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Documentaliste-Sciences de l'Information

2011/4 (Vol. 48)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.484.0070
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Instaurer une culture de la communication dans les bibliothèques

Communiquer ! Les bibliothécaires, les décideurs et les journalistes. Accart, Jean-Philippe (dir.), Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2010. – 176 p. - ISBN 978 2 910227 84 5 : 22 €

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L’objectif de ce livre est de contribuer à « instaurer une culture de la communication dans les bibliothèques ». Cette culture de la communication, il faut la comprendre comme communication institutionnelle, non pas vers le grand public et les lecteurs mais à destination des décideurs et des médias. Le livre place la bibliothèque au milieu de la cité, avec une triangulation entre bibliothécaire, politicien et journaliste.

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L’ouvrage contient quatre parties :

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Communiquer pour exister. Les deux premiers chapitres dressent le contexte : ils expliquent les fondamentaux de la communication institutionnelle (qui fait quoi ? quel message ? quels cibles ? quels moyens ?) et débattent de l’image des bibliothèques dans la presse régionale et des enjeux de la communication qui contribuent à légitimer leur existence. « Communiquer pour exister », il faut prendre ce titre, dans le contexte politique et économique actuel, au pied de la lettre.

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Devenir visible aux yeux des décideurs. Les six chapitres de la seconde partie abordent les stratégies de communication des bibliothèques municipales, départementales, universitaires et nationales. La communication doit s’adapter à chaque type de bibliothèque, en fonction de son contexte particulier, des moyens de communication dont elle dispose, de ses objectifs mais aussi en fonction des acteurs en place.

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Par exemple, Sabrina Granger présente le profil d’un chargé de communication tandis que Marie-Noëlle Leroux parle de la démarche d’une recherche de financement dans le cadre universitaire. Comment se faire une place dans la cité ? C’est un autre chapitre rédigé par Ophélie Ramonatxo, elle-même conservatrice à la médiathèque de l’Institut Français à Londres. Cette partie rejoint la réflexion autour du rôle social des bibliothèques publiques.

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Utiliser les outils et les réseaux. La 3e partie décrit les outils, ressour­ces et stratégies « hors contexte ». En six chapitres, le lecteur apprend l’essentiel sur les relations avec la presse écrite, avec la télévision et avec une agence de communication. Il découvrira également comment publier une lettre d’information, comment utiliser les réseaux sociaux et comment positionner la stratégie de la bibliothèque en cohérence avec la communication culturelle globale d’une municipalité. « Savoir communiquer avec la presse écrite, c’est d’abord savoir qui sont les journalistes, où et comment ils travaillent, et quels sont leurs besoins », c’est le credo de Serge Courier, journaliste et formateur indépendant, qui s’attelle à rendre le métier et la démarche du journaliste intelligible aux bibliothécaires. Gaël Revelin du SCD de l’université de Savoie explique en quelques mots comment articuler l’activité sur le Web2.0 suivant une approche traditionnelle de la communication. En fait, le problème n’est pas de définir une stratégie ou d’établir une présence et une visibilité sur les réseaux sociaux mais, plutôt, l’insertion de cette activité dans un cadre institutionnel.

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Convaincre aux plans associatif et international. La dernière partie laisse la place à trois militants associatifs qui expliquent comment communiquer pour faire du lobbying : Dominique Lahary pour l’interassociation des bibliothécaires et documentalistes IABD (national), Joanne Yeomans pour Eblida (européen), et Daisy McAdam pour l’Ifla (international). Être clair dans les objectifs, souple dans la tactique, coaliser, établir des alliances et construire une visibilité, gérer le temps (Dominique Lahary) – le lecteur trouvera ici des conseils utiles qui reflètent des années de militantisme sur le terrain.

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Quatre encadrés expliquent comment travailler avec une fondation privée, rédiger un communiqué de presse, organiser une conférence de presse et instaurer le dialogue entre décideurs politiques et bibliothécaires. Ce dernier point – le lobbying en faveur des bibliothèques – est traité par Claudia Lux, ancienne présidente de l’Ifla et directrice de la bibliothèque centrale de Berlin. Sa conviction : « Pour agir en faveur des bibliothèques, il faut présenter des arguments convaincants », mettre en avant non pas les activités traditionnelles mais leur rôle politique, en particulier leur contribution à la formation et à la société de l’information.

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Un mémento résumant l’essentiel des chapitres sous forme d’une check-list, un glossaire et une courte bibliographie terminent le livre. En fait, un lecteur pressé lira d’abord les quatre pages du mémento pour trouver ensuite dans la richesse des chapitres ce dont il a besoin.

