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Documentaliste-Sciences de l'Information

2014/4 (Vol. 51)

  • Pages : 84
  • DOI : 10.3917/docsi.514.0080
  • Éditeur : A.D.B.S.

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Les Écrits s’envolent. La problématique de la conservation des archives papier et numériques, Charles Kecskeméti et Lajos Körmendy, Lausanne : Éditions Favre, 2014, 208 p. – ISBN 978-2-8289-1425-7 : 15 €

Les archives dans le contexte numérique

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Cet ouvrage, écrit par deux fins connaisseurs de l’archivistique française, européenne et internationale, se présente en deux parties.

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La première retrace l’histoire de l’archivistique, de sa genèse il y a quelques siècles à sa période faste dans les années quatre-vingt, pour déboucher sur sa remise en question dans le contexte numérique. C’est d’abord l’occasion d’un rappel de la spécificité des archives dans un monde où le terme est utilisé très largement dans le domaine du patrimoine ou dans le contexte d’Internet : « Les documents qui arrivent aux Archives, vingt, trente ou cinquante ans après leur création, n’avaient pas été créés pour alimenter la culture historique de la postérité mais comme preuves de l’expédition d’affaires concrètes » (p 30) ou « Les archives ne consignent pas des faits,mais des enchaînements de faits, comme l’avaient observé Michelet et Tocqueville. » (p 56).

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Un aspect méconnu de l’histoire des sciences de l’information est celle de la collaboration internationale avec, par exemple, le premier Congrès international des archivistes et des bibliothécaires à Bruxelles en 1910 où l’un des vœux adoptés fut que « les administrations qui versent leurs documents aux archives publiques utilisent du papier normal et de l’encre indélébile ». On n’a pas beaucoup progressé en un siècle !

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Face à la question récurrente sur la légitimité de l’archivistique en tant que discipline, sur son appartenance à la science historique ou aux sciences de l’information, Charles Kecskeméti invite à se recentrer sur la réalité et à mettre en application les quatre missions de l’archivistique : engranger, préserver, mettre en valeur et communiquer les archives. Or, comment s’y prendre avec les archives dématérialisées quand on connaît la fragilité du numérique ? Le constat est que « le monde numérique a transformé l’archivistique, parce que les documents eux-mêmes se sont transformés : leur structure est devenue plus compliquée et leurs éléments, dont l’importance a changé, se sont séparés. » (p 193).

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Lajos Körmendy développe les différents aspects du document d’archives (sa fonction, sa valeur, sa forme, son support, sa structure) dans le contexte numérique. Il met notamment en évidence l’importance des concepts archivistiques pour une bonne gestion des archives numériques, en insistant sur les notions d’authenticité et d’intégrité qui sont trop souvent utilisées de façon approximative (voir plus particulièrement l’analyse très intéressante de la structure interne et de la structure externe du document numérique).

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Ce livre n’est pas un manuel d’archivistique, même si sa seconde partie pourrait figurer dans un manuel d’archivistique numérique. C’est d’abord un essai qui permet de prendre un salutaire recul et d’apprendre (ou de réapprendre) quelques fondamentaux forts utiles car ils donnent aux autres disciplines des sciences de l’information un éclairage particulièrement instructif.

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* * *

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Voir deux autres comptes rendus sur ce livre :

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Analyse de Marie-Anne CHABIN

Better library and learning space : projects, trends and ideas, Les Watson(ed.), London : Facet Publishing, 2013. – 304 p. – ISBN : 978-1-85604-763-0 : 49.95 £

Un ouvrage stimulant sur la conception des bibliothèques de demain

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L’imagination au pouvoir : comment construire les bibliothèques de demain ? Comment créer au sein des bibliothèques l’espace d’apprentissage (learning space) adapté aux besoins des étudiants et autres lecteurs ? Les auteurs de ce livre – bibliothécaires, architectes, designers, chercheurs et consultants – partagent la même conviction : que les bibliothèques de demain seront construites autour de cet espace d’apprentissage et non plus (seulement) autour d’une collection.

