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Documentaliste-Sciences de l'Information

2014/3 (Vol. 51)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.513.0012
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Adrien HONNONS
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L’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (Abes) est connue et reconnue pour ses services auprès des professionnels de l’information scientifique et technique, en particulier des bibliothèques universitaires (BU) et, plus largement, de leurs publics, notamment à travers le Sudoc, theses.fr et Calames (voir encadré), pour n’en citer que quelques-uns. Bien moins connus, car plus récents et souvent émergents, sont les services de l’Abes dont peuvent bénéficier d’autres acteurs de la chaîne éditoriale.

L’Abes, acteur de la chaîne éditoriale

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Pour participer au « linked data », c’est-à-dire relier des (méta)données entre elles, il faut disposer d’outils appropriés. Ces outils sont à la fois conceptuels (utilisation de référentiels, adoption de normes, de formats, de règles communes) et logiciels (traitement et analyse des données et matériels, recours à des infrastructures informatiques pour le calcul et l’hébergement des données). Satisfaire à l’ensemble de ces besoins ne peut être le fait d’un seul opérateur, chacun s’inscrit dans une chaîne pour un ou plusieurs rôles. Quelques projets ou services proposés par l’Abes en sont l’illustration.

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Le cœur du métier de l’Abes est la production et la diffusion de métadonnées. Aujourd’hui, plusieurs modes de production coexistent. La méthode classique, ou « post-éditoriale », est adaptée au monde du papier. Un réseau se partage le travail de catalogage, réduisant autant que possible les redondances grâce aux services portés par l’Abes. Il y a une quinzaine d’années déjà, Christian Lupovici, directeur de l’Agence bibliographique nationale, annonçait que, les contenus étant générés sous forme numérique, l’activité de catalogage se déplacerait en amont de la chaîne de production, rendant le catalogage quasiment superflu. Force est de constater que, à l’heure où l’ensemble des contenus est produit sous forme numérique, ce n’est pas encore le cas. Le catalogage « post éditorial » persiste. La transition bibliographique est plus longue que l’on aurait pu l’imaginer.

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Un élément d’explication de cet étrange phénomène est la relative étanchéité dans le travail des divers acteurs de la chaîne, qui n’a pas su mettre fin aux solutions de continuité héritées de l’ère analogique. La durée de cette période de transition est certainement liée à la difficulté des divers acteurs de sortir d’un mode d’organisation autocentré.

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Ainsi, le réseau des BU constitué autour de l’Abes pouvait se vivre comme une communauté relativement autonome, relativement indépendante d’autres acteurs, ou du moins liée à un nombre d’acteurs somme toute limité. Les éditeurs ne sont pas en reste, et récupérer les données produites en amont de la chaîne n’est pas toujours chose aisée. Chaque éditeur dispose de sa propre chaîne de production. Les données mises à disposition sont structurellement hétérogènes et parfois peu compatibles avec les exigences d’autres acteurs. Deux types d’action permettent de rapprocher ces mondes : l’adoption de normes et standards communs ou compatibles et le retraitement des données permettant leur réutilisation.

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C’est sur ce dernier point que s’est concentré le Hub de métadonnées [1][1]  www.abes.fr/Projets-en-cours/Hub-de-metadonnees . Projet en cours de développement et service d’ores et déjà en activité, il vise à normaliser, enrichir, traiter ces métadonnées hétérogènes pour ensuite les redistribuer. De cette inscription dans la logique du web de données, l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre - les bibliothèques et, plus largement, la communauté universitaire, les éditeurs, les libraires et les agrégateurs - peut en tirer profit.

Un objectif : des données de qualité

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L’équipe du Hub de métadonnées est largement mise à contribution dans le cadre d’Istex, vaste programme d’acquisition en licence nationale de corpus de revues et ouvrages en texte intégral. En amont de ces acquisitions, l’équipe vérifie la qualité, la complétude et la conformité de ces corpus.

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Suivre une revue depuis sa création, avec ses divers changements de nom, de propriétaire, ses interruptions, reparutions, fusions, n’est pas toujours aisé. Acquéreur et fournisseur doivent bien s’accorder sur l’objet de la transaction. Le programme Métarevues explore, à partir d’un numéro ISSN, de manière récursive, toutes les notices de périodiques et constitue une grappe de périodiques liés entre eux. Service utile au-delà du seul projet Istex, il sera proposé en tant que web service.

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Le Hub sera également utilisé pour traiter de corpus utiles à la communauté universitaire française mais mal signalés. Par cette amélioration de la qualité des données ou la capacité à les traiter pour les exposer dans des formes davantage compatibles avec les exigences de divers acteurs, l’Abes se positionne comme un fournisseur de services à valeur ajoutée dont bénéficie l’ensemble de la chaîne de production de contenus.

