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Documentaliste-Sciences de l'Information

2013/1 (Vol. 50)

  • Pages : 78
  • DOI : 10.3917/docsi.501.0008
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Acquisitions et accès aux ressources électroniques : une réflexion collaborative

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Colloque. Le «?Carrefour de l’IST?», organisé à Nancy les 15 et 16 novembre 2012 par l’Inist-Cnrs et l’Université de Lorraine, en collaboration avec l’Abes, le consortium Couperin, l’Inria, le réseau Renatis et le corpus IR, fut l’occasion de présenter divers travaux et de confronter des points de vue sur l’avenir de l’acquisition, de l’accès et du signalement des ressources électroniques et celui du support papier.

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À l’heure du numérique, de nombreuses questions se posent autour des ressources électroniques, notamment sur le système à mettre en place afin de soutenir l’enseignement supérieur et la recherche en France. Les publications en information scientifique et technique se trouvent aujourd’hui au carrefour de l’imprimé et du numérique. Aussi, une réflexion a été entamée par des institutions et organismes issus de l’enseignement supérieur et de la recherche ainsi que des bibliothèques afin de prendre une direction commune vers le numérique, les maîtres mots étant «?mutualisation?» et «?collaboration?».

Quelles ressources acquérir ?

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L’accès à la connaissance est conditionné par les prix élevés que pratiquent les éditeurs sur les abonnements aux revues, d’où l’importance de cibler les besoins et de mutualiser les moyens. Face à des budgets en baisse, la politique tend vers une mutualisation des moyens qui ne peut se concrétiser que par des rapprochements au travers de projets collaboratifs. Concernant les acquisitions, la problématique réside tout d’abord dans le choix des ressources électroniques : la connaissance des besoins est donc primordiale. Pour y répondre, plusieurs outils de mesure des usages tels que Mesure, Analog’IST et ezPaarse (voir encadré) ont vu le jour. Portés par l’Inist-Cnrs le consortium Couperin et l’Université de Lorraine, ces projets ont pour objectifs de créer une boite à outils pour la récupération, la création puis l’analyse de données d’usage et de fournir aux utilisateurs des indicateurs et éléments d’analyse. Ces évaluations aideront à faire des choix des abonnements mais aussi à négocier des tarifs avec les éditeurs.

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Les techniques de quantification des usages peuvent se présenter sous d’autres formes, entre autres par un compteur installé sur un serveur au sein d’une structure afin de déterminer les plate-formes et éditeurs les plus consultés, comme c’est le cas dans les universités scientifiques de Grenoble, ou encore par une enquête comme dans le projet Istex initié par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre des «?investissements d’avenir?».

Le projet Istex

Réunissant le CNRS, l’Abes, Couperin et l’Université de Lorraine pour le compte de la Conférence des présidents d’universités (CPU), le projet Istex [1][1] Émilie Masson. «?Les licences nationales : premières... a pour objectif d’offrir, à l’ensemble de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche, un accès en ligne aux collections rétrospectives de la littérature scientifique dans toutes les disciplines. Profitant d’un financement de l’État de 60 millions sur 3 ans (le temps de la réalisation du projet), Istex proposera à terme une plate-forme regroupant toutes les acquisitions numériques. Mais, pour cela, une enquête a été ouverte sur le site Istex afin de recenser les besoins des chercheurs. Elle permettra ainsi d’entamer les négociations avec les éditeurs, le but étant de centraliser les achats d’archives scientifiques sous forme de licences nationales.

Le poids de l’Open Access

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En parallèle des sites éditeurs, des outils permettent aux auteurs de déposer leurs publications en open access comme l’archive ouverte pluridisciplinaire Hal. Dans certains établissements, comme l’Université de Liège, le dépôt des publications est particulièrement encouragé. S’appuyant sur un mandat fort, la politique appliquée dans l’établissement incite les auteurs à déposer leurs articles dans l’outil collaboratif ORBi. Cette démarche entrant en compte dans les évaluations, promotions et subventions, ORBi récolte au final un beau succès puisqu’il compte plus de 50?000 références avec texte intégral.

Une attention accordée au signalement

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Encore faut-il que les publications déposées soient correctement signalées. Le signalement est au centre du chantier BSN3 (Bibliothèque scientifique numérique) qui a pour principales recommandations d’établir un continuum entre les outils de signalement existants (base de données, catalogues, etc.) et les plate-formes d’accès au texte intégral et de créer un dispositif fédérant le signalement de toute la documentation accessible sur le territoire.

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Le signalement au niveau national portera à la fois sur les ressources acquises en licences nationales (Istex) et sur les ressources courantes acquises par les établissements grâce à une interopérabilité notamment entre la plate-forme Istex, les Opacs locaux, des bases de connaissance et le Sudoc. Par ailleurs, l’Abes a pour objectif d’enrichir sur le Web les données au travers du dispositif «?hub de métadonnées?» qui permettrait en outre d’augmenter le signalement des ressources documentaires en multipliant les canaux et modes d’exploitation possibles.

Comment mesurer les usages ?

Pour mesurer les accès à la documentation électronique, on a adopté plusieurs approches. Mesure et Analog’IST/ezPaarse, deux faces d’une même médaille, proposent d’un côté l’exploitation des rapports produits par les éditeurs, de l’autre l’évaluation locale des consultations.

