirmé, pour plus de la moitié d’entre eux, la complémentarité des dispositifs.

2 - Visual Catalog et VisualCDI, des systèmes techniques homogènes de recherche documentaire

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Le Visual Catalog, système de recherche d’information bibliographique expérimental, a été élaboré dans le but d’observer l’adéquation des dispositifs techno-documentaires à la réalité des pratiques instrumentales des usagers et de leurs attentes [12, 19, 22]. Expérimenté à l’origine à la bibliothèque de l’Université Paris 8 [24], le Visual Catalog est systématiquement présenté en même temps que le portail documentaire de l’Université d’Artois lors des séances de formation à l’information que la BU propose à ses usagers. Ce dispositif offre des modalités de consultation originales des données descriptives du fonds documentaire qui s’appuient sur la classification utilisée par la bibliothèque. Il l’exploite interactivement comme élément structurant des résultats des recherches menées par les usagers afin de les initier aux principes d’organisation et de description des connaissances de la bibliothèque. Les quatre années d’exploitation du dispositif ont confirmé qu’il était perçu positivement par les usagers ; si les étudiants de premier cycle l’utilisent pour une exploration générale du fonds, les étudiants en master s’en servent dans le cadre de recherches spécifiques et transversales à plusieurs domaines scientifiques.

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Le Visual Catalog propose aussi bien aux usagers de l’université qu’aux professionnels de la BU un outil informatique commun de recherches documentaires exploitant les fonctionnalités technologiques actuelles du Web. Il se présente principalement comme un Opac « de nouvelle génération » [20, 21] mieux adapté aux attentes/besoins/ comportements des usagers.

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Compte tenu de ses caractéristiques de conception, le Visual Catalog a permis de combler une carence technologique importante : l’absence d’outil informatique de recherche documentaire commun au lycée et à l’université. En effet, si à l’évidence les formations à l’information dispensées au sein des établissements secondaires ne sont pas fondamentalement éloignées de celles proposées aux étudiants par les bibliothécaires des établissements du supérieur, l’absence de tels dispositifs communs nourrit chez les usagers (élèves et étudiants) la certitude que CDI et SCD sont deux lieux documentaires disjoints.

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Pourtant, en s’intéressant de près aux informations disponibles sur les sites académiques relatifs aux programmes pédagogiques des professeurs-documentalistes et en les rapprochant des programmes de formation à l’IST que de nombreux SCD proposent en ligne [7][7] Par exemple, la brochure Repère (Ressources électroniques..., il est aisé de constater que rien ne distingue, d’un point de vue intellectuel et méthodologique, les formations aux techniques info-documentaires dispensées dans les deux types d’établissements.

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Les outils techniques de recherche d’information, nombreux et incontournables dans les BU, viennent amplifier cette impression de distinction. Sur ce point précis, en raison de la prégnance que les TIC exercent sur les natifs du numérique, l’absence de système commun finit par confirmer les particularités irréductibles des deux lieux documentaires. Les principes communs de structuration et de description des ressources documentaires ne résistent guère à ces différences flagrantes. Elles finissent par rendre improbable dans l’esprit des élèves une quelconque articulation des deux environnements ; et c’est l’espoir de la réutilisation potentielle des connaissances documentaires conceptuelles acquises au lycée qui sombre alors avec cette certitude.

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Rigoureusement identiques sur le fonctionnement, les Visual Catalog des CDI expérimentateurs et le Visual Catalog de l’Université d’Artois se distinguent essentiellement sur le fonds documentaire interrogé. Les données exploitées, les notices bibliographiques des ouvrages et des articles, proviennent des logiciels BCDI utilisés dans les CDI et sont exportées en format XML (memonotices) ; les modalités de transfert du fichier export (FTP) et de mise à jour ont été réduites au maximum. Compte tenu de la durée conséquente de la procédure d’exportation des notices par BCDI, le rythme d’actualisation a été laissé à la discrétion des professeurs-documentalistes en fonction de l’évolution de leur base bibliographique.

