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Documentaliste-Sciences de l'Information

2014/3 (Vol. 51)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.513.0004
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Les enseignements que nous tirons de la dernière édition de l’Observatoire de l’intranet et de la stratégie numérique (voir encadré) confirment que le digital est désormais au cœur du fonctionnement quotidien de nombreux salariés. C’est ce que prouvent les tendances qui suivent.

Yann DAMEZIN

Zoom sur les évolutions en cours dans les intranets de 2014

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L’espace intranet étendu fonctionne de plus en plus souvent comme un bureau à partir duquel on peut effectuer une multitude de tâches. Ainsi, on constate la croissance régulière des outils de messagerie instantanée, en augmentation de 11 points à 62 %, de même que pour les outils de web conférence, en croissance également de 11 à 56 % par rapport à 2013.

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Ce sont 64 % des entreprises qui déclarent des espaces collaboratifs comprenant des espaces projets, des communautés de pratique, d’intérêt, des espaces métiers ou géographiques. Ces espaces sont gouvernés dans 47 % des cas par un community manager dont les fonctions sont plus fréquemment reconnues dans l’entreprise où il se positionne en vrai gestionnaire des connaissances sur le périmètre qu’il anime.

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Des chantiers d’innovation participative sont lancés au-delà des départements de R&D, car l’entreprise commence à intégrer cette dimension : la création et l’innovation sont les carburants du 21e siècle ; 29 % des entreprises déclarent désormais des espaces dédiés à l’innovation participative.

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Le réseau social d‘entreprise est loin d’avoir encore conquis le plus grand nombre ; il est présent dans près d’un quart des entreprises et 23 % des répondants déclarent y travailler pour 2015. Confrontées à des problématiques d’infrastructure ou à des problèmes de méta-annuaire souvent exigeants sur le plan de l’organisation pour assurer leur mise à jour et dans un contexte économique tendu, les entreprises font parfois le choix de différer ces projets. La gouvernance s’adapte aux usages collaboratifs et sociaux avec plus de procédures de création de nouveaux espaces (+ 7 %) et plus de community managers (+ 4 %) pour animer ces dispositifs.

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Les accès distants permettant tous types d’interactions sont désormais possibles dans 75 % des entreprises et de plus en plus via des terminaux légers pour lesquels l’infrastructure et l’ergonomie sont pensées dans près de 40 % des organisations. La mobilité gagne du terrain grâce à des dispositifs adaptés à la consultation sur tablette tactile (38 % aujourd’hui et 56 % dans un an), et sur smartphone (29 % aujourd’hui et 41 % en 2015).

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Le déploiement de nouveaux outils participe de l’émergence de nouveaux métiers et impacte le management. En effet, les salariés pourront à terme potentiellement être connectés en permanence, travailler pour plusieurs employeurs et non uniquement dans l’enceinte de l’entreprise sur des sujets transversaux et dans des domaines à peine émergents aujourd’hui. Dès lors, connaître les compétences clefs qui seront requises pour fonctionner dans ces environnements du travail profondément modifiés est essentiel.

Les compétences clefs à l’horizon 2020

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Que ce soit Jean-François Noubel [1][1]  www.noubel.fr , futurologue, ou Michel Serres [2][2]  www.canal-u.tv/video/universite_paris_1_pantheon..., philosophe, les penseurs du monde de demain convergent vers un constat commun : d’autres ressources commencent à être sollicitées chez l’individu avec l’invasion du numérique. Le recours systématique aux outils digitaux va même impacter nos capacités cognitives et, avec elles, bien entendu les savoirs, savoir-faire, savoir-être dans les entreprises. Nos interactions en présentiel ou à distance, nos modes de management, nos façons de travailler vont se transformer. On estime que 40 % des métiers qui seront pratiqués par les jeunes générations n’existent pas encore.

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La question se pose : quelles sont les compétences à développer pour être en phase avec l’entreprise de demain ? Au risque de paraître futuriste, et dans l’objectif de permettre à chacun de se projeter, nous avons pris le parti d’extraire une synthèse d’un rapport sur les nouvelles compétences attendues à l’horizon 2020, issu d’une étude menée par The Institute for the Future for the University of Phoenix Research Institute intitulée Future Works Skill[3][3]  www.iftf.org/futureworkskills2020 . De cette étude, nous retiendrons les compétences qui suivent.

Cultiver l’intelligence sociale

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L’aptitude à se connecter à d’autres d’une manière directe et profonde pour sentir et stimuler des réactions et provoquer des interactions, autrement dit l’intelligence émotionnelle et sociale va continuer de donner à l’humain un avantage comparatif et significatif sur les machines, aussi sophistiquées soient-elles.

Aiguiser ses compétences cross-culturelles

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Ce qui rend un groupe éminemment intelligent, c’est la variété de sa composition. C’est donc la faculté d’interagir avec d’autres cultures, d’autres modes de pensée, d’autres générations, d’autres compétences qui rendra chacun d’entre nous plus efficace dans un groupe et le groupe en conséquence plus performant.