Mesure[2][2] http://mesure.couperin.org. est un portail en cours de développement, inspiré du projet britannique JUSP [3][3] http://www.jusp.mimas.ac.uk.. Il moissonne automatiquement pour ses membres (via Sushi [4][4] http://www.niso.org/workrooms/sushi.) certains rapports statistiques proposés par les éditeurs au format Counter pour les périodiques. Les établissements n’ont plus besoin de récupérer manuellement ces rapports?: Mesure présente en ligne les données sous forme tabulaire et graphique.

Analog’IST[5][5] http://analogist.couperin.org. est un portail qui propose à ses membres d’utiliser en ligne l’outil ezPaarse dont le rôle est d’analyser des logs générés par des proxys (ex?: ezProxy). Ces logs contiennent des informations précieuses, notamment le login (récupéré, par exemple, via Shibboleth [6][6] http://en.wikipedia.org/wiki/Shibboleth_%28Interne...) qui permet d’identifier l’institution et/ou la discipline scientifique et l’URL du PDF de l’article téléchargé. Les comptages qui seront faits ensuite servent d’aide à la décision pour la conduite des politiques documentaires et scientifiques. Les utilisateurs du portail peuvent soumettre leurs logs et recevoir en retour un fichier au format CSV qui leur permettra de réaliser leurs propres statistiques d’usage.

ezPaarse est un logiciel libre dont l’objectif est de mutualiser le travail d’analyse des logs. Les utilisateurs disposant d’un environnement informatique peuvent déployer ezPaarse et réaliser leurs propres analyses. Les programmes chargés de découper les URL, appelés « parseurs », imposent une maintenance régulière nécessitant des compétences en documentation et en informatique. Les contributions sur ces aspects seront donc les bienvenues. Nous vous invitons à suivre le développement du logiciel sur Twitter [7][7] https://twitter.com/ezpaarse..

Stéphane Gully, stephane.gully@inist.fr, Thomas Porquet, thomas.porquet@couperin.org

Quel accès ?

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Afin de répondre au mieux aux attentes de chacun, la gestion des accès aux ressources signalées est un élément important en matière de ressources électroniques. Mais cette question sous-entend une réflexion importante sur des points techniques relatifs à la fédération d’identités, aussi bien du côté des éditeurs que du côté des établissements et des utilisateurs.

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Le réseau Renater s’est penché sur cette problématique qui est de rendre les ressources électroniques accessibles depuis n’importe quel établissement de l’enseignement supérieur et de la recherche grâce à un contrôle d’accès fédéré nécessitant une configuration technique particulière. L’objectif est de permettre à l’utilisateur d’accéder aux sites des éditeurs et aux ressources via une authentification depuis l’établissement, mais également en usage nomade. Subsistent néanmoins d’autres problèmes à résoudre comme celui des données à caractère personnel qui nécessitent le consentement des utilisateurs et qui peuvent poser des soucis lorsqu’elles transitent hors de l’Union européenne.

Et le papier ?

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N’oublions pas l’imprimé. Une réflexion est actuellement en cours concernant notamment la conservation et les usages des collections imprimées. Dans ce cas aussi, on s’oriente vers une mutualisation qui pourrait s’opérer par thématique au travers des Cadist au niveau national. Même si certains penchent pour une disparition progressive du livre, d’autres évoquent plutôt une redistribution vers le numérique. Concernant l’imprimé, l’attention se porte vers le chantier BSN8 centré sur la fourniture de documents et le prêt entre bibliothèques (PEB), l’idée étant de centraliser les ressources et de s’appuyer sur des catalogues tels Refdoc de l’Inist-Cnrs et le Sudoc de l’Abes. Il est de ce fait important aujourd’hui que les différents organismes français et institutions travaillent ensemble sur l’accès à l’information scientifique et technique de demain.

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Alexandra Petitjean

IFLA 2012 : focus sur la formation en ligne et les outils nomades

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Congrès. Mobilité, immédiateté, brièveté, interactivité, telles sont les caractéristiques des outils de formation aux compétences informationnelles à proposer aujourd’hui aux étudiants mais aussi à des populations fragiles. Sans surprise, le prêt de l’e-book aura alimenté les débats, tout comme la nature de l’offre numérique à proposer au public. Pas d’hésitation, en revanche, pour plusieurs bibliothèques particulièrement innovantes çà et là dans le monde, tant en termes d’architecture que de contenus.

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Cette année, le groupe d’intérêt spécifique e-learning s’est associé à la section Information Literacy pour traiter de la formation en ligne à la maîtrise de l’information, des usages et du bilan qu’on peut en tirer. Sans surprise, l’autre sujet débattu au cours de la conférence concernait les services numériques notamment pour les outils nomades, en plein essor quels que soient les types de bibliothèques et, bien entendu, les ressources numériques.

La montée de la formation en ligne

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Deux communications répondaient aux questions de l’adaptation de la formation au contexte des étudiants et surtout aux outils qu’ils utilisent : celle d’Anne Wade, Joanne Locke et Patrick Devey de l’Université Concordia à Montréal, puis celle de Nicole Krüger de la bibliothèque nationale allemande d’économie (ZBW) à Hambourg. Dans les deux cas, on a choisi d’élaborer des modules très courts intégrant des vidéos, des exercices interactifs, des tests et une base de connaissances. Le cours, initialement en présentiel à Montréal, s’est construit au fur et à mesure dans sa version en ligne, s’adaptant aux besoins et usages des étudiants de 1re année auquel il est principalement destiné. Devenu très populaire, il est aujourd’hui également utilisé dans l’enseignement secondaire [8][8] INST 250 – «?Introduction to Library Research Practices?»,....