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Jean-Philippe Accart a réuni vingt auteurs de différents horizons, métiers et pays. L’enseignant- chercheur côtoie le bibliothécaire, le journaliste et le chargé de communication. Les conseils et modèles s’appuient sur l’expérience et le terrain en France, Suisse, Allemagne, Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

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Le résultat est un ensemble parfois surprenant d’études de cas, d’analyses de contexte, de modes d’emploi et retours d’expérience. Dans une boite à outils, on n’attend pas nécessairement que tout soit bien rangé, de la même couleur ou taille. L’essentiel est qu’on y trouve ce dont on a besoin. Dans ce sens, cet ouvrage porte bien son nom et le lecteur – un bibliothécaire ou documentaliste dans une bibliothèque publique, universitaire ou de recherche – l’utilisera avec satisfaction et profit. •

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Joachim Schöpfel

Quel futur pour les bibliothèques ?

Horizon 2019 : bibliothèques en prospective. Dominique Arot, Anne-Marie Bertrand, Robert Damien, et al, Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2011. – 111 p. – (Collection Papiers. Série Généalogies. ISSN 2111-0212). – ISBN 978-2-910227-87-6 : 22 €

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On sait combien les bibliothécaires interrogent, analysent et critiquent les conditions dans lesquelles s’exerce leur profession. Une nouvelle étape de leur réflexion est franchie avec cet ouvrage, compte rendu d’un colloque tenu à l’Enssib fin 2009. Intitulé Horizon 2019, il s’est proposé d’imaginer l’avenir de l’institution à dix ans, dans la continuité des éléments réunis, entre autres, par les travaux de l’Enssib sur le modèle de la bibliothèque publique, son évolution depuis les années soixante-dix et son avenir. À partir de l’état de la situation en ce qui concerne le livre, l’édition et la lecture, les médiations culturelles, l’utopie fondatrice qu’est la mise à disposition du savoir pour tous, la place du public, l’invasion du virtuel, fut cerné au plus près l’environnement numérique, professionnel, politique des bibliothèques. Propositions et hypothèses furent dégagées sur les missions et objectifs futurs des bibliothèques conçues, « avant d’être un outil […] comme un projet – politique, social, scientifique, culturel » (Anne-Marie Bertrand).

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Des divers défis à relever, les changements socioculturels des dernières décades ne sont pas les moindres. Avec Pascal Ory qui les rappelle après avoir défini, en historien, les cinq prolégomènes de base « à toute prospective qui voudrait se présenter comme science », deux scénarios hypothétiques peuvent être distingués : soit la dilution de la bibliothèque publique « dans l’océan d’un système documentaire libéral- libertaire », à savoir Internet ; soit a contrario l’excès du virtuel qui peut se voir compenser par le besoin de « re-matérialiser » objets et lieux où s’exerce la lecture publique – au service de tous les publics.

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Éditeur (La Découverte), François Gèze se lance dans un essai de prospective sur ce que pourrait devenir le livre imprimé en 2019. Des années soixante-dix aux années deux mille, les acteurs de la chaîne du livre – lecteurs y compris ? ont vu profondément se transformer leurs pratiques et ceci ne peut que continuer. Le tableau qu’en fait F. Gèze, en se plaçant délibérément en 2009, éclaire un paysage mixte car « façonné pas du tout de la même manière par les technologies numériques selon les différents types de livres » et où les métiers auront fortement évolué. Quant aux bibliothécaires, qu’il voit libérés de travaux répétitifs et assistés par de nouveaux outils, il les imagine beaucoup mieux à même d’adapter leurs ressources aux demandes exprimées et de s’ouvrir davantage aux non usagers. La concertation interprofessionnelle sera une exigence.

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Bien loin d’entrevoir comme certains la fin d’une médiation et du métier exercés par les bibliothécaires, Bertrand Legendre, « se faufilant entre défaitisme nostalgique d’un Âge d’or du livre sans doute largement fantasmé et optimisme débridé », réfléchit à leur avenir en terme de valeur ajoutée. Ce qui fonde la bibliothèque, c’est sa « capacité de service rendu au public. Cette valeur ajoutée, aujourd’hui multiforme […], sollicite à la fois une pensée globale du rôle des bibliothèques et des compétences spécialisées. ». Appuyé sur une solide formation professionnelle, cet aspect de l’offre, diverse par rapport à la production de masse, faisant une large part à la formation du public, ne peut que se développer.