OBSERVATOIRE de l’intranet et de la stratégie numérique

Depuis 1999, l’observation annuelle du dispositif intranet permet d’identifier comment les professionnels de la communication, des ressources humaines, les DSI et les directions générales appréhendent le sujet.

Pour l’édition 2014, près de 480 entreprises ont répondu dont 21 entreprises du CAC 40. (Répondants : 87 % d’entreprises françaises et 13 % d’entreprises de pays franco-phones d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique).

www.observatoire-intranet.com

Développer sa pensée récursive

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Les compétences intégrant des capacités d’analyse statistique ou des raisonnements quantitatifs seront d’autant plus valorisées que les systèmes utilisés vont générer de plus en plus de données à traiter. Ces travailleurs devront néanmoins rester capables d’agir en l’absence de données en conservant une aptitude à la lecture holistique des situations.

Être agile dans l’usage des nouveaux médias

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La capacité à évaluer et développer de manière critique des contenus qui utilisent des nouveaux médias et à optimiser leurs usages va devenir un facteur discriminant et essentiel pour déployer une communication persuasive. Les nouvelles générations sauront évaluer les contenus qui utilisent les nouveaux médias tout en ayant elles-mêmes la capacité de communiquer en utilisant ces outils.

Pratiquer la transdisciplinarité

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Appréhender des concepts issus de disciplines autres que celles pratiquées au quotidien va devenir essentiel pour naviguer dans la complexité. Le traitement de sujets complexes ne s’envisage plus sans avoir recours à la transversalité. Dans le domaine des nanotechnologies par exemple, on voit comment la biologie moléculaire, la biochimie, la chimie des protéines, entre autres, sont utilisées conjointement pour développer la spécialité.

Prendre en compte les lieux de travail

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L’environnement physique modélise notre approche cognitive. Les travailleurs de demain devront être aussi capables d’identifier le mode de réflexion nécessaire à différents types de tâches et savoir faire des ajustements à leur environnement de travail pour améliorer leur faculté à réaliser ces objectifs.

Savoir gérer la charge cognitive des contenus

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La faculté à discriminer et filtrer l’information essentielle et à comprendre comment maximiser le fonctionnement cognitif va prendre une importance grandissante. La pratique du filtre social, du taggage, du classement et de l’ajout de métadonnées à du contenu, par exemple, permet à l’information de qualité ou à l’information plus pertinente de s’élever au-dessus du bruit ambiant.

Être agile dans la collaboration virtuelle

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Les technologies « connectives » rendent plus facile le travail à distance. Cependant, les environnements virtuels demandent aussi de nouveaux types de compétences comme, par exemple, la capacité à savoir impliquer et motiver les équipes composées d’individus dispersés et éloignés. À titre d’exemple, le gaming apporte de nombreuses ressources telles que le feedback immédiat, des objectifs clairs et une liste de challenges graduels. Le micro-blogging et les réseaux sociaux permettent de créer un sentiment de proximité et d‘appartenance.

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Au final, certaines compétences ne sont pas nouvelles, mais c’est la faculté des individus à aller puiser d’autres ressources que celles naturellement sollicitées dans le cadre professionnel d’aujourd’hui qui est nouvelle. Les rapports en conséquence vont se complexifier et la diversité des types échanges en fonction des contextes, des supports et des outils, se multiplier.

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L’humain donne le « la » - sans lui, point de futur. L’évolution principale est celle d’un monde où de plus en plus d’options, que ce soit en termes d’outils, de données, de modalités d’échanges ou de lieux, seront à la disposition des individus au travail et où, en retour, l’exigence à l’endroit des travailleurs sera démultipliée. C’est la quintessence de l’humain, de l’intelligence qui devra être mise à contribution. Nos cerveaux n’ont pas fini d’être sollicités et donc d’évoluer !

Notes

Résumé

Français

[Observatoire] Le déploiement continu des nouvelles technologies dans les organisations du travail a désormais un impact durable dans le fonctionnement des entreprises. La transformation du dispositif intranet avec ses dimensions d’information, de communication, de collaboration, de gestion des connaissances et d’innovation en est une illustration flagrante, confirmée par les derniers résultats de l’Observatoire 2014 de l’intranet et de la stratégie numérique.

Plan de l'article

  1. Zoom sur les évolutions en cours dans les intranets de 2014
  2. Les compétences clefs à l’horizon 2020
    1. Cultiver l’intelligence sociale
    2. Aiguiser ses compétences cross-culturelles
    3. Développer sa pensée récursive
    4. Être agile dans l’usage des nouveaux médias
    5. Pratiquer la transdisciplinarité
    6. Prendre en compte les lieux de travail
    7. Savoir gérer la charge cognitive des contenus
    8. Être agile dans la collaboration virtuelle

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