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À Hambourg, la formation aux compétences informationnelles est inspirée de la théorie du micro-apprentissage, jugée plus adaptée aux usages actuels des jeunes. Deux services combinés sont proposés : un service de référence fonctionnant par chat (l’EconDesk) et un tutoriel en ligne à structure modulaire (LOTSE). Le bibliothécaire interrogé donne une réponse courte qui peut suffire ; sinon, il renvoie vers telle ou telle micro-capsule d’un module du cours proposé sur une plate-forme Moodle ; blogs et forums complètent ce service qui trouve un prolongement sur Facebook et Youtube. Le tout est d’accès immédiat et très interactif [9][9] http://www.zbw.eu/service/lotse.htm..

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La formation en ligne, c’est aussi le parti pris, depuis longtemps déjà par les pays émergents, de mettre en place des programmes de formation de grande ampleur. D’abord destinés aux populations à alphabétiser, ils se sont aujourd’hui déportés vers des étudiants avancés?; c’est ce que propose l’Université des sciences de Pékin qui a développé contenus et partenariats adéquats pour «?dépasser le stade artisanal?» et s’adresser au plus grand nombre. À Singapour aussi, on vise la «?prolifération?» de la maîtrise de l’information. Un grand plan quinquennal lancé et mis en œuvre par la bibliothèque nationale en 2007 a formé 60?000 personnes (étudiants, enseignants et parents) [10][10] IL e-learn Project, National Library Board, http:/.... Reconduit pour 3 ans, il vise 40?000 personnes dont 20?000 enseignants du primaire et du secondaire. Des modules spécifiques pour les écoles ont été élaborés. L’enjeu, bien compris, est celui de faire évoluer très vite cette formation pour la rendre accessible sur n’importe quel terminal mobile en utilisant des technologies de pointe.

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La Bibliothèque nationale de Nouvelle-Zélande a aussi communiqué sur les services d’appui qu’elle offre en ligne aux élèves tels que l’aide aux devoirs, en anglais et en maori [11][11] Services to Schools?: supporting Literacy and Learning,...?; du lundi au vendredi, les après-midi, l’élève peut parler à un bibliothécaire spécialement formé, en sus de pouvoir utiliser le service questions-réponses. Dans le cadre d’un programme «?citoyenneté numérique?», la Bibliothèque nationale a conçu un Guide de l’éducateur à la réutilisation du contenu numérique[12][12] An Educator’s Guide to reusing digital Content. ht... qui a pour objectif de montrer aux élèves comment trouver du contenu légal et le «?remixer?» avec respect, comment développer leur créativité grâce à des informations simples et des suggestions d’activité à partir de sa digithèque, une bibliothèque numérique riche de plus de 25?000 documents. Un concours «?Mix & Mash?» est même organisé tous les ans pour encourager l’utilisation innovante du contenu numérique. La culture numérique et les multilittéracies sont au centre du travail avec les élèves et l’éducation aux médias est un champ auquel on prête un intérêt particulier [13][13] Voir les conférences annuelles ULearn?: http://ule....

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Ces dernières années, la formation en ligne est de plus en plus considérée par les bibliothèques comme un moyen efficace d’atteindre des publics nouveaux grâce à des services innovants et mettant en jeu tout ou partie des technologies modernes que sont les blogs, wikis, forums et réseaux sociaux avec ce que cela induit en interactions. Le succès actuel du nouveau modèle des Mooc (Massive Open Online Course) basé sur l’apprentissage ouvert, collaboratif et personnalisé témoigne de la voie à suivre [14][14] Philippe Ramette. «?Les Mooc, des cours à l’échelle....

Des outils et des questions

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Le nombre de bibliothèques offrant des e-books a doublé ces cinq dernières années [15][15] http://www.oclc.org/ca/fr/news/releases/2012/20124.... À la fois initiative la plus populaire et préoccupation dominante des bibliothèques publiques, le livre numérique fait débat. Adam Girard (Université de Dublin) a été remarqué pour sa communication «?Les livres électroniques ne sont pas des livres : défis et opportunités dans le contexte électronique?» [16][16] http://www.ifla.org/news/de-gruyter-saur-ifla-rese....

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Leur acquisition et leur prêt posent pourtant question. Constatant que, pour l’instant, les négociations se font par établissement, l’IFLA va élaborer un cadre de référence minimale et des contrats-types pour harmoniser les pratiques. Une vaste enquête lancée cet automne grâce au soutien de l’Open Society Foundation devrait permettre de mener la réflexion à partir des résultats obtenus. Concernant le prêt, le conseil d’administration de l’IFLA a formé un groupe de travail pour préparer un document de base sur les problèmes relatifs à la disponibilité des livres électroniques dans les bibliothèques afin de formuler une politique sur le sujet [17][17] Les fondements du prêt de livres électroniques (e-books).....

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Des voix s’élèvent pour mettre en garde contre le risque d’une fracture liée aux contenus qui viendrait se substituer à la fracture numérique. Selon le directeur de la bibliothèque publique de Colombus (Ohio, EU), la littérature populaire n’a pas sa place dans la littérature électronique [18][18] Co-auteur d’un livre blanc publié en 2011 et révisé....