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C’est également en insistant sur le rôle de médiation culturelle vers tous les publics que Dominique Arot répond aux pronostics sur la fin d’une utopie : la conservation du savoir et sa mise à disposition de tout un chacun, fondement, on le sait, de l’existence des bibliothèques. Attaquée par la baisse des crédits d’une part, par la baisse tendancielle de la lecture et par la « concurrence » des outils numériques individualisés d’autre part, l’institution a su évoluer en adoptant une politique documentaire raisonnée, en modernisant les fonds et en constituant des réseaux. En outre, il est indéniable que les bibliothèques publiques « répondent, à l’heure du numérique, à la nécessité d’« espaces sociaux de partage » (formule de Bertrand Calenge ». L’ouverture ou l’accentuation de partenariats culturels et éducatifs, en particulier avec les établissements scolaires, constituent autant de possibilités d’ancrer davantage la bibliothèque dans la cité.

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En effet, avec le chapitre « Bibliothèques, ouvertures et territoire », Georges Perrin analyse ce que pourrait être, et ce qu’est déjà parfois, la coopération des diverses sortes de bibliothèques (BU, BM, BDP) avec les collectivités territoriales. La problématique va en être modifiée par la réforme de ces dernières qui doit être achevée en janvier 2014, ainsi que par la politique de développement des réseaux territoriaux d’universités et les incidences de la loi sur les libertés et les responsabilités des universités (LRU). Les coopérations déjà menées à bien : pôle documentaire et municipal de Brest, expérience du Val d’Oise, cas de Troyes, etc. montrent que des solutions adaptées au terrain local peuvent réussir. Peut-être à l’avenir verra-t-on « chaque réseau documentaire unique en son genre, en tout cas moins parcellisé et moins standardisé que nos bibliothèques d’aujourd’hui » ?

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Ainsi sont posés les jalons du chemin à parcourir pour en arriver à « un nouvel esprit bibliothécaire » (Robert Damien). Il s’agit, mesurant l’enjeu de la révolution numérique, de proposer, ou retrouver, de nouvelles ressources philosophiques, au sens bachelardien du terme, permettant de comprendre le « nouvel athlétisme de la lecture » induit par la biblio-informatique. Les interrogations et les pistes proposées dans ce chapitre sur les « re-médiations de la bibliothèque numérique » enrichissent la problématique de l’avenir de l’institution, avenir qui ne peut se construire qu’avec « la multiplication des relations […] ce qui nécessite sans doute de nouveaux bibliothécaires pour une nouvelle raison biblionumérique ».

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On le voit, l’image traditionnelle de la bibliothèque a toutes les chances de vaciller, voire de se « ringardiser », et jusqu’à son nom même qui semble, médiathèque compris, archaïque à beaucoup. Or, l’image symbolique joue un rôle non négligeable dans l’appréciation – positive ou négative – d’un objet social. La représentation qu’a le corps social de cet objet influe sur son devenir. Comme le montre Anne-Marie Bertrand, si les bibliothèques lui semblent « dans la brume », c’est que leur représentation est « souvent floue », en tout cas ambigüe puisqu’elle peut varier, exemples à l’appui, d’une représentation de proximité à vocation socioculturelle multipublics à celle, traditionnelle, d’une « grande bibliothèque-ressource de par la richesse de ses collections », d’un « univers de loisir » à un « espace éducatif et de recherche documentaire ». « Partager le savoir et l’information, à côté de l’école », contribuer à « permettre la libre investigation de chacun », base de la démocratie, constituer enfin ce que Patrick Bazin appelle « du lien entre les gens », autant de pistes lancées pour faire, selon A.-M. Bertrand, « de l’utile et de l’agréable » dans des « maisons de la curiosité intellectuelle ». •

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Claire Guinchat

Maîtriser la gestion des archives

Archivage électronique et records management : état de l’art et présentation de sept solutions. Tosca Consultants ; étude réalisée par Philippe Lenepveu, Paris : ADBS Éditions, 2011. – 266 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). – ISBN 978-2-84365-129-8 : 28 €

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L’objectif de cet ouvrage très technique est précisé, outre son titre, dès l’introduction. Il s’agit de « fournir une meilleure lisibilité, d’une part de la problématique, et d’autre part des solutions disponibles et opérationnelles ». Cela conduit l’auteur à découper son travail en cinq chapitres de longueurs très différenciées. Les chapitres 1 et 2, très courts et précis, exposent les « Problématiques de l’archivage » en rappelant les définitions de notions essentielles liées à la gestion des archives et en posant les limites de l’étude. Les normes et standards de référence en matière d’archivage électronique permettent de dégager un modèle de référence spécifique, infrastructure du chapitre 3 présentant les « Spécifications fonctionnelles et techniques d’archivage électronique ». Ce même modèle de référence est utilisé pour l’élaboration d’un questionnaire soumis aux entreprises afin de présenter leurs solutions. Dans un premier temps, cette enquête permet d’établir, de façon très visuelle grâce aux tableaux créés, une synthèse des solutions disponibles sur le marché et de présenter, de façon très détaillée, les sept solutions retenues : Adullact Projet, Cadic, Ever, JLB Informatique, Klee Group, Naoned Systèmes et Sicem (chapitres 4 et 5).

