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Documentaliste-Sciences de l'Information

2013/2 (Vol. 50)

  • Pages : 78
  • DOI : 10.3917/docsi.502.0046
  • Éditeur : A.D.B.S.

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La redistribution de la valeur dans la donne numérique

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Analyse. À l’heure où les documents acquièrent un nouveau statut, où un glissement s’opère vers une autre économie, complexe, où le gratuit prend une nouvelle dimension, et que se pose la question de la rétribution des acteurs, quelle valeur peut avoir l’intermédiation ? Quel avenir pour les réseaux documentaires dans un environnement qui se traduit par une redistribution des valeurs, une recomposition de compétences, un renouvellement des défis et des lignes d’actions qu’il convient de saisir ?

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Dans sa théorie économique, Joseph Schumpeter considère l’innovation comme la force motrice de la croissance économique, même si elle implique dans un premier temps une destruction de valeur pour des entreprises, des organisations, des produits et services établis. Le développement du Web et de ses technologies est assimilable à cet ouragan destructeur, renouvelant les services, les modes de production, les organisations de travail, la demande, etc. Les technologies au cœur de cette redistribution sont à la source des transformations actuelles des modèles économiques et organisationnels, des besoins des organisations et du comportement des usagers.

Technologies et destruction créatrice (Ghislaine Chartron)
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Plusieurs types d’économie s’entrelacent et accompagnent les transformations : l’économie du gratuit, l’économie des services et de l’accès, l’économie sociale de la contribution.

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L’économie du gratuit désigne cette propension quasi-nulle désormais à payer pour un contenu ou un service sur le Web, tornade pour les acteurs des filières des contenus qui peinent à trouver des modèles économiques viables [1][1] Comme les modèles freemium, REIME E.V. Exploring the...[2][2] G. CHARTON, F. MOREAU. « Tendances lourdes et tensions... : « Si c’est numérique, tôt ou tard cela sera gratuit », principe fondateur énoncé par Chris Anderson, célèbre rédacteur en chef du magazine américain Wired[3][3] C. ANDERSON. Free ! Entrez dans l’économie du gratuit..... Ce à quoi oppose Olivier Bomsel, professeur d’économie industrielle à l’École des Mines : « Rien n’est jamais gratuit : soit d’autres paient pour vous, soit on paie pour autre chose, soit on paiera après » [4][4] O. BOMSEL. Gratuit ! Du déploiement de l’économie numérique..... On ajoutera la logique selon laquelle « si c’est gratuit, c’est que vous en êtes le produit » pour désigner tous les services qui fondent en partie leur valeur sur la collecte des traces laissées par les internautes et exploitées ensuite pour des profilages, des ciblages marketing.

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Cette économie de la gratuité est à relier au paradigme du libre accès (open access, open data, Mooc, etc.) même si les deux concepts ne sont pas équivalents (le libre accès est majoritairement adossé à un tiers payeur, notamment les pouvoirs publics). Le libre accès introduit une dimension politique qui défend l’enjeu d’un accès ouvert aux savoirs pour la citoyenneté, la créativité, l’innovation. Se pose alors la complexe équation de la rétribution des producteurs des contenus si celle-ci constitue leur condition d’existence et de développement. Le rapport entre acteurs du contenu et acteurs du contenant (logiciels) se déséquilibre désormais de façon problématique en faveur des derniers, multipliant des stratégies d’intégration contenu-contenant par Google, Apple et autres géants du Web.

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La licence d’accès à des services externalisés reste la modalité propice au paiement de la production de contenus : licence d’accès aux revues, à des services d’archivage numérique, aux logiciels partagés sur un cloud. Une économie de services s’est substituée à une économie de biens tangibles [5][5] J. RIFKIN. L’âge de l’accès : la vérité sur la nouvelle... face à une dimension technologique inédite doublée d’une grande évolutivité, face à la recherche d’une qualité de service toujours plus difficile à maîtriser en interne. D’autre part, la participation des utilisateurs à la création de la valeur (User-Generated Content, Pro-consumer), que l’on considérera comme une économie de la contribution ouverte, voudrait redistribuer de nombreuses cartes : remise en cause de l’autorité, de l’expertise, de la professionnalisation des filières du contenu, etc. Il n’en reste pas moins que les asymétries restent fortes entre la contribution et la consultation (un très faible pourcentage de contributeurs pour une grande majorité d’utilisateurs), que la qualité reste un défi et que la pérennité, au-delà d’une phase d’innovation, demeure hasardeuse.

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Le comportement des usagers change. Deux caractéristiques dominent : le peu de propension à payer des contenus et la revendication à utiliser les mêmes outils faciles d’accès pour les activités privées et professionnelles. Par ailleurs, la prescription du groupe peut devenir importante par rapport à la prescription des autorités en place : lire ce qui est prescrit sur le réseau social avant les articles des revues spécialisées. Quant aux organisations, dans un environnement de plus en plus concurrentiel, les objectifs retenus sont avant tout liés à la réduction des coûts, à l’efficience des services, à la performance et à la gestion des risques, ce qui impacte considérablement les choix qui sont faits pour la fonction Information et ses priorités.

Une intermédiation en redéfinition

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Que ce soit dans une économie marchande ou non marchande, la mise en rapport facilitée ou permise par le réseau du client (ou destinataire) avec les producteurs ou fournisseurs interroge le rôle des fonctions intermédiaires classiques. Désintermédiation ? Accès direct par des plateformes et des outils de recherche de plus en plus performants ? Certainement. Mais la valeur de l’intermédiation se dissimule désormais dans la performance et l’adéquation de ces outils, la formation des usagers, la sélection et la production de contenus. L’intermédiation est devenue plus transparente. Sa valeur se redistribue notamment entre :

  • l’intégration, l’élaboration de catalogues élargis de contenus,

  • l’usabilité de ces plateformes,

  • le référencement optimum des contenus sur le réseau,

  • l’évolution des fonctionnalités en synergie avec les pratiques [6][6] X. GALAUP (sous la direction de). Développer la médiation...,

  • l’animation des communautés pour motiver le partage d’information,

  • l’implication dans les processus de standardisation, au cœur de l’économie de l’accès,

  • la négociation de contrats pour des contenus payants,

  • la qualité des contenus diffusés, etc.

C’est donc une recomposition mêlant des compétences technologiques et d’architecte du Web, sociologiques de compréhension des besoins, et de sélection et de négociation des ressources qui dessine aujourd’hui la fonction intermédiaire pour le document. Elle renouvelle les compétences, favorise l’émergence de nouveaux acteurs (agrégateurs). Au-delà de l’évolution incessante des technologies, la certification d’une qualité des contenus pour baliser l’attention de l’usager, dans un contexte toujours plus inflationniste de contenus auto-produits et auto-diffusés, demeure une valeur centrale et prisée. La définition de cette valeur implique indépendance, recul critique et diversité qui continuent à distinguer les professionnels de l’information dans leur environnement [7][7] G. CHARTRON. « La quadrature éditoriale : libre accès,.... En ce sens, documentalistes, journalistes ou éditeurs partagent originellement cette éthique toujours en lutte contre le tourbillon de l’instantanéité et de l’éphémère que les technologies voudraient imposer.

De nouveaux défis pour les réseaux documentaires

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Si la nature de l’intermédiation change, le statut même des documents évolue dans une économie où l’information est au cœur des processus décisionnels, des développements des services, des stratégies de concurrence et de protection.

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C’est par la reconnaissance de leur statut d’actif immatériel majeur pour l’innovation, la performance, la gestion du risque, la croissance, la citoyenneté que les services et les sources d’informations se positionneront à la hauteur des enjeux plus stratégiques des organisations. « Un actif est un élément identifiable du patrimoine d’une entité ou agent économique ayant une valeur économique positive, c’est-à-dire générant une ressource que l’entité contrôle du fait d’événements passés et dont cette entité attend un avantage économique futur » (art. 211.1 du Plan comptable général français).

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Les brevets, les marques, les droits de propriété littéraire et artistique, les bases de connaissances, les savoir-faire, sont des exemples d’actifs immatériels déjà bien identifiés. Il convient d’apprécier d’autres actifs qui contribuent à l’attractivité, aux partenariats comme les publications des chercheurs, les thèses des étudiants, les connaissances tacites partagées, etc. Ce raisonnement est défendu par le rapport britannique du RIN et du RLUK [8][8] The value of libraries for research and researchers,... qui positionne le rôle des bibliothèques de recherche au niveau de la performance individuelle des chercheurs et de la recherche dans son ensemble.