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Plusieurs directeurs de grands établissements américains, inquiets de l’avancée qu’ils estiment trop rapide du développement des technologies numériques dans les bibliothèques, se sont regroupés pour rédiger une stratégie «?pour les bibliothèques numériques publiques?» [19][19] Martin J. Gomez (coord.). America’s Digital Future?:.... Alors que d’autres voix, plus confiantes, estiment que la question n’est pas de savoir à quoi ressembleront les collections à l’avenir, mais plutôt comment utiliser tous ces outils et ressources numériques pour changer les bibliothèques. Quelques exemples illustrent celles qui ont essayé d’avoir une longueur d’avance sur les innovations, qui ont cherché à stimuler les échanges intellectuels et à renouveler des pratiques de recherche et de lecture.

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À l’est d’Helsinki, la Myllypuro Media Library, située au centre d’un centre commercial, accueille 9?500 visiteurs par mois, dont une forte population immigrée. Choisie pour être au programme «?World Design Capital Helsinki 2012?» en raison du design de ses services, elle offre journaux électroniques, tablettes, ipads, ordinateurs, liseuses, caméras vidéos, un studio pour la réalisation de productions audio-visuelles, équipements sonores, lumières, assistance média, etc. Elle collabore avec le bureau des services sociaux de la ville d’Helsinki et les associations locales et se veut avant tout un espace d’apprentissage ouvert pour les utilisateurs. Ce projet pilote repose sur un personnel qui a du reconstruire de nouvelles compétences et aptitudes lui permettant de répondre aux nouvelles attentes suscitées.

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Deux autres projets nordiques méritent d’être cités?: la bibliothèque numérique danoise dont l’architecture est celle d’un consortium informel appelé TING, basé sur les idéologies de l’open source, l’open access et l’open content?; le projet BookSampo, un portail sémantique de la littérature de fiction en Finlande publiée depuis le milieu du 19e siècle, soit environ 90?000 documents, 30?000 auteurs et 2?500 éditeurs [20][20] http://www.kirjasampo.fi.. Créé sur un système déployant toute une variété de nouveautés du web sémantique, il contient des descriptions très riches de contenus et de contextes, obtenues par une interconnexion à une dizaine d’ontologies et à tout un ensemble de bases provenant de divers domaines du patrimoine culturel.

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Enfin, la bibliothèque de l’université d’Emory à Atlanta (Georgie, EU) a créé un centre collaboratif et transdisciplinaire de savoirs numériques, le Digital Scholarship Commons (DiSC), sorte de laboratoire à la fois physique et virtuel. Ce projet, fondé sur les humanités numériques - un secteur de recherche en expansion -, a pour mission d’anticiper les évolutions en formant les jeunes chercheurs à l’innovation. Dans son offre, citons l’application web Readux (Read Edit Annotate Digital User Experience) qui permet la co-gestion participative des métadonnées et des descriptions - un défi majeur concernant les usages des e-lecteurs.

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Mais le plus grand défi est peut-être celui de la transformation progressive des métiers des professionnels des bibliothèques et de l’information sous l’influence des ressources numériques. C’est ce qu’analyse la Bibliothèque nationale de France depuis 2010 avec son Observatoire des organisations et ressources sous l’impact opérationnel du numérique (ORHION) qui mène une importante réflexion en interne intitulée «?Numérique Horizon 2015?» [21][21] http://conference.ifla.org/past/ifla78/150-clatin-....

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Mireille Lamouroux

Le thésaurus, outil d’accès à l’information

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Évolution. Mettre à jour un thésaurus et lui donner, à cette occasion, une envergure bien plus grande ? Pour ce sujet très pointu qu’est la fin de vie et les soins palliatifs, telle est l’ambition de professionnels, documentalistes et praticiens, experts de divers domaines portant sur ces questions qui œuvrent pour obtenir un outil aux définitions consensuelles à l’échelle internationale.

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De nos jours, l’information est considérée comme le 5e facteur de production au même titre que la terre, le travail, le capital et la création d’entreprise Pour Brandin et Harrisson [22][22] Brandin D. H., Harrisson M. A. The technology war:..., la «?ressource informationnelle est maintenant un nouveau type de capital décrit comme étant le capital du savoir?». Dans cet esprit, Moulier-Boutang [23][23] Moulier-Boutang Y. «?Richesse, propriété, liberté et... décrit la structure innovante du «?capitalisme informationnel?». Les outils de gestion et de diffusion de ce capital sont donc essentiels à l’utilisation efficace de l’information au sein des institutions ainsi qu’avec les utilisateurs, les partenaires ou le public.

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En 2011, le Centre national de ressources soin palliatif (CNDR?SP) [24][24] Le CNDR SP est un organisme reconnu d’utilité publique,... a lancé son nouveau site Internet [25][25] www.soin-palliatif.org. dans lequel est imbriqué un portail documentaire, VigiPallia [26][26] http://vigipallia.soin-palliatif.org., sur les thématiques de l’accompagnement en fin de vie, des soins palliatifs, de la mort et du deuil. Résultat d’un travail collaboratif et pluridisciplinaire, VigiPallia héberge une base de données bibliographique, Palli@Doc, qui s’appuie sur un outil classificatoire, le Thésaurus Soins Palliatifs et Accompagnement (TSPA).