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En annexe sont proposés une liste bienvenue des sigles et acronymes liés à l’archivage électronique, deux glossaires consacrés l’un à la terminologie archivistique, l’autre aux termes techniques. L’ouvrage se ferme sur une bibliographie orientée essentiellement vers les normes et standards.

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Cet ouvrage, qui cible un public de spécialistes et de décideurs ? responsables des services d’archives et des systèmes d’information confrontés aux problématiques liées essentiellement à la dématérialisation des procédures ?, arrive au bon moment pour leur permettre de poser des repères dans les flux d’informations, dans cette « littérature abondante et parfois confuse » émise sur ce sujet. Cette étude, comme tout état de l’art rigoureusement établi, constitue un précieux outil de référence.

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Le public non spécialiste, tels des étudiants, peut y trouver des bases pour mieux comprendre les nombreuses questions que posent la gestion des archives en général ou celle des archives électroniques en particulier. Il lui permet de s’y retrouver un peu dans le monde complexe des normes et des standards mais aussi et surtout de comprendre comment et pourquoi existent des états de l’art et le travail rigoureux qu’ils impliquent. •

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Marie-France Blanquet

Adoptez le PKM pour vos données personnelles !

Organisez vos données personnelles : l’essentiel du Personal Knowledge Management. Xavier Delengaigne, Pierre Mongin, Christophe Deschamps, Paris : Eyrolles : Éditions d’organisation, 2011. – 247 p. – (Livres Outils. Efficacité professionnelle). – ISBN 978-2-212-54842-6 : 25 €

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À l’heure du numérique et dans les conditions de vie fragmentée et d’infobésité menaçante, savoir organiser ses données personnelles devient plus que jamais impératif. Les auteurs invitent donc leurs lecteurs à adopter le PKM (Personal Knowledge Management) ou gestion des données personnelles. Pour cela, ils organisent cette découverte en deux temps.

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La première partie « Devenez un maître de l’univers informationnel avec le PKM » a pour objectif, en sept chapitres, de nous familiariser et de bien connaître le nouvel environnement informationnel, devenu, avec Internet, virtuel. Le premier chapitre « La naissance du Personal Knowledge Management (PKM) » s’attarde sur les problématiques liées à la sur- information qui renforcent la nécessité de gérer ses données personnelles. Les six autres développent de façon très concrète les éléments originels du PKM. Il s’agit de la collecte des données, de l’organisation de l’information, de son évaluation et de sa présentation. Il s’agit également d’apprendre à collaborer autour de l’information et d’apprendre à la sécuriser.

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La seconde partie « Organisez votre propre système d’information personnel avec le modèle TIICC » prend en compte de nouveaux éléments méthodologiques ou de nouveaux outils. Chacun de ces éléments fait l’objet d’un chapitre dédié, écrit dans le même objectif pratique que ceux de la première partie. « Donner du temps au temps » explicite bien le premier élément de l’acronyme TIICC (Temps, Identité, Information, capital social, compétences personnelles). « Qui es-tu sur le net ? » interroge le chapitre suivant, soulignant ainsi l’importance de la gestion de son identité numérique. Mais dans l’univers numérique, le social et les réseaux sociaux occupent une place déterminante qu’il convient de savoir maîtriser. Il s’agit également de « développer ses compétences personnelles ». La connaissance et la maîtrise de tous ces paramètres permettent dès lors à chacun de mettre en place un système d’information personnel.

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Chacun de ces chapitres se veut très concret. L’information est présentée de façon très découpée (titres et sous-titres) et illustrée. De nombreux tableaux apportent une synthèse bien venue des données explicitées. Enfin certains chapitres se concluent sur un court entretien avec un spécialiste de la question abordée. Isabelle Macquart, par exemple, apporte ses connaissances et son expérience sur la recherche d’information sur Internet. Alexandre Serres est, quant à lui, interrogé sur les problématiques liées à l’évaluation de l’information et Éric Delcroix sur les réseaux sociaux.