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Cette valorisation de la production éditoriale, notamment française, est aussi à l’œuvre dans le projet Bacon [2][2] Base de connaissance nationale, www.abes.fr/Projet.... Ce projet répond au besoin de combler le déficit de signalement des bouquets de périodiques souscrits par les établissements français. Ce projet de service de données de référence pour les fichiers récupérés ou générés et remis à disposition sous une licence libre s’inscrit dans une dynamique internationale. Bacon, KB+ et GOKb contribuent à l’amélioration de la description des contenus offerts par l’adoption de normes et de standards, ici le format Kbart, pour une mise à disposition d’éléments structurés et validés qui permet leur réutilisation par des intermédiaires tels que les fournisseurs d’outils de découverte (discovery tools).

Pour en savoir plus

abes.fr, un point de départ qui vous conduira vers l’ensemble des actions, services et projets de l’Abes. Parmi ses services : Sudoc (le catalogue du Système universitaire de documentation et les services qui y sont associés), theses.fr (thèses de doctorat soutenues en France depuis 1985, Calames (Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l’enseignement supérieur).

Les Journées Abes 2014 ont été l’occasion de célébrer son 20e anniversaire. Les vidéos des interventions et leurs présentations sont consultables en ligne ainsi qu’une frise chronologique qui retrace vingt années d’évolution

www.abes.fr/Publications-Evenements/Journees-ABES/Journees-ABES-2014-20-21-mai-2014

Un large accès aux contenus

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Revenons au Sudoc, qui n’est autre qu’un réservoir de métadonnées, réservoir désormais largement ouvert, depuis la décision de placer ses données sous licence Etalab [3][3]  www.etalab.gouv.fr , permettant leur libre réutilisation, que ce soit à des fins commerciales ou non. On y trouvera des contenus issus du monde éditorial bien entendu, mais également des thèses et un nombre croissant de productions des universités.

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Le programme Istex comprend aussi une plateforme d’accès aux contenus acquis en licence nationale. Celle-ci, en cours de développement à l’Inist, permettra de tirer profit des potentialités du web sémantique. Fouille de texte, représentation graphique des connaissances ou traitements encore à inventer ne devraient pas se limiter aux seules archives. Les contenus en libre accès pourront y être associés. Et il n’est pas exclu que les éditeurs proposent d’y intégrer des produits sous droits.

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Ainsi, la frontière entre base de métadonnées et base en texte intégral, sans disparaître, tendrait à s’estomper. Les données textuelles structurées peuvent atteindre des niveaux de granularité que l’on fera varier en fonction des besoins, depuis une simple référence jusqu’au texte intégral.

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Il est d’autres domaines, apparemment très « bibliothéco-centrés », où des intermédiaires tels que l’Abes trouvent aussi leur place dans la chaîne de valeur. C’est le cas de la gestion des listes d’autorité. L’Abes contribue, avec IdRef [4][4]  www.idref.fr/autorites/autorites.html , à identifier les auteurs d’une publication de façon certaine. Fonction utile notamment à la rémunération des auteurs et ayants droit et à l’évaluation de la recherche. L’articulation entre référentiels par l’appariement des notices contribue à leurs améliorations réciproques. Au-delà des listes d’autorités, l’Abes est fortement impliquée, tant au plan national qu’international, dans l’expertise et l’élaboration de normes, règles et formats, éléments particulièrement déterminants dans un univers de plus en plus interconnecté.

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Par ses actions, l’Abes et le réseau des BU participent activement à cette chaîne de production de valeur. Ils ne peuvent plus être perçus comme de simples clients agissant pour le compte de l’utilisateur final et sont désormais considérées comme des infrastructures de recherche au même titre qu’un navire océanographique, un observatoire ou un accélérateur de particules. Des infrastructures dont le secteur marchand réclame, et réclamera chaque jour davantage, l’ouverture. Car cette ouverture génère bien plus de potentiel de développement que leur fermeture. Quitte à mettre fin à quelques distorsions de concurrence liées à des cessions de droits exclusives.

Notes

Résumé

Français

[Institution] Par ses projets, ses actions, ses services et ses outils, l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (Abes) est un acteur important de la chaîne éditoriale voire, bien plus, un acteur essentiel dans la production de la valeur.

Plan de l'article

  1. L’Abes, acteur de la chaîne éditoriale
  2. Un objectif : des données de qualité
  3. Un large accès aux contenus

Pour citer cet article

Kalfon Jérôme, « L'Abes au-delà des bibliothèques », Documentaliste-Sciences de l'Information, 3/2014 (Vol. 51), p. 12-14.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2014-3-page-12.htm
DOI : 10.3917/docsi.513.0012


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