Retour en arrière

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La constitution du TSPA a reposé sur la norme Afnor Z47-100 qui conseille de s’inspirer de thésaurus existants [27][27] Afnor. Règles d’établissement des thésaurus monolingues...., ce qui est également l’usage courant. La version 0, datant de 2004, s’appuyait donc sur deux sources principales?: la liste de mots-clés du Centre de documentation et d’information François-Xavier Bagnoud (FXB) de Sion en Suisse et la liste de descripteurs du Centre d’étude sur la mort de l’université Québec à Montréal (UQAM). À cela s’ajoutait l’analyse d’autres thésaurus existants?: ceux du Centre régional d’information et de prévention du sida (CRIPS), de la Banque de données en santé publique (BDSP) et du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Les domaines d’expertise du CNDR SP étant nombreux et vastes, différentes parties de ces thésaurus ont été utilisées. Ayant modifié, enrichi et adapté les arborescences aux besoins du CNDR SP, le TSPA est devenu un produit unique et la propriété du CNDR SP.

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À partir de 2007, la version 1 était disponible en version électronique, sur simple demande?: il était possible d’obtenir les listes alphabétiques structurée et permutée ainsi que le thésaurus ordonné par micro-thésaurus. Depuis 2011, cette version est également disponible en ligne sur VigiPallia dans un mode dynamique [28][28] http://vigipallia.soin-palliatif.org/modules/webpo....

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Dans sa version actuelle, le TSPA comporte 22 micro-thésaurus contenant 1?590 termes dont 914 descripteurs et 676 non-descripteurs. Il est constitué de 1?584 relations hiérarchiques (87?% des relations) et 322 relations associatives réciproques (13?% des relations). Sans être exhaustif, le TSPA permet une recherche unique puisque tous les concepts qui présentent un sens similaire à un descripteur sont techniquement liés à lui.

Quels droits d’auteur sur le TSPA ?

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Le TSPA relève du droit des producteurs de bases de données [29][29] Code de la propriété intellectuelle, Livre III, Titre.... Mais le CNDR SP a décidé d’autoriser sa consultation et un usage limité à une utilisation strictement non commerciale. On peut donc le réutiliser sous ces conditions, et à condition aussi que l’organisme producteur soit cité et informé des modifications apportées.

Quel intérêt pour l’utilisateur ?

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Du point de vue théorique, le TSPA permet d’interroger les ressources enregistrées dans Palli@Doc soit par thématique, soit plus transversalement. Partant de ce constat, chacun des mots-clés décrivant un document constitue autant de points d’accès supplémentaires pour retrouver le document. En tant qu’instrument de langage contrôlé, le TSPA permet une normalisation terminologique et vise à éliminer toute ambiguïté linguistique.

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En pratique, le TSPA est géré par le logiciel documentaire Superdoc Premium. Dans sa partie web, le logiciel offre la possibilité de chercher directement dans le TSPA un mot-clé et d’accéder à toutes ses relations hiérarchiques et associatives. Ainsi, l’utilisateur a la possibilité d’obtenir aisément des documents répondant à des besoins plus précis. De plus, les documentalistes du CNDR SP ont mis en place, avec l’aide d’Aidel, un webservice qui met en relation les thésaurus TSPA et MeSH (Medical Subject Headings) par interopérabilité, ce qui permet d’interroger Medline en français et d’obtenir des résultats bibliographiques pertinents directement sur le site PubMed où est hébergée Medline.

Une démarche pluridisciplinaire pour une mise à jour pertinente

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En 2012, le CNDR SP s’est engagé dans la deuxième mise à jour du TSPA. Celle-ci s’inscrit dans un projet plus large visant à construire une plate-forme internationale mutualisée de ressources documentaires et de ressources pour les documentalistes exerçant dans les domaines d’expertise du CNDR SP.

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Pour atteindre ce but, le projet de mise à jour du TSPA se découpe en trois objectifs principaux?: la création de groupes de travail?; le recensement des centres de documentation sur les mêmes problématiques que le CNDR SP dans certains pays où la fin de vie a un large écho (Belgique, Canada, France, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse) et la traduction du TSPA en langue anglaise.

Des groupes de travail pluridisciplinaires

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Les professionnels des domaines de la fin de vie et des soins palliatifs revendiquent une démarche dite «?palliative?» dont l’une des caractéristiques fortes est la pluridisciplinarité. La mise à jour du TSPA s’est faite dans le même esprit. Le CNDR SP a constitué deux groupes de travail?: l’un regroupant des documentalistes dans différents domaines de la santé (groupe Documentaliste), l’autre composé de personnes reconnues par leurs pairs pour leur expertise dans les domaines de la fin de vie et des soins palliatifs (groupe Expert). La pluridisciplinarité s’y illustre de deux manières différentes. Dans le groupe Documentaliste, si la discipline est commune (documentation), les domaines d’exercice sont différents (douleur, gérontologie, médecine, éthique, soins palliatifs et fin de vie). Le groupe Expert est pluridisciplinaire dans le sens classique du terme, c’est-à-dire qu’il est composé de personnes exerçant dans des domaines d’expertise différents (éthique, pharmacie, santé publique, philosophie, sociologie, médecine, etc.).