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L’ouvrage comprend plusieurs annexes qui proposent, par exemple, de savoir mieux tagger ses favoris ou de savoir utiliser Personal Brain. Un lexique, un index des notions clés, un index des logiciels, services en ligne et plugins confirment bien l’intention des auteurs de ce document qui se présente comme un kit de survie pour le monde numérique : être pratique et apporter un maximum de conseils pour organiser leur propre univers informationnel à tous ceux qui, quel que soit l’âge, entrent dans le monde numérique.

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En ce sens, ce n’est pas un livre à lire mais à consulter en fonction de ses interrogations ou de situations précises concernant le Net. C’est un livre à garder à portée de main pour trouver réponse à des besoins ponctuels comme sécuriser sa messagerie ou comprendre les avantages mais aussi les dangers de certains réseaux sociaux. C’est aussi un livre qui peut éveiller la curiosité et engager le lecteur dans la découverte de sites tels que le CNRTL que les auteurs qualifient « d’excellent dictionnaire en ligne » ou de moteurs de recherche autres que Google.

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Ce document est plein d’informations très hétérogènes, parfois simples, parfois complexes. Dans tous les cas, il invite clairement le lecteur à s’investir et à s’engager dans l’organisation de ses données personnelles. •

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Marie-France Blanquet

Les mutations du livre

Les Livres dans l’univers numérique. Christian Robin ; avec la participation de François Rouet, Paris : Direction de l’information légale et administrative, 2011. – 155 p. – (Les Études de la Documentation française, ISSN 1763-6191). – ISBN 330-3-331-95339-5 : 14,50 € (version imprimée) ou 8 € (version électronique)

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Il convient d’accorder une grande attention au titre de l’ouvrage proposé par Christian Robin : il ne s’agit pas en effet d’une nouvelle parution sur « le(s) livre(s) numérique(s) » mais bien d’une étude sur les livres, dans l’univers numérique. Autrement dit l’auteur – qui au passage nous rappelle une prophétie savoureuse datant de …1892, citée par Michel Melot dans son ouvrage sur la mort du livre et selon laquelle l’enregistrement du son sonnerait bientôt la fin de l’invention de Gutenberg –, loin de s’inscrire dans le courant de la mort annoncée du livre papier, nous invite à réfléchir sur les mutations et les transferts qui affectent non seulement le livre, mais l’ensemble des produits d’édition et, encore au-delà, des industries culturelles.

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Fin connaisseur du monde de l’édition et compilant de nombreuses données récentes sur l’évolution des marchés et celle de l’environnement du livre, Christian Robin invite à une réflexion mesurée sur les évolutions de l’objet lui-même (le livre) et de ses procédés de fabrication au sens large (incluant donc aussi bien le processus éditorial que la chaîne technique).

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Pour ce faire, il consacre une bonne partie de son ouvrage à un rappel historique, toujours utile, concernant l’évolution des formats et des chaînes techniques des ouvrages (rappelons que, bien avant que l’on parle de e-book, ouvrages et magazines étaient composés informatiquement à travers les systèmes éditoriaux, le balisage SGML, la PAO, etc.), ainsi que la refonte des marchés opérés sous la pression de l’innovation technique.

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En évoquant « Les livres dans leur environnement » (chapitre 3), Christian Robin envisage, en un panorama rapide mais dense, la plupart des problématiques que rencontrent aujourd’hui auteurs, éditeurs, libraires et professionnels de l’information : la question de l’accès, du droit d’auteur, de la gratuité…

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On peut ensuite aborder les « Questions actuelles » (chapitre 4) et faire un tour d’horizon de toutes les problématiques qui touchent plus particulièrement au livre numérique, cette fois considéré comme un support particulier et une déclinaison de l’objet livre en général. L’auteur reprend ici un certain nombre de questions qui sont en débat non seulement dans le monde professionnel, mais également dans le domaine de la recherche académique (Christian Robin est maître de conférences en communication à l’université de Paris-13) et qui restent encore, à bien des égards, des questions ouvertes. Comment le passage aux formats numériques influe-t-il sur les modes d’écriture, les modes de lecture, la normalisation des textes, quel est le rôle des métadonnées ? Loin d’être purement théoriques, ces questions rejoignent fortement les considérations sur le marché du livre et de l’édition qui terminent l’ouvrage. Il y va en effet de l’avenir d’une profession et d’une filière qui doit réinventer ses pratiques et ses objets pour pouvoir vivre les tournants technologiques qui, selon Christian Robin, tiennent plus de la mutation obligée que de la « fin de l’histoire ». Comme dans toute époque de forts changements socio-techniques, la question des déplacements (notamment ici des acteurs traditionnels vers les nouveaux acteurs de la chaîne du livre que sont les Amazon et les Google) est posée avec une acuité particulière.