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Quels sont alors les défis pour le travail collaboratif entre professionnels de l’information ? Si hier la collecte, l’identification et la mise à disposition étaient les principaux objectifs partagés, comment se renouvellent-ils aujourd’hui ? Affronter collectivement le changement d’échelle pour rester compétitifs face à des acteurs technologiques de plus en plus puissants et concentrés dont les compétences s’étendent à la gestion du contenu est déjà une motivation majeure. Les objectifs ci-dessous précisent quelques lignes d’action.

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? Intégrer le Web. La valorisation des services à l’usager développés historiquement par les professionnels de l’information nécessite de les intégrer dans les formalismes du Web et de permettre leur réutilisation par le plus grand nombre. Il ne s’agit plus de développer des outils spécifiques et isolés dans l’espace documentaire ; la question des formats et de leur interopérabilité (RDF par exemple) devient primordiale. Cette évolution se pense collectivement et requiert le développement d’une politique commune et d’outils partagés.

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? Valoriser les productions locales, les mettre en réseau. Renforcer l’identité d’une organisation consiste en partie à rendre visibles sa production de savoirs et son savoir-faire pour défendre sa réputation, susciter des partenariats. Le document est considéré comme un actif dont l’économie peut être ou non la gratuité d’accès selon les équilibres économiques internes ou selon les conflits potentiels avec d’autres actifs tel que le brevet. Les outils numériques ne constituent plus vraiment une barrière à de tels projets ; l’économie de la contribution au niveau institutionnel peut se déployer au sein d’un réseau.

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? Constituer une force de dialogue et de négociation. Le nouveau paradigme d’achat de ressources est la licence négociée entre les parties. Le partage des négociations au sein des consortiums est un atout, l’objectif poursuivi étant de professionnaliser cette nouvelle fonction de négociation. Plus globalement, le réseau est une réelle force de dialogue avec l’ensemble des autres acteurs tant qu’il est apprécié pour son professionnalisme et sa juste représentativité des participants et des usagers.

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? Assurer la sauvegarde numérique. Il n’est plus possible d’envisager la mission d’archivage pérenne des ressources numériques au niveau local. De nouvelles organisations se développent, certaines centralisées, d’autres plus distribuées comme le réseau Clockss [9][9] http://www.clockss.org/clockss/Home, organisation à but non lucratif réunissant éditeurs et bibliothèques de recherche pour développer un service pérenne d’archive partagée mais où aucun organisme français ne participe, les pouvoirs publics français ayant préféré une centralisation des services comme le projet Istex [10][10] http://www.istex.fr.

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? Et le réseau plus que jamais comme une organisation apprenante[11][11] C. VOLANT. « Réseau documentaire et organisation apprenante….... Cette motivation fondatrice de nombreux réseaux documentaires survivra certainement à toute évolution technologique ou organisationnelle car le besoin d’apprentissage mutuel basé sur les expériences partagées est au cœur des valeurs des travailleurs du savoir. À l’heure du web social, l’ensemble des services expérimentent désormais cette mutualisation, misant sur l’organisation Web 2.0, mais les résistances existent et la mise en place d’un RSE ne saurait suffire si le projet du partage n’est ni une motivation, ni une priorité.

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Ghislaine Chartron

Réseaux sociaux, réseaux documentaires : vers la dilution ?

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Classement. Un réseau social procurant informations et conseils peut-il être qualifié de réseau documentaire ? Si, sans surprise, ce sont les réseaux sociaux d’entreprise qui répondent aux finalités des réseaux documentaires, ils ont des intrications très fortes avec les autres types de réseaux sociaux, comme l’indiquent les outils proposés aujourd’hui aux entreprises.

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Les réseaux documentaires qui ont émergé dans les années 70 connaissent des transformations majeures. L’association d’entités documentaires qui devait favoriser des projets communs entre centres et services de documentation ou bibliothèques a connu une accélération avec l’interconnexion des fonds. L’automatisation croissante des fonctions d’interrogation et la multiplicité des critères susceptibles d’être pris en compte dans l’orientation des réponses confirment un processus de redocumentarisation bien engagé. Cette nouvelle architecture contribue-t-elle à amplifier les médiations documentaires ? L’installation durable des réseaux sociaux dans le paysage communicationnel va-t-elle façonner les réseaux documentaires en les orientant vers plus d’opinions et moins de descriptions ?

Qu’est-ce qu’un réseau documentaire ?

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L’activité des réseaux documentaires, au sens traditionnel du terme, est fondée sur la mutualisation des ressources et la réalisation de produits et services communs pour des organisations différentes ou au sein d’une même structure comportant des unités distinctes.

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Différentes typologies ont été tentées et on peut retenir le classement des réseaux selon leur fonction territoriale et/ou sectorielle. Leur objectif étant de couvrir des spécialités, des disciplines, des champs d’activité et/ou de répondre aux usagers d’une zone géographique préalablement délimitée (ville, région, pays).

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Pour son mémoire de fin d’études, Christelle Maussac avait réalisé une enquête dans différents réseaux documentaires [12][12] C. MAUSSAC., Réseaux documentaires : bilan et perspectives.... : scientifique, bibliothécaire et universitaire ; territorial public (ex : chambres d’agriculture) ; industriels (ex : énergie, chimie, etc.) ; banques, assurances, caisses d’épargne, etc. L’enquête révélait que l’échange d’informations et d’expériences était la motivation première des acteurs.

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Construits avant tout par des communautés de pratique, les réseaux documentaires reposent essentiellement sur l’investissement de leurs membres en temps et en activités. C’est leur force et aussi leur faiblesse. Car la variation de l’investissement individuel dans les travaux collaboratifs est d’une grande amplitude selon l’existence ou non d’une charte énumérant des consignes à respecter pour encadrer les apports et selon les méthodes de gestion des conflits et controverses utilisées par les responsables des projets. Pour pallier les défaillances comportementales (résistances, concurrences, etc.) qui freinent ou perturbent les échanges, Christiane Volant proposait de renforcer la dynamique collective à l’œuvre dans ces réseaux qu’elle qualifiait d’organisations apprenantes [13][13] C. VOLANT. « Réseau documentaire… organisation apprenante.... Ceci passe par la reconnaissance des interactions des individus en leur sein et la prise de conscience de la nécessité d’un apprentissage collectif. Elle proposait ainsi un pilotage de ces réseaux réalisé avec les principes de gestion fondés sur le management des systèmes complexes.

L’éclosion des réseaux sociaux

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Ils répondent à des besoins différents :

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? L’agrégation de profils. Ces dix dernières années ont vu la montée en puissance des réseaux sociaux du Web basés sur le renseignement de profils des individus qui les composent. Facebook, emblématique du genre, fédère des millions d’individus avec les caractéristiques de fragmentation que l’on connaît : une forme de parcellisation de la vie sociale entre gens de même âge ou de même goût, partageant les mêmes amis et les mêmes ennemis. LinkedIn est un réseau agrégeant des profils professionnels à l’intérieur duquel se sont formés des groupes émanant d’associations professionnelles ou créés par des membres souhaitant suivre un sujet précis. Ces services visent essentiellement la construction de graphes de relations qu’ils suscitent à l’aide de moteurs de recommandations fonctionnant aussi bien pour les humains que pour les documents [14][14] O. ERTZSCHEID, « Séminaire réseaux sociaux », Affordance,.... L’automatisation systématique de cette mise en relation donne à voir des échanges d’informations entre membres d’un réseau, mais ces échanges publics ne sont la plupart du temps que le résultat d’abonnements à d’autres services. Pour LinkedIn : fils Twitter et Facebook, liens émanant d’Amazon, SlideShare, WordPress, etc. Les interactions entre membres se déroulent de manière privée par l’intermédiaire de la messagerie.

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? L’agrégation d’opinions. Autre type de réseau, celui incarné par Twitter, où se partagent informations, avis sur celles-ci et humeurs du moment. Les rôles sont binaires et se divisent entre suivis et suivants. La critique s’y manifeste le plus souvent sous la forme de dénonciations plutôt qu’en terme de débat contradictoire. Nous qualifions ce type de réseau de réseau d’opinions car même si le signalement de ressources et d’événements y fonctionne très bien, la puissance de la fonction virale dépasse largement toutes les espérances : de véritables campagnes sont ainsi menées régulièrement sur Twitter dans le but de sensibiliser à une question ou d’alerter les politiques. Cette instrumentalisation du réseau social peut aller jusqu’au dénigrement des personnes avec toutes les conséquences néfastes que l’on connaît.

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? La stratégie et le management. Troisième type de réseau, les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) basés sur des intranets et dont les objectifs sont pris entre la constitution d’espaces de travail collaboratif facilitant le décloisonnement entre salariés et la transversalité entre services mais aussi le management des ressources humaines de l’entreprise : ce type de réseau social ne s’ouvre que très rarement sur l’extérieur.

Focus sur le RSE

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Si l’on reprend nos trois types de réseaux, ce sont bien les RSE qui correspondent apparemment le mieux aux réseaux documentaires tels qu’incarnés par notre définition préalable, car ils partagent au moins un objectif commun : susciter des échanges et des collaborations pour améliorer les services.

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Le réseau social agrégateur de profils va servir aux entités de manière individuelle : identification d’une entreprise et de ses activités, identification des membres d’un groupe de travail, d’une catégorie professionnelle, identification des événements liés à ces entités. Le réseau agrégateur d’opinions va signaler des ressources et publiciser les événements marquants d’une profession, d’une entreprise, d’un groupe de travail : salons, publication d’études, conférences, etc. tout en leur attribuant une tendance positive (ex : « réussite ») ou négative (ex : « ne sert à rien »).

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Du réseau agrégateur d’opinions naît cependant une nouvelle forme de réseau : le réseau informel éphémère qui va se constituer par la cascade des reblog (Tumblr) ou des retwitt (Twitter) et qui durera le temps de l’événement signalé. Soulignons à nouveau sa puissance d’action car il est capable d’influencer très rapidement les décideurs à l’écoute des leaders d’opinions.

Quelles relations entre les réseaux documentaires et les autres types de réseaux ?

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Le réseau documentaire recouvre le RSE et est susceptible de nourrir le réseau d’identités et le réseau d’opinions. L’ouverture vers l’extérieur se remarque particulièrement pour les organisations dont la finalité est de servir d’autres entités sociales et/ou le grand public. Les réseaux documentaires d’entreprises peuvent aussi avoir intérêt à développer des prolongements vers des communautés virtuelles qu’ils peuvent animer suivant les événements rythmant leur secteur d’activité et l’agenda géré par les services de relations publiques.

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On peut parler aussi d’un recouvrement des fonctionnalités des réseaux documentaires par les RSE. Ceci est rendu visible par l’évolution de l’offre logicielle qui, depuis 2011, propose de multiples connecteurs entre outils de gestion de contenus et RSE. En outre, une véritable transformation se déroule au sein des outils de gestion électronique de documents (Ged) qui deviennent des outils de gestion au service des directions des ressources humaines (ex : Alfresco [15][15] http://www.francematin.info/La-plateforme-de-gesti...) ou des plateformes collaboratives susceptibles de prendre en compte les relations des membres et leurs interactions (ex : École centrale de Paris/Nuxeo [16][16] http://www.nuxeo.com/fr/clients/ecole-centrale-par...).

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Quatre modules sont donc aujourd’hui systématiquement reliés :

  • Gestion documentaire (dépôt, acquisition, traitement, indexation, classement, archivage selon des taxonomies et des référentiels métiers).

  • Plateforme collaborative (outils de communication synchrone et asynchrone, gestion des contacts sous formes de groupes, cercles, etc., de statuts, de profils).

  • Gestion de contenus différenciant documents, conversations, articles, gestion du workflow de travail, etc.

  • Recherche d’informations simple et avancée (navigation par facettes, catégories, tags).

Reste à poser la question de la communication, car l’échange d’expériences à distance, même s’il est sollicité, conduit et amplifié par l’outillage logiciel, ne remplace pas la richesse de l’échange interpersonnel qui passe par la communication en présence. Le couteau suisse de la collaboration ne joindra que les membres de la plateforme et éliminera les autres. La communication hors plateforme risque bientôt d’être privilégiée, parce que hors réseau, non enregistrée, se faisant rare et donc devenant précieuse.

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Évelyne Broudoux

Introduction à l’économie des réseaux

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Économie. Des particularités pour le fonctionnement des réseaux ? Quels facteurs précèdent au succès ou à l’échec d’un réseau ? Un éclairage utile sur les aspects économiques de la question.

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ScienceDirect, Hal, Google, Facebook ou encore Twitter, autant de services en ligne qui diffèrent par leur objet (distribution de contenus, référencement ou promotion) et par leur mode de financement (payant, publicité, gratuit), mais qui partagent une caractéristique commune : obéir aux règles de l’économie des réseaux [17][17] Pour une synthèse, le lecteur se reportera à N. CURIEN.....

Quelques règles majeures

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Sur un marché à externalités [18][18] Sur les externalités économiques http://www.melchi... de réseau (ou externalités positives de consommation ou encore effets de club) chaque consommateur retire une satisfaction d’autant plus grande de la consommation d’un bien que d’autres consommateurs ont fait un choix identique. Un effet de club est direct lorsque l’on retire un bénéfice de la présence de nombreux consommateurs dans le réseau permettant d’entretenir un grand nombre de relations bilatérales. C’est le cas de Twitter par exemple. Être le seul utilisateur d’un tel service ne présente bien entendu aucun intérêt. Lorsque le bénéfice est lié à la variété et à la qualité des services complémentaires offerts, qui vont généralement croissants avec le nombre de membres du réseau, l’effet de club est dit indirect. ScienceDirect entre dans cette catégorie. Un utilisateur de ce service est indifférent au nombre total d’abonnés ; pourtant il en profite indirectement car plus celui-ci est élevé, plus les revenus générés seront importants et meilleure pourra être la qualité de ScienceDirect.

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L’économie des réseaux se singularise également par les spécificités du déroulement du processus concurrentiel [19][19] Voir les travaux pionniers suivants : B. ARTHUR. «....

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On distingue ainsi quatre caractéristiques majeures :

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• L’existence d’une masse critique de consommateurs en deçà de laquelle le produit ne se développe jamais. Pour un bien ou service classique, la demande exprimée par le marché dépend pour l’essentiel du revenu de l’individu, du prix et des caractéristiques du produit. Dans une industrie en réseau, la demande est également fonction des anticipations des individus sur la taille future du réseau. Si les consommateurs restent persuadés que le nombre d’utilisateurs sera toujours faible, l’absence de développement est inéluctable. À l’inverse, si les consommateurs anticipent un engouement massif, il deviendra réalité par une forme de prophétie auto-réalisatrice. Mais, même dans ce cas, le développement est d’abord lent tant que la masse critique n’est pas atteinte et s’accélère, parfois exponentiellement, une fois celle-ci dépassée. S’il a fallu quatre années à Facebook, entre sa création et fin 2008, pour atteindre le seuil de 140 millions d’utilisateurs, le même nombre d’utilisateurs a ensuite été gagné en moyenne tous les huit mois pour atteindre un milliard fin 2012 !

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• La nature winner-take-all des marchés en réseau. Le processus concurrentiel peut en effet conduire à une situation de verrouillage (lock in) ou de standardisation, dans laquelle un produit finit par éliminer tous ses concurrents. Ce verrouillage peut notamment provenir d’un effet réseau important conduisant les consommateurs à prendre des décisions allant à l’encontre de leurs préférences intrinsèques. Certains joueurs de jeu vidéo en ligne choisiront un jeu qu’ils apprécient moins mais avec lequel ils sont certains de trouver un grand nombre d’adversaires à tout moment.

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• La concurrence sur un marché en réseau : l’histoire compte ! Les évènements se déroulant au début du processus concurrentiel - engouement pour un produit ou, au contraire, rejet d’un autre - revêtent une importance primordiale. Le processus est dit dépendant du chemin (path dependent). À la fin du 19e siècle, le clavier QWERTY s’est imposé sur le marché naissant des machines à écrire. Il n’assurait pas la vitesse de frappe maximale mais l’on craignait que les marteaux mécaniques des premières machines ne s’emmêlent. À l’ère de l’informatique, le risque a disparu mais le clavier est resté !