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La mise à jour, encore en cours, se fait en deux temps. Le groupe Documentaliste travaille sur la mise à jour du TSPA selon les descripteurs les plus utilisés dans les documents tandis que le groupe Expert valide la nouvelle version du TSPA selon le vocabulaire le plus utilisé sur le terrain. Ce double regard sur l’outil (théorique et pratique) accroît sa pertinence et sa fiabilité.

Vers un thésaurus bilingue

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À notre connaissance, le TSPA n’a pas d’équivalent en langue anglaise. Le recensement des centres de documentation semblables à celui du CNDR SP présente plusieurs intérêts. D’abord, il permet de proposer le TSPA à des organismes gérant plusieurs langues dans des pays comme le Canada, la Suisse ou la Belgique et ainsi de s’allier le soutien d’experts des domaines de la fin de vie et des soins palliatifs pour une traduction pertinente de l’outil. Ensuite, le TSPA, une fois traduit, offre la possibilité de créer la plate-forme mutualisée internationale à laquelle le CNDR SP aspire puisqu’il permet une grande interopérabilité entre les bases de données de chaque organisme.

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Enfin, le TSPA étant le seul outil de ce type dans les domaines de la fin de vie et des soins palliatifs, il apparaît comme un atout non négligeable pour les professionnels de l’information et de la documentation internationaux. En effet, la mise en place d’un thésaurus nécessite du temps et de la réflexion. Son emploi implique nécessairement de s’y former pour le maîtriser. Cependant, l’expérience montre que cet outil aide grandement pour l’indexation des documents et les recherches effectuées par et pour les utilisateurs. Ainsi, les professionnels qui adopteraient le TSPA gagneraient en efficacité et en pertinence et, par là même, faciliteraient les recherches de leur(s) public(s) cible(s).

Vers une terminologie consensuelle

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À ce jour, aucun organisme n’a développé une terminologie universelle dans les domaines de la fin de vie et des soins palliatifs, mais des tentatives de définition consensuelle du vocabulaire employé dans ces domaines sont en cours de réalisation [30][30] Pour la France, l’Observatoire national de la fin de.... Les difficultés en termes de communication, de collection électronique et de transfert de l’information ainsi que les différences dans la compréhension des termes de fin de vie et de soins palliatifs doivent conduire à un processus d’unification. Il est à espérer qu’un travail tel que le TSPA mènera à un tel processus.

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Caroline Tête

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Lydie Audureau

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Christine Devaud

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Marion Falconnet

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Sophie Ferron

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Marie-Hélène Lecronier

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Odile Perrin

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Marina Rennesson

Faire un Mooc dans son garage… ou dans son salon

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Outil. Un Mooc, souvent proposé par des établissements prestigieux ou à la pointe, cela peut paraître impressionnant. En faire un soi-même ? Pourquoi pas en effet puisque des outils sont à notre disposition et que faire émerger un tel projet devient simple… à condition de disposer de contenus.

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Quasiment inconnu il y a un an, l’acronyme anglophone Mooc est sur toutes les lèvres dans le domaine de l’éducation. Mooc pour «?Massive Open Online Course?», que l’on peut traduire littéralement par cours ouvert en ligne et massif [31][31] D’autres traductions parfois plus élégantes ont été.... Il s’agit donc bien de cours en ligne, des formations à distance incluant vidéos, exercices, et échanges.

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Mais ce qui est nouveau, c’est que la porte d’entrée est ouverte à tous et que la salle de classe est de taille à accueillir les «?masses?». Cette invitation à entrer dans la classe, dans le groupe, séduit un public habitué aux échanges numériques, surtout si la salle est celle d’une université prestigieuse comme Stanford, Harvard ou le MIT. Les grands médias ont largement relayé [32][32] Par exemple sur le New York Times du 2 novembre 2012... ce phénomène, décrit comme l’arrivée d’un tsunami par le président de Stanford. Il ne s’agit plus simplement de ressources éducatives éparpillées dans des silos numériques, mais bien de cours avec un début, une fin, et surtout des échanges entre participants, qui constituent une communauté d’apprentissage.

Des cours qui s’adaptent à tous les styles

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Ces Moocs seraient ils l’apanage des plus grandes universités ou de startups comme Coursera ou Udacity issues de leur giron?? Rien n’est moins sûr. Comme souvent dans le monde du numérique, nous sommes au cœur d’une variété d’approches [33][33] Pour plus de précisions, lire une chronique des Moocs...?:

  • la théorie pédagogique du connectivisme, qui met en avant l’apprentissage sous forme d’un parcours dans un réseau constitué de personnes, de ressources partagées et coproduites ;

  • l’idée que de tels cours constituent des biens communs ;

  • le fait que chaque internaute puisse devenir lui-même le concepteur d’un cours qu’il aura construit dans son garage, ou dans son salon.

Le créateur d’un cours peut ainsi choisir de s’inscrire sur une plate-forme comme Canvas Network, qui propose un espace à chacun, ou rejoindre la P2PU, l’université pair-à-pair. Une organisation légère pourra choisir d’étudier une solution open source comme Course Builder de Google, OpenMooc [34][34] http://openmooc.org/. ou Class2Go de Stanford.

ITyPA, une réalisation originale

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Dans le cas de ITyPA [35][35] http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/18628..., premier Mooc francophone ouvert à l’automne 2012 et qui portait sur «?l’apprendre?» avec Internet, nous avons abordé la question différemment. Pour le comprendre, il est nécessaire de revenir sur le contexte de notre montage. Nous étions un petit groupe, issus d’horizons différents, qui voulait proposer une initiative inédite. Du coup, il nous fallait trouver une infrastructure indépendante, que nous voulions neutre (après avoir évoqué les solutions qui existaient déjà l’année dernière comme la wikiversité, la P2PU, etc.), et la plus simple possible.