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La principale qualité de cet ouvrage est de toujours mettre en relation l’univers direct du livre avec l’ensemble des domaines qui contribuent à le faire vivre et circuler dans la société : le monde de l’édition proprement dite, bien sûr, mais aussi les bibliothèques, les librairies, sans oublier l’usager et l’évolution de ses comportements. On y trouvera donc à la fois une mine de données objectives et une invitation à la réflexion de fond, fort utile pour éviter les déclarations définitives qui ne sont, le plus souvent, que des erreurs de perspectives. •

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Dominique Cotte

Les droits multiples de l’image

L’image et le droit. Manuela Bournes, Paris : Eyrolles ; Asfored, 2010. – XIII-221 p. – (Coll. Asfored). – ISBN 978-2-212-12575-7 : 19 €

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Saviez-vous qu’une affiche pouvait, dans certains cas, être qualifiée d’œuvre collective ? Que les droits sur les images de cinéma ne sont pas toujours la propriété du producteur d’un film ? Qu’il y a un droit d’exposition ? Que, depuis la loi Hadopi, il convient pour une entreprise de presse de dissocier les journalistes des pigistes ? Connaissez-vous les usages autorisés des images libres de droits ? Sauriez-vous exposer le régime appliqué aux apparitions « accessoires » ? Pourriez-vous présenter le droit de suite, ou encore indiquer ce qu’un éditeur peut faire, à des fins promotionnelles, des illustrations de son ouvrage ? Voici quelques aspects, parmi bien d’autres, qui sont détaillés et illustrés de cas concrets puisés notamment – car ils n’en seront que plus édifiants - dans la jurisprudence.

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Saviez-vous, par ailleurs, que la cession des droits se distingue du mandat, et que ce dernier diffère de l’apport en gérance, ou encore qu’il est important de distinguer les cessionnaires des gestionnaires et des ayants droit ? Saviez-vous aussi que le droit sui generis du producteur de bases de données ne s’applique pas à toutes les bases de données ? Ou, dans un autre registre, comment rédiger des crédits photographiques ? Connaissez-vous toutes les obligations d’un contrat d’édition et ce que recouvre la responsabilité « en cascade », immanquablement évoquée lorsqu’on parle d’édition ? Sur ces points, tout aussi divers, des réponses vous seront également données.

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Calcul de la durée des droits émaillé d’exemples, définitions, articles du Code de la propriété intellectuelle ou du Code civil, nombreuses mises en garde, codes d’usages et de bonnes pratiques, mais aussi, voire surtout, plusieurs modèles de contrats (autorisation de reproduction, contrat de commande, contribution, d’édition ou encore de reportage photographique) accompagnés de commentaires, ou encore les détails de la facturation d’un droit de reproduction, cet ouvrage fourmille d’une multitude de détails pratiques utiles.

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Protection des dessins techniques, des personnages, de toutes les créations visuelles innomées dans le Code de la propriété intellectuelle, protection par le droit des dessins et modèles ou encore droit à l’image des personnes et des biens, ce dernier obéissant à des règles très spécifiques, l’ouvrage répond de manière claire, comme vous l’aurez compris, à un éventail très large de questions qui le rendent indispensable. •

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Michèle Battisti

La culture de l’information vue du Canada

Le Développement de l’intelligence informationnelle : les acteurs, les défis et la quête de sens. sous la dir. de Danielle Boisvert, Montréal : Les Éditions Asted, 2010. – 219 p. – ISBN 978-2-923593-18-3 : 26 €

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Danielle Boisvert, bibliothécaire à l’Université du Québec en Outaouais (UQE), nous propose un ouvrage collectif correspondant aux différents regards d’acteurs canadiens francophones du secteur des bibliothèques et de la documentation sur un sujet particulièrement important en sciences de l’information et de la documentation : celui du développement de l’intelligence informationnelle et des compétences associées, en insistant sur la formation et la notion de situation d’information.

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La plupart des auteurs reviennent sur la notion d’intelligence informationnelle, en anglais information literacy, définie par l’American Library Association (ALA) comme la « capacité d’identifier un besoin d’information, de localiser les sources d’information, d’évaluer et d’utiliser efficacement l’information nécessaire pour prendre une décision ou résoudre un problème précis » et ensuite sur sa déclinaison en compétences informationnelles. La France préfère la notion de « culture de l’information ».

