Accueil Revues Revue Numéro Article

Documentaliste-Sciences de l'Information

2014/3 (Vol. 51)

  • Pages : 80
  • DOI : 10.3917/docsi.513.0064
  • Éditeur : A.D.B.S.

ALERTES EMAIL - REVUE Documentaliste-Sciences de l'Information

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 64 - 65 Article suivant
1

La naissance de l’intelligence du risque n’est pas sans rappeler celle de l’intelligence économique et, en particulier, la nécessité pour les professionnels de l’information de se positionner en support opérationnel et en partenaires des gestionnaires du risque. Il serait dommageable que se reproduise le même phénomène que celui observé pour l’intelligence économique : la promotion d’une fonction basée sur une analyse souvent intellectualisée et parfois académique de sa pratique, sans référence « pragmatique » aux compétences et aux outils requis pour mettre en œuvre un appareillage informationnel fiable et de qualité. Or, ce dispositif existait dans les entreprises équipées de services d’information et de bases de données, qui constituait de facto un socle technique solide pour le développement de l’intelligence économique dans l’organisation.

2

L’intelligence des risques, comme l’intelligence économique, se nourrit avant tout d’information. Et la perception accrue de l’environnement que demandent l’anticipation et un traitement performant des risques, dans un univers de contraintes toujours plus nombreuses, repose sur la qualité et la fiabilité de processus-clefs : la recherche, la collecte organisée, le traitement des données et leur diffusion ciblée vers tous les acteurs du risque dans l’organisation pour une prise de décision raisonnée.

Le système d’information au cœur du risk management

3

On touche ici à des enjeux de taille : permettre aux acteurs du risque de modifier ou valider en permanence leur perception du risque auquel est soumise l’entreprise, les aider à en identifier les vraies sources dans des contextes mouvants et complexes, où l’action prime souvent sur le recul, et à dimensionner les bons moyens, aux bons moments et aux bons endroits, de façon concentrée et concertée, afin de définir les actions réellement stratégiques à mener avec le maximum de fiabilité.

4

Mettre en œuvre un système d’information capable de répondre aux besoins des opérationnels du risque ouvre aux professionnels de l’information des opportunités variées pour l’exercice de leurs compétences, tant dans le domaine de la recherche d’information experte que de l’analyse des données quantitatives et qualitatives. Les champs d’intervention touchent tous les niveaux de l’entreprise : sécurité financière, réglementation, sûreté industrielle, accidentologie, sécurisation des achats, crédit client, communication, etc. Les besoins en information couvrent aussi bien la « due diligence » préalable aux transactions que la réduction des risques financiers, la vérification de fournisseurs ou d’acheteurs, la lutte contre la corruption ou le blanchiment d’argent, la protection de la réputation, la communication de crise, etc.

5

Les compétences techniques des professionnels de l’information sont ici différenciantes grâce à leur connaissance avancée des nombreux outils et sources d’information (bases donnant accès aux données financières, opérationnelles, personnelles, aux informations économiques et politiques de toutes sortes, etc.), leur expertise sur les médias sociaux et, plus généralement, sur Internet, de même que leur capacité à livrer des analyses conçues et formatées en fonction des exigences précises des clients. Dans un environnement où l’offre d’outils et technologies d’acquisition et d’analyse de données est abondante, ils contribueront à construire un dispositif de gestion des risques réellement adapté aux problématiques d’une entreprise, en tenant compte des questions cruciales du dimensionnement et du coût.

Un exercice en constante interactivité avec le management

6

L’entreprise développe de plus en plus des pratiques de « veille des risques » afin de capter et diffuser en temps réel, le plus en amont possible et via des dispositifs appropriés, la matière informationnelle dont seront extraits les signaux faibles (ou moins faibles), les alertes et toutes données utiles aux risk managers pour la détection des zones d’exposition aux risques, l’élaboration de leurs scénarios d’anticipation ou la gestion de crise.