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Les Watson, consultant et conférencier après une longue carrière dans l’enseignement supérieur, a organisé les 25 chapitres en trois pôles.

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Le premier pôle, Projects and Trends, fait le point sur les projets et réalisations en cours, en Royaume-Uni et aux États-Unis, en Chine et à Hong Kong, en Europe et en Australasie. Quels sont les modèles réussis, comment ont-ils fait pour intégrer le concept de l’apprentissage, comment ont-ils aménagé l’espace autour des usagers « apprentis » ? Plusieurs chapitres montrent aussi comment transformer des bâtiments plus anciens en learning centres, comme les bibliothèques Carnegie du XIXe siècle. Rassurant : l’évidence que ces projets réussissent malgré les restrictions budgétaires un peu partout.

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Le deuxième pôle, Trends and Ideas, pose la question de l’aménagement de l’espace en fonction des nouvelles technologies et modes d’apprentissage. Il s’agit de donner des points de repère pour libérer l’imagination et faire évoluer l’architecture des bibliothèques, au-delà de la rationalité des projets immobiliers. Comment comprendre l’espace ? Comment créer des lieux pour les étudiants mobiles, nomades et autonomes ? Ces quelques chapitres constituent le cœur du livre, et ils portent la griffe du directeur de l’ouvrage, Les Watson.

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Le troisième pôle, Ideas and Futures, donne la parole à un panel d’experts. La demande était de parler de la construction et conception future des bibliothèques publiques et scientifiques. La perspective est large, et les auteurs ne sont pas nécessairement experts de bibliothéconomie. Leur valeur ajoutée est l’apport extérieur, du point de vue de l’architecture, du design, des sciences de l’éducation ou encore de l’informatique et des médias. Le résultat est une multitude d’idées et de pistes, parfois surprenantes et iconoclastes voire intrigantes, toujours intéressantes.

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Un point fort de ce livre est la grande variété d’approches et de points de vue. Un autre est la richesse de ses 32 études de cas de bâtiments innovants. S’il fallait ne retenir que trois chapitres, il s’agirait du chapitre 9 avec des idées-clés sur l’espace (par Les Watson), du chapitre 17 sur les futurs modèles de BU (par Graham Bulpitt, inventeur du concept de learning centre) et du chapitre 12 sur les espaces qui facilitent l’activité créative (par l’architecte Colin Allen). Seul regret : le trop petit nombre de photos pour illustrer les propos et études de cas. Mais comme on peut tout trouver sur Internet…

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Plus qu’une boîte à outils, l’ouvrage se présente comme une boîte à idées en amont des cahiers des charges. Les Watson a réussi l’exploit de transformer sa publication en projet collectif, en une sorte d’atelier créatif où se côtoient idées utopiques, retours d’expériences et projets innovateurs. C’est instructif et stimulant, et c’est une contribution originale aux débats et travaux sur l’avenir des bibliothèques.

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Analyse de Joachim SCHÖPFEL

Intégrer des ressources numériques dans les collections, Géraldine Barron et Pauline Le Goff-Janton (sous la dir.), Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2014. – 184 p. – (Boîte à outils, ISSN 1259-4857 ; 29). – ISBN 979-10-91281-18 : 22 €

Un guide utile sur l’acquisition de ressources numériques

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La ressource numérique, analysée ici, est celle qui est achetée par une bibliothèque publique et mise en ligne, soit « un terrain relativement bien balisé ». Les autres ressources (gratuites ou produites par la bibliothèque elle-même), évoquées quelquefois en « filigrane », répondent à des enjeux différents.

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On saura tout ainsi sur la Bibliothèque scientifique numérique (BSN) qui, aujourd’hui, « structure le paysage de l’IST en France », son histoire, ses segments, son mode de fonctionnement, ses actions et ses réalisations. On saura tout sur les bibliothèques numériques de référence (BNR), l’un des volets de la politique nationale définie pour « accompagner » les bibliothèques de lecture publique dans les acquisitions et la diffusion de contenus culturels numériques, les équipements nécessaires (tablettes, accès wifi, RFID, etc.), la formation des bibliothécaires et des usagers.

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Mais l’on (re)découvrira aussi que maîtriser l’acquisition de ressources numériques nécessite un large éventail de connaissances et de compétences à la fois techniques, de médiation auprès du public, d’appropriation de l’offre, mais aussi juridiques, « désormais indispensables », tout en veillant à être en phase avec le niveau stratégique et le niveau de pilotage de son organisation. Une formation ad hoc aux multiples facettes s’impose.

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Après cet aperçu général, les différentes étapes du processus sont abordées. Le chapitre II, qui propose un focus sur la sélection et l’acquisition à proprement parler, débute par 10 points clés pour ne pas « se tromper ». Suit la question des marchés publics, incontournables pour des établissements publics, qui se conclut par la nécessité de mutualiser les pratiques, soit une excellente transition vers les deux chapitres suivants consacrés à Carel et à Couperin, deux consortiums créés pour acheter des ressources numériques destinées l’une aux bibliothèques de lecture publique, l’autre aux bibliothèques universitaires et de recherche.

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Le chapitre III aborde l’intégration des ressources achetées et leur signalement. Ce sont 20 questions clés, cette fois-ci, qui permettront de choisir les outils et les modalités de signalement appropriés à chaque contexte, pour une application dans les bibliothèques de lecture publique, puis « en université ». En effet, les bibliothécaires universitaires et de lecture publique se posent bien souvent les mêmes questions mais, contexte oblige, y apportent des réponses différentes.

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La dernière étape, évaluer et conserver, est l’objet du chapitre IV qui présente divers indicateurs quantitatifs et qualitatifs et une réflexion critique sur la question. Conserver les collections numériques acquises, un tel aspect ne saurait être négligé. On y propose quelques solutions.

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Les ressources numériques, nous le savons, se présentent sous des formes extrêmement diverses et leurs conditions économiques et juridiques pour les acheter et les mettre à disposition sont particulièrement instables. Un tel ouvrage, très concret, où figurent en bonne place mémento, glossaire, sigles et bibliographie et divers encadrés, s’avère être un outil utile à tous.

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Analyse de Michèle BATTISTI

M-Libraries 4. From margin to mainstream – mobile technologies transforming lives and libraries, Mohamed Ally, Gill Needham (dir.), London : Facet Publishing, 2013. – 272 p. – ISBN : 978-1-85604-944-3 (print) : 59.95 £

La stratégie mobile en bibliothèques

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Le lecteur devient nomade, et la bibliothèque s’adapte. Plusieurs conférences internationales « M-libraries » ont accompagné cette adaptation [1][1]  www.m-libraries.org , et les actes ont été publiés chez Facet Publishing à Londres. Voici les actes de la 4e conférence, organisée par l’Open University à Milton Keynes, au Royaume-Uni, du 24 au 26 septembre 2012.

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Comment créer des alertes par SMS ? Comment utiliser les iPad pour des renseignements à distance ? Comment promouvoir efficacement des nouvelles acquisitions sur Twitter ? Comment créer du matériel audiovisuel pour former les lecteurs via iOS ou Android ? Comment intégrer des tablettes dans les services d’une bibliothèque universitaire ? Comment faire avec les Kindles ? Dix-huit études de cas et retours d’expériences témoignent de la richesse et de la diversité des projets et réalisations. Ils incitent à apprendre et imiter.

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Particulièrement intéressantes sont trois contributions. Rosemary Stenson et ses collègues de la BU de Glasgow présentent leur concept d’un Live Lab mis en place à partir de 2010 – un lieu où bibliothécaires et lecteurs testent de nouvelles applications, expérimentent avec de nouvelles formes de communication et de partage et développent une stratégie mobile. Une approche qui fait penser à d’autres projets innovants comme le labUA à Angers.

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Binky Lush et Emily Rimland de la Penn State University soulignent l’importance de développer des partenariats et de faire du marketing pour assurer le succès d’une stratégie mobile. Et Georgina Parsons de l’université Brunel en Angleterre donne des pistes pour mettre en place une telle stratégie avec un minimum de personnel et de budget, en temps de crise.