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• Le meilleur produit n’est pas forcément le vainqueur. Un nouveau produit dominant clairement ses prédécesseurs peut échouer en raison de son incapacité à atteindre suffisamment tôt la masse critique. Sur le marché de la cassette vidéo, dans les années 80, le standard Betamax développé par Sony a été éliminé par le VHS, créé par JVC, car celui-ci offrait initialement des cassettes d’une plus longue durée (deux heures contre une pour le Betamax) et permettait donc d’enregistrer des films. Pourtant, le Betamax était réputé être de meilleure qualité. Les professionnels avaient d’ailleurs continué longtemps à l’utiliser.

Quelles stratégies ?

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Les spécificités du processus concurrentiel conditionnent les stratégies adoptées par les entreprises. Il devient ainsi primordial de créer au plus vite une base installée de consommateurs en atteignant rapidement la masse critique. Pour cela, cibler une population susceptible d’adopter massivement le produit et miser sur la gratuité - tout au moins initialement - peut se révéler une stratégie gagnante. La diffusion du Minitel en France dans les années 80 a suivi cette voie. Une fois la base installée créée, il ne reste plus qu’à l’exploiter ! En facturant directement l’utilisation du service proposé (comme pour le Minitel avec le fameux 3615) ou en monnayant l’accès à cette base d’utilisateurs qui, eux, profitent gratuitement des services offerts. Les recettes du site proviennent alors de la publicité et/ou de la monétisation de l’accès aux données personnelles des utilisateurs. On reconnait là le modèle économique de Facebook ou de YouTube.

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On entre ici dans une logique de marché biface [20][20] J.C ROCHET et J. TIROLE, « Two-sided markets: a progress... où une plateforme relie deux types d’agents économiques connectés entre eux par des externalités croisées positives. Sur un tel marché, un type d’agents motive la participation de l’autre sur la plateforme. Ainsi, un journal peut être considéré comme une plateforme mettant en relation les annonceurs publicitaires et les lecteurs. C’est la présence massive des seconds qui motive la participation des premiers. En matière de tarification, un marché biface présente deux spécificités notables. D’une part, la structure des prix compte. Il n’est pas neutre de faire payer l’un ou l’autre côté du marché. D’autre part, le côté le plus sensible au prix est subventionné tandis que le côté le plus sensible à l’importance de l’autre population se voit imposer la tarification la plus lourde. Par exemple, sur un site de petites annonces en ligne, vouloir faire payer à parité ceux qui postent les annonces et ceux qui les lisent se traduira certainement par une désertion des lecteurs et donc également des annonceurs, même si le tarif qui leur est imposé est faible. La gratuité pour les lecteurs garantira au contraire une fréquentation importante du site qui justifiera un tarif plus élevé imposé aux annonceurs.

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Une dernière décision-clé sur un marché en réseau concerne le choix de se lancer dans une guerre de standard ou, au contraire, d’assurer la compatibilité du produit avec ceux des concurrents. Le coût d’une guerre de standard peut être très élevé. Une tarification agressive (en dessous du coût marginal), voire une gratuité initiale afin de s’assurer une atteinte rapide de la masse critique, peuvent rendre difficile une augmentation du prix par la suite. De plus, une guerre de standards qui perdure peut s’achever par une victoire à la Pyrrhus où le vainqueur règne sur un marché déserté par des consommateurs qui, de peur de choisir le standard voué à disparaître, ont préféré renoncer à leur achat. Le risque d’une telle issue funeste avait été soulevé lors de la guerre de standard sur le marché du DVD haute définition (Blu-Ray vs. HD-DVD). S’entendre sur l’adoption d’un standard unique peut en revanche augmenter de manière significative la taille du marché, et donc sa valeur, et compenser ainsi la dilution des parts de marché qui en résulte pour les différentes firmes.

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Soulignons enfin que, dans le monde des réseaux, si les succès peuvent être rapides et hégémoniques, les chutes sont souvent vertigineuses. Une base installée est souvent plus facile à créer qu’à verrouiller. MySpace en offre un bon exemple. Créé en 2003, celui qui était devenu le réseau social fétiche de l’industrie musicale a été acheté 500 millions de dollars en 2005 par le groupe NewsCorp pour finalement être revendu à un prix seize fois moins élevé en juin 2011. Entre temps, des problèmes techniques (spams, ergonomie de l’interface, etc.) et surtout la migration massive des utilisateurs sur Facebook avaient eu raison de ce qui fut en son temps le plus fréquenté, et de loin, des réseaux sociaux.

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François Moreau

Nereus et le portail Economists online

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Politique. Nereus, ce sont des archives ouvertes de manière concertée au niveau européen. Ce sont aussi des échanges pour des choix politiques, juridiques et techniques pour faire émerger divers services. Sa complémentarité avec les plates-formes nationales est un apport fondamental à l’heure où les données de la recherche représentent un enjeu majeur.

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Le consortium Nereus [21][21] http://www.nereus4economics.info rassemble 21 universités européennes pour une collaboration centrée sur l’accès ouvert aux publications scientifiques des économistes de ces établissements, connus pour la qualité de leur recherche. Fondé en 2002 autour de la London School of Economics et Tilbug University, sur la lancée du projet Decomate [22][22] http://eprints.rclis.org/6256, Nereus a été financé par la Commission européenne pour construire, dans le cadre du projet Network of European Economists on line (NEEO), le portail Economists online (EO).

Des archives ouvertes

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Economists online [23][23] http://www.economistsonline.org/home s’inscrit dans le mouvement des archives ouvertes qui vise à redonner à la communication scientifique plus de fluidité et à renforcer le droit des auteurs sur l’usage de leurs publications. EO est un portail relevant de la voie dite verte qui donne accès au texte intégral des articles et autres types de documents qu’il recèle, conformément aux contrats et licences en vigueur respectant la durée des embargos édictés par les éditeurs.

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EO est l’un des rares répertoires d’archives ouvertes thématiques. Le choix de se rapprocher d’une communauté disciplinaire a été premier dans la conception du projet où les économistes participent au pilotage de l’archive ouverte via un conseil scientifique. EO vise à accroître la visibilité de la recherche en économie en offrant la production scientifique des institutions partenaires en libre accès et, pour cela, à conduire chacune à créer son propre portail d’archives ouvertes à une époque où la Commission européenne poursuivait encore une politique très favorable au secteur éditorial classique.

Des bonnes pratiques

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Le projet insistait sur le partage des bonnes pratiques, l’échange et l’acquisition de compétences entre partenaires européens. Cette dimension du projet a été une réalité pour de nombreux membres du consortium qui ont créé une archive ouverte pour collecter et diffuser la production scientifique de leurs établissements, notamment pour Sciences po qui a crée Spire (Sciences po Institutionnal Reprository [24][24] http://spire.sciences-po.fr/web).

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L’acquisition de compétences s’est réalisée par la participation aux groupes de travail portant sur l’architecture technique (réquisits en matière de formats de données et standards), l’agrégation de contenus, les versions multilingues, la communication et la valorisation, la propriété intellectuelle et l’évaluation (enquêtes et statistiques).

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De cette énumération transparaît la dimension politique de ce projet : l’affirmation du multilinguisme alors que la langue véhiculaire de la science économique est devenue l’anglais ; le traitement coordonné des questions de propriété intellectuelle pour fournir à chaque pays des éléments de référence adaptés à son droit et comparables aux législations voisines.

Le choix du moissonnage

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Ce choix qui permet à chaque institution de rester détentrice de ses contenus et de les exploiter à sa guise n’est pas anodin quand on considère le refus a priori de la plateforme française nationale d’archives ouvertes HAL d’opérer tout moissonnage. Certes, on concèdera que le choix de Nereus a été assorti d’un accompagnement rigoureux en termes de sélection de contenus, de standards et formats de métadonnées et c’est cette organisation commune qui fait la qualité d’EO. Le moissonnage permet aussi à chaque institution de créer des services adaptés aux besoins des unités de recherche : export de listes de publications pour les rapports d’évaluation (AERES [25][25] Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement...), outils bibliométriques, export sur les sites web des centres/unités de recherche, etc.