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Avec le déploiement expérimental du Visual Catalog, les CDI expérimentateurs ont également bénéficié d’un travail de longue haleine des bibliothécaires de l’Université d’Artois en charge du catalogage qui ont entrepris un travail minutieux de renseignement des indices Dewey. Plus de 18 000 indices, mis à jour deux fois par an, ont ainsi trouvé une description plus significative pour les usagers que la seule séquence numérique habituelle. Automatiquement, les professeurs-documentalistes ont pu bénéficier dans la version de leur VisualCDI de ce précieux renseignement, faisant alors « parler », pour les monographies exclusivement, cette cote absconse, porteuse d’une information de catégorisation pertinente.

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Le rapprochement entre les autorités-matières de Rameau, le langage MotBis et les descripteurs libres retenus par les professeurs-documentalistes pour indexer les ouvrages de leur fonds documentaire a constitué un apport non négligeable de cette action de continuité.

3 - La continuité du point de vue des lycées

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Au démarrage de l’action, le protocole expérimental prévoyait de mener les lycéens des différents établissements au SCD de l’Université d’Artois. Le projet tendait à prolonger leurs recherches documentaires amorcées dans leur lycée, à partir des méthodes et outils utilisés habituellement au sein de leur CDI, aux collections de la BU, en exploitant le Visual Catalog du SCD, totalement similaire dans son fonctionnement à leur VisualCDI. La diversité des lycées et des classes concernés croisée aux programmes de formation serrés du SCD et des impératifs pédagogiques des lycées n’ont pas permis de suivre rigoureusement le protocole défini qui prévoyait la visites des étudiants sur le site de la BU. Malgré cette reconfiguration du protocole expérimental initial, l’exercice commun de recherches documentaires, demandé aux différents groupes d’élèves, les a conduits non seulement à mobiliser les connaissances documentaires déjà acquises (tant techniques qu’instrumentales : équations de recherches, classifications, thésaurus, etc.) mais également à exploiter efficacement les possibilités de rebond lexical offertes par les mots-clefs ainsi que les supports de catégorisation intellectuelle véhiculés par la classification.

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L’expérimentation proprement dite s’est déroulée à l’occasion d’une séance d’une heure au cours de laquelle les élèves ont été amenés à traiter un exercice-type conçu collectivement à cette intention. Préalablement à cette évaluation, les élèves ont été initiés en quelques séances au fonctionnement du VisualCDI, présenté non pas comme une alternative au logiciel BCDI habituellement utilisé par les élèves mais comme un outil complémentaire à celui-ci. Les diverses particularités fonctionnelles de ce dispositif ont été décrites aux élèves : structuration et informations présentes dans les différentes colonnes (titre, mot-clefs, indices Dewey), synthèse graphique (catégories, classes Dewey), filtrage de colonnes à colonnes, exploration des indices Dewey, etc.

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Lors de la séance d’évaluation, les professeurs-documentalistes ont adapté l’exercice-type aux lycéens en le reliant à des thèmes de recherches proches de leurs sensibilités disciplinaires ou de leurs intérêts respectifs. Si la diversité des recherches documentaires des élèves a exprimé l’attrait que ceux-ci pouvaient manifester pour certains sujets d’actualité, l’expérimentation a été l’occasion de renforcer la continuité entre enseignements documentaires et généraux. En effet, dans plusieurs cas, les thèmes de recherche des élèves ont été identifiés en concertation avec les enseignants des disciplines principales afin de prolonger des sujets d’étude préalablement abordés. Une classe de seconde a ainsi mené, à la demande de son professeur de français, des recherches documentaires sur les expositions universelles. Des élèves de 1re ES ont effectué leurs recherches sur les énergies renouvelables, ceux d’une 1re STG sur « informatique et Internet », des élèves de 2nde sur la condition des femmes, d’autres de 1re littéraire-arts plastiques sur le surréalisme, des élèves de 1re année bac pro Secrétariat sur la pauvreté, des 1re STG sur des sujets de société (addiction à l’alcool, drogues dures et douces, réseaux sociaux, sectes, prostitution des mineures) ou plus directement liés au monde de l’entreprise (harcèlement au travail, cybercriminalité, parité homme-femme, santé au travail, travail et handicap).

