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Documentaliste-Sciences de l'Information

2014/3 (Vol. 51)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.513.0054
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines, un des appareils les plus sûrs au monde, s’est volatilisé dans la nuit du 7 au 8 mars 2014, une nuit claire, sans perturbations météorologiques. Sans aucun signal de détresse, le vol MH370 a disparu des écrans radars civils une heure après son décollage. D’après les radars militaires, l’avion serait monté jusqu’à 45 000 pieds, bien au-dessus de la limite autorisée et descendu jusqu’à 23 000 pieds, soit en dessous de la hauteur de croisière.

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La disparition mystérieuse déroute experts et autorités. C’est une première dans l’histoire de l’aviation civile de voir un aéronef sortir des limites de mesure. Il est difficile de ne pas se dire que l’évènement dépasse l’imagination. Un tel scénario est parfaitement reflété par l’expression française « quand la réalité dépasse la fiction » et par l’expression anglaise « out of the box ».

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Comment analyser ce type d’événement ? Il faut aller au-delà des signaux forts que sont, par exemple, la responsabilité environnementale et sociétale, la sûreté industrielle, la cybercriminalité. Tous s’accordent à dire que la gestion des risques qui leur sont liés est essentielle dans le contexte actuel de l’entreprise.

Des signaux faibles qui deviennent forts

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Il faut adopter un autre esprit, porté par l’intelligence des risques. Celle-ci travaille sur la détection des signaux faibles et la construction de scénarios extrêmes. Les signaux faibles sont des informations partielles et fragmentaires fournies par l’environnement, un petit quelque chose dans l’air, un mot qui revient dans les conversations, un thème qui émerge mais qui fait déjà débat, une idée étrange, une tête d’épingle… Certains sont appelés à devenir les signaux forts de demain. Comment prendre le pari sur quelques-uns ? Comment les partager ? Comment en faire quelque chose « d’intelligent » dans la gestion des risques ?

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Ces signaux faibles sont négligés par les techniques classiques d’analyse et de cartographie de risques. Pourtant, certains portent une information pertinente de prédiction d’opportunités ou de menaces pouvant affecter les objectifs et les résultats de l’entreprise. Citons l’exemple du gaz de schiste apparu en fin de siècle dernier dans le secteur énergétique. Ce thème, comme la plupart des signaux faibles, porte une composante polémique qui pèse fort sur son acceptabilité. Comment « éveiller » le(s) décideur(s) ?

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Pour ce faire, l’intelligence des risques associe les outils de veille et la technique de construction de scénarios. Les premiers permettent de capter les signaux faibles, de les traiter, c’est-à-dire de dépasser un premier niveau d’apparences, d’informations ou de réactions pour chercher des données « augmentées », dont des éléments s’inspirant des accidents passés (Fukushima pour le nucléaire, tsunami pour les grands ouvrages tels que les barrages bâtis sur la ceinture de feu, etc.).

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Les données « augmentées et fiabilisées » servent à construire et étayer des scénarios anticipatifs de rupture des marchés, ou de nouvelles conjonctures catastrophiques. L’efficacité de la communication sur ces scénarios extrêmes suppose l’articulation avec la prise de décision : l’orientation des travaux est faite par et pour le(s) décideur(s).

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L’objectif ultime de l’intelligence des risques est de renforcer la capacité dynamique d’anticipation de l’entreprise, lui permettant de mieux se préparer à des évolutions, par nature, imprévisibles, en utilisant les ressources et les outils existants de la veille et de la gestion de risques.

Résumé

Français

[Signaux] Savoir saisir l’impact potentiel des signaux faibles, une compétence essentielle pour l’entreprise.

Plan de l'article

  1. Des signaux faibles qui deviennent forts

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