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À ce propos, et le travail accompli par ailleurs au sein du Groupe BSN4 (Groupe Archives ouvertes de la Bibliothèque scientifique numérique [26][26] http://www.bibliothequescientifiquenumerique.fr) a achevé de m’en convaincre, on voit se dégager les articulations possibles entre des archives institutionnelles d’établissement (AIE) et un répertoire central national. Aujourd’hui, les AIE sont plutôt des services adaptés aux besoins des communautés de chercheurs, intégrant en priorité leurs choix en matière de contenus, de périmètres de publications, de standards de présentation des listes de publications et de présentation de CV dans un objectif de valorisation de leurs publications, de leurs activités et partenariats. Une archive nationale est plus centrée sur les contenus bruts, plus sélective sur leur nature et prend en charge leur archivage pérenne. Les deux dispositifs - qui participent de la diffusion gratuite des résultats de la science -, de visée légèrement différente, sont complémentaires.

Nereus aujourd’hui

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Après cinq ans d’existence, le portail compte plus de 100 000 références (1,2 million avec les références de Repec [27][27] Research Papers in Economics http://repec.org) dont 40 % en texte intégral ; il est régulièrement alimenté par les partenaires et sa visibilité s’accroît. EO a aussi initié la gestion des données de la recherche en mettant en ligne une série de datasets (plus de 150) sur le Dataverse Network de Harvard. Les données de la recherche deviennent, en effet, un enjeu majeur pour les programmes de la recherche et mobilisent des compétences nouvelles ou plus traditionnelles comme l’indexation et la description de données (metadata).

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Pour cette raison, Nereus a soumis un projet de collecte et diffusion de données à la Commission européenne. Toutefois, les membres du consortium voient dans cette activité la suite possible de leur entreprise commune, et ce, d’autant plus, qu’après plus d’une décennie, quelques grandes plateformes d’archives ouvertes ont fait leur nom dans les milieux de la recherche et conservent leur prééminence en dépit parfois des limites de leur prestation. Le besoin du chercheur d’optimiser son temps, conjugué à sa faible appétence pour se former à de nouveaux dispositifs documentaires, donne aux portails bien installés une primauté difficile à contester.

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C’est le cas en sciences économiques où Repec constitue le site de référence premier. Nereus en a tiré les conséquences en y articulant son contenu par le moissonnage OAI de ses contenus, même si Economists online offre plus de services sur son site. Ainsi, le consortium Nereus est-il aujourd’hui à la croisée des chemins et envisage-t-il de nouvelles évolutions pour son avenir. Ce réseau bien établi dont les membres sont attachés à cette collaboration fructueuse réfléchit à étendre son périmètre disciplinaire et à devenir un acteur fort de la gestion des données de la recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales. Ces débats, dont les conclusions sont proches, établiront le cadre des développements futurs de ce partenariat européen original et dynamique.

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François Cavalier

Le réseau pour la performance du territoire et des chambres de commerce

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Outil. Ecobiz, une plateforme collaborative qui met l’intelligence collective au service de la compétitivité de l’économie d’un territoire.

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Lancée en 2002 par la Chambre de commerce et d’industrie de Grenoble rejointe par d’autres CCI, Ecobiz est né d’un simple constat : la mise en réseau des entreprises est un moteur essentiel pour l’innovation et le développement des territoires. Dans une société mondialisée, la compétitivité d’un territoire dépend de sa capacité à accroître la synergie et les échanges interentreprises pour créer des opportunités d’affaires, partager les compétences, monter des projets communs, en somme être plus fort collectivement avec tous les acteurs du développement économique local.

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Ecobiz est un dispositif de communautés de pratiques qui s’appuie sur une plateforme d’échange, de partage et de mise en relation professionnelle dédiée aux décideurs locaux. Elle permet aux entreprises et acteurs économiques d’un territoire de partager des informations, des compétences et des connaissances, en lien avec leurs centres de préoccupations stratégiques (innovation, international, jeunes entreprises, performance industrielle, tourisme, etc.). Ce produit d’intelligence économique à l’échelle d’un territoire est concret et simple d’utilisation. Il s’inscrit dans une démarche d’innovation permanente, alimentée par la dynamique du réseau.

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La plateforme collaborative, véritable réseau social interentreprises, a pour vocation d’optimiser l’animation de communautés et fédérer les réseaux professionnels en complément d’un programme de rencontres physiques indispensable pour favoriser la connaissance et la confiance entre les membres des communautés. Allier la réactivité du virtuel à la richesse des rencontres, telle est la clé de la réussite de ces communautés.

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Ecobiz s’inscrit également dans le développement et la transformation des CCI : il les positionne dans un rôle majeur d’animateur économique et de fédérateur de l’économie locale au service de la performance des entreprises ; c’est un élément fondateur de la CCI numérique, stratégie de la CCI de Grenoble.

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Grâce à Ecobiz, l’organisation interne évolue vers une organisation en réseaux, transversale, où le travail collaboratif prime et où l’intégration du numérique fait évoluer les métiers. Community managers, rédacteurs veilleurs, tels sont les nouveaux profils de l’équipe Ecobiz.

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Anne Barrand

Un réseau pour une édition en libre accès

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Édition. Des professeurs - certains à la retraite, d’autres en activité - et des journalistes réunis par le même désir de participer à la diffusion libre de la culture savante, ou 20 ans d’efforts et de passion pour une réalisation éditoriale remarquable.

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Les Classiques des sciences sociales [28][28] http://classiques.uqac.ca sont nés en 1993 de la volonté d’un professeur de sociologie d’un collège québécois de faire découvrir les sciences humaines à ses élèves. En 2000, 4 conditions étaient remplies :

  1. l’accès au réseau Internet haute vitesse,

  2. les fichiers numériques compatibles multiplateformes,

  3. un travail bénévole assurant l’accès libre et gratuit aux fichiers numériques,

  4. l’accès libre et gratuit à un serveur Internet, sans souci de la bande passante, avec la coopération de l’Université du Québec à Chicoutimi.

De 1993 à 2000, les œuvres numérisées n’étaient accessibles qu’en intranet aux étudiants du collège. Depuis 1993, plus de 200 000 heures de travail ont été consacrées au développement de cette bibliothèque numérique consultée chaque jour par près de 10 000 internautes. En 2000, dix livres étaient disponibles ; aujourd’hui, ce sont des milliers. Pour faire connaître cette œuvre éducative et sociale, j’ai pris contact avec 437 universités francophones, j’ai écrit à AltaVista, Francité, Yahoo!, plus tard à Google, … La bibliothèque de l’Université du Québec à Chicoutimi a catalogué au format MARC1 toutes les œuvres dont les fichiers sont téléchargeables librement et gratuitement. On les retrouve maintenant dans le catalogue de nombreuses universités dans le monde.

Un lieu de coopération

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Les collections « Les sociétés créoles » et « Anthropologie médicale » sont nées de la volonté de Jean Benoist, l’un des fondateurs du département d’anthropologie de l’Université de Montréal, de rendre accessibles aux populations les études les concernant. Michel Bergès, professeur de l’Université de Bordeaux IV, a amené des collègues en science politique et en histoire à y diffuser leurs travaux et, touchée par ses recherches sur la communauté juive de Bordeaux, la fille de Georges Gusdorf, philosophe épistémologue français, a autorisé la diffusion de nombreuses œuvres de son père.

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Si la collection « Méthodologie en sciences sociales » est née, c’est parce Bernard Dantier souhaitait les faire découvrir. Nous diffusons plusieurs œuvres de Marx et d’Engels traduites par Roger Dangeville parce que son épouse nous l’a autorisé. Sans l’entremise de Jean Benoist, jamais je n’aurais pu communiquer avec l’éminent anthropologue Georges Balandier dont les textes sont aujourd’hui disponibles sur notre plateforme. En naviguant sur le site, une ethnomusicologue de l’Île de la Réunion a découvert les travaux d’une ethnomusicologue de Montréal.

Un regard polyvalent

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Puisque la réalité n’est pas découpée comme des départements, écoles et facultés universitaires, Les Classiques des sciences sociales donnent un regard multidisciplinaire sur la réalité. De nombreuses études comparatives sont possibles grâce aux travaux disponibles en sociologie religieuse, anthropologie médicale, criminologie, sociologie de la famille, etc. Si nous diffusons tant de publications de chercheurs, c’est parce qu’ils sont nombreux à penser en terme de diffusion libre de leurs travaux.