4 - Bilan de l’expérimentation du point de vue des professeurs-documentalistes

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Les professeurs-documentalistes se sont accordés sur le fait que le VisualCDI apportait aux élèves une plus grande compréhension des principes de structuration des classifications et d’une utilisation pragmatique de celles-ci. L’approche de la catégorisation induite par la Dewey leur suggérait une autre façon d’apprendre, de cerner un sujet et d’en percevoir les contours, de s’approprier les domaines du savoir et de percevoir les transversalités enrichissantes (par exemple, une recherche effectuée sur le mot-clé « photographie » a montré qu’en un coup d’œil on pouvait situer ce sujet en sociologie ou en sciences et arts).

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La traduction du sujet en mots-clés pose toujours beaucoup de problèmes. Le réservoir lexical des élèves étant souvent limité, ceux-ci usent (et abusent), pour effectuer leurs recherches documentaires, des premières notions immédiates. Celles-ci finissent inéluctablement par « boucler » sur les mêmes références documentaires lorsque l’élève n’a pas recours à un thésaurus (comme celui de BCDI) qui lui permet d’ouvrir son champ lexical. Malgré la confusion que VisualCDI entretient entres mots-clés et descripteurs, les professeurs-documentalistes, presque unanimement, ont constaté qu’il permettait d’augmenter sensiblement ce champ lexical en le complétant automatiquement de nouveaux termes hérités de Motbis et du répertoire d’autorité- matière Rameau. Le « nuage de termes » que renvoie le logiciel à chaque recherche ouvre ainsi beaucoup de portes : « Dans BCDI, il faut avoir une idée précise de son sujet dès le départ, dans VisualCDI, on a plus d’idées pour choisir. Quand on ne sait pas où on va, VisualCDI, c’est bien ! »

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Éclipsant la crainte préalable de confusion sur le fait d’utiliser deux dispositifs pour interroger le même fonds, les professeurs-documentalistes ont constaté que la notion de logiciel documentaire et d’interface était mieux comprise. Passer par deux interfaces différentes se révèle formateur et constructeur de sens pour les élèves. Ils se familiarisent avec la notion d’interrogation de bases de données et acquièrent des compétences transversales qu’ils peuvent réinvestir ailleurs. Certains élèves ont perçu non seulement les différences entre les deux interfaces, mais ont trouvé comment en exploiter les fonctionnements de manière complémentaire : VisualCDI leur a donné l’impression d’explorer « à fond le fonds » par les mots-clés et la Dewey, BCDI de pouvoir choisir les documents pré-repérés par VisualCDI en validant leur pertinence par le résumé et de rédiger la bibliographie.

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Pour un professeur-documentaliste, le résultat le plus manifeste de l’expérimentation a porté sur les qualités conceptuelles d’un logiciel documentaire par rapport à une démarche qui privilégie immédiatement le Web. L’apport de nouveaux mots-clés, en lien direct avec leurs sujets de recherches, apparaît ainsi réellement structurant pour l’effort de conceptualisation des élèves : le thésaurus de BCDI fait apparaître les mots-clés conceptuellement corrélés au mot-clé initial et VisualCDI liste automatiquement les mots-clés corrélés quelles que soient les recherches. Considérée sous cet angle, la plus-value d’une utilisation des deux logiciels est de maintenir plus longtemps ouvert le questionnement des élèves. C’est une phase de « brainstorming » féconde pour la recherche : ils trouvent des questions plutôt que des réponses alors que, livrés à Internet, ils cherchent systématiquement un traitement « tout fait » du problème auquel ils sont confrontés.