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L’idée était de proposer un cours où chaque participant échangerait avec les outils de son choix, dans son espace personnel, apporterait ses idées, ses propres contenus (repérés ou produits) et les partagerait avec les autres participants. L’animation serait basée sur une lettre journalière qui regrouperait les contributions des participants et une réunion en vidéo hebdomadaire accueillant experts et témoignages.

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Bien sûr, pour échanger entre concepteurs, nous avons utilisé Skype et des Googles docs, qui permettent de travailler de manière efficace. Pour varier, nous avons aussi utilisé les bulles (hangouts) de Google+. Nous ne nous sommes pas rencontrés physiquement une seule fois pendant le montage du Mooc.

Quelle plate-forme ?

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Mais comment monter un environnement à coût minimal?? Finalement, nous avons opté pour un hébergement mutualisé. Cela nous a permis de disposer d’un nom de domaine sympa (mooc.fr), d’installer en quelques clics une plate-forme libre (un CMS de type Drupal) et de disposer de listes de mails. Cet espace a permis d’accueillir le déroulé du cours, les ressources associées et des forums pour les débats. Suffisant comme portail pour un tel cours.

Comment diffuser ?

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Deuxième élément, il nous fallait la possibilité de diffuser une réunion en ligne, et de l’enregistrer pour qu’elle soit disponible ultérieurement. Le système qui est apparu le plus simple était la solution des bulles, ou hangouts, de Google qui permet de regrouper jusqu’à dix intervenants, de partager leurs écrans, de diffuser en direct sur une chaîne vidéo, et de rendre l’enregistrement disponible après la réunion, sans manipulation particulière.

Comment remonter l’information ?

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Dernier élément technique, un flux RSS pour pouvoir remonter tout ce qui se passe sur la Toile, et plus particulièrement sur les blogs des participants. Pour le premier, nous avons retenu une solution très simple, les Yahoo Pipes, qui permet de construire un petit script graphiquement pour regrouper des flux (le nôtre est ici [36][36] http://pipes.yahoo.com/pipes/pipe.info?_id=c33a670...). Pour le second, nous avons retenu le lecteur de Google.

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Pour pouvoir témoigner sur nos réflexions sur le montage d’un tel cours, nous avons ouvert un blog gratuit [37][37] http://itypa.wordpress.com/.. Nous avons également ouvert un wikilivre que chacun pourra alimenter pour savoir comment construire son Mooc?: le guide du Mooc.

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Et c’est tout !

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Une telle approche, outre l’intérêt d’être accessible à tous, permet de passer d’un cours en ligne où le contenu est délivré par l’enseignant à une architecture distribuée dans laquelle chaque participant devient dépositaire du contenu qu’il s’est approprié. La difficulté n’est donc pas technique mais réside bien dans le choix du sujet, l’animation et la publicité du cours.

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Jean-Marie Gilliot

La chronique de Dominique Boullier. Les Moocs : de qui se moque-t-on ?

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Que se cache-t-il derrière les Moocs, plates-formes gratuites d’enseignement ? Décryptage.

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Si vous n’avez pas encore succombé au buzz des Mooc (Massive Online Open Courses), cela ne saurait tarder?: le temps de l’enseignement supérieur de masse en ligne est venu et la face du monde en sera changée. Oubliées les impasses des programmes éducatifs télévisés des années 60 et des plates-formes de e-learning des années 90?! Grâce aux accès haut débit, aux investissements massifs des capitaux risqueurs dans les deux grandes plates-formes Mooc commerciales, Coursera et Udacity, l’offensive prend forme. EdX (lancé par MIT et Harvard) s’affirme, lui, non commercial. Open University lance le Mooc britannique FutureLearn. Ce qui s’y joue, c’est la captation du marché de la formation mondiale par quelques marques réputées, et cela sans réelle innovation pédagogique, sans analyse de nos responsabilités face à la nouvelle génération d’étudiants et sans prise en compte des capacités des pays du Sud. Ces architectures techniques vont faire la loi («?Code is Law?» comme le dit Lessig [38][38] « Code is Law », article du juriste américain, fondateur...) et nous courons le risque de copier ces modèles sans les avoir décidés.

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Ces plates-formes fonctionnent comme des applications pour mieux capter la relation client et donc les données personnelles (explicite chez Coursera). À noter cependant que EdX est en open source. Les Moocs créent des standards logiciels avec peu d’innovation, technique ou pédagogique, mais reproductibles aisément et capables de supporter la masse d’étudiants. Les cours sont fabriqués à moindre coût, la qualité vidéo étant le principal argument. Pour trouver un public, le modèle économique est fondé sur le gratuit. En fait, un «?marché à double versant?», produisant des revenus auprès d’autres clients (comme les données personnelles, car «?vous êtes le produit?») ou préparant des formules premium pour tout ce qui comportera une vraie valeur ajoutée pédagogique ou diplômante (ce que fait déjà Coursera). Cette attraction du client ne peut fonctionner qu’à l’aide de marques réputées qui vont faire de l’éducation supérieure une forme d’oligopole avec filiales (33?universités sont déjà sur Coursera)