Wikipédia et les classiques de sciences sociales
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Jean-Marie Tremblay

Focus. Rue des facs, le pari de l’intelligence collective

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État de l’art. Les services de référence virtuels démontrent l’importance de la coopération non seulement en terme de production mais pour la synergie qu’ils engendrent. Un article pour présenter le mode d’organisation adopté et l’impact sur la profession. Retour en quelques points clefs sur le succès de Rue des facs.

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Nombreux sont les services de référence virtuels (SRV) désormais bien installés dans le paysage des bibliothèques universitaires françaises : Ubib.fr (universités Ouest Atlantique), PingPong (universités normandes), Rue des facs (Île-de-France) et, très récemment, Une Question ? (PRES Université de Toulouse).

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Avant cette effervescence, on avait constaté le retard français (ou décalage [29][29] C. NGUYEN. « Mettre en place et développer un service...) des bibliothèques en matière d’instances de médiation, au profit du paradigme des collections : à l’instar des bibliothèques québécoises, dont les avancées en matière de SRV furent souvent contrecarrées par un recul lié aux interrogations portant sur la nature même des enjeux d’un tel service, les bibliothèques françaises semblent toujours en quête du SRV idéal. Et ce serait peu dire qu’elles en exigent beaucoup…

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À l’heure actuelle, Rue des facs est un réseau de 27 établissements soutenu par la ville de Paris et l’université numérique de Paris-Île-de-France [30][30] F. MICHAUD. Rue des facs. Une aventure francilienne,... proposant une réponse personnalisée et suffisamment approfondie à toute question de recherche documentaire ou portant sur les services des bibliothèques. Si Rue des facs s’adresse en priorité au public universitaire, il fut dès son origine ouvert à tous.

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La période 2010-2012 a vu croître le nombre de requêtes des usagers (+35 % de volume de questions traitées), mais a aussi donné lieu à une remise en cause des modes opératoires. Au fil du temps et sous l’égide du coordinateur, la synergie s’est affirmée entre les répondants de ce service coopératif sans murs.

Un mode opératoire : la bibliothèque virtuelle

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Les bibliothécaires de tous les établissements coopèrent par groupe thématique (encadré par un responsable issu ou non d’un établissement Cadist [31][31] Centre d’acquisition et de diffusion de l’information...). Ce mode coopératif et libre dans l’assignation des questions suppose l’apparition de nouvelles formes de cooptation professionnelle hors les murs. Le double paradigme thématique/établissement n’était pas sans soulever des problèmes de positionnement fonctionnel et parfois politique. En effet, la politique de performance des établissements documentaires entre sur certains points en contradiction avec les efforts de mutualisation. Le modèle de la fleur (un cœur de service accompagné de bibliothèques pétales ayant chacune leur spécificité : localité ou domaine d’excellence) n’est pas réellement issu d’une théorisation de la part des professionnels des bibliothèques et de la documentation. C’est un calque de ce qu’impose la structure fonctionnelle même du logiciel OCLC QuestionPoint. Ce dernier, implanté en juin 2002 [32][32] Dans le cadre du Collaborative Digital Reference Service..., en partenariat avec la Library of Congress, offre une traçabilité et une gestion collective des questions, un moniteur de chat et une base de connaissances.

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L’enjeu d’une mutualisation ne doit pas s’en tenir à un allègement financier par amortissement équilatéral des coûts fonctionnels. La réflexion sur le modus operandi du service de Rue des facs porte à la fois sur le souci d’efficience du service mais aussi sur la valorisation des aspects qualitatifs induits par une coopération resserrée entre établissements de statuts variés (SCD, SICD, bibliothèques associées, GIP, fondations, musées).

Évaluer

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Il faut soupeser les effets d’une identité visuelle forte du service à distance. La création d’une ligne éditoriale, d’une marque est décisive. Acquérir une visibilité comme service à part entière nécessite au moins trois ans. Dans le même temps, des établissements peuvent déplorer l’hypothétique manque d’intégration aux services locaux.

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Pourtant, les bibliothèques bénéficiant d’un SRV performant, ayant assis sa réputation et sa publicité, sont au diapason des humanités numériques : les réponses positionnent la profession et l’expertise professionnelle dans le champ de la connaissance, a fortiori dans un contexte universitaire.

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Un SRV décloisonné décuple les capacités du modèle local en proposant des réponses parfois multiples par différents établissements. Du point de vue de l’appréciation des qualités intrinsèques d’un SRV, l’évaluation semble plus aisée qu’en présentiel : si la mesure quantitative du service rendu peut se faire à partir des statistiques d’activité, il convient d’étudier le regard rétrospectif tant de l’usager que des responsables de thématiques. La prochaine enquête se fixe pour objectif d’élaborer un outil plus complet et externalisé de questionnaire, tant il est vrai que le dernier sondage d’appréciation des usagers via le logiciel QuestionPoint a permis de collecter moins de 10% de retours sur l’intégralité des interactions de questions-réponses.

Ajuster la masse critique, pérenniser les rôles

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L’attention est portée sur le nombre de répondants et l’activité du service. Si un nombre trop faible de répondants par rapport au nombre de questions reçues affaiblirait le service rendu en 72 heures par un effet d’absence et de retard, nous avons observé que l’absence de numerus clausus de bibliothécaires dévoués à la pratique du SRV par établissement nuisait à son dynamisme. Certains, acculés par le nombre de questions déjà assignées, perdent la main et se retirent de la vie du réseau par un effet contreproductif de non sollicitation.

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Il y a donc un espace de compétence à réserver et à renforcer aux répondants qui se révèlent des référents distants : leur prisme d’action est conditionné par la célérité de la réponse apportée et par sa pertinence.

Formations et jalons

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Les formations sont organisées à chaque arrivée de nouveaux répondants dans le dispositif, complétées par des rappels. D’une durée de 2 heures, elles introduisent aux missions d’un service de référence virtuel, favorisent une prise en main optimale du logiciel et posent les jalons d’un savoir-répondre, voué à s’affiner. Un référentiel a paru sous la forme d’une brochure : le Guide du répondant 2013, sésame du service, dont il rappelle la charte et la méthodologie d’accompagnement à la recherche documentaire. Il est distribué à chaque formation et accessible en ligne.

Vers des services en direct plus performants

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La disparité des abonnements souscrits par les différents établissements pour la documentation électronique pose le problème de la visibilité des abonnements dans chacun d’entre eux. Un SRV mérite et exige de s’appuyer sur une politique d’acquisition au moins régionale sinon nationale, pour un accès transparent aux ressources acquises.

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La co-navigation est une voie à privilégier pour pérenniser le rôle des services de référence virtuels. Aussi convient-t-il de les inscrire dans une politique de formation des usagers. À l’instar de l’expérience menée par Bibliothèques et Archives Canada [33][33] Bibliothèque et Archives Canada propose un service..., l’accompagnement démonstratif avec le professionnel doit être inscrit au périmètre d’amélioration du service proposé. Aussi, l’adhésion des bibliothèques universitaires au principe du service synchrone (le chat) mérite d’être remise à l’ordre du jour : comment trouver un équilibre entre permanence et domaine d’expertise des établissements ? Comment convaincre les professionnels réticents ? [34][34] N. ALARCON. « Le bibliothécaire qui avait peur du chat...

Discours et geste documentaire : curation et visibilité

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À défaut de base de connaissances, nous nous devions de communiquer sur l’aspect qualitatif : la sélection et l’édition de questions-réponses sur un carnet académique, en regard de la pérennité des références fournies, s’avéraient une réponse rapide et efficace à la lourdeur d’une base de connaissances nous confrontant à un moteur de recherche peu convaincant et à des subdivisions disciplinaires (classes de sujets) peu compatibles avec celles pratiquées en France.

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L’expérience de valorisation des réponses a montré qu’un simple blog académique (le carnet Hypotheses.org) suffisait à diffuser l’activité du service sur le Web. Avec près de 5000 visiteurs différents par mois, l’expérience du carnet de Rue des facs s’est révélée concluante : elle rend les bibliothèques visibles et réaffirme leur rôle de médiation.