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Viviane Paiement s’intéresse aux compétences informationnelles des élèves en milieu scolaire québécois, faisant le lien entre qualité des services de la bibliothèque et réussite des élèves. Daniel Marquis souligne l’importance de la formation documentaire dans les collèges.

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Danielle Boisvert revient ensuite sur l’importance du développement des compétences informationnelles, comme source de pouvoir, avec toute la dimension de l’influence et d’échange. Diane St-Aubin prolonge cette réflexion sur les transformations suscitées par Internet (démocratisation du savoir) avec l’évolution du rôle des bibliothécaires vers celui d’ « animateurs informationnels ».

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Cécile Lointier insiste sur le rôle des bibliothèques publiques dans la société du savoir. Elles peuvent constituer un lieu d’intégration et de socialisation notamment pour des migrants. Leur rôle comme médiateurs, passeurs, guides, pour orienter les usagers ? qui ne les fréquentent pas spontanément ? vers la bonne source d’information est plus que jamais fondamental.

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Cela doit se traduire par des formations variées, adaptées aux différents publics et à leurs besoins spécifiques et par la création d’outils novateurs et adaptés à chacun. Dès lors, pour Hélène Larouche, le défi est clairement posé pour les bibliothécaires universitaires: il s’agit, en rendant les sessions de formation plus intéressantes et interactives, de savoir s’adapter aux « digital natives » ou « génération Google » et leur donner envie de fréquenter les bibliothèques, ou de disparaître. François Pettigrew évoque ensuite le cas de l’éducation à distance, au cœur du changement des rôles traditionnels, notamment des enseignants.

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Deux doctorantes, Edith Leclerc et Nathalie Mc Sween précisent la notion de compétences informationnelles, leur acquisition s’inscrivant dans un processus qui dépasse largement le simple apprentissage de techniques de recherche et de traitement documentaire, pour se construire dans la durée, la maîtrise de l’information étant l’une des « cinq habiletés essentielles » pour pouvoir intégrer le marché du travail dans la société du savoir. Pour Thierry Karsenti et Gabriel Dumouchel, former à la compétence informationnelle les enseignants actuels et futurs est essentiel.

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Avec des regards complémentaires provenant de différents acteurs, l’ouvrage donne un panorama complet des enjeux du développement de l’intelligence informationnelle et des compétences associées correspondant au monde du savoir dans l’espace public au Québec. Les enjeux et les perspectives sont largement transposables aux autres pays développés, en particulier à la France. •

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Christian Bourret

Réseaux sociaux : se lancer !

Internet et réseaux sociaux. Dossier / réalisé par Dominique Cardon, Paris : La Documentation française, 2011. – 135 p., Problèmes politiques et sociaux, mai 2011, n° 984 : 9,90 €. Le Réseau social d’entreprise. Alain Garnier, Guy Hervier, Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2011. – 255 p. – (Management et informatique). – ISBN 978-2-7462-2984-6 : 59 €

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2011 aura été indéniablement l’année d’explosion des réseaux sociaux, dans le grand public et dans le monde de l’entreprise. Que ce soit le moment de vous y mettre, ou de faire le point, ces deux ouvrages devraient vous être d’un grand secours.

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Cette livraison de Problèmes politiques et sociaux permet d’appréhender très rapidement les multiples facettes des réseaux sociaux. On connaît le principe de cette revue de La Documentation française : confier à un expert du domaine la collation d’articles, complets ou sous forme d’extraits, leur regroupement en chapitres signifiants et la problématisation du tout au travers de l’avant- propos. Bref, une tâche qui pourrait s’apparenter tour bonnement à de la curation… sur papier. On retrouve ici aux manettes Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire des usages d’Orange Labs, pour un opus très complet. Et cela fonctionne particulièrement bien puisque le lecteur peut tout à fait picorer à son gré entre les pages et les thèmes : identité numérique, nouvelles sociologies en ligne, évolutions du concept de vie privée, enjeux pour la sphère politique et pour le journalisme, pour citer quelques-uns des aspects soulevés.