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À côté de ces dix-huit initiatives et projets, se trouvent huit communications d’un autre style (2e partie). Ici, les auteurs prennent plus de recul, abordent l’aspect politique et suggèrent quelques bonnes pratiques, aussi bien pour la protection des données personnelles que pour l’usage des QR codes pour la formation et les text reference services, c’est-à-dire les renseignements par messages écrits pour les tablettes et smartphones.

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Quoi qu’en anglais, le livre est facile à lire. Le style est direct et concret, écrit par et pour la pratique. Le message est clair : il faut anticiper, observer les comportements, tester les technologies, imaginer les services de demain pour l’usager mobile.

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La 5e conférence a eu lieu du 27 au 29 mai 2014 à Hong Kong. Les actes sortiront sans doute début 2015 chez Facet. En attendant, on peut suivre les activités et débats sur Facebook où il existe un groupe M-libraires.

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Analyse de Joachim SCHÖPFEL

The Future of the Academic Journal, Bill Cope, Angus Phillips (eds), Sd ed. – London : Chandos Publishing, 2014. – 478 p. – ISBN : 978-1-8433-4783-5 (print) : 65 € ; 978-1-7806-3464-7 (eBook) : 65 €

Analyse sur l’avenir de la revue scientifique

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La revue scientifique a une longue histoire derrière elle, et elle est le vecteur principal de la communication scientifique. Quel est son avenir ? Les auteurs de ce livre n’ont pas davantage de dons divinatoires que les lecteurs. Néanmoins, leurs analyses aident à poser les bonnes questions et à identifier les principaux tenants et aboutissants.

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Plusieurs chapitres rappellent les fondamentaux de la revue scientifique, en particulier son rôle central pour la validation, la diffusion et la conservation des résultats de recherche, et sa contribution à l’évaluation des chercheurs et des institutions. Mise en question par les nouvelles technologies, mais aussi par l’évolution du marché de l’édition, la revue scientifique se trouve aujourd’hui face à des enjeux majeurs, parmi lesquels la transformation numérique des formats et contenus, la diffusion en open access et l’émergence de nouveaux modèles économiques. Dans le chapitre central du livre, Bill Cope et Mary Kalantzis analysent comment le changement de l’écologie de la connaissance modifie la revue scientifique, avant d’énumérer les sujets d’actualité, en premier lieu le développement durable de l’édition scientifique, la protection de la propriété intellectuelle et une meilleure sélection des articles (peer review). Mais il s’agit aussi d’ouvrir les revues à une communauté plus large, d’introduire d’autres formats, de produire des statistiques d’usage fiables et d’appliquer d’autres mesures d’impact. Leur conviction est teintée d’optimisme : grâce à Internet, la connaissance circulera plus vite et mieux, et l’information sera plus facile à trouver et à réutiliser.

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D’autres prévisions sont plus nuancées. Voici une sélection de pronostics :

  • la multiplication des « méga-revues » du type PLoS One avec un très grand nombre d’articles, et

  • le développement de larges plateformes comme SciELO ou Redalyc avec beaucoup de revues et un ancrage régional ;

  • la convergence des revues et wikis ;

  • le recentrage des revues sur la publication d’articles de synthèse de qualité destinés à un plus grand public (état de l’art, connaissances confirmées), et l’abandon de la diffusion de résultats partiels destinés aux chercheurs au profit des archives ouvertes qui le feront mieux et plus vite ;

  • le développement de plusieurs modèles économiques, dont plusieurs variantes de l’open access, et l’abandon des big deals vers une plus grande flexibilité et une plus grande personnalisation ;

  • le ralentissement de la croissance du nombre de revues ;

  • l’ouverture des procédures de la sélection des articles (open peer review) ;

  • la rationalisation des investissements et dépenses, avec un transfert des dépenses liées aux abonnements (licences) vers le développement de l’open access ;

  • la consolidation à court terme du paysage des revues en libre accès ;

  • une influence croissante sur le droit d’auteur de la part des nouveaux acteurs d’Internet (portails, moteurs de recherche, réseaux sociaux, etc.) et des pays émergents, notamment la Chine ;

  • le développement de nouveaux indicateurs pour mesurer la qualité et l’impact des revues et articles, avec une combinaison des statistiques de citation et d’usage ;

  • le développement de l’édition universitaire et de la diffusion des données de la recherche grâce aux infrastructures et compétences liées aux archives institutionnelles ;

  • l’évolution du rôle de la bibliothèque scientifique de la diffusion de l’information vers l’interprétation et la facilitation, y compris la promotion de l’open access.