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Enfin, et plus généralement, en raison de l’interaction particulière que le cadre de l’expérimentation avait introduite, certains professeurs-documentalistes ont noté que les élèves situaient mieux leur activité et le lien entre données secondaires et documents primaires.

5 - Bilan et perspectives

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Les enjeux de la réussite des primo-arrivants à l’université sont étroitement liés à la question d’une utilisation efficace des documentations que les universités mettent à leur disposition. En leur temps, D. Bretelle-Desmazières, A. Coulon et C. Poitevin [5] avaient confirmé l’importance d’une solide compétence documentaire, gage de la réussite des étudiants dans leurs cursus universitaires. De nombreuses actions de formation à l’information ont été ? et continuent à être ? engagées au sein des universités mais, compte tenu du nombre d’étudiants à former, de leurs attentes extrêmement variables et des moyens limités dont disposent les SCD, elles parent finalement au plus urgent en donnant une part trop grande à la manipulation des innombrables dispositifs techno-documentaires des BU. Le rapport conjoint IGB-IGEN sur les questions de la continuité lycée-université en matière documentaire rappelle pourtant que les compétences info- documentaires sont à considérer comme compétences clés. La présence de telles compétences dans les certificats B2i et C2i [8][8] http://b2i.education.fr, http://c2i.education.fr qui jalonnent la scolarité, du primaire à l’université, souligne, de fait, une confirmation des actions nationales pour se conformer aux recommandations européennes. Mais la formation et la place de ces certificats dans les différents cursus sont très réduites et ne répondent pas aux enjeux de la réussite des étudiants. Le rapport IGB-IGEN préconise ainsi une meilleure articulation des apprentissages documentaires que proposent lycées et universités.

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C’est dans cet esprit que l’expérimentation menée pendant l’année 2009-2010 a été mise en place. Un stage [9][9] Journées des 21 et 22 janvier, « Le catalogue en question »,... inscrit dans le programme académique de formation a permis aux professeurs-documentalistes impliqués de présenter, lors d’ateliers, les retours pragmatiques et les résultats concrets des séances de formation et d’évaluation consacrées au VisualCDI. Un nouveau programme d’expérimentation élargi à une douzaine d’établissements témoigne de leur intérêt manifeste pour des solutions inédites susceptibles d’offrir aux élèves d’autres façons d’aborder, dans le but d’une appropriation durable, les techniques documentaires et la recherche d’informations. Si cette interprétation peut être difficilement invalidée, il n’en demeure pas moins qu’elle ne constitue qu’une des lectures possibles des résultats encourageants de l’expérimentation. En effet, les différentes actions menées ces dernières années dans le cadre de la liaison lycée-université [15] ont mis en évidence, tout particulièrement, les ajustements organisationnels nécessaires pour permettre l’accueil des lycéens à l’université afin qu’ils s’approprient le mieux possible leur nouvel univers documentaire de référence. Néanmoins, cette vision « macro », qui convoque une implication particulière des acteurs institutionnels (présidence des universités, chef d’établissement, rectorat) et souligne le degré de priorité qu’ils apportent ? ou peuvent porter ? à ces actions, nous invite aussi à considérer les éléments articulatoires, au niveau « micro », qui donnent sens et efficacité au projet conceptuel de l’action.

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Nul doute que le cadre institutionnel se révèle primordial pour orienter les actions de terrain des différents professionnels, mais il ne détermine pas la performativité de telles actions. La rupture effective entre CDI et BU, considérée du point de vue de la diversité des sources documentaires et des outils de recherche, exige des professeurs-documentalistes de transposer systématiquement les enseignements qu’ils dispensent au sein de leur lycée à l’univers documentaire de la BU. Cette transposition, vécue comme une nouvelle façon de mener les recherches documentaires au sein d’un environnement manifestement plus imposant, ne proposant pas les mêmes ressources ni les mêmes outils, est finalement perçue comme nouvelle de bout en bout par les élèves. Elle ne les encourage pas à mobiliser leurs compétences documentaires que s’emploient pourtant à développer les enseignants des CDI.