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On picore moins avec le deuxième titre consacré au « réseau social d’entreprise » qui propose une lecture plus approfondie. Il est le fruit du travail de deux auteurs dont l’un, Alain Garnier, est co-fondateur de Jamespot, une société en lice sur ce marché des RSE. Une précision non négligeable ? il est toujours important de savoir « d’où » parlent les auteurs ?, mais qui n’altère en rien la qualité du propos. L’ouvrage suit une structure fort classique mais qui a fait ses preuves : les principes et enjeux, les outils et les cas d’utilisation et enfin la mise en œuvre d’un RSE. À noter tout particulièrement les nombreux cas qui viennent illustrer concrètement la démonstration. Nous terminerons par un extrait qui pourrait valoir de conseil à tous ceux qui hésitent, craignent et soupèsent : « Aussi, nous n’avons qu’une seule recommandation : lancez-vous ! Comme dans le monde où une carte ne remplace jamais un voyage, c’est par l’expérimentation que vous pourrez de manière directe et concrète vous faire une opinion et surtout, à l’aune de votre expérience professionnelle, en voir tous les avantages pour votre activité mais aussi les risques et les impasses. Ce sont les préjugés qui nous empêchent d’avancer. » On ne saurait mieux conclure cette note de lecture. •

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Olivier Roumieux

Erratum. Pour une numérisation durable

Manuel de la numérisation. Sous la direction de Thierry Claerr et Isabelle Westeel, Paris : Éditions du Cercle de la Librairie, 2011. - 317 p. - ISBN 978-2-7654-0983-0 : 40 €

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Dans notre dernière livraison, l’analyse de cet ouvrage s’est trouvée malheureusement escamotée. Les abonnés à notre revue peuvent la retrouver dans la version numérique de ce numéro. La contribution dans son intégralité est disponible sur le site de l’ADBS à l’adresse : http://www.adbs.fr/c/i. Toutes nos excuses à l’auteur.

Titres recensés

  1. Instaurer une culture de la communication dans les bibliothèques
    1. Communiquer ! Les bibliothécaires, les décideurs et les journalistes. Accart, Jean-Philippe (dir.), Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2010. – 176 p. - ISBN 978 2 910227 84 5 : 22 €
  2. Quel futur pour les bibliothèques ?
    1. Horizon 2019 : bibliothèques en prospective. Dominique Arot, Anne-Marie Bertrand, Robert Damien, et al, Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2011. – 111 p. – (Collection Papiers. Série Généalogies. ISSN 2111-0212). – ISBN 978-2-910227-87-6 : 22 €
  3. Maîtriser la gestion des archives
    1. Archivage électronique et records management : état de l’art et présentation de sept solutions. Tosca Consultants ; étude réalisée par Philippe Lenepveu, Paris : ADBS Éditions, 2011. – 266 p. – (Sciences et techniques de l’information, ISSN 1762-8288). – ISBN 978-2-84365-129-8 : 28 €
  4. Adoptez le PKM pour vos données personnelles !
    1. Organisez vos données personnelles : l’essentiel du Personal Knowledge Management. Xavier Delengaigne, Pierre Mongin, Christophe Deschamps, Paris : Eyrolles : Éditions d’organisation, 2011. – 247 p. – (Livres Outils. Efficacité professionnelle). – ISBN 978-2-212-54842-6 : 25 €
  5. Les mutations du livre
    1. Les Livres dans l’univers numérique. Christian Robin ; avec la participation de François Rouet, Paris : Direction de l’information légale et administrative, 2011. – 155 p. – (Les Études de la Documentation française, ISSN 1763-6191). – ISBN 330-3-331-95339-5 : 14,50 € (version imprimée) ou 8 € (version électronique)
  6. Les droits multiples de l’image
    1. L’image et le droit. Manuela Bournes, Paris : Eyrolles ; Asfored, 2010. – XIII-221 p. – (Coll. Asfored). – ISBN 978-2-212-12575-7 : 19 €
  7. La culture de l’information vue du Canada
    1. Le Développement de l’intelligence informationnelle : les acteurs, les défis et la quête de sens. sous la dir. de Danielle Boisvert, Montréal : Les Éditions Asted, 2010. – 219 p. – ISBN 978-2-923593-18-3 : 26 €
  8. Réseaux sociaux : se lancer !
    1. Internet et réseaux sociaux. Dossier / réalisé par Dominique Cardon, Paris : La Documentation française, 2011. – 135 p., Problèmes politiques et sociaux, mai 2011, n° 984 : 9,90 €. Le Réseau social d’entreprise. Alain Garnier, Guy Hervier, Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2011. – 255 p. – (Management et informatique). – ISBN 978-2-7462-2984-6 : 59 €
  9. Erratum. Pour une numérisation durable
    1. Manuel de la numérisation. Sous la direction de Thierry Claerr et Isabelle Westeel, Paris : Éditions du Cercle de la Librairie, 2011. - 317 p. - ISBN 978-2-7654-0983-0 : 40 €

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2011 (Vol. 48) , p. 70-76
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2011-4-page-70.htm.
DOI : 10.3917/docsi.484.0070.


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