Virtuel vs présentiel : un faux débat ?

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Si Frédéric Desgranges dénotait la différenciation de perception des usagers du service de renseignement en présentiel du service virtuel [35][35] http://enssibal.enssib.fr/bibliotheque/documents/dcb/desgranges-frederic-vol1.pdf,..., Max Szczepanski met en garde sur le développement de l’un au détriment de l’autre : « Mais le mouvement de balancier qui consiste à tout jeter d’un côté […] au profit d’un service innovant (le SRV) me semble assez étrange : comme si le développement de l’un devait se faire au détriment de l’autre, alors que les deux sont liés à mon avis. » [36][36] http://blog.univ-angers.fr/mxsz/2012/12/17/ubib-ru...

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Il n’y a pas de réponse définitive sur l’articulation local/collaboratif et modes présentiel/virtuel. En revanche, nous savons que l’identité forte d’un SRV et sa dissémination ainsi que la valorisation du discours documentaire sur le Web permettent d’affirmer aujourd’hui qu’il n’est en rien un service contingent : la perception de son potentiel commence alors seulement de s’imposer et de le rendre incontournable.

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Jeremy Jeanguenin

Réseaux documentaires. Quelles évolutions au Québec ?

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Inventaire. Le numérique a fait évoluer la coopération entre les différents acteurs du réseau documentaire québécois. A-t-il renforcé les liens entre différentes institutions ? Autour de quels projets ? Comment se dessine ce réseau ? Quels partages d’expertises et d’outils sont à l’œuvre présentement et à venir ?

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Parmi les réseaux documentaires du Québec, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), auquel le gouvernement du Québec a donné le mandat de « renforcer la coopération et les échanges entre les bibliothèques […], d’œuvrer à l’élaboration d’un catalogue collectif virtuel […], de stimuler la participation québécoise à la bibliothèque virtuelle » [37][37] Loi de la Grande bibliothèque du Québec adoptée le..., joue un rôle important.

Les premiers services mutualisés

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En 2002, le ministère de la Culture et de la Communication (MCC) crée une Table de concertation des bibliothèques québécoises placée sous la présidence du directeur général de la BAnQ. Cette instance réunissait des représentants du milieu documentaire québécois, du ministère et des municipalités. Après avoir évalué les divers réseaux documentaires, la Table devait faire des recommandations pour la mise en réseau informatique des bibliothèques, la réorganisation du traitement documentaire et le développement du prêt entre bibliothèques (PEB). Ces recommandations se traduisent en 2006 par la création d’un guichet unique de traitement documentaire (le Service québécois de traitement documentaire (SQTD) [38][38] Jusqu’à la création de SQTD, le catalogage est effectué...), d’un catalogue collectif québécois pour l’ensemble des bibliothèques publiques du Québec [39][39] http://cbq.banq.qc.ca/cbq/f?p=104:30:1511934218542... et la mise en œuvre du PEB via le logiciel Virtual Document eXchange (VDX).

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Parmi les services collaboratifs, on trouve des consortiums pour négocier des ententes avec les fournisseurs de ressources électroniques, la mise en réseau des catalogues et la centralisation des activités de traitement documentaire, le service de prêt entre bibliothèques (PEB). De nouveaux projets ont vu le jour autour de plateformes numériques : accéder à des livres numériques francophones, diffuser des publications scientifiques validées par des pairs et numériser le patrimoine culturel québécois.

Le prêt de livres numériques en bibliothèques publiques

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Dès 2010, les bibliothèques publiques québécoises ont voulu intégrer une offre de livres numériques pour leurs usagers et des discussions ont été entamées entre des représentants du monde des bibliothèques (ABPQ, BAnQ, Réseau Biblio) et des acteurs de la chaîne du livre. Le marché québécois et canadien n’était alors pas aussi développé que son pendant américain mais l’arrivée massive des tablettes électroniques a fait exploser la demande de contenu, et l’offre québécoise de livres numériques a connu une progression importante depuis la création, en 2009, de l’Entrepôt numérique, une initiative de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) en collaboration avec la firme De Marque, en 2009.

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En 2011, l’ABPQ, BAnQ et le Réseau Biblio se sont associés avec De Marque pour créer, avec le soutien de la Société de développement des entreprises culturelles (Sodec) et du MCC, Pretnumerique.ca. Depuis son lancement, en décembre 2011, cette plateforme dessert les usagers d’une trentaine de bibliothèques québécoises. Elle permet aux bibliothèques d’acheter des livres numériques auprès du réseau des librairies québécoises agréées et de les prêter pour une durée déterminée (prêt chronodégradable). En mars 2013, Pretnumerique.ca avait généré plus de 170 000 prêts de livres numériques et devrait desservir, d’ici 2014, la majorité des bibliothèques québécoises.

Les réseaux documentaires du Québec

Les dépôts institutionnels dans le réseau des bibliothèques universitaires

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Pour rendre disponibles leurs publications et autres types de documents, les universités de recherche se sont dotées de dépôts institutionnels numériques : Université de Montréal (Papyrus), Université du Québec à Montréal (Archipel), Unviersité du Québec à Chicoutimi (Constellations), Université de Laval (Thèses, Archimède, Erudit). Une des composantes du dépôt institutionnel de l’Université Laval est la plateforme de diffusion Erudit [40][40] http://www.erudit.org/. Issue en 1998 d’un consortium interuniversitaire composé des universités de Montréal, de Laval et de l’université de Québec à Montréal, elle diffuse revues francophones et anglophones, livres, actes et thèses.

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S’il n’y a pas de centralisation des archives ouvertes au Québec, il existe un projet pilote de dépôts institutionnels de l’Association des bibliothèques de recherche du Canada (ABRC). Ces dépôts institutionnels sont indexés par un moissonneur spécialisé [41][41] http://carl-abrc-oai.lib.sfu.ca. La liste des dépôts... lequel regroupe en une seule collection tous les contenus des dépôts du Canada.

La numérisation au service de la diffusion du patrimoine culturel québécois

La plate-forme Pretnumerique.ca
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Un état des lieux de la numérisation patrimoniale au Québec, réalisé par la BAnQ et la Société des musées québécois (SMQ) en 2006, soulignait le très faible taux de numérisation (6 %) et la volonté de créer un réseau de collaboration. Le réseau québécois de numérisation patrimoniale (RQNP) se forme en 2009. Pour la première fois, les représentants des musées, des bibliothèques, du cinéma, de la télévision et des archives du Québec se regroupaient autour d’un vaste projet de numérisation [42][42] Association des archivistes du Québec, Association....

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Le réseau a lancé son premier appel à projets, grâce au soutien financier du gouvernement du Québec, dans le cadre de sa stratégie numérique quinquennale. Depuis 2011, le RQNP collabore à un projet de refonte du Répertoire du patrimoine culturel du Québec[43][43] http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/acc..., mené par le MCC pour en faire une plateforme de diffusion commune du patrimoine culturel numérisé.

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La BAnQ n’a pas signé de partenariats public-privé impliquant une commercialisation des œuvres tels que ceux de la Bibliothèque nationale de France. Mais des accords de partenariat avec des sociétés privées sont à l’étude. La direction de la numérisation de BAnQ analyse les collections qui pourraient faire l’objet d’une entente sans restreindre les droits de diffusion des œuvres tombées dans le domaine public.

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Soutenu par Québecor, un conglomérat de médias, le projet Elephant vise à numériser toute la production cinématographique nationale. Depuis 2008, 200 films ont été restaurés et déposés sur Illico, plateforme de télévision numérique sur demande de Videotron.

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La dématérialisation des supports a renforcé la collaboration des différents milieux documentaires autour de projets d’envergure. Le financement restant le défi principal, la stratégie numérique du gouvernement du Québec, divulguée prochainement, est donc attendue. Le budget alloué permettra peut-être de concrétiser d’autres idées innovantes de numérisation ou de partage d’expertises.