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C’est précisément parce que la démarche expérimentale du VisualCDI a mis en évidence des éléments articulatoires pragmatiques ? facilitant une approche de la continuité et révoquant celle de la transposition ? entre les deux univers documentaires qu’elle a séduit. Ainsi, la mise en place d’un Opac supplémentaire pour interroger le fonds bibliographique, en plus du dispositif initial BCDI représentant le dispositif technique de référence pour les recherches bibliographiques, a permis d’approcher ? certes modestement ? la réalité inflationnelle des BU en matière de TIC. Les outils (de plus en plus) nombreux qui interrogent souvent des sources documentaires en recouvrement, mais qui ne fournissent pas nécessairement les mêmes informations, constituent l’un des éléments de complexité des BU. Si la multiplicité des dispositifs exige alors des étudiants qu’ils mettent en place de véritables stratégies cognitives efficaces de mise en œuvre des outils de recherche, il leur est également demandé une grande habileté dans la formulation de leurs requêtes d’interrogation, pour résoudre le silence documentaire ou, à défaut, en atténuer le bruit. La capacité à expliciter par un vocabulaire riche et varié leurs thèmes de recherches, d’en préciser les contours et de définir des problématiques pour lesquelles ils seront en mesure de fournir des bibliographies concordantes sont des enjeux heuristiques importants, qui détermineront des pratiques visant à transformer démarches, méthodes et outils en de réels instruments au service de leurs activités intellectuelles. En réponse à ces enjeux, les langages d’indexation et de classification sont apparus comme des assistants efficaces pour améliorer les recherches et pallier l’absence de vocabulaire des lycéens sur des domaines qu’ils connaissaient peu ou mal. La possibilité de passer sans difficulté de Motbis à Rameau a permis de limiter les différences des univers documentaires en soulignant que ces langages, malgré des périmètres d’utilisation professionnelle bien spécifiques, concouraient à une continuité lexicale et sémantique.

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Compte tenu des enjeux liés à la réussite des lycéens devant intégrer l’université l’inspection de l’académie de Lille avait envisagé, lors des réunions préparatoires à la mise en place de l’expérimentation, de généraliser le dispositif à l’ensemble des lycées de l’académie. La phase actuelle de « post-expérimentation/pré-généralisation » poursuivie avec une vingtaine d’établissements du secondaire, en étroite collaboration avec l’Université d’Artois, peut se lire d’ores et déjà comme une réussite de cette démarche collective autour de la liaison documentaire lycée/université.

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Sans augurer du bilan qui sera dressé prochainement, tout laisse à penser que les résultats obtenus avec les huit premiers lycées expérimentateurs se retrouveront avec les douze autres lycées. La généralisation apparaît alors comme une action d’envergure se profilant dans un futur proche. Et si l’on ne peut que se réjouir d’une telle perspective, il convient de ne pas sous-estimer la hauteur de la marche qu’il s’agit désormais de franchir. En effet, une telle action de généralisation va impliquer directement les six universités de l’académie en exigeant qu’elles jouent pleinement avec leurs lycées de proximité le rôle de partenaire que l’Université d’Artois se prépare à tenir avec les établissements du secondaire proches de ses nombreux sites d’implantation. Le financement récent, par le pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Université Lille Nord de France [10][10] http://www.pres-ulnf.fr/, d’une passerelle documentaire visant à équiper graduellement les SCD de chaque université de l’académie d’un Visual Catalog fédérateur constitue une contribution significative dans la démarche de généralisation envisagée. Malgré le contexte difficile que connaissent les universités avec la récente réforme sur l’autonomie, ce signal fort émanant du PRES Université Lille Nord de France peut être interprété comme une volonté d’accompagner activement les initiatives de liaison lycée/université de la deuxième académie [11][11] En nombre d’établissements du second degré (cf. ht... de l’Hexagone. •

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Novembre 2011

Remerciements

Nous remercions la société Linescort qui, dans le cadre du mécénat technologique, accompagne cette expérimentation depuis ses débuts en mettant à disposition pour l’hébergement technique des différents VisualCDI un serveur informatique dédié.


Références

  • [1] –  Gérard BERRY. Pourquoi et comment le monde devient numérique ?, Collège de France ; Fayard, 2009
  • [2] –  Frédéric BLIN, Mathieu STOLL. « La formation des usagers dans l’enseignement supérieur », Bulletin des bibliothèques de France, 2005, n° 6, p. 5-15, http://bbf.enssib.fr
  • [3] –  Cherifa BOUKACEM- ZEGHMOURI (dir). L’information scientifique et technique dans l’univers numérique : mesures et usages, ADBS éditions, 2010
  • [4] –  Danièle BRETELLE- DESMAZIERES, Véronique MESGUICH, Hervé LE MEN, Christophe BOUDRY, Caroline WIEGANDT, Marie-Françoise BISBROUCK, Françoise SOGN. « Évolutions de la relation avec les usagers », Documentaliste-Sciences de l’information, 2009, vol 46, p. 32-44
  • [5] –  Danièle BRETELLE- DESMAZIERES, Alain COULON, Christine POITEVIN. Apprendre à s’informer : une nécessité. Évaluation des formations à l’usage de l’information dans les universités et les grandes écoles françaises, Université Paris 8, Laboratoire de recherche ethno-méthodologique, 1999
  • [6] –  Françoise CHAPRON, Eric DELAMOTTE (dir). L’Éducation à la culture informationnelle, Presses de l’Enssib, 2010
  • [7] –  Alain COULON. Le métier d’étudiant. L’entrée dans la vie universitaire, PUF, 1997
  • [8] –  Claire DENECKER. Les compétences documentaires : des processus mentaux à l’utilisation de l’information, Presses de l’Enssib, 2003
  • [9] –  Milad DOUEIHI. La Grande conversion numérique, Éditions du Seuil, 2008
  • [10] –  Jean-Louis DURPAIRE, Daniel RENOULT. L’accès et la formation à la documentation du lycée à l’université : un enjeu pour la réussite des études supérieures, Rapport IGEN-IGB, n°2009-000, 2 mars 2009
  • [11] –  Aniela FEO. « L’enseignement de méthodologie documentaire à l’Université Paris-8 : un accompagnement bien tempéré », Documentaliste - Sciences de l’information, 1998, vol. 35, n° 3, p 147-155. http://www.adbs.fr/c/e
  • [12] –  Viviane FOLCHER. « Usage comparé d’outils de recherche documentaire : premiers résultats et pistes d’analyses ouvertes », intervention au colloque « La bibliothèque entre physique et virtuel : objet complexe de sens, objet d’usages complexes », 11 mai 2006, Université Paris 8, http://www.archivesaudiovisuelles.fr/674/
  • [13] –  Cécile GARDIES, Isabelle FABRE, Viviane COUZINET. « Re-questionner les pratiques informationnelles », Études de communication, 2010, n°35, http://edc.revues.org
  • [14] –  Jean-Pierre GIRAUDIN. « Complexité des systèmes d’information et de leur ingénierie », e-TI - la revue électronique des technologies d’information, 9 mai 2007, n° 3
  • [15] –  IANTE 2009. Compte rendu de l’atelier Liaison lycée-université, Réunion des interlocuteurs académiques de documentation, Paris, 26 et 27 janvier 2009, http://www.educnet.education.fr/cdi/anim/interlocuteurs/reunions/reunion-2009/ateliers/lycee-universite