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Les Moocs signent ainsi l’entrée de l’enseignement supérieur dans le business mondial en réseau, fondé sur la réputation des marques, comme toute l’économie financière. Il n’est jamais question (à l’exception de EdX) d’innovation pédagogique. Tous les contenus sont supposés universels (d’où la place de l’informatique sur ces Moocs), stables, bien rangés dans leurs cases disciplinaires, évalués avec une seule forme d’excellence. Bref, des principes irresponsables dans un monde où les controverses sont la règle, où la complexité doit obliger les étudiants à explorer et à croiser des disciplines de façon active, et où les pays du Sud possèdent des compétences qu’il faudrait encourager plutôt que d’en détourner les étudiants. Une vraie rénovation pédagogique est pourtant nécessaire comme le fait Sciences Po avec le projet Forccast [39][39] http://www.sciencespo.fr/node/9200..

Notes

[1]

Émilie Masson. «?Les licences nationales : premières négociations en France », Documentaliste-Sciences de l’information, 2012, n° 1, p. 17.

[8]

INST 250 – «?Introduction to Library Research Practices?», http://www.econcordia.com/home/CourseDetails.aspx?id=2515.

[10]

IL e-learn Project, National Library Board, http://www.nlba.sg.

[11]

Services to Schools?: supporting Literacy and Learning, http://schools.natlib.govt.nz.

[13]

Voir les conférences annuelles ULearn?: http://ulearn.core-ed.org.

[14]

Philippe Ramette. «?Les Mooc, des cours à l’échelle du monde?», http://www.adbs.fr/les-mooc-des-cours-en-l-echelle-du-monde-125379.htm.

[17]

Les fondements du prêt de livres électroniques (e-books). IFLA, mai 2012, 12 p., http://www.ifla.org/files/assets/clm/publications/ifla-background-paper-e-lending-fr.pdf.

[18]

Co-auteur d’un livre blanc publié en 2011 et révisé le 2 mars 2012?: A Strategy for a securing public access to commercial digital content, http://ndpl.lapl.org.

[19]

Martin J. Gomez (coord.). America’s Digital Future?: Advancing a shared Strategy for digital public Libraries. OCLC, 2011, 60 p.

[22]

Brandin D. H., Harrisson M. A. The technology war: a case of competitiveness. New York: John Wiley and Sons Inc., 1987, 244 p.

[23]

Moulier-Boutang Y. «?Richesse, propriété, liberté et revenu dans le "capitalisme cognitif"?», Multitudes, 2001, n° 5, p. 17-36, http://multitudes.samizdat.net/Richesse-propriete-liberte-et.

[24]

Le CNDR SP est un organisme reconnu d’utilité publique, sous tutelle du ministère des Affaires sociales et de la santé et dont la gestion a été confiée à la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon.

[27]

Afnor. Règles d’établissement des thésaurus monolingues. NF Z47-100, 1981, 20 p.

[29]

Code de la propriété intellectuelle, Livre III, Titre IV.

[30]

Pour la France, l’Observatoire national de la fin de vie a prévu la publication d’un glossaire en septembre 2013.

[31]

D’autres traductions parfois plus élégantes ont été proposées, mais nous conserverons ici l’acronyme partagé par tous.

[33]

Pour plus de précisions, lire une chronique des Moocs récemment publiée en français par Matthieu Cisel : http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2012/13r-cisel/sticef_2012_cisel_13r.htm.

[38]

« Code is Law », article du juriste américain, fondateur de l’organisation Creative Commons (Wikipédia), http://www.framablog.org/index.php/post/2010/05/22/code-is-law-lessig.

Plan de l'article

  1. Acquisitions et accès aux ressources électroniques : une réflexion collaborative
    1. Quelles ressources acquérir ?
    2. Le poids de l’Open Access
    3. Une attention accordée au signalement
    4. Quel accès ?
    5. Et le papier ?
  2. IFLA 2012 : focus sur la formation en ligne et les outils nomades
    1. La montée de la formation en ligne
    2. Des outils et des questions
  3. Le thésaurus, outil d’accès à l’information
    1. Retour en arrière
      1. Quels droits d’auteur sur le TSPA ?
    2. Quel intérêt pour l’utilisateur ?
    3. Une démarche pluridisciplinaire pour une mise à jour pertinente
      1. Des groupes de travail pluridisciplinaires
      2. Vers un thésaurus bilingue
      3. Vers une terminologie consensuelle
  4. Faire un Mooc dans son garage… ou dans son salon
    1. Des cours qui s’adaptent à tous les styles
    2. ITyPA, une réalisation originale
      1. Quelle plate-forme ?
      2. Comment diffuser ?
      3. Comment remonter l’information ?
  5. La chronique de Dominique Boullier. Les Moocs : de qui se moque-t-on ?

Pour citer cet article

Petitjean Alexandra, Lamouroux Mireille, Tête Caroline, Audureau Lydie, Devaud Christine, Falconnet Marion, Ferron Sophie, Lecronier Marie-Hélène, Perrin Odile, Rennesson Marina, Gilliot Jean-Marie, Boullier Dominique, Gully Stéphane, Porquet Thomas, « Méthodes techniques et outils », Documentaliste-Sciences de l'Information, 1/2013 (Vol. 50), p. 8-15.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2013-1-page-8.htm
DOI : 10.3917/docsi.501.0008


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