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Comment les auteurs sont-ils arrivés à ces conclusions ? Quels sont leurs arguments ? Pour le savoir, il faut lire les dix-huit chapitres du livre. Ils constituent un gisement extrêmement riche d’information. Toutes les dimensions sont abordées, tous les facteurs passés au crible, allant du marché, des contenus et communautés au fonctionnement, aux fonctionnalités et aux fonctions.

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Sur plus de 400 pages, les auteurs livrent une analyse stratégique complexe de la situation de la revue scientifique.

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Le livre se termine par deux études de cas (la revue indépendante Open Medicine et l’article du futur d’Elsevier) et trois analyses du développement de l’édition des revues en Amérique latine, en Afrique et en Chine.

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Bill Cope et Angus Phillips ont réussi l’exploit de réunir un collectif d’auteurs de haut niveau, des chercheurs, consultants et éditeurs, dont quelques noms bien connus et présents dans le débat autour de l’information scientifique et de la science ouverte, comme Jean-Claude Guédon, Carol Tenopir, Donald W.King, Stevan Harnad et John Willinsky.

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Six ans après sa première publication, ce livre n’a pas pris une ride. La deuxième édition, augmentée et révisée, est toujours d’actualité. La revue scientifique est au cœur des projets, débats et enjeux de l’information scientifique en France. « Lavenir ne se prévoit pas, il se prépare », disait le philosophe Maurice Blondel. L’avenir nous dira surtout si les choix et investissements d’aujourd’hui, en matière de licences, d’archives, de plateformes, etc. auront porté leurs fruits. Ce livre permet de mieux comprendre, anticiper et agir.

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Analyse de Joachim SCHÖPFEL

Guide pratique de la veille, Corinne Dupin, Paris : Éditions Klog, 2014. – 122 pages. – ISBN 979-10-92272-00-0 : 18 €. Organiser sa veille sur Internet : au-delà de Google… Outils et astuces pour le professionnel, Xavier Delengaigne, 2e édition. – Paris : Eyrolles, 2014. - 299 p. – (Accès libre). – ISBN 978-2-212-13945-7 : 19,90 €

Méthodes et outils pour la veille : deux ouvrages complémentaires

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Avec son ouvrage, Corinne Dupin nous offre un Guide pratique de la veille. Mieux, c’est un vade mecum pour tout professionnel voulant pratiquer la veille avec assurance ! Et Dieu sait si le professionnel ne devra jamais s’en départir ! Car « la dynamique et la pérennité d’un dispositif de veille ne sont jamais acquises », comme dit sagement l’auteure. En moins de 120 pages, elle nous conduit de l’analyse du monde actuel dans sa dimension informationnelle à la problématique de la valeur ajoutée, en passant bien sûr – et c’est le cœur de l’ouvrage – par les étapes classiques de la pratique de la veille.

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Pas question d’énumérer ici les chapitres. Le sommaire et l’introduction sont en ligne (sous Calaméo). Je me contenterai de pointer, d’une part, l’ancrage concret d’où la méthodologie se déploie. En effet, il n’est pas un geste qui ne soit d’ abord celui de l’entreprise. Conçu et rédigé par une professionnelle de l’information et de la documentation, ce guide s’adresse bel et bien d’abord aux documentalistes en entreprise, qu’ils soient rattachés au service marketing, au service communication ou à quelque autre instance. Ceci dit, et c’est le second point, la méthodologie est si clairement exposée que tout le monde y trouvera les règles du jeu qui permettront même au débutant de concevoir, organiser, faire fonctionner et perfectionner un dispositif de veille. Les experts eux-mêmes y trouveront de quoi structurer une grille d’évaluation pour n’importe quel système de veille !

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Délibérément méthodologique donc, le travail de Corinne Dupin se formule très souvent sur le mode du questionnement opérationnel et s’illustre de schémas et tableaux. Globalement, la qualité d’écriture en fait un guide lisible par tous. Avec son ouvrage, Corinne Dupin nous offre vraiment un authentique vade mecum pour tout professionnel voulant pratiquer la veille avec assurance !

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De son côté, Xavier Delengaigne nous offre une seconde édition de son Organiser sa veille sur Internet : au-delà de Google… Outils et astuces pour le professionnel. La première édition date d’il y a deux ans et l’ADBS avait présenté l’ouvrage à l’époque. Je me permets d’y renvoyer le lecteur. Car que dire de plus, sinon remarquer que le contexte professionnel, quand on se met au niveau des outils, évolue très rapidement, bien plus vite que la méthode. En deux ans, le Web et la boîte à outils qui permet de le fouiller ont évolué. En deux ans, les réseaux sociaux, notamment, se sont diversifiés, améliorés de certains points de vue. En deux ans, la « curation » a pris ses marques…

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Présentant la première édition, je disais que le « grand mérite [de l’ouvrage] est sûrement d’offrir un cheminement qui conduit des besoins aux outils, à l’inverse de cette satanée manie qui veut commencer par l’outil, répondant au comment avant même d’envisager le pourquoi ». Cela reste bien sûr vrai pour cette nouvelle édition. Cela montre surtout comment cet ouvrage peut judicieusement s’articuler avec le guide présenté plus haut.

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Analyse de Bruno RICHARDOT

Notes

Titres recensés

  1. Les Écrits s’envolent. La problématique de la conservation des archives papier et numériques, Charles Kecskeméti et Lajos Körmendy, Lausanne : Éditions Favre, 2014, 208 p. – ISBN 978-2-8289-1425-7 : 15 €
    1. Les archives dans le contexte numérique
  2. Better library and learning space : projects, trends and ideas, Les Watson(ed.), London : Facet Publishing, 2013. – 304 p. – ISBN : 978-1-85604-763-0 : 49.95 £
    1. Un ouvrage stimulant sur la conception des bibliothèques de demain
  3. Intégrer des ressources numériques dans les collections, Géraldine Barron et Pauline Le Goff-Janton (sous la dir.), Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2014. – 184 p. – (Boîte à outils, ISSN 1259-4857 ; 29). – ISBN 979-10-91281-18 : 22 €
    1. Un guide utile sur l’acquisition de ressources numériques
  4. M-Libraries 4. From margin to mainstream – mobile technologies transforming lives and libraries, Mohamed Ally, Gill Needham (dir.), London : Facet Publishing, 2013. – 272 p. – ISBN : 978-1-85604-944-3 (print) : 59.95 £
    1. La stratégie mobile en bibliothèques
  5. The Future of the Academic Journal, Bill Cope, Angus Phillips (eds), Sd ed. – London : Chandos Publishing, 2014. – 478 p. – ISBN : 978-1-8433-4783-5 (print) : 65 € ; 978-1-7806-3464-7 (eBook) : 65 €
    1. Analyse sur l’avenir de la revue scientifique
  6. Guide pratique de la veille, Corinne Dupin, Paris : Éditions Klog, 2014. – 122 pages. – ISBN 979-10-92272-00-0 : 18 €. Organiser sa veille sur Internet : au-delà de Google… Outils et astuces pour le professionnel, Xavier Delengaigne, 2e édition. – Paris : Eyrolles, 2014. - 299 p. – (Accès libre). – ISBN 978-2-212-13945-7 : 19,90 €
    1. Méthodes et outils pour la veille : deux ouvrages complémentaires

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Documentaliste-Sciences de l'Information 4/2014 (Vol. 51) , p. 80-86
URL : www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2014-4-page-80.htm.
DOI : 10.3917/docsi.514.0080.


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