  • [16] –  Claude JOLLY. « Bibliothèques universitaires. Regard sur les changements », Bulletin des bibliothèques de France, 2001, t.46, n°6, p. 50-54, http://bbf.enssib.fr/
  • [17] –  L’évolution des usages et des pratiques documentaires du lycée à l’université : besoins, attentes et représentations, journée d’étude du 25 mars 2009, Université d’Artois, http://portail.bu.univ-artois.fr
  • [18] –  Alain KIYINDOU (dir). Fractures, mutations, fragmentations : de la diversité des cultures numériques, Hermès-Lavoisier, 2009
  • [19] –  Corinne LEBLOND. « Un système d’information documentaire à l’Université, fédération des ressources et personnalisation des services : de l’idéal du projet à la réalité des usages ». In : Usages et pratiques dans les bibliothèques numériques, Fabrice PAPY (dir.), Hermès Science Publications : Lavoisier, 2007, p. 73-93
  • [20] –  Marc MAISONNEUVE. Le catalogue de la bibliothèque à l’heure du Web 2 : étude des opacs de nouvelle génération, ADBS Éditions, 2008
  • [21] –  Marc MAISONNEUVE. « Logiciels en bibliothèque », Livres Hebdo, mars 2010, n°811, p. 83-88
  • [22] –  Fabrice PAPY, Corinne LEBLOND. « L’interface de recherche d’information du Visual… Catalog : un outil innovant à double détente », Documentaliste-Sciences de l’information, 2007, vol. 44, n°4-5, p. 288-298
  • [23] –  Fabrice PAPY. « Organisation intellectuelle et architecture des bibliothèques : simplifier la complexité, amplifier l’accès et redécouvrir les fonds par la médiation technologique », 53e congrès de l’Association des Bibliothécaires de France, Nantes, 8-11 juin 2007
  • [24] –  Fabrice PAPY, Sophie CHAUVIN. « Au-delà de la transfiguration du catalogue. Le Visual… Catalog », Bulletin des bibliothèques de France, 2005, n° 4, p. 5-12, http://bbf.enssib.fr
  • [25] –  Maud PUAUD. Construire un partenariat entre le SCD de l’Université d’Angers et les CDI de lycées : étude de faisabilité, Mémoire DCB, Enssib, octobre 2009, 57 pages.
  • [26] –  Recommandation du Parlement européen et du Conseil sur les compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie, 18 décembre 2006, Journal officiel L 394, 30 décembre 2006
  • [27] –  Joachim SCHÖPFEL, Chérifa BOUKACEM-ZEGHMOURI, « Statistiques d’utilisation des ressources électroniques », Bulletin des bibliothèques de France, 2005, n° 4, p. 62-66, http://bbf.enssib.fr
  • [28] –  Jean SALENÇON. Rapport du comité Information scientifique et technique, ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, juin 2008
  • [29] –  Andréa SEMPRINI. La société de flux : formes du sens et identité dans les sociétés contemporaines, L’Harmattan, 2003
  • [30] –  Unesco. Vers les sociétés du Savoir, Rapport mondial, 2005, http://unesdoc.unesco.org/
  • [31] –  Bruno VAN DOOREN. Bibliothèques universitaires et nouvelles technologies. Rapport, Ministère de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, juin 2009, http://media.education.gouv.fr/file/96/6/5966.pdf

