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Documentaliste-Sciences de l'Information

2014/4 (Vol. 51)

  • Pages : 84
  • DOI : 10.3917/docsi.514.0044
  • Éditeur : A.D.B.S.

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La devise de l’État belge s’applique à de nombreux domaines d’activité professionnelle et le monde de la documentation et de la gestion de l’information ne fait pas exception. Longtemps pourtant, et en dépit du succès du modèle allemand de consortiums et de licences nationales pilotés par la Deutsche Forschungsgemeinschaft [1][1]  www.nationallizenzen.de ou des initiatives du JISC [2][2]  www.jisc-collections.ac.uk en Grande-Bretagne, en France, la documentation universitaire est restée étrangère à la culture de la mutualisation des acquis et des économies d’échelle permises par la définition d’un cadre national d’action pour l’information scientifique et technique.

Et Couperin arriva…

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Il fallut attendre 1999 pour qu’un groupement informel de quatre universités (Strasbourg 1, Nancy 1, Marseille 2, Angers) engage en commun une discussion directe avec Elsevier, le premier groupe mondial d’édition scientifique, afin de faire baisser des coûts devenus prohibitifs. Offrir plus, au plus grand nombre, grâce à un meilleur partage des coûts était une visée noble et ambitieuse. Couperin était né, porté avec fougue et ferveur par les responsables de la documentation des établissements concernés qui atteignirent rapidement leurs objectifs. Dès 2000, la croissance de Couperin fut exponentielle en devenant un puissant levier d’action pour l’ensemble des établissements soumis, déjà, à des difficultés budgétaires proportionnelles à l’enchérissement déraisonnable des coûts de la documentation devenue électronique et soumise de surcroît à une fiscalité extrêmement pénalisante [3][3] Taux de TVA en 1999 : 2,10 % pour les imprimés, 20,6 %....

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Ce « proof of concept » avant l’heure avait montré la faisabilité et l’efficacité d’une action mutualisée et concertée entre différents acteurs de même nature. Restait à consolider le prototype et à en étendre le champ d’action. Plusieurs réformes statutaires successives furent nécessaires pour intégrer de nouveaux partenaires et clarifier une situation complexe et juridiquement fragile dans laquelle quelques individus rattachés à un établissement négociaient pour leur propre compte et celui de nombreux autres acteurs des contrats, éventuellement pluriannuels, finalement signés de façon bilatérale entre une multitude d’établissements et un fournisseur unique.

D’autres projets fondés sur la mutualisation

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Avec quinze années de recul, force est de constater que la logique de mutualisation au service d’une politique nationale de l’information scientifique et technique porte pleinement ses fruits : Couperin est un lieu de réflexion collective, d’expertise, de négociation et d’expérimentation. Les acteurs institutionnels ont pris le relais du portage de la mutualisation : les ministères concernés (Éducation nationale et Recherche, Culture et communication) soutiennent activement la création de corpus numériques, tant courants que rétrospectifs, largement ouverts vers une communauté éducative et de recherche en mobilisant leurs grands opérateurs (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur, CNRS, Bibliothèque nationale de France, etc.). Dans le cadre de la Bibliothèque scientifique numérique [4][4]  http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2013-01-0061-..., les licences nationales de la documentation bénéficient jusqu’en 2015 d’une dotation de 60 M€ issus du programme des investissements d’avenir [5][5]  http://eureka.lorraine.eu/jahia/Jahia/fr/actuali... et l’Istex [6][6]  http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2013-01-0066-... construit une plateforme intégrée d’accès à plus de 50 millions de ressources pluridisciplinaires.

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Aujourd’hui, le maillage du territoire national s’affine sans cesse, permettant à de nouveaux acteurs jusqu’ici périphériques de profiter des acquis de la politique nationale de multiplication des ressources accessibles au meilleur coût. Et si la devise belge était la clef du succès ?

Notes

[3]

Taux de TVA en 1999 : 2,10 % pour les imprimés, 20,6 % pour la documentation électronique (19,6 % en 2000)

Résumé

Français

[mutualisation] L’engagement de quelques pionniers soutenu par les pouvoirs publics conscients de l’aspect stratégique d’un accès large et partagé à l’information a permis la construction d’un patrimoine numérique national ambitieux. C’est ce que démontrent Couperin et d’autres projets fondés sur la mutualisation.

Plan de l'article

  1. Et Couperin arriva…
  2. D’autres projets fondés sur la mutualisation

Pour citer cet article

Colinmaire Hervé, « L'union fait la force », Documentaliste-Sciences de l'Information, 4/2014 (Vol. 51), p. 44-44.

URL : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2014-4-page-44.htm
DOI : 10.3917/docsi.514.0044


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