7

Au service du pilotage du risque, les professionnels de l’information sont un rouage essentiel non seulement de par leur savoir-faire, mais aussi et surtout grâce à leur capacité à dialoguer avec l’ensemble des acteurs de l’organisation interne du risque sur leurs défis opérationnels. C’est ce dialogue permanent qui leur permettra de contribuer à l’efficacité des gestionnaires du risque, et ainsi de valoriser la fonction informationnelle par rapport aux enjeux liés au risque en la positionnant dans la sphère décisionnelle de l’entreprise.

8

On mesure la complexité de la tâche et les conséquences en termes de formation et de développement des compétences que requiert la réponse à un risk management aux multiples facettes. Et on découvre ici une dimension indispensable à la formation des professionnels de l’information destinés à travailler en entreprise : la connaissance fine de toutes les fonctions opérationnelles de l’organisation et la compréhension des besoins et objectifs de ses managers.

9

Ce positionnement nécessaire de la fonction Information dans la sphère managériale transverse et globale de l’entreprise se retrouve aussi dans l’évolution de la prise en charge du management du risque et de la compliance (conformité) qui incombe généralement à la direction juridique. Au centre de cette fonction, le records manager a un rôle clé dans la politique de conservation et de traçabilité des documents essentiels. Cette gouvernance documentaire, pivot de la politique de conformité de l’entreprise, devrait prendre de plus en plus d’importance au sein de l’organisation en raison des contraintes externes accrues en terme de compliance pesant sur les directions et devenir le fer de lance d’une véritable gouvernance de l’information, couvrant toute l’infrastructure des systèmes de gestion de contenu et de stockage de données, physiques et numériques.

Création de valeur et positionnement dans la gouvernance

10

Les professionnels de l’information deviennent des acteurs à part entière de la gouvernance de l’entreprise grâce à l’évolution des fonctions opérationnelles qui, sous l’influence des contraintes externes, élargit le champ des possibles à partir d’une expertise technique solide. Agilité, capacité à être en alerte et à réagir via des dispositifs et des réponses adaptées sont aussi bien les attributs de l’entreprise que ceux d’une fonction informationnelle professionnalisée, réellement opérationnelle, créatrice de valeur et positionnée sur la globalité du risque traité par l’entreprise par les différentes fonctions parties prenantes.

11

L’intelligence économique, après une première phase de développement de nature plutôt offensive axée sur la connaissance concurrentielle, a entamé ces dernières années une démarche plus orientée vers la sensibilisation de l’entreprise aux risques et dangers qui l’entourent. À ce stade, on note souvent une convergence de discours avec celui de l’intelligence du risque, sans que ces deux concepts fassent, de façon explicite ou consciente, état de leurs points et forces communs. Mais, dans les deux cas, l’argument du risque, démontré de façon efficace auprès de l’entreprise, est une opportunité en terme de reconnaissance pour les métiers s’y rapportant.

12

La valorisation, par le biais du management du risque, des métiers de l’information nous paraît ainsi comme extrêmement porteuse en terme de promotion auprès des dirigeants de compétences qui peuvent être exprimées de façon plus audible, en réponse à des défis qui doivent être relevés grâce à des dispositifs informationnels performants.

Résumé

Français

[Métier] La fonction d’intelligence du risque se structure autour de la prise en compte de tous types de risques - particulièrement financiers, juridiques, industriels, réputationnels, environnementaux - et témoigne de l’émergence positive d’une gestion globale du risque dans l’entreprise, promue au plus haut niveau de la gouvernance.

Plan de l'article

  1. Le système d’information au cœur du risk management
  2. Un exercice en constante interactivité avec le management
  3. Création de valeur et positionnement dans la gouvernance

Pour citer cet article

Libmann Anne-Marie, « L'intelligence du risque : les métiers de l'information au premier plan », Documentaliste-Sciences de l'Information, 3/2014 (Vol. 51), p. 64-65.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2014-3-page-64.htm
DOI : 10.3917/docsi.513.0064


Article précédent Pages 64 - 65 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback