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Documentaliste-Sciences de l'Information

2013/4 (Vol. 50)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.504.0024
  • Éditeur : A.D.B.S.

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« Nous devons former des milliers de jeunes gens aux perspectives et aux techniques de la prospective et les inviter à gouter à l’aventure fascinante de l’exploration des futurs probables ». C’est en ces termes qu’Alvin Toffler invitait dès les années 1970 les jeunes générations à affronter « le choc du futur » dans son ouvrage éponyme [2][2] A lvin TOFFLER, Le Choc du Futur, Denoël, 1974. De façon visionnaire, il avait imaginé l’évolution des sociétés dans une phase de transformation très rapide et introduit le concept de « surdose d’information » qui nous est désormais si familier.

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Quarante ans plus tard, dans la période de forte mutation que nous vivons aujourd’hui, il est bien difficile de prédire l’avenir de façon précise, que ce soit dans le domaine économique, climatique ou géopolitique.

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Le futur serait-il meilleur demain, selon la « perle » de l’ex vice-président américain Dan Quayle ? Toujours est-il que l’innovation est bien souvent d’origine inattendue, et ne provient pas nécessairement d’une évolution technologique. Le futur est d’autant plus difficile à prévoir que le temps de développement des nouvelles technologies ainsi que leur temps d’adoption par le marché peuvent être longs.

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Ainsi, si l’on avait demandé aux pères fondateurs de l’ADBS de livrer leur vision des cinquante prochaines années, auraient-ils prévu les formidables avancées qui se sont produites ? Aurait-on pu deviner les développements de la télématique et de la micro-informatique dans les années 80, du numérique et du Web dans les années 90, des usages mobiles et collaboratifs dans les années 2000 ? Internet existait déjà en 1963, date de création de l’ADBS, mais qui aurait pu prédire que cette invention allait bouleverser à ce point nos vies professionnelles ?

Convergences et contradictions

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La société du savoir est en train de se constituer en ce début du XXIe siècle, avec son lot de convergences et de contradictions. Elle se développe sur les décloisonnements entre les entreprises et le monde de l’enseignement, sur les convergences entre l’économie, le culturel et le marketing. Nous passons d’une organisation verticale, hiérarchique, à une organisation plus horizontale, basée sur la collaboration, la prise en considération des autres et l’intersubjectivité. Mais cette société du savoir n’échappe pas à de nombreuses contradictions : entre la liberté de publication et la surveillance continuelle, entre le durable et l’éphémère, entre le partage sur les réseaux sociaux et l’affirmation de sa propre identité.

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L’ouvrage prospectif de E. Schmidt (directeur exécutif de Google) et J. Cohen [3][3] Eric SCHMIDT, Jared COHEN, The New Digital Age : Reshaping..., paru au printemps 2013, illustre cette contradiction. Dans ce nouveau monde digital, l’information sera omniprésente, issue de l’analyse de nos comportements et de nos données personnelles. La technologie nous fait entrer dans un monde plein de menaces, mais elle peut aussi nous en protéger…

Des clés pour appréhender le futur

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Bergson estimait que « l’idée de l’avenir est plus féconde que l’avenir lui-même ». Loin de vouloir imaginer le meilleur ni le pire des mondes, nous avons donc confronté plusieurs idées de l’avenir, à travers des regards croisés d’experts, d’entrepreneurs, de chercheurs, d’enseignants. Nous avons demandé à chacun d’entre eux de réfléchir à leur vision du futur des technologies, des usages, des métiers, etc.

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Les contributions ont été regroupées en trois grands pôles. Le premier donne les clés pour décrypter le futur de l’information. De nombreuses questions se posent : quels vont être les futurs usages de l’information ? Comment le Web va-t-il évoluer ? Quel droit pour quel modèle économique ? Quel sera le rôle de l’humain ? Quels algorithmes pour classer et organiser les flux d’information ? Quels modes d’échange et de partage ?

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Le second pôle dessine les contours de l’entreprise ou de l’organisation du XXIe siècle : mondialisée, hyperconnectée, agile et étendue. La révolution numérique définit un nouveau paysage informationnel, notamment dans le domaine de l’IST. Le Web se transforme, les réseaux sociaux d’entreprise apportent une nouvelle valeur ajoutée. Nous glissons du document à la data, du textuel à l’hypermédia.

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La loi de 1901 a défini au début du XXe siècle le principe de gouvernance des associations. Quel sera le modèle à venir dans ce nouveau siècle ? Le troisième pôle regroupe des témoignages d’engagement associatif nouvelle génération, depuis les nouveaux modèles communautaires à la gouvernance du numérique, en passant par l’ouverture des données.