Notes

[2]

Site web du groupe de recherches Document numérique & Usages (DnU), http://docnum.info

[3]

Lycée polyvalent Guy Mollet d’Arras, lycée professionnel Édouard Lalo de Lille, lycées d’enseignement général et technologique (LEGT) Gambetta d’Arras, Rimbaud de Sin le Noble, Louis Pasteur d’Hénin-Beaumont, Jean Moulin de Roubaix, Queneau de Villeneuve d’Ascq et Albert Châtelet de Saint Pol sur Ternoise. L’expérimentation a été menée avec 147 élèves au total, essentiellement en classes de première et de terminale.

[4]

Christian Willhelm. Liaison Lycée- Université : « Visual-CDI », http://www2b.ac-lille.fr/prof-doc/mutualisation_des_pratiques_experiences_121.htm

[6]

Les huit Visual Catalog destinés aux différents lycées expérimentateurs sont librement accessibles à partir d’un portail géré par l’Université d’Artois : http://visualcdi.univ-artois.fr

[7]

Par exemple, la brochure Repère (Ressources électroniques pour l’étudiant, la recherche et l’enseignement), http://repere.enssib.fr

[9]

Journées des 21 et 22 janvier, « Le catalogue en question », Université d’Artois, rectorat de l’académie de Lille, http://portail.bu.univ-artois.fr/

[11]

En nombre d’établissements du second degré (cf. http://media.education.gouv.fr/file/2010/14/3/chap2.4_152143.pdf)

Résumé

Français

Mis en place lors de l’année scolaire et universitaire 2009-2010 dans l’académie de Lille, un dispositif expérimental de continuité documentaire lycée-université a rassemblé différents partenaires autour d’un objectif commun : relier les enseignements documentaires destinés aux lycéens et aux étudiants dans le but d’augmenter l’efficacité des formations à l’information. Le Visual Catalog, un nouvel Opac conçu par l’Université d’Artois, a joué le rôle du maillon manquant entre les apprentissages documentaires du collège et ceux du lycée.

English

Continuity in secondary school to university library ressources in the Lille district: can this experiment be applied more widely?Implemented during the 2009/2010 academic year in the Lille school district, a project that linked access to information resources by high school and university students brought together different players with a common purpose: to make information retrieval training programs more effective for both groups. The Visual Catalogue, a new OPAC designed by Artois University, played the rôle of the missing link between high school and university information retrieval training programs.

Español

Continuidad documental "escuela secundaria-universidad" en la Academia de Lille: ¿un dispositivo experimental generalizable?Realizadas durante el año escolar y académico 2009-2010 en la Academia de Lille, un dispositivo experimental de continuidad documental Escuela Secundaria-Universidad ha reunido a diferentes socios en torno a un objetivo común: enlazar las enseñanzas documentales destinadas a los alumnos de secundaria y a los estudiantes universitarios con el fin de aumentar la eficacia de las formaciones de la información. El catálogo visual, un nuevo OPAC diseñado por la Universidad de Artois, hizo el papel de eslabón perdido entre los aprendizajes documentales de la universidad y aquellos de la escuela secundaria.

Deutsch

Dokumentarische Kontinuität „Gymnasium-Universität“ im Bereich von Lille: Eine übertragbare experimentelle Vorrichtung?Im Schul- und Studienjahr 2009/2010 versammelte im Bereich Lille eine experimentelle Vorrichtung der dokumentarischen Kontinuität vom Gymnasium zur Universität verschiedene Partner mit einem gemeinsamen Ziel: Die dokumentarischen Lehrinhalte für Schüler und Studenten zu verbinden, um die Effizienz der Informationsausbildung zu verbessern. Der „Visual Catalog“, ein neuer Opac von der Universität Artois, hat das fehlende Glied zwischen der dokumentarischen Ausbildung der verschiedenen Gymnasiumsstufen ersetzt.

Plan de l'article

  1. 1 - Formation à l’information et enjeux sociétaux de l’information
  2. 2 - Visual Catalog et VisualCDI, des systèmes techniques homogènes de recherche documentaire
  3. 3 - La continuité du point de vue des lycées
  4. 4 - Bilan de l’expérimentation du point de vue des professeurs-documentalistes
  5. 5 - Bilan et perspectives

Pour citer cet article

Billaut Ronald, Bruckert Renaud, Dome Philippe, Dooghe Emilie, Dupret Emmanuelle, Farvacque Brigitte, Feyler François, Gelles Jacinthe, Laneres Jérôme, Leblond Corinne, Papy Fabrice, Poullain Bénédicte, Van Ommeslaeghe Sophie, Verebes Sylvie, « Continuité documentaire « lycée-université » dans l'académie de Lille : un dispositif expérimental généralisable ? », Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2011 (Vol. 48) , p. 62-69
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2011-4-page-62.htm.
DOI : 10.3917/docsi.484.0062.


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