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Aurélia Giusti

Notes

[1]

Comme les modèles freemium, REIME E.V. Exploring the Freemium Business Model. MSc in Innovation and Entrepreneurship. May 20th 2011. University of Oslo https://www.duo.uio.no/bitstream/handle/123456789/12882/Reime.pdf?sequence=3

[2]

G. CHARTON, F. MOREAU. « Tendances lourdes et tensions pour les filières du document numérique », Colloque CIDE 14, Le « Document » à l’ère de la différenciation numérique, 14e colloque international sur le document électronique, 7-8 décembre 2011, INPT, Rabat, Maroc http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00634783

[3]

C. ANDERSON. Free ! Entrez dans l’économie du gratuit. Pearson, 2009.

[4]

O. BOMSEL. Gratuit ! Du déploiement de l’économie numérique. Gallimard, 2007.

[5]

J. RIFKIN. L’âge de l’accès : la vérité sur la nouvelle économie, La Découverte, 2000.

[6]

X. GALAUP (sous la direction de). Développer la médiation documentaire numérique. Presses de l’Enssib, 2012.

[7]

G. CHARTRON. « La quadrature éditoriale : libre accès, qualité, indépendance et pérennité ». Documentaliste-Sciences de l’information, 2011, vol. 48, n°3, p. 38-39.

http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2011-3-page-36.htm

[8]

The value of libraries for research and researchers, rapport du Research Information Network et Research Libraries UK, 2011 http://www.rin.ac.uk/our-work/using-and-accessing-information-resources/value-libraries-research-and-researchers

[11]

C. VOLANT. « Réseau documentaire et organisation apprenante… ». Documentaliste - Sciences de l’information, 1998, vol. 35, n° 3, p. 143-146.

[12]

C. MAUSSAC., Réseaux documentaires : bilan et perspectives. Mémoire DESS INTD, 2003.

[13]

C. VOLANT. « Réseau documentaire… organisation apprenante », Documentaliste - Sciences de l’information, 1998, vol. 35, n° 3.

[14]

O. ERTZSCHEID, « Séminaire réseaux sociaux », Affordance, 20 novembre 2007 http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2007/11/sminaire-rseaux.html

[17]

Pour une synthèse, le lecteur se reportera à N. CURIEN. L’Economie des réseaux, La Découverte, 2005 (Repères), ou F. MOREAU, Numérisation, économie numérique et mise en réseau des produits de contenu, in: X. GREFFE et N. SONNAC (ed), Culture Web. Dalloz, 2008.

[19]

Voir les travaux pionniers suivants : B. ARTHUR. « Competing Technologies, Increasing Returns and Lock-in by Historical Event ». Economic Journal, 1989, 99, p. 116-131 ; P. DAVID. « Clio and the Economics of QWERTY », American Economic Review, 1985, n° 75(2), p. 332-337 ; J. FARELL et G. SALONER. « Standardization, Compatibility, and Innovation », Rand Journal of Economics, 1985, n° 16(1), p. 70-83.

[20]

J.C ROCHET et J. TIROLE, « Two-sided markets: a progress report ». RAND Journal of Economics, 2006, n° 37(3), p. 645-667.

[25]

Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur http://www.aeres-evaluation.fr

[27]

Research Papers in Economics http://repec.org

[29]

C. NGUYEN. « Mettre en place et développer un service de référence virtuelle dans une perspective d’intégration à un réseau collaboratif : analyses comparées et propositions à partir de l’exemple de l’Université de Montréal ». Diplôme de conservateur de bibliothèque, Enssib, 2006, p.38.

[30]

F. MICHAUD. Rue des facs. Une aventure francilienne, 12 octobre 2012 http://premiermardi.hypotheses.org/238

[31]

Centre d’acquisition et de diffusion de l’information scientifique et technique.

[32]

Dans le cadre du Collaborative Digital Reference Service (CDRS) project http://www.oclc.org/questionpoint/about/partnership/default.htm

[33]

Bibliothèque et Archives Canada propose un service d’entretien bibliographique sur le logiciel Skype, avec partage d’écran http://www.enssib.fr/breves/2012/11/08/bibliotheque-et-archives-canada-propose-un-service-de-reference-par - http://ledecoublogue.com/2012/11/01/reference-sur-rendez-vous-par-skype/

[34]

N. ALARCON. « Le bibliothécaire qui avait peur du chat », Assessment Library, 9 février 2012 http://assessmentlibrarian.fr/?p=1511

[37]

Loi de la Grande bibliothèque du Québec adoptée le 17 juin 1998.

[38]

Jusqu’à la création de SQTD, le catalogage est effectué par la société d’État Les services documentaires multimédia (SDM), une sorte d’OCLC québécois.

[42]

Association des archivistes du Québec, Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation (Asted), BAnQ, Bibliothèques publiques du Québec, Centre de documentation collégiale, Cinémathèque québécoise, CREPUQ, Musée d’art contemporain de Montréal, Musée de l’Amérique française, Musée de la civilisation, Musée national des beaux-arts du Québec, Réseau BIBLIO de la Montérégie, Réseau des bibliothèques publiques de Montréal, SMQ, Table des milieux documentaires et archivistiques du Québec, Télé-Québec, Université Concordia, UdeM, UQAR, Université Laval.

Résumé

English

Digital transformation of networksDocuments have acquired a new status, as we move into a different, complex economy dominated by free offers. If we don’t even know how professionals will be paid, can there be any value in mediation? What kind of future is in store for documentary networks in an environment where value is redistributed and skills are changing to meet new challenges?

Español

Transformación digital de las redesEn momentos en que los documentos adquieren un nuevo estatus, donde se deslizanhacia otra economía - complejo - donde lo gratuito toma una nueva dimensión, donde se plantea la pregunta de la remuneración de los actores, ¿qué valor puede tener la intermediación? ¿Qué futuro para las redes documentales en un entorno que da lugar a una redistribución de valores, una recomposición de competencias, una renovación de los desafíos?

Deutsch

Die digitale umgestaltung der netzeWelchen Wert hat die Vermittlung noch – in einer Zeit, in der die Dokumente einen neuen Status erreichen, wo man zu neuen (komplexen) Wirtschaftsmodellen evoluiert, wo die Kostenfreiheit eine neue Dimension erreicht, wo sich die Frage nach der Bezahlung der Akteure stellt? Welche Zukunft können Dokumentationsnetze in einer Umgebung haben, die gekennzeichnet ist von der Neuverteilung von Werten, der Neuerstellung von Kompetenzen und der Erneuerung der Herausforderungen?

Plan de l'article

  1. La redistribution de la valeur dans la donne numérique
    1. Une intermédiation en redéfinition
    2. De nouveaux défis pour les réseaux documentaires
  2. Réseaux sociaux, réseaux documentaires : vers la dilution ?
    1. Qu’est-ce qu’un réseau documentaire ?
    2. L’éclosion des réseaux sociaux
    3. Focus sur le RSE
    4. Quelles relations entre les réseaux documentaires et les autres types de réseaux ?
  3. Introduction à l’économie des réseaux
    1. Quelques règles majeures
    2. Quelles stratégies ?
  4. Nereus et le portail Economists online
    1. Des archives ouvertes
    2. Des bonnes pratiques
    3. Le choix du moissonnage
    4. Nereus aujourd’hui
  5. Le réseau pour la performance du territoire et des chambres de commerce
  6. Un réseau pour une édition en libre accès
    1. Un lieu de coopération
    2. Un regard polyvalent
  7. Focus. Rue des facs, le pari de l’intelligence collective
    1. Un mode opératoire : la bibliothèque virtuelle
    2. Évaluer
    3. Ajuster la masse critique, pérenniser les rôles
    4. Formations et jalons
    5. Vers des services en direct plus performants
    6. Discours et geste documentaire : curation et visibilité
    7. Virtuel vs présentiel : un faux débat ?
  8. Réseaux documentaires. Quelles évolutions au Québec ?
    1. Les premiers services mutualisés
    2. Le prêt de livres numériques en bibliothèques publiques
    3. Les dépôts institutionnels dans le réseau des bibliothèques universitaires
    4. La numérisation au service de la diffusion du patrimoine culturel québécois

Pour citer cet article

Chartron Ghislaine, Broudoux Évelyne, Moreau François, Cavalier François, Barrand Anne, Tremblay Jean-Marie, Jeanguenin Jeremy, Giusti Aurélia, « Transformation numérique des réseaux », Documentaliste-Sciences de l'Information, 2/2013 (Vol. 50), p. 46-59.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2013-2-page-46.htm
DOI : 10.3917/docsi.502.0046


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