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Nous avons souhaité également dans ce numéro historique donner la parole à six anciens présidents de l’ADBS pour un exercice de prospective rétrospective. Ils nous livrent ainsi la vision du futur qu’ils pouvaient avoir à l’époque de leur présidence.

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Ce dossier, nous l’avons voulu visionnaire, mais nous l’avons conçu également dans un esprit pragmatique comme en atteste notre présentation de la nouvelle stratégie de l’ADBS, à la fin de ce beau parcours ouvert sur l’avenir [4][4] Voir l’article de clôture de ce dossier p. 62, écrit.... Nous avons souhaité apporter des éclairages pour une meilleure compréhension des mondes futurs. Nous tenons à saluer les grandes capacités d’analyse, ou d’imagination, dont ont fait preuve les auteurs de ce dossier. Pour nous faire découvrir… 2063 !

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Tim O’Reilly, l’un des concepteurs du web 2.0, déclarait en 2011 : « Le web devient le monde. Toute chose et tout être humain deviennent des ombres informationnelles, projettent des données qui, si elles sont bien captées et intelligemment agencées, offrent d’extraordinaires possibilités. » [5][5] Propos cités par Xavier DE LA PORTE en 2011 dans Internetactu...

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Et si la plus grande innovation, à plus ou moins long terme, était tout simplement le retour de l’humain ?

Notes

[1]

Selon l’expression utilisée par Gérard KLEIN dans la préface de l’ouvrage d’Annie BATTLE, Les Travailleurs du Futur, Seghers, 1986

[2]

A lvin TOFFLER, Le Choc du Futur, Denoël, 1974

[3]

Eric SCHMIDT, Jared COHEN, The New Digital Age : Reshaping the Future of People, Nations and Business, Knopf, 2013

[4]

Voir l’article de clôture de ce dossier p. 62, écrit par les mêmes auteurs.

Résumé

Français

En s’appuyant sur des méthodes de collecte et d’analyse informationnelle, on peut élaborer des « futurs probables », anticiper les mutations et prévoir leurs effets. C’est là que réside la différence entre la prospective et la futurologie, ou encore la science-fiction. La prospective, comme l’intelligence économique, met la connaissance au service de l’action stratégique et de la décision. Nous voudrions ainsi, dans le cadre de ce dossier, réconcilier prospective et futurologie, « ces deux sœurs ennemies affairées à sonder l’avenir » [1], afin d’imaginer des scénarios pour l’évolution du paysage informationnel et des métiers qui y sont liés.

English

The future will be better tomorrow...Using information retrieval and analysis methods we can describe "probable futures", anticipate changes and predict their effects. That is the difference between forecasting and futurology, let alone science-fiction. Forecasting, like economic intelligence, uses knowledge to define strategies and decisions. Our dossier seeks to reconcile forecasting and futurology in order to imagine various scenarios for the evolution of the information landscape and its professions.

Español

El futuro será mejor mañana...Basándose en métodos de recopilación y de análisis informativos, se pueden elaborar "futuros probables", anticipar los cambios y prever sus efectos. Aquí se encuentra la diferencia entre la prospectiva y la futurología, o incluso la ciencia ficción. La prospectiva, como la inteligencia económica, pone el conocimiento al servicio de la acción estratégica y de la decisión. Este dosier pretende reconciliar prospectiva y futurología para imaginar casos de la evolución del panorama informativo y de las profesiones relacionadas.

Deutsch

Die Zukunft von morgen wird besser sein...Indem man sich auf die Methoden der informationellen Sammlung und Analyse stützt, kann man „wahrscheinliche Zukünfte“erarbeiten, Veränderungen vorhersehen und ihre Auswirkungen erahnen. Hierin liegt der Unterschied zwischen der Vorhersage und der Futurologie oder auch der Science-Fiction. So wie das Wirtschaftswissen setzt auch die Vorhersage das Wissen in den Dienst des strategischen Handelns und der Entscheidung. Dieses Dossier möchte Vorhersage und Futurologie versöhnen, um Szenarios zur Entwicklung der Informationslandschaft und der damit verbundenen Berufe zu entwickeln.

Pour citer cet article

Libmann Anne-Marie, Mesguich Véronique, « Le futur sera meilleur demain... », Documentaliste-Sciences de l'Information, 4/2013 (Vol. 50), p. 24-25.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2013-4-page-24.htm
DOI : 10.3917/docsi.504.0024


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